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Articles (944)
- Amazon. Le capitalisme mégalomane
On critique souvent les GAFAM – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft –, ces grandes entreprises ayant atteint un haut niveau de fortune et d’influence grâce à Internet. Au-delà de la grande diversité de critiques formulées à leur endroit, quel portrait général peut-on se faire de ces géants du Web ? Premier article d’une série exposant les problèmes que pose chacune de ces grandes entreprises.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Google. Ne pas être malveillant » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité » ; « GAFAM : Conclusions ».
- Liberate the North from nuclear waste
As northwestern Ontario is currently being considered to host all of Canada’s current and future nuclear fuel waste, local citizens and groups, including First Nations, have formed We the Nuclear Free North (WTNFN) to oppose the transport, burial and abandonment of radioactive waste in northern watersheds. À Bâbord ! met one of their members, Brennain Lloyd, Project Coordinator at Northwatch. Interview by Louise Nachet.
L’article est disponible en français ici.
- Un accord méconnu
Malgré l’optimisme affiché par les dirigeants américains et canadiens, la ZLÉA a aujourd’hui du plomb dans l’aile. On ne peut que s’en réjouir. Cependant, il est essentiel de jeter un regard sur un autre grand accord qui peut tout autant nous affecter que la ZLÉA et qui, pour des raisons mystérieuses, est jusqu’à maintenant passé inaperçu au Québec : l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, ou GATS en anglais), signé lors de la fondation de l’Organisation mondiale du commerce en 1994.
- Le commerce de l’eau
Le Québec est l’un des pays possédant les plus grandes réserves d’eau douce per capita. Rares sont les pays aussi bien pourvus en eau. Plusieurs souffrent même d’une grave pénurie. En Afrique, le manque d’eau potable va jusqu’à remettre en question la survie des populations. Plus près de nous, les États-Unis cherchent à s’approvisionner en eau pour soutenir leur agriculture. Plusieurs observateurs de la scène internationale croient que l’eau deviendra un enjeu mondial majeur qui, dans (…)
- Northvolt : Quand le vert vire au gris
Le 28 septembre 2023, c’est un François Legault ému et fier qui a fait l’annonce de la venue prochaine du fabricant suédois de batteries Northvolt en sol québécois. Depuis, le plus gros investissement privé de l’histoire du Québec a fait couler beaucoup d’encre. Récit d’un projet politique « vert » ayant viré au gris.
- Hitler
Ian Kershaw, Hitler, Paris, Flammarion, « Grandes biographies », 2008, 1198 p.
- Against Cultural Appropriation
Entrevue originale de l’article "Contrer l’appropriation culturelle" du dossier RÉSISTANCES AUTOCHTONES, dans le numéro 54 de la revue.
- Le système Amazon : une histoire de notre futur
Alec MacGillis, Le système Amazon : une histoire de notre futur, Paris, Seuil, 2021, 432 pages. Traduit de l’anglais par Morgane Saysana et Guillaume Contré.
- Le premier Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec ne doit pas être bâclé
- Souvenirs du Bank Hotel
Tandis que les classes supérieures disparaissent derrière les murs des immeubles et des autos, les gens modestes, eux, poussent n’importe où, sauf dans les habitations.
Siegfried Kracauer, 1927. - Libérer le Nord du nucléaire
Alors que le Nord-Ouest de l’Ontario est envisagé pour accueillir les futurs déchets nucléaires du Canada, des groupes locaux et des Premières Nations ont formé We the Nuclear Free North (WTNFN) pour s’opposer au transport, à l’enfouissement et à l’abandon de déchets radioactifs dans leurs bassins versants. À Bâbord ! a rencontré l’une de leurs membres, Brennain Lloyd. Propos recueillis par Louise Nachet.
The english version of this article is available here.
- Survivre à Steve Jobs et à Occupy 2.0
Qui n’a pas flairé l’odeur de sainteté au décès de Steve Jobs ? Des gens recueillis devant les boutiques d’Apple, iMachin sur le cœur, relayant sur le Web 2.0 la mort du Bienheureux. « Il a non seulement changé nos vies, il a changé le monde », ânonnaient des chefs d’État. Le très branché président des USA, Barak Obama, sauveur du système technofinancier qui cherche à asservir la totalité de l’humain et du monde à ses desseins, a repris gracieusement le slogan d’Apple pour remercier Jobs : « Think different. » Ça sonne bien, la propagande progressiste est fondée sur ce slogan.
- Le gaz naturel, l’éléphant dans la politique énergétique
- Nouveau terrain de luttes syndicales ?
Les travailleuses et travailleurs du commerce de détail sont-ils en train de développer un nouveau rapport de force qui permettra de relever les conditions de travail dans ce secteur en expansion, où celles-ci se résument en général aux normes minimales ? Il y a certes loin de la coupe aux lèvres, mais après des années de batailles difficiles qui se sont souvent terminées sans réels gains pour les salarié·e·s, le vent semble sur le point de tourner.
- Soulèvements populaires en Amérique latine
En mai dernier sortait le dernier ouvrage collectif du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine) intitulé L’interpellation plébéienne en Amérique latine. Violence, actions directes et virage à gauche. Ce livre, fruit d’une recherche collective qui aura duré trois ans, analyse une série de soulèvements populaires survenus en Amérique latine au cours de la dernière décennie. Par un va-et-vient constant entre la théorie politique et les recherches de terrain, ce livre s’avère un outil de d’interprétation indispensable pour aborder d’autres printemps des peuples survenus plus près de nous ou ailleurs dans le monde. Afin d’en rendre compte, À bâbord ! a rencontré Ricardo Peñafiel, l’un des codirecteurs de ce livre.
