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- Bataille autour du Code du travail en 1964-1965
Les années 1960 marquent une grande période d’expansion pour le mouvement syndical québécois. Durant cette décennie, le taux de syndicalisation bondit de 30 à 40 %. Les effectifs passent de 375 000 à 700 000 syndiqué·e·s. Cette progression est imputable, pour l’essentiel, à l’implantation du syndicalisme dans les services public et parapublic. La force de frappe du mouvement syndical se manifeste en 1964-1965 par la conquête de nouvelles lois du travail qui ont pour effet de reconnaître aux salarié·e·s des secteurs public et parapublic le droit de négociation et le droit de grève. Retour sur un événement historique dont on célébrera le cinquantième anniversaire au cours des prochains mois.
- Le détestable arrêt Fraser
Législateurs et juges font malheureusement trop souvent peu de cas des travailleurs agricoles. Pour preuve, le refus de les entendre par le biais de la vidéoconférence sans prise en compte de leurs conditions matérielles (comme le retour – obligatoire – au pays après la fin de leur contrat de travail), la lenteur du système à lutter contre les conditions inhumaines et racistes dans lesquelles ils sont parfois contraints de travailler et de vivre, l’existence de plusieurs législations fédérales et provinciales leur octroyant ou retirant certains droits collectifs du travail, et ce, pour des raisons obscures, en réaction ou non à des décisions de justice. Si la justification de chaque avancée ou recul en matière de liberté d’association des travailleurs agricoles est souvent faible, l’analyse du mouvement dans son ensemble conduit à sérieusement douter de l’impartialité du traitement réservé à ces travailleurs et, plus largement, de celui offert à la liberté d’association reconnue par la Constitution. Le cas du régime des relations collectives de travail ontarien est édifiant.
- Au coeur de la prison. Le Front de libération des femmes du Québec
En mars et avril 1971, à la prison Tanguay, les militantes du Front de libération des femmes (FLF) ont vécu avec les prisonnières de droit commun une expérience de solidarité féministe unique dans nos annales. En plus de réaliser un travail de conscientisation féministe et de défense des droits des prisonnières, elles ont tissé avec elles de profonds liens de confiance et de sororité sociale et politique. Retour sur une lutte peu ordinaire tombée dans les limbes de l’Histoire.
- Un salaire minumum à bonifier
L’année 2015 marque le 90e anniversaire de l’entrée en vigueur de la première loi fixant un niveau de salaire minimum au Québec : la Loi sur le salaire minimum des femmes. Force est de constater, 90 ans plus tard, que malgré l’évolution législative et les progrès sociaux que le Québec a connus, nous sommes encore aux prises avec plusieurs problèmes de pauvreté, d’exclusion et de discrimination à l’endroit de plusieurs groupes de travailleuses et de travailleurs.
- Freiner le processus de privatisation
Les réseaux modernes et universels de services publics, tels que nous les connaissons, sont le fruit de luttes syndicales et citoyennes mémorables. Jusqu’au début des années 60, les conditions de travail dans les établissements de santé et les institutions d’enseignement, tout comme les services offerts, variaient considérablement d’un établissement à l’autre, d’une région à l’autre. En obtenant la négociation nationale des conventions collectives, notamment, les syndicats ont atténué ces disparités. Ces injustices risquent aujourd’hui de réapparaître sous une forme nouvelle.
- ZLÉA : Le mouvement étudiant contre la globalisation néolibérale
Au Québec, les grèves pour le climat de 2019 n’étaient pas les premières grèves « internationales ». Le 31 octobre 2002, 10000 personnes prennent d’assaut les rues de Montréal pour s’opposer à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), à l’initiative du mouvement étudiant. Un an après le Sommet des Amériques, le mouvement étudiant québécois se positionne à l’avant-garde de cette lutte internationale.
- « Y’a qu’à » - La CAQ et l’éducation
Peut-être y a-t-il, médiatiquement et politiquement, de salutaires insignifiances, une stratégie visant à ne rien dire de trop marqué, pleine de sous-entendus, qui permettrait d’éviter les vagues et les critiques, tout en fédérant peurs, espoirs et ressentiments de tous poils, par-delà les contradictions. Ainsi en irait-il de la Coalition avenir Québec (CAQ). L’inexistence de ce parti dans la vie des idées au Québec et l’insipidité de son discours ont pour effet que l’intellectuel·le lambda, quel que soit son penchant idéologique, n’a sans doute pas consacré plus de quinze minutes de sa vie à réfléchir à la CAQ, à cette possibilité jadis improbable : un gouvernement Legault.
- Du céleri pas cher... aux frais des travailleurs migrants
Cela fait déjà au moins 60 ans que l’on observe une augmentation du nombre de fermes industrielles au Québec, une augmentation qui se fait aux dépens des fermes familiales. Cependant cette tendance a été exacerbée par le libre échange. Dans le secteur horticole (production des fruits et légumes), l’utilisation de la main-d’œuvre demeure intense. Un des ingrédients nécessaires à la consolidation agroindustrielle du secteur horticole est donc la disponibilité de nombreux travailleurs précaires disposés à accepter les conditions de travail difficiles de ce secteur. Les grandes fermes ont besoin de travailleurs just-in-time [en flux tendu] – et le Programme fédéral des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) répond à ce besoin.
- Pour les syndiqués précaires congédiés : quel recours ?
Précarisation des travailleurs et travailleuses, protection contre le congédiement, arbitrage ou tribunal et contenu implicite des conventions collectives. Voici les ingrédients du mélange à gâteau qui sera servi à la Cour suprême sous peu. Les juges laisseront-ils les travailleurs et travailleuses sur leur appétit ?
- Des entreprises privées de placement dans les services publics
Les employeurs de la fonction publique ont de plus en plus recours à des entreprises privées de placement à but lucratif pour combler leurs besoins de main-d’œuvre. C’est vrai dans la fonction publique, tout comme dans le réseau de la santé. Bien que la stratégie ne soit pas nouvelle, elle a acquis une ampleur sans précédent.
