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- Comment la lutte aux paradis fiscaux a été récupérée
On apprenait récemment la publication d’un court essai intitulé Paradis fiscaux. Comment on a changé le cours de l’histoire, qui raconte les dernières tentatives de réformer la fiscalité internationale. Le titre témoigne de la confiance des privilégiés qui, aux commandes des grands chantiers de réforme, s’assurent que le vent du changement tourne toujours en leur faveur.
- Un enjeu capital
La question des paradis fiscaux et judicaires a été une fois de plus ramenée dans l’actualité par deux scandales récents. La crise financière que nous traversons a été causée en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de très nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un réseau d’évasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privilégiés, a causé des pertes d’environ 4 milliards d’euros en revenus fiscaux. Plus que jamais, il semble urgent d’intervenir contre ces espaces de non-droit que sont les paradis fiscaux.
- Repères de pauvreté, repères de société
En 2002, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Cette loi nous engageait à « tendre vers un Québec sans pauvreté ». Où en sommes-nous ?
- Conteurs à gages : Des récits pour se réconcilier avec la/notre nature
Étienne Laforge et Félix Morissette, surnommés les « Conteurs à gages », créent pour, par et avec des groupes citoyens, des contes écologiques au cœur du quartier Rosemont—La-Petite-Patrie à Montréal. Nous nous sommes entretenus avec eux pour en apprendre sur leurs ambitions, et plus particulièrement sur le rôle de l’art du conte pour réfléchir notre rapport à la nature, nourrir l’imaginaire, et construire des récits ancrés dans les quartiers. Propos recueillis par Samuel Raymond.
- Justice réparatrice par et pour les communautés noires
L’idée derrière Justice hoodistique est née en 2019 lors du forum social de l’organisme Hoodstock. L’objectif était d’apporter une solution aux problèmes du profilage racial, du racisme systémique, et de la surreprésentation des personnes noires dans le système de justice québécois. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, Justice hoodistique entame sa deuxième année d’activité à titre de projet-pilote de justice réparatrice par et pour les personnes noires vivant au nord-est de l’île de Montréal.
- Paradis fiscaux : la filière canadienne – Barbarde, Caïmans, Bahamas, Nouvelle-Écosse, Ontario…
Paradis fiscaux : la filière canadienne – Barbarde, Caïmans, Bahamas, Nouvelle-Écosse, Ontario…, Alain Deneault, Montréal, Écosociété, 2014.
- Paradis fiscaux. Au-delà des belles intentions
Rarement les élites financières auront été aussi ébranlées que par les scandales qui se sont succédé concernant les paradis fiscaux. Les Offshore Leaks, Swiss Leaks, Lux Leaks et Panama Papers ont agi comme autant de coups de marteau sur un clou qu’on enfonce. Devant des injustices aussi flagrantes et des inégalités sociales qui ne cessent de s’accentuer, les gouvernements ne pouvaient plus rester inactifs. Mais peut-on vraiment se fier à eux pour prendre les importantes mesures qui s’imposent ?
- Tombent les filles
« Why do you hate women ? », demande la détective Stella Gibson au meurtrier en série Paul Spector, dans la télésérie The Fall. La réponse se trouve peut-être dans la bouche de son héroïne, comme une provocation : « The basic human form is female. Maleness is a kind of birth defect. »
- Négos des secteurs public et parapublic : L’heure du bilan... et de la préparation
Quelles réflexions préliminaires peut-on tirer des négociations des secteurs public et parapublic menées en pleine crise sanitaire, en vue du prochain cycle de discussions qui viendra rapidement ?
- Les pompiers pyromanes
Les citoyens et citoyennes de nombreux pays se serrent la ceinture parce que leur gouvernement a renfloué à coup de milliards des banques aux comportements irresponsables. Pendant ce temps, ces mêmes banques et des comptables « créatifs » accumulent les magouilles et les combines pour permettre aux plus riches d’échapper à l’impôt par le biais des paradis fiscaux. Cette situation n’est plus dénoncée uniquement par la gauche, mais par des représentants vénérables de l’ordre néolibéral. Faut-il les prendre au sérieux ?
- Pour contrer le terrorisme d’État... des populations civiles en résistance !
En Colombie, les groupes de droits humains, les organisations syndicales et étudiantes ainsi que les communautés rurales font face à une répression grandissante. S’appuyant sur la doctrine de la « Sécurité démocratique », le gouvernement d’Uribe Velez a adopté une série de mesures politiques et judiciaires menant à la criminalisation de larges secteurs de la population, particulièrement lorsque ceux-ci dénoncent la stratégie paramilitaire utilisée par l’État colombien.
Tania Hallé, qui a récemment passé six mois en Colombie, en travaillant dans la province de Choco avec l’organisation colombienne des droits humains Justice et paix, nous retrace ici – loin des informations lénifiantes des grandes agences de presse – les lignes forces de ces politiques répressives ainsi que les efforts des populations civiles pour y résister.
- Émanations fugitives
En Gaspésie, la lutte contre l’exploitation pétrolière s’organise. L’occupation du site Galt de la compagnie Junex par des militant·e·s masqué·e·s et soutenu·e·s par le camp de soutien établi sur la route de Murdochville le montre. Ces actions remontent à l’annonce du gouvernement du Québec d’annuler toute exploration pétrolière sur l’Île Anticosti.
- La série des #MoiAussi
Tous les 6 décembre, depuis quelques années, depuis l’avènement des réseaux sociaux, je mets sur ma page Facebook un statut qui demande : « Où étiez-vous le 6 décembre 1989 ? » Chaque fois, des dizaines d’internautes répondent à la question, décrivant avec précision le lieu où elles et ils se trouvaient, avec qui, quelle a été leur réaction, et puis après, ce que ça a changé…
- Les vains espoirs du G20 à Londres
Rarement une rencontre internationale a été précédée d’une telle rumeur que lors du dernier G20 tenu à Londres les 1er et 2 mars 2009. Avant ce sommet, plusieurs chefs d’État s’étaient emportés dans des déclarations tonitruantes contre les banquiers, les paradis fiscaux, voire même le sacro-saint capitalisme. Certes, de la part d’individus élevés dans le giron du néolibéralisme, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Mais un espoir demeurait : et si la crise que nous subissons était d’une ampleur telle qu’elle forcerait nos dirigeants à mettre en place les mesures progressistes qu’ils venaient d’annoncer ?
