<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=96&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Fiscalit&#233; &#233;quitable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fiscalite-equitable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Fiscalite-equitable</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il semble &#233;vident qu'un des plus graves probl&#232;mes affectant l'ensemble de la plan&#232;te est la croissance des in&#233;galit&#233;s. Tous les indicateurs le confirment : celles-ci s'accentuent toujours davantage et les &#233;normes disparit&#233;s entre les riches et les pauvres cr&#233;ent un gouffre infranchissable, une incompr&#233;hension toujours plus grande et, surtout, encore et toujours plus d'injustice. &#192; ces in&#233;galit&#233;s correspond un d&#233;sengagement toujours plus grand de l'&#201;tat qui, en se privant volontairement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton815.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;713&#034; height=&#034;990&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il semble &#233;vident qu'un des plus graves probl&#232;mes affectant l'ensemble de la plan&#232;te est la croissance des in&#233;galit&#233;s. Tous les indicateurs le confirment : celles-ci s'accentuent toujours davantage et les &#233;normes disparit&#233;s entre les riches et les pauvres cr&#233;ent un gouffre infranchissable, une incompr&#233;hension toujours plus grande et, surtout, encore et toujours plus d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces in&#233;galit&#233;s correspond un d&#233;sengagement toujours plus grand de l'&#201;tat qui, en se privant volontairement de moyens, refuse d'exercer sa t&#226;che de r&#233;partiteur de la richesse. Si bien qu'associ&#233;s &#224; la pauvret&#233; et aux in&#233;galit&#233;s se d&#233;veloppent d'autres maux : malnutrition, endettement, d&#233;gradation des relations sociales, tensions entre les communaut&#233;s dans les pays du Nord, sous-alimentation, destruction de l'environnement, d&#233;veloppement d'un ressentiment toujours plus profond qui nourrit l'extr&#233;misme et le terrorisme dans les pays du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que face &#224; cette croissance des in&#233;galit&#233;s, il devient imp&#233;ratif de distribuer la richesse. Or cette richesse n'est pas &#224; cr&#233;er, comme le pr&#233;tendent certains d&#233;magogues bien en vue, elle coule abondamment et coule encore, malgr&#233; la crise &#233;conomique et financi&#232;re que nous traversons. &#192; nos yeux, la fiscalit&#233;, qu'on le veuille ou non, reste le moyen le plus simple et le plus efficace pour r&#233;duire, voire &#233;radiquer les in&#233;galit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, la fiscalit&#233; telle qu'elle est appliqu&#233;e aujourd'hui n'accomplit plus son r&#244;le redistributeur. C'est qu'on n'a cess&#233; de la honnir sur la place publique, comme si elle &#233;tait l'une des dix plaies d'&#201;gypte. On a donn&#233; des privil&#232;ges de plus en plus grands aux riches, qui paient toujours moins d'imp&#244;ts et cachent des fortunes dans les paradis fiscaux. Les grandes compagnies, profitant d'une concurrence fiscale qui n'en finit pas, ne contribuent presque plus &#224; leurs devoirs fiscaux. Et la classe moyenne se retrouve avec des imp&#244;ts disproportionn&#233;s et des services dont la qualit&#233; ne correspond pas toujours &#224; ce qu'elle paie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233;, telle qu'elle est pratiqu&#233;e aujourd'hui, est donc enti&#232;rement &#224; revoir. Un des probl&#232;mes essentiels est que la fiscalit&#233; appara&#238;t comme une charit&#233; envers les moins bien nantis, une obligation morale pour les riches. Il faut replacer la fiscalit&#233; sur son socle et montrer qu'elle r&#233;sulte du fait que les ressources qui sont utilis&#233;es pour cr&#233;er la richesse sont collectives. D'ailleurs, nos lois le reconnaissent la plupart du temps, mais la compensation qui est demand&#233;e pour leur utilisation demeure trop souvent symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La redistribution op&#233;r&#233;e &#224; travers la fiscalit&#233; doit donc &#234;tre rattach&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; collective des ressources, telle que reconnue dans nos lois, et devenir l'&#233;quivalent d'un droit d'utilisation revers&#233; &#224; tous les citoyens plut&#244;t qu'une aum&#244;ne jet&#233;e aux pauvres du bout des doigts gant&#233;s des riches ; bref, il faut remplacer la charit&#233; par la justice, non pas recevoir ce qu'on nous donne, mais recevoir ce &#224; quoi nous avons droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'organiser la fiscalit&#233; en fonction d'accorder une s&#233;rie de privil&#232;ges &#224; une minorit&#233; tr&#232;s riche, on doit se concentrer sur un seul objectif : cr&#233;er plus de justice. En cette saison des imp&#244;ts, alors que nous nous d&#233;p&#234;trerons tous avec nos formulaires compliqu&#233;s &#224; remplir, l'&#233;quipe d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, en collaboration avec ATTAC-Qu&#233;bec, en profite pour faire part de la r&#233;flexion d'auteurs qui cherchent tous &#224; repenser la fiscalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les propositions ne manquent pas : r&#233;tablissement de la progressivit&#233; des imp&#244;ts, taxes globales, &#233;limination des paradis fiscaux, d&#233;fiscalisation des mesures sociales, participation plus grande des entreprises, dont les banques, &#224; l'imp&#244;t, &#233;tablissement d'un nouveau pacte social et fiscal. Souhaitons que ces solutions cheminent et nous permettent de vivre dans un monde plus juste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dossier coordonn&#233; par Ga&#233;tan Breton et Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soins palliatifs du capitalisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Soins-palliatifs-du-capitalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Soins-palliatifs-du-capitalisme</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:28:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le syst&#232;me lib&#233;ral est sens&#233; r&#233;partir les revenus en fonction de l'apport individuel, dans un contexte de n&#233;gociations permanentes o&#249; chacun a l'information parfaite et conna&#238;t les alternatives qui existent. Effectivement, toutes les transactions se concluent au prix d'&#233;quilibre. Quel monde magnifique ! Cependant, pour la r&#233;alit&#233;, il y a l'imp&#244;t. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;den th&#233;orique, enfer sur Terre &lt;br class='autobr' /&gt;
