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Articles (1585)
- Syndicalisme et informatique libre
On le sait, le syndicalisme vise à défendre les intérêts des travailleurs·euses et à transformer la société par l’action collective de ceux-ci et celles-ci. Les luttes syndicales ont mené à plusieurs progrès sociaux majeurs comme la fin du travail des enfants, la diminution des heures de travail et l’instauration d’un salaire minimum.
- Ce qu’on doit savoir sur l’(in)sécurité de l’information
Dans un contexte où de nombreuses crises – environnementales, sociales, etc. – font rage, la gestion appropriée et sécuritaire de l’information devient une composante nécessaire à la citoyenneté responsable et à l’intégrité de campagnes militantes.
- Andy Srougi perd son procès contre À bâbord ! et Barbara Legault
[Montréal, le 13 septembre] Le militant masculiniste Andy Srougi a perdu la requête en diffamation qu’il a intentée contre la revue À bâbord ! et la militante féministe Barbara Legault en décembre 2006. Andy Srougi les accusait d’avoir « proféré des propos haineux » à son endroit dans l’article « Des hommes contre le féminisme », signé par Barbara Legault et publié dans le no 16 de la revue À bâbord !, paru en octobre 2006. M. Srougi prétendait que des « propos diffamatoires, mensongères [sic] et haineux [avaient] porté atteinte à [sa] réputation et lui ont causé une détresse émotionnelle ». Le procès a eu lieu les 4, 5 et 6 juin 2008 à Montréal.
- De quoi les fausses nouvelles sont-elles le symptôme ?
Le phénomène des fausses nouvelles déchaîne des passions qui peuvent laisser circonspect. Dès que l’on cherche à cerner ce que le terme désigne, le vertige nous prend tant il semble s’appliquer à tout et n’importe quoi. Pourtant, on sent bien qu’il soulève un problème social essentiel [1].
- Une lecture féministe de l’histoire médicale. Hommage à Barbara Ehrenreich
Décédée le 1er septembre 2022, Barbara Ehrenreich n’avait cessé, à travers son œuvre, d’interroger le primat de la science médicale et de désacraliser les rituels qui maintiennent son autorité. Cette critique se décline aussi bien dans ses écrits qu’à partir de son expérience de la maladie.
- Un journal exemplaire : L’informo
« L’Informo est l’organe d’information syndicale interne. » Ainsi débutait, le 19 mars 1975, le tout premier numéro de ce qui est toujours le journal du Syndicat des enseignantes et des enseignants du cégep Montmorency. Regard sur cette publication.
- L’après-Facebook des médias d’info
Le torchon brûle entre les médias d’information canadiens et le géant numérique Meta. Il est fort possible que le blocage des nouvelles canadiennes sur Facebook, Instagram et consorts soit définitif. Quelles leçons tirer de cette confrontation, tant dans l’immédiat que pour les futures batailles dans la sphère numérique ?
- L’échec commercial d’un bien public
L’imputabilité des élites dépend en grande partie de la qualité, de la pluralité et de la disponibilité des journalistes professionnels, qui sont les yeux et les oreilles des citoyen·ne·s autrement exclu·e·s des lieux de pouvoir. Pourtant, les médias d’information, particulièrement la presse écrite, traversent une crise économique sans précédent et sans fin qui met son existence en péril. Et si la solution consistait à admettre l’échec commercial de l’information et à confirmer son statut de bien public ?
- Critique, censure et riposte
Cette ère n’est pas toute jeune. Cela fait bientôt quinze ans que le Web héberge des médias citoyens alternatifs, autogérés. Les formes de censure qui lui sont propres non plus. Elles se reproduisent, se globalisent, prennent des boucs émissaires. Les pouvoirs menacés par ces formes médiatiques comprennent de plus en plus les risques associés à ces fuites, ces inscriptions, ces circulations, ces prises de parole, mais ils comprennent rarement leur mode de fonctionnement. Au contraire, les réponses et la riposte à ces formes de censure se renouvellent et s’organisent en un réseau de solidarités de plus en plus souple et conscient de ses forces.
- Au-delà de l’informatique...
Chaque fois qu’un média de masse se développe, il bouleverse les rapports à la culture et à l’information qu’entretiennent à la fois le public et les dépositaires jusqu’alors légitimes de cette culture et de cette information : clercs, professeurs, journalistes, critiques. Le cas des communications informatiques pousse cette dynamique à un niveau inédit : on passe « des médias de masse à la masse des médias », comme l’écrit Ignacio Ramonet. Non seulement la population a-t-elle accès à de plus en plus d’œuvres et de contenus, mais elle participe à leur création et à leur diffusion.
- Du logiciel libre à Anonymous
D’abord restreint au logiciel libre, le principe du partage et de la diffusion de l’information s’est diffusé à de nombreux secteurs de la vie sociale, défendu par des informaticienNEs gagnéEs au militantisme. Est-il temps de parler d’un nouveau mouvement social ? Ce texte renvoie à une présentation lors d’un 5 à 7 de discussion organisé par la coopérative informatique Koumbit, en mars dernier.
