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Articles (2696)
- L’extension des conventions collectives
Le régime d’extension des conventions collectives existe depuis près de 80 ans. S’il a été très populaire des années 30 aux années 70, il est aujourd’hui tombé en désuétude. Ce régime particulier des relations du travail a-t-il encore un avenir au Québec ? Et si oui, à quelles conditions ?
- Judiciarisation des relations de travail : un levier pour les syndicats ?
Le modèle traditionnel du syndicalisme a bien changé. Aujourd’hui, une grande part de l’activité syndicale passe par la justice : on parle de convention collective, de griefs, de juste représentation des salarié·es. Cette activité complexe est-elle une avancée ou une complication encombrante ?
- La transformation de la production
La financiarisation de l’économie et la transnationalisation des processus de production forcent à repenser la forme de l’État et les relations entre classes sociales. Assiste-t-on nous à l’émergence d’une classe capitaliste transnationale, voire d’un « État capitaliste global », dont les États nationaux ne seraient qu’une courroie de transmission ? Est-il de nos jours encore pertinent de penser les classes dans une optique nationale ?
- Le capital algorithmique. Accumulation, pouvoir et résistance à l’ère de l’intelligence artificielle
Jonathan Durand Folco et Jonathan Martineau, Le capital algorithmique. Accumulation, pouvoir et résistance à l’ère de l’intelligence artificielle, Montréal, Écosociété, 2023.
- Par-dessus le marché ! – réflexions critiques sur le capitalisme
Par-dessus le marché ! – réflexions critiques sur le capitalisme, sous la direction de Francis Dupuis-Déri, Écosociété, Montréal, 2012.
- Le philanthro-capitalisme : l’extension du ruissellement
La théorie du trickle-down effect, ou ruissellement économique, prônée dans les années 1980 aux États-Unis puis dans de nombreux pays acquis au tournant néolibéral, soutient qu’un système économique et fiscal qui profite aux plus riches serait bénéfique pour tou·te·s, via la consommation et les investissements des premier·ère·s : les bons effets « ruisselleraient » jusqu’aux catégories sociales inférieures. Cette théorie a été largement battue en brèche, avec une hausse des inégalités (…)
- Henri Lefebvre et la production de la banlieue
Crise économique oblige, il semble que nous n’ayons plus les moyens de mener le train de vie de l’État-providence. Il faut augmenter les tarifs des services dont la santé et l’éducation, revoir les règles de gouvernance économique, l’évaluation des risques, les attentes de profits. Sauf que personne ne questionne ses pratiques spatiales. Outre la remise en question de la « gratuité », fort peu pour affecter nos façons de faire hormis ces normes comptables. Du coup, la responsabilité se trouve rejetée vers un « autre » commode : le gestionnaire ou le politicien qu’il s’agit dorénavant de discipliner.
- Victoire de Michelle Bachelet
L’élection présidentielle ayant porté au pouvoir Michelle Bachelet le 15 janvier 2006 a suscité un enthousiasme populaire à la mesure des enjeux cruciaux soulevés par le choix historique des Chiliens de porter une femme à la présidence de leur pays. Première femme élue présidente dans l’histoire du Chili, la figure de Bachelet suscite bien des commentaires. Tandis que les grands quotidiens états-uniens la placent aux côtés de Lula dans le camp gauche « inoffensive » et « civilisée » par opposition aux « radicaux » Hugo Chávez ou Evo Morales, la presse espagnole s’étonne de voir un pays jugé très machiste élire une femme à la présidence avant les grandes démocraties libérales européennes ou nord-américaines.
- L’empire du capital
Ellen Meiskins Wood, L’empire du capital, Montréal, Lux Éditeur, 2011, 232p.
- Un espace médiatique critique est-il possible ?
Les grands réseaux de communication dont l’objectif est de développer les échanges d’information ont toujours été soumis aux intérêts de la sphère marchande et à l’essor d’un capitalisme de plus en plus déterritorialisé. L’emprise de la rationalité du mode de production capitaliste dans le champ médiatique n’a ainsi eu de cesse de se faire de plus en plus prégnante. La concentration économique des médias, leur financiarisation, le rôle joué par la publicité, l’affaiblissement de l’audiovisuel public et sa dépendance de la logique commerciale soumettent toujours davantage les médias à l’épreuve des lois du marché et les tiennent de plus en plus éloignés d’un modèle théorique de médias servant le jeu démocratique.
- Négociations du secteur public : pas de place pour l’environnement
Alors que les employé·e·s du secteur public sont en pleine ronde de négociations pour le renouvellement de leur convention collective, force est de constater que l’environnement est pratiquement absent des revendications des syndiqué·e·s. Est-ce parce que le milieu du travail n’est pas un bon véhicule pour mener la lutte aux changements climatiques ou parce que les syndicats ne se sont pas encore pleinement saisis de cet enjeu ?
- Le détestable arrêt Fraser
Législateurs et juges font malheureusement trop souvent peu de cas des travailleurs agricoles. Pour preuve, le refus de les entendre par le biais de la vidéoconférence sans prise en compte de leurs conditions matérielles (comme le retour – obligatoire – au pays après la fin de leur contrat de travail), la lenteur du système à lutter contre les conditions inhumaines et racistes dans lesquelles ils sont parfois contraints de travailler et de vivre, l’existence de plusieurs législations fédérales et provinciales leur octroyant ou retirant certains droits collectifs du travail, et ce, pour des raisons obscures, en réaction ou non à des décisions de justice. Si la justification de chaque avancée ou recul en matière de liberté d’association des travailleurs agricoles est souvent faible, l’analyse du mouvement dans son ensemble conduit à sérieusement douter de l’impartialité du traitement réservé à ces travailleurs et, plus largement, de celui offert à la liberté d’association reconnue par la Constitution. Le cas du régime des relations collectives de travail ontarien est édifiant.