- L’individualisation de l’organisation du travail
Les syndicats ont été largement affaiblis partout depuis les années 1980, même si le Code du travail a permis aux syndicats québécois le maintien de leur puissance institutionnelle. L’une des causes de cet affaiblissement est bien connue : la mondialisation. Une autre, aussi importante, est souvent ignorée : l’individualisation de l’organisation du travail.
- Gaspésie : La Biennale Barachois In Situ
À Barachois, un village situé entre Gaspé et Percé qui ne s’inscrit généralement pas dans les circuits touristiques habituels, la dévitalisation régionale est perceptible depuis des décennies. L’école du village a fermé ses portes en 1996, par manque d’élèves. Les services de train et d’autocar ne sont plus offerts depuis 2013 et 2015 respectivement. La population, majoritairement anglophone, est vieillissante et les familles avec jeunes enfants sont rares. Néanmoins, un nouvel évènement artistique attire les curieux et curieuses, et mobilise la population : la Biennale Barachois In Situ.
- Se libérer du travail
En Occident, dans la foulée de la révolution industrielle, le travail est devenu notre voie de salut, l’outil par lequel l’émancipation devient possible. Cette grande confiance dans les vertus libératrices du travail sera bien sûr soutenue par les promoteurs du capitalisme, mais également partagée par plusieurs de ses opposants, et ce, jusqu’à aujourd’hui. Or, l’utopie du travail est périmée. La gauche du XXIe siècle, et notamment la gauche syndicale, doit apprendre à s’en détacher si elle veut être en mesure d’affronter les défis présents et à venir.
- Que peut-on attendre du tramway ?
L’annonce du projet de réseau structurant de transport en commun (RSTC) à Québec a fait couler beaucoup d’encre et nourri de nombreuses tribunes, chacun y allant de son interprétation et de sa lecture. Dans les discussions ayant eu lieu autour du tramway et de ses effets, la science a été mise de côté pour faire place aux opinions. Ce texte propose d’explorer les impacts possibles sur la base de faits, soit d’études reconnues et publiées.
- La valeur du temps humain
Les gens travaillent aujourd’hui plus que jamais. Au Canada, en 1991, un travailleur sur dix trimait plus de cinquante heures par semaine. En 2001, leur nombre avait augmenté à un sur quatre. Pourtant, dans notre société, la production de la valeur et de richesse dépend de moins en moins du travail humain. Étonnant paradoxe des sociétés capitalistes avancées : le travail est devenu superflu, mais on ne s’y est jamais accroché avec autant de force.
- Under Pressure
- {Au bas de l’échelle} : Au service des non syndiqués
Organisme indépendant sans but lucratif né en 1975, Au bas de l’échelle s’est vite imposé comme acteur social de premier ordre. Il est le seul organisme de portée nationale à avoir comme mission première la défense des droits des personnes non syndiquées, soit 60 % des travailleurs québécois.
- Une grève du 1er mai travaillée
Le Syndicat des enseignantes et des enseignants du cégep de Rimouski (SEECR), affilié à la Fédération autonome du collégial (FAC), a tenu, le premier mai dernier, une grève travaillée. Qu’est-ce qu’une grève travaillée ? Quels ont été ses objectifs ? Comment, dans cette période de grande morosité, ce syndicat a-t-il réussi à mener, seul et à bien, une entreprise se distinguant par son originalité et son envergure ?
- Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Centres de la petite enfance
Encore un exemple de la force que doivent déployer des travailleuses pour se faire respecter. La convention collective des éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) est échue depuis 2010. La négociation a été laborieuse et s’est étirée dans le temps, jusqu’à cette année. C’est grâce à la détermination de ces femmes et à l’appui de leur syndicat que la négociation collective progresse. Mais il aura fallu utiliser les grands moyens, soit la grève dans 360 CPE.
- Les industries de la précarisation
Les agences de placement, qui se sont multipliées depuis le début des années 1990, offrent aux entreprises le recrutement de personnel permanent et, dans plus de 70 % des cas, le prêt d’une main-d’œuvre temporaire. Au bas de l’échelle, organisme qui informe, conseille et appuie dans leurs démarches les travailleurs non syndiqués confrontés à des injustices dans le travail (non respect du salaire minimum, congédiement illégal, harcèlement, etc.), a dû faire face à ces agences dont les clients sont souvent des entreprises ne respectant pas les droits de leurs travailleurs qui demeurent sans recours devant ces atteintes.
- Travailler moins ne suffit pas
Julia Posca, Travailler moins ne suffit pas, Écosociété, 2023, 144 pages.
- Une maudite job
Avec un taux de présence syndicale dépassant les 40 % en 2005, le Québec fait certainement bande à part en Amérique du Nord. Mais est-ce à dire qu’il y est facile de se syndiquer pour autant ? Il faut d’abord préciser qu’il y a une grande différence entre le secteur public, où huit salariées sur dix sont syndiquées, et le secteur privé, où moins de trois sur dix le sont. Et c’est dans ce secteur que se retrouvent 75 % des emplois au Québec.
Un droit qui s’exerce dans la clandestinité
À (…) - Corbyn et le retour vers le futur des travaillistes
Un an après le Brexit, les citoyen·ne·s du Royaume-Uni ont été appelé·e·s à élire un nouveau parlement. Contre toute attente, le Parti conservateur de Theresa May a perdu son pari : il n’a plus la majorité même s’il forme le gouvernement, tandis que le Labour de Jeremy Corbyn sort revigoré de la joute électorale.
- Un assaut gouvernemental contre le syndicalisme
Au cours de l’été 2006, le premier ministre Jean Charest accordait une entrevue au magazine français L’Express international dans laquelle il affirmait : « Nous avons livré une bataille très dure contre les intérêts syndicaux. Les agences de cotation ont reconnu cet effort en relevant la cote de crédit du Québec. Nous sommes très fiers de ces réalisations ».
