Articles

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Politique

    Scène politique québécoise ; où va-t-on ?

    La scène politique est confuse. Le Bloc québécois disparaît presque complètement de la scène fédérale, tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) devient le parti canadien le plus représentatif de la population québécoise. Sur le plan provincial, le Parti québécois (PQ) est en déroute avec la démission de députés, dont le médiatique Pierre Curzi et l’expérimentée Louise Beaudoin, le Parti libéral du Québec (PLQ) garde sa tête hors de l’eau grâce aux malheurs de ce dernier et l’appui jusqu’ici indéfectible des circonscriptions jouissant d’une forte proportion d’anglophones, l’Action démo­cratique du Québec (ADQ) fait du sur place, tandis que Québec solidaire (QS) prospère dans la foulée des positions fermes défendues par Amir Khadir. Dans l’ombre s’agite François Legault qui voudrait bien devenir chef d’un nouveau parti.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Travail

    L’assurance-chômage au Canada

    De pire en pire !

    Depuis 1990, le régime d’assurance-chômage a subi des transformations radica­les qui ont eu des conséquences significatives sur la vie de milliers de Cana­diennes et Canadiens (multiplication par deux ou par trois des normes d’admissibilité, réduction de la durée des prestations, baisse du taux de prestations de 60 % à 55 %, abolition complète du droit aux prestations dans les cas d’inconduite ou de départ volontaire sans justification, durcissement significatif des mesures punitives, etc.).

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Syndicalisme

    Le détestable arrêt Fraser

    Droit d’association des travailleurs agricoles

    Législateurs et juges font malheureusement trop souvent peu de cas des travailleurs agricoles. Pour preuve, le refus de les entendre par le biais de la vidéoconférence sans prise en compte de leurs conditions matérielles (comme le retour – obligatoire – au pays après la fin de leur contrat de travail), la lenteur du système à lutter contre les conditions inhumaines et racistes dans lesquelles ils sont parfois contraints de travailler et de vivre, l’existence de plusieurs législations fédérales et provinciales leur octroyant ou retirant certains droits collectifs du travail, et ce, pour des raisons obscures, en réaction ou non à des décisions de justice. Si la justification de chaque avancée ou recul en matière de liberté d’association des travailleurs agricoles est souvent faible, l’analyse du mouvement dans son ensemble conduit à sérieusement douter de l’impartialité du traitement réservé à ces travailleurs et, plus largement, de celui offert à la liberté d’association reconnue par la Constitution. Le cas du régime des relations collectives de travail ontarien est édifiant.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Économie

    La crise de la croissance

    Depuis l’automne 2008, aucun reportage sur « l’état de santé » de l’économie mondiale ne passe à côté d’une question fondamentale : à quand le retour à la croissance ? Beaucoup d’efforts sont mis en place pour stimuler l’économie afin de retrouver rapidement le chemin d’une expansion soutenue et continue. Pourtant, les mêmes journaux télévisés qui, d’une voix, espèrent retrouver le chemin de la prospérité, se montrent de plus en plus soucieux de développement durable et de lutte aux changements climatiques. Il y a donc là imbrication de deux discours pourtant irréconciliables : d’un côté une défense non critique de la croissance économique comme souverain bien de la vie civilisée et, de l’autre, la reconnaissance de la nécessité de « protéger » l’environnement des activités humaines.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Féminisme

    Les femmes ont faim !

    Entrevue avec une collective d’action directe

    Les Femmes ont faim ! est une nébuleuse plutôt qu’un groupe formel. Adeptes de la diversité des tactiques, elles se déploient dans des initiatives à géométrie variable, auxquelles chacune s’associe ou non au gré des envies. Collective de discussion, d’action et de création, elles traquent la manière dont le petit sexisme ordinaire se manifeste dans l’intimité, les érotismes et les sexualités, puis créent des conditions de transformation, le tout dans un contexte sexe-positif assaisonné d’une bonne pincée (...)

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Débat politique

    Le vent du populisme

    Débat entre la gauche et la droite

    Sans que la question nationale ne soit réglée pour autant, l’affaiblissement de l’opposition entre souverainistes et fédéralistes au Québec a mis le débat public au diapason du reste du monde. Celui-ci s’aligne désormais sur une opposition marquée entre la gauche et la droite. Ce qui n’entraîne pas un repositionnement important des forces, les souverainistes étant le plus souvent de gauche et les fédéralistes davantage marqués par les idées de droite. Les réajustements concernent davantage le discours : comment, avec quels moyens, avec quel ton doit-on s’adresser à ceux que l’on veut convaincre ?