- Documentation à perte de vue ou documentation humanisée
À l’échelle planétaire, on reconnaîtra aisément l’existence d’une situation de fraction documentaire et informatique qui met hors circuit une très forte majorité d’humains. Pour notre part, l’avalanche d’informations et notre branchement perpétuel tendent à nous rapprocher de ce paradoxe que chantait Jacques Dutronc : « on nous dit tout, on nous dit rien ». Le tout et n’importe quoi à l’information mène à une forme de marécage de l’esprit qui, pour dégager un minimum de signification, exige une compréhension de l’information, un triage de base. Il faut discriminer et, ultimement, tirer du sens à partir du fatras documentaire qui, plus souvent qu’autrement, distrait, déconcerte, quand on ne va pas carrément jusqu’à faire l’impasse pour éviter toute préoccupation.
- Ficher les citoyens ?
Depuis plusieurs années déjà, les gouvernements qui se sont succédés à Québec ont dans leurs cartons l’informatisation du réseau de la santé et des services sociaux. L’adoption récente de la Loi 83 a sanctionné la mise en place de réseaux informatiques permettant de colliger les informations sur les citoyennes et les citoyens qui utiliseront ces services.
- Un espace médiatique critique est-il possible ?
Les grands réseaux de communication dont l’objectif est de développer les échanges d’information ont toujours été soumis aux intérêts de la sphère marchande et à l’essor d’un capitalisme de plus en plus déterritorialisé. L’emprise de la rationalité du mode de production capitaliste dans le champ médiatique n’a ainsi eu de cesse de se faire de plus en plus prégnante. La concentration économique des médias, leur financiarisation, le rôle joué par la publicité, l’affaiblissement de l’audiovisuel public et sa dépendance de la logique commerciale soumettent toujours davantage les médias à l’épreuve des lois du marché et les tiennent de plus en plus éloignés d’un modèle théorique de médias servant le jeu démocratique.
- Défis actuels pour une information alternative
Dans le paysage médiatique, le contexte québécois se caractérise par la monopolisation des plus puissants moyens d’expression dans les mains de deux principaux groupes : Gesca et Quebecor. L’information produite par ces monopoles est essentiellement formatée pour défendre les intérêts de l’oligarchie régnante. Leurs médias constituent pour la classe dirigeante un moyen d’imposer les questions dont il importe de débattre à tel ou tel moment (ampleur du déficit, exploitation des gaz de schiste, rigueur budgétaire, etc.), d’en occulter bien d’autres et de distribuer la parole aux défenseurs des riches et des puissants dans les journaux, à la radio, à la télévision comme sur Internet.
- Grandes peurs et petites misères du numérique
Les nouvelles technologies de l’information ont bien évidemment transformé de bout en bout le secteur de l’information. La dématérialisation combinée à la gratuité, mais aussi à la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied à des empires de presse et vaciller un large pan de la maison médiatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait généralement évaluer les enjeux de plusieurs manières, d’ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus prégnantes, toutes liées au numérique, tour à tour présentées comme le moteur d’un avenir radieux, le fossoyeur d’un passé glorieux ou simplement le propulseur dans une éternelle immédiateté.
- Des alliances sont possibles
Figure connue et reconnue du mouvement anticapitaliste et anarchiste montréalais, Barbara Legault milite avec Bloquez l’empire Montréal, la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) et la Mobilisation populaire contre l’OMC. Ne pouvant malheureusement pas participer en personne à la table ronde, nous lui avons soumis les mêmes questions qu’aux autres participantes et participants. Voici ce qu’elle nous a répondu.
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- Feu sur l’Amérique
Charles Gagnon, Feu sur l’Amérique – écrits politiques vol. 1 (1966-72), Lux éditeur, 2006.
- La collision des récits. Le journalisme face à la désinformation
Philippe de Grosbois, La collision des récits. Le journalisme face à la désinformation, Écosociété, 2022, 200 pages.
- L’informatique en démocratie directe
Le congrès annuel des développeur·e·s du système d’exploitation libre Debian – DebConf 2017 – a eu lieu en août dernier pour la première fois à Montréal. Antoine Beaupré est Développeur Debian depuis 9 ans et utilisateur depuis 15 ans. Propos recueillis par Yannick Delbecque.
- Couverture médiatique à l’international au Québec : le parent pauvre de l’information
Année après année, sauf exception, les palmarès de l’actualité placent rarement plus d’un événement international parmi les dix ou quinze plus marquants, ce qui pose d’emblée la question de savoir si les médias et le public s’intéressent à ce qui se passe au-delà de nos frontières.
- Rapport Castonguay : le néolibéralisme triomphe
Les médias ont beaucoup parlé des « réserves » exprimées par le ministre de la Santé Philippe Couillard à l’égard de certaines recommandations formulées par le groupe de travail présidé par Claude Castonguay. Mais ils ont peu parlé du désaveu ayant immédiatement suivi et qui n’annonce rien de bon…
Le mandat confié à Claude Castonguay en mai 2007 portait sur le financement du réseau public de santé. Dans le rapport de 2008, quelques propositions concernent le financement : assurance privée (…) - Que faire de Facebook ?
Facebook préfère le profit maximal à la construction d’espaces permettant d’avoir des interactions enrichissantes et d’accéder à de l’information juste. Que faire de cette plateforme toxique à plusieurs égards, mais devenue presque incontournable ?
- Un tiens vaut-il mieux que deux tu l’auras ?
