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Articles (2129)
- Lobby : Halte aux dérapages
En continuité avec notre dossier Lobbyisme, le pouvoir obscur (no. 95), nous publions la déclaration Lobby : halte aux dérapages, que nous vous invitons à lire attentivement et à signer en allant à l’adresse https://lobby-halte-aux-derapages.org. Votre appui permettra d’ajouter une action simple mais importante à la lecture de notre numéro sur le sujet.
- Les mouvements pour un salaire étudiant
Nous publions ici la version intégrale d’un article d’Aurélien Casta paru en version abrégée dans le magazine des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). L’auteur remercie les membres des CUTE et en particulier Annabelle Berthiaume pour leur proposition et leur relecture des différentes versions de ce texte, ainsi que Maud Simonet, Bernard Friot et Laura pour leurs suggestions.
- La sorcellerie capitaliste : pratiques de désenvoûtement
Philippe Pignarre et Isabelle Stengers, La sorcellerie capitaliste : pratiques de désenvoûtement, Paris, La Découverte, 2007
- L’indépendance contre la globalisation capitaliste
Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les frontières se sont effacées devant l’envergure des échanges internationaux, que l’État nation est en déclin et est devenu impuissant devant les acteurs économiques mondiaux. La régulation de l’économie, la plus légère possible, est la tâche des institutions internationales. Il en découle donc que la lutte pour la souveraineté nationale est complètement décalée et passéiste.
- Sauver le monde. Vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer
Sauver le monde. Vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer, Michel Bauwens (avec la collaboration de Jean Lievens), Les liens qui libèrent, 2015, 267 p.
- La transformation de la production
La financiarisation de l’économie et la transnationalisation des processus de production forcent à repenser la forme de l’État et les relations entre classes sociales. Assiste-t-on nous à l’émergence d’une classe capitaliste transnationale, voire d’un « État capitaliste global », dont les États nationaux ne seraient qu’une courroie de transmission ? Est-il de nos jours encore pertinent de penser les classes dans une optique nationale ?
- Le réseau capitaliste qui mène le monde
Occupy Wall Street s’est répandu comme une traînée de poudre dans les villes d’Amérique du Nord et au-delà. Deux symboles magnétiques : New York, ville phare du monde capitaliste au XXe siècle, et Wall Street, le cœur même des magouilles financières. Les Indignées des villes d’Occident ont même eu la sympathie, ou la « compréhension », de politiciens au pouvoir, notamment d’Obama et d’un ministre du gouvernement Harper.
- Journalisme et relations publiques
La journaliste souhaite raconter chaque jour une histoire d’intérêt public. Une histoire qu’elle a développée elle-même. Pour réaliser cette aspiration : fabriquer des reportages originaux d’intérêt public, la journaliste doit surmonter plusieurs obstacles. Celui qui nous préoccupe ici est l’industrie des relations publiques.
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
- Le cas d’Abousfian Abdelrazik
Le drame d’Abousfian Abdelrazik se présente comme un vibrant témoignage (un de plus) sur le sort réservé aux personnes victimes de la doctrine de la sécurité nationale, doctrine reposant sur une idéologie raciste, colonialiste et impérialiste.
- L’inquiétante propagation du mensonge
Des histoires complètement fantaisistes se transforment en réalité pour certain·es. Ce phénomène qu’on aurait voulu croire en voie de disparition revient en force. Le mensonge reste un moyen particulièrement efficace pour saboter la démocratie ou pour l’empêcher de s’épanouir, d’où la nécessité de bien comprendre sa mécanique.
- Corbyn et le retour vers le futur des travaillistes
Un an après le Brexit, les citoyen·ne·s du Royaume-Uni ont été appelé·e·s à élire un nouveau parlement. Contre toute attente, le Parti conservateur de Theresa May a perdu son pari : il n’a plus la majorité même s’il forme le gouvernement, tandis que le Labour de Jeremy Corbyn sort revigoré de la joute électorale.
- Journalisme. L’indépendance à la pige ?
De l’aveu de Pierre Sormany, l’un des fondateurs de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) il y a vingt-cinq ans, l’adoption du terme « indépendant » est une usurpation, une substitution qui vise à éviter le terme « pigiste », jugé péjoratif . Les journalistes « indépendant·e·s » se distinguent donc de leurs collègues salarié·e·s par le type de relation contractuelle qui les lient aux entreprises de presse. En tant que pigistes, les journalistes « indépendant·e·s » se (…)
- Against Cultural Appropriation
Entrevue originale de l’article "Contrer l’appropriation culturelle" du dossier RÉSISTANCES AUTOCHTONES, dans le numéro 54 de la revue.
- La raison populiste
Ernesto Laclau, La raison populiste, Paris, Seuil, coll. « L’ordre
philosophique », 2008, 295 p. - Trump, l’Alt-Right et la résistance
L’administration Trump est l’une des plus réactionnaires de l’histoire des États-Unis. Le milliardaire-président a promulgué une série de décrets ciblant les musulman·e·s, les immigrant·e·s, les femmes et plusieurs autres groupes opprimés. Ces mesures sont non seulement rétrogrades, elles ont aussi permis d’ériger un écran de fumée pour accélérer la déréglementation de l’économie américaine au seul bénéfice de la classe capitaliste.
- Le faux débat sur l’interculturalisme et la question identitaire
Par le biais de lettres aux journaux, des universitaires québécois débattent présentement de l’identité québécoise et des valeurs communes qui devraient être partagées dans le contexte d’une société moderne. Trois grandes orientations cadrent ce débat. D’une part, les signataires du « Manifeste pour un Québec pluraliste » [1] prônent une vision ouverte et pluraliste de la société québécoise. D’autre part, les tenants d’une conception nationaliste conservatrice (les « néo-traditionnalistes ») remettent en question les pratiques d’accommodements raisonnables qui auraient pour effet de nier la mémoire de la majorité historique. Enfin, un troisième groupe propose une « vision stricte de la laïcité », qui « récuse les manifestations religieuses ostentatoires dans la sphère publique [2] ».