- Le choix des présidents
Les grandes surfaces d’alimentation ne vendent pas que des produits : elles structurent l’accès à la nourriture, définissant ce qui est accessible, à quel prix et pour qui. Derrière leurs néons, un système organise les différences sociales, créant des épiceries à plusieurs vitesses où chaque panier raconte une histoire d’inégalités.
- Libre-échange. Résoudre la quadrature du cercle
Le libre-échange n’a jamais été aussi impopulaire. Les populations en subissent durement les effets. La concurrence entre les travailleurs et les travailleuses de tous les pays fait très mal. Les délocalisations affectent grandement l’emploi. Les multinationales accumulent les profits alors que les citoyen·ne·s s’appauvrissent. Un grand défi se pose ainsi aux gouvernements un peu partout dans le monde : comment continuer à négocier des ententes commerciales en dépit de leurs conséquences négatives ?
- L’ALÉNA et les droits humains ne font pas bon ménage
L’ALÉNA est un accord de commerce régional flanqué de deux accords parallèles de coopération : l’un dans le domaine du travail et l’autre concernant l’environnement.
- Quand les villes se rebiffent...
La menace venait de loin. De très loin. D’une organisation internationale qui avait toutes les apparences de la respectabilité. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) avait mis sur pied un accord aux ambitions gigantesques, l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), visant à libéraliser progressivement tout le secteur des services. Sourdes aux promesses de prospérité et aux garanties diverses qu’on leur donnait à répétition sur le respect de leurs compétences et de leurs pouvoirs, de nombreuses municipalités du Québec, du Canada et d’Europe se sont rebiffées. Elles se sont prononcées contre l’AGCS.
- Café Cléopatre, le droit au centre-ville
En 2005, Montréal lançait son grand projet de Quartier des spectacles. En 2006, la Ville confiait à la Société de développement Angus (SDA) le mandat de construire un édifice à vocation culturelle à l’angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent. Du même coup, elle appuyait la SDA dans sa démarche d’acquisition de tous les lots situés au nord du Monument national, entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Clark, afin de mener à bien un autre projet immobilier essentiellement d’espaces à bureaux, mais dont le rez-de-chaussée serait occupé par des commerces verts et responsables. Les projets concrets proposés par la SDA ont nécessité un processus de consultation à travers l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). D’un côté, l’OCPM acceptait le projet de l’édifice à vocation culturelle, de l’autre, il recommandait un retour à la table à dessin pour l’édifice du quadrilatère Saint-Laurent. Cependant, en 2009 la municipalité rendait son verdict et acceptait les deux projets. Pour ce faire, elle entamait des procédures d’expropriation à l’encontre du Café Cléopâtre, le seul commerce toujours en activité au nord du Monument national, le seul lot n’appartenant pas à la SDA.
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
- La consommation responsable
Après la lecture de l’article « Éthique consommée » de François Doyon, paru dans le numéro d’octobre-novembre 2013 d’À bâbord !, nous devions conclure que la consommation « responsable » – biologique, équitable et locale – est un leurre. En effet, elle ne servirait qu’à nous donner bonne conscience, celle-ci ne tenant pas ses promesses. De plus, elle individualiserait les prises de décision face aux dérives du capitalisme alors que cela devrait être une responsabilité de nos institutions et de nos élites dirigeantes. Cependant...
- Les cliniques du ministre Couillard
Dans la Gazette officielle du Québec du mois de novembre 2007, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, publiait un projet de règlement visant à permettre aux cliniques médicales spécialisées, créées par la loi 33 (L.Q. 2006, c. 43) adoptée sous le bâillon en décembre de l’année précédente, de réaliser un nombre accru de chirurgies. Comme c’est sa marque de commerce depuis qu’il a pris le pouvoir en avril 2003, le gouvernement Charest publie ses documents importants en juillet ou en décembre de chaque année. L’année 2007 n’a pas fait exception puisqu’il a fait coïncider la période de « commentaires » avec la période des Fêtes.
- Les systèmes d’échange locaux
Alors que le capitalisme contemporain semble entré dans une ère où les marchés transnationaux et le commerce à large échelle sont hégémoniques, des communautés locales, à travers la planète, tentent d’expérimenter des formes alternatives d’échanges. On peut évoquer ici les pratiques du commerce équitable ou alors celles des Systèmes d’échanges locaux, les SEL. Nous nous attarderons plus précisément sur ces derniers.
Initiés au Canada en 1983 , les SEL ont connu par la suite une extension (…) - Le déploiement opaque de la nébuleuse
L’échec des négociations dans le cadre du cycle de Doha à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’a en rien ralenti les ardeurs de ceux et celles qui veulent transformer la planète entière en un marché sans frontières. Les grandes ententes multilatérales ne fonctionnent pas à cause de la présence d’un trop grand nombre d’interlocuteurs aux intérêts forcément divergents ? Soit. Il sera désormais nécessaire d’aller de l’avant par des ententes bilatérales qui confrontent de grandes puissances commerciales et leurs richissimes entreprises à de petits pays qui peinent à se développer.
- Luttes contre les mégastores
Très populaires auprès des consommateurs, les magasins à grande surface [1] suscitent de plus en plus une vive opposition chez les résidants des quartiers où leur implantation est prévue, lorsqu’ils ne sont pas dénoncés par des syndicats et autres groupes de défense des travailleurs pour les piètres conditions de travail qu’ils offrent à leurs employées. Face aux Home Depot, Loblaws et autres géants du commerce de détail, la contestation s’organise, des citoyennes se mobilisent. Parmi ces « mégamagasins », Wal-Mart est sans conteste le plus grand adversaire.