- Le crime occidental
Viviane Forrester, Le crime occidental, Fayard, 2004.
- Le temps est venu de réclamer... leur dû
À lire certains éditorialistes ou chroniqueurs de la presse écrite, la présente conjoncture n’annonce a priori rien qui vaille la peine pour les salariées des secteurs public et parapublic au Québec. Les Sansfaçon, Dubuc et Girard, nous informent que les perspectives de récoltes sur le plan salarial, en cette période dite trouble pour les finances publiques, s’avèrent inexistantes. Des hausses faméliques, pour ne pas dire complètement et largement en deçà de l’inflation, sont à envisager selon ces mauvais oracles.
- Au sujet de certaines formes de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États
Voici une liste provisoire et non exhaustive de certains types de regroupements humains, de lieux d’activités économiques et d’États qui ont pris forme au sein de divers modes de production qui se sont succédé dans l’histoire (la commune primitive, le mode de production esclavagiste, le mode de production féodal, le mode de production capitaliste, le mode de production « socialiste » et le mode de production « communiste »). Les concepts énumérés ici sont définis, par ordre alphabétique, dans un lexique qui apparaît dans la deuxième partie du texte.
- Un iceberg à éviter
Le 10 janvier 2013, la juge Claudine Roy de la Cour supérieure du Québec a rendu sa décision en lien avec la loi spéciale imposée autoritairement le 15 décembre 2005 par le gouvernement de Jean Charest. Rappelons que la Loi 43 avait pour effet de mettre un terme unilatéralement à la ronde de négociation des secteurs public et parapublic qui s’est échelonnée de 2003 à 2005 et d’interdire l’exercice de la grève dans ces deux secteurs jusqu’en mars 2010. À la lumière de ce jugement, on peut se poser les deux questions suivantes : à quoi correspond la protection constitutionnelle apparentée à la liberté d’association et à la liberté d’expression pour les salarié·e·s des secteurs public et parapublic ? Y a-t-il encore un avenir pour les négociations collectives dans ces secteurs ?
- Lutte contre le crime sexuel ou répression des jeunes ?
Parmi les mesures proposées par le gouvernement conservateur afin de lutter contre les « crimes violents », la mesure sur « l’âge de protection » vise à hausser l’âge de consentement à une activité sexuelle non exploitante de 14 à 16 ans. Non seulement cette disposition n’offrira pas davantage de sécurité aux citoyenNEs canadienNEs, mais elle rate sa cible en s’en prenant directement aux jeunes. Au lieu de les protéger, cette mesure risque d’avoir des conséquences néfastes pour eux.
- Paradigme fiscal désuet et fiscalité à réformer
Tandis que la richesse se concentre de plus en plus entre quelques mains, la pauvreté s’accroît à un rythme effarant. Des milliers de personnes n’ont plus les moyens de se nourrir adéquatement, de se loger, et de manière générale de répondre à leurs besoins de base et à ceux de leur famille. Les réponses du gouvernement de la CAQ devant ces problèmes demeurent profondément insatisfaisantes.
- Comment les paradis fiscaux ont ruiné mon petit-déjeuner
François Samson-Dunlop, Comment les paradis fiscaux ont ruiné mon petit-déjeuner, Montréal, Écosociété, 2019, 216 pages.
- Fraudeuses du fisc
En plus d’œuvrer au Canada, il faut savoir que les banques canadiennes sont également présentes dans de nombreux autres pays. Outre les États-Unis et le Royaume-Uni, elles se retrouvent au sein de plusieurs petits pays que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) considère… comme des paradis fiscaux ! C’est à cet aspect qu’une récente étude de la Chaire d’études socio-économiques (CESE) de l’UQAM [1] s’est attardée, c’est-à-dire aux répercussions que la présence des banques canadiennes dans ces endroits ont sur les recettes fiscales de nos gouvernements. Cette étude a donc quantifié les montants d’impôts sur le revenu des sociétés que les principales banques canadiennes ne versent pas aux fiscs canadien et québécois, puisqu’elles ont pignon sur rue dans des pays où l’imposition du profit est quasi inexistante.
- Le Sahel face au péril militariste
Au Sahel, le coup d’État militaire survenu au Niger le 26 juillet 2023 est le sixième du genre depuis 2020 dans cet espace en proie à une crise sécuritaire inédite, après ceux enregistrés au Mali, au Burkina Faso et au Tchad.
- L’immigration ou les paradoxes de l’altérité, tome 1 : L’illusion du provisoire
Abdelmalek Sayad, L’immigration ou les paradoxes de l’altérité, tome 1 : l’illusion du provisoire, Paris, Raisons d’agir, 2006.
- Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle
Alain Deneault, Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle, Montréal, Écosociété, 2010
- Négos du secteur public et parapublic. Résultats mitigés
Une ronde de négociations s’achève dans les secteurs public et parapublic, sans offrir de répit aux travailleur·euse·s, puisque la suivante s’apprête à débuter. Mise en contexte, faits saillants et éléments de perspective.
- Crime haineux. Le Canada, sous le choc ?
Quatre membres d’une famille musulmane ont été tué·e·s à London, en Ontario. Il est temps que le Canada cesse de se dire « sous le choc » et reconnaisse son problème d’islamophobie.
- Lancement et causerie : Quel avenir pour le travail ?
Le lancement du numéro 81 et de son dossier « Quel avenir pour le travail ? » aura lieu le 24 octobre, à 17h30 à la librairie l’Euguélionne (1426 rue Beaudry, Montréal).
Il y aura pour l’occasion une causerie avec Anne-Marie Buisson, Stéphanie Barahona et Marc-Édouard Joubert.
Entrée libre, bienvenue à toutes et à tous !
- La juste part : Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains
La juste part : Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains, David Robichaud et Patrick Turmel, Coll. Documents, Nouveau Projet, Montréal, 2012, 102 p.
