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Articles (1518)
- Chevalier, Barbie.... et Richelieu : Le cinéma des bonnes intentions
Certains films, portés par de bonnes intentions, devraient spontanément susciter l’adhésion par les valeurs qu’ils défendent. Tout le monde sait cependant que l’appui à des causes justes n’assure en rien la qualité d’une œuvre. Deux films hollywoodiens récents, Chevalier et Barbie, en sont de bons exemples.
- Politique pour les dépossédés
Connu surtout comme militant politique, à titre de dirigeant et de théoricien de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) française, Daniel Bensaïd est aussi engagé depuis une vingtaine d’années dans l’élaboration d’une entreprise de réflexion sociale et politique d’envergure. Sa production intellectuelle, nombreuse et diversifiée, peut néanmoins être regroupée autour de trois pôles principaux : l’approfondissement et le prolongement de la pensée de Marx ; le développement d’une réflexion stratégique liée à la conjoncture ; l’articulation des rapports entre la politique et l’histoire. Les trois livres qu’il a publiés au cours de la dernière année constituent autant de révélateurs des principales facettes d’un projet d’ensemble par ailleurs unifié par le fil à plomb de la défense des opprimés et des exclus de la globalisation marchande.
- Paradis fiscaux. Au-delà des belles intentions
Rarement les élites financières auront été aussi ébranlées que par les scandales qui se sont succédé concernant les paradis fiscaux. Les Offshore Leaks, Swiss Leaks, Lux Leaks et Panama Papers ont agi comme autant de coups de marteau sur un clou qu’on enfonce. Devant des injustices aussi flagrantes et des inégalités sociales qui ne cessent de s’accentuer, les gouvernements ne pouvaient plus rester inactifs. Mais peut-on vraiment se fier à eux pour prendre les importantes mesures qui s’imposent ?
- L’élection de 2012 est en marche
Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont, sans surprise, confirmé la mauvaise posture du président Obama. En effet, la population comprend mal les décisions prises par la Maison-Blanche, d’autant plus qu’elle ne bénéficie absolument pas des mesures colossales mises en œuvre pour relancer l’économie. Paradoxalement, plusieurs des mécontents ont voté pour le Tea Party, qui promet d’en faire encore moins sur le plan économique.
- Le Québec en sevrage ?
Le Gouvernement Marois vient de mettre fin à la "Règle des 15 ans" qui obligeait le Régime public d’Assurance-médicaments à rembourser le produit d’origine même après l’expiration du brevet. Auparavant, il se refusait donc des économies d’échelle. En effet, pratiquement partout ailleurs dans le monde où existe ce type d’assurance, le gouvernement ne rembourse que le médicament le moins cher, qui est évidemment le générique. Alain Dubuc fait donc une sortie qui nous soutirerait des larmes, en dénonçant cette mesure extrême du PQ, soit l’abolition de la règle des 15 ans. Mais séchez vite vos larmes, les Big Pharmas ne vont pas faire faillite demain matin...
- Trouble de déficit de l’attention
À leur retour en classe, des enseignantes et enseignants ont été avisés que l’un ou l’autre de leurs élèves souffre d’un trouble de déficit de l’attention (TDA). D’autres ont soupçonné qu’un ou même plusieurs de leurs élèves en souffraient et se sont demandé quoi faire : faut-il référer cet enfant ? Devrait-il être sous médication ? Qu’est-ce qui est le mieux pour lui ? Et comment faut-il agir avec lui en classe ?
- Le Nicaragua aux abois
Depuis le coup d’État du 28 juin qui a renversé le chef d’État du Honduras Manuel Zelaya – expulsé manu militari vers le Costa Rica – des hommes et des femmes du Nicaragua, pays avoisinant, ont quitté leurs foyers pour prêter main-forte aux Honduriens cherchant à déstabiliser les auteurs du coup. Un Nicaraguayen proche de ces militants raconte ce qui motive ses compatriotes à braver couvre-feux et répression policière pour rendre la vie dure aux golpistas.
- Against Cultural Appropriation
Entrevue originale de l’article "Contrer l’appropriation culturelle" du dossier RÉSISTANCES AUTOCHTONES, dans le numéro 54 de la revue.
- Une lente impatience
Daniel Bensaïd, Une lente impatience, Stock, Paris, 2004
- La route que nous suivons
À l’automne 2004, à la suite d’une tentative de grève infructueuse, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) était moribonde alors que la frange lobbyiste du mouvement étudiant, incarnée par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), assoyait sa domination. Lorsque le gouvernement libéral annonça une réforme de l’aide financière aux études (AFE) au printemps 2004, peu de gens croyaient une nouvelle grève possible. Pourtant, au printemps 2005, à la suite d’un travail acharné, ce qui devint alors le débrayage étudiant le plus massif de l’histoire amorça un renouveau du mouvement qui déboucha éventuellement sur le « printemps érable » de 2012.
- Prolétaires de tous les jeux, unissez-vous !
Games Workers Unite Montréal est une organisation locale s’inscrivant dans le mouvement mondial Games Workers Unite (GWU). À bâbord ! s’est entretenu avec eux pour discuter de la situation au Québec. Propos recueillis par Yannick Delbecque.
