Constat d’échec et masochisme politique

No 34 - avril / mai 2010

L’expulsion du SPQ Libre du PQ

Constat d’échec et masochisme politique

Expulsé du PQ, SPQ Libre perd son pari et ses protagonistes font preuve de masochisme politique.

Le 13 mars dernier, le club politique Syndicalistes pour un Québec Libre (SFPQ Libre) s’est fait expulser sans ménagement du Parti québécois par l’exécutif de ce dernier.

Cinq jours plus tard, ses deux animateurs, Marc Laviolette et Pierre Dubuc, ont annoncé, de façon pour le moins surprenante, qu’ils continueraient quand même à œuvrer, en tant qu’individus, au sein de la formation souverainiste même s’ils prétendent que la décision de mettre fin à la reconnaissance de SPQ Libre par cette dernière « a été entachée d’irrégularités et contraire aux statuts du parti ». Sur le site de l’Aut’Journal ils ont ajouté du même souffle que SPQ libre continuerait à exister… à l’extérieur du PQ et ils ont invité l’ensemble des indépendantistes, dont les militants de Québec solidaire, à joindre leur groupe.

Quelle réflexion peut-il découler de cette cascade d’événements un peu échevelés ?

Avant tout que les protagonistes de SPQ Libre n’ont pas remporté le pari qu’ils avaient fait en 2004 d’implanter une aile progressiste solide au sein du PQ d’aujourd’hui. Toutes leurs tentatives ont été vaines, de la candidature de Pierre Dubuc à la chefferie qui n’a récolté qu’une poignée de votes au peu d’influence qu’ils ont exercée lors des débats dans les instances. Et, avec leur nouveau statut de simples membres, cette influence sera certes encore plus atomisée.

Encore une fois la preuve est faite qu’il ne peut y avoir de place au sein d’un parti où prédomine l’idéologie néo-libérale pour tout groupe progressiste qui a la moindre épine dorsale.

À noter que l’incident s’est produit au moment même où des membres du PQ participaient à un colloque où leurs dirigeants, en mal d’attirer des votes adéquistes lors des prochaines élections générales, leur proposaient que l’enrichissement individuel supplante dorénavant l’enrichissement collectif dans le programme du parti au chapitre du développement économique.

Cette position, qui constitue un reniement de l’orientation que le PQ professait depuis sa fondation, fait disparaître les quelques différences idéologiques qui subsistaient encore avec le Parti libéral. Au moins les libéraux ne sont pas hypocrites. Ils assument leur orientation néo-libérale et ne prétendent pas, comme la chef Pauline Marois vient à nouveau de le faire, que le parti demeure progressiste et social démocrate. A t’on déjà vu un parti qui se targue d’être social démocrate expulser son seul noyau articulé de militants progressistes qui, de plus, était fortement minoritaire au sein de la formation ?

Ce réalignement de l’idéologie péquiste permet aussi aux syndiqués du secteur public, présentement en négociations avec le gouvernement Charest, de constater que le préjugé favorable du PQ envers les travailleurs est disparu depuis belle lurette et que leur seul allié est Québec solidaire.

Que penser enfin de l’attitude MM. Laviolette et Dubuc sinon qu’ils seraient certainement de sérieux candidats pour l’obtention d’un trophée de masochisme politique…

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