Ce que nous savions depuis son arrivée au pouvoir, à savoir que les attaques au mouvement syndical avaient comme but principal de (…) - Appel à la création d’un large front social de lutte
Le budget de Mme Jérôme-Forget (2009-2010) était le premier budget déficitaire du Québec en 10 ans. Il présentait également les intentions gouvernementales à venir, soit un retour rapide à l’équilibre budgétaire par l’augmentation de la TVQ et de l’ensemble des tarifs, mais aussi par une asphyxie progressive du financement des services publics. L’énoncé économique du ministre des Finances en septembre 2009 et son budget qui suivra viendront confirmer les appréhensions. La « crise des finances publiques » venait offrir l’occasion en or pour le gouvernement d’imposer son agenda néolibéral, soulevant du fait même l’ire de la population et les applaudissements des Chambres de commerce et du Conseil du patronat.
- Tout est publicité
Il fut un temps, du moins aime-t-on le croire, où l’espace de la publicité était bien identifié et hermétiquement séparé des autres espaces, celui des nouvelles ou du divertissement, par exemple. Ces temps n’ont plus cours. Aujourd’hui, les marques des voitures utilisées dans un film, les bandes pendant les compétitions de patinage, les vêtements des joueurs de golf, tout est envahi par la publicité, dans le but de pousser le consommateur à agir dans une direction donnée.
On disait de la (…) - Pour l’autogestion au travail !
La hiérarchie et les relations autoritaires sont trop souvent considérées comme l’ADN de l’univers du marché du travail et, à notre avis, elles sont trop peu questionnées. Elles apparaissent comme l’ordre naturel des choses.
- La terreur démographique
Une étude du Conference Board, autre officine de la droite canadienne, nous annonce que le Québec pourrait manquer de près de 400 000 travailleurs en 2030. Comme le nombre de chômeurs officiels au Canada est actuellement évalué à plus de 450 000, il semblerait mathématiquement cohérent de nous réjouir qu’un problème soit donc en voie d’être réglé, d’autant plus qu’un tel taux est en réalité deux fois plus élevé environ si on inclut tous ceux n’ayant plus droit aux prestations – ce qui arrive de plus en plus vite – et tous ceux qui ont renoncé à chercher du travail. Ce serait hélas être trop cohérent et rater ainsi la véritable logique de ce discours : annoncer un tel manque de travailleurs, c’est nous prédisposer à réentendre qu’il faut relancer les mesures visant à diminuer les services et, grâce au miracle de l’incitation que procurent les coupures dans l’accessibilité aux prestations, à renvoyer au travail les prestataires d’aide sociale [1].
- Décolonisation 101
Le colonialisme est un phénomène qui, s’il plonge ses racines dans une histoire qu’il est impératif de comprendre, est foncièrement contemporain. En effet, les États canadien et québécois sont un héritage direct et vivant des prises de terre et de la capture juridique qui se sont mises en œuvre en Amérique du Nord entre le 17e et le 20e siècle.
- Le toyotisme, ça marche ?
Ce n’est pas de la marque d’automobile dont il est question ici, mais de son modèle performant d’organisation du travail. Osons la question : de quelle performance s’agit-il ? Ou plutôt, qui cette performance vise-t-elle ? Ces questions simples en apparence commandent réflexion et regard critique.
- Faire place à l’émeute épistémique
Dans l’éditorial de ce numéro, le collectif d’À bâbord ! offre son appui et sa solidarité aux luttes pour la protection du territoire menées à Kahnawà:ke et dans le Nitassinan de Pessamit, entre autres. Mais qu’est-ce donc qu’être solidaire dans cette société coloniale à laquelle nous appartenons ?
- Une attaque de front
L’assurance-emploi a beau être un programme financé exclusivement par les cotisations versées par les travailleuses et les travailleurs et leur employeur, les gouvernements fédéraux successifs se permettent depuis une bonne vingtaine d’années d’en affecter les surplus à des priorités politiques qui n’ont rien à voir avec une assurance visant à protéger les salariéEs des aléas d’une économie de marché qui a besoin de chômeuses et de chômeurs pour fonctionner.
- Black Mirror. Technos vampiriques
Mêlant habilement une anticipation scientifique réaliste et des scénarios d’horreur cauchemardesques, Black Mirror marque l’imaginaire de son vaste public, y compris à gauche, depuis ses débuts. Lancée en 2011 par Charlie Brooker, la série britanno-américaine revient en 2019 pour une cinquième saison.
- L’enseignement et le piège de la vocation
« L’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité. […] C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun. »
Hannah Arendt, « La crise de l’éducation »
- L’élection de 2012 est en marche
Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont, sans surprise, confirmé la mauvaise posture du président Obama. En effet, la population comprend mal les décisions prises par la Maison-Blanche, d’autant plus qu’elle ne bénéficie absolument pas des mesures colossales mises en œuvre pour relancer l’économie. Paradoxalement, plusieurs des mécontents ont voté pour le Tea Party, qui promet d’en faire encore moins sur le plan économique.
- La tarification des services publics
« Il faut prendre l’argent là où il se trouve, chez les pauvres. D’accord, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! » Alphonse Allais [2]
- Bande de colons : une mauvaise conscience de classe
Alain Deneault, Bande de colons : une mauvaise conscience de classe, Lux, 2020, 216 pages.
- Entrevue avec Ellen Gabriel. Décoloniser les mentalités pour le respect des droits des peuples autochtones
Ellen Gabriel (aussi nommée Katsitsakwas) a été porte-parole de la communauté kanien’kehá:ka de Kanesatà:ke lors de ce qui est communément appelé la crise d’Oka de 1990, conflit qui perdure toujours [3]. Elle nous fait part de ses réflexions sur les perturbations, appelant les Québécois·es et Canadien·ne·s à cesser de tolérer la colonisation des territoires autochtones.
