Dossier : Maintenir le cap !
2018-2024 : De nouveaux horizons
Les années 2018 à 2024 ont été animées pour À bâbord !. Nous sommes passés de cinq numéros par années à quatre, nous avons profité du retour progressif d’une équipe régulière de création d’images originales et poursuivi la série des numéros sur les régions. À ces éléments s’ajoutent les chroniques régulières qui maintiennent le cap depuis des années. Signalons aussi deux séries d’articles notables : celle sur les États généraux en éducation (Wilfried Cordeau) et celle sur les GAFAM (Yannick Delbecque).
Mentionnons aussi la précieuse collaboration d’Anne-Laure Jean au graphisme. Elle a grandement contribué au façonnement de la nouvelle image de la revue, une étape marquante qui nous a donné un nouvel élan. Nous sommes absolument reconnaissant de tout son travail régulier et de qualité.
Sur une note moins joyeuse, deux camarades de la revue sont décédés durant ces années. Il s’agit de Léa Fontaine et Jean-Marc Piotte. Tous deux ont crucialement travaillé au développement de la revue. Nous avons célébré leur mémoire dans nos pages à travers plusieurs articles hommages.
Dans un autre ordre d’idées, la revue a connu des difficultés financières majeures en 2019. Les efforts du collectif et la mobilisation du lectorat ont favorisé une stabilité, mais il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, les défis sont toujours présents.
Malgré ces défis, À bâbord ! a accompagné les réflexions sur les enjeux sociaux de l’heure comme la pandémie de COVID-19, la crise des médias, la crise du logement, le racisme et bien plus. Par ailleurs, bien que les angles d’analyse suivants figuraient régulièrement dans les pages des périodes antérieures de la revue, la période allant de 2018 à 2024 a créé une place plus prégnante pour l’analyse intersectionnelle des oppressions et la pensée décoloniale. Ces éléments ont amené un approfondissement de la couverture des luttes autochtones, des luttes LGBTQ+ et de la justice climatique.
Finalement, en 2022 le collectif d’À bâbord ! a été particulièrement impliqué dans la création du Regroupement des médias critiques de gauche. Un espace pour s’entraider et favoriser la mise en commun des forces et ressources de plusieurs médias alternatifs.
Le premier texte sélectionné est la chronique initiale « Sortie des cales » de Jade Almeida : « Racisme systémique. Pirouettes et bistouri » paru dans le numéro 86. L’autrice fait la lumière sur l’hypocrisie d’un gouvernement voué à maintenir le statu quo sur la question coloniale et raciste. Alors que la décennie semblait paver la voie à une remise en question du système par la conjugaison de mouvements de lutte tel qu’Idle no more et la création d’enquêtes d’envergures sur la situation coloniale, l’article montre l’impasse de la situation coloniale.
Le deuxième texte, paru dans le numéro 80 et rédigé par Frédéric Legault, illustre l’attention portée à ce qui s’annonce l’un des plus grands défis des prochaines décennies : la crise climatique. Il met la table sur ce qui nous attend, mais aussi sur une option possible pour espérer changer la donne : la grève climatique. Ce texte, « Pourquoi faire la grève climatique ? », s’interroge sur l’escalade des moyens de pression à utiliser pour forcer les élites économiques et politiques à répondre concrètement à l’urgence de la situation.
Finalement, le texte « L’illibéralisme, le nouvel encerclement », rédigé par Claude Vaillancourt et paru dans le numéro 96, aborde la montée d’un phénomène politique d’une ampleur mondiale, celui de l’illibéralisme, « une forme hybride entre la dictature et la démocratie ». Le texte nous amène à en cerner les influences jusqu’au Québec et au Canada. Au final, c’est à une considération profonde sur l’avenir de nos systèmes politiques que nous sommes convié·es.




















































































































