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- Un mouvement de résistances
Jean-Yves Joannette travaille et milite dans les milieux populaires et communautaires autonomes depuis une trentaine d’années. Il a débuté au Comité Logement Centre-Sud, et il a été le premier coordonnateur du Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ) au début des années 80. Depuis une douzaine d’années, il est permanent à la Table des regroupements d’organismes volontaires d’éducation populaire (TROVEP) de Montréal. Il a contribué à la mise sur pied de plusieurs coalitions dont J’ai jamais voté pour ça ! Il est aussi reconnu pour son travail d’animateur ou de monologuiste lors de manifestations ou de colloques.
- Splendeurs et misères de l’autonomie
Dans la conscience que les organismes communautaires québécois ont d’eux-mêmes, leurs actions contribuent à la transformation sociale de la société dans l’optique d’une plus grande justice sociale en autant qu’ils reçoivent la reconnaissance par la puissance publique du statut d’autonomie. Mais autonomie envers quoi ? Envers cette même puissance publique, l’État, qui doit lui remettre, cependant, les clés de son autonomie par l’entremise de subventions publiques sans contrepartie. Formidable ambiguïté ! Subventions qui, faut-il le rappeler, servent aussi à donner une relative autonomie au monde communautaire vis-à-vis la charité intéressée du monde des affaires. Et, si le retour en arrière ne fait pas peur, il est bon de réfléchir sur le fait que l’histoire des organismes communautaires commence, dans les années 60, par une action qui tend à s’affranchir du maillage de l’Église.
- Du salariat au précariat en milieu communautaire
Le mouvement communautaire est en mutation. Dans le cadre de contrats nommés Partenariats Public – Communautaire (les PPC), des groupes sont appelés à fournir des services qui relevaient traditionnellement du « service public ». Qu’arrive-t-il aux groupes dans ce contexte ? Pour le savoir, il faut regarder la politique gouvernementale et le vécu de ces groupes qualifiés de partenaires de l’État.
- Le communautaire en grève !
Le 7 février, les organismes communautaires étaient en grève. Cette journée a marqué le début d’une intensification des mobilisations du milieu communautaire qui se poursuivront jusqu’au dépôt du budget provincial à la fin mars. Pour mieux comprendre leurs revendications et leurs stratégies, À bâbord ! s’est entretenue avec deux délégué·e·s du Front régional de l’action communautaire autonome (FRACA).
- Le mouvement communautaire dans les mailles des regroupements
Le mouvement d’action communautaire autonome, composé à la base de militantes et de militants, a puissamment contribué aux avancées sociales des quarante dernières années au Québec. Bien que son apport demeure encore largement sous-estimé, ce mouvement est sans conteste l’un des acteurs sociaux les plus importants et parmi les plus progressistes du Québec. Mais selon Bertrand Loiselle, celui-ci ferait aujourd’hui bien mauvaise figure : les groupes lorgnant de plus en plus vers la prestation de services, et ce, au détriment de leur mission de transformation sociale. Point de vue d’un militant sur les causes de ce glissement.
- Syndicaliser le communautaire, naturel ou pas ?
Être syndiqué·e ou se syndiquer comme travailleur·euse du communautaire soulève plusieurs débats dans le milieu. Pourtant, il devrait s’agir d’un geste assez naturel, tous et toutes partageant en principe les mêmes valeurs. L’action communautaire autonome, les travailleur·euses et le mouvement syndical ont tout à gagner de cette alliance.
- Communautaire et féminisme : espace d’égalité pour un monde juste
Les garderies populaires devenues des CPE, des maisons de la famille devenues des organismes communautaires, des groupes d’entraide devenus des centres d’éducation populaire. Des idées ayant émergé de groupes de femmes soucieuses de répondre aux besoins des familles, du quartier, du village, de la région, du Québec tout entier. C’est aussi ça, le mouvement communautaire québécois qui s’est bâti depuis les années 1960.
- L’action communautaire. Des pratiques en quête de sens
Henri Lamoureux, L’action communautaire. Des pratiques en quête de sens, VLB, Montréal, 2007.
- Ripostes : les voix du communautaire
En février 2025 voyait le jour Ripostes, une plateforme médiatique dédiée au milieu de l’action communautaire autonome québécois. À bâbord ! est allé à la rencontre de l’une de ses instigatrices. Propos recueillis par Samuel Raymond.
- Action communautaire : dérives et possibles
Eric Shragge, Action communautaire : dérives et possibles, Écosociété, Montrèal, 2006.
- Action communautaire autonome et philanthropie : une relation tendue
La question de l’autonomie des groupes communautaires soutenus par la philanthropie soulève des débats au Québec depuis plus de 15 ans. Ces débats sont notamment liés à l’arrivée dans le paysage d’un acteur philanthropique doté de ressources financières considérables et d’une influence notable : la Fondation Lucie et André Chagnon (FLAC). Cette fondation a été le premier avatar québécois d’un nouveau type de philanthropie élitaire privée que j’appelle « philanthropie d’investissement », mais (…)
- Un PPP communautaire forcé en Estrie ?
Après plusieurs années de lutte, les organismes communautaires du Québec ont obtenu en 2001 une politique de reconnaissance de l’action communautaire autonome par le gouvernement du Québec et l’engagement d’un soutien financier accru. Ce « soudain » intérêt de l’État pour les organismes communautaires découle aussi (en grande partie diront certains) du désengagement social de l’État. L’État se tourne vers ces organismes puisqu’ils demeurent les plus près de la communauté tout en étant à « (…)
- Centraide. Quand les fondations disciplinent le communautaire
Vous êtes nombreux et nombreuses à donner chaque année à Centraide du Grand Montréal. Depuis 2010, cette fondation régionale a pourtant grandement changé et s’est progressivement alignée sur les autres fondations privées qui forment le paysage philanthropique québécois, causant de fortes tensions avec les organismes subventionnés.
- Le communautaire contre-attaque
Après la grève de l’automne dernier à travers tout le Québec, 2017 sera encore une année de mobilisation pour les organismes d’action communautaire autonome, avec plusieurs actions qui se tiennent au mois de février.