Propos recueillis par Amélie Nguyen.
- Le peuple de la rivière Kattawapiskak
À la fin du mois de novembre 2011, les Québécois, les Canadiens anglais et les membres des nations autochtones ont subitement appris que la cheffe du peuple cri de la région d’Attawapiskat, Theresa Spence, avait fait appel à la Croix-Rouge canadienne pour que des agents de cet organisme aident de nombreuses personnes de sa communauté à surmonter les problèmes majeurs de logement qu’elles éprouvaient durant une période de froid polaire (environ - 50 degrés Celsius).
- Les 150 premiers jours du gouvernement libéral
L’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral a suscité bien des angoisses. Pour en discuter, À bâbord ! a réuni les représentants de quatre groupes importants dans notre société : Lorraine Guay, du collectif D’Abord solidaires, Molly Alexander, de l’Union des forces progressistes, Arthur Sandborn, du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN) et François Saillant du FRAPRU. Nous résumons ici – sur la base de deux grandes questions de fond – l’essentiel de leurs propos.
- Luttes communes avec les syndicats du Mexique
En octobre dernier, le mouvement parasyndical québécois Lutte commune et le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) ont organisé une conférence et un atelier avec des militant·e·s œuvrant dans des syndicats mexicains. Quel portrait tracer des luttes syndicales au Mexique ? Comment se vivent au quotidien ces combats ? Que retenir de ces solidarités nouvelles ? Propos recueillis par Isabelle Bouchard.
- Justice pour toutes !
À Bâbord ! vous invite au lancement de son 74e numéro : Justice pour toutes !
Rendez-vous dès 18h le 19 avril à la librairie féministe L’Euguélionne (1426 rue Beaudry, Montréal). Nous tiendrons une table-ronde formée d’autrices du dossier. Tous les détails ici.
Entrée libre, bienvenue à toutes et à tous !
- La vie en rose ?
Dans un club gai comme le Unity, on peut se retrouver tous les vendredis et samedis entouré de beaux jeunes hommes qui s’amusent durant des heures et des heures dans une ambiance des plus festives. On peut se demander pourquoi le taux de suicide est si élevé chez les jeunes homosexuels alors qu’ils semblent tellement s’amuser à passer des nuits qui font sans doute l’envie de leurs congénères hétérosexuels. Pour les gais, cette vie de plaisir n’est possible que dans un ghetto. Ou, pour être plus précis, une enclave où l’on exploite l’argent rose. Comment un quartier comme le Village gai de Montréal est-il devenu un espace où l’on exploite la discrimination ?
- La figure québécoise dite colonisée et l’invisibilisation autochtone
À l’occasion de la fête nationale du Québec, il semble important d’ouvrir un débat critique sur la figure du québécois comme figure colonisée, et d’évoquer les angles morts et les héritages, accidentels ou non, de cette représentation mise en avant par des revues comme Parti pris.
- Solidarité féministe avec la Palestine
Féministes racisé·e·s uni·e·s et solidaires (FRUeS) est un groupe non mixte de soutien et de résistance par et pour les personnes s’identifiant comme femmes, fems et personnes non-binaires racisé·es. Suite à la violence déchaînée par l’État d’Israël sur la Palestine, le collectif a rédigé ce manifeste que nous partageons ici dans son intégralité. Nous remercions Jade Almeida de leur avoir ouvert les pages de la revue à travers sa chronique !
- Des féminicides coloniaux
Si le discours public sur la mort de personnes de groupes marginalisés est toujours politique, cela devient très clair quand on a affaire aux débats d’opinion sur le génocide perpétré envers les peuples autochtones et sur les féminicides de femmes autochtones au Québec et au Canada. Chronique d’un militantisme anti-autochtones bien de chez nous.
- La restitution des terres, clé de la vitalité des systèmes alimentaires autochtones
Les peuples autochtones [4] sont à la tête d’un mouvement pour la souveraineté alimentaire qui repose sur la restauration des systèmes agroalimentaires ancestraux. Bien que nous nous efforcions de restaurer ce que le colonialisme a confisqué de nos tables, il demeure que sans réparation ni restitution de nos territoires, aucune justice n’est possible. La souveraineté alimentaire passe par la restitution des terres.
- Le graffiti comme élément paysager identitaire
L’espace urbain et l’environnement bâti sont au cœur de la démarche artistique des graffeurs·euses. Dans leur quête de nouveaux espaces à travailler, ces artistes ciblent souvent des lieux qui présentent des caractéristiques physiques spécifiques. Parmi ceux-ci, les friches et les terrains vagues constituent des lieux de prédilection. Pourquoi ? Et quel est l’apport des graffitis dans ces lieux et plus globalement dans la ville contemporaine ? Voici quelques éléments de réponse.
- Le Québec dans le monde
Aujourd’hui, selon le Fonds des Nations Unies, plus de 11 % de la population mondiale a plus de 60 ans, et d’ici 2050, cette proportion passera à environ 22 %.
- Politique de la nuit
Alors que les nuits montréalaises sont largement reconnues par la richesse de la scène musicale underground, la Ville peine à déployer les moyens pour protéger la vie nocturne et développer son économie. Entrevue avec Mathieu Grondin, porte-parole de l’organisme sans but lucratif MTL 24/24.
- La Charte : Quel débat public ?
Depuis le début de l’automne, le gouvernement Marois essaie de faire monter sa cote de popularité en utilisant la Charte que je ne nommerai pas, parce qu’elle est encore susceptible de muer dans son énoncé. Le gouvernement tente également de nous faire croire qu’il mène un vrai débat public sur les enjeux reliés à cette Charte. Jusqu’à présent, il nous a plutôt instruits sur la manière dont on peut noyer un débat.