- Dissocier indépendance et nationalisme
La question de l’indépendance représente une contradiction irrésolue dans l’histoire de la communauté politique du Québec. Elle est intimement mêlée aux autres formes de domination, dont l’oppression capitaliste. Si elle a, jusqu’ici, fait partie de l’arsenal idéologique des classes dominantes et des élites nationalistes, cela ne veut pas pour autant dire que la gauche peut se permettre de l’escamoter. Peut-être faudrait-il en revenir à dissocier indépendance et nationalisme. Cela ne veut pas dire nier la réalité nationale, mais plutôt penser l’appartenance à une communauté politique concrète comme condition nécessaire de tout projet d’émancipation et d’autonomie politique [3].
- Le journalisme à l’ère Snowden
Les documents fournis par Edward Snowden sur les activités de surveillance de la National Security Agency (NSA) américaine et de son allié britannique, le Government Communications Headquarters (GCHQ), ont suscité de nombreux questionnements sur les activités de nos États comme sur notre usage du réseau Internet. On a beaucoup souligné, à juste titre, le courage de Snowden devant les sacrifices qu’il a dû accomplir. Or, le tumulte provoqué par ces divulgations a aussi gagné le milieu journalistique, particulièrement aux États-Unis et en Grande-Bretagne. C’est ici qu’il faut saluer le travail des journalistes à qui Snowden a, non sans raison, choisi de faire confiance.
- Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Vers une nouvelle critique des médias
La critique des médias dominants est une nécessité pour contrer la tendance hégémonique de la « pensée unique » néolibérale. Mais une critique trop manichéenne des médias est sans doute démesurément à la mode dans la galaxie altermondialiste. Face au risque d’une critique unique de « la pensée unique », une autre critique des médias est possible, plus sensible aux complications et aux contradictions de notre monde, et donc plus radicale, car plus à même de saisir les racines emmêlées des maux humains dans les sociétés capitalistes actuelles.
- L’offensive des nationalistes conservateurs expliquée
Y a-t-il une mouvance néoconservatrice au Québec ? Porte-t-elle le chapeau de cowboy et le fusil, la Bible et Adam Smith à la main ? Dans l’ouvrage qu’ils dirigent, La guerre culturelle des conservateurs québécois (M Éditeur, 2016), Francis Dupuis-Déri et Marc-André Éthier décortiquent, sans fard ni caricature, les assauts du nationalisme conservateur depuis le tournant des années 2000.
- « La grande transition »
Le collectif La grande transition organise un colloque international à l’UQAM en mai prochain. L’événement vise à rassembler « un millier de participant·e·s pour discuter des critiques du capitalisme, des stratégies qui visent son dépassement et des modèles d’organisation économique alternatifs ». Afin d’en savoir plus sur le projet, À bâbord ! a rencontré deux membres du comité organisateur, Alain Savard et Maïka Sondarjee.
Propos recueillis par Caroline Brodeur.
- Le pouvoir des technocraties
Historiquement, on a surtout compris les classes dominantes grâce aux rapports de propriété. Selon les schèmes classiques, ceux qui possèdent les outils ayant la capacité de produire des marchandises (les capitalistes) ont la main haute sur ceux qui n’ont pour propriété que leur force de travail, qu’ils doivent offrir en échange d’un salaire leur assurant subsistance (les travailleurs et travailleuses). Dans cette configuration à deux pôles, les intérêts économiques des uns sont opposés à ceux des autres.
- Le Réseau Liberté-Québec
Le 23 octobre dernier, plus de 450 personnes se réclamant de la « droite citoyenne » se sont réunies à Québec (encore une fois…) pour créer un mouvement de masse en faveur d’une réforme en profondeur du modèle québécois. Cette réforme reposerait sur les valeurs de liberté de choix et de responsabilité individuelle. Alors que les journalistes experts en politique-spectacle se demandent si ce mouvement réussira à ressusciter l’ADQ ou s’il mènera à la création d’un nouveau parti de droite, il convient de se pencher sur la nature profonde du discours idéologique tenu par le Réseau Liberté-Québec, afin de comprendre sa prégnance dans l’espace public depuis plus d’une trentaine d’années.
- L’affaire Snowden, un an plus tard
Il y a un an aujourd’hui, le journal britannique The Guardian publiait les premières révélations fournies par Edward Snowden sur la surveillance de la NSA et de ses partenaires de l’alliance Five Eyes (la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande). Ces révélations sont déjà passées à l’histoire, en raison de ce qu’elles nous enseignent sur les rapports entre l’État et ses citoyen.ne.s au 21è siècle, sur la place que les technologies de communication ont prise dans nos vies, et enfin sur le type de travail journalistique qui a permis à de telles informations d’être transmises au public du monde. Sans vouloir en faire un bilan exhaustif ou définitif, j’aimerais ici partager certaines réflexions à ce sujet.
- Quelle alternative pour le journalisme ?
Il est assez difficile d’imaginer quelles formes pourrait prendre le retour à une pratique journalistique digne de ce nom, alors que la crise du politique qui sévit actuellement tend au contraire à délégitimer jusqu’à l’idée même qu’une parole puisse venir s’interposer entre le citoyen-consommateur et la « réalité » économique immédiate.
- Prolétaires de tous les jeux, unissez-vous !
Games Workers Unite Montréal est une organisation locale s’inscrivant dans le mouvement mondial Games Workers Unite (GWU). À bâbord ! s’est entretenu avec eux pour discuter de la situation au Québec. Propos recueillis par Yannick Delbecque.