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Éducation

    Alerte rouge : brain gym

    Les personnes qui lisent cette chronique s’en souviendront peut-être : j’ai suggéré d’appeler « légendes pédagogiques » des croyances relatives à l’enseignement qui n’ont aucune base rationnelle ou empirique, mais qui fleurissent néanmoins en éducation ; notamment, il me semble, parce qu’elles sont rassurantes, qu’elles confortent des positions très répandues dans ce milieu et qu’elles en embrassent les valeurs. Ce sont, en fait, les légendes urbaines de la pédagogie.C’est de l’une de ces légendes que je souhaite vous entretenir cette fois, avec autant d’empressement que les pratiques qu’elle (moyennant finances) promeut ont commencé à faire leur entrée au Québec et que les parents comme les enseignantes et enseignants doivent être mis en garde.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Éducation

    Ordinateurs pour tous et succès garanti !

    Intellectuel engagé et critique tenace du monde des médias, Neil Postman (1931-2003) était d’avis que l’école avait deux ennemis : les technologies de l’information et les programmes d’études. Au Québec, l’omniprésence des technologies de l’information en salle de classe et l’arrivée des contrats de performance scolaire auront-elles pour effet de reléguer l’acte pédagogique à une fonction utilitaire ? Bref tour d’horizon de la pensée de Postman appliquée au con­texte québécois.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    International

    La responsabilité de protéger

    Quels intérêts le droit international protège-t-il ?

    Quatre mois après le début de l’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Libye, qui ne devait durer que quelques jours, la chute du régime libyen semble, au moment d’écrire ces lignes, imminente. S’il reste impossible de savoir ce que ces événements apporteront comme avancées ou comme reculs pour le peuple libyen, et encore moins quelles seront leurs répercussions sur l’état des relations internationales et des rapports de force entre les pays membres de l’OTAN et le reste du monde, certains journaux ont déjà désigné un vainqueur : « La guerre de Nicolas Sarkozy » titrait un article du Monde du 23 août. Deux jours plus tard, le même journal rappelait que les principales compagnies pétrolières, et les françaises « au premier rang », seraient les principaux « bénéficiaires collatéraux » de l’appui occidental aux rebelles. La « Responsabilité de protéger » la population de la Libye devant les menaces faites par Mouammar Kadhafi a été invoquée pour justifier l’intervention. Repositionné historiquement et au vu des risques qu’il représente, le principe de la Responsabilité de protéger permettrait-il de reproduire des modes de subordination historiques et constitutifs du droit international ?

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    International

    Colombie : notre solidarité

    Un territoire à décoloniser

    Le Projet accompagnement solidarité Colom­bie, auquel nous appartenons, est un collectif militant basé à Montréal, issu des mobilisations contre le Sommet des Amé­riques à Québec en 2001. Il participe depuis 2003 à la création de réseaux de solidarité directe avec des communautés résistant à la pénétration du développement capitaliste sur leurs terres.
    Le PASC anime aussi un réseau de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques colombiens ainsi qu’une campagne intitulée « Ciblons les (...)

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    International

    À bord du Tahrir

    Entretien avec Marie-Éve Rancourt

    L’épopée du Tahrir, qui n’a pu quitter les eaux grecques afin de se rendre à Gaza y porter des médicaments et ainsi forcer le blocus israélien, a fait les manchettes cet été. Marie-Ève Rancourt faisait partie de l’équipage du Tahrir et elle nous raconte quelques-unes de leurs péripéties.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    International

    Magie et propagande martiale

    Les innombrables guerres qui ensanglantent l’Histoire ont bien entendu été menées pour des raisons géopolitiques variées et souvent complexes. Mais chacune d’entre elles a mis les pouvoirs devant l’obligation de la légitimer aux yeux de leur population ; c’est que l’appui, sinon enthousiaste, au moins tacite du public, est indispensable à la déclaration et à la poursuite de la guerre.
    Comme on pouvait s’y attendre – et comme en témoignent notamment les documents classés secrets qui finissent par devenir (...)

