Présentation du dossier du numéro 105
Internationalisme. Quel horizon pour nos luttes ?
Dossier coordonné par Maël Foucault, Samuel Raymond et Claude Vaillancourt
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Lancement double le 14 octobre prochain à 18h30 ! La parution du numéro 104 (et son dossier sur l’Acadie) et du numéro 105 (et son dossier sur l’internationalisme) seront soulignés à la librairie N’était-ce pas l’été (6702 St-Laurent, Montréal).
Entrée libre, bienvenue à toutes et à tous !
Le présent dossier vise à esquisser le portrait des mouvements sociaux qui ont le potentiel d’offrir une alternative politique contre l’extrême-droite, dans un cadre internationaliste. Nous considérons qu’il est aujourd’hui urgent de mettre en lumière les pensées politiques de l’internationalisme, de l’altermondialisme et de la solidarité internationale, pour contribuer à leur dynamisme et susciter l’espoir d’une option solide et coordonnée à l’échelle internationale. Ainsi, nous nous figurons que ce travail de convergence constitue une étape de plus pour répondre à la question : quel horizon pour nos luttes ?
Né il y a près de 200 ans au sein des mouvements révolutionnaires européens, l’internationalisme incarne un espoir : celui de pouvoir bâtir une alliance internationale des travailleur·euses. Depuis la création en 1864 de l’Association internationale des travailleurs, en passant par l’Internationale socialiste de 1889 et le Kominterm, fondé en 1919, la relation entre l’organisation nationale et internationale des travailleur·euses a pris une variété de formes. Dans son article sur les communistes montréalais durant l’entre-deux-guerres, Olivier Dupuis situe l’émergence de la culture internationaliste au Québec chez les militant·es du Parti communiste du Canada, issu·es en particulier de la diaspora juive. Comme le rappelle Aziz Fall dans son entretien, le Centre Internationaliste Ryerson Fondation Aubin est l’un des espaces de sociabilité internationaliste qui subsiste à Montréal. Il insiste sur l’importance de fédérer les luttes autour de l’anti-impérialisme. La Conférence de Bandung du Nord, sur laquelle revient Safa Chebbi, est une des tentatives pour décoloniser l’internationalisme. Enfin, le plaidoyer d’Amélie Nguyen pour un internationalisme syndical actualise ces critiques pour penser la solidarité ouvrière.
Le point de départ de l’altermondialisme, beaucoup plus récent, remonte à la Première rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme, au Chiapas, en 1996. Il s’agit d’une voie de résistance au néolibéralisme et au nationalisme, comme le rappelle dans son texte Claude Vaillancourt, qui revient sur les points de convergence et de divergence entre l’internationalisme et l’altermondialisme. Monique Jeanmart et Wedad Antonius, au nom d’Attac Québec, insistent sur le caractère internationaliste de l’organisation dans sa lutte contre le néolibéralisme. Carminda Mac Lorin présente quant à elle l’évolution du Forum social mondial, l’un des principaux espaces de discussion altermondialiste. Enfin, Nina Morin présente son cheminement personnel de politisation à partir de ses expériences de militantisme altermondialiste pour le Journal des Alternatives.
La question de la solidarité internationale traverse tous les textes ou presque, et l’histoire de ce mouvement est le plus complexe à tracer, car il se mêle aux deux premiers. Récemment, cette notion est venue remplacer celle de « coopération internationale », qui réfère plutôt aux politiques économiques financées par des fonds internationaux, dont profitaient les organisations non gouvernementales. La solidarité internationale réfère désormais aux réseaux noués entre la société civile du Sud global et du Nord global. Michèle Asselin, dans son entretien, présente ces considérations à l’aune des États généraux québécois de la solidarité internationale, organisée par l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). Marianne Tremblay et Jade St-Georges suggèrent de repenser les partenariats solidaires à partir de l’expérience de Mer et Monde en Amérique centrale, également membre de l’AQOCI. Finalement, Maël Foucault porte le regard du côté de l’extrême-droite, afin de souligner comment les solidarités blanches s’organisent autour d’une intersectionnalité des haines.
Un dossier coordonné par Maël Foucault, Samuel Raymond et Claude Vaillancourt, illustré par Tricia Robinson.
Avec des contributions de Wedad Antonius, Michèle Asselin, Safa Chebbi, Olivier Dupuis, Aziz Fall, Maël Foucault, Monique Jeanmart, Carminda Mac Lorin, Nina Morin, Amélie Nguyen, Samuel Raymond, Jade St-Georges, Marianne Tremblay et Claude Vaillancourt.























































































