L’information circule plus vite que jamais par l’explosion des dispositifs numériques et de leurs usages ; les gens disposent de nouveaux moyens pour s’affirmer et plusieurs s’en servent. Là s’arrêtent les certitudes sur ce qu’on observe en termes de valeur ajoutée par les Technologies de l’Information et des Communications (TIC) en éducation. La conversation qui brise l’isolement, des jeunes plus connaissants et l’avènement d’une vaste communauté d’apprentissage en réseau… c’est de l’ordre de la pieuse promesse. Mais c’est intéressant en diable que de l’envisager. À tout prendre, l’essentiel n’est-il pas de se dire que le numérique est – aussi – un espace où se définissent des valeurs !
- Des hommes contre le féminisme
Le masculinisme est une forme spécifique d’antiféminisme qui prétend que les problèmes des hommes (le décrochage et l’échec scolaires des garçons, le suicide chez les hommes et la « perte d’identité masculine ») sont causés par la « domination des femmes » et par le féminisme. Il se fonde sur une caricature du féminisme qu’il réduit à une logique de guerre entre les sexes [2].
- Fake news - Tout sur la désinformation
Nereida Carrillo et Aberto Montt, Fake news - Tout sur la désinformation, Les 400 coups, 2023, 120 pages.
- L’intelligence artificielle, cette chimère
Voici un article paru dans la revue Milieu(x) en 2019, reproduit ici avec leur permission.
- Déclin du « centre journalistique » ?
Il y a un mois, suite aux dernières élections européennes, Simon Tremblay-Pepin s’interrogeait sur la « fin du centre » en Europe mais aussi au Québec. Les partis traditionnels, de centre-gauche comme de centre-droite, qui partagent grosso modo le même programme économique d’austérité budgétaire, se sont vus rabroués par l’électorat : des partis de droite dure (France, Danemark, Royaume-Uni, Autriche), mais aussi de gauche (Syriza en Grèce) ont raflé la mise. Or, tout porte à croire qu’un phénomène semblable se produit sur la scène journalistique.
- Ordinateurs pour tous et succès garanti !
Intellectuel engagé et critique tenace du monde des médias, Neil Postman (1931-2003) était d’avis que l’école avait deux ennemis : les technologies de l’information et les programmes d’études. Au Québec, l’omniprésence des technologies de l’information en salle de classe et l’arrivée des contrats de performance scolaire auront-elles pour effet de reléguer l’acte pédagogique à une fonction utilitaire ? Bref tour d’horizon de la pensée de Postman appliquée au contexte québécois.
- De l’utopie technologique à la société autogérée
Les nouvelles technologies de l’information et des communications offrent d’immenses ressources au processus planétaire de colonisation de l’espace, du temps, des consciences et des cultures que l’on désigne comme la mondialisation. En même temps, ces technologies, desquelles sont issus Internet et le principe de la mise en réseau, constituent l’une des formes privilégiées de résistance à ce nouvel impérialisme décentralisé. Reste à savoir comment cette résistance parviendra à se fédérer de manière relativement unifiée pour instaurer de manière durable les bases d’une société à la mesure de ses valeurs libertaires.
- Tout est possible !
Le Collectif d’analyse politique (CAP) et les Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS) présentent l’Université populaire d’été des NCS 2013.L’université populaire des NCS repose sur plus de quarante personnes provenant d’organisations syndicales, populaires, féministes, écologistes et du monde de l’enseignement. C’est un véritable « intellectuel collectif » au service des luttes et de la construction du mouvement populaire. L’Université des NCS n’est pas une université au sens « classique » du terme. L’approche n’est ni académique, ni livresque. Le savoir et les compétences sont nourries par l’interaction entre des pratiques et théories qui émanent de tous ceux et celles qui luttent pour changer le monde.
- L’insoutenable légèreté du Canada envers les réfugiés
Stewart Istvansffy est avocat et pratique le droit à Montréal. Il est spécialiste du droit des réfugiées.
- Koumbit : la technologie autrement
Koumbit est un collectif de travail qui offre une alternative aux solutions piégées de la grande industrie informatique. L’organisation autogérée fête cette année son 20ᵉ anniversaire, une prouesse militante qui mérite d’être soulignée. Propos recueillis par Yannick Delbecque.
- La valeur et le prix de l’information indépendante
À bâbord ! ne mettra pas la clé dans la porte au cours des prochains mois. Mais il est clair que sans votre aide, notre survie est menacée.
- Google. Ne pas être malveillant
En 2015, Google devient Alphabet, compagnie mère chapeautant une diversité d’entreprises et de services. Au moment de cette restructuration, le code de conduite de Google est modifié et ne comporte plus la devise « don’t be evil », pilier de la culture de l’entreprise depuis 2000.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité » ; « GAFAM : Conclusions ».
- La contribution en ligne – Pratiques participatives à l’ère du capitalisme informationnel
La contribution en ligne – Pratiques participatives à l’ère du capitalisme informationnel, Serge Proulx, José Luís Garcia et Lorna Heaton (dir.), Presses de l’Université du Québec, 2014, 256 p.