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Culture

    Isaac Isitan

    Conteur d’espoir et d’horizontalité

    Généreux et volubile, Isaac Isitan ouvre grand les portes de son studio de production. Les murs sont bardés de récompenses et de prix ; les plus importants trônent sur sa table de travail : Thémis arborant le drapeau de la coopérative des femmes de la Brukman, une récompense remise par la Turquie, son pays d’origine, et enfin, son portrait d’homme oiseau, œuvre réalisée par Günes-Hélène Isitan. Isaac Isitan est un être à part, un conteur de vies. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer son jardin qui grouille d’âmes mystérieuses – L’impératrice, Izgud, Le chien, un duo de flamands roses ou encore Zorro – se livrant à de véritables joutes verbales ou physiques. Il suffit de s’asseoir et de l’écouter.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Culture

    Attention Féministes !

    Un film de Rozenn Potin

    Attention féministes ! est un documentaire d’une cinquantaine de minutes réalisé par Rozenn Potin, une jeune cinéaste de la ville de Québec. Depuis des années on la voyait, carnet, enregistreuse ou caméra à la main, dans les congrès, manifs et rassemblements féministes. Elle s’était donné un objectif difficile : réaliser un film accessible sur les féminismes contemporains. Elle a finalement opté pour la forme du portrait : on suit pendant une petite heure cinq militantes, engagées différemment, mais tous et (...)

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Armadillo

    Vanité d’une intervention militaire

    Un film de Janus Metz

    Dans un contexte géopolitique où différents pays occidentaux ont décidé d’appuyer militairement la guerre d’occupation que mènent, depuis près de dix ans, les États-Unis en Afghanistan afin de répliquer par la force aux attentats commis par des membres d’Al-Qaïda le 11 septembre 2001, on pouvait se demander quel type d’implication militaire apportaient certaines de ces nations. À cet égard, la présence danoise en sol afghan apparaissait comme un secret relativement bien gardé face à l’implication de différents pays de l’ONU (les États-Unis, le Canada et la France) dans l’entreprise évoquée. Soucieux de donner un juste aperçu de la nature de cette participation au peuple danois et au reste du monde, le jeune cinéaste Janus Metz a tracé un portrait très minutieux de la présence des militaires de son pays en Afghanistan, à travers ce documentaire de guerre à dimension politique.

  • No 41 - oct. / nov. 2011

    Hausse des frais de scolarité

    La connaissance n’a pas de prix

    Éditorial du no. 41

    Dès l’automne 2012, les étudiantes et étudiants québécois feront face à une hausse marquée des frais de scolarité. En 2016-2017, le montant pour une année d’études aura augmenté de 2 168 $ à 3 793 $. D’un côté, la ministre de l’Éducation, les recteurs et leurs amis de la communauté d’affaires prétendent que cette hausse n’aura aucun effet sur l’accessibilité. De l’autre, les étudiants contestent l’augmentation de leur facture d’études, en faisant valoir que la hausse viendra miner l’accès à l’enseignement supérieur (...)

Dossier : Littérature, fuite et résistance

  • 26 août 2012

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Tout est dans tout

    1.
    Si Roland Barthes décrit le style de l’écrivain comme étant foncièrement biologique, il en va de même pour le rapport au politique qu’entretient celui dont la vie consiste à faire de la littérature.
    Ces choses-là remontent à loin.
    Pour s’incarner dans une forme, l’engagement n’a pas à être seulement le résultat d’un choix réfléchi. Il serait pudibond de croire l’esprit éloigné des viscères, la politique autre chose qu’une affaire de pulsions.
    L’écrivain a d’abord pour travail de rappeler la contingence (...)

  • 26 août 2012

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    D’un bon usage de l’anachronisme en littérature ?

    La voix silencieuse des morts
    Si l’on en croit le livre de Melina Balcazar Moreno, Travailler pour les morts, Jean Genet n’écrivait pas pour ses contemporains. « L’œuvre d’art, lit-on dans L’Atelier d’Alberto Giacometti, n’est pas destinée aux générations enfants. Elle est offerte à l’innombrable peuple des morts. » Genet, « l’ennemi déclaré », l’écrivain pro-palestinien, l’admirateur des Black Panthers, lui qui décrit les cadavres après le massacre de Chatila, lui qui aurait répondu à l’appel aux combats que (...)

