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Maxime Catellier

La mort du Canada

Normand Baillargeon

Maxime Catellier, La mort du Canada - Suivi de : Lettre à Jean Benoît, Collection Essai libre, Poètes de Brousse, Montréal, 2009.

Maxime Catellier est poète et son pamphlet, La mort du Canada, est écrit en vers, ce qui est déjà assez exceptionnel pour être noté.

C’est une charge en règle, mais inspirée et lyrique, devant laquelle je m’efface volontiers pour en citer un extrait représentatif : « au Québec de l’Amérique/ où on lave plus blanc que blanc/ l’amnésie est féroce et le rêve éteint/où l’on s’émeut devant une fleur de lys/ ce symbole arriéré de la royauté française/ et une croix qui parle au nom/ de tous les analphabètes de notre histoire/une croix qui efface derrière elle/ des siècles d’ignorance et qui nous aveugle. »

« Je m’ennuie de la parole/qui mettait en danger/ à chaque syllabe / l’ordre du monde » écrit-il, plus loin. Ce qu’il nous offre à lire en donne une idée.

Catellier est un proche de Jean Benoît (1922), l’artiste surréaliste québécois exilé depuis 1948 à Paris. Il publie ici, en complément de son pamphlet, une belle lettre qu’il lui faisait parvenir. Elle ne dépareille en rien le livre et le complète au contraire merveilleusement : c’est que la même poésie y palpite. Vous ai-je dit que l’avant-propos de ce livre m’a énormément ému ? Voilà. Vous savez tout. Ce jeune homme (26 ans !) est à suivre.

P.-S.

Lu par Normand Baillargeon

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