- Maternité et intelligences citoyennes : comment prendre notre place dans l’espace public
Maternité et intelligences citoyennes : comment prendre notre place dans l’espace public, Regroupement Naissance-Renaissance, Montréal, 2012
- Impérialisme culturel à l’ère du capitalisme numérique
Lors d’un événement organisé par l’Association canadienne des producteurs médiatiques qui s’est tenu à Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqué la domination de Netflix au Canada en faisant un parallèle entre la plateforme de diffusion numérique américaine et l’Empire britannique.
- Luttes XXX, Inspirations du mouvement des travailleuses du sexe
Luttes XXX, Inspirations du mouvement des travailleuses du sexe, Maria Nengeh Mensah, Claire Thiboutot et Louise Toupin, Éditions Remue-Ménage, 2011, 455 p.
- Mondialisation et tiers-mondisme
Le 18 avril 1955 s’ouvrait la Conférence de Bandoung, en Indonésie, en présence notamment de Chou En Lai (Chine), de Gamal Abdel Nasser (Egypte), de Jawaharlal Nehru (Inde) et de Soekarno (Indonésie). Cette première grande rencontre des pays nouvellement indépendants allait poser les bases de ce que deviendra le mouvement des pays non alignés, plus tard connu sous le nom du Groupe des 77. Aziz Fall, dans le premier d’une série de deux textes, revient sur ce moment fondateur du tiers-mondisme.
- Mercenaires des pharmaceutiques ?
L’industrie pharmaceutique des médicaments d’origine vit des changements importants ces dernières années. En effet, les brevets de plusieurs produits vedettes sont échus ou en voie de l’être d’ici quatre à cinq ans. L’industrie appelle ça la falaise des brevets (patent cliff). Les fabricants de génériques pourront donc commercialiser des copies à moindre coût, ce qui représente une économie pour les régimes d’assurances, publics comme privés, et on peut collectivement s’en réjouir.
- Les nouveaux habits de l’impéralisme
Dans l’imaginaire collectif, le colonialisme et l’impérialisme sont des concepts dépassés. Ayant pris fin avec les victoires des mouvements de décolonisation victorieux dans le tiers-monde, l’anti-impérialisme ne serait plus que l’apanage de quelques nostalgiques d’extrême gauche voyant la main d’un Empire imaginaire dans tous les conflits nationaux. Le retour, dans les années 1990, de l’idée de décolonisation des esprits est bien souvent taxé, par les courants néoconservateurs, de démonisation de la culture des populations majoritaires opérant une rupture historique qui menacerait « nos » traditions. Les appels à reconnaître la perpétuation des relations coloniales et impérialistes à l’époque contemporaine font naître de funestes passions au sein de populations blanches qui se sentent blâmées injustement. Le discours décolonial est perçu comme du « racisme antiblanc » moralisateur visant à étouffer les voix des majoritaires.
- Recherche sécurité désespérement...
La cause semble entendue : sans flexibilité, point de salut. Ce leitmotiv, relayé par des organismes internationaux comme l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), présume que les rigidités du marché du travail sont à la source du chômage. Les gouvernements canadien et québécois ont largement adhéré à cette thèse. L’assouplissement des règles de sous-traitance, les atteintes au droit à la syndicalisation, les coupes au programme d’assurance-chômage, appelé désormais assurance-emploi, en sont autant de manifestations. Le refus de moderniser les lois du travail afin de mieux protéger les personnes à statut atypique et d’en limiter la progression va dans le même sens. En 1976, moins de 20 % des emplois étaient à temps partiel, sur appel, temporaire, contractuel, pour une agence de placement ou considéré comme autonome. Aujourd’hui, ces diverses formes d’emploi représentent plus de 37 % de l’emploi total.
- Bienvenue dans l’ère de la rigoureuse austérité
M. Pratte,
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt vos deux éditoriaux qui ont pour titre « Ceci n’est pas de l’austérité » (La Presse, 10 janvier 2015) et « Quand l’austérité marche » (La Presse +, 11 janvier 2015). J’aimerais revenir sur trois choses que vous mentionnez dans le premier texte. D’abord, vous constatez que : « Depuis 2003-2004, les dépenses consolidées du gouvernement du Québec ont augmenté en moyenne de 4,6 % par année. C’est plus de deux fois le rythme de l’inflation. » Ensuite, vous vous posez la question suivante : « Pourquoi une croissance si forte ? ». Vous y répondez, finalement, en invoquant, entre autres choses, l’« amélioration de la rémunération des employés du secteur public, notamment des médecins […] ».
- Journalismes : institutionnel vs citoyen
Il m’est avis que le Web social marque la fin du monopole des journalistes institutionnels (formés aux écoles de journalistes, accrédités, etc.) sur l’information. Cela ne signifie pas qu’ils sont appelés à disparaître, mais plutôt à voir des transformations dans leur rôle, dans leurs pratiques et dans leur manière d’interagir avec les citoyennes, qu’on ne peut plus simplement appeler « public ».
- Réinventer la grève
Comme le dit Éric Blanc à propos de récentes grèves d’enseignant·e·s états-unien·ne·s, qui étaient fréquemment illégales, « dans les moments de luttes massives, la légalité devient ultimement un rapport de forces [5] ». En contexte québécois, le droit de grève est si encadré qu’il devient nécessaire de réinventer son exercice pour lui redonner son caractère perturbateur.
- Mieux vivre nos professions
La négociation dans le secteur public et le projet de loi 10 du ministre Barrette sont des enjeux majeurs cette année pour la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). Lors d’un entretien avec la présidente, Régine Laurent, nous avons abordé les thèmes faisant partie des priorités de l’organisation et de ses membres.
Propos recueillis par Monique Moisan
- Les sublimes
Un puissant recueil qui rend poétiquement hommage « aux femmes qui ont osé ».
Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont osé. Adèle Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P.
- Roulodrôme et Skatepark
L’aventure du TAZ débute en 1994, à même la rue. Ses deux fondateurs, Janet McNulty et Michel Comeau, adeptes de patin, de skateboard et artistes de la scène, veulent monter des spectacles sur patins, skateboard et BMX. Aucun lieu ne veut les accueillir puisque ces sports sont alors très alternatifs et associés à la délinquance. Ils s’entraînent donc sur la rue avec les jeunes qui cherchent un lieu où l’on respectera leur style de vie.