Les conditions qui auraient men&#233; la suppos&#233;e &#233;conomie de march&#233; &#224; op&#233;rer une r&#233;partition correcte des revenus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton841.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;314&#034; height=&#034;400&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le syst&#232;me lib&#233;ral est sens&#233; r&#233;partir les revenus en fonction de l'apport individuel, dans un contexte de n&#233;gociations permanentes o&#249; chacun a l'information parfaite et conna&#238;t les alternatives qui existent. Effectivement, toutes les transactions se concluent au prix d'&#233;quilibre. Quel monde magnifique ! Cependant, pour la r&#233;alit&#233;, il y a l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;den th&#233;orique, enfer sur Terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conditions qui auraient men&#233; la suppos&#233;e &#233;conomie de march&#233; &#224; op&#233;rer une r&#233;partition correcte des revenus et &#224; assurer la mise en place de services collectifs accessibles n'ont jamais exist&#233;. M&#234;me l'&#233;conomie de march&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e n'a jamais exist&#233;, elle demeure un dogme qui ne survit que par sa r&#233;p&#233;tition incessante, un mythe. L'existence m&#234;me d'un syst&#232;me fiscal dans la grande majorit&#233; des pays constitue un aveu d'&#233;chec du syst&#232;me &#233;conomique &#224; r&#233;partir correctement la richesse. Or, n'en d&#233;plaise aux lucides de tout acabit, la r&#233;partition est au moins aussi importante que la cr&#233;ation. D'ailleurs, la mauvaise r&#233;partition pousse ces m&#234;mes id&#233;ologues &#224; proposer toujours plus de cr&#233;ation de richesse au d&#233;triment de l'environnement et de la qualit&#233; de vie, sans que le sort de ceux qui re&#231;oivent le moins n'en soit am&#233;lior&#233;. C'est une fausse piste dans laquelle on lance les citoyens angoiss&#233;s par la situation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, malgr&#233; l'accaparement toujours croissant de la richesse, une r&#233;partition minimale constitue un moyen pour les capitalistes de maintenir une certaine paix sociale. Le but n'est pas alors d'&#233;liminer les in&#233;galit&#233;s, mais de les g&#233;rer selon un mod&#232;le co&#251;t/b&#233;n&#233;fice qui tend &#224; limiter la ponction prise chez les riches quand le danger marginal d'un trop plein de pauvret&#233; diminue. Notons aussi que la classe moyenne b&#233;n&#233;ficie de la paix sociale r&#233;sultant de conditions de vie d&#233;centes, car elle n'a pas les moyens, comme les tr&#232;s riches &#201;tats-Uniens, par exemple, de vivre entour&#233;e de murs et de gardiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#233;conomique qui devait assurer une excellente r&#233;partition de la richesse cr&#233;e, dans les faits, des tr&#232;s riches et des tr&#232;s pauvres. Ainsi, quand l'&#233;conomie s'est mise &#224; produire en masse, l'oligarchie trouvait facilement des revenus mais l'industrie devait aussi trouver des d&#233;bouch&#233;s pour ses produits. Donc, la fiscalit&#233; traditionnelle qui servait &#224; assurer sur le dos des pauvres un niveau de vie somptueux pour une oligarchie limit&#233;e s'est retourn&#233;e et est devenue un moyen de r&#233;pandre le pouvoir d'achat, dont l'industrie avait besoin, dans de plus larges couches de la population. Ce pouvoir d'achat produisant toujours plus de richesses pour une classe dominante devenant ainsi encore plus riche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat organisateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233; servait aussi &#224; mettre en commun, pour les entrepreneurs, les fonds n&#233;cessaires &#224; &#233;tablir des infrastructures dont tous avaient besoin. Parmi ces &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; toutes les entreprises, on trouve le syst&#232;me d'&#233;ducation et le syst&#232;me de sant&#233;, par exemple, car la transformation du travail a n&#233;cessit&#233; une meilleure instruction d'une part, et les profits de l'entreprise et le produit int&#233;rieur brut (PIB) se ressentent positivement d'une augmentation du niveau de sant&#233; des populations d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la participation proportionnelle de chacun aux &#339;uvres collectives est pr&#233;vue dans la constitution : &lt;i&gt;Pour l'entretien de la force publique et pour les d&#233;penses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit &#234;tre &#233;galement r&#233;partie entre les citoyens en raison de leurs facult&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, l'&#339;uvre collective qui a vraiment fait d&#233;coller l'imp&#244;t sur le revenu est la guerre. Mais d'autres formes d'imp&#244;t existaient depuis la nuit des temps. Les imp&#244;ts pris par les seigneurs sur les censitaires, par le clerg&#233; sur les fid&#232;les, etc. Ces imp&#244;ts se calculaient sur la production de chacun consid&#233;r&#233; comme producteur ind&#233;pendant. Avec la prol&#233;tarisation massive des anciens artisans et fermiers, la production s'est mise &#224; appartenir au propri&#233;taire de l'usine, il fallait donc taxer ailleurs, c'est-&#224;-dire le revenu. En plus des infrastructures communes, l'&#201;tat s'est vu confier le soin du r&#233;servoir de main-d'&#339;uvre exc&#233;dentaire, essentiel au contr&#244;le des salaires. On ne peut pas laisser mourir ceux qui ne trouvent pas &#224; s'employer, non seulement parce que &#231;a ferait mauvais genre, mais parce que lorsque le besoin de main-d'&#339;uvre va augmenter, les salaires risquent d'atteindre des sommets si on n'a pas conserv&#233; une certaine quantit&#233; de ch&#244;meurs. De plus, le syst&#232;me en a besoin comme consommateurs, actuels et potentiels. L'imp&#244;t va donc servir aussi &#224; cela.