- Milieu communautaire. De l’éclatement au rassemblement
Le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et de la condition féminine (CDEACF) est une bibliothèque qui privilégie les savoirs et l’apprentissage dans des domaines particuliers. Comme toutes les bibliothèques, il fait de la curation, c’est-à-dire qu’il sélectionne et diffuse des contenus textuels ou multimédias axés sur les centres d’intérêt d’une communauté.
- Grève sociale dans le communautaire : écoeuré·es d’être méprisé·es
L’OPDS existe depuis 1980 et a toujours fait de la défense des droits à l’aide sociale son cheval de bataille. Avec les années, la lutte par des actions d’éclat est devenue notre façon de faire pour reprendre un espace public où les personnes à l’aide sociale et en situation de pauvreté sont invisibilisées. En juin 2023, lors de l’assemblée annuelle des militant·es de l’OPDS, nous avons voulu mettre encore plus de pression en mobilisant les groupes communautaires et de la société civile pour une grève sociale d’une semaine qui s’est tenue en avril 2024.
- Logement social avec soutien communautaire
François Roy, avocat dans l’Outaouais, est connu pour son incessant travail de militant, notamment comme responsable d’un organisme très actif de défense des droits du logement dans la région : Logemen’occupe. Un organisme dont il a cherché à bonifier le mode d’intervention traditionnel en le dotant, depuis 1995, d’un nouveau volet : la promotion de logements sociaux avec soutien communautaire.
Pour original qu’il soit, son projet n’en a pas moins soulevé critiques et débats. Obligeant beaucoup, à gauche, à s’interroger sur la portée réelle de ces nouvelles orientations. Ne s’y dessine-t-il pas pourtant des pistes d’intervention prometteuses ? Pour ouvrir le débat, nous l’avons rencontré.
- Une présence incontournable
Il en va des organismes communautaires en Gaspésie comme du chapelet de villages qui longent les centaines de kilomètres de côtes de notre vaste région : ils sont nombreux, plus de cent, et ils ont chacun leurs couleurs, leurs accents, leurs défis, leur succès. Leur grand nombre démontre la vitalité des communautés, la culture d’entraide typique de la région.
- Justice climatique : les groupes communautaires au front !
Au printemps 2019, le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (RÉPAC 03-12) a décidé de se pencher sur les liens entre la justice sociale et la crise écologique.
- Milieu communautaire : à quoi sert l’évaluation ?
Parler de l’évaluation n’est pas une chose simple : celle-ci est liée au contexte dans lequel elle est évoquée, de la compréhension que chacun en a et de l’utilisation qui en est faite. Dans le milieu communautaire, cette question éveille des sentiments ambigus où intérêt et méfiance se côtoient. Lorsque évoquée par un bailleur de fonds, l’évaluation inquiète et provoque toutes sortes de craintes. En revanche, lorsqu’elle émerge du milieu lui-même et qu’elle est conçue comme un outil favorisant la réflexion et l’apprentissage autour des pratiques des groupes, alors elle semble aller de soi.
- Une retraite à l’abri de la pauvreté
Les salariéEs du milieu communautaire et des groupes de femmes auront oeuvré au mieux-être de leurs concitoyenNEs tout au long de leur vie professionnelle pour se retrouver bien souvent, à leur retraite, avec des revenus sous le seuil de la pauvreté. Le régime de retraite par financement salarial des groupes communautaires et de femmes est une réponse adaptée à leurs besoins.
- Agir par l’imaginaire
Vous avez probablement entendu parler, au printemps dernier, d’Agir : Art des femmes en prison, une exposition réalisée grâce à un travail collaboratif entre 8 artistes professionnelles et 49 femmes incarcérées dans deux établissements pénitenciers, une maison de transition et un institut psychiatrique. Le projet a permis aux participantes d’explorer leur expérience de vie, mais revisitée à partir d’une interrogation sur les liens entre la pauvreté, l’exclusion et la criminalisation. Deux (…)
- Saguenay - Nitassinan : les anarchistes repensent le communautaire
Depuis environ huit ans, à Saguenay, sur les territoires volés du Nitassinan [1], le Collectif Emma Goldman met de l’avant le principe de l’Action sociale anarchiste, une approche alternative de l’intervention sociale et communautaire. Nous vous présentons ce que nous avons tissé au fil de nos discussions, expériences pratiques et réflexions collectives.
- Constitution d’un mouvement
Dans la foulée de la « Révolution tranquille », où l’on assiste à la modernisation de l’État et de la société québécoise, on voit, en parallèle, des couches de citoyens et citoyennes marginalisés par le système politique et économique tenter de s’organiser sur leur propre base. Constitués dans les limites des paroisses des grandes villes, ces groupes exerçaient des pressions pour résoudre des problèmes quotidiens très pointus. Très rapidement, les comités de citoyens vont déborder cet espace (…)
- Comment se vit l’éducation populaire autonome ?
Pour illustrer concrètement une démarche d’éducation populaire portée par la base, À bâbord ! a sollicité l’organisme communautaire Atout-Lire. Ce groupe populaire œuvre en alphabétisation depuis 1982 et il est né des besoins exprimés par des membres du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur à Québec.
- Le droit de défendre nos droits
Depuis un peu plus d’un an, les groupes de défense collective des droits font l’objet d’une campagne de dénigrement et de remise en question du financement que leur verse l’État québécois pour accomplir leur mission. S’il semble acceptable que des groupes communautaires soient subventionnés pour accomplir à un coût moindre la mission de l’État auprès des plus démuniEs, il n’en va pas de même pour les groupes dont la mission principale est de défendre nos droits.
- Logement social : des leçons européennes d’ambition
Le 29 et 30 mai derniers ont eu lieu les Journées d’étude « Perspectives internationales sur le logement social et communautaire » au Palais des congrès de Montréal. Près de 400 acteur·rices du milieu québécois de l’habitation se sont réuni·es pour s’inspirer de modèles de financement éprouvés à l’international et repenser le système québécois pour le rendre plus performant, plus résilient et garantir sa pérennité.