- La sorcellerie capitaliste : pratiques de désenvoûtement
Philippe Pignarre et Isabelle Stengers, La sorcellerie capitaliste : pratiques de désenvoûtement, Paris, La Découverte, 2007
- Après le capitalisme. Essai d’écologie politique
Pierre Madelin, Après le capitalisme. Essai d’écologie politique, Montréal, Écosociété, 2017, 152 pages.
- Notre agriculture prend le champ
Les ententes de libre-échange, particulièrement au chapitre des produits agricoles, sont une sorte de cheval de Troie de la part des États-Unis et de l’Union européenne. Les dispositions de l’ALÉNA sur l’agriculture, en tous cas, ne visent pas à égaliser les chances des trois pays impliqués, mais à garantir aux États-Unis un droit le plus large possible à l’exportation de leurs produits.
- Éducation, contrôle politique et reproduction sociale
Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? Michel Foucault
L’éducation, c’est entendu, est appelée à jouer un rôle politique fondamental. Lequel, cependant ? Sur cette question n’ont cessé de faire rage des débats dont il est intéressant de bien comprendre la nature et la portée.
Pour cela, revenons d’abord à Platon. Celui-ci assignait à l’éducation une fonction essentiellement conservatrice : elle devait (…) - La concertation : l’analyse de Mélanie Laroche
La prolongation des conventions collectives et les mécanismes de concertation ont considérablement réduit au Québec la fréquence des conflits de travail et le nombre de jours-personnes affectés. Cette concertation et cette paix industrielle ont-elles profité de manière égale à la partie patronale et à la partie syndicale ? Mélanie Laroche, professeure adjointe à l’École de relations industrielles de l’Université de Montréal, cherche à répondre à cette question en analysant, selon les (…)
- Retour forcé au travail
En 2005, la Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public mettait un terme à la négociation collective des conditions de travail des employés de l’État, après quatre années de discussions flottantes, voire d’absence de dialogue. Floués, les travailleurs du secteur public, dont les procureurs et les juristes de l’État – certes en négociation depuis peu à l’époque –, avaient contesté la validité de cette loi devant les tribunaux et les instances internationales. En 2007, le Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT) mettait le Canada à l’index pour manquement au droit de négocier collectivement les conditions de travail. Le Comité dénonçait « les interventions législatives imposant des conditions de travail, sans qu’il n’y ait eu de consultations franches et approfondies avec les parties impliquées ». Le Comité « espé[rait] fermement que les prochaines négociations se déroul[eraient] en conformité avec les principes » internationaux relatifs à la négociation collective.
- L’origine du capitalisme
Ellen Meiksins Wood, L’origine du capitalisme, Montréal, Lux Éditeur, 2009, 313 p.
- L’indépendance contre la globalisation capitaliste
Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les frontières se sont effacées devant l’envergure des échanges internationaux, que l’État nation est en déclin et est devenu impuissant devant les acteurs économiques mondiaux. La régulation de l’économie, la plus légère possible, est la tâche des institutions internationales. Il en découle donc que la lutte pour la souveraineté nationale est complètement décalée et passéiste.
- « La grande transition »
Le collectif La grande transition organise un colloque international à l’UQAM en mai prochain. L’événement vise à rassembler « un millier de participant·e·s pour discuter des critiques du capitalisme, des stratégies qui visent son dépassement et des modèles d’organisation économique alternatifs ». Afin d’en savoir plus sur le projet, À bâbord ! a rencontré deux membres du comité organisateur, Alain Savard et Maïka Sondarjee.
Propos recueillis par Caroline Brodeur.
- En finir avec le capitalovirus : l’alternative est possible
Jean-Marie Harribey, En finir avec le capitalovirus : l’alternative est possible, Dunod, 2021, 218 pages.
- Le capitalisme, c’est mauvais pour la santé
Anne Plourde, Le capitalisme, c’est mauvais pour la santé, Écosociété, 2021, 288 p.
- Rendre la réalité inacceptable. À propos de « La production de l’idéologie dominante »
Luc Boltanski, Rendre la réalité inacceptable. À propos de « La production
de l’idéologie dominante », Paris, Demopolis, 2008, 189 p. - Secteur culturel : formes, limites et possibilités de l’action collective
Le secteur culturel subit actuellement une importante crise qui affecte autant les artistes que les travailleur·euses culturel·les, les organismes et les collectifs qui le composent. Reprise post-pandémique inégale, coupes budgétaires importantes chez les principaux bailleurs de fonds publics, exacerbation de la compétition entre individus et entre organisations pour accéder aux ressources, pénurie de main-d’œuvre, pressions inflationnistes…
- Incarner nos aspirations collectives
Au-delà des vœux pieux et des professions de foi formulées à chaque congrès syndical, que peut-on faire, concrètement, pour qu’advienne le syndicalisme combatif que l’on souhaite ? Voici quelques moyens qui pourraient, selon nous, permettre d’atteindre ces objectifs.
- Négociation des juristes de l’État
Leur convention collective est expirée depuis mars 2015. Ils et elles ont fait grève pendant 18 semaines. Ça n’a pas empêché les juristes de l’État de se buter à l’obstination féroce du gouvernement Couillard, dont le comportement dans ces négociations a toutes les allures d’un manque de bonne foi. Le 27 février 2017, il adoptait une loi spéciale pour forcer le retour au travail de ces salarié·e·s pas comme les autres.