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La manipulation du citoyen&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233; est simplement l'expression d'un contrat social. Elle est souvent pr&#233;sent&#233;e comme un combat entre l'&#201;tat et les citoyens. En r&#233;pandant une telle id&#233;ologie, on dresse le citoyen contre le principe de l'imp&#244;t. On lui montre ce qu'il paie et non ce qu'il re&#231;oit. On angoisse la population en lui laissant entendre qu'on ne pourra plus payer les soins de sant&#233; et les pensions. On comprend que le citoyen soit de plus en plus r&#233;ticent &#224; payer des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie quotidienne, on confond all&#232;grement l'&#233;tablissement de l'assiette fiscale et les principes de r&#233;partition de son contenu avec les d&#233;tails techniques des diff&#233;rents articles de la loi. Plusieurs mythes ont ainsi &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, au cours des ann&#233;es, pour &#233;loigner les citoyens des discussions sur ce sujet de premi&#232;re importance citoyenne qu'est la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1- La fiscalit&#233; : c'est technique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233; qui int&#233;resse les citoyens n'est pas technique du tout, elle est politique. C'est le syst&#232;me qu'une soci&#233;t&#233; se donne pour r&#233;partir la richesse que le syst&#232;me &#233;conomique n'arrive pas &#224; redistribuer avec un minimum de justice sociale. Donc, si nous faisons table rase de toutes les entourloupettes qui ne servent qu'&#224; &#233;viter aux mieux nantis de payer leur part, les principes sont tr&#232;s simples. De plus, il faudrait rendre la pratique aussi simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, il y a deux fa&#231;ons de r&#233;partir la richesse. La premi&#232;re consiste &#224; augmenter le r&#244;le de l'&#201;tat et &#224; s'en servir pour soit donner directement de l'argent aux citoyens par le revenu de citoyennet&#233;, le revenu minimum garanti, ou d'autres formules moins bonnes comme l'aide sociale, soit par le financement plus ou moins complet de tous les services publics. L'autre m&#233;thode consiste &#224; r&#233;duire l'&#201;tat et &#224; compter sur la charit&#233; des riches pour subvenir aux besoins des plus pauvres. La base est l&#224;, le reste est une question de formules de r&#233;partition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2- Assurer l'&#233;galit&#233; des chances&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique lib&#233;rale se doit d'assurer une certaine &#233;galit&#233; des chances. Il y a plusieurs fa&#231;ons de le faire. D'abord, en assurant des soins de sant&#233; gratuits et une &#233;ducation gratuite. Pour ce faire, on pourrait pr&#233;lever des droits sur les successions au-del&#224; de certains niveaux. Une chose est certaine, dans notre soci&#233;t&#233; sans droits de succession et o&#249; la gratuit&#233; des services est f&#233;rocement combattue par la classe au pouvoir, l'&#233;galit&#233; des chances est de plus en plus compromise, voire &#233;limin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3- Baisser les imp&#244;ts &#8211; &#233;liminer les services publics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui poss&#232;dent le pouvoir &#233;conomique ont commenc&#233; une guerre sans merci contre les services publics. Pour ce faire, on fait r&#233;gner la terreur dans la population : terreur de perdre son emploi si les riches sont trop tax&#233;s, terreur que les services de base soient compromis, terreur que la baisse d&#233;mographique fasse chuter les revenus, terreur que les caisses soient vides au moment de payer les pensions, terreur de la dette, etc. &#192; ce niveau, le &lt;i&gt;Manifeste des lucides&lt;/i&gt; appara&#238;t comme un des textes les plus terroristes qu'on ait eus au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4- Pauvres riches !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un autre des mythes fiscaux est l'id&#233;e que les hauts revenus sont tellement peu nombreux dans ce pays de m&#233;diocres que le fait de les taxer ne rapporterait que peu mais les ferait fuir et nous laisserait seuls avec notre m&#233;diocrit&#233;. Fuite des cerveaux, fuite des investissements et, r&#233;sultat in&#233;luctable, fuite de la prosp&#233;rit&#233;, puisque nous qui resterons n'avons ni cerveau ni capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, 40 % des contribuables d&#233;clarent 11 % des revenus, soit un revenu moyen net de 7 470 $ pendant que, &#224; l'autre bout, 9 % des contribuables d&#233;clarent 31 % des revenus avec un revenu net moyen de 82 000 $. Si on fait seulement un petit exercice de r&#233;partition, sans toucher &#224; autre chose, on peut changer sensiblement la situation. Imaginons qu'on envoie un ch&#232;que de 15 000 $ &#224; chaque citoyen, on double la proportion du revenu que re&#231;oivent les plus pauvres, mais leur revenu net moyen monte &#224; 17 000 $, alors qu'on augmente graduellement les pr&#233;l&#232;vements chez les autres cat&#233;gories pour financer cette mesure. Les plus riches se retrouvent alors avec encore 24 % de la richesse et un revenu net moyen tournant autour de 55 000 $. Il existe tout un ensemble de moyens pour r&#233;partir la richesse beaucoup mieux que nous ne le faisons pr&#233;sentement. Il est totalement faux de pr&#233;tendre que c'est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas de capitalisme sans imp&#244;ts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'ils passent leur temps &#224; s'en plaindre, les capitalistes ont tellement d&#233;form&#233; les principes de l'&#233;conomie lib&#233;rale que leur syst&#232;me ne pourrait pas fonctionner sans imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien, en ce moment, les limites d'un syst&#232;me qui veut toujours produire plus, tout en coupant les revenus de ses consommateurs potentiels. L'endettement massif dans lequel se retrouvent les m&#233;nages des pays de l'OCDE montre que le syst&#232;me a tent&#233; de revoir les principes de base de la r&#233;partition et de s'accaparer la plus grande part possible des b&#233;n&#233;fices de la technologie. Son syst&#232;me lui &#233;clate au nez. &#192; d&#233;faut d'une r&#233;partition juste de la richesse op&#233;r&#233;e par le syst&#232;me &#233;conomique, ce dernier se maintient par le recours &#224; une fiscalit&#233; qu'il d&#233;crie comme lui &#233;tant impos&#233;e, mais qui demeure l'huile essentielle pour faire fonctionner ses rouages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Outil d'une meilleure justice sociale</title>
