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Articles (3346)
- Au coeur de la prison. Le Front de libération des femmes du Québec
En mars et avril 1971, à la prison Tanguay, les militantes du Front de libération des femmes (FLF) ont vécu avec les prisonnières de droit commun une expérience de solidarité féministe unique dans nos annales. En plus de réaliser un travail de conscientisation féministe et de défense des droits des prisonnières, elles ont tissé avec elles de profonds liens de confiance et de sororité sociale et politique. Retour sur une lutte peu ordinaire tombée dans les limbes de l’Histoire.
- ZLÉA : Le mouvement étudiant contre la globalisation néolibérale
Au Québec, les grèves pour le climat de 2019 n’étaient pas les premières grèves « internationales ». Le 31 octobre 2002, 10000 personnes prennent d’assaut les rues de Montréal pour s’opposer à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), à l’initiative du mouvement étudiant. Un an après le Sommet des Amériques, le mouvement étudiant québécois se positionne à l’avant-garde de cette lutte internationale.
- « Y’a qu’à » - La CAQ et l’éducation
Peut-être y a-t-il, médiatiquement et politiquement, de salutaires insignifiances, une stratégie visant à ne rien dire de trop marqué, pleine de sous-entendus, qui permettrait d’éviter les vagues et les critiques, tout en fédérant peurs, espoirs et ressentiments de tous poils, par-delà les contradictions. Ainsi en irait-il de la Coalition avenir Québec (CAQ). L’inexistence de ce parti dans la vie des idées au Québec et l’insipidité de son discours ont pour effet que l’intellectuel·le lambda, quel que soit son penchant idéologique, n’a sans doute pas consacré plus de quinze minutes de sa vie à réfléchir à la CAQ, à cette possibilité jadis improbable : un gouvernement Legault.
- Gaspésie : La Biennale Barachois In Situ
À Barachois, un village situé entre Gaspé et Percé qui ne s’inscrit généralement pas dans les circuits touristiques habituels, la dévitalisation régionale est perceptible depuis des décennies. L’école du village a fermé ses portes en 1996, par manque d’élèves. Les services de train et d’autocar ne sont plus offerts depuis 2013 et 2015 respectivement. La population, majoritairement anglophone, est vieillissante et les familles avec jeunes enfants sont rares. Néanmoins, un nouvel évènement artistique attire les curieux et curieuses, et mobilise la population : la Biennale Barachois In Situ.
- Que peut-on attendre du tramway ?
L’annonce du projet de réseau structurant de transport en commun (RSTC) à Québec a fait couler beaucoup d’encre et nourri de nombreuses tribunes, chacun y allant de son interprétation et de sa lecture. Dans les discussions ayant eu lieu autour du tramway et de ses effets, la science a été mise de côté pour faire place aux opinions. Ce texte propose d’explorer les impacts possibles sur la base de faits, soit d’études reconnues et publiées.
- Under Pressure
- Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Décolonisation 101
Le colonialisme est un phénomène qui, s’il plonge ses racines dans une histoire qu’il est impératif de comprendre, est foncièrement contemporain. En effet, les États canadien et québécois sont un héritage direct et vivant des prises de terre et de la capture juridique qui se sont mises en œuvre en Amérique du Nord entre le 17e et le 20e siècle.
- Faire place à l’émeute épistémique
Dans l’éditorial de ce numéro, le collectif d’À bâbord ! offre son appui et sa solidarité aux luttes pour la protection du territoire menées à Kahnawà:ke et dans le Nitassinan de Pessamit, entre autres. Mais qu’est-ce donc qu’être solidaire dans cette société coloniale à laquelle nous appartenons ?
- Black Mirror. Technos vampiriques
Mêlant habilement une anticipation scientifique réaliste et des scénarios d’horreur cauchemardesques, Black Mirror marque l’imaginaire de son vaste public, y compris à gauche, depuis ses débuts. Lancée en 2011 par Charlie Brooker, la série britanno-américaine revient en 2019 pour une cinquième saison.
- Bande de colons : une mauvaise conscience de classe
Alain Deneault, Bande de colons : une mauvaise conscience de classe, Lux, 2020, 216 pages.
- Entrevue avec Ellen Gabriel. Décoloniser les mentalités pour le respect des droits des peuples autochtones
Ellen Gabriel (aussi nommée Katsitsakwas) a été porte-parole de la communauté kanien’kehá:ka de Kanesatà:ke lors de ce qui est communément appelé la crise d’Oka de 1990, conflit qui perdure toujours [1]. Elle nous fait part de ses réflexions sur les perturbations, appelant les Québécois·es et Canadien·ne·s à cesser de tolérer la colonisation des territoires autochtones.
Propos recueillis par Amélie Nguyen.
- Le peuple de la rivière Kattawapiskak
À la fin du mois de novembre 2011, les Québécois, les Canadiens anglais et les membres des nations autochtones ont subitement appris que la cheffe du peuple cri de la région d’Attawapiskat, Theresa Spence, avait fait appel à la Croix-Rouge canadienne pour que des agents de cet organisme aident de nombreuses personnes de sa communauté à surmonter les problèmes majeurs de logement qu’elles éprouvaient durant une période de froid polaire (environ - 50 degrés Celsius).
- Luttes communes avec les syndicats du Mexique
En octobre dernier, le mouvement parasyndical québécois Lutte commune et le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) ont organisé une conférence et un atelier avec des militant·e·s œuvrant dans des syndicats mexicains. Quel portrait tracer des luttes syndicales au Mexique ? Comment se vivent au quotidien ces combats ? Que retenir de ces solidarités nouvelles ? Propos recueillis par Isabelle Bouchard.
- La vie en rose ?