- Black Mirror. Technos vampiriques
Mêlant habilement une anticipation scientifique réaliste et des scénarios d’horreur cauchemardesques, Black Mirror marque l’imaginaire de son vaste public, y compris à gauche, depuis ses débuts. Lancée en 2011 par Charlie Brooker, la série britanno-américaine revient en 2019 pour une cinquième saison.
- Paradis infernaux
Mike Davis et Daniel B. Monk (dir.), Paradis infernaux, Paris, Les prairies ordinaires, 2008, 318 p.
- Quel principe sous-tend l’imposition ?
Le fisc ne se réduit pas à un mécanisme technique de redistribution de la richesse. C’est pour donner corps à un principe civique supérieur qu’il remplit cet office. Pointe d’épine dans le gras du riche, il rappelle à ce dernier que l’enrichissement personnel est tributaire d’une organisation collective. Sans un contexte social structuré, il n’y aurait nul lieu d’engranger des profits à soi seul.
- GAFAM : Conclusions
J’ai proposé précédemment dans cette série d’articles une synthèse de ce qui fait la domination des GAFAMs. Nous pouvons maintenant chercher ce qu’il y a de commun à leurs histoires respectives.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Google. Ne pas être malveillant » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité ».
- Bataille autour du Code du travail en 1964-1965
Les années 1960 marquent une grande période d’expansion pour le mouvement syndical québécois. Durant cette décennie, le taux de syndicalisation bondit de 30 à 40 %. Les effectifs passent de 375 000 à 700 000 syndiqué·e·s. Cette progression est imputable, pour l’essentiel, à l’implantation du syndicalisme dans les services public et parapublic. La force de frappe du mouvement syndical se manifeste en 1964-1965 par la conquête de nouvelles lois du travail qui ont pour effet de reconnaître aux salarié·e·s des secteurs public et parapublic le droit de négociation et le droit de grève. Retour sur un événement historique dont on célébrera le cinquantième anniversaire au cours des prochains mois.
- Le Paradoxe de Robinson
François Flahaut, Le Paradoxe de Robinson, Mille et Une Nuits, 2005.
- Vers un gouvernement parallèle ?
La Convention nationale démocratique, réunissant plus d’un million de déléguées sur le Zócalo de Mexico, a nommé le 16 septembre 2006 Andrés Manuel López Obrador (AMLO) « président légitime du Mexique » et a reconnu son « triomphe dans les élections présidentielles » du 2 juillet dernier. AMLO accèdera à la « présidence en rébellion » le 20 novembre prochain, jour anniversaire de la Révolution mexicaine.
- Vers un gouvernement parallèle ?
La Convention nationale démocratique, réunissant plus d’un million de déléguées sur le Zócalo de Mexico, a nommé le 16 septembre Andrés Manuel López Obrador (AMLO) « président légitime du Mexique » et a reconnu son « triomphe dans les élections présidentielles » du 2 juillet 2006. AMLO accèdera à la « présidence en rébellion » le 20 novembre prochain, jour anniversaire de la Révolution mexicaine.
- Une réforme scolaire qui déforme
Nous avons rencontré l’ennemi : c’est nous-mêmes.
– Walt KilleyL’événement des derniers mois en éducation a sans aucun doute été le fait que la Table de pilotage, mise sur pied par le ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports (MELS) pour coordonner l’implantation de la réforme de l’éducation – rebaptisée « renouveau pédagogique » –, n’a pas rendu le rapport qu’elle devait rendre en juin. C’est scandaleux certes, mais comme on va le voir, ce n’était là que le plus récent d’une trop longue série de cafouillages inexpliqués et inexplicables ayant marqué l’implantation de cette réforme. Mis bout à bout, ces cafouillages donnent le vertige. Et invitent à s’interroger sérieusement sur ce qui passe au ministère et dans les universités – puisqu’en définitive, c’est bien à ces deux instances et à la recherche qu’elles produisent que l’on doit la conception de cette réforme, son évaluation et son implantation.
- Contre-réforme agraire et agrobusiness
On estime à 3,5 millions le nombre de déplacées internes en Colombie au cours des vingt dernières années. Toutefois, il ne s’agit pas d’une population déplacée pour cause de guerre, c’est plutôt une guerre menée exprès pour déplacer les populations. Le phénomène du déplacement forcé, bien qu’il soit parfois dû aux confrontations armées, est une stratégie étatique contre les populations rurales qui a pour but d’opérer une contre-réforme agraire et de mettre des territoires stratégiques au service des intérêts économiques nationaux et internationaux. Sur ces terres volées aux paysannes se déploie actuellement une vaste gamme de projets agro-industriels, d’élevage extensif, d’exploitation minière, pétrolière et forestière. La Colombie est l’un des pays ayant la plus grande concentration de terres en Amérique latine. Aujourd’hui, le gouvernement d’Uribe Velez prétend légaliser cette contre-réforme agraire par des nouvelles lois sur le « développement rural » et sur la « démobilisation » des paramilitaires.
- Divest McGill : Lutter pour responsabiliser nos institutions
Divest McGill est une campagne qui a commencé entre 2011 et 2012 sous le nom de Decorporatize McGill. Depuis, la campagne milite plus spécifiquement pour que l’Université McGill cesse d’investir dans l’industrie des combustibles fossiles.
Entretien avec Laura et Emily, membres de Divest McGill. Propos recueillis par Arianne Des Rochers et traduits de l’anglais par Amadou Ballo.
- Les justices transformatrice et réparatrice
Penser la justice au delà de la punition et de l’incarcération.
- Du rapport de force au rapport de faiblesse
Dans une série d’articles à venir, je me propose de vous faire part de mes observations critiques autour des négociations des rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec de 1964 à aujourd’hui.
- Le pari de la laïcité ouverte
Dans une société pluriconfessionnelle comme le Québec, autant la justice que la bonne entente sociale dépendent de ce qu’il y ait une séparation entre les institutions publiques et les convictions religieuses des citoyens (j’inclus parmi les convictions religieuses celles d’athées qui sont convaincus de la non-existence de Dieu). La justice en dépend, car des institutions publiques dont le fonctionnement refléterait les valeurs et les croyances religieuses d’un groupe, par exemple de la majorité, seraient forcément amenées à traiter les citoyens n’appartenant pas à ce groupe comme moins égaux. L’égalité entre citoyens étant, dans une société démocratique, une condition sine qua non de la justice des institutions publiques, la séparation des cultes et de l’État est un ingrédient non négociable de la justice sociale.