		<link>https://www.ababord.org/Outil-d-une-meilleure-justice</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Outil-d-une-meilleure-justice</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:25:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;lisabeth Gibeau</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Gibeau, &#201;lisabeth</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fiscalit&#233; est l'instrument privil&#233;gi&#233; pour parvenir &#224; une plus grande justice sociale. Tout d&#233;pend cependant de la fa&#231;on dont on l'utilise, car les choix fiscaux des gouvernements ont des effets bien r&#233;els sur la vie des gens. Prenons l'exemple suivant : Mme C. va rencontrer la conseill&#232;re budg&#233;taire d'une Association coop&#233;rative d'&#233;conomie familiale (ACEF), car elle voudrait que ses prestations de Soutien aux enfants du Qu&#233;bec augmentent puisque son revenu a diminu&#233; (elle est au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gibeau-Elisabeth-+" rel="tag"&gt;Gibeau, &#201;lisabeth&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La fiscalit&#233; est l'instrument privil&#233;gi&#233; pour parvenir &#224; une plus grande justice sociale. Tout d&#233;pend cependant de la fa&#231;on dont on l'utilise, car les choix fiscaux des gouvernements ont des effets bien r&#233;els sur la vie des gens. Prenons l'exemple suivant : Mme C. va rencontrer la conseill&#232;re budg&#233;taire d'une Association coop&#233;rative d'&#233;conomie familiale (ACEF), car elle voudrait que ses prestations de Soutien aux enfants du Qu&#233;bec augmentent puisque son revenu a diminu&#233; (elle est au ch&#244;mage). Impossible : cette allocation est une mesure fiscale dont le montant d'aide est calcul&#233; &#224; partir du revenu de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, d'o&#249; le possible d&#233;calage entre les besoins et l'aide consentie. C'est la fiscalit&#233; &#171; en action &#187; qui est ainsi v&#233;cue au quotidien par les gens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est inqui&#233;tant de constater la tendance des gouvernements &#224; privil&#233;gier les d&#233;penses fiscales au d&#233;triment des programmes sociaux. En effet, l'aide semble de plus en plus prendre la forme de cr&#233;dits d'imp&#244;ts de toutes sortes : pour la participation des enfants &#224; des activit&#233;s physiques, pour les frais de garde, pour les cartes mensuelles de transport en commun&#8230; Dans ce dernier exemple, les gouvernements font le choix d'aider les m&#233;nages qui ach&#232;tent des titres mensuels alors que, faute de financement ad&#233;quat, les soci&#233;t&#233;s de transports doivent hausser leurs tarifs. Comme il s'agit de cr&#233;dits d'imp&#244;ts non remboursables, les personnes dont les revenus sont trop bas pour payer de l'imp&#244;t (elles sont pr&#232;s de 40 % !) ne profitent pas de ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette &#171; fiscalisation &#187; des mesures sociales, nos gouvernements se privent volontairement d'une partie de leurs revenus et ont donc beau jeu de laisser croire qu'ils n'ont plus les moyens d'investir dans des programmes qui am&#233;liorent les conditions de vie et contribuent &#224; la justice sociale. Selon le Conseil de la famille et de l'enfance, il s'agit de 19 milliards de dollars dont le gouvernement qu&#233;b&#233;cois s'est priv&#233; en 2007 &#224; cause de 287 d&#233;penses fiscales. Vaut-il mieux que les m&#233;nages de la classe moyenne re&#231;oivent individuellement 50 $ de cr&#233;dit d'imp&#244;ts pour le transport en commun ou investir les sommes &#233;quivalentes pour am&#233;liorer et maintenir l'accessibilit&#233; du transport en commun ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es d'action et d'&#233;ducation en mati&#232;re de finances personnelles et d'endettement des m&#233;nages confirment que les orientations fiscales peuvent aussi bien refl&#233;ter nos valeurs que s'en &#233;loigner&#8230; Les difficult&#233;s financi&#232;res v&#233;cues par certaines tranches de la population am&#232;nent ainsi &#224; revendiquer que l'imp&#244;t sur le revenu constitue la base du r&#233;gime fiscal et que, cons&#233;quemment, les taxes &#224; la consommation soient abolies sur les biens et services essentiels (&#233;lectricit&#233;, combustibles de chauffage, v&#234;tements d'enfants, mat&#233;riel scolaire, produits de sant&#233;&#8230;). Des ann&#233;es d'analyse des budgets gouvernementaux font aussi souhaiter un retour &#224; plus de paliers d'imposition : au provincial, les trois paliers actuels imposent une charge fiscale d&#233;mesur&#233;e pour les m&#233;nages de la classe moyenne tout en n'exigeant pas assez des m&#233;nages nantis (impos&#233;s &#224; 24 % qu'ils gagnent 75 000 $ ou 250 000 $). Il faudrait en outre que cesse l'&#233;vasion fiscale afin que les charges aux entreprises soient per&#231;ues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233; rel&#232;ve de choix &#233;minemment politiques et refl&#232;te nos valeurs. Il s'agit en fait de l'un des principaux outils s'offant &#224; l'&#201;tat pour qu'il joue son r&#244;le fondamental : aplanir les in&#233;galit&#233;s afin d'assurer le mieux-&#234;tre et la s&#233;curit&#233; de la collectivit&#233;. De tout temps, des contributions en nature et en esp&#232;ces ont &#233;t&#233; exig&#233;es en contrepartie de certains services : c'est gr&#226;ce aux contributions de chacun d'entre nous si nous profitons aujourd'hui non seulement de routes et d'une eau potable, mais aussi d'un syst&#232;me d'&#233;ducation et de sant&#233; (malheureusement de moins en moins) gratuit et universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions pu faire le choix de laisser les individus se d&#233;brouiller, comme aux &#201;tats-Unis, avec des primes d'assurance sant&#233; priv&#233;es de 12 000 $ par ann&#233;e. Nous avons plut&#244;t opt&#233; pour un syst&#232;me fiscal qui redistribue la richesse en tissant un large filet social. Il est de notre devoir de prot&#233;ger et d'am&#233;liorer ce syst&#232;me, si nous y croyons encore. Le &#171; fardeau fiscal &#187; est une expression invent&#233;e par ceux qui veulent mettre la main sur des march&#233;s lucratifs en tentant de convaincre la population qu'ils paient trop d'imp&#244;ts alors qu'ils d&#233;bourseraient davantage s'ils devaient assumer eux-m&#234;mes le co&#251;t de leur &#233;ducation ou de leurs soins de sant&#233; aux tarifs du priv&#233;. R&#233;fl&#233;chissons &#224; cette obsession des baisses d'imp&#244;ts comme le rem&#232;de &#224; tous les maux en citant Lord Dewar : &#171; &lt;i&gt;Il y a une chose pire que de payer l'imp&#244;t sur le revenu, c'est de ne pas en payer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;lisabeth Gibeau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyste, politiques sociales et fiscales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union des consommateurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;gibeau AROBAS consommateur POINT qc POINT ca&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Monter vers le bas</title>