- La médicalisation de la reproduction
Au Canada, près d’un couple sur huit connaîtrait des problèmes de fertilité . Parmi ces couples, certains opteront pour l’adoption, d’autres vont préférer mener une vie sans enfant ou attendre sans traitement. Pour d’autres, les nouvelles technologies de la reproduction (NTR) représentent l’espoir de réaliser leur rêve le plus cher, celui d’avoir un enfant. En effet, la multitude des techniques offertes renouvelle constamment cet espoir, et ce, malgré le taux d’échec important de ces (…)
- Mondialisation, quand tu nous tiens... par le ventre
Des citoyens attentifs ou particulièrement intéressés ont peut-être appris qu’une commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec était en cours. Si nos autorités politiques se préoccupent de la situation de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois au point d’entreprendre une large consultation publique, c’est que la situation est critique… ou que la pression populaire est forte.
- Léa Roback et la Maison Parent-Roback
En tant que professeure de droit du travail, je suis toujours étonnée de constater que mes étudiant·e·s connaissent peu ou prou les figures emblématiques des luttes sociales et du travail au Québec. Pour cette raison, le collectif de rédaction d’ À bâbord ! a décidé de réanimer la rubrique moribonde « Mémoire des luttes ». Nous avons choisi pour ce numéro de rendre hommage à Mme Léa Roback (1903-2000), une féministe de la première heure, une syndicaliste, une militante communiste, une pionnière, une battante.
- Milieu communautaire. De l’éclatement au rassemblement
Le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et de la condition féminine (CDEACF) est une bibliothèque qui privilégie les savoirs et l’apprentissage dans des domaines particuliers. Comme toutes les bibliothèques, il fait de la curation, c’est-à-dire qu’il sélectionne et diffuse des contenus textuels ou multimédias axés sur les centres d’intérêt d’une communauté.
- Le réseau capitaliste qui mène le monde
Occupy Wall Street s’est répandu comme une traînée de poudre dans les villes d’Amérique du Nord et au-delà. Deux symboles magnétiques : New York, ville phare du monde capitaliste au XXe siècle, et Wall Street, le cœur même des magouilles financières. Les Indignées des villes d’Occident ont même eu la sympathie, ou la « compréhension », de politiciens au pouvoir, notamment d’Obama et d’un ministre du gouvernement Harper.
- Sale argent- Petit traité d’économie à l’intention des détracteurs du capitalisme
Sale argent- Petit traité d’économie à l’intention des détracteurs du capitalisme, Joseph Heath, Montréal, Éditions logiques, 2009
- Capitalisme carcéral
Jackie Wang, Capitalisme carcéral, Montréal, Éditions de la rue Dorion, 2018, 349 pages.
- Pour une nouvelle économie
Libéré de la contrainte réelle ou affirmée que constitue ce que l’on appelle en finance la « rationalité limitée » des individus, je peux oser l’utopie. Comme Petrella, je demande le droit de rêver, car si nos idées se laissent brider par les contingences, qu’en sera-t-il de nos actions ?
Le but ultime de l’activité économique
L’activité économique doit servir au développement de l’humain, pas le diriger. Autrement dit, il faut comprendre le contraire de ce qu’on nous dit tous les jours, (…) - La cuisine est un sport de combat
On le sait, les banques alimentaires sont plus sollicitées que jamais. Or, leur efficacité et leur pertinence ont récemment été remises en question, car elles ne suscitent aucun changement dans les politiques sociales de l’État et peuvent facilement devenir des béquilles pour les populations les plus démunies qui y ont recours.
- Centres de la petite enfance
Encore un exemple de la force que doivent déployer des travailleuses pour se faire respecter. La convention collective des éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) est échue depuis 2010. La négociation a été laborieuse et s’est étirée dans le temps, jusqu’à cette année. C’est grâce à la détermination de ces femmes et à l’appui de leur syndicat que la négociation collective progresse. Mais il aura fallu utiliser les grands moyens, soit la grève dans 360 CPE.
- Le marché de droit divin : capitalisme sauvage et populisme de marché
Thomas Frank, Le marché de droit divin : capitalisme sauvage et populisme de marché, Lux/Agone, Montréal/Marseille, 2003.
- L’indépassable capitalisme
Aussi génial soit-il, à ses propres yeux et à ceux de la petite cour éblouie qui l’entoure, Jean-François Lisée ne peut tout de même pas se renouveler complètement d’une année à l’autre. Après avoir publié coup sur coup deux essais qui lui ont valu une certaine notoriété dans les années récentes, Nous, en 2007, Pour une gauche efficace, en 2008, voilà qu’il nous revient l’année suivante avec une nouvelle et longue contribution (« Le capitalisme : en sortir, le dompter ou le dépasser ? ») (…)
- Éthique consommée
La consommation peut-elle être une façon d’agir politiquement ? Une somme d’actes de consommation individuels peut-elle améliorer le monde ? « Acheter, c’est voter » est la prémisse fondamentale du discours des organismes qui font la promotion de la consommation « responsable » comme Équiterre. C’est la croyance qu’un monde meilleur peut s’acheter. Vous voulez sauver l’environnement ? On vous dira d’acheter des aliments biologiques. Vous voulez combattre la pauvreté dans les pays en voie de (…)
- Les barons du cochon
Le paysage agroalimentaire québécois est l’objet d’une concentration inquiétante et croissante de la propriété des fermes et des entreprises de transformation, notamment la production porcine dont les principaux acteurs concentrent une part importante de la production et d’imposants moyens de mise en marché. Le secteur porcin ayant fait l’objet d’une croissance accélérée et controversée au cours des 15 dernières années, il est essentiel de se questionner sur son avenir dans le cadre de la récente réforme de l’Assurance Stabilisation des Revenus Agricoles (ASRA). Cette réforme, à défaut de nuire aux intégrateurs, risque plutôt de renforcer leur emprise sur nos campagnes.