- Des dessous pas très sexy
De façon générale, les politiciens ne font pas montre de beaucoup d’écoute envers la « populace », on le sait, et ils ont une mémoire très sélective. Un exemple récent : sur le site Internet du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, section commerce, on peut lire dans un court texte sur les 10 ans de l’ALÉNA : « Au moment où nous célébrons son dixième anniversaire, l’ALÉNA jouit d’un succès incontesté. ». Succès ? Incontesté ? Le ministre canadien du (…)
- Ces obscurs objets du désir
À lui seul, le générique d’introduction attise la curiosité : un homme se jette d’une tour à bureaux. Tout autour de lui, le long de sa chute, défilent des réclames publicitaires représentant des familles unies, de longues jambes féminines, des verres de whisky, des slogans tels « Enjoy the best America has to offer ». Ainsi commence chaque épisode de la série américaine Mad Men, qui a complété sa troisième saison l’automne dernier.
- Le temps est venu de réclamer... leur dû
À lire certains éditorialistes ou chroniqueurs de la presse écrite, la présente conjoncture n’annonce a priori rien qui vaille la peine pour les salariées des secteurs public et parapublic au Québec. Les Sansfaçon, Dubuc et Girard, nous informent que les perspectives de récoltes sur le plan salarial, en cette période dite trouble pour les finances publiques, s’avèrent inexistantes. Des hausses faméliques, pour ne pas dire complètement et largement en deçà de l’inflation, sont à envisager selon ces mauvais oracles.
- « La révolte est la proposition »
Le 15 octobre, des camps, aujourd’hui démantelés par les autorités municipales, se sont installés à Québec et à Montréal, où a été transformé le square Victoria, renommé avec à propos Place des Peuples, en véritable place publique et en laboratoire politique et démocratique. Face à l’arrogance des milieux financiers et à la supposée impuissance de nos gouvernants qui n’ont de cesse de nous répéter le mantra néolibéral there is no alternative, ces hommes et ces femmes ont fait la preuve, par (…)
- La tarification en santé
Depuis le premier budget Bachand en 2010-2011, la menace d’un accroissement du recours à la tarification dans la santé se concrétise de plus en plus. Sous prétexte qu’il est urgent de trouver de nouvelles sources de financement afin d’assurer la pérennité du système, le gouvernement libéral a fait germer de nouvelles mesures tarifaires qui, si elles font le bonheur des think tanks de droite, sèment l’inquiétude dans les mouvements sociaux.
- Wild Canada Show
If we don’t use our land, we’re gonna lose it.
Theresa Spence,
Chef de la réserve d’AttawapiskatLa télévision d’État canadienne a proposé en janvier dernier aux citoyens de sa monarchie cathodique une série de quatre épisodes, en version française et anglaise, portant sur la situation actuelle des peuples autochtones du Canada. L’objectif de 8e feu, tel qu’annoncé par le diffuseur : « Montrer pourquoi il est urgent de rétablir la relation que le Canada entretient depuis 500 ans avec les peuples autochtones, enlisés dans le colonialisme, les conflits et le déni. »
- Soulèvements populaires en Amérique latine
En mai dernier sortait le dernier ouvrage collectif du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine) intitulé L’interpellation plébéienne en Amérique latine. Violence, actions directes et virage à gauche. Ce livre, fruit d’une recherche collective qui aura duré trois ans, analyse une série de soulèvements populaires survenus en Amérique latine au cours de la dernière décennie. Par un va-et-vient constant entre la théorie politique et les recherches de terrain, ce livre s’avère un outil de d’interprétation indispensable pour aborder d’autres printemps des peuples survenus plus près de nous ou ailleurs dans le monde. Afin d’en rendre compte, À bâbord ! a rencontré Ricardo Peñafiel, l’un des codirecteurs de ce livre.
- Le Conseil de Presse du Québec salue une pièce d’anthologie
« Pour en brosser un tableau à gros traits, dans l’ensemble, les médias adorent être attaqués par la droite : ils adorent qu’on leur reproche d’être subversifs, d’être hostiles, d’aller si loin dans leur passion de saper le pouvoir qu’ils en détruisent la démocratie, et ainsi de suite. (...) Et la raison pour laquelle ils aiment tant ça est claire : c’est qu’alors, ils peuvent répondre (...), « il est vrai que nous sommes parfois allés trop loin dans notre zèle anti-establishment, mais c’est le prix à payer dans une société libre. » Cela fait de très bonnes copies.
Par ailleurs, s’ils sont critiqués par l’autre bord, qui dit : « Voyons, vous faites sans doute votre travail avec intégrité, mais vous êtes très soumis au pouvoir, souvent jusqu’à la servilité, par le choix de vos sujets, par la façon dont vous les mettez en forme et par les points de vue que vous adoptez », ça, ils détestent. »
– Noam Chomsky [1]
- Les Verts ne sont pas mûrs
S’il y a un courant politique nouveau dont on s’attendrait à ce qu’il puisse rompre avec les pratiques des politiciens traditionnels, c’est bien celui des écologistes et des Verts.
- Montréal se déclare ville non AGCS
Le 25 octobre 2004, le Conseil de ville de Montréal a adopté à l’unanimité une résolution contre l’AGCS (Accord général sur le commerce des services), accord commercial sous l’égide de l’OMC qui vise à libéraliser de façon progressive tous les services, plus spécifiquement les services publics. Cet accord permet aussi à l’OMC d’intervenir sur les réglementations intérieures si celles-ci sont jugées plus rigoureuses que nécessaire et si elles se posent comme « obstacles non nécessaires au (…)
- Le virage à droite des élites politiques québécoises
Jacques B. Gélinas, Le virage à droite des élites politiques québécoises, Écosociété, 2003.
- La seconde révolution tranquille. Démocratiser la démocratie
Gil Courtemanche, La seconde révolution tranquille. Démocratiser la démocratie, Boréal, Montréal, 2003.
