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Articles (1473)
- André Querry, photographe des luttes
L’important travail d’archivages des luttes sociales qui ont ponctué le Québec à travers les décennies est souvent effectué par des groupes militants et bénévoles qui s’évertuent ainsi à garder notre mémoire vivante. Tous et toutes reconnaîtront en ce sens l’apport d’André Querry à ce travail collectif de par les milliers de photos d’innombrables mobilisations des années 80 à aujourd’hui qu’il rend disponible sur sa page Flickr. À bâbord ! s’est entretenu avec le photographe pour en apprendre davantage sur sa démarche. Propos recueillis par Isabelle Larrivée et Claire Ross
- Entrevue : Cinéma sous les étoiles et Funambules Média
Cinéma sous les étoiles, organisé par Funambules Média, est un festival de documentaires sociaux qui se tient dans les parcs et quartiers de Montréal. Dans le cadre de leur 14e édition, Cinéma sous les étoiles propose près de 45 projections à 15 endroits à Montréal. Propos recueillis par Samuel-Élie Lesage.
- François Saillant en cinq temps
François Saillant est un militant important et influent de l’histoire du Québec. Alors qu’il est à l’aube de sa retraite en tant que coordonnateur du FRAPRU (depuis 1979 !), la revue À bâbord ! a souhaité revenir sur son parcours extrêmement riche. Nous lui avons demandé de présenter, à partir de photos qu’il a lui-même choisies, cinq moments charnières de sa propre histoire.
Propos recueillis par Isabelle Bouchard.
- Utopies, liberté et négativité
Cet oxymoron, juxtaposant dans le même énoncé deux termes contradictoires, qu’on pouvait lire sur les murs de Mai 68, répond implicitement au dénigrement des utopies en tant que « pures spéculations », projections imaginaires dans des mondes impossibles. Plutôt que de renier le caractère imaginaire des utopies (« l’imagination au pouvoir ! »), il en exalte le plus haut degré de « réalisme ». De fait, les utopies ne sont rien d’autre que des projections imaginaires. Mais ces projections ne sont pas que des « vues de l’esprit ». Elles nous permettent de voir « sous les pavés, la plage » ; elles sont précisément ce par quoi le « réel » se dévoile tel qu’il « est » (contingent) plutôt que comme il « paraît » (apodictique). Et sans cette mise à distance de l’apparente naturalité, fatalité ou inéluctabilité des rapports sociaux « réellement existants », aucun dépassement de ceux-ci n’est possible.
- Les nouveaux gatekeepers
Jusqu’à récemment, la question « faut-il publier ou pas ? » relevait du groupe relativement circonscrit des professionnel·le·s de l’univers de la diffusion médiatique. La donne s’est grandement complexifiée ces dernières années puisque la parole publique est accessible à un nombre beaucoup plus grand de gens, alors même qu’elle est encadrée, filtrée et exploitée avec une intensité inégalée par les plateformes corporatives que sont Facebook, Google, Amazon et Apple. Cette bouleversante irruption de nouveaux « gatekeepers » (ou « portiers des médias ») dans l’écosystème médiatique est un phénomène d’une portée politique déterminante. Parce que publier, c’est justement rendre public ce qui relevait jusqu’alors du privé.
- Le travail du sexe est un travail
Le 7 avril 2021, la Direction de l’UQAM et Hélène Boudreau signent une entente de principe, qui met fin à la poursuite intentée contre cette dernière. L’étudiante au baccalauréat en arts visuels avait partagé une de ses photos de finissante sur ses médias sociaux, dont son compte payant OnlyFans.
- Bolivie : Une nouvelle réalité politique
En une seule année, le nouveau gouvernement nationalise les hydrocarbures, met en place une Assemblée constituante, fait adopter une nouvelle loi sur la répartition de la terre et affirme son autorité devant les élans d’autonomie des départements de la partie orientale du pays. Morales est-il en train de changer la donne au pays des Aymaras et des Quechuas ?
- Pourquoi la décroissance ?
La décroissance est un slogan commode pour résumer la nécessaire remise en cause de la croissance. Il a surtout pour objet de marquer fortement l’abandon de l’objectif insensé de la croissance pour la croissance, objectif dont le moteur n’est autre que la recherche effrénée du profit par les détenteurs du capital. Bien évidemment, il ne vise pas au renversement caricatural qui consisterait à prôner la décroissance pour la décroissance. En particulier, la décroissance n’est pas la croissance (…)
- La déraison de la croissance des transports
Les usagers briseront les chaînes du transport surpuissant lorsqu’ils se remettront à aimer comme un territoire leur îlot de circulation, et à redouter de s’en éloigner trop souvent.
Ivan Illich [1]
- Objectif décroissance. Vers une société viable
Collectif, Objectif décroissance. Vers une société viable, Écosociété, Montréal, 2003.
- Inégalités sociales et environnementales. Portrait géographique à fine échelle
La distribution géographique des inégalités, qu’elles soient sociales, liées à la qualité de l’environnement ou encore à l’accessibilité aux services, n’est pas un phénomène qui relève du hasard.
- Les nouveaux médias
Ce qu’on appelle les « nouveaux médias », ce ne sont pas tant des nouveaux outils ou encore une nouvelle manière de diffusion, rendus possibles par l’agencement de textes, photos et vidéos qui circulent via diverses plateformes sur le Web. Ces outils auraient très bien pu se développer sans que nous ayons à parler de nouveaux médias. Il aurait été simplement question d’extensions de la presse écrite, de la photo, de l’audio ou de la vidéo sur de nouvelles plateformes.
- Les fils (des batteries) se touchent !!!
Rien ne sert de se précipiter dans le vide de l’ignorance et de faire comme si de rien n’était. Même un enfant sait tout ça depuis qu’il a lu Les habits neufs de l’empereur ; celui qui parade flambant nu comme s’il était vêtu des atours les plus fins. Legault, Guilbeault et combien d’autres persistent et signent tandis que des filous tels Northvolt leur ont affirmé que seuls les gens intelligents avaient la capacité de percevoir une telle étoffe miracle !
