Accueil du site > No 32 - déc. 2009 / jan. 2010 > Appartenances religieuses, appartenance citoyenne

Paul Eid, Pierre Bosset, Micheline Milot et Sébastien Lebel-Grenier (dir.)

Appartenances religieuses, appartenance citoyenne

Lu par Jean-Marc Piotte

Jean-Marc Piotte

Sous la direction de Paul Eid, Pierre Bosset, Micheline Milot et Sébastien Lebel-Grenier, Appartenances religieuses, appartenance citoyenne, PUL, 2009, 425 p.

Cet ouvrage soutient dans la plupart de ses articles les positions favorables à la laïcité ouverte et aux accommodements raisonnables de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Malgré sa propension à subordonner le politique au juridique, il mérite d’être lu, même si ce n’était que pour questionner le nombre ahurissant de Québécois qui s’opposent à ces accommodements (sondage d’Angus Reid Strategies paru dans La Presse le 27 octobre).

Parmi les nombreux articles, mentionnons le débat entre Pierre Bosset qui défend, conformément aux positions de la Commission, l’interdépendance des droits et leur non-hiérarchie, tandis que Louis-Philippe Lampron propose que le droit à l’égalité entre les hommes et les femmes prévale, en cas de conflit, sur la liberté de conscience et de religion. Pour sa part, Pierre Sercia étudie les écoles ethnoreligieuses du Québec qui sont toutes situées à Montréal et dont les deux tiers sont juives. Ces écoles ne favoriseraient-elles pas une certaine forme d’ethnocentrisme, tandis que la fréquentation d’établissements communs encouragerait l’intégration sociale ? L’auteur refuse de trancher, arguant l’absence de données concluantes. Enfin, Paul Eid déconstruit certains préjugés sur les liens entre ferveur religieuse et demandes d’accommodements religieux. Les immigrants musulmans du Québec, plus que tout autre groupe religieux, tendent à exprimer leur foi en dehors des cadres institutionnalisés de leur religion (mosquées et associations religieuses) : ils manifestent plutôt leur foi sur une base privée et individuelle. Sur les 32 demandes d’accommodement religieux déposées devant la Commission entre 2000 et 2006, la moitié provenait de chrétiens et l’autre, en parts à peu près égales, de musulmans et de juifs. Toutes provenaient toutefois de groupes fondamentalistes. Pourtant, les sikhs et les hindous recourraient rarement à la politique des accommodements, même s’ils constituent les deux groupes religieux au Canada qui accordent le plus d’importance à leurs croyances et à leurs pratiques religieuses : l’auteur n’explique malheureusement pas pourquoi.

Ce livre soulève donc des questions qui pourraient alimenter la réflexion de tous ceux qui s’interrogent sur les accommodements religieux.

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