S’opposer à l’idéologie réactionnaire
L’idéologie réactionnaire occupe de plus en plus d’espace, au Québec et ailleurs, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les grands médias ou dans la politique.
L’idéologie réactionnaire occupe de plus en plus d’espace, au Québec et ailleurs, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les grands médias ou dans la politique.
Culture numérique
Entretien avec Félix Tréguer
Longtemps loué pour son potentiel émancipateur, l’Internet semble être devenu un inquiétant instrument de contrôle aux mains des pouvoirs étatiques et économiques. À l’occasion de la sortie de l’édition québécoise de son livre, intitulé Contre-histoire d’Internet. Du XVe siècle à nos jours (Éditions de la rue Dorion), le sociologue Félix Tréguer revient sur les raisons de cet échec et sur les perspectives actuelles de luttes et de subversions. Propos recueillis par Philippe de Grosbois.
Analyse de discours
Parmi les cautions intellectuelles de l’anti-wokisme, on retrouve la sociologue française Nathalie Heinich. On se réclame de son autorité intellectuelle jusque dans les pages du Journal de Montréal. Ses prises de position méritent pourtant d’être replacées dans leur véritable contexte d’énonciation.
Dossier : Démasquer la réaction
Au fil de ses défaites et de ses retours, la réaction affine ses stratégies et pose un défi de décodage qui en dupe plusieurs.
Dossier : Démasquer la réaction
2022 a vu la publication de trois essais écrits par de jeunes intellectuels ouvertement conservateurs et nationalistes. Si ces trois textes sont caractérisés par la peur anxieuse de voir la nation québécoise disparaître, les lire révèle en fait la nullité absolue de leur idée de nation, de l’usage stratégique de cette notion, et des visées éminemment autoritaires des auteurs.
Dossier : Démasquer la réaction
La vitesse à laquelle les discours réactionnaires sont diffusés a de quoi fatiguer quiconque les juge dangereux et s’échine à montrer leur errance. Mais un tel effort est vain, car aucune réponse à ces discours n’est susceptible de faire changer d’avis leurs producteurs ou celles et ceux qui y adhèrent. Voici plutôt comment critiquer un réactionnaire sans se fatiguer.
Luttes
Depuis environ huit ans, à Saguenay, sur les territoires volés du Nitassinan [1], le Collectif Emma Goldman met de l’avant le principe de l’Action sociale anarchiste, une approche alternative de l’intervention sociale et communautaire. Nous vous présentons ce que nous avons tissé au fil de nos discussions, expériences pratiques et réflexions collectives.
Erica Lagalisse
Erica Lagalisse, Anarchisme occulte, Les éditions du remue-ménage, 2022, 218 pages.
Pablo Stefanoni
Pablo Stefanoni, La rébellion est-elle passée à droite ?, La Découverte, 2023, 220 pages.
Hommage
Bruno Latour, sociologue, anthropologue, théologien et philosophe des sciences français, est décédé le 9 octobre dernier. Né en 1947, il était parmi les chercheur·euses les plus cité·es dans la grande famille des sciences humaines.
Dossier : Lobbyisme, le pouvoir obscur
Revenir à la naissance de l’économie politique permet de réaliser que le lobbyisme ou l’influence des gens d’affaires sur les gouvernements est une pratique fort ancienne qui nuit au bien public et qui se doit d’être rigoureusement contrôlée. À ce sujet, et de façon surprenante, la pensée d’Adam Smith est très éclairante.
Dossier - Queer : une révolution flamboyante
La révolution queer en marche
Deux siècles de frondes et de révoltes féministes, antiracistes, anticoloniales et queers travaillent à ébranler les fondements de l’édifice patriarcal cishétéronormatif et les systèmes d’oppression qui en découlent. Toutefois, malgré les avancées, l’épistémè dominante semble toujours robuste et la question demeure : à quelle « révolution à venir » réfléchissons-nous ? De quelles mutations avons-nous besoin ?
Dossier - Queer : une révolution flamboyante
Les propositions qui suivent découlent du portait que dresse l’auteur Cy Lecerf Maulpoix de ces écologies fondamentalement intersectionnelles, anticapitalistes, décoloniales, féministes et queers.
