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Débat politique

20 mois dans la rue et l’espoir de servir à quelque chose

Les lockoutés du Journal de Montréal

Léa Fontaine

Depuis le 24 janvier 2009, les 253 lockoutés du Journal de Montréal en appellent à la solidarité. Jetés au sol à plusieurs reprises par de lâches pistons ou crochets, ils n’ont de cesse de se redresser. Incroyablement résistants, quelque 20 mois plus tard, ils assènent un très juste coup de pied sauté sous la forme du dépôt, à l’Assemblée nationale, d’une pétition de plus de 22 000 signataires réclamant la modernisation des dispositions législatives antibriseurs de grève (art. 109.1 du Code du travail). Dans la foulée, Amir Khadir, député de Québec solidaire, initie une motion qui, pour rallier les trois partis politiques et les députés indépendants (de droite), ne se limite pas au contenu de l’article 109.1. La demande vise la modernisation du Code du travail, particulièrement en ce qui concerne les dispositions antibriseurs de grève afin notamment de tenir compte de l’impact des nouvelles technologies. S’il faut se réjouir de l’adoption à l’unanimité d’une telle motion, le climat politique exige une très grande vigilance pour contrer toute tentative de sabotage du Code du travail. À ce propos, chacun se sou- viendra du Rapport de l’Institut économique de Montréal (2009) contestant l’essence même de notre régime collectif de défense des travailleurs, du leitmotiv du Conseil du patronat du Québec prônant l’abolition, entre autres, des dispositions antibriseurs de grève, mais aussi de la surprise créée par la proposition des jeunes libéraux demandant « l’application équitable » de l’article 109.1 à tous les contextes de travail. Le dépôt d’un projet de loi devrait avoir lieu cet automne. Le nerf de la guerre sera la « notion d’établissement », jumelée à la question de la sous-traitance.

Du côté de RueFrontenac, Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, espère, outre la signature d’une bonne convention collective, que la lutte des 253 lockoutés contribuera à faire évoluer la législation québécoise afin que l’histoire ne se répète pas. Bel héritage que laisserait les 253 lockoutés à l’Histoire des luttes au Québec !

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