Survivre à l’offensive des riches

No 71 - oct. / nov. 2017

Roméo Bouchard

Survivre à l’offensive des riches

Roméo Bouchard, Survivre à l’offensive des riches, Montréal, Écosociété, 2016, 200 p.

On connaît bien les thèses du philosophe agriculteur anarchiste et régionaliste qu’est Roméo Bouchard. En effet, on sait son affection pour la création d’une assemblée constituante et son attachement pour la reconnaissance, le plein développement et l’autonomie des régions. Son dernier ouvrage défend les mêmes thèses. Toutefois, l’auteur y expose les postulats, les principes fondamentaux, l’argumentaire et les faits sur lesquels reposent ses idées comme il ne l’a jamais fait auparavant.

À la manière d’une œuvre philosophique analytique, Bouchard rend explicites tous les liens entre ses idées dans le moindre détail. Ce procédé, quoique pertinent, a le défaut de nous faire perdre de vue les thèses centrales. Ainsi, on a l’impression que les deux derniers chapitres – Une constitution écrite par le peuple et Oser la souveraineté du peuple – ont été déposés là parce qu’il le fallait, mais ils n’ont pas de liens suffisants avec les démonstrations des premiers chapitres. En fait, il est tout à fait possible de lire ces deux derniers chapitres de manière isolée du reste. Bouchard y présente de manière très claire et détaillée ce qu’il entend par la constituante.

Le reste du traité est une somme, voire une charge impressionnante d’idées anticapitalistes passées sous la loupe d’une analyse systémique que l’on savoure avec délectation. Au-delà des idées générales anticapitalistes, l’auteur s’intéresse à la fois à des éléments de contexte mondial et national pour illustrer son propos. Il défriche les évidences, abat les mythes du «  piège de la croissance économique  » et récolte les faits de notre état de survie dans lequel le système (les banques, le marché, la société de consommation, le libre échange) nous a conduits. Pour Bouchard, le recours à une assemblée constituante et à la souveraineté sont les seuls moyens pour survivre au vol démocratique, matériel et humanitaire des capitalistes.

On est plus riche quand on sort de notre lecture de l’ouvrage quasi testamentaire de Bouchard.

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