Dossier : Changements climatiques - L’urgence d’agir

Le Québec face à la menace du pétrole bitumineux

Patrick Bonin

Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement Harper a prôné la croissance économique à tout prix avec une orientation portée sur le secteur de l’énergie. À l’honneur : déréglementation, subventions exorbitantes aux énergies polluantes, allè­gements fiscaux aux sociétés et plans pour doubler la production de pétrole des sables bitumineux et l’exporter.

Pour arriver à ses fins, le Parti conservateur a modifié la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, la Loi sur les pêches, la Loi sur l’Office national de l’énergie, la Loi sur les espèces en péril, la Loi sur la protection des eaux navigables et s’est retiré du Protocole de Kyoto. Ces changements législatifs majeurs ont été accompagnés d’une diminution de l’espace démocratique et de la censure des opinions qui vont à l’encontre des valeurs conservatrices, notamment celles des scientifiques et des organisations non gouvernementales de l’environnement (ONGE). Un des objectifs poursuivis : accélérer et faciliter l’approbation des projets énergétiques comme les mines et les pipelines de sables bitumineux.

Émergence de la mobilisation au Québec et ailleurs

Or, l’irresponsabilité du gouvernement Harper a réveillé les populations. Les communautés autochtones se sont mobilisées, créant de nouvelles synergies avec les ONGE et les organisateurs·trices de justice sociale. C’est grâce à ce genre de mobilisation que les pipelines Northern Gateway (Colombie-Britannique) et Keystone-XL (États-Unis) sont bloqués.

Au Québec, la résistance s’organise face aux projets de pipelines de sables bitumineux, en particulier le projet de pipeline Énergie Est de la compagnie TransCanada. Ce pipeline serait le plus gros en Amérique du Nord et transporterait 1,1 million de barils par jour de l’Alberta jusqu’à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Il menacerait l’approvisionnement en eau potable de millions de personnes, traverserait près de mille cours d’eau, contribuerait à détruire le climat planétaire (l’équivalent d’ajouter 7 millions de véhicules sur les routes) et poserait des risques d’accidents et d’explosions. De plus, un port d’exportation serait construit à Cacouna en plein cœur de la pouponnière des bélugas, une espèce menacée d’extinction.

Les groupes environnementaux et citoyens se sont rapidement mobilisés. Six nouveaux groupes citoyens regroupés sous la bannière STOP OLÉODUC ont lancé « Coule pas chez nous », une campagne panquébécoise visant à bloquer les projets de pipelines et qui propose des alternatives. Une grande manifestation citoyenne a d’ailleurs eu lieu à Cacouna. Déjà, plus d’une trentaine de municipalités, MRC et paroisses ont manifesté leur inquiétude, se sont opposées au projet, ont réclamé une enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ou ont adopté un règlement sur les pipelines. Le Comité de coordination du Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent – qui regroupe entre autres des représentant·e·s des municipalités, des communautés autochtones et de divers secteurs comme le tourisme, la science ou l’éducation – s’inquiète également de l’aménagement d’un port pétrolier à Cacouna.

Ces acteurs et actrices se mobilisent face à un gouvernement qui ne les écoute pas et contre un projet insensé qui menace les communautés et l’environnement au profit des pétrolières. Cette mobilisation ne s’arrêtera pas tant que ce projet ne sera pas arrêté… Joignez-vous à nous !

P.-S.

Responsable campagne Climat-Énergie, Greenpeace Canada, Montréal

| Liste de diffusion | Plan du site | Visites : 1148788 | Site réalisé avec SPIP | Crédits : [ ZAA.CC ] www.zaa.cc