Dans un club gai comme le Unity, on peut se retrouver tous les vendredis et samedis entouré de beaux jeunes hommes qui s’amusent durant des heures et des heures dans une ambiance des plus festives. On peut se demander pourquoi le taux de suicide est si élevé chez les jeunes homosexuels alors qu’ils semblent tellement s’amuser à passer des nuits qui font sans doute l’envie de leurs congénères hétérosexuels. Pour les gais, cette vie de plaisir n’est possible que dans un ghetto. Ou, pour être plus précis, une enclave où l’on exploite l’argent rose. Comment un quartier comme le Village gai de Montréal est-il devenu un espace où l’on exploite la discrimination ?
- La figure québécoise dite colonisée et l’invisibilisation autochtone
À l’occasion de la fête nationale du Québec, il semble important d’ouvrir un débat critique sur la figure du québécois comme figure colonisée, et d’évoquer les angles morts et les héritages, accidentels ou non, de cette représentation mise en avant par des revues comme Parti pris.
- Solidarité féministe avec la Palestine
Féministes racisé·e·s uni·e·s et solidaires (FRUeS) est un groupe non mixte de soutien et de résistance par et pour les personnes s’identifiant comme femmes, fems et personnes non-binaires racisé·es. Suite à la violence déchaînée par l’État d’Israël sur la Palestine, le collectif a rédigé ce manifeste que nous partageons ici dans son intégralité. Nous remercions Jade Almeida de leur avoir ouvert les pages de la revue à travers sa chronique !
- Des féminicides coloniaux
Si le discours public sur la mort de personnes de groupes marginalisés est toujours politique, cela devient très clair quand on a affaire aux débats d’opinion sur le génocide perpétré envers les peuples autochtones et sur les féminicides de femmes autochtones au Québec et au Canada. Chronique d’un militantisme anti-autochtones bien de chez nous.
- La restitution des terres, clé de la vitalité des systèmes alimentaires autochtones
Les peuples autochtones [2] sont à la tête d’un mouvement pour la souveraineté alimentaire qui repose sur la restauration des systèmes agroalimentaires ancestraux. Bien que nous nous efforcions de restaurer ce que le colonialisme a confisqué de nos tables, il demeure que sans réparation ni restitution de nos territoires, aucune justice n’est possible. La souveraineté alimentaire passe par la restitution des terres.
- Le Québec dans le monde
Aujourd’hui, selon le Fonds des Nations Unies, plus de 11 % de la population mondiale a plus de 60 ans, et d’ici 2050, cette proportion passera à environ 22 %.
- Politique de la nuit
Alors que les nuits montréalaises sont largement reconnues par la richesse de la scène musicale underground, la Ville peine à déployer les moyens pour protéger la vie nocturne et développer son économie. Entrevue avec Mathieu Grondin, porte-parole de l’organisme sans but lucratif MTL 24/24.
- Impérialisme culturel à l’ère du capitalisme numérique
Lors d’un événement organisé par l’Association canadienne des producteurs médiatiques qui s’est tenu à Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqué la domination de Netflix au Canada en faisant un parallèle entre la plateforme de diffusion numérique américaine et l’Empire britannique.
- Mondialisation et tiers-mondisme
Le 18 avril 1955 s’ouvrait la Conférence de Bandoung, en Indonésie, en présence notamment de Chou En Lai (Chine), de Gamal Abdel Nasser (Egypte), de Jawaharlal Nehru (Inde) et de Soekarno (Indonésie). Cette première grande rencontre des pays nouvellement indépendants allait poser les bases de ce que deviendra le mouvement des pays non alignés, plus tard connu sous le nom du Groupe des 77. Aziz Fall, dans le premier d’une série de deux textes, revient sur ce moment fondateur du tiers-mondisme.
- Les nouveaux habits de l’impéralisme
Dans l’imaginaire collectif, le colonialisme et l’impérialisme sont des concepts dépassés. Ayant pris fin avec les victoires des mouvements de décolonisation victorieux dans le tiers-monde, l’anti-impérialisme ne serait plus que l’apanage de quelques nostalgiques d’extrême gauche voyant la main d’un Empire imaginaire dans tous les conflits nationaux. Le retour, dans les années 1990, de l’idée de décolonisation des esprits est bien souvent taxé, par les courants néoconservateurs, de démonisation de la culture des populations majoritaires opérant une rupture historique qui menacerait « nos » traditions. Les appels à reconnaître la perpétuation des relations coloniales et impérialistes à l’époque contemporaine font naître de funestes passions au sein de populations blanches qui se sentent blâmées injustement. Le discours décolonial est perçu comme du « racisme antiblanc » moralisateur visant à étouffer les voix des majoritaires.
- Les sublimes
Un puissant recueil qui rend poétiquement hommage « aux femmes qui ont osé ».
Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont osé. Adèle Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P.
- Roulodrôme et Skatepark
L’aventure du TAZ débute en 1994, à même la rue. Ses deux fondateurs, Janet McNulty et Michel Comeau, adeptes de patin, de skateboard et artistes de la scène, veulent monter des spectacles sur patins, skateboard et BMX. Aucun lieu ne veut les accueillir puisque ces sports sont alors très alternatifs et associés à la délinquance. Ils s’entraînent donc sur la rue avec les jeunes qui cherchent un lieu où l’on respectera leur style de vie.
- Sexe, école et porno
La récente réforme en éducation a délayé le maigre programme d’éducation sexuelle en une vague et nébuleuse « discipline interdisciplinaire ». Enseignants, sexologues et organismes communautaires se rejoignent et s’opposent sur le sens à donner à cette transformation. Faut-il y voir une remise en question de la reconnaissance de l’éducation sexuelle comme droit collectif ? Une occasion forcée d’étendre la contribution des organismes communautaires au développement de projets d’éducation (…)
- Apartheid israélien et nécropolitique. Jusqu’où compter les morts ?