Eve Martin Jalbert
Eve Martin Jalbert, La parole sorcière, Éditions de la rue Dorion, 2022, 251 pages.
Analyse du discours
Aux États-Unis, des intellectuels de mouvance libérale s’adonnent à la chasse ouverte à la « gauche identitaire ». Qu’en est-il ici ? Retour historique et analyse.
Paulo Freire
Paulo Freire, La pédagogie des opprimé·es, rue Dorion, 2021, 301 pages. Traduit du portugais brésilien par Élodie Dupau et Melenn Kerhoas
Société
Échange entre Pierrot Ross-Tremblay et Dalie Giroux, présentation et retranscription par Miriam Hatabi
Dans l’éditorial de ce numéro, le collectif d’À bâbord ! offre son appui et sa solidarité aux luttes pour la protection du territoire menées à Kahnawà:ke et dans le Nitassinan de Pessamit, entre autres. Mais qu’est-ce donc qu’être solidaire dans cette société coloniale à laquelle nous appartenons ?
Présentation du dossier du numéro 90
Pour vous procurer une copie papier de ce numéro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente.
Dossier : Sciences engagées
Pour l’organisme d’origine états-unienne Science for the People (SftP), qui publie un magazine du même nom, l’objectivité et la neutralité de la science ne forment qu’un autre grand mythe permettant à la classe dominante d’instrumentaliser le savoir scientifique à son profit. En réponse, SftP veut mettre le savoir scientifique au service des gens et du changement social.
Traduit de l’anglais par Miriam Hatabi
Dossier : Sciences engagées
Comment l’épistémologie des sciences a-t-elle évolué à travers le temps ? À bâbord ! s’est entretenu avec Serge Robert, qui nous propose une lecture « naturaliste » du travail scientifique pour éclairer nos discussions sur l’engagement et l’objectivité des scientifiques. Propos recueillis par Élisabeth Doyon.
Dossier : Sciences engagées
À la base, la guerre des sciences est un débat épistémologique. Or, ce débat a dépassé le monde philosophique et a pris une dimension politique dont on voit encore de nombreuses traces aujourd’hui.
Alain Deneault
Alain Deneault, L’économie psychique, feuilleton théorique, tome 4.Lux, 2021, 143 p.
Forums citoyens sur l’éducation
Ce printemps, une vingtaine de forums d’initiative citoyenne sont convoqués dans toutes les régions pour dresser un bilan de santé franc et complet du système d’éducation québécois. Ses défis sont nombreux et complexes, et commandent des réponses à la hauteur des ambitions que le Québec caresse pour traverser le XXIe siècle. Face à un manque de vision gouvernemental, la population est appelée à imaginer une nouvelle révolution scolaire.
Dossier : Municipales 2021. Une autre ville est possible
Depuis une dizaine d’années, un nouveau mouvement politique de gauche a pris son envol à travers des centaines de villes du monde : le municipalisme. Ce mouvement inédit espère opérer un changement radical par la réappropriation des institutions municipales.
Autour du livre « Internet ou le retour à la bougie », d’Hervé Krief
En septembre 2020, le président français Emmanuel Macron annonçait l’irrémédiable venue de la 5G sur le territoire français en déclarant : « La France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation. Et j’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à l’huile. Je ne crois pas au modèle amish. »
Jean-Marie Harribey
Jean-Marie Harribey, En finir avec le capitalovirus : l’alternative est possible, Dunod, 2021, 218 pages.
Michel Seymour
Michel Seymour, Raison, déraison et religion : plaidoyer pour une laïcité ouverte, Écosociété, 2021, 290 pages.
George Woodcock
George Woodcock, L’anarchisme : une histoire des idées et mouvements libertaires, Lux Éditeur, 2019, 544 pages.
Présentation du dossier
Dossier : Résilience écologique. Résistance ou résignation ?
Qu’il faille promouvoir la résilience des écosystèmes terrestres et aquatiques relèverait désormais de l’évidence. Le stress des changements climatiques et de l’accroissement de l’activité humaine a fragilisé les habitats naturels, les rendant plus pollués, moins divers. C’est du moins le message que déploient plusieurs chercheur·se·s et organisations visant à protéger ces lieux et leurs habitant·e·s.