- L’autogestion
Le terme « autogestion » est relativement récent dans la langue française, car il n’est apparu qu’à partir de 1960. Il est la traduction littérale d’un mot serbo-croate, samoupravlje, lui donnant ainsi, au départ, une connotation historique précise, celle de l’expérience autogestionnaire yougoslave instaurée à partir des années 50. Par la suite, durant les années 70, il sera largement repris par divers courant de gauche un peu partout dans le monde, pas toujours d`une manière « désintéressée », ni très précise. Si le mot est récent, du moins en français, l’idée et la pratique sont beaucoup plus vieilles, remontant au début du capitalisme avec la formation des premières coopératives ouvrières de production dans le cours du XIXe siècle.
- Action collective au Québec : Territoires en lutte
Notre numéro 108 sera disponible en librairie le 26 juin prochain. Pour consulter le sommaire du numéro, c’est ici.
- Sommaire du numéro 108
Notre numéro 108 sera disponible en librairie le 26 juin prochain. Pour consulter la présentation du dossier « Action collective au Québec : Territoires en lutte », c’est ici.
- ChatGPT. Pour une résistance collective en enseignement
L’irruption de ChatGPT à la fin 2022 a bouleversé le milieu de l’enseignement, en offrant aux étudiant·es une possibilité de tricherie clé en main et difficile à prouver par les enseignant·es. Comment politiser et collectiviser la résistance ?
- États-Unis : menace à la liberté d’association en pleine pandémie
Ce n’est un secret pour personne : Trump n’a pas la fibre syndicale ! Le gouvernement étasunien fait peu de cas des conventions internationales du travail, en l’occurrence des conventions nos 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Ceci est encore plus criant en période de pandémie.
- Les États généraux des soins. L’expérience collective d’une forme de liberté
Un ami les accueille un soir dans son atelier pour peindre une banderole et fabriquer des pancartes. Elles ont apporté un grand drap blanc qu’elles étendent sur le sol. Elles ont alors un moment d’hésitation au moment de tracer les lettres : « Au nom de qui parler ? À qui s’adresser ? » se demandent-elles. Ce qu’elles finissent par écrire, un peu tremblant mais vivant, rose et noir, se lit sur deux lignes : Infirmières en colère, Citoyens solidaires !
- Petite histoire d’une ronde de négociations collectives
L’enjeu principal pour les membres du Front commun 2015 était d’obtenir pour les trois prochaines années des augmentations salariales de 13,5% pour pallier les mesures d’austérité en cours. Les pertes de pouvoir d’achat de 2010 à 2015 jumelées à des hausses de tarifs de maints services de base (électricité, transport, frais de garde, etc.) nécessitaient ce rattrapage. Il y a loin de la coupe aux lèvres.
- L’économie circulaire : une transition en cours vers un modèle plus soutenable ?
L’économie circulaire permet de redéfinir notre mode de production et de consommation pour limiter l’utilisation de ressource et protéger les écosystèmes. Elle diffère de l’économie linéaire qui se caractérise par la chaîne de valeur suivante : extraire, fabriquer et éliminer. Pour une économie alternative, il s’agit de récupérer ce qui se perd comme énergie dans la production ou qui se retrouve à la fin du cycle pour le réinvestir. Au Bas-Saint-Laurent, ce modèle économique s’implante à travers de nombreuses initiatives citoyennes.
- Le capitalisme au Canada et la « révolution » Harper
Le capitalisme au Canada et la « révolution » Harper, Pierre Beaulne, Serge Denis, Louis Gill et Sylvie Morel, Montréal, M Éditeur, 2014, 131 p.
- Trump, l’Alt-Right et la résistance
L’administration Trump est l’une des plus réactionnaires de l’histoire des États-Unis. Le milliardaire-président a promulgué une série de décrets ciblant les musulman·e·s, les immigrant·e·s, les femmes et plusieurs autres groupes opprimés. Ces mesures sont non seulement rétrogrades, elles ont aussi permis d’ériger un écran de fumée pour accélérer la déréglementation de l’économie américaine au seul bénéfice de la classe capitaliste.
- Le projet de loi 39 doit être corrigé pour que tous les votes et toutes les personnes comptent
La présente lettre a été déposée à la Commission des institutions dans le cadre des Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 39, Loi établissant un nouveau mode de scrutin. Du 22 janvier au 6 février 2020, la Commission a entendu 24 organisations et 12 personnes dans le cadre de 5 jours d’auditions et elle a reçu 46 mémoires et documents. L’étude détaillée du projet de loi 39 devrait débuter dans les prochaines semaines.
- Le slam contre le commun
Le slam fait fi des conventions poétiques « figées » tout en participant d’une culture qui n’est pas sans affinités avec des genres chansonniers comme le rap ou le hip-hop. De ce fait, il est volontiers associé à une posture de résistance. Marc Smith avait d’ailleurs, dans les années 1980, inventé le genre en vue de redonner la parole à ceux qui en avaient été trop longtemps privés. Ce ne sont pas les poètes consacrés par l’institution qui viennent réciter leur slam, mais bien plutôt ceux qu’on appelle souvent trop rapidement les citoyens « ordinaires », fabricants probables de cette multitude dont nous parlent Hardt et Negri quand ils écrivent que la monstruosité de la chair de la multitude conduit à la production commune [1], qui apparaît être celle de la démocratie. Là où le bât blesse, c’est que sous le couvert apparent de la revendication, le slam reconduit en fait servilement les logiques de la société capitaliste qu’il cherche pourtant à dénoncer et que, ce faisant, il nie toute possibilité de production commune et démocratique.
- Utiles ou encombrants ?
De façon périodique, l’agriculture se retrouve au cœur des discussions commerciales avec l’étranger. Parmi le jargon courant, on retrouve OMC, souveraineté alimentaire, gestion de l’offre, barrières tarifaires, plans conjoints, etc.
