Accueil du site > No 63 - février / mars 2016 > Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais

Francine Sinclair, Stéphanie Demers et Guy Bellemare (coord.)

Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais

Diane Lamoureux

Francine Sinclair, Stéphanie Demers et Guy Bellemare (coord.), Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais, Montréal, M éditeur, 2014, 270 p.

L’encre n’en finit pas de couler sur le printemps érable, ce qui est un indicateur de son importance pour toute une génération politique. Le présent ouvrage, collectif, porte sur l’Outaouais, une région légèrement éloignée de l’épicentre du mouvement, mais emblématique de certains de ses déve­loppements. Rappelons qu’à la suite d’une injonc­tion obligeant la reprise des cours, la communauté universitaire a riposté en occupant l’université et que l’administration a fait appel aux forces policières pour les déloger, entraînant l’arres­tation d’un professeur et une vague d’arrestations de masse durant la semaine du 16 avril 2012, le tableau de chasse policier s’ornant de 312 arrestations.

Il est donc intéressant de voir ce qui retient l’atten­tion des militant·e·s qui ont pris part à l’événement et entreprennent de réfléchir pour maintenir vivante leur solidarité et continuer, par d’autres moyens, le combat pour une éducation publique de qualité, accessible au plus grand nombre.

Ces réflexions sont organisées en cinq axes. Le premier « prélude à la lutte » contient des textes sur l’université et plus particulièrement s’attarde à la réalité des universités régionales, en plus de dresser un portrait du militantisme dans la région. Le deuxième axe s’intéresse à la démocratie et aux actions collectives étudiantes et analyse plus spéci­fiquement le processus d’organisation du mouvement. Le troisième axe se concentre sur « la semaine rouge », celle où ont eu lieu les arrestations massives et pose la question de la répression et des résistances. Le quatrième axe est plus analytique et traite de la « répression politique et de la judiciarisation de la dissidence », tandis que le cinquième entreprend une réflexion sur les divers acteurs du mouvement et les multiples figures du sujet politique qui s’y sont forgées.

On ne peut que souligner la pertinence de tels ouvra­ges qui non seulement nous remémorent un moment fort de notre histoire, mais cherchent également à s’en servir comme tremplin vers l’avenir. Ce qu’il nous montre finalement, c’est que l’ordre a été rétabli à Gatineau comme ailleurs au Québec, mais que derrière cet ordre apparent une fracture continue à opérer et indique, pour reprendre le titre du texte de David Clément, que «  leur démocratie ne nous suffit plus  ». Tout un programme pour les luttes qu’il nous faudra encore mener.

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