Dossier : Résistances autochtones

Initiative autonome

Classe de langue Cri à Montréal

Il y a plus de 60 langues autochtones au Canada, ce qui représente un des plus hauts taux de diversité linguistique au monde. Plus de la moitié de ces langues sont parlées en Colombie-Britannique, et toutes sont extrêmement menacées. En 2001, Statistique Canada a publié un rapport dans lequel il était mentionné que seules trois langues auto­chtones ne sont pas en voie de disparition : le cri, l’ojibwé et l’inuktitut. Cependant, même ces trois langues sont vulnérables et la capacité à les parler avec aisance peut être perdue en une seule génération, surtout pour ceux et celles qui déménagent dans les centres urbains et qui se trouvent coupés de leur communauté linguistique.

Seulement une personne autochtone sur quatre parle encore sa langue, à cause de la répression intentionnelle, de la destruction de nos langues par le système des pensionnats et d’une politique actuelle de non-investissement dans ce domaine.Les personnes auto­chtones peuvent étudier presque toutes les langues du monde à part la leur, alors qu’ils et elles vivent dans leur propre territoire !

C’est ainsi que je suis ici, au Québec, en train de lutter pour ne pas perdre ma langue crie. Il y a une seule classe de langue autochtone à Montréal et on y enseigne l’inuktitut du Nunavik. Ce programme est assez récent. Mais il est impossible d’apprendre le cri ici, ni le mohawk, ni l’innu-aiman​​, ni l’atikamekw, ni l’anishinaabe, ni le mi’maq, ni le malécite, ni l’abénaquis, ni le wendat ou le naskapi ; pourtant, ces 10 langues sont bel et bien présentes au sein de la province.

Ce que je vous demande, ce n’est pas de financer une seule classe, isolée, dans une seule langue autochtone. Ce que je vous demande, c’est de m’aider à prouver que ça peut être fait… Qu’il est possible d’atteindre un seuil élevé de fluidité linguistique en relativement peu de temps, même dans un contexte urbain loin de nos territoires traditionnels. Parce que si nous pouvons faire cela, alors ça peut être fait partout à travers le pays. Avec un investissement de départ minime en matériel, ces classes peuvent fournir une réponse immédiate et viable à la perte linguistique. On peut s’installer dans des salons et des garages si on ne trouve pas ou si on ne peut pas se permettre d’autres espaces. On s’en moque, du moment que ça se concrétise. »

Grâce à une campagne de financement Indiegogo qui a atteint son objectif de 5 000 $, une classede langue crie a commencé en janvier 2014 à Montréal, devant des élèves enthousiastes. Il est possible de suivre le déroulement du projet sur le blogue sakihitowinlearning.ca (en anglais) qui propose aussi de télécharger le contenu des cours contre une contribution volontaire.

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