		<link>https://www.ababord.org/Monter-vers-le-bas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Monter-vers-le-bas</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:23:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robin Couture</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Couture, Robin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2003, dans un carrefour de savoirs, des personnes en situation de pauvret&#233; ont compar&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un palier d'o&#249; partiraient un escalier roulant qui monte et un escalier roulant qui descend. &#171; Vivre la pauvret&#233;, ont-elles dit, c'est comme monter un escalier roulant qui descend ; au lieu de vous acharner &#224; nous faire monter des escaliers roulants qui descendent, occupez-vous donc des escaliers ! &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; La fiscalit&#233; est un outil collectif de choix pour agir sur les escaliers. Elle peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couture-Robin-+" rel="tag"&gt;Couture, Robin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2003, dans un carrefour de savoirs, des personnes en situation de pauvret&#233; ont compar&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un palier d'o&#249; partiraient un escalier roulant qui monte et un escalier roulant qui descend. &#171; &lt;i&gt;Vivre la pauvret&#233;&lt;/i&gt;, ont-elles dit, &lt;i&gt;c'est comme monter un escalier roulant qui descend ; au lieu de vous acharner &#224; nous faire monter des escaliers roulants qui descendent, occupez-vous donc des escaliers !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fiscalit&#233; est un outil collectif de choix pour agir sur les escaliers. Elle peut avoir des impacts importants sur les conditions de vie des personnes en situation de pauvret&#233;. Et pourtant, depuis l'an 2000, elle a contribu&#233; &#224; l'agrandissement des &#233;carts entre riches et pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des d&#233;cisions&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral a lanc&#233; le bal au milieu des ann&#233;es 90 en diminuant ses transferts aux provinces en mati&#232;re de sant&#233; et de programmes sociaux. Les imp&#233;ratifs de l'&#233;quilibre budg&#233;taire et du d&#233;ficit z&#233;ro contraignaient les finances publiques : les coupes ont &#233;t&#233; nombreuses &#224; l'aide sociale ainsi qu'&#224; la recherche et au maintien en emploi. Au tournant des ann&#233;es 2000, les baisses d'imp&#244;ts successives des budgets de Bernard Landry et de Pauline Marois ont priv&#233; l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois de pr&#232;s de 3,8 milliards de dollars r&#233;currents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187; de l'&#201;tat que Jean Charest a impos&#233;e, d&#232;s son &#233;lection en 2003, impliquait un recentrage de ses missions sur la sant&#233;, l'&#233;ducation et la famille. Le ministre Yves S&#233;guin a d&#233;pos&#233; un budget un peu &#224; contre-courant de cette orientation en 2004 : cr&#233;dits d'imp&#244;ts remboursables, mesures pour les familles et l&#233;g&#232;re augmentation des imp&#244;ts des compagnies. Cependant, Michel Audet a neutralis&#233; son potentiel en 2005 et 2006 en se tournant vers les &#171; classes moyennes &#187; et en favorisant la hausse des tarifs. La table &#233;tait mise, avec l'obsession de la dette et les interventions des &lt;i&gt;Lucides&lt;/i&gt;, pour la gestion &#171; prudente &#187; et &#171; rigoureuse &#187; de Monique J&#233;r&#244;me-Forget. Les sommes du r&#232;glement du d&#233;s&#233;quilibre fiscal en provenance du f&#233;d&#233;ral, de 2 milliards de dollars, ont &#233;t&#233; consenties en baisses d'imp&#244;ts pour les particuliers et les entreprises, donc hors du collimateur public. L'an dernier, Ottawa a abandonn&#233; un point de taxation sur la TPS et le ministre f&#233;d&#233;ral des Finances, Jim Flaherty, a promis de faramineuses baisses d'imp&#244;ts de 60 milliards de dollars sur cinq ans afin de r&#233;&#233;quilibrer les surplus accumul&#233;s &#224; m&#234;me les compressions des programmes et services publics. Ces r&#233;ductions auront des cons&#233;quences certaines sur les populations canadienne et qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; qui ont des impacts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Seulement depuis l'an 2000, l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois s'est volontairement d&#233;pouill&#233; d'au moins 5,8 milliards de dollars annuellement. Ce manque &#224; gagner a &#233;videmment des impacts directs sur les services et les transferts. L'ensemble des d&#233;cisions fiscales et budg&#233;taires &#8211; donc politiques &#8211; des diff&#233;rents gouvernements a permis aux personnes et aux familles les plus riches de voir leur revenu augmenter davantage que le revenu de celles en situation de pauvret&#233;. Par exemple, entre 2003 et 2008, les personnes &#171; jug&#233;es &#187; sans contrainte s&#233;v&#232;re &#224; l'emploi ont subi une perte de leur revenu disponible de 4,9 % en dollars constants, en raison de l'indexation partielle de leur prestation. Durant la m&#234;me p&#233;riode, la charge fiscale des m&#233;nages les plus riches a continu&#233; de diminuer et leur revenu priv&#233; a grimp&#233; en fl&#232;che. Les m&#233;canismes de solidarit&#233; sociale ont &#233;t&#233; d&#233;r&#233;gl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si des mesures telles que le Soutien aux enfants et la Prime au travail ont favoris&#233; certains groupes parmi les plus pauvres, notamment les familles monoparentales, au total, les &#233;carts se creusent. Ce ph&#233;nom&#232;ne, reconnu autant par de grandes organisations internationales que par des fiscalistes qu&#233;b&#233;cois, n'est pas en voie de s'arr&#234;ter. Ainsi, le retrait gouvernemental de certains champs d'activit&#233; entra&#238;ne une plus grande contribution des citoyennes, qui font les frais des hausses continues des tarifs, surtout de transport et d'&#233;nergie. La hausse de 13 % des tarifs d'&#233;lectricit&#233; entre 2004 et 2006 n'a pas eu la m&#234;me incidence sur les m&#233;nages en haut de l'&#233;chelle que sur ceux en bas de l'&#233;chelle, qui y accordent une part plus importante de leur revenu total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accroissement des &#233;carts entre riches et pauvres est survenu pendant des ann&#233;es de croissance &#233;conomique soutenue et de cr&#233;ation d'emplois. La preuve est ainsi faite : l'argument qui lie cr&#233;ation de la richesse et lutte &#224; la pauvret&#233; est trompeur. Depuis 10 ans, les escaliers ont roul&#233; plus vite, les &#233;carts se sont accrus et les d&#233;nis de justice et de droit se sont poursuivis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau pacte social et fiscal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Collectif pour un Qu&#233;bec sans pauvret&#233; propose depuis plusieurs ann&#233;es un nouveau pacte social et fiscal, afin d'assurer &#224; toutes et tous la r&#233;alisation du droit &#224; une vie digne et &#224; une juste r&#233;mun&#233;ration du travail, comme stipul&#233; entre autres dans le Pacte international sur les droits &#233;conomiques sociaux et culturels (PIDESC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pacte