- Fonds de solidarité des groupes populaires de Québec
Outre son drôle de comportement électoral, la région de Québec est également le théâtre de pratiques sociales originales. L’une d’elles, qui vise une plus grande autonomie financière du mouvement populaire, dure depuis plus de 30 ans.
- Manuel d’antispéculation immobilière – Une introduction aux fiducies foncières communautaires
Manuel d’antispéculation immobilière – Une introduction aux fiducies foncières communautaires, sous la direction de Johan Emmeus Davis, Montréal, Écosociété, 2014, 216 p.
- Coupes en santé mentale
Une femme souffrant de lourds problèmes de santé mentale bouleverse l’activité de groupe d’un organisme communautaire. Une autre, sous l’effet d’une forte médication, peine à suivre les propos de l’animatrice. Normalement, ces femmes devraient être suivies dans le réseau de la santé. Or, ce n’est souvent pas le cas et ce genre de scène est devenu monnaie courante dans les groupes de femmes du Québec. C’est ce que constate le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF) dans la recherche Santé mentale au Québec : les organismes communautaires de femmes à la croisée des chemins.
- Pointe Saint-Charles : un quartier, des femmes, une histoire communautaire
Le Collectif Courtepointe, Pointe Saint-Charles : un quartier, des femmes, une histoire communautaire, Les Éditions du Remue-Ménage, Montréal, 2006
- Pour des structures syndicales plus inclusives
À l’évidence, depuis plusieurs années, le monde du travail est en mutation. Les questions suivantes se posent donc : comment rendre les structures syndicales plus inclusives ? Comment favoriser l’implication des personnes issues des minorités visibles dans les syndicats ?
- Quand le privé contrôle les infrastructures
Au cours des derniers mois, les firmes de génie-conseil québécoises ont fait les manchettes. Ce fleuron du Québec Inc., qui exporte son expertise partout dans le monde, fait toutefois principalement parler de lui en raison d’histoires de copinage avec des élus pour l’attribution de contrats sans appel d’offres. Cet état de fait n’est pas étonnant lorsqu’on remarque l’importance que ces contrats ont prise ces dernières années. Les firmes de génie-conseil sont partout. Les noms des plus grosses firmes sont connus : SNC-Lavallin, Roche, Axor, Dessau, BPR, GENIVAR, etc. Il s’agit là des principales entreprises, qui raflent la majorité des contrats d’infrastructures au Québec.
- Le mouvement communautaire autonome
Que ce soit dans des domaines aussi divers que celui de la santé, de l’environnement, des communications ou des loisirs ; que ce soit auprès des jeunes, des femmes, des personnes immigrantes ou des locataires, plusieurs milliers d’organismes communautaires au Québec œuvrent sur une base quotidienne à tenter d’améliorer la qualité de vie des populations souvent les plus défavorisées et/ou discriminées. Chacun selon sa mission, ces organismes travaillent à la réalisation de leurs objectifs (…)
- Réformes et contre-réformes en éducation
En réaction aux résultats catastrophiques, réels ou appréhendés, des élèves du Québec aux épreuves de français, la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, annonçait le 6 février 2008 un train de 22 mesures en cinq axes pour corriger, espérait-elle, les ratés de nos services éducatifs en français. Parmi ces mesures, on trouve la révision du programme de français et l’accroissement du niveau de préparation en français de tous les enseignants. Depuis cette annonce, la déjà ex-ministre de l’Éducation a réformé la réforme, du moins partiellement, au soulagement et à la réjouissance de nombreux citoyens. Mais y a-t-il vraiment lieu de se réjouir ou plutôt de quoi doit-on se réjouir ? Et à quelle aune doit-on mesurer la valeur de cette contre-réforme ? Pour répondre à ces questions, le passé, pas si lointain, permettra de jeter un nouvel éclairage sur cette contre-réforme et donnera, nous l’espérons, une autre perspective sur les récents événements politiques en matière d’éducation.
- Une histoire sans mémoire
À la fin de sa vie, le poète Gilbert Langevin aimait lancer à la cantonade la question : « Quelle est la devise du Québec ? », à laquelle il s’empressait de répondre : « Je ne m’en souviens plus ». Langevin témoignait ainsi, à sa manière, de ce que peut avoir de problématique – et parfois de douloureux – le rapport que nous entretenons avec notre passé. Le vacarme entendu cet été autour du Moulin à paroles nous le rappelle encore, de même que ces vives querelles suscitées par les programmes d’enseignement de l’histoire au primaire et au secondaire. Depuis des années en effet, ces programmes sont vertement dénoncés par de nombreux observateurs, qui les jugent profondément déficients. Réunis en une Coalition pour l’enseignement de l’histoire au Québec, ces opposants commencent à se faire entendre. Pour mieux comprendre les nombreux enjeux qui se nouent ici, j’ai interrogé l’un d’eux, Robert Comeau, historien et professeur associé à l’UQAM. M. Comeau dirige en outre le Bulletin d’histoire politique.
- Partis sur une baloune
Le 19 novembre 2004, le Syndicat des employées de magasins et de bureaux de la Société des alcools du Québec (SEMB/SAQ) déclenche une grève générale illimitée qui durera beaucoup plus longtemps que ne l’avaient prévu les dirigeantes du syndicat, ceux de la SAQ et les citoyennes du Québec. Comment en est-on arrivé là ?
- Pourquoi s’en priver ?
Le rapport Ménard pave la voie à une rupture sociale. En effet, si les jeunes n’ont plus à payer pour les services de santé des vieux, pourquoi les vieux paieraient-ils alors des impôts pour financer les garderies et des taxes scolaires pour financer le système d’éducation ? Dans la même veine, pourquoi financer des services publics quand les groupes communautaires ou d’économie sociale peuvent prendre le relais à rabais ?