- L’Amérique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant
Barbara Ehrenreich, L’Amérique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant, Grasset, 2004
- À force d’imagination. Affiches et artefacts du mouvement étudiant au Québec 1958-2013
Jean-Pierre Boyer, Jasmin Cormier, Jean Desjardins et David Widgington (dir.), À force d’imagination. Affiches et artefacts du mouvement étudiant au Québec 1958-2013, Montréal, Lux éditeur, 2013.
- Castonguay le Lucide
Le Rapport Castonguay constitue un hymne à la privatisation jouant sur les mêmes harmoniques que le manifeste Pour un Québec lucide. L’objectif de départ était d’« assurer la pérennité du système public de santé en augmentant sa productivité et en ajustant la croissance des dépenses publiques de santé au taux de croissance de la richesse ». Serez-vous surpris d’apprendre que ces thèmes recouvrent l’essentiel des recommandations ? En fait, les commissaires ont été payés cher avec les sommes qui sont réputées manquer dans le système de santé pour faire une étude concluant exactement ce qu’ils pensaient au début. Une interview aurait fait l’affaire.
- Le 2 octobre ne s’oublie pas
Laura Castellanos, journaliste à Mexico, vient de faire paraître un livre important : México Armado. 1943-1981 (éditions Era, 2007), relatant pour la première fois l’histoire des guérillas du Mexique. Nous reproduisons ici les quelques pages portant sur les événements de 1968. Car le massacre de Tlatelolco constitue un point tournant dans l’histoire de ce pays, à la fois pour ces centaines de jeunes qui, au cours des années suivantes, se lancent dans la lutte armée estimant que toutes les autres voies de changement étaient bloquées et pour un régime autoritaire qui s’enfonce dans la violence et la répression de la « sale guerre ».
- Sommaire du numéro 104
Pour commander ce numéro et le recevoir par la poste, passez sur le site des Libraires.
- Microsoft. Adopter, étendre, anéantir
Le troisième texte de cette série sur les GAFAM porte sur Microsoft, omniprésent dans le monde du travail et dont la stratégie technico-commerciale est féroce.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Google. Ne pas être malveillant » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité » ; « GAFAM : Conclusions ».
- Endoctrinement technologique à l’école
Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) exercent déjà un contrôle sans précédent sur Internet. Afin de fidéliser leur future clientèle, ils utilisent aussi leur influence en matière d’éducation. Le matériel informatique, les logiciels, les services en ligne, les outils pédagogique et leur diffusion, certains programmes scolaires et même des méthodes pédagogiques portent leur marque.
- Journalismes : institutionnel vs citoyen
Il m’est avis que le Web social marque la fin du monopole des journalistes institutionnels (formés aux écoles de journalistes, accrédités, etc.) sur l’information. Cela ne signifie pas qu’ils sont appelés à disparaître, mais plutôt à voir des transformations dans leur rôle, dans leurs pratiques et dans leur manière d’interagir avec les citoyennes, qu’on ne peut plus simplement appeler « public ».
- Quelques remarques sur la fuite de documents de la National Security Agency (NSA)
If you’re doing nothing wrong, you have nothing to hide from the giant surveillance apparatus the government’s been hiding.
Stephen Colbert [3]
- 2013-2018 : Austérité et crise démocratique
Un an après la grève étudiante de 2012, les impacts de ce mouvement social historique continuent de se faire sentir. Riche d’une expérience politique qui a permis à plusieurs citoyen·nes de se familiariser avec le fonctionnement de la démocratie directe, la rue demeure un lieu actif de prise de pouvoir pour revendiquer des changements sociaux.
- Un mur n’est pas une frontière
Célèbre militant et intellectuel de la gauche israélienne, Michel Warschawski est membre du Groupe de solidarité pour les droits humains en Palestine. Citoyen israélien, engagé depuis plus de 30 ans dans la lutte pour la reconnaissance des droits des Palestiniens, il était invité aux Journées d’études d’Alternatives au mois d’août 2004. À bâbord ! l’a rencontré.
- Internet et la raison d’État
Longtemps loué pour son potentiel émancipateur, l’Internet semble être devenu un inquiétant instrument de contrôle aux mains des pouvoirs étatiques et économiques. À l’occasion de la sortie de l’édition québécoise de son livre, intitulé Contre-histoire d’Internet. Du XVe siècle à nos jours (Éditions de la rue Dorion), le sociologue Félix Tréguer revient sur les raisons de cet échec et sur les perspectives actuelles de luttes et de subversions. Propos recueillis par Philippe de Grosbois.
- Commission Viens. Réconciliation et (in)action
À l’automne 2019, le commissaire Jacques Viens déposait le rapport final de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics. Un total de 142 appels à l’action y étaient formulés afin d’améliorer les relations entre les Autochtones et les services de police, de justice, correctionnels, de protection de la jeunesse, ainsi que les services de santé et services sociaux. Le gouvernement du Québec annonçait le 17 septembre 2021 que 68 appels à l’action avaient été réalisés ou étaient en voie de l’être. Qu’en est-il vraiment ? Deux membres du Comité de suivi des appels à l’action de la commission Viens partagent leurs observations. Propos recueillis par Samuel Raymond.
- Médias : la crise vue de l’intérieur
Perte de revenus publicitaires, mises à pied et fermetures, attaques verbales et physiques, crédibilité et légitimité mises en doute : les difficultés des médias d’information abondent. Quelques publications récentes de journalistes cherchent à éclairer les multiples dimensions de cette crise, avec des résultats variés.