- À qui appartiennent les femmes ?
« Le corps de Jennifer Lawrence est devenu celui de toutes les femmes. » Cet extrait du titre d’un article de Tracy Clark-Flory sur le site Salon saisit en quelques mots le sens du « celebgate » du mois de septembre dernier. La diffusion, sur le web, de nus volés d’actrices et de chanteuses populaires a fait couler beaucoup d’encre au cours des semaines qui ont suivi. Ces photos, selfies ou autres, étaient la propriété privée des stars, piquées à même leur stockage informatique.
- Le « chatongate » : la cruauté envers les animaux est-elle plus scandaleuse que le racisme, l’homophobie et le sexisme ?
Stéphane Gendron, en avouant peut-être à la blague avoir tué des chatons, en a choqué plusieurs et avec raison. Mais comment se fait-il que cette histoire de chatons tués fasse le tour du pays et scandalise bien davantage la population que le flot de propos racistes, sexistes et homophobes qui déferle chaque jour sur les ondes de certaines stations de radio ? Je trouve étrange de voir les droits des animaux plus âprement défendus que les droits de la personne. Sommes-nous en train de devenir antihumanistes ?
- Robert Doisneau, comme un barbare
André Pozner, Robert Doisneau, comme un barbare, Montréal, Lux Éditeur, 2012, 128 pages.
- Décider entre hommes
Je rédige cette chronique à la veille des élections fédérales, après avoir vu parader pendant des semaines et sur tous les écrans de ma vie les figures des politiciens. Accompagnée dans cette promenade par les photos de #DéciderEntreHommes (créé par Marilyse Hamelin et Marie-Ève Maillé), le boys’ club n’a pas cessé d’apparaître.
- Retour sur l’article « Pas de capitalisme sans racisme », de Mostafa Henaway
De nombreuses personnes ont commenté le texte de Mostafa Henaway, « Pas de capitalisme sans racisme » qui ouvre le dossier sur le racisme du numéro 67 d’À bâbord !, suite à sa publication dans Le Devoir le 3 janvier dernier. Nous souhaitons les remercier d’avoir fait œuvre utile, pour la plupart, en appuyant avec brio la thèse centrale du dossier duquel était tiré cet article.
- Le (dé)pistage numérique
Saviez-vous que certains contenus et métadonnées échangés sur Gmail ainsi que sur la messagerie de Facebook sont utilisés à des fins de profilage ? Ce n’est plus un secret pour personne : nous sommes pistés sur le Web.
- Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un sommet social régional inspirant
Dans le dossier du dernier numéro d’À bâbord ! consacré au Saguenay–Lac-St-Jean, nous accordions la parole à un collectif d’auteurs en train de préparer un sommet social régional. Depuis, cet événement a eu lieu. En voici une première analyse.
- Les industries de la précarisation
Les agences de placement, qui se sont multipliées depuis le début des années 1990, offrent aux entreprises le recrutement de personnel permanent et, dans plus de 70 % des cas, le prêt d’une main-d’œuvre temporaire. Au bas de l’échelle, organisme qui informe, conseille et appuie dans leurs démarches les travailleurs non syndiqués confrontés à des injustices dans le travail (non respect du salaire minimum, congédiement illégal, harcèlement, etc.), a dû faire face à ces agences dont les clients sont souvent des entreprises ne respectant pas les droits de leurs travailleurs qui demeurent sans recours devant ces atteintes.
- Annie Ernaux. L’écriture, une exploration totale du réel
Il faut toujours se méfier des préconceptions et des préjugés, à commencer par les siens. Ils m’ont retenu longtemps dans ma venue à la lecture de l’oeuvre d’Annie Ernaux qui ne s’est amorcée qu’avec Les années, publié en 2008 et dont le titre signale d’emblée la dimension et la portée historiques. Je l’associais, à tort, à la nébuleuse des écrivaines s’adonnant complaisamment à l’autofiction, au récit de leurs petites histoires personnelles, amoureuses et érotiques, un peu à la manière de leurs équivalents masculins, Miller ou Bukowski par exemple.
- Diane Trépanière
Un peu fée, un peu sorcière et très cow-boy (!), elle est pour moi l’incarnation de cette puissance née du fait d’assumer sa différence.
- Le pragmatisme radical d’un « matérialiste historique »
Quelques jours après le congrès de Québec solidaire et l’élection de Gabriel Nadeau-Dubois comme député de Gouin, À bâbord ! rencontrait le nouveau co-porte-parole de QS pour l’interroger sur une série d’enjeux entourant l’avenir du parti.
Dans cette seconde partie de l’entretien, le nouveau représentant de QS à l’Assemblée nationale détaille une stratégie pour faire des percées dans les différentes régions du Québec et souligne l’importance pour le parti de gauche de formuler des propositions économiques concrètes pour le développement régional. L’ancien leader étudiant se prononce également sur des questions d’éducation, de politique municipale et de communication politique.
Pour (re)lire la première partie, cliquez ici.
- « Nous sommes prêts ! »
Le 9 mars dernier, Gabriel Nadeau-Dubois annonçait qu’il faisait le saut en politique au sein de Québec solidaire. Moins de trois mois plus tard, l’ancien leader étudiant était élu co-porte-parole du parti et député de Gouin. Dans son sillage, plus de 6 000 personnes ont manifesté leur enthousiasme en joignant les rangs de la formation de gauche. Au-delà d’un indéniable « effet GND », comment l’arrivée de cette icône du Printemps érable affectera-t-elle les stratégies et le fonctionnement de QS ?
- Arendt et Little Rock
La photographie que vous voyez est immensément célèbre dans l’histoire de l’éducation au XXe siècle. Elle est aussi au cœur d’une controverse en philosophie de l’éducation qui n’a rien perdu ni de sa vigueur, ni de son intérêt, ni de son actualité, et qui concerne la réflexion d’une des plus grandes et des plus influentes penseuses de l’éducation, Hannah Arendt (1906-1975).