- Israël - Palestine : la fabrique du consentement occidental
Depuis le 7 octobre, Israël poursuit de façon incessante ses bombardements, ses frappes de missiles et ses attaques ciblées contre des hôpitaux, des écoles, des universités et des résidences au vu et au su du monde entier. Ces crimes de guerre sont accompagnés d’une rhétorique où Israël se présente comme la victime des Palestinien·nes, ce qui justifie, croit-il, son « droit de se défendre ».
- Disséquer la « sensibilité » nationaliste conservatrice
Le schisme identitaire : Guerre culturelle et imaginaire québécois a été écrit par la vedette montante du nationalisme conservateur québécois, Étienne-Alexandre Beauregard [4]. Si sa thèse est faible et friable, le livre demeure toutefois intéressant, car il expose les travers du débat actuel sur l’identité.
- Des médias régionaux vulnérables
Où que vous soyez au Québec, les médias vont mal et les rapports s’accumulent pour le confirmer. Dans cet enjeu, il est néanmoins important de noter le déséquilibre qui existe entre le centre et les périphéries ainsi que la diminution de la production d’information originale dans les régions, comme l’a établi le rapport Payette en 2010.
- Le phénomène John Oliver
À première vue, rien ne distingue John Oliver de ses semblables humoristes commentateurs de l’actualité aux États-Unis. Assis derrière un pupitre, il enchaîne les blagues, appuyé par des rires programmés. Mais écouter cet hurluberlu à lunettes affublé d’un terrible accent britannique nous réserve une grande surprise : ce que la télévision étatsunienne peut offrir de plus subversif et décapant.
- Journalismes : institutionnel vs citoyen
Il m’est avis que le Web social marque la fin du monopole des journalistes institutionnels (formés aux écoles de journalistes, accrédités, etc.) sur l’information. Cela ne signifie pas qu’ils sont appelés à disparaître, mais plutôt à voir des transformations dans leur rôle, dans leurs pratiques et dans leur manière d’interagir avec les citoyennes, qu’on ne peut plus simplement appeler « public ».
- Conflits d’intérêts
Professeure au département de Science politique de l’Université Laval, Anne-Marie Gingras est l’auteure de Médias et démocratie, Le grand malentendu, publié aux Presses de l’Université du Québec (Québec, 2006). Ce livre s’attache à analyser le rôle politique des médias privés et publics, ainsi que des sondages et des technologies médiatiques et jette un regard à la fois critique et nuancé sur le métier de journaliste. L’entretien qu’elle a accordé à À bâbord ! porte sur les liens entre les médias et les pouvoirs économiques.
- Une alternative économique globale
La plupart des propositions présentées comme des alternatives économiques ont en commun un horizon local, voire une vision explicitement localiste. Depuis le célèbre Small is Beautiful, bien des critiques du système capitaliste mondial, comme du socialisme réellement inexistant du défunt bloc de l’Est, sont fondées sur la recherche d’une plus grande liberté individuelle face aux monstres que sont l’Eat-nation et l’entreprise transnationale [5].
- Peur et pensée politique
La crise du capitalisme n’est plus épisodique et conjoncturelle. À la suite de l’effondrement des mécanismes de l’endettement, qui avaient eux-mêmes remplacé la social-démocratie pour en contenir l’effet désintégrateur, la crise est devenue « structurelle ». Cette fois, c’est plus grave : l’anticapitalisme est aussi entré en crise. Ce que l’action politique de gauche et sa théorie nomment liberté ne serait plus que la condition d’une plus cruelle pénétration des marchés. Toute issue semble ouvrir sur l’accélération des moteurs. À moins que… de nouvelles valeurs soient proclamées, qui aboliraient le capitalisme une bonne fois pour toutes !
- Un capitalisme, deux capitalismes...
En cette période de remise en question du système capitaliste, ou du moins de sa variante financiarisée, il peut être utile de bien définir ce système, qui combine la montée du chômage et des inégalités, les risques d’un désastre écologique et le néo-impérialisme. Le regain de popularité de Marx témoigne du désir de comprendre le système. Par ailleurs, des ouvrages récents [6] indiquent un relatif manque de rigueur chez plusieurs commentateurs. S’agit-il d’un système ou de plusieurs systèmes ? Deux livres publiés en 2008 et 2009 peuvent illustrer cle manque d’unicité. Pourtant leurs auteurs, Omar Aktouf et Jean-François Kahn, ne manquent pas de connaissances.
- S’approprier les outils des hackers
Si le journalisme a été brisé par la montée en puissance des géants du Web, pourquoi ne pas tenter de le réparer en utilisant les mêmes outils, les mêmes armes ?
- Wikileaks et les habits de l’empereur
En novembre dernier, l’organisation Wikileaks a débuté la publication de câbles diplomatiques américains, causant la commotion que l’on connaît. L’hypocrisie des autorités américaines, promptes à condamner les attaques à la liberté d’expression sur Internet provenant d’États rivaux, mais indignées lorsque cette liberté nuit à ses propres intérêts, n’a rien de bien étonnant. Par contre, la réaction d’une bonne part de la communauté journalistique mondiale laisse pour le moins perplexe, au point où on y trouve une raison supplémentaire de s’interroger sur la vitalité de la profession.