Les groupes communautaires sont nés de la volonté des citoyens et (…) - Expulsions. La campagne pour le « right to counsel » à New York
Les locataires sont souvent sans défense devant les expulsions. On a même souvent l’impression que le système judiciaire joue contre eux. Pourtant, la campagne pour le Right to Counsel (ou pour l’aide juridique) à New York montre qu’il peut en être autrement.
- Coupes à blanc dans la culture
Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur, nous assistons à diverses coupes budgétaires qui visent à transformer ou à mettre fin au financement de nombreux organismes de la société civile. Ces coupes se succèdent à un rythme si rapide, et affectent tellement de domaines, qu’il est difficile de bien comprendre les transformations inévitables que cela provoquera sur l’expression même de la démocratie au Canada. Dans le but de cerner les effets directs des récentes coupes fédérales, dans le milieu de la culture plus particulièrement, nous avons choisi de nous concentrer sur l’abolition du seul et unique programme de financement voué aux arts et à la diversité culturelle au Canada.
- L’aide alimentaire, un garrot pour les plus vulnérables
Les organismes d’aide alimentaire du Québec n’ont jamais été sous une telle pression. On peut s’étonner qu’autant de gens ne puissent pas se nourrir par leurs propres moyens dans une société supposément riche comme la nôtre. Pourtant, le coût élevé des aliments, d’une part, et la crise du logement, d’autre part, laissent peu de choix aux plus vulnérables de notre société. Et ces derniers ne sont pas toujours ceux que l’on croit.
- Un régime novateur, qui peut faire école
À la suite de l’introduction, en 2007, d’une nouvelle réglementation québécoise, Relais-femmes et le Centre de formation populaire, avec l’appui du Service aux collectivités de l’UQAM, ont alors pris l’initiative de créer le Régime de retraite par financement salarial des groupes communautaires et de femmes (RRFS-GCF). Mis en place en octobre 2008, ce régime regroupe, au printemps 2014, plus de 4 000 personnes participantes travaillant chez 493 employeurs différents. Ses actifs dépassent 23 millions $.
- Raviver l’utopie au Royaume !
Deux nouvelles initiatives populaires ont vu le jour au cours de la dernière année au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L’une dans l’ancienne ville de Chicoutimi, l’autre dans la capitale jeannoise, la ville d’Alma.
- Pour un plan national de lutte à la pauvreté !
À l’occasion de la sortie de son numéro portant sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean, tout le collectif de rédaction d’À bâbord ! traverse le parc des Laurentides lors de la fin de semaine du 16-17-18 juin. Nous présenterons donc sur place notre plus récent numéro, à Chicoutimi le 16 juin et à Alam le 17. Tous les détails ici.
Au plaisir de vous y trouver !
- Concertation et partenariat
Denis Bourque, Concertation et partenariat, Québec, PUQ, 2008, 142 p.
- Programmer le désastre - La politique israélienne à l’oeuvre
Michel Warschawski, Programmer le désastre - La politique israélienne à l’œuvre, Paris, La Fabrique, 2008, 76 p.
- Resisting across borders : Hindu Fascism, Xenophobia, and Diasporic Solidarity
As Hindutva extends its influence to North America, forges alliances with Canadian conservatives, and hijacks discourses on multiculturalism and racism for its own ends, the SADAC is organizing a response by building local and transnational solidarity. À Bâbord ! met with them. Transcribed by Louise Nachet.
NDLR. Cette article est la version anglaise de l’entrevue parue dans notre numéro 107.
- Le programme "Bleu, Blanc, Bouge"
Au Canada, les problèmes de surpoids et de manque d’activité physique deviennent de plus en plus alarmants. En effet, selon une enquête menée par Statistique Canada et publiée en 2011, 85 % des adultes et 93 % des enfants et des jeunes Canadiens n’atteignent pas le niveau minimal quotidien d’activité physique nécessaire pour maintenir une bonne santé et un bien-être satisfaisant (Statistique Canada, 2011). Selon le Canada’s House of Commons Standing Committee on Health, le Canada présente l’un des plus hauts taux d’obésité infantile du monde dit développé et se classerait au 5e rang parmi les pays de l’OCDE.
- Une culture de l’inculture
Les enseignants et leurs élèves évoluent au sein d’un système éducatif qui préconise, en théorie, un accès à la culture pour tous. Le programme de formation de l’école québécoise du ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) privilégie le rehaussement culturel des disciplines et des matières à enseigner. Comment expliquer que de jeunes Québécois – de milieux défavorisés, entre autres – n’aient encore jamais mis les pieds dans un musée ? Le chemin pour y arriver semble semé d’embûches. Il est temps d’affirmer un réel plaidoyer pour la culture dans l’éducation.
- L’avenir du système de santé québécois
Selon Antonio Gramsci, il faut comprendre le rôle des intellectuels dans l’organisation de la vie collective non pas à partir de la définition du type de travail que ces acteurs effectuent, mais plutôt selon la fonction qu’ils occupent au sein de la société. Ainsi, en tant que composante de la société civile, ces intellectuels contribuent par la production des idées à la création d’un bloc culturel hégémonique qui alimente la pensée dominante et assure la légitimité du discours des autorités (…)
- Un fusil dans la main, un poème dans la poche
Emmanuel Dongala, Un fusil dans la main, un poème dans la poche, Paris, Le Serpent à plumes, coll. « Motifs », 2003, 396 p.
- Les communs pour une souveraineté alimentaire
Partout au Québec émergent des îlots de projets alimentaires alternatifs et collectifs qui s’inscrivent dans l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire. Sont-ils les prémices de l’émergence de systèmes alimentaires de communs ?
- Le philanthro-capitalisme : l’extension du ruissellement
La théorie du trickle-down effect, ou ruissellement économique, prônée dans les années 1980 aux États-Unis puis dans de nombreux pays acquis au tournant néolibéral, soutient qu’un système économique et fiscal qui profite aux plus riches serait bénéfique pour tou·te·s, via la consommation et les investissements des premier·ère·s : les bons effets « ruisselleraient » jusqu’aux catégories sociales inférieures. Cette théorie a été largement battue en brèche, avec une hausse des inégalités (…)
- Saint-Valérien. De la saine réintégration du politique dans le social
Contrairement à plusieurs villages ruraux, la municipalité de Saint-Valérien résiste à la dévitalisation. Chaque année, de nouveaux ménages s’y installent et les initiatives citoyennes foisonnent, appuyées par les élu·es municipaux. Si bien que des gens d’un peu partout font la route pour venir comprendre le secret des irréductibles Valérienois·es.