Avec le nouveau gouvernement israélien, l’hypothèse de l’annexion totale de la Cisjordanie devient de plus en plus plausible. Parallèlement, les opérations meurtrières de l’armée israélienne se poursuivent, et le blocus contre Gaza perdure depuis 2007. Israël s’empare d’un droit de vie ou de mort sur la population palestinienne. Si la « nécropolitique » fait référence à une politique de la mort, comment l’État d’Israël la met-il en œuvre et jusqu’où ira-t-il ?
- Abitibi. Le coopérativisme au temps de la colonisation
La lecture de la bande dessinée La Petite Russie de Francis Desharnais [3] nous fait découvrir que durant les années 1940, au Québec, ont eu lieu des expériences de colonies coopératives. L’ouvrage aborde plus précisément l’expérience du village de Guyenne.
- Tourisme. Ces colons du 21è siècle
Il n’y a rien de mieux qu’une pandémie mondiale pour mettre en évidence le colonialisme dans notre quotidien.
- Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire
Dalie Giroux, Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire, Montréal, Mémoire d’encrier, 2019, 136 pages.
- Le progrès fragile de la scolarisation primaire dans le monde
Plusieurs organismes internationaux ont entrepris de promouvoir l’éducation universelle : offrir à tous les enfants une scolarisation de base. Le progrès de l’institution scolaire primaire est indéniable, mais depuis une décennie celui-ci stagne et on craint que les avancées faites de longue haleine ne soient vite effacées dès lors qu’une crise économique ou un conflit militaire survient. Pis encore, le progrès de l’école et le progrès des compétences de base ne sont pas analogues : plusieurs vont à l’école, mais n’y apprennent que trop peu.
- La vague rose
L’automne est la saison où l’on se mobilise contre le cancer. On peut « courir pour la vie », acheter des cosmétiques, des mouchoirs ou des champignons labélisés, une poêle à frire rose, indiquer « j’aime » sur une page Facebook… tout cela au nom de la lutte contre le cancer du sein. Les initiatives d’empathie et de solidarité doivent bien sûr toujours être saluées, mais au-delà des bons sentiments, on est en droit de s’interroger : à qui profitent ces campagnes ?
- Panne chez Facebook. Quand le monopole fait trembler la diaspora
Lorsque les services de Facebook ont cessé de fonctionner le 4 octobre dernier, le véritable séisme n’était pas celui qui a ébranlé Instagram et Messenger : c’était la panne de WhatsApp.
- Bataille autour du Code du travail en 1964-1965
Les années 1960 marquent une grande période d’expansion pour le mouvement syndical québécois. Durant cette décennie, le taux de syndicalisation bondit de 30 à 40 %. Les effectifs passent de 375 000 à 700 000 syndiqué·e·s. Cette progression est imputable, pour l’essentiel, à l’implantation du syndicalisme dans les services public et parapublic. La force de frappe du mouvement syndical se manifeste en 1964-1965 par la conquête de nouvelles lois du travail qui ont pour effet de reconnaître aux salarié·e·s des secteurs public et parapublic le droit de négociation et le droit de grève. Retour sur un événement historique dont on célébrera le cinquantième anniversaire au cours des prochains mois.
- La solidarité internationale est notre plus grand atout
Il y a 40 ans cette année, l’appui solidaire à la lutte de libération palestinienne a été un élément déclencheur de la création du Centre international de solidarité ouvrière (CISO). C’est pourquoi en septembre dernier, huit délégué·e·s d’organisations syndicales ont participé à un stage de solidarité internationale en Palestine. L’objectif du stage était de mieux comprendre la réalité de la population palestinienne, d’appuyer les luttes pour la défense des droits des travailleurs et des droits humains et de bâtir des liens de solidarité à long terme avec le peuple palestinien. Retour sur les causes d’une résistance « du désespoir [4] ».
- Entre le soleil de France et de Bab El Oued
L’art n’est pas un antre où pourraient se réfugier intégristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s’agit plutôt d’une navigation, d’un entre-deux où circulent et dialoguent de multiples points d’ancrage. Navigation à haut risque comme celle d’Ulysse mais, malgré ses périls, elle seule peut arracher un peu de sens à ce qui ne serait qu’une « histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien ».
L’artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle aussi. Rebelle à tout ce qui emprisonne et mutile la vie. Alors qu’un nouveau cycle de luttes contre la mondialisation capitaliste semble s’être enclenché, de nombreux artistes ont repris le flambeau du refus. Qu’on songe, pour la France, au Massilia sound system, aux Fabulous troubadours, à Zebda et, enfin, à Gnawa diffusion. Fondé en 1992 à Grenoble par Amazigh Kateb, ce groupe distille une musique proprement universelle avec de profondes racines africaines et algériennes. Issue de la tradition gnawa, celle des chants des esclaves africains, cette musique fusionne les instruments traditionnels avec l’électricité. Propulsées par cet environnement sonore, les paroles des chansons de Gnawa diffusion sont comme de véritables missiles dirigés contre les crimes et les injustices perpétrés par les dominants à l’encontre de l’ensemble de la planète.
Entre le soleil de France, de Kingston et de Bab El Oued, Gnawa diffusion et Amazigh Kateb arpentent ainsi l’espace d’une liberté à créer, par-delà les frontières de styles ou de territoires. Une entrevue, donc, avec un homme libre [5]. - Hydro-Québec : L’emblème du nationalisme québécois
L’hydroélectricité est un élément incontournable de l’imaginaire nationaliste québécois. Souvent présenté comme un fleuron national et une fierté d’ingénierie, le développement de l’hydroélectricité s’inscrit dans un processus d’accaparement des territoires et des ressources par l’État colonial québécois. Cela s’exerce aux dépens des droits des Premiers Peuples, de l’intégrité de leurs territoires et de leurs modes de vie. En quoi l’hydroélectricité est une forme de dépossession coloniale, une autre facette de l’extractivisme au Québec ?