- La gauche et l’islamisme
Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et l’état d’urgence planétaire décrété par les États-Unis sous prétexte de « guerre au terrorisme », dans les pays occidentaux, les personnes issues des pays arabo-musulmans sont en butte à toutes les discriminations, tant ethno-raciales que socio-économiques. De plus, les pays arabo-musulmans sont également victimes de l’impérialisme occidental et de l’incurie de leurs propres dirigeants. Au nord comme au sud, des courants politiques « musulmans » prétendent mener des luttes pour contrer ces injustices. Ce constat soulève des défis pour la gauche, qui doit d’une part comprendre les phénomènes politiques se réclamant de l’islam et trouver la meilleure stratégie pour y répondre et, d’autre part, prendre ses responsabilités dans la lutte contre les injustices subies par des nations à majorité musulmane et par les minorités arabo-musulmanes d’Occident. La relation entre la gauche et l’islamisme politique soulève plusieurs questions : comment mener la lutte contre l’islamophobie et le racisme tout en maintenant une vigilance constante à l’égard du fondamentalisme religieux ? L’islamisme peut-il apporter une contribution positive à la lutte anti-impérialiste ? Une action politique inspirée par l’islam peut-elle être également progressiste et compatible avec la gauche ? Les enjeux ne sont pas les mêmes dans les sociétés occidentales où les personnes de confession islamique, minoritaires, sont victimes de racisme et dans les pays arabo-musulmans où la gauche et l’extrême-gauche laïques sont également victimes de l’islamisme politique. Nous avons demandé à deux membres de la rédaction, Benoît Renaud et Mabrouk Rabahi, de lancer le débat.
- La planète altermondialiste
Chiara Bonfiglioli et Sébastien Budgen (dir.), La planète altermondialiste, Textuel, Paris, 2006.
- Comment combattre ?
Pendant que Condoleeza Rice proclamait que les bombes états-uniennes dévastant le Liban exprimaient « l’angoisse de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient », les activistes du Québec et du Canada se demandaient si cette nouvelle manifestation des desseins impérialistes allait redonner une nouvelle vigueur au mouvement antiguerre ou, mieux encore, à un mouvement anti-impérialiste durable, doté d’une stratégie solide.
- La politique selon Orwell
John Newsinger, La politique selon Orwell, Marseille, Agone, coll. « Banc d’essai », 2006
- Autogestion démocratique pour tous... et toutes
Depuis le 19e siècle en Europe, la coopérative et l’autogestion sont devenues le support d’une réflexion utopique de transformation démocratique du travail et de la société.
- Les laissés-pour-compte du baseball
Récemment, Moneyball a été mis en nomination pour six Oscars, phénomène plutôt rare pour un film portant sur le baseball. C’est qu’au lieu de s’attarder à la grandeur et aux misères d’une équipe négligée qui ferait fi des divergences internes pour cimenter son esprit de corps et triompher dans un match ultime contre des favoris arrogants, Moneyball est une fable économique portant sur le fonctionnement décisionnel des propriétaires d’un club. En prenant appui sur les As d’Oakland de 2002, équipe qui a remporté le championnat de sa division malgré une très faible masse salariale et la perte de trois de ses meilleurs joueurs sur le marché des joueurs autonomes, le film plaide pour l’innovation dans un univers capitaliste féroce et évidemment inéquitable.
- Resisting across borders : Hindu Fascism, Xenophobia, and Diasporic Solidarity
As Hindutva extends its influence to North America, forges alliances with Canadian conservatives, and hijacks discourses on multiculturalism and racism for its own ends, the SADAC is organizing a response by building local and transnational solidarity. À Bâbord ! met with them. Transcribed by Louise Nachet.
NDLR. Cette article est la version anglaise de l’entrevue parue dans notre numéro 107.
- Média, médiation, immédiateté
Les journalistes observent tout, y compris leurs propres travers. Dean Starkman, reporter, blogueur et critique des médias pour la Columbia Journalism Review a observé son monde récemment et il a vu que le journaliste est maintenant comme un hamster dans sa roue [7]. Il s’active beaucoup, mais ne va nulle part.
- La marchandisation de la santé
Ceci est la version intégrale, et en langue d’origine, de l’article « La marchandisation de la santé », paru dans notre dossier En plein corps.
- Le voyou, le barbare et le philistin
L’affaire Péladeau-Lafrance a suscité bien des gloses dans les médias ces derniers mois. Par-delà les lieux communs et la satire – tentante au demeurant –, cette affaire de gros mots pourrait-elle nous révéler quelque chose sur ce qu’on appelle la culture, aujourd’hui envahie à un tel point par le divertissement et la marchandisation des diverses formes d’expression artistique que la culture de masse d’il y a cinquante ou soixante ans peut paraître comme un âge d’or de la culture ?!
- Quand la banque s’amuse
En juillet prochain, il y aura un bien triste anniversaire à souligner : les 60 ans de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI). C’est en effet en juillet 1944, réunis à Bretton Woods, que les Alliés, au dernier stade d’un conflit terriblement meurtrier, posèrent les bases de l’ordre d’après-guerre en décidant, entre autres, la création de ces deux institutions internationales. Rattachés formellement à l’ONU qui voyait elle aussi le jour à ce moment, la Banque mondiale et le FMI avaient comme mandat originel de financer le développement international et la reconstruction à la suite de la guerre ainsi que de stabiliser les taux de change en vue d’éviter une grave crise financière comme celle de 1929. Aujourd’hui, on peut dire que ces deux organismes se sont largement éloignés de ce mandat pour devenir, au fil du temps, un des piliers du processus d’imposition à l’ensemble de la planète des politiques néolibérales capitalistes.
- L’économie participaliste
L’économie participaliste, Pascal Lebrun, Montréal, Lux, 2014.
- Apprendre à nous écrire
Le guide de politique et d’écriture inclusive Apprendre à nous écrire, paru en mai 2021, est le fruit du travail commun de Les 3 sex et de Club Sexu, deux organismes féministes engagés dans la lutte pour les droits sexuels. Pourquoi un tel guide ?
Propos recueillis par Isabelle Bouchard
- Secrets d’États ? Les principes qui guident l’administration publique et ses enjeux contemporains
Secrets d’États ? Les principes qui guident l’administration publique
et ses enjeux contemporains, Nelson Michaud (dir.), Québec, PUL, 2011, 778 p. - La guerre du saumon à Restigouche. 40 ans de redites
Le 11 juin 1981, le gouvernement du Québec envoie 500 agents de police dans la communauté de Listuguj [8], dans la Baie-des-Chaleurs. À l’occasion du 40e anniversaire de l’escarmouche à Restigouche [9], À bâbord ! revisite les événements et pousse la réflexion sur les conflits actuels avec l’ethnologue Pascal Huot. Propos recueillis par Miriam Hatabi.