  • 26 août 2012

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    La littérature est inefficace et ennuyeuse aujourd’hui

    On doit se rendre à l’évidence : la litté­rature n’est ni aussi efficace ni aussi divertissante que le cinéma, la télé, les jeux vidéo ou les technologies de l’infor­mation. On doit également se rendre à cette autre évidence : si à notre époque, les genres littéraires survivent, c’est plutôt par inertie d’institution que par une réelle capacité de rendre l’expérience de leur époque aux individus qui ont les deux pieds dedans. La littérature suscite aujourd’hui l’indifférence générale. Il ne reste que des miettes de (...)

  • 26 août 2012

    Roman Québécois

    Quelques impasses actuelles

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Une tendance importante chez nos auteurs fait que l’on écrit au Québec des romans russes, américains, anglais, brésiliens, antillais, etc. La critique louange ces livres et les lecteurs suivent. Mais qu’en est-il alors d’une véritable vision de la société québécoise dans notre roman aujourd’hui ?

  • 26 août 2012

    J’ai l’angoisse légère

    L’engagement au présent chez Francine Noël

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Francine Noël s’est déjà définie comme une femme habitant un pays, ce qui était une manière de dire que son écriture était informée par sa position de citoyenne québécoise et que ses préoccupations s’inscrivent, de manière critique, ludique ou parodique, dans son œuvre. Les quatre romans qui forment la tétralogie consacrée à la Tribu des Ladouceur évoquent en effet les enjeux de la société québécoise depuis la Révolution tranquille. Si La conjuration des bâtards, le troisième opus de la série, est le plus (...)

  • 26 août 2012

    Aux marges

    Regards spéculatifs sur la société

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Posant notre regard sur l’époque actuelle, traversée d’incertitudes et secouée par les crises économiques, les désastres écologiques et les scandales politiques, on ne peut s’empêcher, trop souvent, d’adopter une attitude désabusée. Ce désabusement politique est largement relayé par le roman contemporain qui s’est replié, à quelques exceptions près, dans les méandres de l’intimité ou dans des fresques historiques sans véritables liens avec les temps présents. Le roman réaliste ne semble plus pouvoir saisir les sens et les possibilités enfouies dans ce réel qu’il prétend décrire. Dans cette littérature, la temporalité s’est figée dans un éternel présent : «  La prose “réaliste” se situe hors du temps ; ce qui est ancré dans le temps ne serait que pacotille [1].  » C’est sur cette « pacotille » que nous nous pencherons et, plus précisément, sur la science-fiction.

  • 26 août 2012

    Z I P P O

    Anticipation libertaire du monde

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Imaginez un météorite gigantesque fonçant vers la Terre. Voilà un thème récurrent de la science-fiction. D’habitude, cette situation provoque un branle-bas, des scientifiques découvrent une solution et l’armée résiste à la menace. Dans le roman de Mathieu Blais et Joël Casséus [2], au contraire, personne ne s’en préoccupe ; la population a d’autres chats à fouetter, au niveau de l’asphalte. L’immense métaphore frappe fort : pendant que les dirigeants politiques du Sommet de la ZIPPO doivent se réunir pour se partager les dernières richesses de la Terre, on néglige complètement la catastrophe imminente.

  • 26 août 2012

    Autour d’Hermann Broch

    La primauté du politique

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Hermann Broch est considéré comme un écrivain et un intellectuel majeur du XXe siècle. C’est ce que pensent aussi Jacques Pelletier et Yvon Rivard, qui ont fréquenté son œuvre chacun à leur manière : le premier en écrivant des études d’une rare perspicacité sur cet auteur réputé difficile, par passion intellectuelle et pédagogique, mais aussi comme militant infatigable ; le second, professeur aussi, essayiste et romancier, en recevant Hermann Broch comme un ébranlement qui allait modifier en profondeur sa vision et sa pratique de l’écriture, du langage et de son rapport au monde, bref de son rôle d’écrivain et d’intel­lectuel.

