La crise de l’humanisme

No 41 - oct. / nov. 2011

Charles Gagnon

La crise de l’humanisme

Charles Gagnon, La crise de l’humanisme, Montréal, Lux éditeur, 2011, 262p.

Les années 1980, qui ont vu la victoire du néolibéralisme, peuvent être considérées, d’un point de vue progressiste, comme un « grand bond en arrière ». Au Québec, comme partout dans le monde, on assiste, avec la montée de la droite, à un recul des luttes et des idéologies prônant le changement social et la contestation. Au premier abord, une pensée unique semblait depuis lors s’être installée, sans partage, à travers la planète. Pourtant, des voix dissidentes ont continué à se faire entendre, refusant de se taire malgré le consensus ambiant. Charles Gagnon, acteur important des mouvements révolutionnaires au Québec durant les années 1960-1970, a été une de ces voix qui a continué à décrire, d’une manière critique, les évolutions de notre société.

Pour mieux connaître cette voix, une anthologie de textes que Gagnon a écrits de 1982 à 2005 a été publiée par les éditions Lux sous le titre La crise de l’humanisme, constituant le troisième – et dernier – volume de ses écrits politiques. C’est un précieux témoignage sur les réflexions que l’auteur, ancien militant du Front de Libération du Québec et un des fondateurs du groupe marxiste-léniniste EN LUTTE !, a développées par rapport à cette période. On trouve dans ce livre des lettres et des textes sur des questions conjoncturelles mais aussi, et surtout, des essais étudiant les fondements de nos sociétés et des mouvements de contestation des années 1960-1970. Qu’il s’agisse de la Nou­velle gauche des années 1960 et des luttes de la jeunesse ou encore de la question de l’humanisme issu des Lumières du XVIIIe siècle, l’analyse de l’auteur prend un recul théorique, sans pour autant perdre de vue les conditions pratiques du changement social, ici et maintenant. La lecture de ces textes fait apparaître clairement la volonté de Charles Gagnon d’inscrire sa révolte dans un processus collectif de changement sur le long terme, processus éminemment concret  : « Penser la révolution c’est une chose, la faire c’est autre chose. »

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