- Manifeste animaliste. Politiser la cause animale
Corine Pelluchon, Manifeste animaliste. Politiser la cause animale, Paris, Alma Éditeur, 2017, 111 pages.
- Grandes peurs et petites misères du numérique
Les nouvelles technologies de l’information ont bien évidemment transformé de bout en bout le secteur de l’information. La dématérialisation combinée à la gratuité, mais aussi à la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied à des empires de presse et vaciller un large pan de la maison médiatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait généralement évaluer les enjeux de plusieurs manières, d’ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus prégnantes, toutes liées au numérique, tour à tour présentées comme le moteur d’un avenir radieux, le fossoyeur d’un passé glorieux ou simplement le propulseur dans une éternelle immédiateté.
- Mauvaise presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques
Cyril Lemieux, Mauvaise presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques, Paris, Métailié, 2000
Cyril Lemieux, maître de conférences à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, s’efforce dans cet ouvrage de « contribuer à une critique du travail journalistique qui, lorsqu’elle mérite d’avoir lieu, soit à la fois moins caricaturale dans ses attendus et plus difficile à relativiser pour les intéressés », ce qui supposerait de passer par ce (…) - Good Booty. Corps et âmes, Noirs et Blancs, amour et sexe dans la musique américaine
Ann Powers, Good Booty. Corps et âmes, Noirs et Blancs, amour et sexe dans la musique américaine, Le Castor Astral, 2019, 416 pages.
Traduit de l’anglais par Rémi Boiteux.
- Quand la Chine d’en bas s’éveille
Les échos parcimonieux qu’on entend sur la Chine nous font penser à un pays industrieux où le développement économique spectaculaire repose sur des ateliers de misère où s’entassent des centaines de milliers d’ouvriers et surtout d’ouvrières. C’est l’image d’une Chine « atelier du monde » où les capitalistes chinois avec leurs copains des multinationales règnent sans partage.
- Ventres asservis au capital
Qu’il est difficile de parler de la « production d’enfants », en cette ère et cette région du monde où la parentalité baigne dans un luxe romantique inouï ! C’est pourtant ce à quoi s’attelle l’essayiste italienne Silvia Federici dans Caliban et la sorcière.
- La tentation d’un capitalisme « avec des valeurs asiatiques »
François Legault déclarait lors de la dernière campagne électorale que les jeunes du Québec devraient envier la culture de l’effort et la productivité de leurs vis-à-vis « asiatiques ». Nombre de commentateurs, souvent perplexes et parfois franchement agacés, n’ont pas manqué de lier cette déclaration à celle de Lucien Bouchard, datant de 2006, sur la nécessité pour les salariés québécois de « travailler plus » pour rester compétitifs dans l’économie globalisée.
- L’empire du capital
Ellen Meiskins Wood, L’empire du capital, Montréal, Lux Éditeur, 2011, 232p.
- Aucune refonte en profondeur du capitalisme
Après en avoir fait les constats, il semble qu’on ait tiré les leçons de la crise financière et économique mondiale actuelle. S’achemine-t-on, tel que l’ont laissé entendre certains dirigeants du G8, vers une refonte en profondeur de l’économie capitaliste ? Loin de là...
- L’expérience andalouse
Depuis le début de la crise économique, le mot « refondation » brûle sur toutes les lèvres. Refonder la social-démocratie, rénover le capitalisme, repenser le syndicalisme, etc. Pourtant, il ne semble pas y avoir dans ces propositions quelque chose de véritablement nouveau. Au Québec comme en Europe, il s’agirait essentiellement de retrouver le compromis keynésien caractérisé par la cogestion sociale et institutionnelle, l’État interventionniste et la collaboration entre les classes.
- Le souverainisme néolibéral et nationaliste. Les raisons de s’en séparer
Le souverainisme ne va pas bien. La portée du projet se réduit, les discussions sur le monde que la souveraineté pourrait permettre de construire sont remises à plus tard, soumises à l’impératif de gagner d’abord un prochain référendum. La vision du monde, néolibérale, de ses représentant·es officiel·les contribue à approfondir le divorce avec les personnes qui sont portées par une solidarité politique à l’égard des opprimé·es et par un point de vue critique de la mondialisation. L’indépendance peut-elle redevenir un projet progressiste menant à plus de liberté, d’égalité et de justice ? Peut-elle concerner plus spécifiquement les couches populaires et défavorisées ? La possibilité d’une réponse positive à ces questions réside dans la capacité d’invention qu’auront ceux et celles qui prennent leurs distances avec le nationalisme et qui refusent de secondariser les luttes pour l’égalité et la justice sociale.
- L’échec commercial d’un bien public
L’imputabilité des élites dépend en grande partie de la qualité, de la pluralité et de la disponibilité des journalistes professionnels, qui sont les yeux et les oreilles des citoyen·ne·s autrement exclu·e·s des lieux de pouvoir. Pourtant, les médias d’information, particulièrement la presse écrite, traversent une crise économique sans précédent et sans fin qui met son existence en péril. Et si la solution consistait à admettre l’échec commercial de l’information et à confirmer son statut de bien public ?
- Journalisme, militantisme et impartialité
De nos jours, dans les codes d’éthique ou de déontologie qui balisent modérément les activités professionnelles liées aux métiers de l’information, il n’est plus tant question d’objectivité journalistique que d’autres valeurs, telles l’exactitude, l’équité, la rigueur, la vérité et l’impartialité, dont on ne manquera pas de préciser ici qu’elle reste encore et toujours synonyme d’objectivité. Ces mêmes qualités déterminent a contrario ce que la journaliste Colette Beauchamp nomme « la tare de la subjectivité » des militantes, laquelle renvoie à de moins nobles vocables – tels idée reçue, parti pris, partialité – et dote ces acteurs du monopole de l’idéologie.