- Toponymie autochtone : la racine des cultures
De plus en plus, nous sommes exposé·es à l’art, aux langues et aux cultures des nations autochtones que nous côtoyons. Il suffit toutefois de poser les yeux sur une carte du Québec pour réaliser que nous y sommes exposé·es depuis longtemps à travers la toponymie du territoire.
- Un stade démontable...permanent ?
Le stade olympique de Londres comptera 80 000 places. Afin d’en assurer la pérennité, on a pensé à édifier une structure démontable permettant de réduire l’ensemble à 25 000 places, en faisant du coup une infrastructure moins coûteuse à gérer, et s’intégrant davantage dans l’East End de Londres, fortement défavorisé, en lui fournissant des installations sportives de proximité. Mais c’était sans compter sur les intérêts du sport professionnel…
- Black and Red : Les mouvements noirs et la gauche 1850-2010
Black and Red : Les mouvements noirs et la gauche aux États-Unis, 1850-2010, Ahmed Shawki, M éditeur, 2012.
- Sexe, race & colonies. La domination des corps du XVè siècle à nos jours
Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Dominic Thomas, Christelle Taraud (dir.), Sexe, race & colonies. La domination des corps du XVè siècle à nos jours, Paris, La Découverte, 2018, 544 pages.
- La longue marche vers l’autonomie
De toutes parts, les gouvernements provinciaux et fédéral prétendent qu’une relation nouvelle se développe avec les peuples autochtones. Pourtant, malgré l’éloquence de leurs discours, ceux-ci ne se sont jamais engagés de leur propre gré à reconnaître les aspirations des Premières Nations à l’autonomie. Encore aujourd’hui, les gouvernements poursuivent l’entreprise coloniale visant à éteindre le statut d’autochtone.
- Les voix multiples d’Octobre 70
Septembre 2020. Par un après-midi d’automne, je me rends au cinéma Beaubien rejoindre ma grande amie Astrid (nom fictif). Elle, d’ascendance canadienne-française. Moi, Québécoise d’origine haïtienne. Nous allons voir le film Les Rose, portant sur ce qu’on appelle « la crise d’Octobre ». Ni elle ni moi n’étions nées au moment de ces évènements.
- Décoloniser nos relations
En 2004, en territoire mohawk à Kanawake, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et Femmes autochtones du Québec (FAQ) signaient un protocole de solidarité qui inspire toujours les relations entre les deux organisations. Pour mieux comprendre les origines de ce processus et les leçons à en tirer, À bâbord ! a rencontré Michèle Asselin, présidente de la FFQ à cette époque.
- L’enjeu de la revendication berbère
Il est impossible d’aborder la question des rapports entre langue et nation en Algérie, et plus particulièrement celle de la revendication culturelle et linguistique berbère (ou, comme on le dit maintenant, tamazight), tant celle-ci est l’objet de malentendus et surdéterminée politiquement, si l’on ne commence pas par évacuer un certain nombre de stéréotypes qui ont entouré les problèmes linguistiques en Algérie. Parmi ceux-ci, on trouve – notamment en Occident – l’opposition fréquente entre les « Arabes » et les « Kabyles », ou bien les « Berbères » et les « Arabes », ou encore les « Algériens » et les « Berbères », comme s’il s’agissait de peuples distincts… Aussi, on ne peut traiter de la revendication linguistique berbère si l’on ne restitue pas le contexte historique de l’émergence de ce problème et si l’on n’essaye pas de reconstituer les conditions dans lesquelles cette question a été forgée et dans lesquelles elle a évolué.
- La nouvelle servitude volontaire
Il existe certaines histoires que l’on ne peut s’empêcher de relier. Aux États-Unis, George W. Bush diminue l’impôt des riches, accumule en quelques années un déficit monstre, justifie une guerre coûteuse et impopulaire contre l’Irak par de grossiers mensonges. Ses entreprises guerrières reçoivent l’appui enthousiaste d’un Tony Blair désavoué par ses électeurs, qui sacrifie son indépendance devant le grand frère américain au point d’en perdre toute dignité.
- L’été de Katrina et de Cindy
Les multiples significations d’un tel message méritent d’être expliquées, tant elles en disent long sur l’état de la société états-unienne après deux ans et demi d’occupation de l’Irak et au lendemain de l’inondation de la Nouvelle-Orléans. Lorsqu’il a été conscrit pour aller au Vietnam, le boxeur Mohamed Ali avait déclaré à un journaliste pour expliquer son refus de participer à la guerre : « Aucun Vietnamien ne m’a jamais appelé un Nègre » (No Vietnamese ever called me a Nigger). Cette (…)
- Démocratiser l’économie
Deux constats sont à l’origine de ce dossier. Le premier devrait être une évidence pour chacunE de nous : les institutions économiques telles que nous les connaissons ne favorisent pas le développement de la démocratie. Elles génèrent des inégalités effarantes, distribuent injustement les fardeaux et les bénéfices de la production de biens et de services, mettent en concurrence les individus et les groupes et asservissent les institutions politiques aux classes dominantes.
Pour (…) - L’histoire (vraie) de la police au Québec
La police au Québec est importante. On le voit aujourd’hui : la gestion de la crise sociale et sanitaire est fortement policière. Rien de bien surprenant, quand on connaît l’historique de l’institution. Petite chronologie, ici, qui montre que la police a toujours été au service du capital, du colonialisme et des nationalismes canadien et québécois.