repose sur une appr&#233;ciation de deux rep&#232;res : un rep&#232;re de sortie de la pauvret&#233; (1) et un niveau de couverture des besoins essentiels (2). Ensuite se posent les choix de r&#233;partition de la richesse collective en faveur de la protection des droits humains. Il est n&#233;cessaire de garantir &#224; toute personne un niveau de revenu permettant de couvrir les besoins essentiels. Avant l'atteinte de ce seuil, l'&#201;tat doit lui assurer un revenu ou combler le manque &#224; gagner par une prestation publique (3). Au-dessus de ce seuil, il devrait ajouter un certain soutien au revenu gagn&#233;, tant que le seuil de sortie de la pauvret&#233; n'est pas atteint (4), sans pr&#233;l&#232;vement d'imp&#244;ts. Parall&#232;lement, il est imp&#233;ratif de fixer le salaire minimum pour qu'il permette &#224; toute personne qui travaille &#224; plein temps de d&#233;passer le seuil de pauvret&#233; (5). Finalement, au-dessus du seuil de pauvret&#233;, on devrait commencer &#224; payer de l'imp&#244;t, et en payer une proportion de plus en plus grande de son revenu &#224; mesure qu'il augmente (6).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une solidarit&#233; sociale exemplaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si, depuis 2000 et m&#234;me avant, la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise a entretenu des m&#233;canismes qui cr&#233;ent des perdantes et des gagnantes, elle demeure un outil collectif &#224; privil&#233;gier pour s'occuper des escaliers roulants. Son utilisation n&#233;cessite de forcer les gouvernements &#224; adopter et, &#224; mettre en &#339;uvre des politiques fiscales coh&#233;rentes, progressives et audacieuses afin de stopper les &#233;carts, les reculs et les injustices. Le temps est revenu, en partie en raison de la crise &#233;conomique qui frappe, de forger une solidarit&#233; fiscale exemplaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Robin Couture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif pour un Qu&#233;bec sans pauvret&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Taxes r&#233;gressives et frais aux usagers</title>
		<link>https://www.ababord.org/Taxes-regressives-et-frais-aux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Taxes-regressives-et-frais-aux</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:22:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'imp&#244;t progressif sur le revenu est sans doute l'une des meilleures fa&#231;ons que l'on ait trouv&#233; pour r&#233;partir &#233;quitablement la richesse. Selon son principe, plus on gagne, plus la contribution &#224; l'imp&#244;t est proportionnellement &#233;lev&#233;e. Ce qui n'emp&#234;che pas, bien s&#251;r, les riches de rester riches. Malheureusement, au cours de ces 30 derni&#232;res ann&#233;es, l'establishment a r&#233;solu, sans d&#233;bat public, de changer ce r&#233;gime fiscal pour privil&#233;gier les taxes &#224; la consommation et l'augmentation des frais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton838.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;742&#034; height=&#034;449&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'imp&#244;t progressif sur le revenu est sans doute l'une des meilleures fa&#231;ons que l'on ait trouv&#233; pour r&#233;partir &#233;quitablement la richesse. Selon son principe, plus on gagne, plus la contribution &#224; l'imp&#244;t est proportionnellement &#233;lev&#233;e. Ce qui n'emp&#234;che pas, bien s&#251;r, les riches de rester riches. Malheureusement, au cours de ces 30 derni&#232;res ann&#233;es, l'establishment a r&#233;solu, sans d&#233;bat public, de changer ce r&#233;gime fiscal pour privil&#233;gier les taxes &#224; la consommation et l'augmentation des frais aux usagers, qui ne tiennent pas compte des moyens de payer. La transformation est injuste : d&#233;sormais, les pauvres et la classe moyenne paieront davantage, et les riches, beaucoup moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand les boutefeux de l'ultralib&#233;ralisme s'en prennent aux &#171; taxes &#187;, pr&#233;tendument plus &#233;lev&#233;es au Canada qu'ailleurs dans le G7&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui est faux d'apr&#232;s des &#233;tudes du cabinet de fiscalit&#233; KPMG.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils font rarement la distinction entre les imp&#244;ts sur le revenu et les taxes r&#233;gressives &#8211; TVQ et TPS. Les premiers sont encore quelque peu progressifs, &#233;tant cotis&#233;s selon trois paliers de revenus. Par contre, les taxes sur les biens et les services frappent chaque individu au m&#234;me taux unique, sans &#233;gard &#224; ses revenus. De sorte que le sans-abri paie la TVQ au m&#234;me taux que Paul Desmarais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que les frais aux usagers, qu'exigent les gouvernements et les instances publiques, sont aussi r&#233;gressifs. Ces tarifs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus &#233;lev&#233;s. Mentionnons entre autres ceux d'Hydro-Qu&#233;bec, les frais de scolarit&#233;, du transport en commun, de la poste et d'enregistrement, les droits de douane, les frais des garderies de la petite enfance, les frais m&#233;dicaux non couverts par l'assurance maladie, les primes d'assurance automobile, etc. Au d&#233;but de d&#233;cembre 2008, nous apprenons qu'Hydro-Qu&#233;bec veut encore hausser ses tarifs. Depuis 2004, ses hausses s'&#233;l&#232;vent &#224; 19,4 %.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;dale douce sur les coupures d'imp&#244;ts ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'&#224; l'instar des banques de Wall Street, les banques canadiennes et autres investisseurs institutionnels ont indiqu&#233; leur intention de se faire rembourser par Ottawa les pertes subies &#224; cause de leurs mauvais investissements, les porte-parole du monde des affaires mettent la p&#233;dale douce aux demandes de coupures d'imp&#244;ts, car il faudra bien que les contribuables fournissent le prix de ces cadeaux aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que les Lucides et leurs &#233;mules mettent en sourdine la campagne contre les imp&#244;ts, des politiciens, des chroniqueurs et journalistes des pages des affaires, des &#233;conomistes de service, par inconscience ou par ignorance, pr&#244;nent la hausse des taxes r&#233;gressives et des tarifs aux usagers. Quelques exemples : le Rapport Montmarquette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Montmarquette et Joseph Facal, Mieux tarifer pour mieux vivre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui pr&#233;tend que nous baignons en pleine culture de la gratuit&#233; ; Pauline Marois qui trouve &#171; int&#233;ressante &#187; l'id&#233;e d'augmenter la TVQ pour profiter de la r&#233;duction de la TPS par le ministre f&#233;d&#233;ral des Finances ; et le pr&#233;sident de l'Association des jeunes m&#233;decins du Qu&#233;bec, Fran&#231;ois-Pierre Gladu, qui propose l'augmentation de la TVQ et des frais aux usagers afin de financer le remboursement acc&#233;l&#233;r&#233; de la dette publique du Qu&#233;bec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour l&#233;guer un avenir prometteur &#187;, Le Devoir, 15 novembre 2008.