- Les mouvements pour un salaire étudiant
Nous publions ici la version intégrale d’un article d’Aurélien Casta paru en version abrégée dans le magazine des Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE). L’auteur remercie les membres des CUTE et en particulier Annabelle Berthiaume pour leur proposition et leur relecture des différentes versions de ce texte, ainsi que Maud Simonet, Bernard Friot et Laura pour leurs suggestions.
- Un Forum social mondial tourné vers l’action
La crise économique et financière a donné une nouvelle pertinence au Forum social mondial, tenu cette année à Belém, au Brésil, du 27 janvier au 1er février. Certains reprochaient à cet événement de reprendre les mêmes analyses et de répéter les mêmes critiques impuissantes du néolibéralisme. Mais la chute de la finance internationale, jointe aux crises climatique, alimentaire et énergétique, a fait la preuve que les politiques adoptées par les gouvernements depuis les 30 dernières années ont mené à une série de catastrophes. Plus que jamais, les participants au Forum ont été invités à formuler des alternatives, à proposer des solutions concrètes et efficaces pour améliorer la marche du monde.
- Femmes invisibles - Leurs mots contre la violence
Pour le sociologue Smaïn Laacher du Centre d’étude des mouvements sociaux de l’École des Hautes Études en Sciences sociales (CEMS-EHESS) de Paris, la réalité des violences domestiques faites aux femmes issues de l’immigration est escamotée par les débats polémiques sur l’islam et la laïcité. Dans un livre innovant qui fera date, Smaïn Laacher se penche sur ces « femmes invisibles » qui ont osé exposer publiquement des affaires privées et tues. Le sociologue a finement analysé les courriers que des femmes en souffrance ont adressés à deux associations : Voix de femmes (spécialiste des mariages forcés) et la très médiatique Ni putes ni soumises. On en dégage, dans cet entretien, quelques intuitions que le regard intellectuel et les pouvoirs publics devront méditer avec sérieux.
- À qui profite le crime ?
À l’ouverture de la présente session parlementaire, le gouvernement de Stephen Harper a présenté une réforme musclée du système de justice. Sous des couverts de loi et d’ordre, les changements proposés pourraient en fait alimenter des super-prisons opérées par des compagnies privées. Si l’idée a de quoi faire sourciller, c’est pourtant la crainte de criminologues, de syndicats et de citoyens inquiets.
- L’archivage culturel, une responsabilité collective
Même si elle n’a plus la cote depuis l’ère numérique, la télé est toujours parmi nous et demeure très influente. Depuis 70 ans, elle marque notre imaginaire collectif et notre discours politique. Pourtant, on ne l’archive pas de manière systématique. Ce travail dépend en grande partie de passionné·es et de militant·es. Regard sur deux documentaires qui soulignent cette tâche essentielle, ainsi que l’état inquiétant de l’archivage culturel à l’ère numérique.
- La CAQ : le grand paradoxe
À la veille des élections, le collectif À Bâbord ! ne pouvait ignorer les quatre années du premier gouvernement de la CAQ. Le bilan de ces dernières nous confronte à un étrange paradoxe : comment un gouvernement aussi médiocre réussit-il à être si populaire ? Comment expliquer que les sondages demeurent toujours à son avantage alors que ses réalisations sont si restreintes et si contestables ?
- Assauts répétés contre la fonction publique
Un débat fait rage en ce moment au Québec. Il s’agit de celui visant à cibler les mesures nécessaires en vue de rétablir, d’ici 2016, l’équilibre budgétaire. Selon les porte-parole gouvernementaux (Philippe Couillard, Martin Coiteux, etc.) et certains de leurs alliés dociles et serviles (André Pratte, Alain Dubuc, le Conseil du patronat), l’exercice entraîne forcément une stricte limitation des dépenses gouvernementales dont, nous répète-t-on à satiété, « 60 % du total est consacré à la rémunération des employés ». Ce débat n’est pas nouveau et comme nous le verrons, il repose sur une manipulation malhonnête de certaines données.
- Paradis sous terre
Paradis sous terre, Alain Deneault et William Sacher, Écosociété, 2012, 188 pages.
- Une série d’abus de pouvoir
Prologue : La mobilisation Mobilisation anti-capitaliste à Montréal contre ce que les puissants appellent une « mini-ministérielle » de l’OMC. On est en juillet 2003. La réponse de la rue : cinq jours d’ateliers, de rencontres et de manifestations. La Ville de Montréal annonce un bouclage du quartier des affaires. La coalition organisatrice promet de perturber la rencontre. Réplique de Pettigrew, alors ministre du Commerce international : « If they want to stop us, fine, good luck ».
Acte (…) - Lobby : Halte aux dérapages
En continuité avec notre dossier Lobbyisme, le pouvoir obscur (no. 95), nous publions la déclaration Lobby : halte aux dérapages, que nous vous invitons à lire attentivement et à signer en allant à l’adresse https://lobby-halte-aux-derapages.org. Votre appui permettra d’ajouter une action simple mais importante à la lecture de notre numéro sur le sujet.
- Les bonnes vieilles méthodes peuvent être progressistes
À un regard pressé, tout paraît très simple en éducation puisque les protagonistes se laissent commodément partager selon une frontière étanche qui permet de situer d’un côté des progressistes, de l’autre des traditionnalistes. Les premiers seraient les champions d’une pédagogie centrée sur l’enfant, aussi respectueuse de ses besoins, de son expérience et de ses intérêts que soucieuse de s’adresser à lui dans sa globalité : ici, l’élève construit ses savoirs en allant de stimulantes découvertes en passionnants projets. Sur le plan politique, ces progressistes se donnent volontiers pour la seule légitime incarnation de la gauche en éducation : porte-flambeaux de la démocratie, de l’égalité des chances, du respect de l’identité (notamment culturelle) de chacun, ils seraient les défenseurs d’une vision de l’éducation qui seule assurerait la préparation de citoyens critiques. Les deuxièmes défendraient au contraire une éducation vétuste, prônant une rebutante et inefficace pédagogie de l’instruction, de l’exercice et de la répétition, incapable de susciter l’intérêt et devant s’imposer d’autorité à l’enfant.