- Éthique consommée
La consommation peut-elle être une façon d’agir politiquement ? Une somme d’actes de consommation individuels peut-elle améliorer le monde ? « Acheter, c’est voter » est la prémisse fondamentale du discours des organismes qui font la promotion de la consommation « responsable » comme Équiterre. C’est la croyance qu’un monde meilleur peut s’acheter. Vous voulez sauver l’environnement ? On vous dira d’acheter des aliments biologiques. Vous voulez combattre la pauvreté dans les pays en voie de (…)
- Suspension du DG de la TELUQ et démission du président du SPPTU
Le 27 juillet dernier, le directeur général de la TELUQ est relevé de ses fonctions, dans la foulée des enquêtes ouvertes par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la demande d’injonction introduite par la FNEEQ contre la sous-traitance de l’encadrement des étudiant·e·s à un institut privé. Moins d’un mois plus tard, le président du Syndicat des professeures et professeurs de la Télé-université (SPPTU), Denis Robichaud, démissionne devant le désaveu d’une partie de ses membres. Cependant, le SPPTU a signé une convention collective entérinant la création d’un nouveau statut d’emploi, les « professeur·e·s sous contrat », faisant un travail similaire aux personnes tutrices, dans des conditions de travail dégradées. Cette création unilatérale d’un nouveau statut d’emploi n’est pas nécessairement plus légale, par rapport au droit du travail, et représente certainement un geste antisyndical qu’il faudra combattre dans les mois qui viennent.
- Un ministre impertinent
Le 10 décembre 2015, Le Devoir titrait « Martin Coiteux juge la grève impertinente », paraphrasant les propos exacts du président du Conseil du trésor qui qualifiait de « non pertinente » la journée de grève du 9 décembre, du Front commun et de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Pourtant, en affirmant cela il se montre lui-même « impertinent », dans un autre sens du terme, défini par le Larousse comme : « Attitude de quelqu’un qui cherche à choquer par la liberté, le caractère déplacé, l’insolence de ses manières, de ses paroles, de ses actes ».
- Les fils (des batteries) se touchent !!!
Rien ne sert de se précipiter dans le vide de l’ignorance et de faire comme si de rien n’était. Même un enfant sait tout ça depuis qu’il a lu Les habits neufs de l’empereur ; celui qui parade flambant nu comme s’il était vêtu des atours les plus fins. Legault, Guilbeault et combien d’autres persistent et signent tandis que des filous tels Northvolt leur ont affirmé que seuls les gens intelligents avaient la capacité de percevoir une telle étoffe miracle !
- Culture numérique
Dominique Cardon, Culture numérique, Paris, Presses de Science po, 2019, 431 pages.
- L’arche de Socrate : petit bestiaire philosophique
Normand Baillargeon, L’arche de Socrate : petit bestiaire philosophique, M Éditeur, 2018, 207 pages.
- Propriété intellectuelle ? Tromperie intellectuelle !
L’expression « propriété intellectuelle » est utilisée de plus en plus fréquemment depuis quelques décennies. Cette désignation terminologique est un dérivé du néolibéralisme, mais le terme est pourtant utilisé sans méfiance dans plusieurs milieux militants. Son usage donne une fausse légitimité au concept de « propriété des idées », concept auquel plusieurs s’opposent notamment lorsqu’il s’agit des brevets sur le vivant.
- Amazon, derrière l’écran
Jean-Baptiste Malet, En Amazonie – infiltré dans le « meilleur des mondes », Paris, Éditions Fayard, 2013.
« Work hard, have fun, make history ! » La devise d’Amazon
Un journaliste français a passé plusieurs semaines infiltré dans l’un des immenses entrepôts logistiques du géant mondial du commerce en ligne Amazon. Il raconte ce qui se passe après le clic de votre souris qui vient de confirmer votre commande de Noël.
- Quel avenir pour l’ALÉNA ?
ALÉNA plus
Si l’ALÉNA n’apparaît pas comme un succès retentissant aux yeux de tous et toutes, il se trouve des gens qui en redemandent et réclament une intégration plus en profondeur afin d’éliminer les dernières entraves au libre échange en Amérique du Nord. Ce sont les mêmes élites corporatistes et groupes de pression du milieu des affaires qui étaient à l’origine de l’ALÉ et de l’ALÉNA. Le Conseil canadien des chefs d’entreprise a développé L’initiative nord-américaine de sécurité et de (…) - Des dessous pas très sexy
De façon générale, les politiciens ne font pas montre de beaucoup d’écoute envers la « populace », on le sait, et ils ont une mémoire très sélective. Un exemple récent : sur le site Internet du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, section commerce, on peut lire dans un court texte sur les 10 ans de l’ALÉNA : « Au moment où nous célébrons son dixième anniversaire, l’ALÉNA jouit d’un succès incontesté. ». Succès ? Incontesté ? Le ministre canadien du (…)
- Culture à vendre
Les artistes produisant de grandes œuvres pensent rarement au marché. Leur travail se fait en fonction de hautes exigences, d’aspirations élevées, il exprime en profondeur – et souvent aussi avec légèreté – leur vision du monde et de la condition humaine. Leurs œuvres s’intègrent à un grand tout qu’on appelle la culture, avec laquelle se forme l’identité des peuples. Ces mêmes artistes seraient sans aucun doute surpris de constater comment leur art est traité dans les accords commerciaux internationaux.
- À quoi rêvent les algorithmes. Nos vies à l’heure des big data
Dominique Cardon, À quoi rêvent les algorithmes. Nos vies à l’heure des big data, Paris, Seuil, 2015, 106 pages.
- La force politique du rêve
À bâbord ! a rencontré Riccardo Petrella alors qu’il était de passage au Québec pour lancer son dernier livre, Désir d’humanité. Le droit de rêver, publié chez Écosociété.