- S’affranchir de Facebook
Facebook a réussi l’exploit de s’imposer comme carrefour de communication indispensable, y compris auprès des groupes qui devraient être ses adversaires naturels. Comment en sommes-nous arrivés là et comment penser un militantisme qui aille au-delà des réseaux sociaux ?
- Des médias régionaux vulnérables
Où que vous soyez au Québec, les médias vont mal et les rapports s’accumulent pour le confirmer. Dans cet enjeu, il est néanmoins important de noter le déséquilibre qui existe entre le centre et les périphéries ainsi que la diminution de la production d’information originale dans les régions, comme l’a établi le rapport Payette en 2010.
- Banques, casseroles et pirates
Après une vigoureuse poussée démocratique dans la foulée de la violente crise financière de 2008, où en est l’Islande aujourd’hui ? Le peuple islandais n’a pas obtenu tous les résultats escomptés, mais sa lutte se poursuit, portée principalement par le dynamisme de ses activistes de l’information.
- Une caste américaine : Les élections aux États-Unis expliquées aux Français
John R. Macarthur, Une caste américaine : Les élections aux
États-Unis expliquées aux Français, Paris, Les Arènes, 2008, 269 p. - Regarde-nous
Artiste de poésie orale, Queen Ka est aussi connue sous son vrai nom Elkahna Talbi. Elle œuvre dans le milieu artistique depuis plus de dix ans. Infatigable créatrice, elle slame avec aplomb et s’engage dans plusieurs projets de co-création. Elle participe présentement au spectacle La Renarde, sur les traces de Pauline Julien qui sera en tournée au Québec au printemps 2019. Le texte que nous publions a été lu par Queen Ka dans le cadre du spectacle Fol ouvrage ; Torcher des paillettes. Ce texte lucide et sensible se veut une réflexion intimiste et politique sur un pouvoir qui tente d’humilier, de dominer, mais qui ne parvient pourtant pas à enfermer les femmes dans un mutisme écrasant. Ces femmes qui se dressent devant le pouvoir en lui disant nous sommes là, « regarde-nous ».Écrit en novembre 2017, Regarde-nous se présente comme un écho à la parole de ces femmes qui, à travers le mouvement #MoiAussi, se libéraient peu à peu des différents systèmes d’oppression. Juste et émouvant, il convoque le pouvoir pour lancer un dialogue et c’est en ce sens que réside sa puissance et sa beauté (Anne-Marie Le Saux).
- La citoyenneté en marche
Au Canada, plus de la moitié des revendicateurs du statut de réfugié voient leur demande rejetée. Chaque année, environ 5000 demandeurs d’asile déboutés sont déportés du pays alors que de nombreux autres quittent « volontairement ». Depuis trois ans, les sans-statut algériens ont mis en lumière les limites de notre système démocratique et les événements entourant cette question nous amènent à reconsidérer la valeur et le rôle attribué à la notion de citoyenneté.
- Convergence technologique anarchiste de Montréal
Plusieurs personnes militantes ont cru dans le passé que le développement de l’informatique, en particulier celui de l’Internet, permettrait de nouvelles formes de communication, de luttes et même la création d’espaces autonomes en accord avec leurs valeurs. Cependant, il est maintenant clair que les capitalistes se sont approprié plusieurs de ces idées pour influencer et imposer leur vision sociale, tout en devenant les monstres géants qui dominent désormais le développement technologique.
- Amazon. Le capitalisme mégalomane
On critique souvent les GAFAM – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft –, ces grandes entreprises ayant atteint un haut niveau de fortune et d’influence grâce à Internet. Au-delà de la grande diversité de critiques formulées à leur endroit, quel portrait général peut-on se faire de ces géants du Web ? Premier article d’une série exposant les problèmes que pose chacune de ces grandes entreprises.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Google. Ne pas être malveillant » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité » ; « GAFAM : Conclusions ».
- Les Crypto Wars
La cryptographie fait partie de nos activités quotidiennes. Si nous sommes capables de naviguer sur le Web sans être constamment exposés à des virus ou logiciels malveillants, effectuer des transactions bancaires sans crainte de fraude, ou encore échanger des communications privées avec des collègues ou ami·e·s, c’est grâce à l’implantation de systèmes cryptographiques robustes.
- L’ère numérique. Nouvelle révolution scolaire ou industrielle ?
Rarement un objet de connaissance ou un champ du savoir aura-t-il été la cible d’une offensive étatique aussi vaste et soutenue en éducation. Dans le sillage de la Stratégie numérique (2017), du Plan d’action numérique de l’éducation et en enseignement supérieur (2018) et du Cadre de référence de la compétence numérique (2019), le système d’éducation dans son ensemble est convié à développer une « culture numérique » et à former l’individu à une « citoyenneté numérique » autonome et responsable.
- Impérialisme culturel à l’ère du capitalisme numérique
Lors d’un événement organisé par l’Association canadienne des producteurs médiatiques qui s’est tenu à Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqué la domination de Netflix au Canada en faisant un parallèle entre la plateforme de diffusion numérique américaine et l’Empire britannique.