- Colombie. Entre la violence et l’espoir
Plusieurs analystes ont expliqué la persistance de la violence en Colombie par des manifestations de criminalité individuelle. Il faut toutefois, même si cela est complexe, tenter de comprendre la violence autrement pour rendre compte de sa persistance dans le temps et l’espace.
- Quelle stratégie pour la gauche ?
Pierre Mouterde vient de faire paraître un ouvrage consacré à La gauche en temps de crise. Nous lui avons demandé de préciser ses analyses et ses propositions face aux défis qui confrontent la gauche québécoise dans une conjoncture marquée par une nouvelle crise – ultime ? – du capitalisme.
- J’abats mon jeu
Le 29 février 2008, à l’ouverture du congrès de Québec solidaire, Normand Baillargeon a été invité à présenter sa réflexion sur l’état de la gauche et son avenir au Québec. Le texte qui suit reprend de larges extraits de cette conférence très appréciée des congressistes.
- Misère du journalisme
Au milieu des années 1990, Alain Accardo faisait paraître en France les résultats d’une enquête approfondie sur le journalisme. Ces travaux font actuellement l’objet d’une réédition dans un même volume intitulé Journalistes précaires, journalisme au quotidien, à paraître chez Agone (Marseille). Ce livre suit plusieurs journalistes chevronnés dans leurs pratiques quotidiennes, à l’intérieur des rédactions comme sur le terrain, pour expliquer la nature de la crise profonde à la fois d’identité, du sens et des valeurs, qui affecte aujourd’hui l’ensemble du journalisme et qui compromet la qualité d’une information plus que jamais nécessaire à la vie démocratique.
L’enquête centre l’observation et l’analyse sur le processus de précarisation croissante qui touche désormais l’emploi dans les entreprises de presse, de plus en plus soumises à la loi du marché, avec des effets le plus souvent désastreux tant au plan de l’activité professionnelle – et donc de la qualité de l’information – qu’au plan de l’existence personnelle des précaires (piges, contrats à durée déterminée, etc.). Comme le soulignent le sociologue Alain Accardo et ses amis journalistes du groupe de recherche, « on perçoit actuellement dans le journalisme les conséquences d’une évolution qui affecte plus largement une grande partie du tertiaire et tout particulièrement le secteur de la production et de la diffusion des biens symboliques, évolution caractérisée par l’émergence et le développement au sein des classes moyennes d’un “prolétariat” de type nouveau, comparable à bien des égards à l’ancien prolétariat industriel, et en même temps très différent parce que les nouveaux manœuvres, ouvriers spécialisés et autres “nouveaux pauvres” de la production symbolique sont porteurs de propriétés (origines sociales, capital culturel, dispositions, etc.) grâce auxquelles ils peuvent faire illusion, aux yeux des autres et à leurs propres yeux, et continuer à tourner indéfiniment en rond dans les contradictions inhérentes à leur position de dominants (très) dominés, à la fois victimes malheureuses, souffre-douleur révoltés et complices consentants de l’exploitation qu’ils subissent. »
Le texte qui suit est tiré de la préface de Journalistes précaires, journalisme au quotidien, écrit en collaboration avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch et Annick Puerto.
- Avocasseries
De nos jours, les avocats triomphent. La justice impose des procédures semblables à d’interminables labyrinthes dont ils sont les guides obligés. Les ententes avec les grandes entreprises se concluent en contrats volumineux au langage obtus qu’eux-mêmes parviennent mal à décrypter. Leur salaire grimpe à la mesure de la confusion des textes qu’ils créent et interprètent à n’en plus finir. Les citoyens, quant à eux, non seulement y perdent leur latin, mais aussi l’accès à une justice qui devrait les protéger.
- L’équité et l’avenir des services publics
Le gouvernement du Québec et les associations syndicales ont rendez-vous afin de renouveler les conventions collectives de quelque 475 000 salariés de l’État québécois. Les organisations syndicales, regroupées au sein d’un Front commun, demandent des améliorations salariales totalisant 11,25 % sur trois ans. Le gouvernement réplique avec une offre globale de 7 % sur une période de cinq années. Alors que les uns justifient leurs demandes au nom de l’équité et de la capacité d’attirer et de retenir des ressources humaines de qualité, les ténors gouvernementaux font valoir que les salariés de l’État bénéficient d’une rémunération globale qui fait l’envie de plusieurs salariés du secteur privé. Qu’en est-il au juste ?
- Fake news - Tout sur la désinformation
Nereida Carrillo et Aberto Montt, Fake news - Tout sur la désinformation, Les 400 coups, 2023, 120 pages.
- La politique selon Orwell
John Newsinger, La politique selon Orwell, Marseille, Agone, coll. « Banc d’essai », 2006
- Travail et démocratie : un autre modèle
Le milieu de travail est, pour la plupart des gens, hiérarchique et autoritaire. Nous prétendons vivre en démocratie, mais le quotidien de la majorité est composé de directives, d’ordre, d’obéissance et d’humiliation. Prise de décision en commun ? Discussion ? Consensus ? Ces mots sont étrangers à la réalité vécue « à la job ». Traditionnellement, la démocratisation des milieux de travail qui a été proposée à gauche se présentait sous trois visages : la syndicalisation, la création de coopératives de travail, la socialisation de l’ensemble des moyens de production. Il est cependant possible de réunir et dépasser ces approches.
- Philippe Corcuff - Enjeux pour la gauche de gauche en France
L’Upop Montréal et À bâbord ! présentent
Philippe Corcuff
Sociologue, militant à Attac-France, professeur à l’Institut d’études politiques de Lyon
Rencontre-discussion : Enjeux pour la gauche de gauche en France
Mardi 21 mai, 19h
au Bar Populaire (6584 St-Laurent)
Entrée libre ! - Un autre modèle est-il possible ?