- Renouvelable vs nucléaire : où est l’avenir ?
Le secteur nucléaire a depuis 1990 une capacité de production électrique d’environ 350 gigawatts (GW) qui, au mieux, se maintiendra jusqu’en 2020, pour ensuite diminuer graduellement vers zéro en 2050. Les énergies renouvelables, c’est-à-dire éolienne et solaire photovoltaïque (PV), sont depuis 10 ans en expansion rapide ; en 2013, leur production électrique avait atteint un tiers du nucléaire, vieux de 50 ans. Comme les prix et l’intérêt des investisseurs favorisent maintenant le renouvelable, dont le potentiel est énorme, c’est lui qui offre la meilleure possibilité de contrôler les changements climatiques.
- La crise politique en Ukraine et le rôle de la Russie
Le renversement du président ukrainien Viktor Ianoukovitch en février dernier a généré une crise internationale trop souvent ramenée à ses aspects géopolitiques, même s’il faut admettre qu’il s’agit là d’une dimension importante. De même, l’insistance sur la division ethnique et géographique tend à obscurcir une réalité beaucoup plus nuancée. Dans l’analyse qui suit, je vais tâcher de faire ressortir quelques aspects occultés des événements qui secouent l’Ukraine et inquiètent le reste du monde depuis quelque temps.
- Prix Nobel. La littérature au temps de #MeToo
Le 10 décembre 2018, à l’hôtel de ville de Stockholm, avait lieu le pompeux banquet suivant la cérémonie de remise des prix Nobel aux « personnes ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité ». Cette année, le champagne aura sans doute eu un goût plus amer qu’à l’habitude.
- Ragoût de culture
Je sais qu’on peut aisément confondre Éric Duhaime avec un chaudron, et je pourrais démontrer sans coup férir que son essai Libérez-nous des syndicats est du manger mou pour l’esprit. Il était tout de même étonnant de le retrouver en compétition avec La mijoteuse. De la lasagne à la crème brûlée de Ricardo pour le prix du public du Salon du livre de Montréal 2013. C’est la mijoteuse qui a remporté le concours, dans l’improbable catégorie « essais / livres pratiques ». Cette cuisante défaite de l’essai contre la lasagne est-elle un sinistre présage ? Est-ce le signe que l’avenir de Montaigne et Pascal se trouve dans le rayonnage des grille-pain et des tondeuses à gazon ? C’est à craindre si l’on soumet l’économie du livre au joug des grands monopoles commerciaux.
- Ragoût de culture
Je sais qu’on peut aisément confondre Éric Duhaime avec un chaudron, et je pourrais démontrer sans coup férir que son essai Libérez-nous des syndicats est du manger mou pour l’esprit. Il était tout de même étonnant de le retrouver en compétition avec La mijoteuse. De la lasagne à la crème brûlée de Ricardo pour le prix du public du Salon du livre de Montréal 2013. C’est la mijoteuse qui a remporté le concours, dans l’improbable catégorie « essais / livres pratiques ». Cette cuisante défaite de l’essai contre la lasagne est-elle un sinistre présage ? Est-ce le signe que l’avenir de Montaigne et Pascal se trouve dans le rayonnage des grille-pain et des tondeuses à gazon ? C’est à craindre si l’on soumet l’économie du livre au joug des grands monopoles commerciaux.
- Le logement n’est pas une marchandise
Les débats entourant l’encadrement des plateformes numériques d’hébergement touristique (dont la plus populaire est Airbnb) reviennent fréquemment dans l’actualité et les médias de masse, que ce soit au Québec ou ailleurs dans le monde. Le Comité logement du Plateau-Mont-Royal propose pour sa part leur interdiction totale.
- Monocultures de l’esprit
Vandana Shiva, Monocultures de l’esprit, Éditions Wildproject, 2022, 196 pages.
- Les médias libres face aux intérêts commerciaux
Le thème central abordé lors de ce panel était la lutte pour les médias libres
dans un contexte où les moyens de communication sont essentiellement
contrôlés par les géants des télécommunications et d’Internet. Les panélistes étaient Peter Bloom (Rhizomatica, USA/Mexico), Anja Kovacs
(Internet Democracy Project, Inde), Vladimir Garay–Derechos (Digitales,
Creative Commons Chili, Chili) et Mallory Knobel (Association for Progressive Communications, Canada/Kenya). - Abolition du placement syndical dans la construction
L’industrie de la construction constitue un gros secteur d’activités occupant plus de 150 000 travailleuses et travailleurs actifs et près de 25 000 employeurs. Par ailleurs, elle brasse plusieurs millions de dollars. Cette industrie est aussi connue pour la violence et les intimidations qui y ont cours ainsi que pour la corruption des employeurs. Chacun se souviendra des « incidents » de la Baie-James de 1972. Plus récemment, plusieurs événements et dénonciations de violence ont de nouveau mis le secteur sous les projecteurs. L’année 2011 s’est d’ailleurs terminée par une modification substantielle de la législation régissant les relations de travail dans le secteur.
- Utopie = No future
Queer et utopie : deux mots qui n’ont guère fricoté ensemble. Révolution et queer encore moins. Et pourquoi en serait-il autrement ? Il y a beaucoup de bonnes raisons de ne pas le déplorer. Si par utopie, on veut dire non un espace ou une simple volonté de transformer le monde, mais une projection temporelle sur un axe linéaire, c’est-à-dire un futur utopique et donc antérieurement modelé pour un grand nombre, la réaction anti-modernisme est sans doute salutaire.
- Ambiguïté des écologistes
À la toute fin de l’année 2005, le Canada accueillait le gratin du monde environnemental – plus de 10 000 déléguées – lors de la 11e Conférence des parties signataires du protocole de Kyoto. Cette rencontre de première importance pour l’avenir de la lutte aux changements climatiques a transporté la question environnementale sous les projecteurs pour une bonne partie de l’automne, mettant le mouvement environnemental face à ses propres paradoxes.