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, m&#234;me si celle-ci n'a rien de catastrophique, se situant dans la moyenne du G8 par rapport au PIB. En 2007, les &#233;conomistes Jean-Louis Garon et Alain Therrien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;dateur et imposteur : La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont exprim&#233; leur admiration &#224; l'&#233;gard de Brian Mulroney pour avoir eu le &#171; courage &#187; d'imposer la TPS aux Canadiens. Et, comble de z&#232;le ultralib&#233;ral, le gouvernement du Nouveau-Brunswick propose de remplacer les quelques paliers des imp&#244;ts par un taux unique &#8211; et compenser le manque &#224; gagner qui en r&#233;sulterait en augmentant de 2 % la taxe de vente provinciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les gouvernements f&#233;d&#233;raux et provinciaux ont diminu&#233; de fa&#231;on marqu&#233;e la progressivit&#233; des imp&#244;ts. Selon une &#233;tude de la Chaire d'&#233;tudes socio&#233;conomiques de l'UQAM, &#171; &lt;i&gt;alors qu'un contribuable d&#233;clarant une r&#233;mun&#233;ration annuelle de 100 000 $ consacrait &#224; l'imp&#244;t sur le revenu une part de ses revenus sup&#233;rieure de 30 % &#224; celui gagnant 50 000 $, cette diff&#233;rence entre les deux diminuait &#224; 9 % lorsque l'on tenait compte de l'ensemble des taxes. Force est de constater qu'&#224; partir d'un revenu annuel de 50 000 $, la progressivit&#233; de l'ensemble du r&#233;gime fiscal qu&#233;b&#233;cois s'&#233;vapore&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gino Lambert, Sylvain Charron et Jean-Eddy P&#233;an, Le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette progressivit&#233; est d'autant plus r&#233;duite que les diverses augmentations de tarif d&#233;cr&#233;t&#233;es par les gouvernements p&#233;quistes et lib&#233;raux p&#233;nalisent les plus d&#233;favoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique, pour ainsi dire, de la vulgate n&#233;olib&#233;rale qui sous-tend l'argumentaire en faveur des taxes r&#233;gressives et des frais aux usagers est que le gros de la recette fiscale ne devrait pas venir de ceux qui investissent et cr&#233;ent la richesse et les emplois. Malheureusement, depuis le milieu des ann&#233;es 1980, les riches et les entreprises importantes investissent tr&#232;s peu dans l'&#233;conomie r&#233;elle, se servant des sommes non pay&#233;es en imp&#244;ts pour racheter des entreprises d&#233;j&#224; existantes, pour sp&#233;culer sur les taux de change et d'int&#233;r&#234;ts, quand ce n'est pas pour simplement virer des fortunes dans les paradis fiscaux. Une des motivations du monde des affaires pour inciter les gouvernements &#224; multiplier et &#224; augmenter les frais aux usagers des services publics est de discr&#233;diter le secteur public afin de faciliter les privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, Ottawa a l&#233;g&#232;rement rabaiss&#233; le taux de la TPS, m&#234;me si cette baisse &#233;tait le fait du gouvernement ultralib&#233;ral de Stephen Harper, de nombreux r&#233;dacteurs et chroniqueurs ont trouv&#233; &#224; redire, citant des &#233;conomistes selon qui un tel ajustement n'est pas &#171; efficace &#187;. Comme si l'argument d'autorit&#233; suffit, sans tenir compte du fait que les &#233;conomistes &#224; la solde des banques et de Bay Street ne sont pas n&#233;cessairement qualifi&#233;s pour &#233;valuer des questions de justice sociale, ni m&#234;me de l'efficacit&#233; au plan social et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Adam Smith oubli&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;olib&#233;raux, qui favorisent la fiscalit&#233; r&#233;gressive, aiment invoquer Adam Smith &#224; l'appui de leurs th&#232;ses libre-&#233;changistes et en faveur du march&#233; libre. Par ailleurs, ils passent sous silence ce qu'il a &#233;crit sur les taxes et les moyens de payer : &#171; &lt;i&gt;Les sujets de tout &#201;tat devraient contribuer au soutien du gouvernement, autant que possible en proportion de leurs capacit&#233;s respectives, c'est-&#224;-dire, en proportion du revenu dont ils jouissent respectivement sous sa protection&#8230; L'observation de cette maxime constitue ce qu'on appelle l'&#233;galit&#233; ou l'in&#233;galit&#233; de l'imposition.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adam Smith, Enqu&#234;te sur la nature et les causes de la richesse des Nations, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette maxime &#233;tait consacr&#233;e en 1789 &#224; l'article 13 de la &lt;i&gt;D&#233;claration des droits de l'Homme et du Citoyen&lt;/i&gt;, adopt&#233;e &#224; la suite de la R&#233;volution fran&#231;aise. Son principe subsiste aujourd'hui sous le vocable de justice fiscale verticale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vertical equity : Vern Krishna, The Fundamentals of Canadian Income Tax, p. 12.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui signifie que les imp&#244;ts qu'un contribuable paie doit tenir compte de son niveau dans l'&#233;chelle des revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 30 derni&#232;res ann&#233;es ont vu des tr&#232;s riches, surtout du secteur des finances, s'enrichir davantage aux d&#233;pens de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, au fil des bulles sp&#233;culatives qui ont men&#233; &#224; la crevaison de la derni&#232;re bulle, d&#233;coulant des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;. Dans un tel contexte, il est d&#233;plorable de voir les &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; de la droite affairiste persister dans leurs d&#233;marches en vue de faire payer les pauvres et ce qui reste de la classe moyenne, dont les revenus stagnent ou baissent depuis les ann&#233;es 80. D'apr&#232;s Statistique Canada, en 1985 le revenu moyen au Canada &#233;tait de 30 000$. En 2008, en dollars constants, il est de 30 033 $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si d'une part les Montmarquette et autres favorisent les taxes r&#233;gressives malgr&#233; la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s, le tsunami financier qui frappe le G20 depuis ao&#251;t 2007 a incit&#233; le premier ministre britannique, Gordon