- Le fond de l’air est rouge
« Il faut penser l’impossible pour saisir tout le champ du possible »
Henri Lefebvre - Affaire non classée
« Quand on se réconcilie sur une affaire, dit-elle, c’est qu’on n’y entend plus rien. […]
Qui dit réconciliation en ce sens historien, dit-elle, dit pacification et momification. »– Charles Péguy, Clio
- Les locataires crient au secours
Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a mis sur pied une Commission itinérante sur le droit au logement qui rencontre, dans chacune des dix-sept régions administratives du Québec, des groupes qui se préoccupent des problèmes de logement et des individus qui en écopent. Les commissaires doivent présenter un rapport qui synthétise ces problèmes et résume les solutions suggérées.
Un logement stable, sain, sécuritaire et d’un coût abordable est la condition fondamentale (…) - Montréal, espace réservé
C’est la sociologue Ruth Glass qui, dans les années 1960, a pour la première fois parlé de « gentrification » pour désigner la colonisation progressive par une population nantie des quartiers populaires entourant la ville de Londres. Et comme ceux de Londres, de Paris, de New York et d’autres grandes villes du monde, les quartiers populaires de Montréal sont convoités. À la Ville, on parle de réaménagement, de renouveau, de revitalisation pour légitimer la migration forcée de résidentEs et faire place à une population de plus haut standing. Portrait d’une dynamique préoccupante.
- L’extension des conventions collectives
Le régime d’extension des conventions collectives existe depuis près de 80 ans. S’il a été très populaire des années 30 aux années 70, il est aujourd’hui tombé en désuétude. Ce régime particulier des relations du travail a-t-il encore un avenir au Québec ? Et si oui, à quelles conditions ?
- Science économique
Cet automne, l’Institut économique de Montréal (IEDM) a publié une nouvelle note économique portant sur les « failles » des lois anti-trust [2]. En utilisant le cas Google, l’auteure, Marie-Josée Loiselle, s’attaque aux législations en vigueur qui visent à lutter contre la constitution de monopole. Il s’agit d’un texte bien simple, qui se donne un objectif des plus clairs : décrire les lois anti-trust comme étant mauvaises, mal adaptées à la complexité de l’économie et, au final, contre-productives.
- Pour le Sommet de l’enseignement supérieur
Il semble acquis que, conformément à sa promesse électorale, le Parti québécois réunira sous peu un Sommet de l’enseignement supérieur. Ce sera une occasion unique de tenir sur les cégeps et les universités québécoises cette réflexion en profondeur et sereine devenue nécessaire afin de prendre collectivement des décisions qui pourraient bien être de la plus haute importance pour l’avenir de ces institutions et pour celui du Québec tout entier.
- Le Pacte budgétaire en Europe
Les pays membres de l’Union économique et monétaire européenne (zone euro) sont en train de ratifier le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de la zone euro (TSCG), dit aussi Pacte budgétaire. La France l’a ratifié en octobre. Ce traité instaure une « règle d’or » budgétaire, c’est-à-dire l’interdiction de dépasser 0,5 % de déficit structurel public par rapport au PIB. Cela revient à interdire toute marge de manœuvre pour les politiques économiques. Il fait donc abstraction de la récession générale qui sévit depuis que la crise financière a entraîné les économies dans la débâcle : ainsi, il va accroître les difficultés, ajouter de la récession à la récession, du déficit au déficit, de la dette à la dette.
- Face à l’austérité, la riposte s’organise
L’Union européenne a adopté une politique d’austérité qui a placé les gouvernements des pays du sud de l’Europe dans une situation de quasi-tutelle, leur imposant des coupes sauvages dans les dépenses publiques au nom de la religion du déficit zéro. Cette cure minceur pour les dépenses publiques s’accompagne d’une générosité sans fin lorsqu’il s’agit de renflouer les banques. Le résultat le plus évident en est une récession économique qui frappe durement les salariés du secteur public, les jeunes et les bénéficiaires de prestations sociales. Même le FMI commence à s’interroger sur la pertinence de telles politiques.
- Magnus Isacsson
Magnus Isacsson s’est éteint à Montréal le 2 août 2012. Né en Suède en 1948, le réalisateur était une voix importante et très respectée des milieux cinématographique et militants en raison de sa filmographie explorant des enjeux sociaux et politiques qui lui étaient chers. Le texte qui suit est l’hommage que lui a rendu son ami de longue date Ole Gjerstad lors de la commémoration du cinéaste le 22 septembre dernier à la Cinémathèque québécoise.
- Les femmes de droite
Les femmes de droite, Andrea Dworkin, Montréal, Éditions du remue-ménage, Collection Observatoire de l’antiféminisme, novembre 2012.
- Du Chili au Québec : Radicalisation des crises étudiantes
Avec un étonnant parallélisme, le printemps érable suit pratiquement les mêmes traces que son « jumeau austral », le printemps chilien. De simples conflits étudiants, qui auraient pu se « régler » après quelques semaines de grève, se radicalisent et se transforment en des mouvements multisectoriels questionnant les fondements mêmes de ce qui les nie : une forme restreinte de démocratie, qui marchandise des droits, criminalise la dissidence et prétend limiter la participation citoyenne à un périodique suffrage universel.