- Médias mutants
La crise fut d’abord financière. Très rapidement, elle est devenue économique, puis politique. En effet, les soulèvements des dernières années ne se sont pas limités à des revendications particulières, mais ils ont dénoncé l’ensemble de notre système économique et les limites de nos démocraties. Partout, la contestation tend à interroger la légitimité même du pouvoir. Partout également, la réponse de ce dernier est impitoyable : épuisé, incapable de se justifier et de promettre des (…)
- Résistances et médias alternatifs *
« Il ne peut y avoir de véritable progrès social au Québec sans un journal qui traite des problèmes du peuple »
– Michel Chartrand - Une approche anthropologique
En français, le mot « culture » possède plusieurs sens, tous issus de sa racine latine : cultus, « action de prendre soin ». Par exemple, les agriculteurs « prennent soin » de la terre et exploitent son potentiel à travers un ensemble d’opérations appelées la culture. Les croyants « prennent soin » de leurs dieux et entretiennent leur relation avec eux par le culte. Les êtres humains « prennent soin » et développent le potentiel de leur corps et de leur esprit par diverses activités (…)
- Une retraite à l’abri de la pauvreté
Les salariéEs du milieu communautaire et des groupes de femmes auront oeuvré au mieux-être de leurs concitoyenNEs tout au long de leur vie professionnelle pour se retrouver bien souvent, à leur retraite, avec des revenus sous le seuil de la pauvreté. Le régime de retraite par financement salarial des groupes communautaires et de femmes est une réponse adaptée à leurs besoins.
- Retour sur le rôle du Canada
Pour comprendre le conflit opposant Israël à ses voisins depuis 60 ans, un retour attentif sur l’histoire de la Palestine et sur l’année 1947 s’impose. Revenir sur la genèse de la solution de partage de la Palestine historique en deux États, puis en un seul, occupant la population autochtone, permet d’appréhender un conflit où, pour faire diversion, il est question de territoires multiples dont les noms changent au gré des batailles, de divers statuts juridiques incompréhensibles, de frontières contestées, de haines fratricides ou de guerres de religions… En réalité, la question palestinienne est d’abord une question coloniale.
- 2008-2013 : À la défense des services publics
La période allant de 2008 à 2013 a été fortement marquée par la nécessité de défendre les services publics. S’il s’agit-là d’une préoccupation récurrente à la revue, le moment était particulièrement propice pour développer une solide réflexion sur la question, alors que le modèle québécois était attaqué de front par le gouvernement de Jean Charest, puis par celui de Philippe Couillard, ceux-ci adoptant différentes formules pour justifier leur offensive : réingénierie, révolution tarifaire, principe de l’utilisateur payeur, rigueur budgétaire.
- Chili : 40 ans de lutte pour la démocratie
Colloque 11 septembre 1973-2013
Chili : 40 ans de lutte pour la démocratie
12-13 septembre 2013, Université du Québec à Montréal, Salle des Boiseries, J-2805
- Programmer le désastre - La politique israélienne à l’oeuvre
Michel Warschawski, Programmer le désastre - La politique israélienne à l’œuvre, Paris, La Fabrique, 2008, 76 p.
- ChatGPT. Pour une résistance collective en enseignement
L’irruption de ChatGPT à la fin 2022 a bouleversé le milieu de l’enseignement, en offrant aux étudiant·es une possibilité de tricherie clé en main et difficile à prouver par les enseignant·es. Comment politiser et collectiviser la résistance ?
- Numérique à l’école : l’idéologie technopédagogique au service de la marchine
Au printemps 2020, la pandémie de COVID-19 a provoqué en quelques semaines la généralisation du télé-enseignement à tout le système scolaire. Marqués par cet événement exceptionnel, les enseignants de philosophie Éric Martin et Sébastien Mussi ont engagé une réflexion critique sur la profondeur, l’étendue et les conséquences de l’emprise technologique sur l’institution scolaire. Je les ai rencontrés autour de l’essai Bienvenue dans la Machine [4] qui en a résulté.
- États-Unis : tueries de masse et complotisme
La fusillade dans une école primaire d’Uvalde au Texas le 24 mai dernier ne manque pas de rappeler la tuerie de Sandy Hook et le rôle des figures de proue des théories complotistes aux États-Unis. Quel pouvoir détiennent ces vedettes complotistes, et quels sont les échos au Canada ?
- Syndicalisme et information : donner la parole, la faire circuler
Après deux ans de vie syndicale virtuelle, confinée dans des petites cases sur l’écran, ceci dans un contexte de transformations médiatiques majeures, la question se pose pour tout syndicat : comment communiquer avec les membres ?
- L’indépendance des médias et la liberté d’expression
Les médias d’information sont en crise. Tous, peu importe leur taille et leur modèle d’affaires. Mais c’est parfois en temps de crise qu’émergent des manières différentes de concevoir les choses. Et c’est notamment dans cette conjoncture que se révèle toute l’importance des médias indépendants.
