Generation Palestine : Voices from the Boycott, Divestment and Sanctions Movement

No 54 - avril / mai 2014

Rich Wells (dir.)

Generation Palestine : Voices from the Boycott, Divestment and Sanctions Movement

Generation Palestine : Voices from the Boycott, Divestment and Sanctions Movement, dirigé par Rich Wells, Londres, Éditions Pluto Press, 2013, 242 p.

Voilà un passionnant – mais trop court – livre produit par de nombreuses personnes qui ont travaillé à créer, soutenir et faire avancer le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) depuis la Palestine et bien au-delà. Il s’agit à la fois d’une excellente introduction à la campagne BDS pour celles et ceux qui n’en auraient pas ou peu entendu parler, de même que d’une importante source d’informations pour qui participerait au mouvement international puisqu’il aborde des faits et enjeux que l’on oublie facilement.

À cet égard, l’ouvrage fournit de nombreuses réflexions sur les injustices qui sont perpétrées actuellement en Palestine et qui ont mené à ce mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Soulignons néanmoins le manque de voix féminines parmi les auteur·e·s.

La campagne BDS est bien enracinée dans la longue histoire de résistance à l’oppression et de désobéissance civile pacifiques de la Palestine, s’inspirant d’exemples remontant au colonialisme britannique, à l’établissent de l’État d’Israël en 1948 et à la première Intifada en 1987. La campagne actuelle a été officiellement lancée en juillet 2005, lorsque 171 organisations de la société civile palestinienne ont lancé à la communauté internationale un appel à la solidarité et à la participation à un mouvement enjoignant Israël à respecter le droit international. Trois objectifs importants étaient alors fixés : la fin de l’occupation et de la colonisation de tous les territoires appartenant aux Arabes et le démantèlement du Mur de séparation ; une pleine reconnaissance des droits fondamentaux aux citoyens arabes d’Israël ; enfin, le respect et la protection du droit des Palestinien·ne·s à retourner chez eux comme cela est stipulé dans la résolution 194 de l’ONU (adoptée en 1948 !). Comme le souligne en introduction de son texte Ramzy Baroud, l’appel lancé en juillet 2005 coïncide avec le premier anniversaire du jugement de la Cour internationale de justice ayant statué que le Mur de séparation construit par Israël en territoire palestinien était illégal.

Les quatre sections du livre situent donc la campagne BDS dans son contexte historique, explorent les aspects économique, universitaire et culturel de celle-ci et présentent des exemples de luttes en lien avec elle.

Le désinvestissement, les sanctions et le boycottage sont de puissantes et légitimes façons d’exprimer une opposition populaire à des pratiques et des politiques injustes et illégales. Les voix que l’on retrouve dans Generation Palestine le démontrent de façon éloquente, tout en appelant implicitement à l’action et à la solidarité avec le peuple palestinien. La campagne est d’ailleurs bien vivante chez nous, notamment avec les campagnes de sensibilisation souvent organisées par le collectif Tadamon !, de même qu’avec la Semaine annuelle contre l’apartheid israélien organisée dans différentes villes et universités à travers le pays début mars.

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