- Autogestion à RueFrontenac
Lors d’une soirée de discussion organisée par l’association de Québec solidaire de Mercier, le 29 septembre dernier, le journaliste Vincent Larouche, lockouté du Journal de Montréal (JdM), a soulevé de nombreuses questions sur l’autogestion, en évaluant la portée et les limites de l’expérience de RueFontenac.com.
- Qui parle lorsque parle Mathieu Bock-Côté ?
Les thèses nationalistes conservatrices de Mathieu Bock-Côté (MBC) sont de plus en plus remarquées et discutées. Celui qui sévit depuis une douzaine d’années dans les pages d’organes intellectuels vendus à sa cause semble avoir acquis un capital intellectuel qui force la réplique de ses adversaires. Cette trajectoire apparemment ascendante n’est pourtant pas le produit d’un génie particulier ou le fait héroïque d’un auteur isolé qui signe des camouflets incendiaires dont la seule originalité s’imposerait à la lecture. C’est tout le contraire.
- Un espace médiatique critique est-il possible ?
Les grands réseaux de communication dont l’objectif est de développer les échanges d’information ont toujours été soumis aux intérêts de la sphère marchande et à l’essor d’un capitalisme de plus en plus déterritorialisé. L’emprise de la rationalité du mode de production capitaliste dans le champ médiatique n’a ainsi eu de cesse de se faire de plus en plus prégnante. La concentration économique des médias, leur financiarisation, le rôle joué par la publicité, l’affaiblissement de l’audiovisuel public et sa dépendance de la logique commerciale soumettent toujours davantage les médias à l’épreuve des lois du marché et les tiennent de plus en plus éloignés d’un modèle théorique de médias servant le jeu démocratique.
- L’Égypte, 2 ans plus tard
Vendredi dernier, 25 janvier, c’était le deuxième anniversaire des manifestations égyptiennes de 2011, qui mèneraient ultimement à la chute d’Hosni Mubarak. Vous le savez peut-être, les Égyptien.ne.s protestent à nouveau depuis quelques jours, au point l’état d’urgence a été décrété par le successeur de Mubarak, Mohamed Morsi, dans 3 régions du pays.
Sans avoir fouillé assidûment la couverture médiatique québécoise et radio-canadienne de la situation en Égypte depuis deux ans, il me semble (…) - La lutte pour l’humanité et contre le néolibéralisme
Au moment de célébrer dix (et vingt) ans de lutte zapatiste, il n’est pas inutile de rappeler que le mouvement altermondialiste dont la force s’est manifestée à partir des mobilisations de Seattle en décembre 1999, avait déjà fait un pas significatif dans les montagnes du Sud-est mexicain, lors de la « Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme », convoquée par l’EZLN en juillet-août 1996. Parfois reconnu, souvent ignoré, cet antécédent mérite une place dans la mémoire de la résistance globalisée, car il a marqué un réveil des conceptions et des pratiques internationalistes, après plusieurs décennies de sommeil profond.
- D’un « bon gouvernement » provincialiste à l’autre
L’arrivée à la tête du Parti québécois en 2012 d’un affairiste conservateur et autoritaire doublé d’un souverainiste résolu, Pierre-Karl Péladeau, illustre bien les tensions principales qui divisent cette formation depuis sa fondation : l’indépendance, le social, le pluralisme et la démocratie.
- Le pragmatisme radical d’un « matérialiste historique »
Quelques jours après le congrès de Québec solidaire et l’élection de Gabriel Nadeau-Dubois comme député de Gouin, À bâbord ! rencontrait le nouveau co-porte-parole de QS pour l’interroger sur une série d’enjeux entourant l’avenir du parti.
Dans cette seconde partie de l’entretien, le nouveau représentant de QS à l’Assemblée nationale détaille une stratégie pour faire des percées dans les différentes régions du Québec et souligne l’importance pour le parti de gauche de formuler des propositions économiques concrètes pour le développement régional. L’ancien leader étudiant se prononce également sur des questions d’éducation, de politique municipale et de communication politique.
Pour (re)lire la première partie, cliquez ici.
- Le Devoir et les nationalistes conservateurs
Dans Le Devoir du vendredi 12 décembre dernier, Éric Bédard peut répondre directement à la critique féministe de son histoire du Québec par Micheline Dumont. Sa réponse est assortie de sa photo en couleur, tandis que celle de l’historienne Dumont l’est par Pauline Marois, une des femmes dont parle Bédard. Quel autre auteur aurait le privilège d’être appelé par Antoine Robitaille afin de répliquer le jour même à une critique de son livre ? Tous ceux qui partagent son orientation politique : (…)
- Des alliances sont possibles
Figure connue et reconnue du mouvement anticapitaliste et anarchiste montréalais, Barbara Legault milite avec Bloquez l’empire Montréal, la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) et la Mobilisation populaire contre l’OMC. Ne pouvant malheureusement pas participer en personne à la table ronde, nous lui avons soumis les mêmes questions qu’aux autres participantes et participants. Voici ce qu’elle nous a répondu.
- Alternatives à la globalisation économique
John Cavanagh et Jerry Mander (dir.), Alternatives à la globalisation économique :
un autre monde est possible, Écosociété, Montréal, 2005, 503 pages. - L’offensive des croisés
En s’inspirant des tactiques développées par les lobbies religieux aux États-Unis, la droite conservatrice canadienne cherche à influencer les politiques nationales selon les valeurs morales et religieuses chères aux évangélistes et aux catholiques.