Des universités hors de l’université publique ? Des lieux alternatifs et libertaires de production et d’appropriation de savoirs critiques ? La réactivation des Universités populaires en France par le philosophe Michel Onfray à Caen en octobre 2002 a ouvert un champ de questionnements et de pratiques. Philippe Corcuff, cofondateur de l’Université populaire de Lyon (créée en janvier 2005), revient ici sur une série d’enjeux et de problèmes liés à ces expériences.
- Au-delà de la réforma agraire
Pour ceux et celles qui espéraient que l’élection du Parti des Travailleurs (PT), en 2003, mettrait fin à vingt ans de répression de la lutte pour le droit à la terre au Brésil, les espoirs ont vite été déçus. Depuis l’arrivée de Lula au pouvoir, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire. En 2003 seulement, 73 travailleurs ruraux ont été assassinés et 35 292 familles ont été expulsées de leurs terres. Cette recrudescence de la violence s’explique par le fait que l’autorité du gouvernement fédéral est sévèrement limitée au niveau des États, et encore davantage au niveau local.
- Penser le journalisme dans un monde en crise
Il faut prendre au sérieux la prétention des journalistes à se voir comme « chiens de garde de la démocratie » pour saisir l’ampleur des dérives actuelles de l’idéal moderne d’autonomie collective, classiquement entendu comme la capacité de la société de prendre en main son histoire. Appréhender le journalisme en le confrontant à sa doxa permet alors de resituer la crise contemporaine du journalisme dans le miroir de la crise du politique. Cela ne fait bien sûr pas disparaître le problème (…)
- Google. Ne pas être malveillant
En 2015, Google devient Alphabet, compagnie mère chapeautant une diversité d’entreprises et de services. Au moment de cette restructuration, le code de conduite de Google est modifié et ne comporte plus la devise « don’t be evil », pilier de la culture de l’entreprise depuis 2000.
NLDR. Les autres articles de la série sont également disponibles sur notre site : « Amazon. Le capitalisme mégalomane » ; « Microsoft. Adopter, étendre, anéantir » ; « Apple. Le géant des apparences » ; « Facebook. La tyrannie de la popularité » ; « GAFAM : Conclusions ».
- Russie - Les « miracles » de Poutine
Vue de loin, la popularité persistante de Poutine en Russie apparaît étonnante, sinon entièrement fabriquée. Le personnage est généralement réservé, peu sympathique et n’a aucun charisme ni dans ses discours ni dans son allure. Il a été le premier responsable de la guerre de Tchétchénie et de toutes les atrocités qui l’ont entourée, pour ne mentionner que ce dossier à son passif. Pourtant au cours des quatre dernières années ou plus, d’après tous les sondages y compris les plus crédibles, son taux d’approbation ou de popularité s’est maintenu aux alentours de 76 %. La majorité de la population aurait été d’accord pour qu’il fasse amender la constitution du pays afin de pouvoir briguer un troisième mandat présidentiel consécutif. On peut y voir la conséquence du contrôle direct ou indirect exercé par le Kremlin sur les grands médias électroniques. Mais il y a plus et le phénomène demande une explication. Un peu paradoxalement, il s’explique davantage par le bilan catastrophique de son prédécesseur que par les succès de Poutine lui-même.
- Projet de Déclaration universelle du bien commun de l’humanité
À l’initiative du Forum mondial des Alternatives, un projet de Déclaration universelle du bien commun de l’humanité a été présenté au Sommet des peuples, en marge du Sommet de Rio+20, en juin 2012. Il devait être présenté formellement au Forum social mondial de Tunis en mars dernier. Bien qu’aucune activité autour de ce projet de déclaration n’ait été inscrite formellement au FSM par le Forum mondial des Alternatives, les discussions autour du texte se poursuivent.
- Gratuité scolaire (2è partie) - Parachever le projet d’équité scolaire et sociale
En faisant adopter le projet de loi no 12 [2], le gouvernement Legault a confirmé qu’il ne tient pas à rendre l’école gratuite, mais à en perpétuer le caractère facturable et, conséquemment, inéquitable. Or, des avenues plus prometteuses et plus structurantes en matière de gratuité scolaire auraient pu être privilégiées.
La première partie de cette chronique est disponible ici.
- La situation psychopolitique du Québec
Je ne souhaite pas parler ici de la valeur et des limites de la pratique des accommodements raisonnables. Je veux parler de « l’Affaire Hérouxville », en particulier du texte des « Normes de vie » rendu public par la municipalité mauricienne et de la réaction médiatique et politique à ce texte. Dans les suites de l’affaire, il m’a en effet semblé que nul n’a été en mesure de dire quelque chose sur la lettre du texte. Apparemment approuvé par une majorité silencieuse, le texte des « Normes de vie » a été, du côté de l’élite parlante québécoise, ou bien (1) rejeté du revers de la main (ignorance et paranoïa auront alors été attribuées aux rédacteurs), (2) ou bien qualifié de maladroit pour le détourner de son propos (certains y voyant une manifestation démocratique, d’autres y détectant un républicanisme à la québécoise), (3) ou bien, et c’est ce qui en restera, ridiculisé.
- Ces obscurs objets du désir
À lui seul, le générique d’introduction attise la curiosité : un homme se jette d’une tour à bureaux. Tout autour de lui, le long de sa chute, défilent des réclames publicitaires représentant des familles unies, de longues jambes féminines, des verres de whisky, des slogans tels « Enjoy the best America has to offer ». Ainsi commence chaque épisode de la série américaine Mad Men, qui a complété sa troisième saison l’automne dernier.
- L’écopar, une proposition libertaire
« Devant les terribles carences – ce sont souvent de véritables crimes – de nos sociétés, beaucoup de gens et bien des activistes se demandent, avec raison, quel autre mode d’organisation sociale on pourrait imaginer qui nous épargnerait ces carences et ces crimes et qui serait capable de le faire dans la longue durée et pas seulement à court terme ou de manière réformiste. »
- Missionnaires et insurgés
Le but de cet article est de faire apparaître les éléments fondamentaux sous-jacents au discours journalistique sur la guerre en Afghanistan. Pour ce faire, en octobre et en décembre 2007, j’ai sélectionné deux séries d’articles parus dans La Presse (et ses filiales) et Le Devoir contenant le mot Afghanistan.