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
- Une réforme champbête
L’agriculture québécoise est en crise. Le rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec (le Rapport Pronovost), rendu public le 12 février dernier, propose certaines réformes que le milieu de l’agriculture paysanne attendait depuis longtemps. Mais d’un point de vue solidaire et écologiste, le rapport Pronovost est-il vraiment valable ? Procède-t-il, comme il le clame, du concept de souveraineté alimentaire ? Nous avons demandé à un agriculteur, une chercheuse et un militant écologiste ce qu’ils en pensent.
- À quand la création d’Éole-Québec ?
Le Canada vient de décider qu’il ne se conformerait pas aux exigences de Kyoto, qui sont pourtant minimales. Le Québec, se glorifiant d’émettre moins de GES que d’autres provinces, prend une direction similaire avec sa nouvelle politique énergétique axée sur les énergies fossiles (exploration gazière dans le Golfe, port méthanier à Cacouna). Les alternatives d’énergie propre sont sciemment négligées en dépit du fait que contrairement aux énergies conventionnelles, qui voient leurs prix (…)
- Resisting across borders : Hindu Fascism, Xenophobia, and Diasporic Solidarity
As Hindutva extends its influence to North America, forges alliances with Canadian conservatives, and hijacks discourses on multiculturalism and racism for its own ends, the SADAC is organizing a response by building local and transnational solidarity. À Bâbord ! met with them. Transcribed by Louise Nachet.
NDLR. Cette article est la version anglaise de l’entrevue parue dans notre numéro 107.
- Trop politiques, les syndicats ?
Dans le contexte des attaques antisyndicales de la CAQ et des mobilisations en riposte à celles-ci, nous rendons disponible la chronique Travail de Thomas Collombat, issue de notre prochain numéro. La revue sera disponible en librairie le 8 décembre !
- L’archivage culturel, une responsabilité collective
Même si elle n’a plus la cote depuis l’ère numérique, la télé est toujours parmi nous et demeure très influente. Depuis 70 ans, elle marque notre imaginaire collectif et notre discours politique. Pourtant, on ne l’archive pas de manière systématique. Ce travail dépend en grande partie de passionné·es et de militant·es. Regard sur deux documentaires qui soulignent cette tâche essentielle, ainsi que l’état inquiétant de l’archivage culturel à l’ère numérique.
- Transition agroécologique : l’avenir se construit maintenant et collectivement !
Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) a pour mission de « piloter des réflexions et des projets de recherche appliquée misant sur les innovations sociales ayant une pertinence pratique pour le secteur agroalimentaire et pour la société ». Des membres de son équipe discutent de l’importance d’être à l’écoute de divers acteurs pour arriver à une transition agroécologique cohérente et adaptée.
- Aide-mémoire en vue de la prochaine perturbation collective
Avant l’action
Les bases de l’action
* Si possible, suivre une formation sur la désobéissance civile ou discuter avec des personnes qui ont déjà organisé ce genre d’actions
* Identifier les revendications fondamentales ou la base d’unité du groupe
* S’entendre sur une stratégie globale
* Consulter et, si possible, impliquer les personnes les plus touchées par le problème sur lequel le groupe souhaite agir et des personnes qui ne sont pas entendues
* Évaluer si le timing est bon (…) - Diversité et croissance des modèles atypiques d’organisation du travail
Depuis la révolution industrielle jusque dans les années 1970, le modèle prédominant d’organisation du travail a gravité autour de ce qu’il est convenu d’appeler l’emploi traditionnel ou classique, c’est-à-dire celui qui est caractérisé par une relation de travail binaire, à temps complet, pour un seul employeur, pour une durée indéterminée, s’étendant parfois sur toute la vie et s’exerçant sur les lieux de travail de l’employeur. Puis, se sont développées et multipliées diverses formes d’emploi s’écartant de ce modèle fondé sur l’unicité d’employeur et de lieu et sur la continuité dans le temps.
- Pour les syndiqués précaires congédiés : quel recours ?
Précarisation des travailleurs et travailleuses, protection contre le congédiement, arbitrage ou tribunal et contenu implicite des conventions collectives. Voici les ingrédients du mélange à gâteau qui sera servi à la Cour suprême sous peu. Les juges laisseront-ils les travailleurs et travailleuses sur leur appétit ?
- Les victoires des employéEs de l’hôtellerie québécoise
Les employés québécois de l’hôtellerie jouissent actuellement de conditions de salaire et de travail parmi les meilleures en Amérique du Nord. Cela n’a pas été toujours le cas. Ainsi, alors que dans les années 1970, les salaires des préposées aux chambres et des serveurs étaient à peine supérieurs au salaire minimum, ils sont aujourd’hui souvent deux fois plus élevés. Alors que ces travailleurs étaient pauvres, ils gagnent maintenant bien leur vie. Alors qu’ils étaient traités comme des domestiques, ils se perçoivent aujourd’hui comme des professionnels. Comment expliquer cette progression remarquable ?
- Quand la banque s’amuse
En juillet prochain, il y aura un bien triste anniversaire à souligner : les 60 ans de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI). C’est en effet en juillet 1944, réunis à Bretton Woods, que les Alliés, au dernier stade d’un conflit terriblement meurtrier, posèrent les bases de l’ordre d’après-guerre en décidant, entre autres, la création de ces deux institutions internationales. Rattachés formellement à l’ONU qui voyait elle aussi le jour à ce moment, la Banque mondiale et le FMI avaient comme mandat originel de financer le développement international et la reconstruction à la suite de la guerre ainsi que de stabiliser les taux de change en vue d’éviter une grave crise financière comme celle de 1929. Aujourd’hui, on peut dire que ces deux organismes se sont largement éloignés de ce mandat pour devenir, au fil du temps, un des piliers du processus d’imposition à l’ensemble de la planète des politiques néolibérales capitalistes.
- GAFAM : Conclusions
J’ai proposé précédemment dans cette série d’articles une synthèse de ce qui fait la domination des GAFAMs. Nous pouvons maintenant chercher ce qu’il y a de commun à leurs histoires respectives.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Google. Ne pas être malveillant » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité ».