- Partis sur une baloune
Le 19 novembre 2004, le Syndicat des employées de magasins et de bureaux de la Société des alcools du Québec (SEMB/SAQ) déclenche une grève générale illimitée qui durera beaucoup plus longtemps que ne l’avaient prévu les dirigeantes du syndicat, ceux de la SAQ et les citoyennes du Québec. Comment en est-on arrivé là ?
- La médicalisation du cycle menstruel
À Bâbord ! ouvre ses pages à la Coalition pour la santé sexuelle et reproductive. Cette série d’articles porte sur la médicalisation de la sexualité et vise à mettre en garde contre un discours et des pratiques médicales qui envahissent notre conception du corps et de la santé.
- « Nous sommes tous des Oury Diallo »
De façon méthodique, Cornelius Yufanyi arpente la petite place. Il est tendu en ce matin frisquet du 7 janvier 2007. Les forces de police anti-émeute sont positionnées aux quatre coins. De plus en plus de personnes, surtout de jeunes adultes, débarquent des trains et solidarisent sur les quais d’arrivée. Puis, ils gagnent les marches de la gare centrale — celles qui donnent sur la petite place. Nous sommes à Dessau, ville d’un peu moins de 80 000 habitants de la région de Saxe-Anhalt, à quelque 200 kilomètres au sud-ouest de Berlin.
- Un enjeu capital
La question des paradis fiscaux et judicaires a été une fois de plus ramenée dans l’actualité par deux scandales récents. La crise financière que nous traversons a été causée en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de très nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un réseau d’évasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privilégiés, a causé des pertes d’environ 4 milliards d’euros en revenus fiscaux. Plus que jamais, il semble urgent d’intervenir contre ces espaces de non-droit que sont les paradis fiscaux.
- L’affaire Mortara et l’antisémitisme chrétien
Gérard Da Silva, L’affaire Mortara et l’antisémitisme chrétien, Paris, Syllepse
2008, 286 p. - Un brin d’espoir pour le centre-ville de Gatineau ?
À la suite de l’industrialisation, de la montée en flèche du système capitaliste et du progrès de l’industrie automobile, le visage urbain des villes nord-américaines se transforme. Les banlieues se développent et « cette urbanisation des espaces périphériques sera accompagnée du “déclin” de certaines zones centrales [2] ». C’est particulièrement le cas à Gatineau, où le centre-ville fait face encore aujourd’hui à des défis majeurs : insécurité, dégradation du paysage urbain, réduction de la population résidante, pauvreté, etc. Dans ce contexte, il est plutôt rare de rencontrer un résidant s’exclamant : « Comme je suis fier d’être Gatinois ! » et beaucoup moins d’entendre l’expression : « Hull, c’est dull ! »
- Generation Palestine : Voices from the Boycott, Divestment and Sanctions Movement
Generation Palestine : Voices from the Boycott, Divestment and Sanctions Movement, dirigé par Rich Wells, Londres, Éditions Pluto Press, 2013, 242 p.
- There will be blood
Le conflit au Vietnam a amené son lot de films dans lesquels des cinéastes américains se sont questionnés sur les États-Unis, ses ambitions et ses délires. Apocalypse Now de Francis Ford Coppola est peut-être le plus brillant exemple de cette mouvance. Il semblerait que les États-Unis des années 2000, embourbés dans le néoconservatisme aussi bien qu’en Irak, entraîneront aussi une vague de films introspectifs, tels Lord of War (Andrew Niccol, 2005), Jarhead (Sam Mendes, 2005) et In the (…)
- Facebook. La tyrannie de la popularité
Si on compare les cinq géants technologiques par leur capitalisation boursière, Facebook arrive en dernière position. Difficile de quitter Facebook sans compromettre les liens avec nos proches.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Google. Ne pas être malveillant » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « GAFAM : Conclusions ».
- Constater le temps qu’il fait. Réplique à François Cardinal
On dit parfois que lorsqu’une personne affirme qu’il fait soleil et qu’une autre soutient qu’il pleut, le travail d’un·e journaliste n’est pas de dire qu’il y a controverse, mais plutôt d’aller dehors pour constater le temps qu’il fait. De même, lorsqu’on dit d’une personne qu’elle était « la plus ouverte au débat public » et que d’autres rétorquent qu’elle était son « fossoyeur », le travail du journaliste est de mener des recherches et d’exercer son jugement critique.
- La marchandisation de la santé
Ceci est la version intégrale, et en langue d’origine, de l’article « La marchandisation de la santé », paru dans notre dossier En plein corps.
- ALENA. La nouvelle offensive
Les rondes de renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) se poursuivent depuis plus de six mois et tous les scénarios quant au sort de ces discussions demeurent possibles. Donald Trump ne renonce pas à mettre fin à l’accord, mais la possibilité de les reporter après les élections mexicaines et américaines qui ont lieu cette année est une hypothèse plausible. Néanmoins, les équipes de négociation, y compris celle de l’administration Trump, travaillent dans la perspective de conclure une entente. Quelle sorte d’accord pourrait-il ressortir de ces négociations ?
- « Où qu’il se situe sur sa trajectoire, le migrant a des droits »
Avant d’être travailleur saisonnier, sans-papiers, demandeur d’asile ou travailleuse domestique, le migrant est une personne. Au-delà des catégories que le droit international s’acharne à définir, un migrant s’inscrit dans une trajectoire qui lui est propre. Professeure à l’UQAM, spécialiste du droit international, des droits économiques et sociaux, des droits des femmes et des institutions des droits de la personne, Lucie Lamarche milite pour une reconnaissance des trajectoires de mobilité des migrant·e·s. Afin qu’ils et elles cessent d’être perçu·e·s tantôt comme une menace potentielle pour les États, tantôt comme des personnes asservies à la fluidité des biens et services, héritage toxique des accords de commerce international. Entrevue.
