L’arche de Socrate : petit bestiaire philosophique

No 76 - oct. / nov. 2018

Normand Baillargeon

L’arche de Socrate : petit bestiaire philosophique

Normand Baillargeon, L’arche de Socrate : petit bestiaire philosophique, M Éditeur, 2018, 207 pages.

On aurait pu s’attendre à ce que le prolifique philosophe québécois produise un ouvrage dédié exclusivement aux droits des animaux, c’est après tout un des enjeux contemporains auquel s’intéresse un courant pragmatique de philosophes et de juristes. On aurait pu s’attendre aussi à ce que l’ouvrage mette au premier plan les relations affectueuses de philosophes avec leur animal de compagnie. Après tout, nous vivons une période de glorification des animaux de compagnie presque délirante, avouons-le. L’objet de L’arche de Socrate n’est pourtant ni l’un ni l’autre.

La vedette de l’ouvrage, ce n’est pas la chouette de Hegel ni le papillon de Lorenz ou le scarabée de Wittgenstein. Ce n’est même pas Hegel, Lorenz ou Wittgenstein. Le seul objet de ce bestiaire, ce n’est rien d’autre et rien de moins que cette activité noble et nécessaire qu’est la philosophie. Baillargeon, on le savait, est un amoureux de la connaissance et cet ouvrage, brillamment pédagogique, est une fenêtre ouverte vers la réflexion philosophique.

Chacune des 33 parties débute par une anecdote mettant en scène un animal associé à un philosophe servant ainsi d’amorce réflexive. Puis, en moins d’une page, l’auteur trace le portrait biographique du philosophe impliqué. La partie la plus intéressante est le moment où Baillargeon explique et discute du problème mis en scène. Les chapitres se terminent par une synthèse du problème exposé et des références pour en savoir plus.

Par exemple, l’auteur raconte le moment où Wittgenstein présente une image que d’aucuns pourraient interpréter comme un canard alors que d’autres y verraient un lapin. Cette expérience d’une illusion optique nous fait ensuite plonger dans une réflexion portant sur la sémantique, l’épistémologie, la psychologie et les perceptions.

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