Secrets d’États ? Les principes qui guident l’administration publique et ses enjeux contemporains

No 44 - avril / mai 2012

Nelson Michaud

Secrets d’États ? Les principes qui guident l’administration publique et ses enjeux contemporains

Secrets d’États ? Les principes qui guident l’administration publique
et ses enjeux contemporains
, Nelson Michaud (dir.), Québec, PUL, 2011, 778 p.

C’est tantôt avec un grand intérêt et tantôt avec un ennui certain que j’ai pris connaissance de cet ouvrage. Peu de secrets d’États y sont dévoilés. Wikileaks ne fera donc pas ses choux gras avec ce volume. Ce manuel correspond, grosso modo, à un mélange hybride comportant divers articles relatifs aux grandes institutions étatiques ou politiques du pays (le Canada et le Québec, pour l’essentiel) et des textes qui se concentrent sur certaines thématiques spécifiques à l’administration publique du même espace géopolitique. Des chapitres méritent d’être lus (voir à ce sujet les chapitres 3, 5, 7, 10, 11, 13, 14, 17, 20, 21, 23, 25, 26 et 32), alors que d’autres ont des défauts majeurs.

Le texte de Dufour comporte plusieurs grossières inexactitudes. L’État du Québec se voit ainsi erronément propulsé au rang d’État unitaire. Dans les faits, il s’agit d’un État fédéré. Incorrectement, il affirme ce qui suit : « À la suite de l’élection fédérale de mai 2011 […] le Bloc québécois ne faisait qu’élire deux députés. » La députation du Bloc québécois à la Chambre des communes compte plutôt quatre députés.

Par ailleurs, Rémillard présente une analyse très subjective de la question constitutionnelle au Canada. Sous sa plume, la Charte des droits et libertés est hissée au rang de « contrat social ». Il a même l’outrecuidance de ne citer qu’un seul constitutionnaliste  : lui-même.

L’introduction de Michaud comprend un volet historique très important sur l’État. Cependant, ses sources ne sont pas citées. Pour ce qui est du chapitre signé par Claude Morin, il s’agit d’un texte puisé, sans qu’il en soit mention, dans un autre ouvrage et là aussi les références sont manquantes. Ajoutons que ce livre ne comporte aucune conclusion et aucun index. Dans l’ensemble, l’ouvrage manque terriblement d’unité.

Dans cette brique où il est question de « l’administration publique », trop peu d’auteurEs se sont donné la peine de mentionner l’existence de celles et ceux qui portent à bout de bras les services publics depuis ces longues décennies qui ont été marquées, à certains moments, par des suppressions de postes et des baisses salariales. Il n’y a aucun chapitre qui rend compte de la manière dont les détenteurs du pouvoir politique ont négocié avec les salariées syndiquées des secteurs public et parapublic. Que dire de ces décideurs politiques qui ont mis trop souvent un terme à la négociation des rapports collectifs de travail dans ces secteurs en recourant à des lois spéciales ? Ont-ils agi conformément à la norme comportementale idéale d’un « État de droit » ou d’un «  État démocratique » (sic) ?

Il est nettement exagéré d’avancer que nous sommes ici devant un « ouvrage collectif de référence  » ou encore devant « un outil d’apprentissage qui respecte les plus hautes normes de qualité ». Qu’on se le dise, l’épaisseur d’un volume n’en fait pas pour autant un ouvrage monumental au contenu incontournable.

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