- La frilosité des syndicats
Quelle que soit l’issue, la lutte sociale engendrée par le mouvement étudiant québécois est déjà passée à l’histoire. L’euphorie dégagée par des centaines de milliers de personnes dans les rues de Montréal lors des grandes manifestations nationales et par la prise de possession citoyenne de la rue le soir au son des casseroles un peu partout au Québec laissera une empreinte profonde dans la mémoire collective. Les masses populaires ont exprimé d’une seule voix leur refus d’une société corrompue et répressive. Un tel élan dépasse l’enjeu de la seule question des frais de scolarité. Elle pose la question : quel type de société souhaitons-nous ? Une société au service des minières, des spéculateurs qui exploitent nos ressources ou au service du bien collectif, des services publics, de l’éducation, de la santé et du logement ?
- « Faire » la grève : formes artistiques de résistances
Nous comptons déjà plus de cent manifestations nocturnes dans les rues de Montréal qu’on croirait silencieuses en raison de l’absence de couverture médiatique. C’est que sous la menace de l’application de « l’oie spéciale 78 », il peut en coûter cher à celles et ceux qui usent encore leurs casseroles. Pourtant, malgré la peur répressive et la lourdeur d’une présumée démobilisation, des centaines d’étudiantEs, de citoyenNEs, mais aussi d’artistes et d’activistes continuent de résister par des moyens artistico-politiques étonnants.
- Les maNUfestantes
Les grévistes féministes marchent. Elles troquent la chambre à soi pour la rue et elles défilent maquillées, masquées, voilées, parfois nues mais toujours conscientes des images qu’elles convoquent, imitent, qu’elles citent avec ironie. La femme nue est une des images convoquées dans cette grève étudiante qui, pour les femmes, se double d’une grève de la petite fille sage. Les filles en grève marchent, scandent, crient, écrivent, mais la géométrie de leur rage est à l’image de la grève qu’elles font d’une grève pensée comme si elle était immunisée contre le virus de la hiérarchie et de la misogynie. C’est dans ce contexte que les grévistes féministes se dénudent en public.
- Les associations populaires et autonomes de quartier
Parmi les groupes qui se sont formés dans le sillage du mouvement étudiant du « printemps érable », les APAQ (Association populaire et autonome de quartier) occupent une place à part. Contrairement aux Profs contre la hausse, aux Mères en colère et solidaires, aux Têtes blanches/ carré rouge, il s’agit de groupes non catégoriels, ouverts à toute la population d’un quartier. Il est d’ailleurs symbolique que leurs lieux habituels de réunions soient des parcs ou des rues fermées à la (…)
- Le front médiatique du printemps québécois
Le 23 avril dernier, le lendemain de la manifestation monstre contre le pillage de nos ressources naturelles, le Conseil du patronat du Québec déplorait le fait qu’il soit de plus en plus difficile de « faire passer » le message patronal auprès de la population, notamment en raison de l’arrivée des médias sociaux [3]. Cette réjouissante anecdote illustre que le printemps québécois fut aussi une bataille communicationnelle. Depuis quelques années, le Québec avait des échos de l’apport des médias sociaux dans certaines mobilisations citoyennes de par le monde ; en 2012, ce fut à notre tour d’être saisis par cette force de frappe. Comment expliquer cette efficacité des médias sociaux pour les mouvements citoyens ?
- Le renouvellement de l’action politique enseignante
Il régnait en ce mardi 6 mars 2012 au Collège Ahuntsic une atmosphère des plus fébriles ; plus d’une centaine de professeurEs de cégeps et d’universités se réunissaient pour la première fois afin de mettre en commun leur voix et leur résistance à la hausse des droits de scolarité. Un espace luxuriant d’action et de réflexion allait cristalliser les énergies militantes d’une multitude de professeurEs qui souhaitaient s’investir dans la lutte initiée par les étudiants et étudiantes des collèges et universités du Québec.
- Chercher le courant
Depuis que le gouvernement libéral de Jean Lesage a procédé, au début de la Révolution tranquille, à la nationalisation de la production de l’hydroélectricité, différents gouvernements québécois ont cherché à accroître notre potentiel hydroélectrique afin de répondre à nos besoins énergétiques croissants et d’exporter un surplus d’énergie à l’étranger. Mais, à l’ère de l’éclosion des énergies vertes et renouvelables, ce type de démarche apparaît-il encore justifié ?
- L’État du Québec 2010
Miriam Fahmy (dir.), L’État du Québec 2010, Montréal, Boréal, 2010, 495 p.
- Duplessis, son milieu, son époque
Xavier Gélinas et Lucia Ferretti (dir.), Duplessis, son milieu, son époque, Québec, Septentrion, 2010, 513 p.
- Plan de lutte à la pauvreté ou plan de communication
Le 15 juin dernier, le ministre Hamad lançait les consultations qui doivent mener à la confection d’un deuxième plan de lutte. Cette journée a été marquée par la sortie de nombreux regroupements communautaires outrés par un discours qui explique la pauvreté par les carences individuelles, qui nie les droits des personnes en situation de pauvreté et qui rejette la responsabilité de la lutte à la pauvreté à la philanthropie et aux instances régionales et municipales.
Curieusement et (…) - Une loi anti-slapp avec des dents
En juin 2009, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi 9 qui modifie le Code de procédure civile afin de donner aux juges le pouvoir de réprimer et de punir les instigateurs de poursuites- bâillons Résultat d’une lutte exemplaire, ces dispositions ne demandent qu’à être appliquées vigoureusement.
Amorcée en 2005 par l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA), la campagne « Citoyens taisez-vous » a réussi à attirer l’attention du public et à (…) - L’indépendance contre la globalisation capitaliste
Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les frontières se sont effacées devant l’envergure des échanges internationaux, que l’État nation est en déclin et est devenu impuissant devant les acteurs économiques mondiaux. La régulation de l’économie, la plus légère possible, est la tâche des institutions internationales. Il en découle donc que la lutte pour la souveraineté nationale est complètement décalée et passéiste.