- Palestine. Haro sur la censure
Depuis le début de la guerre israélienne contre la population palestinienne de Gaza, le 7 octobre, nous sommes témoins d’une recrudescence de cas de censure des opinions propalestiniennes. Cette volonté d’effacement vise spécifiquement l’expression de la solidarité et l’expertise qui démentent les discours officiels israéliens.
- Intelligence artificielle. Des oeuvres d’art sans artiste
Fin 2022, tout le monde semblait avoir mobilisé des dizaines, voire des centaines d’artistes à la fois, pour se faire tirer le portrait. Le bât blesse lorsqu’on réalise qu’aucun·e artiste n’avait été compensé·e, crédité·e.
- Chili. Rébellions populaires contre le néolibéralisme
Depuis le 18 octobre 2019, le Chili néolibéral du président Piñera est entré en crise, en proie à une vaste rébellion populaire touchant le pays entier. En ce début de novembre 2019, les blocages sont partout, laissant voir que se joue un véritable bras de fer politique entre forces sociales irréductiblement opposées.
Photos : Fabián Muñoz.
- Esclavage en Libye : l’occultation des questions importantes
En octobre 2017, la diffusion de photos par la chaîne étatsunienne CNN montrant des migrant·e·s d’Afrique noire vendu·e·s en Libye a soulevé une question jamais résolue par les États et les organisations internationales : l’esclavage. S’il y a eu des lois mettant fin à l’esclavage en Europe à la fin du 18e siècle et au début du 19e, l’exploitation de certains peuples, qui sont devenus des minorités dans leurs propres terres, a continué sous d’autres formes.
- Manifestations : les précautions à prendre
Les manifestations sont signe de vitalité démocratique dans une société. Voici quatre conseils pour se préparer adéquatement à manifester sans que l’utilisation d’appareils numériques devienne sources de vulnérabilité.
- Une réponse locale à un phénomène mondial
C’est un mardi après-midi habituel au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) de Côte-des-Neiges. Dès son ouverture à 13h30, et jusqu’à 22h le soir, le Centre – tout juste un petit bureau – est plein de monde. Les stagiaires planifient les réunions des comités de travail, une membre du Conseil d’administration s’occupe de la paperasse et Tess Tesalona, cofondatrice et coordonnatrice, discute avec une journaliste étudiante des liens entre l’impérialisme, la mondialisation (…)
- Abitibi-Témiscamingue : toujours vigilante !
Des Réseaux de Vigilance, regroupant associations étudiantes, groupes communautaires, féministes ou écologiques et syndicats, se sont formés dans presque toutes les régions du Québec pour affronter le gouvernement Charest qui, nouvellement élu en 2003, attaque directement les acquis syndicaux et sociaux par un certain nombre de lois. Cette mobilisation passionnée des forces militantes du Québec, même si elle n’a pu bloquer l’adoption de ces lois, a exercé incontestablement une influence modératrice sur les visées belliqueuses du gouvernement libéral. Or, le réseau national devrait faire le post mortem des réseaux qui se sont peu à peu défaits au fil du temps, chacun retournant à ses préoccupations particulières. Pourtant, dans certaines régions, comme l’Abitibi-Témiscamingue, des militantes réussissent heureusement à maintenir vivant ce réseautage : comment et pourquoi ?
- Haro sur les plagiaires
Les musicien·e·s se sont toujours inspiré·e·s les uns des autres. Comme tous les artistes d’ailleurs. Et personne n’y voyait de mal, sauf en de rares exceptions. Depuis quelques années, ces emprunts sont de plus en plus judiciarisés. « Touche pas à ma chanson ! », pourrait-on dire. Sinon il faudra payer cher.
- Sortir de l’urbano-centrisme
La notion de « région » porte à confusion. Souvent péjorative dans les grandes villes, elle provoque un sentiment de discrimination si on vit à l’extérieur de celles-ci, où la population est moins dense, où la mer, la forêt, les longues routes, les champs, sont le milieu naturel des habitant·e·s.
- Tapis glissant pour Erdoğan
Le 17 décembre dernier, une vague d’arrestations a frappé le milieu politique et des affaires en Turquie. Plus de 50 personnes, dont des individus très en vue – fils de ministres, maire d’un arrondissement d’Istanbul, hauts fonctionnaires, directeur de banque, etc. –, ont été arrêtées pour des motifs de malversations, de corruption et de blanchiment d’argent. Le Parti pour la justice et le développement (AKP) du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a été directement touché par cette opération sans précédent. En pleine année électorale et près d’un an après les manifestations de Gezi, qui ont enflammé les grandes villes turques à l’été 2013, À bâbord ! s’est entretenu avec Jean Marcou, professeur à l’Institut d’études politiques de Grenoble et spécialiste de la Turquie, afin de faire le point sur la situation sociale et politique en Turquie.
- Créateurs libres sur le web
Les nouvelles technologies de communication en général, et Internet en particulier, ouvrent la voie à un partage d’informations, de connaissances et de créations d’une portée inégalée dans l’histoire, à un point tel qu’on a parfois l’impression, dans le cas du partage de la musique par exemple, que les grandes industries culturelles sont prises de panique. Ainsi, paradoxalement, alors que la distribution de contenu est plus facile que jamais, les législations sur les droits d’auteur et sur la « propriété intellectuelle » se trouvent renforcées. Heureusement, des alternatives se mettent en place pour contourner ces difficultés : le logiciel libre, l’encyclopédie Wikipédia, etc. L’une de ces vigoureuses initiatives à contre-courant, qui gagne à être connue, est sans contredit le projet Creative Commons.
- Fennario persiste et signe
Au fil du temps, Martin Duckworth s’est imposé comme un solide directeur de la photographie et un cinéaste indépendant appréciable aux yeux de différents observateurs du septième art québécois. Dès lors, son plus récent documentaire allait-il lui permettre de représenter adéquatement une figure controversée du théâtre national ?
