Après le capitalisme. Essai d’écologie politique

No 73 - février / mars 2018

Pierre Madelin

Après le capitalisme. Essai d’écologie politique

Pierre Madelin, Après le capitalisme. Essai d’écologie politique, Montréal, Écosociété, 2017, 152 pages.

« Révolution ou effondrement ? » Voilà la question au cœur de la réflexion de cet essai d’écologie politique de Pierre Madelin. Ce philosophe vivant au Chiapas défend une refonte totale de notre société basée sur un écologisme politique libertaire. Dans ce livre court et concis, l’auteur expose comment il est possible d’accéder à une émancipation de notre servitude au capitalisme et à la société de consommation.

Pour Madelin, le capitalisme est voué à disparaître pour trois raisons principales : une limite interne de quête infinie d’accumulation du capital, une limite externe de finitude des ressources et de régénération de la nature et une limite anthropologique qui se traduit par la destruction du tissu social qu’engendrent les comportements valorisés par le capitalisme (choix utilitaire, maximisation du profit, compétition, etc.). Un des vices les plus problématiques du capitalisme serait sa propension à diviser la société, par la lutte des classes bien sûr, mais surtout par toutes les formes de dépossession et de domination. Le capitalisme nous aliène et nous rend étrangers à la société comme le croyait Marx, mais, pour Madelin, il nous aliène également avec la nature.

Pour sortir de cette crise sociale, écologique et économique, nous devons repenser notre rôle sur la Terre. Nous devons certes miser sur une transition énergétique, mais celle-ci doit absolument passer par une décroissance énergétique. Il faut aussi sortir de notre anthropocentrisme et considérer la nature pour elle-même et non comme utilitaire à l’humain. Nous devons notamment reconsidérer notre relation aux animaux.

L’auteur dénonce aussi les solutions néo-malthusiennes de régulation des naissances et prône plutôt le végétarisme et l’écosocialisme, mais reconnaît tout de même que la croissance de la population mondiale risque d’aggraver la crise écologique. Madelin soutient qu’une sortie du capitalisme doit passer par une auto-organisation de la société, libertaire et à petite échelle, une position qui rappelle l’idée du municipalisme libertaire de Murray Bookchin.

Ce livre est grandement conseillé à un lectorat sensible aux questions écologiques et anarchistes. L’ouvrage est surtout intéressant pour les réflexions des premiers chapitres, car les subséquents ouvrent à une réflexion large et complexe qui nécessiterait davantage de pages et d’information. Ainsi, malheureusement, comme beaucoup de livres du genre, nous restons avec plus de questions que de réponses.

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