- Entre la grandeur et la servitude humaines
Depuis une quinzaine d’années, Bernard Émond écrit et met en scène des films de fiction intimistes dans lesquels ses protagonistes se posent des questions fondamentales au sujet du sens de leur existence. Ainsi, à travers des drames psychologiques comme La femme qui boit (2001), 20 h 17 rue Darling (2003), La neuvaine (2005), Contre toute espérance (2007) et La donation [6] (2009), Émond dépeint avec finesse et rigueur des personnages qui ont atteint un tournant de leur vie : ceux-ci cherchent avec ardeur à saisir, à surmonter les problèmes auxquels ils sont confrontés.
- Voyage au coeur d’une pédagogie anarchiste
La pensée libertaire a marqué l’évolution de la pédagogie et contribué à tracer les contours de l’école telle qu’on la connaît. Elle nourrit toujours une réflexion pratique sur la manière de faire et de vivre l’école et incite à renégocier les fondements d’une institution qu’on tient peut-être trop pour acquise et figée. J’ai rencontré mon ancien collègue Sylvain Larose, auteur de Être, agir, enseigner en tant qu’anarchiste à l’école secondaire (M Éditeur, 2018), un guide pratique de la pédagogie anarchiste qu’il applique depuis une vingtaine d’années. Propos recueillis par Wilfried Cordeau.
- L’inaction face au génocide de la Palestine, un acte de complicité
Nous entrons maintenant dans le dixième mois du génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien assiégé et occupé. Ce génocide est une extension de plus de sept décennies de dépossession coloniale et d’apartheid infligés aux Palestinien·nes.
- Reterritorialisons Québec
Dans le contexte actuel, il est essentiel de comprendre que l’occupation territoriale dont nous héritons est le produit de l’érosion du bien commun par des intérêts privés.
- Entrevue avec le cinéaste Michel Jetté
Burn Out ou La Servitude Volontaire de Michel Jetté est un film décapant sur le milieu du travail. Son histoire montre à quel point la grande entreprise dévore sans le moindre remords les employé·e·s, complices de leur propre malheur.
- Les vains espoirs du G20 à Londres
Rarement une rencontre internationale a été précédée d’une telle rumeur que lors du dernier G20 tenu à Londres les 1er et 2 mars 2009. Avant ce sommet, plusieurs chefs d’État s’étaient emportés dans des déclarations tonitruantes contre les banquiers, les paradis fiscaux, voire même le sacro-saint capitalisme. Certes, de la part d’individus élevés dans le giron du néolibéralisme, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Mais un espoir demeurait : et si la crise que nous subissons était d’une ampleur telle qu’elle forcerait nos dirigeants à mettre en place les mesures progressistes qu’ils venaient d’annoncer ?
- Retour sur le rôle du Canada
Pour comprendre le conflit opposant Israël à ses voisins depuis 60 ans, un retour attentif sur l’histoire de la Palestine et sur l’année 1947 s’impose. Revenir sur la genèse de la solution de partage de la Palestine historique en deux États, puis en un seul, occupant la population autochtone, permet d’appréhender un conflit où, pour faire diversion, il est question de territoires multiples dont les noms changent au gré des batailles, de divers statuts juridiques incompréhensibles, de frontières contestées, de haines fratricides ou de guerres de religions… En réalité, la question palestinienne est d’abord une question coloniale.
- Terre en transe
L’année 1968 devait être, selon les paroles de Fidel Castro prononcées le 2 janvier à La Havane, celle du « guérillero héroïque ». Les échos de la mort du Che allaient se répercuter tout au long de cette année dans le monde, à travers un, deux, trois, mille foyers de révolte. Le Québec n’y échappera pas et cet écho sera modulé selon les caractéristiques propres de la société québécoise : on assiste alors non pas à un « complot international » ou à une transposition tardive de ce qui se fait ailleurs, mais à une convergence de mouvements de lutte qui entrent en résonance avec ce qui se passe au niveau mondial (pouvant, à l’occasion, s’en inspirer) et qui ont des racines dans l’histoire québécoise.
- Libérer le Nord du nucléaire
Alors que le Nord-Ouest de l’Ontario est envisagé pour accueillir les futurs déchets nucléaires du Canada, des groupes locaux et des Premières Nations ont formé We the Nuclear Free North (WTNFN) pour s’opposer au transport, à l’enfouissement et à l’abandon de déchets radioactifs dans leurs bassins versants. À Bâbord ! a rencontré l’une de leurs membres, Brennain Lloyd. Propos recueillis par Louise Nachet.
The english version of this article is available here.
- Protégeons la terre et les sites naturels sacrés innus
UAPASHKUSS – qui signifie ourson blanc en innu-aimun – est un groupe autochtone basé à Uashat mak Mani-Utenam. Composé de guides spirituel·les et d’aîné·es, le collectif œuvre avec des ressources et savoirs innus à la protection de sites sacrés sur le territoire ancestral, mais aussi à la transmission du patrimoine culturel [7].
- Parlons… d’une nouvelle révolution scolaire, démocratique et écologique
Ce printemps, une vingtaine de forums d’initiative citoyenne sont convoqués dans toutes les régions pour dresser un bilan de santé franc et complet du système d’éducation québécois. Ses défis sont nombreux et complexes, et commandent des réponses à la hauteur des ambitions que le Québec caresse pour traverser le XXIe siècle. Face à un manque de vision gouvernemental, la population est appelée à imaginer une nouvelle révolution scolaire.
- Gouvernance néocoloniale et discriminations raciales
La pandémie a mis en lumière les difficultés à combler les postes nécessaires au travail agricole estival sans faire appel aux travailleur·euse·s migrant·e·s. Essentiel·le·s à notre agriculture, ils et elles se retrouvent pourtant dans des conditions d’exploitation sans réelle possibilité de défendre leurs droits.
