Le réseau Carlyle, banquier des guerres américaines

No 10 - été 2005

François Missen

Le réseau Carlyle, banquier des guerres américaines

lu par Gaétan Breton

François Missen, Le réseau Carlyle, banquier des guerres américaines, Flammarion, Paris, 2004

Le texte de François Missen veut faire ressortir les collusions honteuses existant entre les dirigeants politiques étatsuniens, les dirigeants de compagnies d’armement ou de pétrole et les dirigeants de pays étrangers, notamment et particulièrement des pays arabes. Ces entreprises engagent les hommes politiques avant et après leur passage à la Maison blanche. Elles financent les campagnes et les partis, plus particulièrement le Parti républicain, ce qui ne les empêche pas de prospérer sous les régimes démocrates.

Ces entreprises servent aussi souvent d’entremetteur avec les dirigeants de certains pays arabes. Elles sont ainsi au confluent des armes et du pétrole, deux sources inépuisables (pour les armes en tout cas) de revenus substantiels.

Ces entreprises ont étendu leurs activités et sous-traitent maintenant les guerres en louant, à gros prix, des cadres militaires, des analystes stratégiques et, carrément, des commandos d’élite pour les opérations délicates.

Missen discute aussi des relations entre la famille Ben Laden et la famille Bush et de l’enchevêtrement des intérêts des deux familles, sur un fond de financement venant des Ben Laden. Le problème est que ces relations sont connues depuis longtemps de ceux qui veulent le savoir, de Michel Chossudovsky à Michael Moore. Malgré tout cela, Bush continue de diriger le monde.

Le livre de Missen peut agacer par le ton. Il nous raconte une histoire de club des « boys », avec les « nicknames » qu’affectionnent tellement les Américains et tous les sous-entendus sur les relations que tout le monde connaît et qui étaient à prévoir. Mais ce ton convenu finit par agacer et ce n’est que l’intérêt du fond qui nous empêche de refermer le livre avant terme. Le livre contient également des annexes présentant des documents reproduits qui peuvent être d’un intérêt certain.

La morale de l’histoire pourrait être qu’à partir du moment où les institutions militaires sont remises indirectement entre les mains de l’entreprise privée, laquelle fait son argent à fomenter des conflits, on peut s’attendre à une multiplication des guerres. Faisons donc la guerre à la privatisation, sous toutes ses formes.

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