- L’urgence de réagir
Naomi Klein est sans contredit l’une des figures les plus connues de la gauche altermondialiste occidentale depuis trois lustres. Cette intellectuelle engagée a réussi à attirer l’attention des journalistes et d’un certain public en écrivant des essais percutants tels No Logo (1999), Fences and Windows (2002), The Shock Doctrine (2009) et This Changes Everything (2014). De plus, Klein a donné une forme de prolongement à ses œuvres littéraires en les adaptant pour le septième art.
- Le capitalisme coupable
Nous avons posé à différents groupes les deux mêmes questions : pourquoi y a-t-il de la pauvreté dans notre société et comment l’éradiquer définitivement ? Voici leurs réponses.
- Convergence technologique anarchiste de Montréal
Plusieurs personnes militantes ont cru dans le passé que le développement de l’informatique, en particulier celui de l’Internet, permettrait de nouvelles formes de communication, de luttes et même la création d’espaces autonomes en accord avec leurs valeurs. Cependant, il est maintenant clair que les capitalistes se sont approprié plusieurs de ces idées pour influencer et imposer leur vision sociale, tout en devenant les monstres géants qui dominent désormais le développement technologique.
- Direct Action. Une expérience radicale
Les années 1980 marquent un ressac de la gauche, notamment révolutionnaire, partout en Occident. Le déclin du prestige des pays socialistes, la restructuration des milieux de travail et surtout la répression étatique ont peu à peu raison des organisations militantes. Dans ce contexte, des groupes travaillent au renouvellement de leur stratégie comme de leurs pratiques. C’est le cas de Direct Action, un collectif canadien anarchiste, écologiste, féministe et anti-impérialiste qui mène une série d’attaques contre l’État et l’industrie de 1980 à 1983.
- Cinq phrases pour embrasser les écologies queers
Les propositions qui suivent découlent du portait que dresse l’auteur Cy Lecerf Maulpoix de ces écologies fondamentalement intersectionnelles, anticapitalistes, décoloniales, féministes et queers.
- Présentation : La rectitude politique en débat
La rectitude politique n’est pas née de la dernière pluie. Elle remonte à plusieurs décennies et a été le plus souvent utilisée par les intellectuel·le·s de droite pour disqualifier la gauche globalement à travers certaines de ses positions minoritaires, parfois effectivement discutables. Elle revient aujourd’hui dans un contexte social et politique inédit autour d’enjeux nouveaux (l’appropriation culturelle, le racisme, les questions de genre, l’approche intersectionnelle entre autres) liés à la transformation générale de nos sociétés capitalistes.
- La crise politique en Ukraine et le rôle de la Russie
Le renversement du président ukrainien Viktor Ianoukovitch en février dernier a généré une crise internationale trop souvent ramenée à ses aspects géopolitiques, même s’il faut admettre qu’il s’agit là d’une dimension importante. De même, l’insistance sur la division ethnique et géographique tend à obscurcir une réalité beaucoup plus nuancée. Dans l’analyse qui suit, je vais tâcher de faire ressortir quelques aspects occultés des événements qui secouent l’Ukraine et inquiètent le reste du monde depuis quelque temps.
- Le capital comme pouvoir
Pour comprendre le monde qui est le nôtre, pour le critiquer et pour le transformer, il faut être en mesure de bien saisir ce qui en constitue la forme dominante. De l’âge d’or de l’économie classique anglaise à ses nombreuses critiques (marxiste, féministe, écologiste, etc.), tenter de bien cerner ce que peut bien être le capital a pris les allures d’un véritable travail sans fin. Et si le capital était en fait l’incarnation symbolique des relations sociales de pouvoir ?
- La valeur du temps humain
Les gens travaillent aujourd’hui plus que jamais. Au Canada, en 1991, un travailleur sur dix trimait plus de cinquante heures par semaine. En 2001, leur nombre avait augmenté à un sur quatre. Pourtant, dans notre société, la production de la valeur et de richesse dépend de moins en moins du travail humain. Étonnant paradoxe des sociétés capitalistes avancées : le travail est devenu superflu, mais on ne s’y est jamais accroché avec autant de force.
- Les murmures de l’anti-pouvoir
Lorsqu’il analysait la Nouvelle gauche des années 1960, Herbert Marcuse ne tarissait pas d’éloges à son endroit. Ce mouvement était à la conquête de notre sensibilité laminée par la rationalité bourgeoise instrumentale, il voulait transformer jusqu’à notre conception de l’âme qui devenait, grâce au mouvement de libération afro-américain, « noire, violente et
Lorgiaque ». Bien entendu, s’il était sincère dans sa volonté de renverser le monde pour le rendre conforme à notre sensibilité et à nos désirs, ce mouvement se devait d’opter pour l’illégalisme, pour « l’indispensable » désobéissance civile et l’action directe. - Le slam contre le commun
Le slam fait fi des conventions poétiques « figées » tout en participant d’une culture qui n’est pas sans affinités avec des genres chansonniers comme le rap ou le hip-hop. De ce fait, il est volontiers associé à une posture de résistance. Marc Smith avait d’ailleurs, dans les années 1980, inventé le genre en vue de redonner la parole à ceux qui en avaient été trop longtemps privés. Ce ne sont pas les poètes consacrés par l’institution qui viennent réciter leur slam, mais bien plutôt ceux qu’on appelle souvent trop rapidement les citoyens « ordinaires », fabricants probables de cette multitude dont nous parlent Hardt et Negri quand ils écrivent que la monstruosité de la chair de la multitude conduit à la production commune [10], qui apparaît être celle de la démocratie. Là où le bât blesse, c’est que sous le couvert apparent de la revendication, le slam reconduit en fait servilement les logiques de la société capitaliste qu’il cherche pourtant à dénoncer et que, ce faisant, il nie toute possibilité de production commune et démocratique.
