Dossier : Éthique animale - Les animaux ont-ils des droits ?

Sur les animaux de compagnie

Marie Santerre-Baillargeon

J’ai toujours aimé la présence d’un animal de compagnie, de préférence un chat. Je ne suis pas la première. Très tôt, les hommes ont fait des animaux des compagnons de vie. Jules César aurait déclaré à son retour de Gaule : «  Les femmes romaines n’ont-elles donc plus comme autrefois des enfants à nourrir et à porter dans leurs bras ? Je ne vois partout que des chiens et des singes. »

Deux choses me dérangent cependant tout particulièrement dans cette relation que nous entretenons depuis si longtemps avec certaines espèces animales.

Je crois qu’à travers les époques, et encore aujourd’hui, notre bien-être a passé avant celui des animaux dans cette relation que nous leur imposons. Au Québec, 500 000 abandons d’animaux domestiques et des centaines de milliers d’euthanasies de chats et de chiens en santé sont enregistrés chaque année (La Presse, 3 octobre 2011).

Ce n’est pas tout. Même lorsqu’ils ont un foyer, les cas où des chats et des chiens sont battus, brûlés, torturés lors de douteux rituels, mis dans le micro-ondes, jetés par une fenêtre, et j’en passe, ne sont pas rares. De plus, les animaux de compagnie subissent des traitements qui vont totalement à l’encontre de leur véritable nature et de leurs instincts. Les chats sont souvent dégriffés, les oiseaux ont les ailes coupées et des chiens sont attachés à longueur de journée. Bref, nous nous retrouvons avec certains animaux sans soins et d’autres qui en ont de mauvais. Cette surpopulation d’animaux domestiques est notre responsabilité et les animaux ne devraient pas en payer le prix fort.

J’ai dressé un portrait assez sombre du destin des animaux de compagnie, certes, mais leur vie n’est pas toujours aussi triste. Beaucoup ont de paisibles existences que certains humains pourraient presque envier. Je ne suis pas contre, bien entendu. Toutefois, lorsque l’animal est moins près de nous, plus anonyme, nous sommes moins préoccupés par les mauvais traitements qu’il pourrait subir. Il pourrait et devrait en être autrement. Je crois que la sensibilité qui se dégage de la relation que beaucoup entretiennent avec les animaux domestiques devrait se retrouver dans toutes leurs relations avec les animaux. Pas seulement ceux qui sont mignons, beaux ou qui vivent à nos côtés. Si c’était le cas, notre consommation de viande diminuerait drastiquement, l’industrie de la fourrure verrait ses profits décliner et ainsi de suite. Si nous étions plus sensibles au bien-être de toutes les espèces animales, nos rapports avec les animaux gagneraient en cohérence et nous leur causerions moins de souffrances.

Bon nombre d’organismes agissent de manière concrète afin d’améliorer le bien-être des animaux domestiques. L’un d’eux est PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), la plus grande organisation au monde œuvrant pour les droits des animaux, avec plus de deux millions d’adhérents. Sa position sur le sujet est intéressante à connaître. Selon PETA, le problème de la surpopulation d’animaux de compagnie ne peut être résolu par la simple remise à l’état sauvage des animaux domestiques. L’euthanasie des animaux dont nous ne pouvons nous occuper décemment serait alors la solution. Dans cette optique, l’euthanasie serait plutôt vue comme une délivrance pour l’animal, un geste de sympathie envers lui. Vous aurez deviné toute la controverse qui s’ensuit.

C’est ainsi que même si nous voulons tous la même chose – favoriser le bien-être des animaux – il existe de grandes divergences quant à la manière d’y parvenir.

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