    Nous leur avons demandé de nous livrer leur réflexion sur cet écrivain atypique né à Vienne en 1886 et décédé à Yale en 1954, qui se détourna des affaires familiales florissantes pour se consacrer entièrement à la littérature, qui milita contre le nazisme, produisit une œuvre d’essayiste et de romancier d’une telle force qu’on a pu le comparer aux plus grands, notamment à James Joyce (Georges Steiner). En fait, nous leur avons demandé comment ils voyaient la littérature ou la pratique de l’écriture aujourd’hui. Est-il possible aujourd’hui que la littérature soit autre chose que divertissement, voire de belles machines fictionnelles, poétiques théoriques, agrémentées de rectitude morale ou politique ? Comment concilier littérature et action – ou souci du monde ? Comment Broch les a-t-il inspirés ?

  • 26 août 2012

    Autour d’Hermann Broch

    L’exigence éthique

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Hermann Broch est considéré comme un écrivain et un intellectuel majeur du XXe siècle. C’est ce que pensent aussi Jacques Pelletier et Yvon Rivard, qui ont fréquenté son œuvre chacun à leur manière : le premier en écrivant des études d’une rare perspicacité sur cet auteur réputé difficile, par passion intellectuelle et pédagogique, mais aussi comme militant infatigable ; le second, professeur aussi, essayiste et romancier, en recevant Hermann Broch comme un ébranlement qui allait modifier en profondeur sa vision et sa pratique de l’écriture, du langage et de son rapport au monde, bref de son rôle d’écrivain et d’intel­lectuel.

    Nous leur avons demandé de nous livrer leur réflexion sur cet écrivain atypique né à Vienne en 1886 et décédé à Yale en 1954, qui se détourna des affaires familiales florissantes pour se consacrer entièrement à la littérature, qui milita contre le nazisme, produisit une œuvre d’essayiste et de romancier d’une telle force qu’on a pu le comparer aux plus grands, notamment à James Joyce (Georges Steiner). En fait, nous leur avons demandé comment ils voyaient la littérature ou la pratique de l’écriture aujourd’hui. Est-il possible aujourd’hui que la littérature soit autre chose que divertissement, voire de belles machines fictionnelles, poétiques théoriques, agrémentées de rectitude morale ou politique ? Comment concilier littérature et action – ou souci du monde ? Comment Broch les a-t-il inspirés ?

  • 26 août 2012

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    Théâtre de combat

    Au Québec, de toutes les formes littéraires, le théâtre est sans doute celle qui présente le plus systématiquement des sujets politiques et sociaux. Peut-être est-ce parce que les comédiens devant leur public occupent une position qui ressemble à celle d’un tribun ? Ou parce qu’étant produit collectivement, le théâtre peut aisément répondre à des préoccupations plus globales ? Peut-être n’y a-t-il aucune raison spécifique ? Chose certaine, depuis qu’il existe, notre théâtre de création a toujours su habilement répercuter les préoccupations contemporaines.

  • 26 août 2012

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    BD québécoise : l’explosion

    « À quand les éditeurs ? » s’interrogeait André Carpentier en 1975 ; « La bande dessinée québécoise : sempiternels recommencements » s’inquiétait Jacques Samson en 1997 ; « La bande dessinée québécoise à l’âge adulte ? Mais ouvrez les yeux » se félicitait Fabien Deglise en une du Devoir en 2004. Petit constat de l’état de la bande dessinée québécoise après 40 ans de modernité.

  • 26 août 2012

    Dossier : Littérature, fuite et résistance

    La biblio hors les murs

    Roue libre en biblio-vélo

    En plein été, voir arriver sur le trottoir un olibrius à crête, tout sourire, qui t’accoste, chevauchant une bicyclette maganée, tractant une pleine remorque de livres stupéfiants et de propositions d’art, a quelque chose de déculottant… Surtout que sur le flanc de la remorque, il y a un pochoir avec un chat lecteur qui dit « Il y a du plaisir sous la couverture ! » Cette initiative libertaire a débuté en 2000 dans le quartier Centre Sud de Montréal pour déjouer le travail de rue et réinventer l’action (...)

  • 19 octobre 2011

    Présentation du dossier du no. 41

    Littérature - Fuite et résistance

    C’est un lieu commun qui a un certain chic : la littérature ne sert à rien. Il faut reconnaître, cependant, que les marchands de papier et d’idées pratiques aiment bien présenter le livre comme un outil indispensable pour vous bricoler une morale ajustable, voire une culture bien-pensante qui vous permettra de briller dans les salons, les départements de littérature et les aéroports jusqu’à la prochaine rentrée. C’est très exactement ce qu’une auteure comme Annie Le Brun appelait il y a quelques années (...)

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