- Fermer les rideaux sur les médias sociaux
Aujourd’hui, il est pratiquement impossible d’échapper au pistage des géants du numérique. Même une personne ne possédant pas de compte Facebook, Twitter, Google ou autre risque de se retrouver dans les bases de données de ces plateformes à travers les données récoltées sur les sites web visités ou les publications de ses connaissances. Outre la collecte de données opérée par ces entreprises, les médias sociaux sont une mine d’informations pour quiconque – un futur employeur, un stalker ou un adversaire politique – souhaite en savoir plus sur vous ou votre entourage. Heureusement, il existe plusieurs manières de tirer les rideaux sur les médias sociaux afin d’améliorer la protection de sa vie privée.
- Le journalisme à l’ère Snowden
Les documents fournis par Edward Snowden sur les activités de surveillance de la National Security Agency (NSA) américaine et de son allié britannique, le Government Communications Headquarters (GCHQ), ont suscité de nombreux questionnements sur les activités de nos États comme sur notre usage du réseau Internet. On a beaucoup souligné, à juste titre, le courage de Snowden devant les sacrifices qu’il a dû accomplir. Or, le tumulte provoqué par ces divulgations a aussi gagné le milieu journalistique, particulièrement aux États-Unis et en Grande-Bretagne. C’est ici qu’il faut saluer le travail des journalistes à qui Snowden a, non sans raison, choisi de faire confiance.
- La guérilla cybernétique
WikiLeaks est un site Internet ouvert et anonyme, dont la mission est de donner une tribune aux victimes « des régimes d’oppression », mais aussi aux témoins de comportements suspects des gouvernements et des grandes entreprises de ce monde. Sous le slogan « We open governments », le site recueille principalement des textes d’analyse sociale et politique ainsi que des documents officiels, des rapports secrets, des bases de données et des faits bruts. Avec un tel mandat, la protection des sources est évidemment le premier des soucis. C’est en cela que le projet est soutenu avec ferveur par une communauté de cryptologues et de hackers, mais aussi de journalistes et de militants, afin d’offrir une protection maximale aux contributeurs de WikiLeaks.
- Internet, militaires et chemins de fer
L’histoire d’Internet est reliée aux développements technologiques de la communication humaine et c’est pourquoi nous amorçons notre histoire avec le développement des réseaux de communication et de transport dans le monde. Comme le téléphone et le télégraphe qui naissent à la même époque, le réseau de chemin de fer devient aiguillé électriquement (à partir de 1832), manuellement au départ (à la manière des téléphonistes d’antan), puis automatiquement. On établissait un chemin complet qu’on pouvait ensuite utiliser. Il s’agissait alors de commutations de circuits.
- Wikis publics et enjeux politiques
Wiki vient de l’hawaïen et signifie « vite », informel. Les wikis publics sont des sites Internet dont les pages sont modifiables par tous ou une partie de leurs visiteurs. En misant sur la contribution publique, plusieurs projets ont adopté ce type de site Internet pour construire et organiser leur contenu. Comment fonctionnent les wikis ? Comment s’organise-t-on dans un wiki public ? Quelles sont les inquiétudes et les enjeux soulevés par ce système de rédaction ouvert au public ?
- Fin de la vie privée au Canada ?
Il y a présentement un mouvement très fort au sein du gouvernement conservateur, appuyé par « l’opposition » libérale, pour grandement resserrer les lois sur la surveillance téléphonique et informatique. Vous allez être surveillés par votre police locale, provinciale, fédérale ou étrangère, sans mandat et sans en être avertis. On embarque dans le bateau de la surveillance globale, style 1984.
- Élections montréalaises. À qui la ville ?
La campagne électorale pour les élections municipales de 2013 n’aura pas permis de dissiper un tant soit peu le scepticisme, pour ne pas dire le cynisme désormais bien enraciné à l’égard de la « classe politique » tous partis confondus. La corruption et la collusion qui touchent plusieurs villes depuis de nombreuses années montrent que les structures administratives et la démocratie existantes favorisent les jeux de coulisse, le mensonge, les luttes de pouvoir personnel ou d’intérêts, au détriment du bien commun.
- Les cinq lettres
Les cinq lettres, Georges Castera, Montréal, Mémoire d’encrier, 2012, 50 p.
- Des données pour le bien commun
Les groupes progressistes ont aujourd’hui accès à une incroyable quantité d’information sous la forme des données numériques qu’elles accumulent au fil de leurs activités. Or, il faut souvent des compétences techniques de pointe pour en tirer du savoir utilisable. La fondation Data for Good réunit des hackers indépendants et bénévoles qui partagent leur expertise afin que ces ressources numériques puissent servir l’intérêt général. Propos recueillis par Isabelle Bouchard.
- L’open data municipale pour toutes et tous ?
Depuis leur apparition il y a une dizaine d’années, les politiques d’ouverture des données municipales produisent des résultats mitigés en matière de revitalisation de la démocratie locale et d’empowerment citoyen. Comment faire en sorte que l’open data bénéficie à tout le monde ?
- S’approprier les outils des hackers
Si le journalisme a été brisé par la montée en puissance des géants du Web, pourquoi ne pas tenter de le réparer en utilisant les mêmes outils, les mêmes armes ?
- Quand la bibliothéconomie devient critique
Qu’arrive-t-il à la bibliothéconomie, cet ensemble de savoir-faire disciplinaires qui permet de gérer au mieux toutes les composantes techniques et humaines d’une bibliothèque, lorsque l’on pense son action à partir de la théorie critique ?