- La tête dans le sable bitumineux
L’exploitation accélérée des sables bitumineux constitue le principal enjeu de la politique énergétique du Canada dans la perspective du protocole de Kyoto. Les sables bitumineux sont la principale source d’émission de gaz à effet de serre (GES) au Canada et la principale raison de leur hausse. Avec tous les projets de développement actuellement en cours et approuvés par le gouvernement, la production de GES canadiens va doubler entre 2000 et 2012. Face à ce constat, on comprend mieux pourquoi le gouvernement conservateur de Harper et la ministre de l’Environnement Rona Ambrose ont annoncé, le 20 octobre dernier, que le Canada repousse à 2050 ses objectifs de réduction de GES.
- Les projets d’Hydro-Québec
Le projet du Suroît semble définitivement écarté de notre paysage politique. Il faut dire qu’on croyait la même chose à la suite du rapport du BAPE. Les intérêts semblent considérables et l’entêtement des dirigeants d’Hydro sans bornes. On a beau les renvoyer à leurs cahiers de devoirs, les vandales reviennent toujours en force.
- La faute à Fidel, de Julie Gavras
On a dit que cette comédie intelligente énonçait, à travers le personnage de la fillette boudeuse dont l’univers est ébranlé par l’engagement politique de ses parents, une critique du militantisme gauchiste des années 1970. C’est de tout autre chose dont il s’agit, à notre avis.
Le regard que pose l’enfant sur le monde adulte a plusieurs fonctions ici comme dans plusieurs fictions cinématographiques ou littéraires : 1. repartir du début (« C’est quoi les communistes ? », « C’est quoi Mai (…) - Peuple, à toi la parole ! (Des conditions s’appliquent)
Notre numéro 108 sera disponible en librairie le 26 juin prochain. Pour consulter la présentation du dossier « Action collective au Québec : Territoires en lutte », c’est ici.
- Services publics : vers la grève !
La grève est un moyen d’action qui a laissé ses traces dans l’histoire des négociations des secteurs public et parapublic au Québec. Qu’en est-il aujourd’hui, alors que les conventions collectives sont à renouveler, et ce, en pleine pandémie ?
- De grève du travail à grève sociale ?
Le 30 janvier 2015, la juge Abella affirmait, au nom de la majorité de la Cour suprême du Canada, que « [l]e droit de grève n’est pas seulement dérivé de la négociation collective, il en constitue une composante indispensable. Le temps me paraît venu de le consacrer constitutionnellement ». La majorité reprend mot à mot les propos du juge Dickson, minoritaire, dans la célèbre Trilogie de 1987.
- Freiner le processus de privatisation
Les réseaux modernes et universels de services publics, tels que nous les connaissons, sont le fruit de luttes syndicales et citoyennes mémorables. Jusqu’au début des années 60, les conditions de travail dans les établissements de santé et les institutions d’enseignement, tout comme les services offerts, variaient considérablement d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre. En obtenant la négociation nationale des conventions collectives, notamment, les syndicats ont atténué ces disparités. Ces injustices risquent aujourd’hui de réapparaître sous une forme nouvelle.
- Renouvelable vs nucléaire : où est l’avenir ?
Le secteur nucléaire a depuis 1990 une capacité de production électrique d’environ 350 gigawatts (GW) qui, au mieux, se maintiendra jusqu’en 2020, pour ensuite diminuer graduellement vers zéro en 2050. Les énergies renouvelables, c’est-à-dire éolienne et solaire photovoltaïque (PV), sont depuis 10 ans en expansion rapide ; en 2013, leur production électrique avait atteint un tiers du nucléaire, vieux de 50 ans. Comme les prix et l’intérêt des investisseurs favorisent maintenant le renouvelable, dont le potentiel est énorme, c’est lui qui offre la meilleure possibilité de contrôler les changements climatiques.
- Un enjeu capital
La question des paradis fiscaux et judicaires a été une fois de plus ramenée dans l’actualité par deux scandales récents. La crise financière que nous traversons a été causée en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de très nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un réseau d’évasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privilégiés, a causé des pertes d’environ 4 milliards d’euros en revenus fiscaux. Plus que jamais, il semble urgent d’intervenir contre ces espaces de non-droit que sont les paradis fiscaux.
- Petit cours d’autodéfense en économie : L’abc du capitalisme
Ne faites jamais confiance à un économiste. Ainsi commence ce bouquin qui vise à démystifier ce vaste champ d’analyse qui paraît si complexe que le commun des mortels se sent incompétent en la matière. Conséquence : chacun s’en remet à l’opinion d’experts en finance, en fiscalité, etc. Jim Stanford s’est imposé le défi d’asseoir les bases d’une compréhension tangible de l’économie, telle que chacun la vit en se levant le matin. Sa prémisse : nous sommes tous à même de saisir les grands (…)
- S’enrichir avec les litiges
Au sein du capitalisme mondial financiarisé, non seulement les entreprises privées ont leur propre instance de résolution des litiges commerciaux, parallèles aux tribunaux étatiques, mais des entreprises cotées en bourse ont pour principale activité de financer de tels litiges internationaux en vue d’un gain. Quelle est la genèse de cette pratique financière déconcertante et pourquoi faut-il la craindre ?
- Des ramparts comme autant de frontières
Pendant que les États-Unis continuent leur Guerre de terreur en Irak, la prise en otages d’étrangers par les mouqawama (combattants de la résistance) a capté l’attention des médias. En réponse aux enlèvements, plusieurs ONG internationales et organismes d’aide humanitaire ont relocalisé leur personnel étranger à Amman. Les journalistes étrangers qui n’ont pas encore quitté le pays sont presque paralysés et font leurs reportages de leurs fauteuils, devant des téléviseurs situés dans des complexes hôteliers « protégés » par des remparts de béton, des gardes armés et leurs bons contacts.