- Terre en transe
L’année 1968 devait être, selon les paroles de Fidel Castro prononcées le 2 janvier à La Havane, celle du « guérillero héroïque ». Les échos de la mort du Che allaient se répercuter tout au long de cette année dans le monde, à travers un, deux, trois, mille foyers de révolte. Le Québec n’y échappera pas et cet écho sera modulé selon les caractéristiques propres de la société québécoise : on assiste alors non pas à un « complot international » ou à une transposition tardive de ce qui se fait ailleurs, mais à une convergence de mouvements de lutte qui entrent en résonance avec ce qui se passe au niveau mondial (pouvant, à l’occasion, s’en inspirer) et qui ont des racines dans l’histoire québécoise.
- Les nouveaux arrivants sont privés de soins
Depuis 2001 au Québec, tous les résidents permanents et travailleurs temporaires arrivant au pays doivent attendre trois mois avant d’être couverts par le régime d’assurance-maladie, une période nommée « délai de carence ». Les femmes immigrantes sont particulièrement touchées par ce délai.
- ONG et minières canadiennes
Avec la sortie de Trou Story, on peut espérer une nouvelle prise de conscience sur le rôle de l’industrie minière dans la société québécoise et canadienne. Dans une perspective historique, le film jette un regard sur l’exploitation des ressources naturelles aux mains de compagnies étrangères, les dizaines de milliers de mineurs qui ont péri avant que les conditions de travail ne s’améliorent et les répercussions sur les écosystèmes qui font en sorte que des générations futures devront payer pour les dommages causés.
- Un avenir pour la revue À bâbord !
À bâbord ! a perdu son accès à une subvention de Patrimoine Canada pour les magazines, un montant important qui nous donnait une bonne assise financière. Nous sommes victimes d’une application plus stricte par le subventionnaire d’un calcul nettement à l’avantage des revues les plus commerciales. En espérant obtenir une autre subvention « pour appuyer le journalisme », nous nous trouvons dans une situation financière encore plus incertaine que la précarité usuelle d’une petite organisation comme la nôtre.
Voilà pourquoi nous lançons cette campagne de sociofinancement.
- L’ère Morales et les défis de la stabilité politique en Bolivie
Evo Morales a été considéré comme populiste, de même que d’autres chefs d’États sud-américains, comme Hugo Chavez, et Rafael Correa. Comme eux, il a dénoncé l’élite et l’oligarchie, il s’est fait défenseur des classes populaires et des Autochtones. Après 14 ans au pouvoir, peut-on dire que son type de gouvernement a bien défendu sa population ?
- TUAC contre Walmart
Walmart, contrairement à Costco qui vise la clientèle de la classe moyenne, s’est établi au point de départ dans les régions pauvres des États-Unis et s’adresse particulièrement aux familles qui se situent au bas de l’échelle des revenus, en leur offrant des produits à bas prix. Pour ce faire, la multinationale contraint les fournisseurs à livrer aux magasins, à des prix bas et déterminés, les marchandises prévues dans des délais fixes afin d’assurer une rotation rapide des stocks. Elle combat également toute syndicalisation, exerce un contrôle absolu sur l’organisation du travail et impose à ses employés des salaires se modulant sur le salaire minimum obligatoire, lorsqu’il y en a un. Ses travailleurs, qu’elle cherche à amadouer en les qualifiant d’associés, sont recrutés majoritairement parmi ceux qui sont marginaux dans l’économie familiale : jeunes en âge d’étudier, retraités, travailleurs précaires, etc.
- Le jupon qui dépasse
Martine Delvaux répond au billet « Sexologie et politique victimaire » de Michel Belley, chercheur retraité du domaine pharmaceutique, membre des Sceptiques du Québec et de l’Association humaniste du Québec.
- Le cancre, le genre et la pensée dominante
Le 29 janvier dernier, Nathalie Collard publiait une critique de Décadence de Michel Onfray, et du livre Le nouveau régime de Mathieu Bock-Côté. Si l’on en croit le commentaire de M. Bock-Côté, fait à la radio de Radio-Canada, cette critique ne vaudrait pas mieux qu’« un mauvais travail de cégep ». Difficile de laisser passer ce commentaire sans rien dire.
- Le mirage du discours
Le 12 août dernier, Martine Delvaux proposait une réflexion sur le film Le Mirage de Ricardo Trogi dans La Presse+. Dès le lendemain, un chroniqueur du Journal de Montréal réagissait de façon outrancière en personnalisant indûment l’enjeu social qui était soulevé. Dans ce nouvel article, l’auteure revient sur Le Mirage et aborde ce à quoi s’exposent les femmes lorsqu’elles prennent la parole dans l’espace public.
- La communauté sourde québécoise
En avril 2013, lorsqu’on discutait sur toutes les tribunes du projet de loi 14 portant sur l’avenir du français, un animateur de la radio de Radio-Canada a eu une réaction de surprise lorsqu’une collaboratrice de l’émission, Eve-Lyne Couturier, lui a mentionné qu’une coalition d’organismes représentant la communauté sourde du Québec demandait un amendement à la Charte de la langue française pour y inclure une reconnaissance officielle de la langue des signes québécoise (LSQ).
- Mexique. Les petites bulles qui pèsent gros
Dans les plis de la mémoire collective, les habitant·e·s du Chiapas se souviennent de l’abondance de l’eau. Mais Coca-Cola, gourmand en eau, étend son hégémonie en sacrifiant la population locale. Dans le Chiapas, les peuples autochtones font face aux nouveaux défis de la mondialisation jusque dans leurs rituels. Comment cette boisson vénéneuse s’est-elle imposée dans la culture mexicaine ? Un constat dur à avaler.
- Tourisme. Ces colons du 21è siècle
Il n’y a rien de mieux qu’une pandémie mondiale pour mettre en évidence le colonialisme dans notre quotidien.