- Un État social unitaire de droit, plurinational et communautaire
Le samedi 7 février 2009, le président bolivien, Evo Morales Ayma, d’origine ayamara, promulguait la nouvelle Constitution politique de l’État, en présence de Rigoberta Menchu (Guatémaltèque et prix Nobel de la paix en 1992), du Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, des forces armées, de la marine, de la police, de représentants de la nation bolivienne, de ses 36 peuples indigènes d’origine [2] et de plusieurs pays d’Amérique centrale et du Sud. Environ un million de personnes ont participé et assisté à cette cérémonie imprégnée de dignité et de fierté, celles de créer un nouveau pays par cette Constitution.
- Quand la prévention se transforme en contrôle social
La prévention en santé publique s’organise désormais autour d’une vision épidémiologique des problèmes sociaux, orientant les interventions de l’État vers des « clientèles » ciblées, afin de contrôler les coûts pour la société des risques liés à des comportements individuels « déraisonnables » et à des habitudes de vie « suspectes ». Les organismes communautaires œuvrant en santé et en services sociaux sont sommés de s’intégrer à cette démarche.
- Bâtiment 7 – Victoire populaire à Pointe-Saint-Charles
Bâtiment 7 – Victoire populaire à Pointe-Saint-Charles, La Pointe libertaire, Montréal, Écosociété, 2013, 108 p.
- Mémoire de Jeanne Lapointe
Je rencontrai Jeanne Lapointe pour la première fois au cours de l’automne 1978. Elle m’invitait à donner une conférence sur « l’écriture et la féminité » dans le cadre des activités qu’elle dirigeait alors au sein du RFUL de l’Université Laval. J’avais peu publié, mais ce peu suffisait à Jeanne pour me situer « du bon côté des choses », comme elle me dit au téléphone en me priant de venir parler à ses étudiants, nombreux. Pas seulement à ceux et celles qui se tenaient avec nous dans le (…)
- C’est la lutte fiscale
L’État-clochard ne se connaît plus d’ambition ni d’autorité. Les motivations ayant jadis présidé à l’élaboration des infrastructures et institutions publiques — l’élaboration d’un bien commun garanti par l’État — ont été perdues de vue. Ces dernières se sont donc érodées. Le principal symptôme de cette impuissance se révèle l’incapacité du fisc à faire autorité auprès des puissances financières.
- Un grand défi pour les anglophones
Le comité d’action sociale anglophone (CASA) aide les jeunes anglophones de la péninsule gaspésienne grâce à son programme Compass. Ce programme vise à aider les anglophones de 12 à 35 ans pour qui accéder au marché du travail présente toutes sortes de difficultés.
- Toujours plus précaires
Cela fait plus de 30 ans que les militant·e·s et les chercheurs·euses documentent la vulnérabilité accrue et l’exploitation engendrées par les Programmes de travailleurs étrangers temporaires (PTET) au Canada.
- Les mouvements pour un salaire étudiant
Nous publions ici la version intégrale d’un article d’Aurélien Casta paru en version abrégée dans le magazine des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). L’auteur remercie les membres des CUTE et en particulier Annabelle Berthiaume pour leur proposition et leur relecture des différentes versions de ce texte, ainsi que Maud Simonet, Bernard Friot et Laura pour leurs suggestions.
- Savoirs autochtones. Les minéraux critiques de la recherche universitaire
Après avoir été choquée d’en apprendre sur ma propre culture dans les écrits d’anthropologues blancs, j’ai découvert la recherche communautaire et j’ai travaillé avec des chercheuses qui entretenaient des relations de longue date avec des organismes autochtones. Ces années formatrices ont éveillé en moi le désir de travailler auprès des communautés autochtones et de consacrer mon énergie à organiser, à mobiliser, à soutenir, à honorer, à apprendre, à défendre les intérêts de personnes animées du même esprit que moi. Cette démarche s’inscrit en faux contre l’extractivisme épistémique (des savoirs) dont est héritier le milieu de la recherche universitaire.
- Les réseaux d’échange locaux
L’économie est l’activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et de services. L’économie ne se résume pas aux opérations commerciales ni aux transactions financières, mais couvre les mécanismes utilisés pour accéder à un bien ou un service, que la monnaie serve à faciliter l’échange ou non. Or, il est plus que temps de redonner un sens éthique à l’économie pour en extraire la cupidité et le droit d’exploiter autrui.
- Défis des lieux de diffusion engagés
Camille Caron Belzile est une entrepreneure sociale préparant un mémoire en recherche-création qui portera sur son expérience au Café l’Artère, dont elle est cofondatrice et actuelle coordonnatrice. Le café a pignon sur rue au 7000 avenue du Parc, à Montréal. Il fêtera ses cinq ans d’existence le 16 juillet prochain.
- Mobiliser pour un quartier chinois inclusif
L’histoire du quartier chinois de Montréal remonte à plus de cent-quarante ans. Une maison, un refuge pour plusieurs communautés, le quartier a vu les changements s’accélérer dans les dernières années. Après la pandémie de COVID-19 qui a durement malmené sa vie culturelle, ses commerces et ses institutions, un essor rapide de la spéculation immobilière a forcé la communauté du Chinatown à lutter pour la préservation de son héritage afin de pouvoir y construire un avenir. À bâbord ! est allé à la rencontre de deux militant·es afin de dresser un portrait sommaire des gains et des défis auxquels fait face la lutte pour sauver le quartier chinois.
Propos recueillis par Caroline Brodeur et Samuel Raymond.
