Gaspésie : La Biennale Barachois In Situ

No 77 - déc. 2018 / janv. 2019

Culture

Gaspésie : La Biennale Barachois In Situ

À Barachois, un village situé entre Gaspé et Percé qui ne s’inscrit généralement pas dans les circuits touristiques habituels, la dévitalisation régionale est perceptible depuis des décennies. L’école du village a fermé ses portes en 1996, par manque d’élèves. Les services de train et d’autocar ne sont plus offerts depuis 2013 et 2015 respectivement. La population, majoritairement anglophone, est vieillissante et les familles avec jeunes enfants sont rares. Néanmoins, un nouvel évènement artistique attire les curieux et curieuses, et mobilise la population : la Biennale Barachois In Situ.

Du 1er au 11 août dernier avait lieu la deuxième édition de cet évènement d’art actuel produit par le Bureau satellite de Percé du Centre d’artistes Vaste et Vague de Carleton-sur-Mer. Durant onze jours, sur le site de la plage et de la halte routière du village, neuf artistes professionnel·le·s et de la relève ont travaillé en présence d’un public local et touristique à la création in situ de sculptures et d’installations éphémères. Les artistes, venu·e·s de plusieurs régions du Québec, ont présenté des œuvres d’art visuel et de danse contemporaine. Aux activités de création sur la plage s’ajoutait une variété d’activités sociales et culturelles. L’ambiance était à la découverte, à la camaraderie et à la solidarité.

Les défis sont nombreux pour la production et la diffusion artistiques gaspésiennes, particulièrement dans le domaine des arts visuels. Le manque de financement, les infrastructures professionnelles peu nombreuses sur un très vaste territoire et la faible rétention du personnel qualifié représentent des obstacles majeurs au développement, mais également au maintien d’acquis.

En revanche, le désir sincère de favoriser l’accès à la culture en région et le travail acharné de ceux et celles qui ont initié la biennale (entre autres John Michaud et Marc Chicoine) ont permis de créer un projet fédérateur, porté par le souffle d’une communauté. En effet, sans le soutien de la trentaine de bénévoles qui ont investi temps et énergie, l’édition 2018 de la biennale aurait été impossible. Ce coup de fouet pour la région a provoqué, tout au long de son processus de réalisation, un effet d’enchaînement positif pour le milieu. D’une part, il a mobilisé les forces vives. D’autre part, il a contraint toute la sphère régionale à se réveiller et à s’activer pour répondre aux besoins pressants d’accès à la culture.

C’est l’avenir qui nous dira si l’énergie du milieu saura maintenir les acquis et les retombées positives engendrées lors des deux premières éditions de Barachois In Situ. Dans le contexte actuel où le rendement économique favorable prime sur bien des choses, pourquoi encore tant de résistance à considérer la culture comme une bonne stratégie de développement économique et social ? Le tourisme culturel est une réelle option de développement.

Pour aller plus loin : Les artistes

Pour sa deuxième édition, la Biennale accueillait les artistes André Boisvert (Mont St-Hilaire), Chloé B. Fortin (Montréal), Andrée-Anne Giasson (Gaspé), Mathieu Gotti (Québec), Bernard Hamel (Saint-François-de-l’Île-d’Orléans), Pierre-Etienne Locas (Otterburn Park), Loriane Thibodeau (Québec), Dory’s Tremblay (Rimouski) et Natalie Chicoine (Barachois). Pour plus d’information : http://www.vasteetvague.ca/bislab.

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