- Quand le droit s’en mêle. Entrevue avec Denis Barrette
À bâbord ! a discuté avec l’avocat Denis Barrette, qui a accepté de présenter certains des risques juridiques de perturber, ainsi que des manières de les limiter ou de les prévenir avant, pendant et après une telle action. Propos recueillis par Frédérique Godefroid.
- Le chemin de la révolte. Entretien avec Dominic Champagne
Dominic Champagne est un auteur et metteur en scène au parcours théâtral tumultueux, allant de l’underground, avec Cabaret Neiges Noires, jusqu’au Cirque du Soleil à Las Vegas. Il est aussi l’un des artistes québécois dont les engagements sont les plus visibles et les plus percutants, principalement ceux en faveur de la protection de l’environnement. Il nous explique les liens qu’il entretient entre son travail d’artiste et ses interventions militantes. Propos recueillis par Claude Vaillancourt.
- Nouveau Parlement, vieilles options
Avec l’appui du quart de l’électorat éligible, la Coalition avenir Québec (CAQ) se retrouve au pouvoir pour les quatre prochaines années. Si l’Assemblée nationale a renouvelé ses visages, les vieilles options et les vieux dilemmes se sont néanmoins réinstallés à demeure. Le gouvernement Legault souscrit en effet à la même logique d’austérité que ses prédécesseurs et, pour le combattre et le remplacer, Québec solidaire (QS) devra continuer à éviter les sentiers qui ont tenu la gauche en échec durant toute l’ère péquiste.
- Le gérontocide, forme extrême de l’âgisme ?
En cette année deux-mille-vingt après Jésus-Christ, serions-nous en train d’assister à une forme inédite de gérontocide, cette pratique d’« élimination des vieillards » aussi vieille que l’Antiquité [2] ? Cette question épineuse, difficile à manipuler, me taraude depuis plusieurs jours, comme citoyen et comme gérontologue social.
- Femmes suspendues, pensée muselée
[NDLR : La chronique peut divulgâcher quelques éléments de l’intrigue de la série.]
- Fermer les rideaux sur les médias sociaux
Aujourd’hui, il est pratiquement impossible d’échapper au pistage des géants du numérique. Même une personne ne possédant pas de compte Facebook, Twitter, Google ou autre risque de se retrouver dans les bases de données de ces plateformes à travers les données récoltées sur les sites web visités ou les publications de ses connaissances. Outre la collecte de données opérée par ces entreprises, les médias sociaux sont une mine d’informations pour quiconque – un futur employeur, un stalker ou un adversaire politique – souhaite en savoir plus sur vous ou votre entourage. Heureusement, il existe plusieurs manières de tirer les rideaux sur les médias sociaux afin d’améliorer la protection de sa vie privée.
- Sommaire du numéro 80
Actualité
Laïcité : dénoncer l’inacceptable / Eve-Marie Lacasse, Christian Nadeau et Alexandra Pierre
Élections fédérales
Tous les chats ne sont pas gris / Claude Denis
La famille conservatrice contre-attaque / Jean-Patrick Reysset
Mini-dossier : Grèves climatiques
Pourquoi faire la grève ? / Frédéric Legault
Mouvement pour le futur : grève du secondaire / Valérie Beauchamp rencontre Sara Montpetit
Mémoire des luttes
Front de Libération des Femmes : au cœur de la prison / (…) - La Gaspésie face aux enjeux du 21è siècle
Depuis 2014, le Forum régional sur le développement Gaspésie 21e offre un espace de réflexion et d’échanges entre des chercheurs·euses de différents horizons du développement régional au Québec et les intervenant·e·s du milieu gaspésien. La démarche cherche également à initier les étudiant·e·s aux questions du développement des régions du Québec.
- À petit feu
Le 22 janvier dernier, la télévision de Radio-Canada diffusait le deuxième épisode de la cinquième saison de la série Trauma. La nouvelle trame « haïtienne » de l’émission est entrecoupée d’un cas de viol : une jeune femme est amenée à l’urgence par son petit ami, inanimée, en hémorragie vaginale, le visage en apparence tuméfié. Les urgentologues soupçonnent un viol, mais la jeune femme ne se souvient de rien. On croit qu’elle a été battue, mais son visage gonfle et dégonfle à quelques (…)
- Montréal. Ville autochtone
Aujourd’hui, la majorité des Autochtones du Canada devient urbaine. Alors que cela risque de bouleverser définitivement la vision passéiste que l’on a trop souvent d’eux, j’ai souhaité rencontrer dans le cadre d’un projet photographique une dizaine de jeunes habitant à Montréal. Celles et ceux y ayant presque toujours vécu ont bien voulu m’expliquer ce qui les a retenus en ville ; celles et ceux arrivé·e·s il y a peu m’ont évoqué les raisons de leur venue et les conséquences que cela a eues sur leur vie et leur identité. Voici une partie de ce qu’il m’a été permis d’apprendre.
- Petit retour personnel sur le Forum Social Mondial 2013
Je voulais faire un modeste bilan de ma visite au Forum Social Mondial. Je le ferai encore plus modeste que prévu pour m’assurer de le publier plus rapidement.
De mes dernières journées d’ateliers, deux activités m’ont particulièrement intéressé. Il s’agit de deux ateliers où la situation en Europe occupait une place centrale. Il faut dire que je m’intéresse à la contestation des mesures d’austérité que plusieurs pays européens subissent (j’ai d’ailleurs déjà écrit au sujet du Portugal). (…) - France Charbonneau
J’ ai vu des photos d’elle. Je ne sais pas si je la reconnaîtrais dans une foule, même si son visage m’est familier. Ce que je sais d’elle, je l’ai appris dans les journaux, car on a souvent cité ses performances au cours des dernières années. Elle est fonceuse, déterminée et elle ne s’en laisse jamais imposer. Si vous lui marchez sur les pieds, vous allez la voir réagir immédiatement.