- La restitution des terres, clé de la vitalité des systèmes alimentaires autochtones
Les peuples autochtones [2] sont à la tête d’un mouvement pour la souveraineté alimentaire qui repose sur la restauration des systèmes agroalimentaires ancestraux. Bien que nous nous efforcions de restaurer ce que le colonialisme a confisqué de nos tables, il demeure que sans réparation ni restitution de nos territoires, aucune justice n’est possible. La souveraineté alimentaire passe par la restitution des terres.
- Empire. Nouvel habit de l’impérialisme ?
Au tournant du millénaire, Michael Hardt et Antonio Negri avançaient une thèse assez controversée au sujet de l’avènement d’une nouvelle forme « postmoderne » de domination mondialisée qu’ils nomment « Empire ». Pour ces auteurs, la concurrence belliqueuse entre puissances impériales a fait place à un seul système d’exploitation post-étatique de domination mondialisée.
- Souveraineté alimentaire à la sauce PQ
La nouvelle politique québécoise de souveraineté alimentaire mise en place par le gouvernement Marois au mois de mai était censée incarner une réponse au rapport de la commission Pronovost déposé cinq ans plus tôt. Quelques mois seulement après l’entrée en scène d’un gouvernement péquiste à Québec, le délice avec lequel la première ministre et son ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron, faisaient usage du label « souveraineté alimentaire » laissait voir leur plaisir de découvrir ce qui n’est rien de plus qu’une coïncidence linguistique faisant le pont entre agriculture et lexique politique québécois.
- De l’utopie technologique à la société autogérée
Les nouvelles technologies de l’information et des communications offrent d’immenses ressources au processus planétaire de colonisation de l’espace, du temps, des consciences et des cultures que l’on désigne comme la mondialisation. En même temps, ces technologies, desquelles sont issus Internet et le principe de la mise en réseau, constituent l’une des formes privilégiées de résistance à ce nouvel impérialisme décentralisé. Reste à savoir comment cette résistance parviendra à se fédérer de manière relativement unifiée pour instaurer de manière durable les bases d’une société à la mesure de ses valeurs libertaires.
- Projet de société autocentré, tricontinentale et internationalisme
La mondialisation néolibérale, ses leurres et ses lueurs ont confiné l’enjeu du développement et la réduction de la pauvreté à des acceptions de plus en plus éloignées de celle de l’autodétermination véritable des pays. Mais la redécouverte des vertus de l’État, venu à la rescousse de l’économie spéculative par le régime Bush, et son recours comme panacée pour sortir de l’actuelle récession par l’administration Obama, exhume l’État développementiste. Un tel État, contraire à celui que le néolibéralisme s’est partout évertué à désengager de l’économie puis à en reconfigurer les fonctions, doit de façon responsable et démocratique redevenir l’architecte du développement.
- Voir ou revoir Télé-Québec
Le dernier budget du ministre des Finances a, encore une fois, frappé de plein fouet Télé-Québec. La chaîne publique devra absorber une nouvelle diminution du financement public de 8 %, soit près de cinq millions de dollars, pour l’année 2004-2005. Cette nouvelle compression a eu comme effet de mettre fin à l’engagement de dizaines de contractuels en juin dernier. Par contre, le même budget a accordé dix millions de dollars en crédits aux producteurs privés. C’est sur cette trame de fond que le gouvernement du Québec a mis sur pied un Groupe de travail chargé de l’examen de Télé-Québec. Depuis la création de la Société en 1968, son existence a été remise en cause lors de divers examens périodiques et, chaque fois, la nécessité de maintenir une télévision publique québécoise s’est imposée.
- Les sciences cubaines occultées
À ceux et celles ayant l’habitude de jeter un coup d’œil dans les capsules de science et techniques des journaux, de parcourir la page d’actualités médicales des hebdomadaires ou de feuilleter les mensuels de culture scientifique, le défi est lancé : cherchez des nouvelles sur Cuba dans les archives de vos publications les plus familières. Nada ? Allez donc sur Internet, dans les sites journalistiques spécialisés en culture scientifique. Todavia nada ?
- Stériliser la vie pour mieux la contrôler
Le 3 mars 1998, le Bureau des brevets et marques de commerce des États-Unis octroie un brevet intitulé « contrôle de l’expression des gènes végétaux ». Promptement rebaptisée « Terminator » (ou encore « semences-suicide ») par ses critiques, cette technologie modifie génétiquement les plantes de façon à rendre leurs semences stériles.
- La culture : pour le meilleur et sans le pire
Dans un monde idéal, la culture cesserait d’être considérée comme une forme de divertissement sophistiqué et pas vraiment nécessaire. Les gens sérieux ne l’aborderaient plus comme le sujet à traiter en dernier lieu dans une liste de préoccupations forcément plus importantes. On ne lui donnerait plus des budgets minuscules frôlant le 1 %, tout en laissant entendre que ce montant est déjà trop élevé. Elle cesserait d’appartenir au domaine du passe-temps ou du loisir, considérée nettement en deçà du travail utile, respectable et bien rémunéré.
- Saguenay - Nitassinan : les anarchistes repensent le communautaire
Depuis environ huit ans, à Saguenay, sur les territoires volés du Nitassinan [3], le Collectif Emma Goldman met de l’avant le principe de l’Action sociale anarchiste, une approche alternative de l’intervention sociale et communautaire. Nous vous présentons ce que nous avons tissé au fil de nos discussions, expériences pratiques et réflexions collectives.
- Lock-out à ABI. Quand le gouvernement s’en mêle
Les alumineries internationales accumulent de très gros profits au Québec grâce, entre autres, à la réduction du prix de l’électricité qu’Hydro-Québec leur consent. Ces multinationales créent des emplois, mais portent aussi de sérieux coups à nos ressources collectives et, parfois, à leur propre main-d’œuvre.