- Préserver nos services publics
Le discours sur la fragilité des finances publiques occupe un espace déterminant dans le débat public. Il vise souvent la proportion qu’occupe le budget du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), s’inquiétant de l’augmentation qualifiée d’incontrôlable des dépenses de ce poste budgétaire. Ce discours influence la population en faveur de la privatisation, en s’appuyant sur une phobie de la dette publique, sur l’angoisse fiscale des mieux nantis et sur l’affirmation que le privé sait faire mieux et moins cher que les services publics.
- Le Front commun syndical 2010
Le plus vaste Front commun (FC) des centrales syndicales québécoises s’est terminé cet été, quoiqu’il n’était pas plus représentatif que celui de 1971-1972. Sa taille s’explique par le fait que les travailleurs de l’État ont vu leur nombre doublé au cours des 40 dernières années. Une première : les membres du FC ont signé un pacte de non-maraudage liant toutes les parties et se sont entendus sur un cadre stratégique visant à écourter la durée des négociations. Contrairement aux dernières négociations où sévissait à la table centrale Jean-François Munn, ex-conseiller de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), devenu – contre espèces sonnantes et trébuchantes – le bulldog de la partie patronale, la communication entre les deux parties était bonne et les échanges corrects : ce climat détendu s’est répercuté à la plupart des tables sectorielles. Mais comment évaluer le résultat de ces négociations ?
- Amazon, derrière l’écran
Jean-Baptiste Malet, En Amazonie – infiltré dans le « meilleur des mondes », Paris, Éditions Fayard, 2013.
« Work hard, have fun, make history ! » La devise d’Amazon
Un journaliste français a passé plusieurs semaines infiltré dans l’un des immenses entrepôts logistiques du géant mondial du commerce en ligne Amazon. Il raconte ce qui se passe après le clic de votre souris qui vient de confirmer votre commande de Noël.
- L’INESSS : une machine à privatiser
En novembre 2009, le gouvernement du Québec a déposé le projet de loi 67 visant à fusionner deux organismes existants, l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AÉTMIS) et le Conseil du médicament, afin de créer un Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). Nous tenterons de mettre en lumière quelques enjeux passés sous silence à cette occasion. De plus, nous nous demanderons si l’INESSS constitue un organisme nécessaire et avantageux du pour la population québécoise.
- Putain d’usine
Jean-Pierre Levaray, Putain d’usine, Agone, Marseille, 2005.
- Le travail du consommateur
Marie-Anne Dujarier, Le travail du consommateur - De McDo à EBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons, Paris, La Découverte, 2008, 246 p.
- Le gars dans le milieu de la place
Les bras en l’air en plein Santiago
Il était dans le milieu de la rue, les bras en l’air, en train de rouspéter contre une facture erronée. Le timbre de voix de Michel Chartrand a augmenté quand il a su que l’hôtel Carrera, où il logeait, appartenait à la compagnie International Telephone and Telegraph (ITT), celle-là même à qui les Libéraux avaient donné un fief sur la Côte Nord et qui finançait déjà en douce le coup d’État à venir. Plus tard, j’ai bien compris le rôle que Chartrand (…) - Apartheid israélien et nécropolitique. Jusqu’où compter les morts ?
Avec le nouveau gouvernement israélien, l’hypothèse de l’annexion totale de la Cisjordanie devient de plus en plus plausible. Parallèlement, les opérations meurtrières de l’armée israélienne se poursuivent, et le blocus contre Gaza perdure depuis 2007. Israël s’empare d’un droit de vie ou de mort sur la population palestinienne. Si la « nécropolitique » fait référence à une politique de la mort, comment l’État d’Israël la met-il en œuvre et jusqu’où ira-t-il ?
- Abitibi. Le coopérativisme au temps de la colonisation
La lecture de la bande dessinée La Petite Russie de Francis Desharnais [6] nous fait découvrir que durant les années 1940, au Québec, ont eu lieu des expériences de colonies coopératives. L’ouvrage aborde plus précisément l’expérience du village de Guyenne.
- Tourisme. Ces colons du 21è siècle
Il n’y a rien de mieux qu’une pandémie mondiale pour mettre en évidence le colonialisme dans notre quotidien.
- Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire
Dalie Giroux, Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire, Montréal, Mémoire d’encrier, 2019, 136 pages.
- Le progrès fragile de la scolarisation primaire dans le monde
Plusieurs organismes internationaux ont entrepris de promouvoir l’éducation universelle : offrir à tous les enfants une scolarisation de base. Le progrès de l’institution scolaire primaire est indéniable, mais depuis une décennie celui-ci stagne et on craint que les avancées faites de longue haleine ne soient vite effacées dès lors qu’une crise économique ou un conflit militaire survient. Pis encore, le progrès de l’école et le progrès des compétences de base ne sont pas analogues : plusieurs vont à l’école, mais n’y apprennent que trop peu.
- La vague rose
L’automne est la saison où l’on se mobilise contre le cancer. On peut « courir pour la vie », acheter des cosmétiques, des mouchoirs ou des champignons labélisés, une poêle à frire rose, indiquer « j’aime » sur une page Facebook… tout cela au nom de la lutte contre le cancer du sein. Les initiatives d’empathie et de solidarité doivent bien sûr toujours être saluées, mais au-delà des bons sentiments, on est en droit de s’interroger : à qui profitent ces campagnes ?
- Panne chez Facebook. Quand le monopole fait trembler la diaspora
Lorsque les services de Facebook ont cessé de fonctionner le 4 octobre dernier, le véritable séisme n’était pas celui qui a ébranlé Instagram et Messenger : c’était la panne de WhatsApp.
