Dossier : Transition écologique. Le

Dossier : Transition écologique, le grand virage

Pour une économie circulaire

Selon le Global Footprint Network, nous avons excédé le niveau de régénération de la Terre le 2 août dernier [1]. Depuis cette date, les ressources que nous consommons dépassent la capacité de régénération de notre planète.

Au-delà des nombreuses critiques qu’il est possible d’adresser au capitalisme et, de surcroît, au néolibéralisme, il existe plusieurs solutions à la survie de la biodiversité terrestre. Ici, nous traiterons d’un modèle économique visant une réduction drastique du gaspillage : l’économie circulaire.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

L’économie circulaire est basée sur le cycle de vie des produits et fonctionne donc en boucle. Son objectif consiste à réduire les déchets et le gaspillage en réutilisant jusqu’à 100 % des matières initiales pour fabriquer un nouveau produit. Le concept lancé au Danemark dans les années 1970 a été développé dans le but d’éviter l’épuisement des ressources de la planète. Cette économie s’oppose à ce que l’on appelle l’économie linéaire, qui provoque plutôt une accumulation de déchets au bout de la chaîne de cycle de vie d’un produit. Si l’économie circulaire attire l’attention des écologistes, elle attire aussi celle de plusieurs économistes et capitalistes, puisque ce moyen de concevoir le cycle de vie d’un produit permet aux entreprises d’éviter la volatilité du prix des ressources, mais permet aussi une réduction des coûts de production en réduisant la quantité de ressources nécessaires à la production, énergie incluse [2].

Trois applications

L’économie de partage ou économie collaborative. Même si ces termes sont souvent récupérés par des industries malintentionnées, nous ne discutons pas assez des avantages possibles de ce modèle lorsqu’il n’est pas instrumentalisé par une multinationale avide de profits. Le modèle initial de l’économie de partage repose avant tout sur la mutualisation des biens et des savoirs et la consommation collaborative qui aboutit à une meilleure utilisation des produits, comme, par exemple, le covoiturage, le « couchsurfing », mais aussi le troc et le simple partage de biens avec les gens qui nous entoure.

L’économie de fonctionnalité ou l’économie de services. Elle consiste en la vente du service d’un bien plutôt que le bien lui-même. Dans cette optique, l’entreprise reste propriétaire du produit et vend son utilisation. Elle a donc tout intérêt à allonger la durée de vie du produit. L’économie de services va à contresens de l’obsolescence programmée, cette nouvelle défaillance du capitalisme qui consiste à réduire volontairement la durée de vie d’un produit.

La réparation, la réutilisation, le reconditionnement ou le recyclage du produit. Cette solution existe depuis toujours, mais doit être davantage considérée. Les parfaits exemples en sont le verre et l’aluminium, qui peuvent être recyclés indéfiniment. Cependant, du point de vue de la minimisation de l’utilisation d’énergie, la réutilisation est assurément la gagnante. Le compostage est aussi un exemple simple de revalorisation de matières organiques.

L’ère des solutions

Notre impact majeur sur l’écosystème terrestre a aujourd’hui un nom géologique : l’anthropocène. Les humains doivent résolument trouver une façon de vivre sans avoir un impact néfaste sur l’environnement. Malheureusement, les défenseurs du capitalisme à l’ère néolibérale ne semblent trouver que des solutions à court terme permettant de perpétuer un système économique qui les avantage. La crise climatique est pourtant la plus grande démonstration de la faillite morale du capitalisme. Il faut, par conséquent, trouver un modèle viable de fonctionnement économique et l’économie circulaire a, en ce sens, le potentiel de constituer une solution, même si elle ne remet pas toujours la croissance économique en question. Déjà plusieurs pays ont inclus l’économie circulaire dans des projets de loi. Il serait grand temps que le Québec et le Canada fassent de même !


[1Global Footprint Network est une organisation internationale à but non lucratif fondée en 2003 pour permettre un avenir durable où toutes les personnes ont la possibilité de prospérer au moyen d’une seule planète.

[2Gérald Fillion, Société Radio-Canada, « Chronique Prospectives : l’économie circulaire », 2016.

Vous avez aimé cet article?
À bâbord! vit grâce au soutien de ses lectrices et lecteurs.
Partager sur        

Articlessur le même thème