Présentation du mini-dossier
Coordonné par Jean-Pierre Couture et Philippe de Grosbois
Professeur, essayiste, syndicaliste et militant de gauche, Jean-Marc Piotte (né en 1940) a marqué le paysage intellectuel québécois depuis la fondation de Parti pris en 1963. Membre du collectif d’À bâbord ! durant près de 10 ans, il s’était joint à la revue au moment de sa retraite. Il y a tenu une chronique intitulée « Gagner sa vie sans la perdre », qui portait un regard critique sur le monde du travail contemporain. L’esprit de cette chronique a été repris ensuite par feue Léa Fontaine.
Mini-dossier : Jean-Marc Piotte à 80 ans
Voici la version intégrale d’un article de Jacques Pelletier paru en version courte dans notre numéro 87.
Mini-dossier : Jean-Marc Piotte à 80 ans
Le Jean-Marc Piotte que je rencontre à À bâbord ! en 2007 a vu neiger. Il se méfie des utopies toutes faites et englobantes. Non pas parce que le capitalisme ou la social-démocratie lui apparaissent comme des horizons indépassables, mais parce que les idéaux désincarnés, qu’ils soient chrétiens, marxistes ou autres, servent trop souvent de fondements à des formes de domination dans lesquelles les intellectuel·le·s se donnent le beau rôle. Pour Piotte, les principes abstraits éloignent de la réalité telle que vécue et sentie par les individus, réalité qui ne se laisse jamais pleinement saisir par la pensée.
Mini-dossier : Jean-Marc Piotte à 80 ans
Une revue mensuelle voit le jour à Montréal en janvier 1975, sous le nom de Chroniques. Elle résulte d’une démarche collective de réflexion réunissant une dizaine de personnes, tou·te·s professeurs et professeures d’université ou de cégeps en sciences sociales, lettres, et théâtre, et un journaliste-essayiste. Si la revue n’adopte pas de ligne politique unique, tou·te·s les membres du collectif de production sont des progressistes de gauche et d’orientation théorique marxiste.
Mini-dossier : Jean-Marc Piotte à 80 ans
Il y a plus d’une façon de décrire le changement entre la période dite de la Grande Noirceur et celle de la Révolution tranquille. Une manière commode de résumer ce qui les sépare, c’est de dire que les Québécois et Québécoises sont passé·e·s d’un monde fait de vérités révélées à un monde fait de libertés en friche.
Jean-Marc Piotte a vécu de près cette transition.
Martin Gibert et Revue Relations
Martin Gibert, Faire la morale aux robots. Une introduction à l’éthique des algorithmes, Montréal, Atelier 10, 2020, 95 pages.
et
« L’intelligence artificielle : au service de l’humain ? », Revue Relations, numéro 808, mai-juin 2020, 50 pages.
Marcos Ancelovici, Pierre Mouterde, Stéphane Chalifour et Judith Trudeau
Marcos Ancelovici, Pierre Mouterde, Stéphane Chalifour et Judith Trudeau, Une gauche en commun. Dialogue sur l’anarchisme et le socialisme, Montréal, Écosociété, 2019, 264 pages.
Dossier : Québec, ville plurielle
Des lieux pour penser autrement. À Québec, deux librairies alternatives ayant pignon sur rue dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste offrent au public un espace pour réfléchir collectivement. En plus de proposer des ouvrages sociopolitiques, elles travaillent à faire rayonner la pensée critique et la vie culturelle dans la capitale.
Bertrand Russell
Bertrand Russell, Écrits sur l’éducation, Anthologie préparée et présentée par Normand Baillargeon et Chantal Santerre, Montréal, Écosociété, 2019, 308 pages.
Culture numérique
La présence de technologies dans l’univers pornographique n’est pas nouvelle. Toutefois, la récente mise en marché de robots sexuels utilisant les avancées récentes en intelligence artificielle invite à l’analyse et à la réflexion.
Élisée Reclus
Élisée Reclus, L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique, Montréal, Lux Éditeur, 2019, 186 pages.
