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Alain Deneault

Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle

Daniel Chapdelaine

Alain Deneault, Offshore : Paradis fiscaux et souveraineté criminelle, Montréal, Écosociété, 2010

En cette période de préparation des rapports d’impôts, on se consolera sûrement, en réalisant le montant payé (ou à payer !) en 2010, en se rappelant que ces sommes représentent une contribution aux programmes sociaux, qui en ont bien besoin du reste. Mais dans Offshore, Alain Deneault nous rappelle l’existence des paradis fiscaux, ces États souverains qui permettent aux particuliers et aux sociétés de planquer à l’abri du fisc des sommes astronomiques, estimées à des milliers de milliards de dollars, selon les économistes. Situation déjà frustrante en soi par laquelle les plus riches de ce monde (y compris du Canada) évitent leurs responsabilités via les ententes de secret bancaire. Offshore trace un portrait inquiétant de l’utilisation de ces capitaux, en toute impunité et anonymat  : blanchiment d’argent sale issu des industries de la drogue, du trafic d’armes et même de la traite de femmes et d’enfants, financement de régimes corrompus et de coups d’État, investissement dans des compagnies spoliant les richesses naturelles de pays en développement, etc. Cela va même jusqu’au financement d’armées de mercenaires protégeant leurs intérêts, qui n’hésitent pas à violer les droits de l’homme. Enfin l’hypocrisie des dirigeants de nos États de droit est déconcertante  : le laxisme face aux systèmes comptables parallèles a permis à 99,9 % des blanchisseurs de ne pas être inquiétés dans les années 2000.

P.-S.

Lu par Daniel Chapdelaine

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