Toula Drimonis
Nous, les autres
Toula Drimonis, Nous, les autres, Traduit de l’anglais par Mélissa Verreault, Éditions Somme toute, 2024, 272 pages.
Dans un Québec moderne, aux prises avec un gouvernement caquiste qui s’entête à instrumentaliser l’immigration à des fins bassement politiques, il est impératif d’entendre les voix des personnes migrantes ou immigrées, qu’elles soient de première, de deuxième ou de troisième génération. Il est impératif de connaitre leurs histoires, de s’ouvrir à la simple et à la crue réalité qu’il y a derrière ces sempiternels débats de chiffres – expressions de peur et d’insécurité – des rêves et des drames. Il y a d’innombrables succès et d’innombrables échecs. Bref, il y a des vies humaines. À cet égard, le livre de Toula Drimonis est une contribution majeure dans la construction d’un Québec plus empathique, plus inclusif, plus ouvert, moins figé, et otage d’un passé mythifié.
« Je suis ici pour vous parler de nous, pour une fois », écrit-elle. À tous·tes de : « s’arrêter, de se tirer une bûche et de prêter l’oreille ». Il y a deux récits dans ce que nous raconte Toula Drimonis. Dans un premier temps, elle nous parle de son père, de sa mère et des conditions qui ont prévalu à leur migration au Canada au début des années 1960. Leur parcours, qui fut celui de bien d’autres, implique du travail acharné qu’ils ont dû accomplir pour reconstruire leur vie, élever leurs enfants, leur assurer une stabilité financière et une éducation, les intégrer dans leur nouvel environnement. Toula Drimonis nous raconte aussi la réalité des immigrant·es de seconde génération, québécois·es, canadien·nes ou d’ailleurs, cachant souvent leurs multiples identités, et combattant tant bien que mal l’image d’invités perpétuels qu’on leur renvoie plus ou moins consciemment. Elle dresse ainsi un éloquent plaidoyer démontrant la richesse du métissage : « la pluralité n’est pas une menace à la cohésion sociale. C’est un accroissement et un cadeau dans un monde en constant changement ». Nous, les autres est un ouvrage très précieux à l’heure où l’on s’apprête à passer d’une ère d’obsession identitaire maladroite et grotesque à une ère fascisante passablement plus agressive. Toula Drimonis nous invite : « à la patience, la foi et l’ouverture à la différence ».






























































































