- Interdépendance des droits et des luttes
Changer notre monde pour en faire un espace où les personnes peuvent vivre libres, sans crainte de subir les caprices des élites économiques et politiques, apparaît comme une tâche infinie. Les obstacles sur la route menant aux droits et libertés se multiplient. Il suffit d’en abattre quelques-uns pour en voir se dresser d’autres.
- Alma, ville de combat !
Telle devrait devenir la devise de cette ville créative de 30 000 âmes jeannoises. Au cours des années, elle a été le théâtre de nombreux conflits et de luttes qui ont forgé son histoire. La ville d’Alma est constituée de deux pôles industriels : Rio Tinto Alcan (RTA) depuis 1943 et Produits forestiers Résolu (initialement Price) depuis 1925.
- Des centres sociaux autogérés à la lutte avec les sans-papiers en Andalousie
Militant anarchiste, travailleur social et fondateur du Bureau des droits sociaux de Séville[Voir : http://ods-sevilla.org/], Carlos S.E s’investit depuis plus de 20 ans dans divers collectifs qui partagent les principes de l’auto-organisation basée sur la gestion horizontale ainsi que la démocratie et l’action directes. Nous l’avons rencontré afin qu’il dresse un portrait de ces expériences qui prennent racine dans la transformation de la réalité socioéconomique contemporaine.
- La dette et les générations
Avec la tournée de fausse consultation du ministre des Finances portant sur le remboursement de la dette, toute une série d’associations se sont créées pour proposer plus d’équité intergénérationnelle. Or, prétendre que la dette est un problème intergénérationnel, c’est prétendre que la dette qu’auront à payer les membres de la nouvelle génération leur est laissée sans compensation et que ceux qui l’on menée à ces extrêmes, les éternels « boomers », n’ont rien fait d’autre que d’endetter la nation pour se payer de petites satisfactions fugaces et satisfaire leurs caprices du moment. La situation me semble assez différente pourtant.
- Droit à l’assurance-chômage : le combat de tous et toutes
En septembre 2022 paraissait aux éditions Écosociété le livre Trouve-toi une job ! Petite histoire des luttes pour le droit à l’assurance-chômage. À bâbord ! s’est entretenu avec Jérémie Dhavernas, avocat du Mouvement Action-Chômage (MAC) et auteur de l’ouvrage. Propos recueillis par Viviana Melisa Isaza Lescano.
- Les mouvements pour un salaire étudiant
Nous publions ici la version intégrale d’un article d’Aurélien Casta paru en version abrégée dans le magazine des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). L’auteur remercie les membres des CUTE et en particulier Annabelle Berthiaume pour leur proposition et leur relecture des différentes versions de ce texte, ainsi que Maud Simonet, Bernard Friot et Laura pour leurs suggestions.
- Pleins feux sur la violence obstétricale
Alors que l’enfantement devrait être un moment grandiose où la femme accède à toute sa puissance intérieure et à un amour plus grand que nature pour son bébé, il est loin d’être toujours idyllique. Dans trop de cas, la mise au monde d’un enfant est synonyme de manque de respect, d’interventions sans consentement, de peur, d’incompréhension, de vulnérabilité et de violence.
- La machine à écraser les droits sociaux
Au courant de 2016, le gouvernement Trudeau a modifié la réforme de l’assurance-chômage qu’avait mise en œuvre le gouvernement Harper. Mais il n’a pas touché au Tribunal de la sécurité sociale, lui aussi pensé par Harper au nom d’une simplification des procédures d’appel. Or, la machine créée par les conservateurs se révèle d’une redoutable efficacité pour décourager les chômeurs·euses de faire valoir leurs droits contre l’avis de la Commission (gouvernementale) pour l’assurance-emploi.
- Les innocentes
Coproduction franco-polonaise, le dernier long métrage de la cinéaste Anne Fontaine met en scène avec brio un drame méconnu de la Pologne occupée par les Soviétiques.
- Marinaleda : une utopie andalouse
Dans les pays touchés par la crise et les politiques d’austérité, de plus en plus d’individus dénoncent les irrationalités des modèles économiques et politiques contemporains. Certain.e.s décident de s’unir pour mettre en place un autre type de vivre ensemble.
- Le piège de l’ « autonomie »
Le 17 juin dernier, le gouvernement libéral annonçait une consultation pour le mois d’octobre dans le cadre du renouvellement de la Politique québécoise de la jeunesse. Ainsi, les acteurs et actrices désirant influencer le cadre qui coordonnera les programmes touchant à la jeunesse (15-29 ans) avaient jusqu’au 1er octobre pour consulter le document préparatoire et présenter leur mémoire au Secrétariat à la jeunesse.
- L’étranglement de la culture
La veille de la Saint-Jean-Baptiste, la ministre de la Culture annonçait des compressions de 2,5 millions de dollars au budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Joli coup bas pour les artistes : avec un peu de chance, au retour des vacances, tout sera oublié, pourrait-on croire. Mais ces coupes additionnées à d’autres auront des effets à long terme qui affecteront grandement la qualité de la vie culturelle québécoise.
- Le peuple grec, cette figure absente
Dans l’une des pires crises qu’a connues la Grèce dans son histoire récente, le peuple tient le rôle de simple figurant. Dans Le Monde, le philosophe allemand Jürgen Habermas s’indignait il y a peu de cette exclusion du peuple d’un drame où se joue pourtant son avenir : « Ce sont les citoyens, pas les banquiers, nous dit le philosophe, qui doivent avoir le dernier mot sur les questions touchant au destin européen. »
- Le Mexique, un pays sûr ?
Plusieurs, au Québec, connaissent Acapulco ou encore les belles plages de la côte du Pacifique au Mexique. Peu d’entre eux savent toutefois que cette ville touristique prisée à la fois par les Mexicains et les étrangers depuis des décennies est située dans l’État du Guerrero, où se trouve la petite ville d’Iguala, site des événements dramatiques touchant les étudiants de l’École normale Raúl Isidro Burgos de la localité d’Ayotzinapa. Cet État est l’un des plus pauvres au Mexique ; sous la pression des industries extractives, sa population s’appauvrit de plus en plus d’ailleurs. Tout comme l’Abitibi, le Guerrero a « un ventre en or », et les minières internationales, dont les canadiennes comme Goldcorp, l’ont bien compris.
