« Livrer sur demande » - Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941)

No 27 - déc. 2008 / jan. 2009

Varian Fry

« Livrer sur demande » - Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941)

Lu par Gaétan Breton

Varian Fry, « Livrer sur demande » - Quand les artistes,
les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941)
, Marseille, Agone, coll. « Mémoires sociales », 2008, 352 p.

Varian Fry relate ici son histoire de représentant de groupes de la gauche états-unienne, envoyé en France dès le début de la Deuxième Guerre mondiale pour arracher des griffes du nazisme des gens dont le nom figurait sur une liste d’artistes et d’intellectuels devant être sauvés. Fry et l’Emergency Rescue Committee (ERCC, Comité de sauvetage d’urgence) ont sauvé des milliers de personnes. Plus la guerre avançait, plus il devenait compliqué de quitter la France, même à partir du sud en théorie non occupé mais tout de même soumis à l’autorité de Vichy qui collaborait avec les Allemands. Le gouvernement états-unien était de peu de secours dans cette histoire qui se passe avant son entrée en guerre sur le sol européen, une époque où les États-Unis maintenaient des relations avec le gouvernement français du maréchal Pétain.

Reste la question de la liste. On peut penser qu’il est immoral de faire sortir seulement des gens dont on reconnaît les mérites. Il faut cependant souligner que ces gens étaient en plus grand danger : ils étaient souvent recherchés par les Allemands – et par la police de Vichy –, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. Évidemment, d’autres groupes de personnes étaient dans ce cas et se trouvaient parfois sur les listes d’autres groupes qui avaient des activités du même ordre. L’histoire ne dit pas à combien de Juifs, par exemple, qui n’étaient pas des intellectuels ou des artistes connus, Fry a refusé d’assurer le passage vers les États-Unis… On sait cependant que les communistes étaient systématiquement écartés.

Brossant un tableau vivant de la vie à Marseille, dans la semi-clandestinité, pendant les premières années de la guerre, ce livre se lit comme un roman et évite de sombrer dans la description détaillée d’une pléthore de cas qui se ressembleraient tous.

Thèmes de recherche Europe, Livres, Histoire
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