- « Entreprise libérée » : Expérimentations et apprentissages
Fondée en 2004 en Beauce, l’entreprise RG dessin est une entreprise privée de dessin industriel de 12 employé·es qui s’inspire du concept d’entreprise libérée. Une gouvernance qui emprunte des éléments d’autogestion tout en conservant certains traits propres aux entreprises privées. Comment se déploie cette philosophie dans l’entreprise ?
Entrevue avec Vincent Roy, président co-fondateur de l’entreprise privée RG dessin. Propos recueillis par Isabelle Bouchard et Samuel Raymond.
- Tout en équilibre
Les 28 et 29 janvier 2017 s’est tenu le premier camp de formation de Lutte Commune, un réseau composé de travailleurs et travailleuses du secteur public et du milieu communautaire ainsi que d’étudiant·e·s. Au cours de cette fin de semaine, plus de 130 personnes ont saisi l’occasion d’aborder les enjeux de l’heure du syndicalisme.
- Le syndicalisme sur la défensive
Les droits syndicaux sont mis en danger. Face à la menace de perdre leur emploi, les salariéEs ont tendance à modérer l’ardeur de leurs revendications, voire à faire des concessions, pour tenter d’éviter ou de retarder le moment de se retrouver au chômage. Cela peut créer des divisions lorsque les travailleuses et travailleurs des autres pays sont perçus comme étant responsables des pertes d’emplois ici puisqu’ils « acceptent » de travailler dans des conditions effroyables.
C’est une des (…) - La solidarité internationale est notre plus grand atout
Il y a 40 ans cette année, l’appui solidaire à la lutte de libération palestinienne a été un élément déclencheur de la création du Centre international de solidarité ouvrière (CISO). C’est pourquoi en septembre dernier, huit délégué·e·s d’organisations syndicales ont participé à un stage de solidarité internationale en Palestine. L’objectif du stage était de mieux comprendre la réalité de la population palestinienne, d’appuyer les luttes pour la défense des droits des travailleurs et des droits humains et de bâtir des liens de solidarité à long terme avec le peuple palestinien. Retour sur les causes d’une résistance « du désespoir [7] ».
- Entre le soleil de France et de Bab El Oued
L’art n’est pas un antre où pourraient se réfugier intégristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s’agit plutôt d’une navigation, d’un entre-deux où circulent et dialoguent de multiples points d’ancrage. Navigation à haut risque comme celle d’Ulysse mais, malgré ses périls, elle seule peut arracher un peu de sens à ce qui ne serait qu’une « histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien ».
L’artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle aussi. Rebelle à tout ce qui emprisonne et mutile la vie. Alors qu’un nouveau cycle de luttes contre la mondialisation capitaliste semble s’être enclenché, de nombreux artistes ont repris le flambeau du refus. Qu’on songe, pour la France, au Massilia sound system, aux Fabulous troubadours, à Zebda et, enfin, à Gnawa diffusion. Fondé en 1992 à Grenoble par Amazigh Kateb, ce groupe distille une musique proprement universelle avec de profondes racines africaines et algériennes. Issue de la tradition gnawa, celle des chants des esclaves africains, cette musique fusionne les instruments traditionnels avec l’électricité. Propulsées par cet environnement sonore, les paroles des chansons de Gnawa diffusion sont comme de véritables missiles dirigés contre les crimes et les injustices perpétrés par les dominants à l’encontre de l’ensemble de la planète.
Entre le soleil de France, de Kingston et de Bab El Oued, Gnawa diffusion et Amazigh Kateb arpentent ainsi l’espace d’une liberté à créer, par-delà les frontières de styles ou de territoires. Une entrevue, donc, avec un homme libre [8]. - Grain de sable sous le capot. Résistance et contre-culture ouvrière : les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003)
Marcel Durand, Grain de sable sous le capot. Résistance et contre-culture ouvrière : les chaînes de montage de Peugeot (1972-2003), Marseille, Agone, 2006
- Prof, une job de gras dur ?
En 2014-2015, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec rapportait que pas moins de 46% des professeur·e·s du réseau collégial possédaient un statut précaire.
- Hydro-Québec : L’emblème du nationalisme québécois
L’hydroélectricité est un élément incontournable de l’imaginaire nationaliste québécois. Souvent présenté comme un fleuron national et une fierté d’ingénierie, le développement de l’hydroélectricité s’inscrit dans un processus d’accaparement des territoires et des ressources par l’État colonial québécois. Cela s’exerce aux dépens des droits des Premiers Peuples, de l’intégrité de leurs territoires et de leurs modes de vie. En quoi l’hydroélectricité est une forme de dépossession coloniale, une autre facette de l’extractivisme au Québec ?
- Toponymie autochtone : la racine des cultures
De plus en plus, nous sommes exposé·es à l’art, aux langues et aux cultures des nations autochtones que nous côtoyons. Il suffit toutefois de poser les yeux sur une carte du Québec pour réaliser que nous y sommes exposé·es depuis longtemps à travers la toponymie du territoire.
- Un stade démontable...permanent ?
Le stade olympique de Londres comptera 80 000 places. Afin d’en assurer la pérennité, on a pensé à édifier une structure démontable permettant de réduire l’ensemble à 25 000 places, en faisant du coup une infrastructure moins coûteuse à gérer, et s’intégrant davantage dans l’East End de Londres, fortement défavorisé, en lui fournissant des installations sportives de proximité. Mais c’était sans compter sur les intérêts du sport professionnel…
- Les patrons ont toujours aimé l’État-nation
Philosophe et militant de gauche, Antonio Negri développe depuis plusieurs années une pensée politique qui ouvre de nouvelles perspectives sur le travail, les classes sociales, les formes d’oppression biopolitique et les nouveaux lieux de résistance. En travaillant à partir du concept de « multitude » plutôt qu’avec celui de « peuple », Negri déplace le paradigme de l’État-nation vers un réseau de singularités, de sujets engagés, qui propose un vivre en commun, une communauté dans l’action. Antonio Negri a écrit, en collaboration avec Michael Hardt, Empire (2000) et Multitude (2004). Il a aussi publié récemment Job, la force de l’esclave (2002), Fabrique de porcelaine : pour une nouvelle grammaire du politique (2006) et Lent Genêt : essai sur l’ontologie de Giacomo Leopardi (2006). Dans le présent entretien accordé à À bâbord ! lors de son passage à Montréal en avril 2006, Negri revient sur les dernières élections italiennes, sur le Contrat de première embauche (CPE) en France et sur sa prise de position en faveur de l’Union européenne.