- Déclaration de souveraineté atikamekw
Dites-leur que nous n’avons jamais cédé notre territoire, que nous ne l’avons jamais vendu, que nous ne l’avons jamais échangé, de même que nous n’avons jamais statué autrement en ce qui concerne notre territoire [8]. - César Newashish
Les Atikamekw Nehirowisiw ont proclamé le 8 septembre dernier leur Déclaration de souveraineté sur Nitaskinan, un vaste territoire de 80 000 km2 situé au nord de Trois-Rivières et englobant les communautés de Manawan, Opitciwan et Wemotaci. L’objectif de la nation atikamekw est de « maintenir et exercer sa gouvernance territoriale sur l’ensemble de Nitaskinan. Pour ce faire, Atikamekw Nehirowisiw a la volonté de faire de son peuple une instance politique et économique incontournable [9] ». Le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, a bien voulu partager avec nous ses réflexions sur cette Déclaration de souveraineté.
Propos recueillis par Julie Depelteau
- L’islamophobie : fantasme ou réalité ?
Nous diffusons en ligne la version intégrale d’un article de Jacques Pelletier que l’on retrouve dans notre numéro de juin 2014.
- Flusher tout
Il y a environ une cinquantaine d’années, il était encore possible de se baigner dans le fleuve Saint-Laurent, et cela, même dans la grande région de Montréal. Un temps révolu. Le fleuve se fait encore servir une soupe d’égouts à longueur d’année, souvent sans traitement. Pas de quoi souhaiter y plonger !
- L’écopar, une proposition libertaire
« Devant les terribles carences – ce sont souvent de véritables crimes – de nos sociétés, beaucoup de gens et bien des activistes se demandent, avec raison, quel autre mode d’organisation sociale on pourrait imaginer qui nous épargnerait ces carences et ces crimes et qui serait capable de le faire dans la longue durée et pas seulement à court terme ou de manière réformiste. »
- Les déboulonneurs
Après le graffiti, le graf et le tag, voici que certains se revendiquent du barbouillage. Quelle est la différence ? Graffiti est un terme générique qui englobe les trois autres et qui désigne un écrit ou un dessin dans un espace public. Le graf et le tag, plutôt associés à la culture rap, se distinguent par le fait que le tag est une simple signature unidimensionnelle tandis que le graf, généralement bidimensionnel et polychrome, peut impliquer un message plus étoffé qu’une signature. (…)
- Urgence en Palestine : le Canada n’est pas pressé
Les mesures d’Israël pour étendre son contrôle sur les territoires palestiniens occupés prennent une ampleur sans précédent. Elles sont accompagnées d’actions politiques ciblées et coordonnées, au cœur de la diplomatie canadienne, pour les faire légitimer. Il faut réagir ! Pour cette dixième livraison de la À bâbord !, le Collectif de rédaction a demandé à Rachad Antonius, sociologue, mathématicien et militant de longue date de la solidarité internationale, d’écrire ce texte d’opinion, qui traduit bien l’exaspération que nous ressentons face au déni des droits des Palestiniens et Palestiniennes.
- Le dossier nucléaire iranien et le Conseil de sécurité
Siddharth Varadarajan, journaliste indien de premier plan, est l’éditeur-adjoint du journal de gauche The Hindu. En novembre 2005, l’Association des correspondants auprès de l’ONU lui a décerné le prix Elizabeth Neuffer pour sa série d’articles intitulée « Le casse-tête iranien », traitant des relations entre l’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Reconnu comme l’un des principaux experts sur la question du programme nucléaire iranien, amplement consulté et cité dans le monde entier, M. Varadarajan est cependant méconnu dans le monde francophone. À bâbord ! offre ici à ses lecteurs et lectrices son analyse en profondeur de cette question cruciale.
- Le Canada : conquérant ou inféodé ?
Ce dossier sur la politique étrangère canadienne était devenu nécessaire. L’appui canadien à l’agression israélienne contre le Liban et l’implication grandissante du Canada dans la guerre néocoloniale d’Afghanistan apparaissent comme des révélateurs d’une politique étrangère impérialiste qui, si elle n’est pas complètement nouvelle, n’en demeure pas moins inquiétante. Cependant que de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger un retrait immédiat des troupes canadiennes d’Afghanistan, la propagande pro-guerre s’intensifie dans les médias de masse et chez la classe politique, laissant présager le maintien du cap militariste de la politique étrangère canadienne.
- Airvore ou la face obscure des transports. Chronique d’une pollution annoncée
Laurent Castaignède, Airvore ou la face obscure des transports. Chronique d’une pollution annoncée, Montréal, Écosociété, 2018, 341 pages.
- Terre et liberté ! À la conquête de la souveraineté alimentaire, et Le jardinier-maraîcher - Manuel d’agriculture biologique sur petite surface
Terre et liberté ! À la conquête de la souveraineté alimentaire, Paul Nicholson, Xavier Montagut et Javiera Rulli, CETIM, no. 36, Genève, 2012, 192 pages.
Le jardinier-maraîcher - Manuel d’agriculture biologique sur petite surface, Jean-Martin Fortier, Écosociété, 2012, 200 pages.
- L’esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total
L’esprit de Philadelphie : la justice sociale face au marché total Alain Supliot, Seuil, Paris, 2010
- L’aide sociale et la pauvreté. Une lutte inachevée
La marche « Du pain et des roses » s’ébranle le 26 mai 1995 en trois contingents. De Montréal, de Longueuil et de Rivière-du-Loup, des centaines de femmes marcheront durant 10 jours pour se rendre devant l’Assemblée nationale. Le thème central de cette longue caravane est la lutte à la pauvreté.