Présentation du dossier
Le populisme n’a pas souvent bonne presse. Il est vu comme une façon complaisante de faire de la politique, jouant sur les plus bas instincts de la population, sur les émotions premières et irréfléchies, simplifiant les enjeux autant que possible, s’ouvrant aux grossières manipulations de l’électorat. Mais cette vision ne fait pas l’unanimité. Certain·e·s penseur·e·s et personnalités politiques considèrent que le populisme s’attaque en fait à l’élitisme, à une classe dominante qui se sert de la politique pour consolider ses privilèges.
Dossier : Le populisme de gauche. À tort ou à raison ?
Depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016, le mot « populisme » est sur toutes les lèvres. Loin d’être une nouveauté – nous en retrouvons des traces au 18e siècle autour de la Révolution française –, le terme est principalement associé, dans l’univers médiatique actuel, à des idéologies de droite ou d’extrême droite.
Dossier : La populisme de gauche. À tort ou à raison ?
Le populisme est d’actualité. Mieux dit : il ne cesse d’être d’actualité. Peu d’enjeux du débat public sont aussi systématiquement actuels. À tel point que le sociologue est interpellé moins par son actualité que par sa récurrence : pourquoi le populisme ne cesse-t-il de faire la une ? Peut-être est-ce l’actualité qui fait la question populiste ; et le populisme, un concept qui sert davantage qu’à l’éclairer, à la renvoyer à la déraison.
Dossier : Le populisme de gauche, à tort ou à raison ?
Les débats autour de la notion de populisme de gauche sont très souvent condamnés avant même qu’ils n’aient lieu, tant cette notion elle-même est connotée négativement. À droite comme à gauche, on semble l’associer à une forme de danger, que ce soit celui d’une excitation des bas instincts de la populace ou bien celui d’une dérive autoritaire d’un appareil politique par rapport à sa base.
La rectitude politique n’est pas née de la dernière pluie. Elle remonte à plusieurs décennies et a été le plus souvent utilisée par les intellectuel·le·s de droite pour disqualifier la gauche globalement à travers certaines de ses positions minoritaires, parfois effectivement discutables. Elle revient aujourd’hui dans un contexte social et politique inédit autour d’enjeux nouveaux (l’appropriation culturelle, le racisme, les questions de genre, l’approche intersectionnelle entre autres) liés à la transformation générale de nos sociétés capitalistes.
Mini-dossier : La rectitude politique en débat
Avec les récents livres de Mathieu Bock-Côté et de Pierre Mouterde consacrés au « politiquement correct », un certain confusionnisme idéologique s’étend du conservatisme au progressisme, au Québec comme en France. Une telle pente manichéenne ne nous fait-elle pas perdre en chemin la boussole de l’émancipation ?
Mini-dossier : La rectitude politique en débat
Je dois dire que ton texte m’a surpris puisque tu disais avoir apprécié mes deux ouvrages précédents, dans lesquels pourtant tout ce que je dis sur la rectitude politique se trouve déjà en germe. Je te croyais aussi plus sensible aux difficultés que la gauche peut connaître aujourd’hui ainsi qu’aux impasses dans lesquelles elle tend plus souvent qu’autrement à s’enfermer. N’es-tu pas bien placé, par ton parcours militant même, pour le savoir ?
Le collectif de la revue À bâbord ! vous invite au lancement de son numéro 106 et du dossier « Épiceries. Faim de justice ».
Plusieurs auteurs et autrices du numéro seront sur place pour prendre parole et présenter leur article !
Ça se passe à la librairie N’était-ce pas l’été (6702 St-Laurent, Montréal), le mardi 10 février à 18h30.
Entrée libre, bienvenue à toutes et à tous !
Publication indépendante paraissant quatre fois par année, la revue À bâbord ! est éditée au Québec par des militant·e·s, des journalistes indépendant·e·s, des professeur·e·s, des étudiant·e·s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une révolution dans l’organisation de notre société, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
À bâbord ! a pour mandat d’informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d’offrir un espace ouvert pour débattre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d’origine populaire. À bâbord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la bêtise, dénoncent les injustices et organisent la rébellion.