- Un non-alignement souhaitable !
Pour consolider le fragile acquis politique des indépendances, la Conférence des non alignés du Caire de 1962 esquisse les termes d’une coopération essentielle entre le Nord et le Sud au niveau économique. Cela permettra l’avènement, deux ans plus tard, de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement. L’ordre international s’avère de plus en plus pervers pour ces sociétés périphériques. Certes, à sa faveur se dispersent, dans le prétendu tiers-monde, des itinéraires selon qu’on dispose de certains atouts pour être intégré favorablement dans le marché mondial. Naturellement donc, les préoccupations du mouvement des non alignés se focalisent sur le dialogue Nord-Sud. Ce fut davantage, et cela le demeure d’ailleurs, un monologue du Sud.
- Stériliser la vie pour mieux la contrôler
Le 3 mars 1998, le Bureau des brevets et marques de commerce des États-Unis octroie un brevet intitulé « contrôle de l’expression des gènes végétaux ». Promptement rebaptisée « Terminator » (ou encore « semences-suicide ») par ses critiques, cette technologie modifie génétiquement les plantes de façon à rendre leurs semences stériles.
- Qu’est-ce que le Digital Labor ?
Dominique Cardon & Antonio A. Casilli, Qu’est-ce que le Digital Labor ?, INA Éditions, 2015, 101 p.
- Une histoire des peuples plus que des gouvernements
Il est maintenant devenu un lieu commun de parler du virage à gauche de l’Amérique latine. Tellement commun qu’il est déjà suivi d’un second lieu commun consistant à questionner cet apparent virage en évoquant les différences notoires existant entre les divers gouvernements dits de gauche du sous-continent. En effet, les gouvernements « sociaux-démocrates » de Lula (Brésil), des Kirchner (Argentine), de Bachelet (Chili), de Tabaré Vázquez (Uruguay) cherchant à « humaniser » le capitalisme (…)
- Fonderie Horne : la ville au coeur de cuivre
Le verdict est tombé à Rouyn-Noranda le 15 août dernier : les émissions d’arsenic dans l’air de notre ville seront tolérées jusqu’à cinq fois au-dessus de la norme prévue par la Santé publique. L’échéancier de cinq ans ne prévoit aucune cible intermédiaire précise pour contraindre Glencore à abaisser ses rejets toxiques dans l’air d’ici là. Les Rouynorandien·nes, décidément, devront boire la coupe jusqu’à la lie.
- La sobriété, voie de passage de la transition énergétique
- L’engagement pousse là où on le sème
Laurence Bherer, Geneviève Cloutier et Françoise Montambault, L’engagement pousse là où on le sème, Écosociété, 2021, 316 pages.
- L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique
Martin Breaugh, L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique », 2007, 406 p.
- Les grèves de la Fiat (Italie, 1969)
De mai à décembre 1969, en Italie, des grèves partielles des employés de la Fiat se sont transformées en un véritable mouvement de communes qui s’est prolongé dans des pratiques non seulement de grèves « sauvages » ou autonomes de l’appareil syndical mais également d’occupations d’universités, d’auto-réductions des loyers et d’appropriation directe de marchandises et de services, notamment des transports en commun.
Dans La classe ouvrière contre l’État (1978), Antonio Negri analyse les (…) - L’idée de Liberté
Il n’est pas aisé de parler d’émancipation aujourd’hui. Jadis thème central des Lumières structurant la lutte de la science contre les mythes, de la bourgeoisie contre la féodalité, du citoyen contre l’absolutisme, de la classe ouvrière contre le capital, de la femme contre le patriarcat…, l’émancipation est aujourd’hui soupçonnée de dangereuse métaphysique, de mystification portant en elle les germes du totalitarisme. Les positions dites « pragmatiques » de concertation d’intérêts, de (…)
- Fétichisme et marchandisation de la culture
Quand il s’agit de cerner la place de la culture dans les sociétés capitalistes contemporaines, le recours au concept marxien de fétichisme de la marchandise peut être d’une grande utilité [3].
- Naissance et mort de la raison émancipatrice
Dans le cadre de cette chronique, débutée au dernier numéro, je cherche à élaborer un nouvel espace de réflexion pour le thème de l’émancipation (libération) en tenant à distance tout autant les formes substantialistes de construction de l’idéal libérateur – qui tendent à imposer une idée fixe et restreinte à la liberté à la diversité des aspirations et des luttes sociales –, que les dérives post-modernes abdiquant face à la nécessité de réaliser concrètement des changements sociaux au nom (…)
- Détournement de sens
Dans le cadre de cette chronique visant à dégager une nouvelle conception de la libération qui prenne en considération les critiques ayant conduit à la crise de la raison émancipatrice, nous avons abordé le cas des expériences totalitaires en tant que cause historique du désenchantement vis-à-vis des projets libérateurs. Parallèlement à ces expériences traumatisantes concrètes, il existe des causes philosophiques ayant conduit à ce même désenchantement. Parmi celles-ci, la critique de la (…)
- Les idéologies totalitaires
Lors de ma chronique précédente, j’abordais la naissance et la remise en question de la Raison émancipatrice en annonçant trois formes distinctes de sa remise en question, soit : 1) l’expérience des totalitarismes ; 2) la rupture, par la linguistique moderne, du rapport signifiant signifié ; et 3) le dévoilement du caractère autoritaire (surdéterminant) de la Raison. Les contraintes d’espace m’obligent ici à n’aborder que le premier de ces thèmes et à laisser les deux autres pour la suivante.
