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Travail

Rencontre avec Louis Roy

Une présidence militante, ouverte sur le monde et high-tech

Léa Fontaine, Jean-Marc Piotte

Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est un acteur majeur de la scène syndicale québécoise. La dynamique nonagénaire va inévitablement connaître un vent de changement en raison du renouvellement de la majorité de son comité exécutif et de sa présidence. En effet, Claudette Carbonneau, première femme élue à la présidence de la Confédération, a quitté le poste qu’elle occupait depuis 2002, après avoir été membre du comité exécutif depuis 1997. Lise Poulin, secrétaire générale depuis 1998, et Roger Valois, vice-président depuis des lustres, n’ont pas renouvelé leur mandat. Quant à Pierre Patry, trésorier depuis 2004, et à Denise Boucher, troisième vice-présidente depuis 1999, ils ont sollicité un nouveau mandat. Louis Roy, premier vice-président depuis 2002, était le candidat officiel à la présidence de la CSN. Ainsi, ce dernier occupera une fonction différente et trois nouvelles personnes intégreront le comité exécutif. Malheureusement, ce renouvellement se fera au détriment de la parité hommes/femmes : une seule membre du prochain comité représentera la moitié de la population. Quelques semaines avant la tenue du 63e congrès de la Confédération, Louis Roy, qui regrette ce recul, a bien voulu accorder une entrevue à À bâbord !

Encourager le militantisme des nouveaux salariés

La CSN a connu un très important renouvellement de ses employés, environ les deux tiers d’entre eux ayant été embauchés au cours des sept ou huit dernières années. La Confédération mène une réflexion sur la manière de mettre à profit ce vent de renouveau, afin d’améliorer son fonctionnement interne et la qualité des services offerts aux membres. Pour ce faire, signale Louis Roy, elle souhaite saisir et prendre en considération les préoccupations de cette nouvelle génération (ex. conciliation vie professionnelle/vie personnelle) et trouver la façon de renforcer l’esprit militant, voire de le lui insuffler lorsque nécessaire. Les salariés, qu’ils aient ou non la CSN profondément tatouée dans le cœur, vont devoir prendre part au renforcement d’un militantisme qui doit être constant. Quelle que soit la charge de travail assumée par les salariés, c’est l’implication militante qui, semble-t-il, constituera LE critère de reconnaissance au sein de la Confédération. Le militantisme doit également être concerté. À cette fin, l’appareil syndical doit être resserré, les lignes hiérarchiques brisées, et les échanges entre le Comité exécutif et les salariés de la CSN, assouplis.

Repolitiser les débats

Prenant le contre-pied des syndicats qui, depuis une trentaine d’années, ont choisi de se centrer sur la défense des droits individuels, la CSN désire améliorer son projet politique en l’empreignant d’une vision fondamentalement sociale. Pour ce faire, sans la rejeter, elle prend une distance face à la question nationale pour s’ouvrir au monde et aux enjeux induits par l’économie outrageusement libérale. Les échanges commerciaux nord-américains, mais aussi mondiaux, accentués par un capitalisme sans concessions, ont nécessairement des conséquences sur les conditions de travail locales et la manière d’évaluer l’éventail d’options sociopolitiques disponibles aux différents problèmes rencontrés par notre société. De ce point de vue, le Forum social mondial (FSM) et les Forums sociaux nationaux constituent de prolifiques pépinières d’où jaillissent de riches débats. Selon Louis Roy, friand de ces nouveaux espaces et promoteur du deuxième Forum social québécois (FSQ), les Forums sociaux réunissent des personnes engagées, militantes et conscientes des enjeux contemporains, auxquelles doivent impérativement se lier les militants syndicaux.

Rejoindre les jeunes

Louis Roy est très sensible à la présence et à l’implication des jeunes – salariés ou membres – au sein de la Confédération. Il souhaite que les différentes instances syndicales soient davantage à leur écoute et plus attentives à leurs attentes. Il ne s’agit pas seulement de les rejoindre, mais aussi, et surtout de les sensibiliser à l’importance du syndicalisme et du militantisme. Dans ce but, Louis Roy encourage notamment l’utilisation des nouvelles technologies et des médias sociaux. Il est d’ailleurs, depuis plusieurs années, lui-même adepte et grand usager de Facebook et autres Twitter. Conscient d’une certaine réticence de la Confédération face à ces outils, il n’en démord toutefois pas et demeure convaincu que leur mise en œuvre massive permettrait d’entrer en contact avec un public militant plus large et non encore rejoint. Il est vrai que l’ami Louis Roy est très présent sur Facebook, n’hésitant pas à partager des informations, présenter ses points de vue et même à inscrire quelques commentaires personnels sur les murs de ses amis. L’accessibilité et la disponibilité de Louis Roy sont remarquables dans le monde syndical, qui plus est, au sein d’une organisation aussi grande et reconnue que la CSN.

Bref, Louis Roy, solidaire des orientations politiques du comité exécutif sortant, souhaite reprendre à sa manière le flambeau de la présidence, en mettant l’accent sur de nouveaux procédés d’action.

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