- Décoloniser le Canada
Arthur Manuel, Décoloniser le Canada, Montréal, Écosociété, 2018, 352 pages.
- La dette comme arme impérialiste
Depuis le 19e siècle, de l’Amérique latine à la Chine en passant par Haïti, la Grèce, la Tunisie, l’Égypte et l’Empire ottoman, la dette publique a été utilisée comme arme de domination et de spoliation
- Entre urgence et volonté d’agir
Il faut travailler à une transition écologique juste et non simplement à une transition énergétique. Cette lutte n’est pas qu’environnementale, elle est également économique. Une révoution dans nos habitudes de production et de consommation s’impose donc.
- Spiritualité et cosmogonie autochtones
Au cours des six dernières années, mes travaux de recherche se sont centrés sur la question de la réindigénisation. Mon intérêt pour ce sujet n’a pas été soudain ; il a plutôt été le résultat d’un long processus composé de prises de conscience sur des moments qui ont émaillé mon enfance indienne, de confrontations avec la perpétuelle exploitation coloniale et, enfin, d’un féroce engagement dans la résistance.
- Un changement de cap discutable
En juillet dernier, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a annoncé en catimini l’adoption d’une nouvelle politique de partenariat avec les organismes de coopération internationale (OCI). Cette annonce, qui a fait peu de vagues depuis, représente une menace pour l’autonomie des OCI. En fait, ses orientations sont symptomatiques d’une modification beaucoup plus profonde du modèle du rapport entre la société civile et l’État qui pourrait avoir des répercussions à long terme sur la liberté d’expression et la démocratie.
- L’Universalisme européen. De la colonisation au droit d’ingérence
Immanuel Wallerstein, L’Universalisme européen. De la colonisation au droit d’ingérence, Paris, Demopolis, 2008, 138 p.
- La Civilisation féodale. De l’an mil à la colonisation de l’Amérique
Jérôme Baschet, La Civilisation féodale. De l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Aubier – Historique, Paris, 2004
- L’industrie du vivant-marchandise
« Ce que le libéralisme veut, c’est un sujet désymbolisé, (…) un sujet flottant, délesté de toute attache symbolique ; (…) un sujet unisexe et « inengendré », c’est-à-dire désarrimé de son fondement dans le seul réel, celui de la différence sexuelle et de la différence générationnelle. »
Dany Robert Dufour, 2003:248 - Grève sociale : accentuer la lutte politique contre les Libéraux
La grève générale a constitué historiquement un enjeu opposant les partisans du seul recours à la grève insurrectionnelle à ceux qui voulaient conjuguer celle-ci avec une action politique révolutionnaire plus large. Georges Sorel, défenseur de la première orientation, affirmait que la grève générale était suffisante pour renverser le pouvoir. Rosa Luxembourg, au contraire, prétendait que ce moyen devait s’intégrer dans une stratégie politique d’ensemble pour mener à la révolution. Cette divergence fondamentale dans la gauche radicale a ensuite traversé le XIXe siècle et une bonne partie du XXe siècle.
- Face à l’anthropocène
Ian Angus, Face à l’anthropocène, Montréal, Écosociété, 2018, 288 pages.
- La continuité libérale
Le premier budget Marceau, déposé le 20 novembre dernier est tout aussi surprenant que platement prévisible. Après une campagne électorale où le Parti québécois a clairement tenté de séduire une part de l’électorat située plus à gauche en promettant d’abolir la taxe santé, de revoir le régime de redevances minières et d’augmenter les impôts des plus fortunéEs ; le budget, tant par son contenu que par l’exercice de relations publiques qui l’a entouré, s’avère en fait être un bel exemple de réalignement des orientations économiques du gouvernement.
- Au-delà du réel
L’usage croissant d’Internet, tant en termes quantitatifs (le nombre d’usagerEs) que qualitatifs (la place du web dans nos vies respectives), amène progressivement un nouveau rapport au monde qu’on n’arrive pas encore à bien esquisser. Les communautés virtuelles, dans lesquelles des individus se créent une nouvelle identité, à partir de laquelle ils peuvent interagir dans un univers alternatif, nous fournissent une illustration frappante des frontières que nous sommes en train de franchir, tant sur le plan identitaire, social qu’économique.
- Prairies canadiennes : cultiver l’extractivisme
Bien que le terme « extractivisme » soit le plus souvent utilisé pour désigner les industries minières et fossiles, l’histoire du développement agricole dans les Prairies peut également être interprétée comme une forme d’agro-extractivisme, commençant par la colonisation et la dépossession autochtone, puis par des décennies d’agro-industrialisation et, plus récemment, par la financiarisation des terres agricoles.
- Savoirs autochtones. Les minéraux critiques de la recherche universitaire
Après avoir été choquée d’en apprendre sur ma propre culture dans les écrits d’anthropologues blancs, j’ai découvert la recherche communautaire et j’ai travaillé avec des chercheuses qui entretenaient des relations de longue date avec des organismes autochtones. Ces années formatrices ont éveillé en moi le désir de travailler auprès des communautés autochtones et de consacrer mon énergie à organiser, à mobiliser, à soutenir, à honorer, à apprendre, à défendre les intérêts de personnes animées du même esprit que moi. Cette démarche s’inscrit en faux contre l’extractivisme épistémique (des savoirs) dont est héritier le milieu de la recherche universitaire.
- Parlons… de cette école qui n’est plus possible
Le 26 janvier dernier, Bernard Drainville énonçait le « plan de match » de son mandat au ministère de l’Éducation, un énoncé en sept points, dont le contenu, les mesures et l’échéancier se font toujours attendre, trois mois plus tard. Pendant ce temps, les travers du système d’éducation ne leurrent plus personne et des centaines de citoyens et citoyennes se réunissent pour jeter les bases de l’école de demain.
