Accueil du site > No 46 - oct. / nov. 2012 > Féminicides et impunités : Le cas de Ciudad Juarez

Marie France Labrecque

Féminicides et impunités : Le cas de Ciudad Juarez

Lu par Abby Lippman

Abby Lippman

Féminicides et impunités : Le cas de Ciudad Juarez, Marie France Labrecque, Écosociété, 2012

Ciudad Juárez. Le nom évoque à lui seul la violence, les maquiladoras, les trafiquants de drogue et les femmes – trop nombreuses – qui meurent dans les rues de la ville. Marie France Labrecque explore dans cet ouvrage comment et pourquoi les femmes en sont venues à être des cibles dans la société mexicaine. Elle va au-delà des explications habituelles de ces meurtres (le crime organisé, les guerres pour le territoire entre narcotrafiquants, les conditions de travail inhumaines dans les maquiladoras, etc.) pour en arriver à les qualifier de « féminicides ».

Le terme de féminicide renvoie à un système de violence qui résulte de politiques gouvernementales créant des inégalités sociales, culturelles, économiques et politiques, dont sont victimes tout particulièrement filles et femmes. Ce concept est donc plus large que celui de fémicide, qui réfère au meurtre, au viol ou à toute autre violence faite aux femmes pour la seule raison qu’elles sont femmes. Cette distinction permet à Marie France Labrecque de mettre en lumière de quelle manière les meurtres répétés de femmes sont intégrés dans de nombreuses structures du patriarcat retrouvées tant dans la famille, la société que dans les politiques gouvernementales.

La professeure retraitée affirme de façon convaincante que sans une connaissance approfondie des causes derrière les féminicides, les changements politiques nécessaires pour que cessent les meurtres à Ciudad Juárez – et ailleurs – ne seront pas au rendez-vous. Son propos est appuyé par quantité de statistiques et de faits horrifiants et souvent difficiles à digérer en une seule lecture. Ces données permettent cependant de bien comprendre l’ampleur de la tâche à accomplir pour mettre fin à ces meurtres, punir les responsables et commencer à construire une société plus juste et équitable.

Souhaitons que le nouveau président élu réponde à l’appel de la société civile qui s’est mobilisée le printemps dernier, et qu’il travaille véritablement à mettre en place les conditions pour que les droits de la personne soient garantis pour les femmes et la société dans son ensemble.

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