Dossier : Hull, ville assiégée

Dossier : Hull, ville assiégée

Dessine-moi Hull !

Pour en finir avec novembre, Sylvain Lemay et André St-George,
Montréal, Les 400 coups, Coll. « Mécanique générale », 2010, 168 p.

La bande dessinée est un art de la représentation. Un livre comprend des centaines et des centaines de dessins. Les personnages et les lieux y sont constamment redessinés. Fictifs ou réels, les lieux représentés permettent aux personnages d’évoluer dans un environnement construit par l’auteur. Les lecteurs québécois de bande dessinée ont grandi, pour la majorité d’entre eux, dans des décors de villes européennes ou américaines, réelles ou fictives (la Syldavie, la Palombie, Gotham City) ou encore, dernièrement, dans des villes japonaises. L’automne dernier je publiais un roman graphique, Pour en finir avec novembre, qui se déroule, sur une période de 30 ans, dans les rues de Hull.

Il m’a semblé essentiel, lors de l’écriture de mon propre scénario, d’utiliser la ville de Hull comme toile de fond. Inspiré d’événements réels, la crise d’octobre 1970, ce récit se devait de se dérouler à l’intérieur de décors réels. Une première version de ce scénario avait été écrite dans les années 1990 alors que j’habitais encore à Montréal. Et toutes les scènes se déroulaient dans la métropole.

Mais lorsque vint le temps de reprendre ce projet en 2008, en compagnie du dessinateur André St-Georges, né à Hull, nous avons immédiatement transformé le cadre pour le déplacer dans la ville que nous habitions. Et nous avons dessiné, d’après photos ou croquis préparatoires, différents lieux réels que le lecteur peut aisément reconnaître : le centre-ville de Hull, les ponts interprovinciaux, la Maison du citoyen, Les 4 jeudis, le restaurant Barbe sur la rue Eddy, le salon funéraire sur le boulevard des Allumetières, les Promenades de l’Outaouais et la Promenade Island Park à Ottawa. Cela permet selon nous de donner une dimension affective encore plus grande au récit. On s’approche ainsi du cinéma vérité et du documentaire. Lorsque les lecteurs voient dans une bande dessinée des lieux qu’ils fréquentent dans leur quotidien, ils peuvent également se questionner sur le statut des personnages. En se promenant dans des lieux réels, les personnages, me semble-t-il, acquièrent une réalité plus grande.

Thèmes de recherche Mémoire des luttes, Livres
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