- 6000 ans d’occupation laurentienne !
Longtemps, on a cru que les Laurentides avaient été peuplées à partir de l’arrivée des premiers colons, à la fin du 19e siècle. Des recherches archéologiques éclairent ce passé en faisant plutôt remonter la présence humaine à plus de 6000 ans.
- Le retour vers soi
Je reprendrai les anguilles / Les redonnerai à la mer / Et je redeviendrai le pays que mes ancêtres / Ont bâti jadis sur les abords du fleuve.
- Du mouvement social aux bureaux municipaux
En Espagne, les élections municipales de mai 2015 ont été celles du changement. Elles se sont traduites par l’arrivée à la tête de Barcelone et de Madrid (parmi d’autres villes) de candidatures citoyennes. Ce nouveau municipalisme est porté par des figures de proue des mobilisations liées aux Indigné·e·s (mouvement du 15M). Avec la perspective que nous donnent les six mois écoulés depuis l’investiture des nouvelles équipes municipales en juin, il est possible de se demander comment ces équipes vont affecter le devenir des mouvements sociaux dont elles sont issues.
- Le peuple selon la CLASSE / La révolution numérique
Argument, vol. 15, no 2, printemps-été 2013. Dossiers : Le peuple selon la CLASSE / La révolution numérique
- Conférence Rio +20
L’implication québécoise au Sommet des peuples, au Forum des parties prenantes et à la Conférence Rio+20 a été active tout au long du déroulement de ces événements en juin au Brésil. L’un des objectifs de la société civile était de dénoncer les prises de position en matière sociale et environnementale des gouvernements Harper et Charest. Dans la foulée du désengagement canadien du protocole du Kyoto et de la promotion du Plan Nord par le gouvernement québécois, la voix des militantes environnementalistes, des Premières Nations, des syndicalistes, des étudiantes s’est fait entendre jusqu’au Brésil.
- La responsabilité de protéger
Quatre mois après le début de l’intervention de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Libye, qui ne devait durer que quelques jours, la chute du régime libyen semble, au moment d’écrire ces lignes, imminente. S’il reste impossible de savoir ce que ces événements apporteront comme avancées ou comme reculs pour le peuple libyen, et encore moins quelles seront leurs répercussions sur l’état des relations internationales et des rapports de force entre les pays membres de l’OTAN et le reste du monde, certains journaux ont déjà désigné un vainqueur : « La guerre de Nicolas Sarkozy » titrait un article du Monde du 23 août. Deux jours plus tard, le même journal rappelait que les principales compagnies pétrolières, et les françaises « au premier rang », seraient les principaux « bénéficiaires collatéraux » de l’appui occidental aux rebelles. La « Responsabilité de protéger » la population de la Libye devant les menaces faites par Mouammar Kadhafi a été invoquée pour justifier l’intervention. Repositionné historiquement et au vu des risques qu’il représente, le principe de la Responsabilité de protéger permettrait-il de reproduire des modes de subordination historiques et constitutifs du droit international ?
- Le discours sur l’endettement
Nos élites politico-économiques viennent de tirer la sonnette d’alarme : le taux d’endettement des Canadiens risque de replonger le pays dans une crise financière semblable à celle qui a frappé les États-Unis en 2008. Le ratio de la dette des ménages canadiens par rapport à leur revenu a atteint le niveau record de 148,1 %, taux qui dépasse celui des Américains qui se situe maintenant à 147,2 %. Selon Mark Carney, « La turbulence que traverse l’Europe en ce moment nous rappelle que la crise n’est pas terminée, mais qu’elle vient simplement d’entrer dans une nouvelle phase. Dans un monde submergé par les dettes, l’assainissement du bilan des banques, des ménages et des pays exigera des années. Par conséquent, le rythme, le profil et la variabilité de la croissance à l’échelle du globe se modifient, et le Canada doit s’adapter [10].
- La politique selon Orwell
John Newsinger, La politique selon Orwell, Marseille, Agone, coll. « Banc d’essai », 2006
- Le Québec face à la menace du pétrole bitumineux
Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement Harper a prôné la croissance économique à tout prix avec une orientation portée sur le secteur de l’énergie. À l’honneur : déréglementation, subventions exorbitantes aux énergies polluantes, allègements fiscaux aux sociétés et plans pour doubler la production de pétrole des sables bitumineux et l’exporter.
- Autour de l’obscur
Claudine Bertrand, Autour de l’obscur, Montréal, L’Hexagone, 2008, 72 p.
- Filière batterie : Transition en déroute
Un boom d’exploration minière menace les territoires, la dénationalisation d’Hydro-Québec met en péril l’héritage énergétique québécois et des subventions de plusieurs milliards de dollars sont accordées à des multinationales étrangères. Ces réalités sont le résultat de la nouvelle filière batterie. Faisant appel à l’imaginaire séduisant de l’écomodernisation, ce projet néolibéral et colonial dissimule toutefois des risques importants et reconduit l’exploitation du territoire et du vivant.
Rubriques (429)
- Dossier : Aux voleurs ! Nos ressources naturelles et le Plan Nord
- No 044 - avril / mai 2012
- Dossier : Lobbyisme. Le pouvoir obscur
- Mini-dossier : COVID en continu
- Dossier : Gaspésie - Forces vives
- Dossier : Lobbyisme. Le pouvoir obscur
- No 042 - déc. 2011 / jan. 2012
- Dossier : Changer le monde - Où allons-nous ?
- No 042 - déc. 2011 / jan. 2012
- Dossier (en ligne) : Covid 19 et ses suites
