Dossier : Les classes dominantes

Présentation du dossier du no. 39

Les classes dominantes au Québec

Comment comprendre la domination au Québec ? Comment s’exerce-t-elle ? Qui en sont les principaux acteurs ? Le principe de domination est-il d’abord politique ou économique ? Ou les deux à la fois ? C’est à partir de ces questions que le présent dossier a été élaboré.Son objectif est simple, mais ambitieux :comprendre comment s’institue et s’articule la domination au Québec, ce qui implique la description des classes sociales qui en sont les principaux vecteurs.

Ce thème fait écho à celui du dossier paru dans le dernier À Bâbord !(« L’Utopie a-t-elle un avenir ? », no. 38). Pour réaliser l’utopie dans l’avenir, il faut, dans un premier temps, penser comment s’organisent, se construisent, se reproduisent et se transforment aujourd’hui les différentes formes de domination politique et économique. À l’opposé des grandes proclamations des théoriciens du néolibéralisme au sujet de la fin de l’histoire et d’un prétendu triomphe de la liberté et de la démocratie, nous désirons comprendre plus sobrement le monde tel qu’il est afin de pouvoir identifier correctement les défis et les obstacles à surmonter pour le changer.

C’est avec cet objectif en tête que nous proposons ce dossier. Au-delà des discours lénifiants sur les bienfaits de notre société démocratique, nous entendons montrer que les Québécoises et les Québécois demeurent un peuple soumis aux intérêts croisés des classes sociales qui exercent leur domination sur nos vies sans grand respect pour notre statut de société démocratique.

Ce dossier comporte trois sections. La première série de textes vise à formuler une proposition de conceptualisation des classes dominantes et de leurs mutations.Pour ce faire, nous étudierons les transformations des classes dominantes en lien avec les modifications des processus de production (Frantz Gheller), les reconfigurations de l’appareil d’État (Philippe Hurteau) et les modes de diffusion de l’idéologie dominante (Eve-Lyne Couturier).

Ensuite,une seconde série de textes tentera de définir les frontières qui délimitent la composition des classes dominantes. Ainsi, nous étudierons d’abord la disposition de ces classes dans leur rapport à la propriété directe des entreprises (Pierre Beaulne),ensuite le pouvoir spécifique des technocraties des secteurs public et privé (Simon Tremblay-Pepin), enfin les liens entre les classes dominantes et les partis politiques (Anne-Marie
Provost) de même que la création d’une élite économique s’appuyant
sur un contrôle d’une part grandissante de la richesse collective (Guillaume Hébert).

Finalement, une cartographie des classes dominantes sera esquissée pour
les secteurs d’activité suivants : les conglomérats médiatiques (Éric Martin), l’industrie porcine (Jean-Luc Cécyre), les firmes d’ingénierie (Jean-François Landry), le secteur financier (Audrey Laurin-Lamothe) et l’industrie du gaz de schiste (Bertrand Schepper).

Évidemment,il ne s’agit pas d’un portrait complet des classes dominantes québécoises, mais plus humblement de l’amorce d’un projet de recherche
appelé à se poursuivre dans les années à venir.

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