Dossier : Abitibi. Territoire (...)

Dossier : Abitibi. Territoire des possibles

La scène métal abitibienne en 666 mots

Depuis les années 1940, de nombreux artistes internationaux de rock, de country et de yé-yé sont venus divertir les gens de la région. Les groupes de la scène métal ne font pas exception.

Au cours de la trépidante décennie des années 1980, on assiste à des concerts d’Offenbach à Senneterre, de Saga au Bal de la pomme de terre de St-Eugène-de-Guigues, d’Anvil au Festival du Bûcheron de Normétal, d’Obliveon au Ritz de Val-d’Or, de Kraken à l’hôtel Plaza de Rouyn et de Voïvod au Théâtre du Cuivre.

Les années 1990 sont pour la scène métal abitibienne à la fois un creux et un rebondissement. Jusqu’en 1996, les spectacles sont rares et souvent locaux. L’année suivante, on assiste à la naissance d’un vrai phénomène musical qui rallie une meute de fidèles mélomanes avertis dans les salles qui accueillent ce genre de spectacles.

À cette époque, Rouyn-Noranda prend la relève de Rimouski en tant que plaque tournante du métal au Québec. Tous les groupes métal réputés du Québec ont depuis foulé les planches devant un public déchaîné et très actif.

Dans les années 2000, grâce à des promoteurs impliqués, la scène métal abitibienne accueille de plus en plus de groupes internationaux, ce qui va permettre à ce milieu d’acquérir une valeur culturelle réelle et une belle visibilité mondiale dans le circuit des spectacles.

Demeurer dans une région éloignée de Toronto et de Montréal, mais aussi positionnée entre les deux, permet à la scène locale de demeurer toujours en vie. Ce bouillonnement culturel est une grande fierté pour le « métalleux » abitibien puisque le métal et ses multiples embranchements de styles ne sont pas populaires ni radio-diffusables pour le grand public. Cette fierté culturelle se ressent lors de la réponse presque tribale qu’offre la foule abitibienne lors des spectacles. Il y autant d’action dans la foule, sinon plus, que sur les planches. Ça « thrash-en-rond » en fou de la première à la dernière note de la soirée. C’est une double performance à la fois explosive et physique. Une vraie catharsis.

Même les festivals de renom à Rouyn-Noranda en sont venus à inclure une soirée métal dans leurs programmations. La place qu’occupe le métal s’impose de plus en plus chez les mélomanes en tous genres.

C’est l’accueil qui distingue la scène métal abitibienne des autres milieux similaires dans le reste de l’Amérique du Nord. Il est courant qu’un spectacle métal organisé à Rouyn-Noranda attire moins de gens que dans les grands centres urbains. Mais le métal du terroir tire son épingle du jeu grâce à l’accueil des promoteurs et à celui de la foule : un confort mérité, un accueil sympathique, une qualité de salle hors pair et une foule à la mouvance authentique qu’on ne rencontre nulle part ailleurs.

La scène métal abitibienne a aujourd’hui plus de 20 ans dans le corps, mais continue de bien se porter et de se positionner sur le circuit des tournées internationales. Le tout est organisé avec cœur et passion par différentes générations de promoteurs (Campbell de 1997 à 2002, puis de 2012 à 2018 avec Jérôme Gamache, Sébastien Audet de 2003 à 2011, Geneviève Dumont de 2003 à 2019) qui connaissent les subtilités qui font toute la différence pour des groupes de passage chez nous.

Il n’y a pas de signe de déclin culturel dans ce milieu en date de l’An de grâce 2019. Geneviève Dumont et son équipe des Productions Ça Bûche attirent ici des groupes de partout sur la planète qui continuent d’affluer vers l’Abitibi.

Chaque scène, chaque milieu culturel a son histoire et son identité propre. Tous en viennent à se distinguer avec authenticité. La durée dans le temps démontre que la scène métal de Rouyn-Noranda n’était pas un phénomène éphémère, mais bien un pilier durable de notre diversité culturelle, un vecteur pour les artistes audacieux et les foules affamées de nouveauté visuelle, culturelle et festive. Vive la scène métal locale abitibienne et ses passionné·e·s qui l’animent avec brio depuis plus de vingt ans.

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