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Marie-Monique Robin

Le monde selon Monsanto - De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien

Lu par Jean-Marc Piotte

Jean-Marc Piotte

Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto - De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien, Montréal, Stanké, 2008, 377 p.

La multinationale états-unienne de l’agroalimentaire Monsanto commercialise 80 % des organismes génétiquement modifiés (OGM) cultivés dans le monde et est le premier semencier de la planète. En 2007, ses ventes ont engendré plus de 8 milliards et demi de dollars. Le monde selon Monsanto raconte minutieusement les événements historiques qui questionnent la bonne foi de Monsanto, qui a continué de produire du PCB (utilisé comme liquide réfrigérant et lubrifiant) jusqu’à son interdiction en 1977, même si elle savait depuis 1937 qu’il représentait un risque grave pour la santé. En 2002, elle était reconnue coupable d’avoir pollué avec ce produit le territoire d’Anniston (Alabama) ainsi que la population noire qui y vivait. Dès 1948, Monsanto produisait de la dioxine – l’agent orange – pour détruire les cultures et affamer la population du Vietnam du Nord. Mais, selon ses habitudes, elle continuait de nier les conséquences néfastes de ce défoliant sur la santé de ceux qui y ont été exposés.

Comment Monsanto peut-elle surmonter ces faits accablants ? En s’entourant d’une batterie de communicateurs et d’avocats, en utilisant les services de l’agence Pinkerton pour poursuivre les cultivateurs états-uniens qui utilisent les semences de la récolte précédente, en plaçant ses ex-cadres dans les agences gouvernementales dont la US Food and Drug Administration, en subventionnant des chercheurs universitaires prétendument indépendants et en finançant généreusement les deux partis dominants des États-Unis…

Heureusement, il existe des journalistes intègres et critiques, comme Marie-Monique Robin, des organisations combatives, comme Greenpeace, et des chercheurs qui maintiennent leur indépendance face au pouvoir financier des grandes entreprises privées. Malheureusement, le Canada, où se sont développées des firmes vouées à la transgénique, refuse encore, contrairement à l’Europe, l’étiquetage obligatoire des OGM. Pourtant, en démocratie, les consommateurs n’auraient-ils pas le droit d’être informés sur ce qu’ils mangent ? La lutte continue.

P.-S.

Jean-Marc Piotte

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