- Victoire de l’opposition, de l’abstention ou de la démocratie ?
La victoire du « non » lors du référendum du 2 décembre 2007 portant sur les réformes constitutionnelles proposées par le président vénézuélien Hugo Chávez constitue le premier succès électoral de l’opposition depuis l’arrivée au pouvoir du mouvement bolivarien en 1998. Pourtant, en chiffres absolus, le camp de l’opposition n’a pratiquement pas connu d’augmentation. Le facteur déterminant de ce référendum est surtout l’abstention de près de trois millions d’électeurs qui, après avoir voté pour Chávez lors des présidentielles de décembre 2006, n’ont pas accouru aux urnes pour soutenir ses réformes constitutionnelles. Plus qu’un désaveu vis-à-vis de Chávez, cette abstention peut être interprétée comme un signe de l’autonomie et de la maturité de l’électorat chaviste refusant de se faire imposer un chantage plébiscitaire au nom de leur appui à un chef ou à un processus révolutionnaire.
- Luttes hégémoniques et indétermination
En débutant cette chronique sur l’émancipation créatrice, j’évoquais un double problème : sans un projet cohérent et général (holistique), permettant aux luttes partielles de se rapporter à un cadre de références (utopique) commun, les actions de résistance restent impuissantes vis-à-vis du statu quo qu’elles ne parviennent pas à questionner « radicalement » ; mais d’un autre côté, en établissant ce cadre général permettant aux luttes partielles de se coaliser, surgit alors le danger, (…)
- Google. Ne pas être malveillant
En 2015, Google devient Alphabet, compagnie mère chapeautant une diversité d’entreprises et de services. Au moment de cette restructuration, le code de conduite de Google est modifié et ne comporte plus la devise « don’t be evil », pilier de la culture de l’entreprise depuis 2000.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité » ; « GAFAM : Conclusions ».
- Chili. Rébellions populaires contre le néolibéralisme
Depuis le 18 octobre 2019, le Chili néolibéral du président Piñera est entré en crise, en proie à une vaste rébellion populaire touchant le pays entier. En ce début de novembre 2019, les blocages sont partout, laissant voir que se joue un véritable bras de fer politique entre forces sociales irréductiblement opposées.
Photos : Fabián Muñoz.
- Coopérative des librairies indépendantes du Québec
Dans le domaine du livre, des géants comme Amazon et Renaud-Bray occupent une place si grande qu’ils menacent la diversité de l’offre et l’accessibilité à des œuvres plus rares. Au Québec, toutefois, une forte résistance à cette domination s’est développée grâce à un réseau de librairies indépendantes solidaires et en très bonne santé.
- Journal en souffrance, chroniques d’une pauvreté durable
André Corten, Journal en souffrance, chroniques d’une pauvreté durable, Montréal, Fides, 2006.
- Ce que vous devez savoir sur la neutralité du Net
Nous sommes en 2017. À la suite d’une valse de fusions, l’accès à Internet, au Québec, est offert par seulement deux fournisseurs : Cogeco/Telus et Vidéotron/Rogers. Si vous choisissez le premier, vous disposez d’un accès ultra-rapide au réseau TQS, ainsi qu’au Itunes Media Store, grâce à un partenariat avec Apple. L’autre option vous permet d’accéder à l’ensemble des produits culturels de la nébuleuse Quebecor, ainsi qu’aux services de YouTube et de Google. Réfléchissez bien à votre choix, parce que la connexion sera d’une lenteur incommensurable si vous voulez explorer les sites web du compétiteur. Et les créations des amateurEs, les blogues citoyens, baladodiffusions et autres innovations ? De l’histoire ancienne. Scénario-catastrophe émanant d’un conspirationniste délirant et paranoïaque ? Espérons-le.
- La science des changements climatiques pour les nuls
Depuis toujours, la Terre subit des variations du climat. Comment le sait-on ? Notamment par l’extraction et l’analyse d’immenses carottes de glace des calottes glaciaires contenant des bulles d’air qui nous procurent des informations sur le climat sur Terre depuis 800 000 années.
- Centre-Sud. Une histoire de quartier
L’Institut économique de Montréal (IEDM) a provoqué tout un débat cet été en publiant une note vantant les mérites de la gentrification dans des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve. C’est à se demander ce que dénoncent les voleurs de saucisses et autres barbouilleurs de vitrines.
- Bloquer pour construire
Avec de la persistance et de l’imagination, on peut sortir des sentiers battus et rendre bien réelles de petites utopies : créer des monnaies locales, vivre sa propre transition écologique, pratiquer une agriculture saine et de proximité, éliminer les combustibles fossiles. Beaucoup de ces projets sont cependant plus fragiles qu’on le croit et peuvent passer sous le rouleau compresseur du libre-échange et de l’extractivisme.
- La Cour suprême renforce le droit syndical
Une importante décision a été rendue l’été dernier par la Cour suprême du Canada (CSC). Elle concerne la fermeture, en 2005, du Walmart de Jonquière alors que le syndicat desTravailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) venait d’être accrédité pour représenter les employé·e·s de ce magasin quelques mois plus tôt. Après bien des péripéties judiciaires, ces salarié·e·s sortent vainqueurs et la tête haute de la Cour d’Ottawa, appuyé·e·s avec force par leur syndicat, qui a lutté contre le très affirmé anti-syndicalisme wal martien. Mais leur avenir est encore incertain…
- Quel principe sous-tend l’imposition ?