- Réinventer le social dans le national
Pendant longtemps, les mouvements progressistes québécois se sont battus pour un projet d’émancipation à la fois social et national. Dans les années 1960, c’était la gauche qui mettait de l’avant un projet indépendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Québec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-impérialiste. Quant le PQ est apparu dans le décor, il y a eu comme une déconnexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Libéral (…)
- Les Premières nations
Qu’est-ce qu’une nation ?
Groupe d’humains assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unicité et la volonté de vivre en commun. Source : Dictionnaire Le Robert méthodique.
Cette définition du Robert décrit bien la réalité de la province du Québec, car les nations autochtones et la nation québécoise veulent être reconnues comme des sociétés distinctes et désirent développer des relations de partenariat entre elles dans un respect mutuel des différences. Somme toute, c’est ce (…) - Le Québec et ses minorités
De plusieurs manières, les nationalistes québécois, entendus en un sens large qui inclut les nationalistes qui ne sont pas en faveur de l’indépendance, ont gagné la guerre qui les opposait à la fois à l’Église catholique canadienne-française et à l’État canadien. Le développement continu de l’État québécois et les dispositions législatives établissant la dominance du français dans la vie publique ont considérablement renforcé l’espace politique québécois, au point où la plupart des demandes (…)
- Pour la liberté
Je radoterai. Forcément. Après plus de 40 ans passés à répondre à cette question. Évidemment, l’événement n’a pas eu lieu. Ce n’est pas une raison pour tenter continuellement d’en refonder la nécessité ou, pire, pour en contester la pertinence. L’indépendance a été, est et sera un projet à réaliser jusqu’à son avènement, pour des raisons irréductibles aux circonstances immédiates. Il s’agit en effet de la question universelle de la liberté de disposer de soi-même.
Tout le reste n’est que (…) - Constater le temps qu’il fait. Réplique à François Cardinal
On dit parfois que lorsqu’une personne affirme qu’il fait soleil et qu’une autre soutient qu’il pleut, le travail d’un·e journaliste n’est pas de dire qu’il y a controverse, mais plutôt d’aller dehors pour constater le temps qu’il fait. De même, lorsqu’on dit d’une personne qu’elle était « la plus ouverte au débat public » et que d’autres rétorquent qu’elle était son « fossoyeur », le travail du journaliste est de mener des recherches et d’exercer son jugement critique.
- La lutte des Six Nations
Le territoire des Six Nations iroquoises de la rivière Grand, habité par 25 000 autochtones et situé près d’Hamilton en Ontario, a longtemps été connu comme le « géant endormi » des réserves au Canada. Toutefois, depuis le 28 février 2006, ce terme ne s’applique plus. Le peuple des Six Nations, mené principalement par des femmes, décidait ce jour-là d’occuper une parcelle de son territoire, Douglas Creek Estates, vendue à un promoteur immobilier sans que les Iroquois n’aient donné leur consentement ou n’aient même été consultés. Aujourd’hui, près d’un an plus tard, la revendication territoriale des Six Nations représente une avancée historique et politique dans l’histoire de la décolonisation de la terre appelée Canada. Le peuple des Six Nations et ses alliés ont agi avec détermination, non seulement au nom de leurs droits territoriaux, mais également au nom de leur droit à l’autonomie et à la souveraineté.
- Paradis infernaux
Mike Davis et Daniel B. Monk (dir.), Paradis infernaux, Paris, Les prairies ordinaires, 2008, 318 p.
- Heureux sans Dieu
Daniel Baril et Normand Baillargeon (dir.), Heureux sans Dieu, VLB Éditeur, Montréal, 2009, 165 p.
- Sauver la ville : Projet Montréal et le défi de transformer une métropole moderne
Daniel Sangler, Sauver la ville : Projet Montréal et le défi de transformer une métropole moderne, Écosociété, 2021, 504 pages.
- Le cheval au service de la ville
Le cheval au service de la ville, Olivier Linot et Daniel Simon, Montréal, Écosociété, 2014, 100 p.
- Good Booty. Corps et âmes, Noirs et Blancs, amour et sexe dans la musique américaine
Ann Powers, Good Booty. Corps et âmes, Noirs et Blancs, amour et sexe dans la musique américaine, Le Castor Astral, 2019, 416 pages.
Traduit de l’anglais par Rémi Boiteux.
- Liberate the North from nuclear waste
As northwestern Ontario is currently being considered to host all of Canada’s current and future nuclear fuel waste, local citizens and groups, including First Nations, have formed We the Nuclear Free North (WTNFN) to oppose the transport, burial and abandonment of radioactive waste in northern watersheds. À Bâbord ! met one of their members, Brennain Lloyd, Project Coordinator at Northwatch. Interview by Louise Nachet.
L’article est disponible en français ici.
- Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Les États-Désunis
Vladimir Pozner, Les États-Désunis, suivi d’un entretien avec Noam Chomsky, postface de Jean-Pierre Faye, Montréal, Lux Éditeur, colllection « Mémoires des Amériques », 2009, 354 p.
- « Livrer sur demande » - Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941)
Varian Fry, « Livrer sur demande » - Quand les artistes,
les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941), Marseille, Agone, coll. « Mémoires sociales », 2008, 352 p. - Aube dorée - Le livre noir du parti nazi grec
Aube dorée. Le livre noir du parti nazi grec, Dimitris Psarras, Montréal et Paris, M éditeur et Syllepses, 2014.