- La pensée au service de l’action
Intellectuel engagé : c’est sous cette désignation commode que sont communément évoqués les intellectuels qui prennent position pour des causes spécifiques particulières ou encore, plus largement, pour des mouvements ou des partis. Jean-Paul Sartre en a incarné la figure paradigmatique à travers, notamment, son implication dans le Parti communiste en tant que « compagnon de route ». Chez Sartre, c’est d’abord un intellectuel qui s’engage, sur la base de sa production et de sa reconnaissance en tant justement que penseur et intellectuel, dans son cas « total », c’est-à-dire dominant dans plusieurs champs de la réflexion et de la création en art et en sciences humaines, et qui met son prestige au service des causes qu’il soutient.
- La pensée de Freitag
Reconnu comme l’un des plus importants sociologues de la période contemporaine, tant à l’étranger qu’au Québec, Michel Freitag est généralement perçu d’abord comme un théoricien, concepteur d’une interprétation globale de la société, formulée principalement dans Dialectique et société [11]. Ces ouvrages et les séminaires sur la postmodernité qu’il a animés à l’UQAM durant plus d’une décennie ont fait de lui le maître à penser d’une école informelle qui a prolongé et prolonge encore sa réflexion à travers de nombreuses recherches empiriques auxquelles elle a servi d’inspiration et de référence centrale.
- « Villes et résistances sociales »
« Villes et résistances sociales », revue Agone no. 38/39, Marseille, Agone 2008, 272 p. inclut un DVD
- Constater le temps qu’il fait. Réplique à François Cardinal
On dit parfois que lorsqu’une personne affirme qu’il fait soleil et qu’une autre soutient qu’il pleut, le travail d’un·e journaliste n’est pas de dire qu’il y a controverse, mais plutôt d’aller dehors pour constater le temps qu’il fait. De même, lorsqu’on dit d’une personne qu’elle était « la plus ouverte au débat public » et que d’autres rétorquent qu’elle était son « fossoyeur », le travail du journaliste est de mener des recherches et d’exercer son jugement critique.
- L’altermondialisme est toujours bien vivant
Baptiste Godrie a coordonné avec Claude Vaillancourt un ouvrage de réflexion sur l’évolution du mouvement altermondialiste depuis le Sommet des Amériques de Québec : Vingt ans d’altermondialisme au Québec. À bâbord ! l’a rencontré. Propos recueillis par Myriam Boivin-Comtois.
- À l’abri, derrière les classiques
La proposition d’établir une liste de classiques québécois à lire à l’école soulève des interrogations plus vastes sur la place de la littérature et du livre dans notre société. Mais qu’est-ce donc qu’un classique ? Et à quoi cela sert-il ?
- La NUPES devant la présidentialisation du régime français
Les élections législatives françaises, devenues l’objet d’un « troisième tour » visant à faire élire Jean-Luc Mélenchon comme Premier ministre, n’ont pas permis à la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) d’obtenir une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. Cette alliance historique des trois gauches en France a tout de même permis de combattre la présidentialisation du régime français, et d’envisager une reparlementarisation de ses institutions.
- Le cri du peuple
Depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016, le mot « populisme » est sur toutes les lèvres. Loin d’être une nouveauté – nous en retrouvons des traces au 18e siècle autour de la Révolution française –, le terme est principalement associé, dans l’univers médiatique actuel, à des idéologies de droite ou d’extrême droite.
- L’Écosse debout !
Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse a eu lieu le 18 septembre 2014. Le Non l’a remporté avec 55,3 % des voix. Malgré la défaite, l’humeur est loin d’être morose dans le camp des forces vives de la gauche radicale indépendantiste, comme nous le raconte ici la militante Cat Boyd.
- À la poubelle des concepts, le multiculturalisme !?
Timothy Garton Ash nous suggère, dans un article du New York Review of Books de novembre 2012, la lecture de plusieurs livres majeurs sur des questions qui sont brûlantes au Québec présentement, et pas seulement au Québec. Timothy Garton Ash, historien, journaliste, essayiste anglais et social-démocrate de gauche, écrit sur régulièrement l’Europe dans le Guardian, entre autres.
J’ai traduit -librement- une partie d’un long article où il trace ce qui pour lui sont les cinq conditions nécessaires à l’exercice des libertés et de la diversité dans nos social-démocraties, ce qu’il appelle son Pentagrame : l’inclusion, la clarté, la consistance, la fermeté et la “liberality”. Sur cette dernière, je retiens un de ses énoncés : “Si on demande à l’athée d’accepter que les croyants (musulmans, hindous, Sikhs, ou chrétiens fondamentalistes) expriment leurs valeurs profondes même en termes religieux, les musulmans , les hindous, les Sikhs ou les chrétiens fondamentalistes sont appelés à avoir assez d’imagination et de générosité d’esprit pour comprendre, par exemple, un athée homosexuel”
- Petite intifada d’un soir
Ce titre fait référence à une crise politique majeure, celle de la conscription de 1917-1918, qui a vu la population du Québec s’opposer massivement à la loi du service militaire obligatoire outre-mer (votée en juillet 1917 par le gouvernement conservateur de Robert Borden). Cette lutte a culminé dans ce qu’on a appelé « les émeutes de Québec ». Ces émeutes ont duré quatre soirs (du 28 mars au 1er avril) et se sont terminées dans le sang. Convoquée pour mater les émeutiers, l’armée a ouvert le feu sur ceux-ci. Comment en est-on arrivé là ?
Rubriques (223)
- No 103 - Printemps 2025
- Dossier : Qui échappe à l’extractivisme ?
- Mini-dossier : La musique engagée
- Mini-dossier : La rectitude politique en débat
- No 079 - avril / mai 2019
- No 042 - déc. 2011 / jan. 2012
- Dossier : À ras bord !
- Dossier : Qui échappe à l’extractivisme ?
- Dossier : Le Québec que nous voulons
- Dossier - Maintenir le cap !