Le fisc ne se réduit pas à un mécanisme technique de redistribution de la richesse. C’est pour donner corps à un principe civique supérieur qu’il remplit cet office. Pointe d’épine dans le gras du riche, il rappelle à ce dernier que l’enrichissement personnel est tributaire d’une organisation collective. Sans un contexte social structuré, il n’y aurait nul lieu d’engranger des profits à soi seul.
- Une convention mi-figue mi-raisin
Le 20 octobre 2005, à l’UNESCO, 151 pays ont donné leur appui à une Convention sur la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles. Pourtant, quelque temps avant le vote, la secrétaire d’État étatsunienne Condoleezza Rice avait usé de tout son poids pour faire échouer l’entreprise. Elle avait écrit à ses homologues pour leur demander de reporter le vote, sous prétexte que cette convention légitimerait « les violations des droits de l’homme » et « l’écrasement des minorités ».
- Victoire de Rafael Correa
Avec la victoire de Correa lors des élections du 17 février dernier se renforce le projet postnéolibéral tant dans le sous-continent sud-américain qu’à l’intérieur de l’Équateur. Augmentant ses appuis de près de 5 % après six ans au pouvoir, Correa et son mouvement, Alianza País, gagnent également une vaste majorité des sièges au sein de l’Assemblée législative. Ils pourront ainsi faire adopter des lois sans négocier avec l’opposition, et probablement amender la constitution de la même façon [4]. C’est une bonne nouvelle si le projet d’approfondir la révolution citoyenne en changeant la matrice productive est bel et bien l’objectif poursuivi. C’en est une moins bonne si la politique d’hostilité envers la contestation et les mouvements sociaux se renforce.
- Le capital canadien en perspective
La bourgeoisie canadienne se constitue peu à peu au rythme de l’essor industriel et de sa propre émancipation de l’Empire britannique. L’accumulation primitive chez cette classe émergente se réalise surtout à travers le commerce, les produits de base (céréales, bois) et les activités de fabrication traditionnelles. Mais l’impulsion déterminante vient avec la construction des canaux et surtout des chemins de fer, au XIXe siècle. Ces initiatives permettent de structurer un espace transcontinental et de créer un marché intérieur favorisant le développement du capital canadien.
- Le pragmatisme radical d’un « matérialiste historique »
Quelques jours après le congrès de Québec solidaire et l’élection de Gabriel Nadeau-Dubois comme député de Gouin, À bâbord ! rencontrait le nouveau co-porte-parole de QS pour l’interroger sur une série d’enjeux entourant l’avenir du parti.
Dans cette seconde partie de l’entretien, le nouveau représentant de QS à l’Assemblée nationale détaille une stratégie pour faire des percées dans les différentes régions du Québec et souligne l’importance pour le parti de gauche de formuler des propositions économiques concrètes pour le développement régional. L’ancien leader étudiant se prononce également sur des questions d’éducation, de politique municipale et de communication politique.
Pour (re)lire la première partie, cliquez ici.
- « Nous sommes prêts ! »
Le 9 mars dernier, Gabriel Nadeau-Dubois annonçait qu’il faisait le saut en politique au sein de Québec solidaire. Moins de trois mois plus tard, l’ancien leader étudiant était élu co-porte-parole du parti et député de Gouin. Dans son sillage, plus de 6 000 personnes ont manifesté leur enthousiasme en joignant les rangs de la formation de gauche. Au-delà d’un indéniable « effet GND », comment l’arrivée de cette icône du Printemps érable affectera-t-elle les stratégies et le fonctionnement de QS ?
- La raison populiste
Ernesto Laclau, La raison populiste, Paris, Seuil, coll. « L’ordre
philosophique », 2008, 295 p. - Resisting across borders : Hindu Fascism, Xenophobia, and Diasporic Solidarity
As Hindutva extends its influence to North America, forges alliances with Canadian conservatives, and hijacks discourses on multiculturalism and racism for its own ends, the SADAC is organizing a response by building local and transnational solidarity. À Bâbord ! met with them. Transcribed by Louise Nachet.
NDLR. Cette article est la version anglaise de l’entrevue parue dans notre numéro 107.
- Rouyn-Noranda vs. Glencore : « Ça concerne tout le monde »
Le 26 août 2023, 900 personnes se mettent en marche au centre-ville de Rouyn-Noranda. Il fait plein soleil, l’ambiance est à la fête, mais l’indignation demeure au rendez-vous, comme en témoignent les slogans repris en chœur par la foule. Dans le dernier droit, avançant de pied ferme vers l’imposante silhouette de la Fonderie Horne, on scande sans relâche : « Nos vies, nos vies, valent plus que leurs profits ! »
- L’enseignement assisté ou réalisé par ordinateur
Au cours des cinq dernières années, Robert Slavin et son équipe de collaborateurs de l’Université John Hopkins, située à Baltimore, ont réalisé plusieurs méta-analyses sur l’enseignement de la lecture et des mathématiques, et ce, tant au niveau élémentaire que secondaire (Best Evidence Encyclopedia, 2010).
- Comment l’Action libérale nationale (ALN) de Paul Gouin s’est fait récupérer par Duplessis
En mars dernier, une partie de la gauche nationaliste québécoise a décidé de former un « club politique » et de se rallier au Parti québécois dans un double but : tirer le PQ vers des positions plus progressistes et regrouper les forces souverainistes dans un même parti pour « hâter la résolution de la question nationale ». Ce club, qui prétend garder son autonomie au sein du PQ, a pris le nom de Syndicalistes progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre).