- Dessine-moi une école
Des bâtisses lumineuses, accueillantes, respectueuses du rythme d’apprentissage de chacun, disposant d’espaces de travail collaboratifs et flexibles… voilà ce que doit être l’école d’aujourd’hui.
- L’Égypte, 2 ans plus tard
Vendredi dernier, 25 janvier, c’était le deuxième anniversaire des manifestations égyptiennes de 2011, qui mèneraient ultimement à la chute d’Hosni Mubarak. Vous le savez peut-être, les Égyptien.ne.s protestent à nouveau depuis quelques jours, au point l’état d’urgence a été décrété par le successeur de Mubarak, Mohamed Morsi, dans 3 régions du pays.
Sans avoir fouillé assidûment la couverture médiatique québécoise et radio-canadienne de la situation en Égypte depuis deux ans, il me semble (…) - Une société à refaire : vers une écologie de la liberté
Murray Bookchin, Une société à refaire : vers une écologie de la liberté, Montréal, Écosociété, 2010.
- Gallimard chez les nazis
Jean-François Poupart, Gallimard chez les nazis, Collection Essai Libre, Poètes de Brousse, Montréal, 2009.
- Récupérer le bien public
Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, le Québec a pris le virage des PPP. Au départ les projets mis en œuvre par le gouvernement péquiste concernaient surtout les nouvelles technologies de l’information. Depuis l’élection du Parti libéral, un nouveau pas est franchi. « La détérioration de la capacité de l’État québécois à bien servir les citoyens et la préservation de la position économique concurrentielle du Québec nous imposent donc une révision du fonctionnement de l’État », de (…)
- Party des fêtes et lancement du numéro 98
Le collectif de rédaction de la revue À bâbord ! vous invite au lancement de son numéro 98 ayant pour titre de dossier « Démasquer la réaction » qui se déroulera au Bar Milton Parc (3714 Avenue du Parc, Montréal).
- Sommaire du numéro 99
Le numéro 99 peut être commandé en ligne via le site des Libraires.
- Bouffée de réel du printemps
Le printemps aura donné lieu à un mouvement de révolte des étudiants et des lycéens, entre autres, contre le Contrat Première Embauche (CPE) destiné aux « jeunes » sans qualification, « ceux-là » en somme qui auront animé les émeutes de l’automne, provoquant la proclamation d’un état d’urgence – ce que l’on n’avait pas vu depuis la Guerre d’Algérie. Mais que signifiait exactement ce mouvement contre ce que le sens commun considérait comme un projet censé réduire le chômage et instituer la flexibilité dont les entreprises ont besoin ?
- Vers un nouveau sujet historique ?
En introduction du livre Publics rebelles [4], Daniel Drache s’interroge : « Que penser de ces publics en colère, rebelles, qui s’organisent eux-mêmes tout en reconfigurant la sphère de la communication interactive et en modifiant le paysage de la politique électorale ? » Il entend décoder cette nouvelle géographie du pouvoir, c’est-à-dire élucider « pourquoi et comment les gens décident [...] de se constituer en communauté, de modifier la conversation publique, de se mobiliser, puis de se déconnecter pour traiter d’autres questions hors-ligne ».
- Prendre... le temps d’une soupe
Depuis sa première intervention La banque à bas en 1997, l’ATSA crée tous les ans un événement artistique et solidaire qui sensibilise le grand public à la réalité des gens de la rue. Intitulé État d’urgence entre 1998 et 2010, puis Fin novembre de 2011 à 2013, il s’agit cette année de la 18e édition de cet effort créatif et citoyen unique avec les personnes de la rue. L’événement a lieu du 15 au 18 octobre prochains à la place Émilie-Gamelin à Montréal.
- Les Bienveillantes
Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Paris, Gallimard, 2006, 907 p.
- Quand la crise dure et perdure sans fin !
Dans les démocraties occidentales, le peuple est réputé « souverain ». À lui de choisir, lors des élections, qui sera au pouvoir. Depuis l’avènement du suffrage universel, les électrices et électeurs des systèmes électoraux dits démocratiques sont investis d’une capacité d’action apparemment fort enviable. Mais la classe dirigeante forme quant à elle un petit groupe sélect, une élite qui veut façonner le monde conformément à ses intérêts, selon le politologue Gaetano Mosca. D’où son intérêt à voir la crise du modèle politique associé au welfare state se prolonger le plus longtemps possible.
- Projet de société autocentré, tricontinentale et internationalisme
La mondialisation néolibérale, ses leurres et ses lueurs ont confiné l’enjeu du développement et la réduction de la pauvreté à des acceptions de plus en plus éloignées de celle de l’autodétermination véritable des pays. Mais la redécouverte des vertus de l’État, venu à la rescousse de l’économie spéculative par le régime Bush, et son recours comme panacée pour sortir de l’actuelle récession par l’administration Obama, exhume l’État développementiste. Un tel État, contraire à celui que le néolibéralisme s’est partout évertué à désengager de l’économie puis à en reconfigurer les fonctions, doit de façon responsable et démocratique redevenir l’architecte du développement.
- Chomsky et Cie
Au printemps 2007, l’équipe de l’émission de radio française Là-bas si j’y suis (la-bas.org) visite Noam Chomsky au Massachusetts Institute of Technology pour une série de reportages. À l’aide de la petite boîte de production Les Mutins de Pangée, un documentaire sera produit pour l’occasion. Chomsky et Cie se regarde donc comme une démarche majeure pour réintroduire Noam Chomsky au public français (tout particulièrement aux militantes), après sa mise à l’écart causée entre autres par (…)
- Sommaire du numéro 90
Pour vous procurer une copie papier de ce numéro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente.