- Le stade du coin de la rue
Il est gros. Il a coûté cher. On aimerait bien collectivement mettre le pic dedans, tout en sachant bien qu’on ne peut pas : ce serait plus cher encore, et puis que mettrait-on à la place ? De toute façon, n’est-ce pas délicieusement gros ? La seule construction qui atteigne ce niveau de démesure dans la province entière. On en parle comme d’un équipement métropolitain. Les rapports d’enquête, d’étude, de faisabilité vous le diront tous : le plus gros stationnement intérieur de l’Est du Canada. Peut-être même du Nord-Est de l’Amérique. BIG !
- Abitibi-Témiscamingue : toujours vigilante !
Des Réseaux de Vigilance, regroupant associations étudiantes, groupes communautaires, féministes ou écologiques et syndicats, se sont formés dans presque toutes les régions du Québec pour affronter le gouvernement Charest qui, nouvellement élu en 2003, attaque directement les acquis syndicaux et sociaux par un certain nombre de lois. Cette mobilisation passionnée des forces militantes du Québec, même si elle n’a pu bloquer l’adoption de ces lois, a exercé incontestablement une influence modératrice sur les visées belliqueuses du gouvernement libéral. Or, le réseau national devrait faire le post mortem des réseaux qui se sont peu à peu défaits au fil du temps, chacun retournant à ses préoccupations particulières. Pourtant, dans certaines régions, comme l’Abitibi-Témiscamingue, des militantes réussissent heureusement à maintenir vivant ce réseautage : comment et pourquoi ?
- Alerte rouge : brain gym
Les personnes qui lisent cette chronique s’en souviendront peut-être : j’ai suggéré d’appeler « légendes pédagogiques » des croyances relatives à l’enseignement qui n’ont aucune base rationnelle ou empirique, mais qui fleurissent néanmoins en éducation ; notamment, il me semble, parce qu’elles sont rassurantes, qu’elles confortent des positions très répandues dans ce milieu et qu’elles en embrassent les valeurs. Ce sont, en fait, les légendes urbaines de la pédagogie.C’est de l’une de ces légendes que je souhaite vous entretenir cette fois, avec autant d’empressement que les pratiques qu’elle (moyennant finances) promeut ont commencé à faire leur entrée au Québec et que les parents comme les enseignantes et enseignants doivent être mis en garde.
- Arguments contre une propagande
Quiconque se conçoit comme ouvert et vertueux se plaît à répéter que l’étude des religions à l’école ne peut faire de tort à personne, puisque cela contribue à la culture générale et permet de mieux connaître la culture des immigrants. Ces lieux communs aux fondements douteux confortent la complaisance envers un cours dont l’implantation massive constitue non seulement un détournement parfaitement planifié du processus de laïcisation du système scolaire québécois, mais fait aussi la promotion de la « laïcité ouverte », concept à lourde charge idéologique dont l’objectif avoué est de favoriser le retour du religieux dans l’ensemble des institutions publiques.
- Le budget carbone du Québec
Tous les ans, dans les mois qui précèdent le dépôt des budgets gouvernementaux à Ottawa et à Québec, nous avons l’habitude de revivre un psychodrame sur l’état de nos finances publiques. Y aura-t-il ou n’y aura-t-il pas de déficit ? Est-il possible d’effectuer des compressions dans tel ou tel service de l’État ? Toutefois, jamais il n’est question de l’autre déficit que partage pourtant l’ensemble des pays « développés », soit le déficit carbone. Bon an mal an, le Québec se retrouve pourtant avec un déficit carbone de 11,3 mégatonnes de CO2, dans l’indifférence quasi générale.
- Du céleri pas cher... aux frais des travailleurs migrants
Cela fait déjà au moins 60 ans que l’on observe une augmentation du nombre de fermes industrielles au Québec, une augmentation qui se fait aux dépens des fermes familiales. Cependant cette tendance a été exacerbée par le libre échange. Dans le secteur horticole (production des fruits et légumes), l’utilisation de la main-d’œuvre demeure intense. Un des ingrédients nécessaires à la consolidation agroindustrielle du secteur horticole est donc la disponibilité de nombreux travailleurs précaires disposés à accepter les conditions de travail difficiles de ce secteur. Les grandes fermes ont besoin de travailleurs just-in-time [en flux tendu] – et le Programme fédéral des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) répond à ce besoin.
- Une charge antisyndicaliste
Nous publions ici la communication que l’auteur a donnée à la Journée de formation contre les politiques du gouvernement Harper organisée par le Conseil régional du Montréal métropolitain de la FTQ le 18 mars 2013.
- Le discours sur l’endettement
Nos élites politico-économiques viennent de tirer la sonnette d’alarme : le taux d’endettement des Canadiens risque de replonger le pays dans une crise financière semblable à celle qui a frappé les États-Unis en 2008. Le ratio de la dette des ménages canadiens par rapport à leur revenu a atteint le niveau record de 148,1 %, taux qui dépasse celui des Américains qui se situe maintenant à 147,2 %. Selon Mark Carney, « La turbulence que traverse l’Europe en ce moment nous rappelle que la crise n’est pas terminée, mais qu’elle vient simplement d’entrer dans une nouvelle phase. Dans un monde submergé par les dettes, l’assainissement du bilan des banques, des ménages et des pays exigera des années. Par conséquent, le rythme, le profil et la variabilité de la croissance à l’échelle du globe se modifient, et le Canada doit s’adapter [3].
- Danemark. Vivre en commun
Le quartier de Christiania est un district semi-indépendant, anarchiste et contre-culturel de Copenhague où vivent quelques centaines de résident·e·s. Fondé en 1971 sur un terrain anciennement utilisé par l’armée, il comprend aujourd’hui plusieurs maisons et commerces – incluant la vente de cannabis et de haschisch, ce qui attire nombre de touristes, faisant ainsi ombrage à l’expérience de vie communautaire et démocratique que tentent les personnes qui y vivent.
Christiania n’est pas la seule expérience de vie collective alternative au Danemark. Près de la ville d’Odense, on en trouve une autre, plus petite et discrète mais non moins fascinante : Solens Hjerte (« cœur du soleil »). Sur un terrain un peu éloigné du centre de la ville se trouvent quatre magnifiques demeures où vit une communauté d’une quarantaine de personnes.
