Dossier : Violence et politique

Les syndicats debout !

La lecture du Manifeste du FLQ, le 8 octobre, par le très officiel Gaétan Montreuil au téléjournal de Radio-Canada, suscite une vague de sympathie pour ses positions parmi la population du Québec qui applaudit au spectacle mené en son nom par un petit groupe de militants révolutionnaires. Les étudiants, un peu partout dans la province, débraient, en appui aux demandes du FLQ.

Le 16 octobre, la Loi des mesures de guerre supprime les libertés civiles au Québec, entraîne des centaines d’arrestations et plus d’un millier de perquisitions, tout en justifiant l’occupation armée du Québec. Le lendemain, l’assassinat du ministre Pierre Laporte, largement commenté dans les médias, écrase la vague de sympathie pour le FLQ. La mobilisation s’arrête. Les organisations étudiantes et celle du Parti québécois, désertées par leurs militantes emprisonnées ou en fuite, disparaissent de la scène publique. Seuls résistent des individus (Claude Ryan du Devoir, René Lévesque du PQ…) et les trois grandes centrales syndicales du Québec qui, pour la première fois de leur histoire, réunissent à Québec leurs grandes instances entre les congrès, soit près de 750 militants, pour exiger le retrait des mesures de guerre, malgré la dissidence de certains de leurs syndicats.

Cette nouvelle unité syndicale combative a permis, un an plus tard, la marche de solidarité de plus de 15 000 personnes en appui aux lockoutés de La Presse. Elle sera sévèrement réprimée par la police du maire Jean Drapeau qui interdisait toute manifestation.

Cette unité combative a également favorisé la création, en 1972, du premier front commun des syndiqués du secteur public et parapublic, et leur grève contre le gouvernement Bourassa. Elle a aussi rendu possible, lors de l’emprisonnement des trois chefs syndicaux, le débrayage de plus de 300 000 travailleurs des secteurs privé et public, avec l’occupation de certaines villes, dont Sept-Îles et Saint-Jérôme.

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