Dossier : Partenariats public-privé

PPP : étude de cas # 7

L’eau à Hamilton

par Gaétan Breton

La Ville de Hamilton avait décidé de privatiser la provision d’eau potable et l’évacuation des eaux usées. Une compagnie locale, spécialisée dans la disposition des déchets industriels, a été choisie pour ce faire. La compagnie avait promis de développer les connaissances dans le domaine, de construire un centre de formation et de générer des emplois pour des spécialistes formés à Hamilton. Après un an de privatisation, la compagnie avait déjà mis la moitié des employés en chômage. C’est alors que les surverses et les refoulements d’égouts ont vraiment commencé. Les surverses se produisent lorsque l’usine d’assainissement n’arrive pas à traiter les eaux usées en surplus qui alors vont directement dans le lac Ontario. On parle de milliards de litres de résidus d’égout non traités qui se seraient retrouvés dans le lac.

De plus, la compagnie avait des problèmes financiers, s’étant lancée dans des aventures financières risquées. Elle a donc vendu sa filiale à une filiale de la compagnie Enron, laquelle ayant elle-même des problèmes, l’a vendue à une autre entreprise. Bref, les dirigeants de Hamilton croyaient, probablement de bonne foi, faire un geste pour le développement industriel de leur ville et ils se sont retrouvés littéralement dans la « merde ». Ils n’ont vu aucune des belles promesses se réaliser et ont eu comme partenaires 5 entreprises différentes en 8 ans, dont 4 qu’ils n’avaient pas choisies.

Malgré l’opposition organisée de plusieurs groupes, la Ville de Hamilton a octroyé un nouveau contrat de 10 ans, dont plusieurs causes sont tenues secrètes (ah... la transparence des PPP). Un conseiller municipal a même dû payer plus de 2000 $ pour obtenir certaines informations ; frais évalués par la ville pour les extraire des archives.

Vous avez aimé cet article?
À bâbord! vit grâce au soutien de ses lectrices et lecteurs.
Partager sur        

Articlessur le même thème