- Black and Red : Les mouvements noirs et la gauche 1850-2010
Black and Red : Les mouvements noirs et la gauche aux États-Unis, 1850-2010, Ahmed Shawki, M éditeur, 2012.
- Sexe, race & colonies. La domination des corps du XVè siècle à nos jours
Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Dominic Thomas, Christelle Taraud (dir.), Sexe, race & colonies. La domination des corps du XVè siècle à nos jours, Paris, La Découverte, 2018, 544 pages.
- La longue marche vers l’autonomie
De toutes parts, les gouvernements provinciaux et fédéral prétendent qu’une relation nouvelle se développe avec les peuples autochtones. Pourtant, malgré l’éloquence de leurs discours, ceux-ci ne se sont jamais engagés de leur propre gré à reconnaître les aspirations des Premières Nations à l’autonomie. Encore aujourd’hui, les gouvernements poursuivent l’entreprise coloniale visant à éteindre le statut d’autochtone.
- Publicités subliminales : une légende urbaine
Tout le monde a entendu parler de l’histoire suivante. En 1957, aux États-Unis, on aurait inséré dans un film projeté dans une salle de cinéma du New Jersey des images passant si rapidement que les spectateurs ne les percevaient pas consciemment. Ces images, qui disaient « buvez du Coca-Cola » ou « affamé – mangez du popcorn », étaient cependant perçues par leur cerveau et incitaient les spectateurs à aller se procurer ces choses au comptoir du cinéma. Et ça marchait ! Les hausses des ventes (…)
- Itinérance. Aider, mais pas n’importe comment
Nos concitoyen·nes de la rue sont les premier·ères à subir les conséquences des crises multiples que nous traversons –, pandémie, crise du logement, coût de la vie, surdoses, crise climatique… Or, plutôt que de considérer les besoins de ces personnes et de soulever les dénis de droits qu’elles subissent au sein du système, on perpétue les préjugés, la stigmatisation et une vision pour le moins réductrice de l’itinérance.
- Les voix multiples d’Octobre 70
Septembre 2020. Par un après-midi d’automne, je me rends au cinéma Beaubien rejoindre ma grande amie Astrid (nom fictif). Elle, d’ascendance canadienne-française. Moi, Québécoise d’origine haïtienne. Nous allons voir le film Les Rose, portant sur ce qu’on appelle « la crise d’Octobre ». Ni elle ni moi n’étions nées au moment de ces évènements.
- Décoloniser nos relations
En 2004, en territoire mohawk à Kanawake, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et Femmes autochtones du Québec (FAQ) signaient un protocole de solidarité qui inspire toujours les relations entre les deux organisations. Pour mieux comprendre les origines de ce processus et les leçons à en tirer, À bâbord ! a rencontré Michèle Asselin, présidente de la FFQ à cette époque.
- L’enjeu de la revendication berbère
Il est impossible d’aborder la question des rapports entre langue et nation en Algérie, et plus particulièrement celle de la revendication culturelle et linguistique berbère (ou, comme on le dit maintenant, tamazight), tant celle-ci est l’objet de malentendus et surdéterminée politiquement, si l’on ne commence pas par évacuer un certain nombre de stéréotypes qui ont entouré les problèmes linguistiques en Algérie. Parmi ceux-ci, on trouve – notamment en Occident – l’opposition fréquente entre les « Arabes » et les « Kabyles », ou bien les « Berbères » et les « Arabes », ou encore les « Algériens » et les « Berbères », comme s’il s’agissait de peuples distincts… Aussi, on ne peut traiter de la revendication linguistique berbère si l’on ne restitue pas le contexte historique de l’émergence de ce problème et si l’on n’essaye pas de reconstituer les conditions dans lesquelles cette question a été forgée et dans lesquelles elle a évolué.
- La nouvelle servitude volontaire
Il existe certaines histoires que l’on ne peut s’empêcher de relier. Aux États-Unis, George W. Bush diminue l’impôt des riches, accumule en quelques années un déficit monstre, justifie une guerre coûteuse et impopulaire contre l’Irak par de grossiers mensonges. Ses entreprises guerrières reçoivent l’appui enthousiaste d’un Tony Blair désavoué par ses électeurs, qui sacrifie son indépendance devant le grand frère américain au point d’en perdre toute dignité.
- L’été de Katrina et de Cindy
Les multiples significations d’un tel message méritent d’être expliquées, tant elles en disent long sur l’état de la société états-unienne après deux ans et demi d’occupation de l’Irak et au lendemain de l’inondation de la Nouvelle-Orléans. Lorsqu’il a été conscrit pour aller au Vietnam, le boxeur Mohamed Ali avait déclaré à un journaliste pour expliquer son refus de participer à la guerre : « Aucun Vietnamien ne m’a jamais appelé un Nègre » (No Vietnamese ever called me a Nigger). Cette (…)
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- No 054 - avril / mai 2014
- No 052 - déc. 2013 / janv. 2014
- No 051 - oct. / nov. 2013
- Dossier : Démocratiser l’économie
- No 048 - février / mars 2013
- Dossier : Aux voleurs ! Nos ressources naturelles et le Plan Nord
- No 046 - oct. / nov. 2012
- No 044 - avril / mai 2012
- Dossier : Éthique animale - Les animaux ont-ils des droits ?
- No 042 - déc. 2011 / jan. 2012