- Montréal-Nord Republik : un mouvement dans les quartiers gris
En plus du mouvement étudiant, syndical, féministe, communautaire ou écologiste, la gauche québécoise pourrait compter sur une nouvelle forme de mouvement social dans les années 2010 : le mouvement des périphéries urbaines.
- Ficher les citoyens ?
Depuis plusieurs années déjà, les gouvernements qui se sont succédés à Québec ont dans leurs cartons l’informatisation du réseau de la santé et des services sociaux. L’adoption récente de la Loi 83 a sanctionné la mise en place de réseaux informatiques permettant de colliger les informations sur les citoyennes et les citoyens qui utiliseront ces services.
- Résistances et médias alternatifs *
« Il ne peut y avoir de véritable progrès social au Québec sans un journal qui traite des problèmes du peuple »
– Michel Chartrand - S’opposer à l’idéologie réactionnaire
L’idéologie réactionnaire occupe de plus en plus d’espace, au Québec et ailleurs, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les grands médias ou dans la politique.
- Le Conseil de Presse du Québec salue une pièce d’anthologie
« Pour en brosser un tableau à gros traits, dans l’ensemble, les médias adorent être attaqués par la droite : ils adorent qu’on leur reproche d’être subversifs, d’être hostiles, d’aller si loin dans leur passion de saper le pouvoir qu’ils en détruisent la démocratie, et ainsi de suite. (...) Et la raison pour laquelle ils aiment tant ça est claire : c’est qu’alors, ils peuvent répondre (...), « il est vrai que nous sommes parfois allés trop loin dans notre zèle anti-establishment, mais c’est le prix à payer dans une société libre. » Cela fait de très bonnes copies.
Par ailleurs, s’ils sont critiqués par l’autre bord, qui dit : « Voyons, vous faites sans doute votre travail avec intégrité, mais vous êtes très soumis au pouvoir, souvent jusqu’à la servilité, par le choix de vos sujets, par la façon dont vous les mettez en forme et par les points de vue que vous adoptez », ça, ils détestent. »
– Noam Chomsky [4]
- L’école au service de la classe financière
En mars 2017, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, s’empressait de modifier le régime pédagogique pour rendre obligatoire un cours d’éducation financière d’une durée de 50 heures en 5e secondaire, plaidant la nécessité d’outiller les jeunes pour leur permettre « d’exercer leur jugement et de développer leur capacité à prendre position sur des enjeux financiers ».
- Le cégep, une parenthèse ?
Les cégeps existent depuis 50 ans. On en oublie ce que cette institution a d’original et de généreux.
- Le Brésil dans la tourmente
Tirant profit du mécontentement issu de la crise économique qui secoue le Brésil depuis 2014, trois juristes entament en décembre 2015 une procédure de destitution contre la présidente élue Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT). On reproche à celle-ci d’avoir commis des crimes de responsabilité fiscale, c’est-à-dire d’avoir maquillé les comptes publics et autorisé des crédits supplémentaires sans autorisation législative. Appelée « coup de pédale fiscal », cette pratique consiste à utiliser des fonds de banques publiques pour financer des programmes sociaux.
- Tableaux interactifs, iPad et autres passions technophiles
En novembre 2012, le gouvernement Marois a annoncé qu’il mettait fin au programme d’achat de tableaux blancs interactifs (TBI) qui avait été lancé l’année précédente par le gouvernement Charest. Cet ambitieux programme, au parfum de scandale et de favoritisme (le fournisseur quasi unique de tous les TBI était Smart Technologies, dont le lobbyiste est un ancien membre du cabinet Charest), prévoyait, sur cinq ans, l’achat de plus de 40 000 de ces tableaux, à un coût estimé de… 240 millions $ !
- Cul, corps, cash
Le dernier livre de la sexologue Jocelyne Robert, Sexe en mal d’amour, de la révolution sexuelle à la régression érotique, est présenté comme un ouvrage qui vise à « susciter et à intensifier la réflexion et les initiatives de ceux et celles qui auraient envie de purifier l’air de la puanteur pseudo-érotique ambiante, axée sur le cul obligé, performant, instrumental, mécanique, utilitariste et triste comme un jour de corvée ». À bâbord ! l’a interviewée sur sa vision du contexte social dans lequel s’inscrit la sexualité au Québec et en Occident.
- Pourquoi la bosse des affaires pousse désormais dès six ans
Un document absolument capital du renouveau pédagogique en cours dans nos écoles s’intitule Programme de formation de l’école québécoise pour l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire [5]. On y précise les grandes orientations de ce qui se déroulera dans nos écoles, du curriculum qu’on transmettra et de sa justification. Qui a déterminé tout cela ? On nous le répète sans cesse : ces décisions vitales sont supposées avoir été prises après de vastes consultations, de sorte que ce qu’on y trouve est présumé faire l’objet d’un large consensus. Il y a sans doute un peu de vrai là-dedans, puisque des personnes sont bien consultées. Mais il y a aussi autre chose.
- Soulèvements populaires en Amérique latine
En mai dernier sortait le dernier ouvrage collectif du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine) intitulé L’interpellation plébéienne en Amérique latine. Violence, actions directes et virage à gauche. Ce livre, fruit d’une recherche collective qui aura duré trois ans, analyse une série de soulèvements populaires survenus en Amérique latine au cours de la dernière décennie. Par un va-et-vient constant entre la théorie politique et les recherches de terrain, ce livre s’avère un outil de d’interprétation indispensable pour aborder d’autres printemps des peuples survenus plus près de nous ou ailleurs dans le monde. Afin d’en rendre compte, À bâbord ! a rencontré Ricardo Peñafiel, l’un des codirecteurs de ce livre.
- Au théâtre, citoyen-ne-s !