- Le secteur minier au Chili
SANTIAGO. Le 13 octobre 2010, dans le nord du Chili, le monde entier assiste au sauvetage en direct de 33 mineurs séquestrés à 700 mètres sous terre depuis 2 mois. Le même jour, loin des caméras, le Congrès chilien, déserté par les journalistes, entérine la prolongation d’un régime d’invariabilité de l’impôt sur les entreprises minières. Le pays sud-américain est un enfer pour les mineurs, mais un paradis pour les compagnies minières.
- Croyez-le ou non, au Canada... Dieu est ton droit !
Au sortir du Moyen âge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit à petit, à un effritement du pouvoir et de l’influence de la religion dans les différentes sphères de la vie publique [3]. C’est ainsi que certains constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette séparation de l’Église et de l’État [4]. La religion va devenir une affaire privée [5]. Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu’en est-il au Canada ? Existe-t-il ici une franche séparation entre la religion et l’État ? Que prévoit la Charte canadienne des droits et libertés à ce sujet ? Croyez-le ou non, au Canada… Dieu est ton droit ! Voici pourquoi il en est ainsi.
- Services publics : vers la grève !
La grève est un moyen d’action qui a laissé ses traces dans l’histoire des négociations des secteurs public et parapublic au Québec. Qu’en est-il aujourd’hui, alors que les conventions collectives sont à renouveler, et ce, en pleine pandémie ?
- Déconstruire l’accouchement pour retrouver l’enfantement
En retraçant l’historique de l’apparition et de la popularisation des interventions obstétricales et de la sémantique utilisée pour parler d’accouchement, Stéphanie St-Amant met en évidence la construction des conceptions actuelles de l’accouchement en Occident.
- L’esprit coopératif liquidé
Lorsque j’ai entrepris la visite d’une série de districts miniers en Bolivie, jamais je n’aurais cru revenir autant dans le passé. Parallèlement aux quelques mégaprojets miniers, la majorité des exploitations sont de nature artisanale. Malgré des nuances, autant les régions aurifères que celles de l’étain témoignent de techniques et conditions de travail vétustes : le marteau, la pioche et, pour tenir le coup, la feuille de coca. Que se cache-t-il sous cette réalité glauque ?
- Le peuple de la rivière Kattawapiskak
À la fin du mois de novembre 2011, les Québécois, les Canadiens anglais et les membres des nations autochtones ont subitement appris que la cheffe du peuple cri de la région d’Attawapiskat, Theresa Spence, avait fait appel à la Croix-Rouge canadienne pour que des agents de cet organisme aident de nombreuses personnes de sa communauté à surmonter les problèmes majeurs de logement qu’elles éprouvaient durant une période de froid polaire (environ - 50 degrés Celsius).
- À l’encontre des mensonges et de l’intolérance
Depuis un certain temps, Atom Egoyan cherche à donner un nouveau souffle à ses créations cinématographiques d’envergure. Voilà pourquoi on a vu le cinéaste s’aventurer dans les domaines parallèles de l’art moderne (il a présenté l’installation Hors d’usage [2002] au musée d’Art contemporain de Montréal), de la télévision (Knapp’s Last Tape [2000]) et du court métrage (Diaspora [2001]). Il tente constamment de renouveler son style tout en demeurant fidèle à lui-même, voire au cinéma d’auteur. Mais l’impasse artistique dans laquelle il se trouve ne découlerait-elle pas surtout de sa dépendance plus prononcée que par le passé envers différentes compagnies de production qui lui imposent leurs propres objectifs commerciaux ?
- Des hot dogs intellectuels
Mercredi 16 mai 2007. Nous sommes à quelques jours du dépôt du budget provincial, en plein psychodrame parlementaire et médiatique. Ici, à l’hôtel Delta, point de nervosité, comme si l’issue de la crise, de toutes façons, était déjà connue. Lors du dépôt du budget, le 24 mai, la ministre des Finances du Québec annoncera la nomination de M. Castonguay à la tête d’un comité qui doit produire, cet automne, un « rapport » sur la réforme du financement du système de santé. Or, Claude Castonguay (…)
- Journalismes : institutionnel vs citoyen
Il m’est avis que le Web social marque la fin du monopole des journalistes institutionnels (formés aux écoles de journalistes, accrédités, etc.) sur l’information. Cela ne signifie pas qu’ils sont appelés à disparaître, mais plutôt à voir des transformations dans leur rôle, dans leurs pratiques et dans leur manière d’interagir avec les citoyennes, qu’on ne peut plus simplement appeler « public ».
- Être queer, c’est révolutionnaire et ça doit le rester
Du 7 au 11 juin derniers, les queers montréalais·es se sont rassemblé·es au festival Brûlances pour célébrer et défendre leurs identités. Quel est le lien entre Brûlances et les initiatives queers précédentes ? Qu’est-ce qui motive cette renaissance ? Quels sont les défis auxquels la communauté queer du Québec doit faire face aujourd’hui et à l’avenir ? Propos recueillis par Jahanzeb Hussain.
- Soulèvements populaires en Amérique latine
En mai dernier sortait le dernier ouvrage collectif du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine) intitulé L’interpellation plébéienne en Amérique latine. Violence, actions directes et virage à gauche. Ce livre, fruit d’une recherche collective qui aura duré trois ans, analyse une série de soulèvements populaires survenus en Amérique latine au cours de la dernière décennie. Par un va-et-vient constant entre la théorie politique et les recherches de terrain, ce livre s’avère un outil de d’interprétation indispensable pour aborder d’autres printemps des peuples survenus plus près de nous ou ailleurs dans le monde. Afin d’en rendre compte, À bâbord ! a rencontré Ricardo Peñafiel, l’un des codirecteurs de ce livre.
- Croyez-le ou non, au Canada ... Dieu est ton droit !
Au sortir du Moyen Àge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit à petit, à un effritement du pouvoir et de l’influence de la religion dans les différentes sphères de la vie publique. C’est ainsi que certains États constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette séparation de l’Église et de l’État. La religion va devenir une affaire privée. Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu’en est-il au Canada ? Existe-t-il ici une franche séparation entre la religion et l’État ? Que prévoit la Charte canadienne des droits et libertés à ce sujet ? Croyez-le ou non, au Canada… Dieu est ton droit ! Voici pourquoi il en est ainsi.
