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Jean-François Lefebvre, Nicole Moreau et Jonathan Théorêt

Énergies renouvelables - mythes et obstacles

Daniel Chapdelaine

Jean-François Lefebvre, Nicole Moreau et Jonathan Théorêt, Énergies renouvelables - Mythes et obstacles, Québec, Éditions Multimondes, 2010, 136 p.

Dans cet ouvrage très accessible pour les néophytes, les auteurs font un tour d’horizon des sources d’énergie renouvelables qui sont disponibles ou en développement pour les opposer aux énergies fossiles, en particulier au « charbon propre », ce dernier étant dépeint comme la dernière fourberie d’un lobby en mal de légitimité. Mais plus important encore, et c’est là le pôle principal abordé, on met en perspective les principales énergies renouvelables (hydro­­élec­tricité, éolien, solaire, etc.) sous les éclairages de l’acceptabilité sociale, de la pollution (chimique, mais également visuelle et sonore) et, surtout, de l’efficacité.

En effet, si l’on reconnaît que tout type d’installations rencontre ses opposants (ce que l’on constate avec l’éolien, par exemple, dès lors que les projets se concrétisent), force est d’admettre que l’histoire de l’opposition aux grands ouvrages hydroélectriques ne fait que se répéter, 40 ans plus tard, pour les nouvelles technologies mises en branle. À la différence près que, pour les projets hydro, les opposants sont plus aguerris et les mécanismes d’évaluation environnementale sont nettement plus nombreux et exigeants, ce qui pose des obstacles énormes à ce type de développement qui est en grande partie responsable du développement économique et technologique du Québec moderne. De façon plus qu’éclairante, c’est la perspective du ratio de rente énergétique, vue sous la loupe de l’analyse du cycle de vie, qui consiste à comparer l’énergie produite vs celle requise pour la construction, la maintenance et l’exploitation d’une filiale énergétique, qui fait ressortir notre bonne vieille hydro comme la grande championne (suivie de près par le nucléaire), loin devant les autres sources, fossiles comme renouvelables.

Quand on met dans l’équation les polluants émis, autant les gaz à effet de serre que les polluants soufrés ou azotés (responsables des pluies acides et du smog, par exemple), quelle énergie est la plus propre ? Encore les barrages d’Hydro, ce qui fait dire aux auteurs qu’il est primordial de réhabiliter, et à plus forte raison au Québec, les grands projets hydrauliques qui, loin d’occulter les autres sources renouvelables, permettent une grande flexibilité (en accumulant l’eau en réservoir lors d’une baisse de la demande), nécessaire pour rendre acceptables les sources variables et sporadiques que sont l’éolienne et le solaire, par exemple.

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