Le metteur en scène et professeur Christian Lapointe, en partenariat avec l’Institut du Nouveau Monde, a lancé Constituons !, un projet titanesque qui offre aux Québécoises et aux Québécois l’exercice de l’écriture de la Constitution du Québec et remet le théâtre au cœur du rassemblement social et politique.
- Rien de moins qu’une expropriation populaire
Un courant porteur d’alternatives autonomes s’élargit à travers le monde. Peu visible dans les médias de masse, rejetant la politique traditionnelle, il lutte contre la mainmise du capitalisme mondialisé qui souhaite faire des rapports sociaux et de la vie humaine une simple marchandise. L’action du centre social autogéré de Pointe-Saint-Charles s’inscrit dans cette perspective : résister et construire une autre vie.
- Travailleuses et travailleurs des Couche-Tard
Pot de fer contre pot de terre, encore une fois la lutte des classes s’exprime. Le riche et puissant Couche-Tard fait tout pour casser les reins du syndicat et écraser ses travailleuses et travailleurs. Mais ils tiennent bon. Une illustration de ce que peuvent faire ceux qui font partie du 1 % : garder la tête haute et foncer droit devant.
- Les grandes manœuvres du Commissaire au lobbyisme
Dans de nombreuses sorties sur la place publique, le commissaire au lobbyisme Jean-François Routhier ne cesse de répéter qu’il faut réformer la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme (LTEML). Datant de 2002, cette loi demande en effet de sérieux ajustements. Mais ceux-ci ne doivent surtout pas être ce que demande le commissaire.
- Action collective au Québec : Territoires en lutte
Notre numéro 108 sera disponible en librairie le 26 juin prochain. Pour consulter le sommaire du numéro, c’est ici.
- Marie-Thérèse Forest
Il y a de ces événements qui agissent parfois comme détonateur et influencent de manière durable notre trajectoire. Pour Marie-Thérèse Forest, l’élément perturbateur fut la tuerie en 1989 à l’École polytechnique de Montréal. Le dénouement ? Une implication sociale longue aujourd’hui de plus de 20 ans. Et pas n’importe où : dans l’une des plus belles régions du Québec, la Gaspésie. Portrait d’une femme qui s’est dévouée à sa région d’adoption.
- Cachez ce racisme systémique que nous ne saurions voir
Dès le printemps 2016, une pétition était lancée demandant au gouvernement du Québec de faire la lumière sur l’enjeu du racisme systémique dans les institutions publiques et dans l’ensemble de la société. En mettant de l’avant le fait que « le racisme systémique a notamment pour effet d’appauvrir, de judiciariser, de stigmatiser et d’exclure des citoyennes et des citoyens », la démarche a permis d’opérer un changement de vocabulaire en attendant que les pratiques changent aussi.
- Les Laurentides entre explosion et implosion
Les Laurentides connaissent depuis quelques années une forte croissance démographique et un dynamisme économique qui font l’envie de bien des régions du Québec. En revanche, ces atouts produisent des effets pervers sur le plan social et environnemental.
- Transition agroécologique : l’avenir se construit maintenant et collectivement !
Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) a pour mission de « piloter des réflexions et des projets de recherche appliquée misant sur les innovations sociales ayant une pertinence pratique pour le secteur agroalimentaire et pour la société ». Des membres de son équipe discutent de l’importance d’être à l’écoute de divers acteurs pour arriver à une transition agroécologique cohérente et adaptée.
- Utopistes de première génération
Suivant le modèle de Thomas More, qui a créé le mot « utopie » dans une œuvre éponyme, les auteurs anciens se sont mis à inventer des mondes idéaux. Ils ont décrit la société de leurs rêves, sans songer à ce que ces rêves deviennent réalisables, contrairement aux utopistes du XIXe siècle. Quelles leçons peut-on tirer des mondes qu’ils ont inventés ? Leurs rêves ont-ils encore des échos dans le monde d’aujourd’hui ?
- {Au bas de l’échelle} : Au service des non syndiqués
Organisme indépendant sans but lucratif né en 1975, Au bas de l’échelle s’est vite imposé comme acteur social de premier ordre. Il est le seul organisme de portée nationale à avoir comme mission première la défense des droits des personnes non syndiquées, soit 60 % des travailleurs québécois.
- Le mouvement féministe au Saguenay Lac-Saint-Jean
Lors du dernier Forum social régional 02 qui s’est tenu à Chicoutimi en mai 2008, le seul atelier non mixte portant sur le féminisme radical affichait pratiquement salle vide. À cet égard, plusieurs femmes, féministes jeunes et moins jeunes, avaient signifié leur mécontentement du fait qu’un atelier soit réservé exclusivement aux femmes. Pourtant, seulement quelques mois plus tard, plus de 35 jeunes femmes de la région prenaient la route vers Montréal afin de participer au rassemblement pancanadien des jeunes féministes « Toujours Rebelles ». Comment expliquer qu’en l’espace de six mois autant de jeunes femmes se soit senties interpellées par les enjeux féministes, au point de prendre part à ce rassemblement ? Quelle compréhension et quelles perspectives peut-on dégager du mouvement féministe au Saguenay Lac-Saint-Jean à partir de cette expérience de mobilisation régionale ?
- Terre, eau et vie
L’intensification des investissements étrangers au cœur de la mondialisation néolibérale a entraîné la multiplication des chantiers d’exploitation des ressources naturelles en Amérique latine. Écorchant les territoires du continent, ces projets sont reconnus pour leurs effets destructifs sur le milieu naturel et les impacts qu’ils génèrent pour les populations vivant sur les terres exploitées. Bien que quelques gouvernements progressistes de la région aient recours à des instruments (…)
Rubriques (284)
- No 061 - oct. / nov. 2015
- Mini-dossier : COVID en continu
- Dossier : Épiceries. Faim de justice
- Mini-dossier - La philanthropie : une fausse solution pour le communautaire
- Dossier : Épiceries. Faim de justice
- Mini-dossier : Action communautaire autonome
- Dossier : Le mouvement communautaire
- Dossier : Le Québec que nous voulons
- Dossier : Mutations de l’univers médiatique
- No 054 - avril / mai 2014