- Élections montréalaises. À qui la ville ?
La campagne électorale pour les élections municipales de 2013 n’aura pas permis de dissiper un tant soit peu le scepticisme, pour ne pas dire le cynisme désormais bien enraciné à l’égard de la « classe politique » tous partis confondus. La corruption et la collusion qui touchent plusieurs villes depuis de nombreuses années montrent que les structures administratives et la démocratie existantes favorisent les jeux de coulisse, le mensonge, les luttes de pouvoir personnel ou d’intérêts, au détriment du bien commun.
- Pour le Sommet de l’enseignement supérieur
Il semble acquis que, conformément à sa promesse électorale, le Parti québécois réunira sous peu un Sommet de l’enseignement supérieur. Ce sera une occasion unique de tenir sur les cégeps et les universités québécoises cette réflexion en profondeur et sereine devenue nécessaire afin de prendre collectivement des décisions qui pourraient bien être de la plus haute importance pour l’avenir de ces institutions et pour celui du Québec tout entier.
- Le printemps érable - Ses racines et sa sève
« Qui fournit la poudre, et qui l’allumeur ?
Personne ne sait ni comment, ni où, ni quand
Nos lèvres touchent à la bouche du volcan »
— Richard Desjardins, L’engeôlière
- Survivre à Steve Jobs et à Occupy 2.0
Qui n’a pas flairé l’odeur de sainteté au décès de Steve Jobs ? Des gens recueillis devant les boutiques d’Apple, iMachin sur le cœur, relayant sur le Web 2.0 la mort du Bienheureux. « Il a non seulement changé nos vies, il a changé le monde », ânonnaient des chefs d’État. Le très branché président des USA, Barak Obama, sauveur du système technofinancier qui cherche à asservir la totalité de l’humain et du monde à ses desseins, a repris gracieusement le slogan d’Apple pour remercier Jobs : « Think different. » Ça sonne bien, la propagande progressiste est fondée sur ce slogan.
- « Oui, nous avons le soleil... »
Dans la foulée des luttes sociales qui ont explosé durant les années 1960-1970 en Occident, diverses tentatives de remettre en cause la culture dominante ont émergé, laissant, par la suite, des traces non négligeables dans les mémoires collectives. Dans ce bouillonnement des pratiques et des tendances critiques qui marquèrent cette époque, nous nous pencherons plus précisément sur la « Contre-culture » et une de ses manifestations concrètes, le mouvement des communes qui toucha aussi bien les États-Unis, le Québec que l’Europe occidentale.
- Croyez-le ou non, au Canada... Dieu est ton droit !
Au sortir du Moyen âge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit à petit, à un effritement du pouvoir et de l’influence de la religion dans les différentes sphères de la vie publique [3]. C’est ainsi que certains constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette séparation de l’Église et de l’État [4]. La religion va devenir une affaire privée [5]. Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu’en est-il au Canada ? Existe-t-il ici une franche séparation entre la religion et l’État ? Que prévoit la Charte canadienne des droits et libertés à ce sujet ? Croyez-le ou non, au Canada… Dieu est ton droit ! Voici pourquoi il en est ainsi.
- De sa pertinence dans un état laïc
Il était temps qu’une revue appartenant à la tradition progressiste québécoise décide d’accueillir une discussion portant sur le thème de la laïcité de l’État. Jusqu’à tout récemment, la gauche a généralement traité un peu trop à la légère tout débat touchant à la religion, assumant d’une manière non critique l’hypothèse d’une sécularisation « inévitable » de la société et le confinement du religieux dans la sphère des idiosyncrasies personnelles. J’aimerais y contribuer en proposant que la décision prise en 2005 d’implanter un programme obligatoire d’éthique et de culture religieuse aux niveaux primaire et secondaire constitue une invention éducative particulièrement pertinente de la part d’un État laïc occidental en ce début de siècle.
- Les 150 premiers jours du gouvernement libéral
L’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral a suscité bien des angoisses. Pour en discuter, À bâbord ! a réuni les représentants de quatre groupes importants dans notre société : Lorraine Guay, du collectif D’Abord solidaires, Molly Alexander, de l’Union des forces progressistes, Arthur Sandborn, du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN) et François Saillant du FRAPRU. Nous résumons ici – sur la base de deux grandes questions de fond – l’essentiel de leurs propos.
- Ras-le-bol en Bolivie
Rébellion populaire grandissante et renversement du gouvernement du président Sanchez de Lozada, la « guerre du gaz » montre les impasses du modèle néolibéral et le ras-le-bol des Boliviens.
- Une petite vite
Le sexe fait vendre. Mais que s’agit-il de vendre au juste ? Des produits de beauté, des chirurgies esthétiques, des régimes minceur ? De jeunes femmes et de jeunes hommes, retouchés par une multitude d’opérations chirurgicales et infographiques, sont proposés comme des standards de beauté, et ce, même quand il n’y a aucun produit à vendre. Du moins pas directement.
- La médicalisation du cycle menstruel
À Bâbord ! ouvre ses pages à la Coalition pour la santé sexuelle et reproductive. Cette série d’articles porte sur la médicalisation de la sexualité et vise à mettre en garde contre un discours et des pratiques médicales qui envahissent notre conception du corps et de la santé.
- La domination masculine
À l’âge de 19 ans, la Kabyle Nadia Zouaoui a été arrachée de force à son village de Tazmalt et mariée à un compatriote émigré au Québec. Des années plus tard, elle revient en Kabylie afin de comprendre ce qui, dans sa contrée, freine l’émancipation des femmes. C’est cette quête de sens que met en scène le documentaire Le voyage de Nadiaqu’elle vient tout juste de réaliser avec Carmen Garcia (Argus Films et ONF, 2006).
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
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