- Éducation sexuelle et pulsions mercantiles
Sharon Lamb et Lyn Mikel Brown, deux professeures américaines connues depuis une vingtaine d’années pour leurs recherches sur les femmes et les filles, ont publié en 2006 le livre Packaging Girlhood : Rescuing Our Daughters from Marketers’ Schemes [5]. Ce livre, qu’elles ont écrit en tant que femmes, mères et enseignantes, s’adresse surtout aux parents et porte un regard critique sur la culture dans laquelle les jeunes filles évoluent.
- La nécessité d’exporter ?
La production québécoise, toutes catégories confondues, est exportée à plus de 60 %, ce qui implique qu’il ne s’agit plus de nos surplus de productivité, mais de notre productivité elle-même que nous exportons.
- Filière batterie : Transition en déroute
Un boom d’exploration minière menace les territoires, la dénationalisation d’Hydro-Québec met en péril l’héritage énergétique québécois et des subventions de plusieurs milliards de dollars sont accordées à des multinationales étrangères. Ces réalités sont le résultat de la nouvelle filière batterie. Faisant appel à l’imaginaire séduisant de l’écomodernisation, ce projet néolibéral et colonial dissimule toutefois des risques importants et reconduit l’exploitation du territoire et du vivant.
- La conquête du Pôle Nord
Alors que la course au pôle précipite la militarisation de l’Arctique, les populations nordiques canadiennes restent tenues à l’écart du débat. C’est comme si on réglait la souveraineté du Québec sans les Québécoises.
- Le ruban blanc
On ne saurait s’étonner que Michael Haneke ait divisé la critique et le public en réalisant des oeuvres cinématographiques stylisées où il remettait en question de manière très explicite, voire brutale, certains consensus sociaux. À cet égard, des films comme Benny ’s video (1992) et les deux versions de Funny Games [6](1998 et 2008) sont très évocateurs de son esthétique, de sa volonté fullerienne [7] de déstabiliser le spectateur ou de le faire partici- per à ses entreprises. Conscient du fait que l’on pouvait associer sa façon de faire à une simple provocation d’artiste ou à de la complaisance par rapport à ce qu’il prétendait dénoncer, Haneke décide d’adopter une démarche beaucoup plus sobre, plus classique en réalisant Le ruban blanc (2009), une œuvre politico-historique.
- Développement urbain. Mégalomanie et mégaprojets immobiliers
Une fièvre s’empare des promoteurs immobiliers au Québec. À l’ère de la compétitivité, ces derniers cherchent à construire les projets les plus gros, les plus hauts, les plus luxueux. Si chacun d’eux se réalise, les profils de nos deux grandes villes ne seront plus les mêmes. De grandes tours sans caractère viendront obstruer la vue et enlaidir le paysage.
- Les dangers du contrôle corporatif
Des services Internet aux services bancaires en passant par les compagnies pétrolières ou le commerce alimentaire, de nombreux secteurs de notre économie sont de plus en plus concentrés entre les mains d’une poignée de grandes multinationales. La puissance de ces oligopoles a des conséquences néfastes sur nos sociétés et nos écosystèmes. Le domaine de l’agrochimie ne fait malheureusement pas exception.
- Mobiliser pour un quartier chinois inclusif
L’histoire du quartier chinois de Montréal remonte à plus de cent-quarante ans. Une maison, un refuge pour plusieurs communautés, le quartier a vu les changements s’accélérer dans les dernières années. Après la pandémie de COVID-19 qui a durement malmené sa vie culturelle, ses commerces et ses institutions, un essor rapide de la spéculation immobilière a forcé la communauté du Chinatown à lutter pour la préservation de son héritage afin de pouvoir y construire un avenir. À bâbord ! est allé à la rencontre de deux militant·es afin de dresser un portrait sommaire des gains et des défis auxquels fait face la lutte pour sauver le quartier chinois.
Propos recueillis par Caroline Brodeur et Samuel Raymond.
- Itinérance. Aider, mais pas n’importe comment
Nos concitoyen·nes de la rue sont les premier·ères à subir les conséquences des crises multiples que nous traversons –, pandémie, crise du logement, coût de la vie, surdoses, crise climatique… Or, plutôt que de considérer les besoins de ces personnes et de soulever les dénis de droits qu’elles subissent au sein du système, on perpétue les préjugés, la stigmatisation et une vision pour le moins réductrice de l’itinérance.
- Oser prendre toute la place à gauche
À première vue, les résultats de Québec solidaire (QS) aux élections du 3 octobre 2022 sont assez décevants. Ce maintien des acquis devient troublant quand on le compare à la trajectoire de progression constante qu’a connue QS depuis ses débuts [8]. Pour progresser d’ici 2026, QS doit passer de la consolidation de sa base à la conquête de nouveaux territoires politiques.
- Maintenir le cap !
Depuis 20 ans, la revue À bâbord ! s’est obstinée à exister et à exprimer son esprit rebelle et ses idées résolument progressistes. À travers 100 numéros, nous avons voulu donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Ces groupes et personnes se heurtent trop souvent au mur médiatique, car leurs paroles et actions sont couramment perçues comme trop radicales ou mal formatées pour convenir aux grandes tribunes.
- Militer : l’enseignement de Gramsci
Aujourd’hui, comme hier, militer, œuvrer à partager avec d’autres nos rêves de justice sociale, d’égalité, de solidarité et de liberté n’est pas une tâche facile. Que nous soyons filles ou garçons, d’origine plébéienne ou pas, comment rejoindre les non-militants, voire les apathiques ? Comment unir nos « savoirs » à leurs appréhensions ? Comment, à partir de leurs problèmes quotidiens, esquisser des solutions qui ébrèchent l’exploitation, la domination et la discrimination ? Il n’y a pas de réponses toutes faites à ces questions. Cependant, les réflexions d’Antonio Gramsci peuvent nous aider à mieux les poser et les résoudre.