- L’essor de l’extrême droite
La montée des mouvements et partis xénophobes, islamophobes et racistes en Occident n’a pas épargné le Québec, encore moins la ville de Québec. Depuis 2015, une extrême droite organisée y sévit. Si cette extrême droite se nourrit de l’hostilité d’une partie de la population à l’égard des immigrant·e·s et des réfugié·e·s, le discours de plusieurs acteurs médiatiques de même que certains projets de loi contribuent à l’enhardir.
- La guérison par la justice transformatrice
Les gens qui passent par le système de justice canadien après avoir été reconnus coupables d’un tort perçu sont séparé·es de force de leur famille, de leurs ami·es et de leur communauté. À leur arrivée en prison, la plupart des gens (moi comprise) font déjà, et depuis longtemps, l’expérience de ce cycle de séparation et de relocalisation nocif. Punition ultime, l’emprisonnement ne fait que causer plus de torts à l’individu, ainsi qu’à sa famille et sa collectivité.
- Atmosphères de fin du monde
Parvenues à la maturité littéraire et comptant à leur crédit une œuvre consistante, Catherine Mavrikakis et Ying Chen, évoquent, dans leurs romans récents, la fin d’un monde, le nôtre, qui court à sa perte, victime paradoxale de ses conquêtes et de ses exploits apparents qui masquent une vision du monde profondément mortifère.
- Les innombrables contradictions de la convergence
Québec solidaire n’a pas fini d’entendre parler de son refus d’une convergence avec le Parti québécois lors des prochaines élections. En plus des reproches de dogmatisme, de fermeture et de favoriser la réélection des libéraux, les solidaires doivent aussi jongler avec le scandale entourant la non-divulgation de la feuille de route de OUI Québec sur une démarche commune d’accession à l’indépendance.
- Du Chili au Québec : Radicalisation des crises étudiantes
Avec un étonnant parallélisme, le printemps érable suit pratiquement les mêmes traces que son « jumeau austral », le printemps chilien. De simples conflits étudiants, qui auraient pu se « régler » après quelques semaines de grève, se radicalisent et se transforment en des mouvements multisectoriels questionnant les fondements mêmes de ce qui les nie : une forme restreinte de démocratie, qui marchandise des droits, criminalise la dissidence et prétend limiter la participation citoyenne à un périodique suffrage universel.
- La fine frontière entre investigation et complotisme
Quand quitte-t-on le questionnement légitime sur les rouages du pouvoir pour verser dans la recherche disjonctée d’un ordre occulte gouvernant secrètement nos existences ?
- Le féminicide de Ciudad Juárez
Du 5 au 15 février 2004, une délégation québécoise de solidarité avec les femmes de Ciudad Juárez s’est rendue au Mexique dans le but de manifester sa solidarité envers les familles des victimes du féminicide et les groupes locaux qui le dénoncent. La mission avait aussi pour objectifs de vérifier la mise en œuvre des recommandations émises par les diverses organisations ayant enquêté sur le cas, de concrétiser des pistes d’appui et de faire pression sur les autorités locales pour que cessent le féminicide et l’impunité. Marie-Hélène Côté, qui faisait partie de la délégation, rapporte ici quelques éléments marquants.
- Ce que je dois à Bruno Latour
Bruno Latour, sociologue, anthropologue, théologien et philosophe des sciences français, est décédé le 9 octobre dernier. Né en 1947, il était parmi les chercheur·euses les plus cité·es dans la grande famille des sciences humaines.
- Lancement du numéro 81 le 24 octobre prochain !
Le lancement du numéro 81 et de son dossier « Quel avenir pour le travail ? » aura lieu le 24 octobre, à 17h30 à la librairie l’Euguélionne (1426 rue Beaudry, Montréal).
Il y aura pour l’occasion une causerie avec Anne-Marie Buisson, Stéphanie Barahona et Marc-Édouard Joubert. Tous les détails ici !
- Sommaire du numéro 81
Le lancement du numéro 81 et de son dossier « Quel avenir pour le travail ? » aura lieu le 24 octobre, à 17h30 à la librairie l’Euguélionne (1426 rue Beaudry, Montréal).
Il y aura pour l’occasion une causerie avec Anne-Marie Buisson, Stéphanie Barahona et Marc-Édouard Joubert. Tous les détails ici.
- La Gaspésie face aux enjeux du 21è siècle
Depuis 2014, le Forum régional sur le développement Gaspésie 21e offre un espace de réflexion et d’échanges entre des chercheurs·euses de différents horizons du développement régional au Québec et les intervenant·e·s du milieu gaspésien. La démarche cherche également à initier les étudiant·e·s aux questions du développement des régions du Québec.
- Retour sur l’article « Pas de capitalisme sans racisme », de Mostafa Henaway
De nombreuses personnes ont commenté le texte de Mostafa Henaway, « Pas de capitalisme sans racisme » qui ouvre le dossier sur le racisme du numéro 67 d’À bâbord !, suite à sa publication dans Le Devoir le 3 janvier dernier. Nous souhaitons les remercier d’avoir fait œuvre utile, pour la plupart, en appuyant avec brio la thèse centrale du dossier duquel était tiré cet article.
- 22 jours de grève
Après une tentative de médiation et plusieurs séances à la table de négociation sans véritables avancées, les enseignantes et enseignants de la FAE – dont le contrat de travail était échu depuis avril 2023 – déclenchent une grève générale illimitée le 23 novembre 2023. L’objectif est de taille : améliorer les conditions de travail des profs, freiner la désertion en enseignement, et renverser la vapeur du recul des dernières années en éducation.
Rubriques (174)
- Mini-dossier : Droits des enfants
- Dossier : Le populisme de gauche. À tort ou à raison ?
- No 082 - janvier 2020
- Dossier : Repenser l’alimentation
- Dossier : Violence et politique
- No 047 - déc. 2012 / jan. 2013
- Dossier : Sortir du capitalisme
- No 103 - Printemps 2025
- Dossier - Autocratie municipale
- No 042 - déc. 2011 / jan. 2012