- Quand le Net devient filet
Boris Beaude, Les fins d’Internet, Éditions Fyp, 2014, 96 pages.
Astra Taylor, Démocratie.com. Pouvoir, culture et résistance à l’ère des géants de la Silicon Valley, Lux, 2014, 300 pages.
« (Contre-)pouvoirs du numérique », Mouvements, #79, automne 2014, 168 pages.
- Des geeks au parlement
Le premier parti pirate apparaît en Suède en 2006, pays qui avait aussi vu naître, trois ans plus tôt, le fameux site The Pirate Bay, lieu de partage de fichiers torrent permettant aux internautes d’échanger musique et films. Huit ans plus tard, on trouve des partis pirates dans des dizaines de pays – de manière plus prononcée en Europe du Nord – ainsi que des élu·e·s se réclamant de cette mouvance aux niveaux municipal (Islande, Suisse, République tchèque, Autriche), provincial (Allemagne), national (Islande) et au parlement européen (Suède). Bien que discrets, les partis pirates témoignent d’une volonté de politiser les enjeux liés à l’évolution d’Internet et à la libre circulation de l’information et de la culture, en plus de proposer une nouvelle manière d’approcher la politique elle-même.
- L’omniprésence de la surveillance électronique
Depuis les 30 dernières années, la surveillance électronique au travail est venue remplacer la supervision d’un supérieur hiérarchique ou l’évaluation générale du rendement des travailleurs. Aujourd’hui, la surveillance prend la forme de l’enregistrement des appels téléphoniques, de la vidéosurveillance sur les lieux du travail, de l’intégration de systèmes GPS dans les véhicules de fonction ou encore du relevé des entrées informatiques, dont les consultations de sites Internet.
- Facebook, un ami qui vous veut du bien
Dans le dernier numéro d’À bâbord !, mon article présentait le marketing viral, une technique pernicieuse de vente qui s’appuie sur des réseaux sociaux déjà existants. Je décrivais cette forme de marketing comme un passager clandestin dans des relations basées sur la confiance et l’affectivité. On ne pourrait trouver meilleur exemple de ce phénomène qu’en étudiant Facebook, le site de l’heure, le site de l’année, le site de votre vie...
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
- Droit au logement au Québec. Le temps de faire des choix politiques conséquents
En septembre dernier, des militantes et militants pour le droit au logement ont marché les 560 km reliant Ottawa et Québec pendant 28 jours. Événement le plus ambitieux des 40 ans d’histoire du FRAPRU, De villes en villages pour le droit au logement visait à mettre en lumière les graves dénis du droit au logement et à réclamer des engagements ambitieux de la part des gouvernements afin d’y mettre un terme.
- Un renouvellement de la gauche sans soulèvement populaire
La série de manifestations au Brésil en juin-juillet 2013 a pris tout le monde par surprise, jusqu’à ses militantes et militants les plus engagés, instigateurs du Movimento do Passe Livre (MPL, Mouvement pour la gratuité des transports en commun). L’ampleur de la mobilisation n’était pas anodine, regroupant des personnes de plusieurs horizons pour des manifestations à un rythme soutenu. On ne peut donc pas nier le dynamisme de la société civile brésilienne du 21e siècle.
- Des comptes et des contes
Les rapports annuels de Barrick Gold racontent-ils les mêmes choses qu’Alain Deneault et son équipe dans Noir Canada ? Alors qu’on parle d’« efficience des marchés », qu’on prétend ainsi que les investisseurs possèdent l’information complète, que savent ceux-ci de ce qu’on raconte hors des informations fournies par l’entreprise ? Et quel effet ce savoir alternatif a-t-il sur leur désir d’acheter les actions de l’entreprise ?
- Des preuves scientifiques pour la démocratie
L’organisation canadienne Evidence for Democracy (E4D) est née en 2012 en réaction à diverses politiques du gouvernement Harper, dans la foulée d’un mouvement dénonçant « la mort de la preuve scientifique » (death of evidence). Depuis, l’organisme a plaidé en faveur de l’utilisation transparente des preuves scientifiques dans la prise de décision gouvernementale.
Entrevue avec Rachael Maxwell, directrice générale d’Evidence for Democracy. Propos recueillis par Yannick Delbecque.
- Radio-Canada à la dérive
Aller à la dérive, c’est, selon le dictionnaire, « être détourné par le vent et les courants ». À certains égards, Radio-Canada a été détournée de son rôle de diffuseur public « par le vent et les courants » auxquels elle est soumise. Quels sont donc ces courants ?
- La voix d’un journal régional
Il y a tout juste dix ans, l’Abitibi-Témiscamingue se dotait d’un journal culturel. Un projet médité longuement qui a pris forme au bout de cinq ans de réflexions, de brassage d’idées et de questionnements. Parmi ceux-ci : un tel projet est-il possible ?
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- Rien n’est permanent, sauf le changement
Aujourd’hui, j’ai réparé mon casque de réalité virtuelle avant mon cours de tricot. Après avoir dégusté un café et un clafoutis, on est allés lire un roman graphique en attendant une impression 3D de cellules végétales. J’ai quitté les lieux en empruntant un ukulélé, une trousse de microcontrôleurs pour pratiquer la programmation, des graines de tomates ananas pour mon jardin et quelques livres.