- Abus de lock-out, abus de pouvoir
Souvenons-nous des lock-out déclenchés par Pierre Karl Péladeau, dont l’un des plus tristement célèbres fut celui du Journal de Montréal. PKP n’est malheureusement pas le seul à gérer ainsi les relations avec ses travailleuses et travailleurs. Ces derniers mois, les concessionnaires de voitures ont fait les manchettes avec de nombreux lock-out. Avant eux, Olymel avait coincé ses employé·e·s dans un lock-out de près de 10 ans. Actuellement, ce sont les travailleuses et travailleurs de l’Aluminerie Bécancourt qui vivent la même situation.
- La Gaspésie face aux enjeux du 21è siècle
Depuis 2014, le Forum régional sur le développement Gaspésie 21e offre un espace de réflexion et d’échanges entre des chercheurs·euses de différents horizons du développement régional au Québec et les intervenant·e·s du milieu gaspésien. La démarche cherche également à initier les étudiant·e·s aux questions du développement des régions du Québec.
- Un flop !
Les employé·e·s du Vieux-Port de Montréal étaient en grève depuis le 27 mai 2016. Si le conflit s’est officiellement résolu le 27 octobre dernier, le résultat n’a pas été à la hauteur des attentes des travailleurs·euses, malgré leur vaillance.
- Quand le collège Stanislas menace de sous-traiter…
Il n’est pas ici question de faire le procès du financement du privé par le public, qui est un sujet en soi. Mais il s’agit de dénoncer le recours à la sous-traitance de plus en plus courant dans divers services à la population.
- Syndicalisme et informatique libre
On le sait, le syndicalisme vise à défendre les intérêts des travailleurs·euses et à transformer la société par l’action collective de ceux-ci et celles-ci. Les luttes syndicales ont mené à plusieurs progrès sociaux majeurs comme la fin du travail des enfants, la diminution des heures de travail et l’instauration d’un salaire minimum.
- À nous l’UQAM !
Entretien avec Marie Blais, présidente du SCCUQ (Syndicat des chargé·e·s de cours de l’UQAM) et Michèle Nevert, présidente du SPUQ (Syndicat des professeur·e·s de l’Université du Québec à Montréal).
Les négociations des conventions collectives des professeur·e·s et des chargé·e·s de cours de l’UQAM se déroulent dans le contexte des négociations de l’ensemble de la fonction publique et d’une grande partie du secteur parapublic. À bâbord ! a rencontré les présidentes du SPUQ et du SCCUQ pour connaître les spécificités de leurs luttes respectives ainsi que les articulations de celles-ci entre elles, avec les étudiant·e·s, avec d’autres enjeux relatifs au secteur universitaire, à l’éducation et aux réformes des services publics en général ainsi qu’au Front commun et à la résistance de la société québécoise organisée contre l’offensive austéritaire. Les lignes qui suivent rapportent les faits saillants d’une vive et cordiale discussion qui a eu lieu dans les locaux du SCCUQ par un chaud après-midi de l’automne du même acabit.
Propos recueillis par Ricardo Peñafiel.
- Des conditions salariales sous pression depuis 35 ans
L’offre salariale du gouvernement du Québec à ses salarié.e.s syndiqué.e.s s’inscrit dans une trame historique peu édifiante, qui remonte à 1979. Elle correspond à rien de moins qu’un mauvais traitement salarial. Pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être parce qu’il s’agit de secteurs – l’éducation, la santé, les services de garde – où les femmes comptent pour plus de 75% du personnel. Manifestement, les libéraux semblent habités par un biais sexiste… Mais ce travers n’est pas nouveau. Depuis 35 (…)
- Fêter à l’ère du capitalisme mondialisé
Écho de formes de célébrations collectives anciennes, réminiscence de rassemblements rituels cycliques à caractère agraire et religieux, congrégation des arts, rencontre des peuples et des cultures, propagande étatique, fête militante ou corporation millionnaire, le festival est une pratique collective syncrétique dont les formes contemporaines témoignent de l’évolution et de l’état de l’art de la fête publique dans la culture occidentale. Qu’avons-nous donc en commun qui nous donne envie de nous rencontrer et de célébrer ?
- Soulèvements populaires en Amérique latine
En mai dernier sortait le dernier ouvrage collectif du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine) intitulé L’interpellation plébéienne en Amérique latine. Violence, actions directes et virage à gauche. Ce livre, fruit d’une recherche collective qui aura duré trois ans, analyse une série de soulèvements populaires survenus en Amérique latine au cours de la dernière décennie. Par un va-et-vient constant entre la théorie politique et les recherches de terrain, ce livre s’avère un outil de d’interprétation indispensable pour aborder d’autres printemps des peuples survenus plus près de nous ou ailleurs dans le monde. Afin d’en rendre compte, À bâbord ! a rencontré Ricardo Peñafiel, l’un des codirecteurs de ce livre.
- Les verrous de 1968
D’innombrables allégations encombrent la mémoire de Mai 68, devenu pour certain·es la source par excellence des pires maux dont souffrirait notre société : hédonisme individualiste, narcissisme consumériste, repli des individus dans la sphère privée, atomisation de la société, censure du politically correct, supériorité des droits sur les devoirs, perte des valeurs communes au profit de la protection des minorités, dissolution des repères collectifs, dévalorisation des maîtres et des supérieurs, dispersion des familles, fantasme d’autofondation de soi, irresponsabilité de masse, hyperfestivité, maladies vénériennes, impératif de jouissance illimitée, impossibilité des transgressions et des interdictions au profit du règne de l’autorisation et de la permission – quelle faute n’a-t-on pas fait porter à 1968 ?