- Tromperies et reculs à l’aide sociale
Le 13 décembre 2002, l’Assemblée nationale du Québec adoptait à l’unanimité la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Cette loi visait et vise toujours à engager le gouvernement et la société québécoise à « tendre vers un Québec sans pauvreté ». Deux ans plus tard, une réforme de l’aide sociale en trois morceaux – le projet de loi 57 – s’avère l’une des pièces les plus empoisonnées de l’automne politique. Le gouvernement prétend appliquer la loi sur la pauvreté. En réalité, il l’enfreint grossièrement. Il y a ici un test pour les processus démocratiques. Et un autre pour l’action citoyenne.
- On avance, on avance, on ne recule pas !
Une campagne de syndicalisation intensive se déroule dans les établissements Couche-Tard depuis environ deux ans. Les travailleuses et travailleurs se serrent les coudes afin d’avoir plus de poids dans le rapport de force les opposant au patron, Alain Bernard. La CSN déploie de nombreuses tactiques et répond systématiquement aux stratégies patronales.
- Les Soulèvements du fleuve : construire un nouveau rapport de force
Né de la rencontre et de l’agrégation de plusieurs luttes locales au Québec, le récent collectif Les Soulèvements du fleuve entend participer de manière plus radicale et créative à la résistance contre le complexe industriel, colonial et extractiviste. Cibler les véritables responsables, densifier le réseau de résistance et reprendre du terrain, tels sont leurs objectifs immédiats. À bâbord ! s’est entretenu avec eux. Propos recueillis par Nicolas Lacroix.
- Recul organisé du logement social : stratégie du choc
La reconnaissance tardive de la crise du logement s’inscrit dans une stratégie du choc où l’ampleur du désastre sert à légitimer le retrait de l’État et le recours à des solutions marchandes ultralibérales. L’abandon des programmes de logements sociaux, maillon essentiel du filet social, devrait alarmer la société civile.
- Convergence technologique anarchiste de Montréal
Plusieurs personnes militantes ont cru dans le passé que le développement de l’informatique, en particulier celui de l’Internet, permettrait de nouvelles formes de communication, de luttes et même la création d’espaces autonomes en accord avec leurs valeurs. Cependant, il est maintenant clair que les capitalistes se sont approprié plusieurs de ces idées pour influencer et imposer leur vision sociale, tout en devenant les monstres géants qui dominent désormais le développement technologique.
- Lutter contre les reculs imposés par la CAQ
Depuis quelques mois, les projets de loi rétrogrades s’empilent sur les bureaux des députés de l’Assemblée nationale : les PL68, PL69, PL89, PL93, PL94, PL98, PL101 ne sont que des exemples de textes contenant une pléiade d’attaques sur des acquis de longue date en matière de conditions de travail, de droit de grève et d’association, de liberté d’expression, de protection de l’environnement et des ressources naturelles et de système de santé public.
- La gauche et l’après Copenhague
Le Sommet de Copenhague a été un échec si retentissant qu’aucune firme de relations publiques n’est parvenu à complètement en masquer la profondeur au grand public. Naomi Klein, avec raison, a décrit les deux maigres pages et demi (sic) de l’entente conclue comme « un sordide pacte convenu entre les plus gros pollueurs : je vais faire semblant de constater que tu te préoccupes de l’environnement et tu feras semblant de constater que je m’en préoccupe moi aussi. D’accord ? Tope là ! »
Mais par-delà ce constat que Copenhague a été un monumental échec, on découvre bien vite de profondes divergences, notamment quant à la gravité de la situation et quant à ce qu’il convient de faire. - Les accommodements raisonnables : entre Hérouxville et Outremont
Les accommodements raisonnables : entre Hérouxville et Outremont VLB Éditeur, Montréal, 2009, 165 p.
- La gauche transphobe, fer de lance de l’extrême droite
Un des aspects les plus fascinants de l’extrême droite est sans doute la conscience qu’ont ses membres que leur idéologie est inacceptable. Dans les premières phases d’un backlash, il n’est pas rare de voir des gens se réclamer du groupe auquel illes s’opposent, avant de finalement déployer un discours de plus en plus transparent quant à leurs réelles intentions. C’est une stratégie qui permet non seulement de normaliser leur propos, mais aussi de placer les mouvements progressistes dans une posture défensive.
- Abolition du cours ECR. Le test des valeurs de la CAQ
Peu de programmes scolaires n’auront autant servi la controverse et si peu le débat public que celui d’Éthique et culture religieuse. En l’abolissant dès 2022, le gouvernement Legault, champion autoproclamé de la laïcité, donne l’impression de parachever son œuvre. Pourtant, ses intentions quant à la suite des choses sont à peu près aussi peu consistantes que la critique qu’il en a livrée.
- Le grand silence
Vous ne le savez probablement pas, mais le Québec et l’Ontario négocient actuellement un « accord de partenariat sur l’espace économique ». Du point de vue des représentants de ces deux provinces, il s’agit d’une bonne nouvelle. Après tout, pourquoi ne pas « jeter les bases d’un espace économique plus fort au centre du Canada », comme le dit la propagande officielle ? Pourquoi ne pas « collaborer sur des enjeux importants tels que les changements climatiques, l’énergie et le transport [5] ? » L’expérience nous a cependant appris à nous méfier des accords commerciaux et des bonnes intentions qu’on leur prête. Et celui entre le Québec et l’Ontario a toutes les raisons de nous inquiéter.
