Pelletier, Jacques

  • Articles
  • No 69 - avril / mai 2017

    La littérature et la vie

    Chroniques de la morosité

    Bernard Émond, Camarade, ferme ton poste, Montréal, Lux, 2017.

    Serge Bouchard, Les yeux tristes de mon camion, Montréal, Boréal, 2016.

    L’époque est sombre, pour ne pas dire lugubre. Elle n’inspire plus guère que des passions tristes. Un philosophe à la mode en annonce même en termes apocalyptiques la décadence fatale, ce qui est peut-être exagéré mais révélateur de l’air du temps. Des recueils de chroniques publiés récemment en sont des échos, sur le mode nostalgique et mélancolique d’une quête du paradis perdu pour certains, sur celui davantage optimiste d’un pari sur l’avenir pour d’autres.

  • No 68 - février / mars 2017

    La littérature et la vie

    L’artiste et le militant

    L’artiste, c’est Marcelle Ferron, l’une des plus grandes peintres du Québec moderne. Le militant, c’est Michel Chartrand, le camarade exemplaire, compagnon des luttes d’hier, inspirateur de celles d’aujourd’hui. Ces deux personnages hors normes revivent dans toute leur grandeur et leur splendeur dans des ouvrages récemment parus qui les rappellent à notre souvenir ému.

  • No 67 - déc. 2016 / janv. 2017

    La littérature et la vie

    Atmosphères de fin du monde

    Parvenues à la maturité littéraire et comptant à leur crédit une œuvre consistante, Catherine Mavrikakis et Ying Chen, évoquent, dans leurs romans récents, la fin d’un monde, le nôtre, qui court à sa perte, victime paradoxale de ses conquêtes et de ses exploits apparents qui masquent une vision du monde profondément mortifère.

  • No 65 - été 2016

    La littérature et la vie

    Sables bitumineux : l’Apocalypse maintenant !

    Je terminais ma lecture du dernier roman de Nancy Huston, Le club des miracles relatifs (Actes Sud, Leméac, 2016), lorsque l’incendie s’est déclenché autour de Fort McMurray, détruisant tout sur son passage, une bonne partie de la ville de même que les forêts qui l’encerclent. Un drame qui fait coïncider l’Évènement et la Fiction, s’offrant du coup comme une expérience inédite dans mon long parcours de lecteur : la coprésence en acte du réel et de l’imaginaire !

  • No 64 - avril / mai 2016

    La littérature et la vie

    Puissance de la mer, passion des mots

    Dominique Fortier appartient à la cohorte des écrivain·e·s qui, à l’aube de la quarantaine, parvenus à la maturité littéraire, possèdent à la fois un univers référentiel propre, reconnaissable et un style distinctif qui caractérisent leur monde romanesque. Dans son cas, c’est le recours à l’histoire fondé sur une puissante érudition et la maîtrise parfaite d’une écriture que l’on pourrait qualifier de classique, tout en finesse et en retenue, qui singularisent son approche.

  • No 63 - février / mars 2016

    La littérature et la vie

    L’année la plus longue. L’histoire est un roman

    Le roman historique est une forme codée, réglée au quart de tour, qui vise un lectorat ciblé, s’intéressant à l’histoire événementielle dans ses aspects anecdotiques, racontée de manière chronologique, et qui se présente le plus souvent comme un modèle parfaitement normalisé. Les écrivains innovateurs ont tendance à le déserter, sauf s’ils peuvent le détourner et le mettre au service d’un propos qui l’intègre tout en le dépassant.

  • No 61 - oct. / nov. 2015

    La littérature et la vie

    Montréal, une et multiple

    Le titre du dernier roman de Monique Proulx, Ce qu’il reste de moi (Boréal, 2015), est énigmatique. Il laisse entendre que nous aurons affaire à un récit de type autofictionnel, raconté par un personnage dressant le bilan d’un parcours singulier, pratique littéraire fort répandue aujourd’hui. Or, on comprend vite, en le lisant, qu’il n’en est rien, que l’héroïne mythique incarnée ici par la figure historique de Jeanne Mance, centrale sur le plan symbolique, est elle-même une condensation originaire du Montréal diversifié et éclaté d’aujourd’hui, présent proche qu’elle relie au passé lointain à travers les personnages qui la prolongent et la redoublent.

  • No 59 - avril / mai 2015

    La littérature et la vie

    Espagne : La guerre civile du camp républicain

    Nourri des Grands cimetières sous la lune de Bernanos, le roman de Salvayre est également inspiré par la lecture de « livres d’histoire », évoqués allusivement, dont la narratrice présente un résumé didactique de quelques pages au milieu du roman. L’ouvrage de Burnett Bolloten, publié récemment sous le titre La guerre d’Espagne, Révolution et contre-révolution 1934-1939 [1], pourrait très bien figurer dans cette liste.

  • No 59 - avril / mai 2015

    La littérature et la vie

    Pas pleurer : l’Espagne en feu

    Après le Nouveau Roman des années 1950-1960, l’écriture expérimentale et formaliste des années 1970, la pratique auto et ego fictionnelle des deux dernières décennies, les romanciers français actuels semblent renou­er avec l’Histoire, et plus particulièrement avec ses moments convulsifs. Patrick Deville, dans Viva, évoque ainsi le Mexique révolutionnaire effervescent des années 1930 pendant qu’Olivier Rolin, dans Le météorologue, décrit les effets de la terreur stalinienne au cours de la même période [2]. Lydie Salvayre prend le relais à sa maniè­re dans Pas pleurer (Seuil, 2014), récit qui dramatise la guerre civile d’Espagne, épisode parti­culièrement tragique de l’épopée révolutionnaire qui traverse et secoue le siècle et les continents durant ces années de feu.

Rechercher un article, un auteur ou un sujet

Thèmes de recherche

Les auteur.e.s