Dossier : Les affres de l’ALÉNA

10 ans de l’ALÉNA

Le syndicalisme sur la défensive

par Gisèle Bourret

Les droits syndicaux sont mis en danger. Face à la menace de perdre leur emploi, les salariéEs ont tendance à modérer l’ardeur de leurs revendications, voire à faire des concessions, pour tenter d’éviter ou de retarder le moment de se retrouver au chômage. Cela peut créer des divisions lorsque les travailleuses et travailleurs des autres pays sont perçus comme étant responsables des pertes d’emplois ici puisqu’ils « acceptent » de travailler dans des conditions effroyables.

C’est une des conséquences de faire du libre-marché le régulateur de l’économie mondiale. Le développement du commerce passe avant les droits sociaux et syndicaux, et ce n’est pas l’accord parallèle sur le travail de l’ALÉNA qui y a changé quelque chose. L’ANACT (Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail) n’est qu’un accord de coopération entre les ministères du Travail des trois pays, sans possibilités de sanctions à l’encontre du pays qui ne respecte pas sa propre législation. Quelques plaintes ont été déposées en vertu de cet accord, mais elles n’ont eu aucun effet.

La désyndicalisation et les modifications à la baisse des lois du travail, bref l’édulcoration des droits et leur exercice de plus en plus difficile sont devenus des sujets de préoccupations et l’objet de mobilisations dans tout le territoire de l’ALÉNA.

Les enjeux actuels dépassent les menaces de délocalisation et le chantage à l’emploi. Ils sont liés à la dégradation des services publics que le mouvement syndical a fortement contribué à bâtir et à mettre à l’abri de la convoitise du secteur privé. Les services publics sont très clairement dans la mire des négociateurs (santé, éducation, eau, etc.), leur caractère public étant considéré comme un obstacle au commerce. N’oublions pas qu’il y a des négociations permanentes dans le cadre de l’ALÉNA dont l’objectif est d’effectuer la libéralisation secteur par secteur.

La solidarité internationale est presque entièrement à bâtir. Il faut la développer en prenant pour modèle ce que les organisations syndicales ont réussi à créer autour du Sommet des peuples de 2001 et de la consultation populaire sur la ZLÉA en 2003.

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