- Appel à la création d’un large front social de lutte
Le budget de Mme Jérôme-Forget (2009-2010) était le premier budget déficitaire du Québec en 10 ans. Il présentait également les intentions gouvernementales à venir, soit un retour rapide à l’équilibre budgétaire par l’augmentation de la TVQ et de l’ensemble des tarifs, mais aussi par une asphyxie progressive du financement des services publics. L’énoncé économique du ministre des Finances en septembre 2009 et son budget qui suivra viendront confirmer les appréhensions. La « crise des finances publiques » venait offrir l’occasion en or pour le gouvernement d’imposer son agenda néolibéral, soulevant du fait même l’ire de la population et les applaudissements des Chambres de commerce et du Conseil du patronat.
- Éthique consommée
La consommation peut-elle être une façon d’agir politiquement ? Une somme d’actes de consommation individuels peut-elle améliorer le monde ? « Acheter, c’est voter » est la prémisse fondamentale du discours des organismes qui font la promotion de la consommation « responsable » comme Équiterre. C’est la croyance qu’un monde meilleur peut s’acheter. Vous voulez sauver l’environnement ? On vous dira d’acheter des aliments biologiques. Vous voulez combattre la pauvreté dans les pays en voie de (…)
- Dignité et intégrité physique
À bâbord ! poursuit la discussion entamée dans son dernier numéro sur la question de la prostitution / travail du sexe avec la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle et Amnistie internationale. Nous espérons que ces articles alimenteront le débat et permettront de prendre connaissance des idées et intentions des unes et des autres.
- L’étau des privatisations
Quelle technique a-t-elle permis d’imposer la mise en concurrence, voire la privatisation, d’entreprises publiques, de faire accepter la fermeture définitive de nombre de bureaux de poste et de gares, de remettre en cause la gratuité de la santé et de l’éducation, de transformer la fonction publique en un archipel d’agents concurrents et menacés ? Le tout presque sans « débat ». Pour cela, il a suffi de construire un corridor de « réformes » à l’intérieur duquel une porte se verrouille sitôt qu’on en franchit le seuil, pour conduire à une autre qui s’ouvre à mesure qu’on s’en rapproche. Puis, comme le dit la chanson, assez vite « on n’a plus assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens. Alors il faut qu’on avance ».
- La littérature sert-elle à quelque chose ?
Deux ouvrages récents, La littérature est inutile de Gilles Marcotte (2009) et Une idée simple d’Yvon Rivard (2010), semblent écrits en contrepoint, à commencer par les titres qui sont tous les deux péremptoires et provocateurs. L’air de rien, involontairement même, voici deux auteurs aguerris qui ferraillent dans leur champ, la littérature. Sert-elle à quelque chose ?
- L’armée canadienne n’est pas l’armée du salut
Francis Dupuis-Déri, L’armée canadienne n’est pas l’armée du salut,
Montréal, Lux Éditeur, 2010, 159 p. - Une cimenterie coûteuse et polluante
La scène se passe le 31 janvier 2014 à Port-Daniel-Gascons. La première ministre du Québec d’alors, Pauline Marois, et le président du conglomérat Beaudier, Laurent Beaudoin, annoncent la réalisation d’une cimenterie d’un milliard de dollars, sous les applaudissements nourris d’invités choisis.
- Points de vue syndicaux sur l’état de l’école primaire
Les enseignantes et les enseignants sont les principaux agents qui mettent en œuvre la mission de l’école primaire. Leurs syndicats ont donc un point de vue privilégié sur les enjeux de l’école primaire. Brigitte Bilodeau et Jacques Tondreau, respectivement vice-présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) et directeur du Service de l’action professionnelle et sociale de la CSQ, ainsi que Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), répondent à nos questions.
- L’affaire Ilaria Salis bouleverse l’Italie
Ilaria Salis, une professeure dans une école primaire à Monza, en Italie, se rend en Hongrie avec un petit groupe de militant.es antifascistes. Ces personnes veulent se confronter à des néonazis qui célèbrent la Fête de l’honneur, commémorant le soi-disant héroïsme d’un bataillon nazi contre l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien qu’illégale, cette fête est tolérée sans peine par le gouvernement d’extrême droite de Victor Orbán.
- Sommaire du numéro 106
Travail
Trop politiques, les syndicats ? / Thomas Collombat
Société
Face à l’extrême droite, se retrouver / Victor Beaudet-Latendresse et Simon Tremblay-Pepin
L’importance de se projeter / Sophie Elias-Pinsonnault
Sortie des cales
Clap de fin / Jade Almeida
Mémoire des luttes
Le combat de Claudia Jones / Alexis Lafleur-Paiement, membre du collectif Archives Révolutionnaires
L’héritage de Mobilisation : S’enraciner pour mieux lutter / Entretien avec Guillaume Tremblay-Boily. (…) - Droit au logement : « Nous sommes au début d’une très longue lutte »
Le Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), qui défend les droits des locataires de ce quartier montréalais, est l’avant-garde de la lutte contre la gentrification et la crise du logement. Les locataires qui s’y mobilisent sont parmi les plus vulnérables au pays et font face à une spéculation immobilière féroce, mais iels ont aussi organisé cet été une manifestation historique contre les attaques caquistes envers le droit au logement. À bâbord ! s’est entretenue avec un groupe qui a beaucoup à nous apprendre. Propos recueillis par Isabelle Larrivée et Claire Ross.