Brown, &#224; inclure dans son projet de sauvetage de l'&#233;conomie de son pays une baisse de 2,5 % de la TVA &#8211; l'&#233;quivalent de la TPS. Cette mesure va-t-elle se propager dans les pays affect&#233;s par l'actuelle r&#233;cession ? On ose l'esp&#233;rer, quoique le projet au Nouveau-Brunswick d'un imp&#244;t &#224; taux unique n'est pas encourageant. Par ailleurs, une v&#233;ritable r&#233;forme fiscale et sociale &#233;liminerait carr&#233;ment les taxes r&#233;gressives et mettrait fin &#224; la multiplication et hausses des frais aux usagers, tickets mod&#233;rateurs et autres impositions r&#233;gressives. Pour compenser, on r&#233;tablirait un r&#233;gime d'imp&#244;ts sur le revenu v&#233;ritablement progressif, avec plus de paliers, des taux &#233;lev&#233;s applicables aux riches, tout en &#233;liminant les abris et les paradis fiscaux, ainsi que les &#233;chappatoires et avantages qui profitent aux contribuables ais&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui est faux d'apr&#232;s des &#233;tudes du cabinet de fiscalit&#233; KPMG.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Montmarquette et Joseph Facal, &lt;i&gt;Mieux tarifer pour mieux vivre ensemble : Rapport du groupe de travail sur la tarification des services publics&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pour l&#233;guer un avenir prometteur &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 15 novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le pr&#233;dateur et imposteur : La politique &#233;conomique selon Jean Chr&#233;tien et Paul Martin&lt;/i&gt;, &#201;ditions Michel Brul&#233;, Montr&#233;al, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gino Lambert, Sylvain Charron et Jean-Eddy P&#233;an, &lt;i&gt;Le syst&#232;me fiscal qu&#233;b&#233;cois est-il vraiment progressiste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adam Smith, &lt;i&gt;Enqu&#234;te sur la nature et les causes de la richesse des Nations&lt;/i&gt;, Livre 5, Presses universitaires de France, Paris, 1995 (publi&#233; en anglais en 1776), p. 929.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vertical equity&lt;/i&gt; : Vern Krishna, &lt;i&gt;The Fundamentals of Canadian Income Tax&lt;/i&gt;, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Raymond Favreau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juriste et membre fondateur du R&#233;seau mondial justice fiscale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une fiscalit&#233; internationale</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-une-fiscalite-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Pour-une-fiscalite-internationale</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:20:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que les &#233;changes commerciaux et les transactions financi&#232;res se font dans un espace gigantesque et se jouent des fronti&#232;res, la fiscalit&#233; reste &#233;troitement coinc&#233;e. Les gouvernements ne per&#231;oivent presque rien des immenses mouvements de capitaux qui enrichissent une part tr&#232;s limit&#233;e de citoyens &#224; travers le monde. Pendant ce temps, les &#233;carts entre les riches et les pauvres s'accroissent &#224; n'en plus finir, alors que la concurrence fiscale emp&#234;che les &#201;tats de mettre en place des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton837.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;494&#034; height=&#034;452&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les &#233;changes commerciaux et les transactions financi&#232;res se font dans un espace gigantesque et se jouent des fronti&#232;res, la fiscalit&#233; reste &#233;troitement coinc&#233;e. Les gouvernements ne per&#231;oivent presque rien des immenses mouvements de capitaux qui enrichissent une part tr&#232;s limit&#233;e de citoyens &#224; travers le monde. Pendant ce temps, les &#233;carts entre les riches et les pauvres s'accroissent &#224; n'en plus finir, alors que la concurrence fiscale emp&#234;che les &#201;tats de mettre en place des m&#233;canismes audacieux de redistribution de la richesse. &#192; l'&#232;re d'une mondialisation impitoyable pour les pauvres, il devient plus important que jamais de mettre en place des taxes internationales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les taxes globales permettraient de r&#233;soudre certains probl&#232;mes reli&#233;s &#224; la fiscalit&#233; caus&#233;s par l'internationalisation massive des &#233;changes commerciaux. Ces taxes toucheraient une part de l'&#233;conomie qui &#233;chappe aux pr&#233;l&#232;vements et qui atteint des dimensions insoup&#231;onn&#233;es. L'&#233;conomie financi&#232;re accapare en effet 85 % des march&#233;s, alors que les capitaux circulent avec une aisance d&#233;concertante dans un univers d&#233;r&#233;glement&#233;. Percevoir par des taxes ne serait-ce qu'une proportion minime de ces flux d'argent permettrait de soutirer des revenus consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la mise en place de taxes globales contribuerait &#224; diminuer grandement la concurrence fiscale entre les &#201;tats. Cette concurrence est particuli&#232;rement dommageable pour la majorit&#233; des travailleurs et des travailleuses qui paient une proportion toujours plus &#233;lev&#233;e d'imp&#244;ts alors que la contribution des grandes entreprises &#224; l'assiette fiscale diminue r&#233;guli&#232;rement. Dans un parcours en spirale vers le bas, certains &#201;tats diminuent les imp&#244;ts des entreprises pour les attirer sur leur territoire, mesure imm&#233;diatement fragilis&#233;e &#224; partir du moment o&#249; d'autres &#201;tats offriront des baisses d'imp&#244;ts encore plus significatives. Si bien que, si cette logique se poursuit, on pourrait pr&#233;voir le jour o&#249; les entreprises ne paieront plus d'imp&#244;ts, ainsi que le craignait la Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres (CISL, devenue depuis la CSI), dans un document choc &#224; ce sujet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le beurre et l'argent du beurre, comment les multinationales &#233;chappent &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taxes globales pourraient permettre d'&#233;manciper la fiscalit&#233; des fronti&#232;res des nations, de percevoir l'argent l&#224; o&#249; il se trouve, se multipliant &#224; qui mieux mieux dans des transactions financi&#232;res comptabilis&#233;es gr&#226;ce aux bienfaits de l'informatique, ou encore, cach&#233; dans les paradis fiscaux, mais expos&#233; fi&#232;rement lorsqu'il s'agit de faire part des profits de l'entreprise aux actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De nombreux mod&#232;les&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier mod&#232;le de taxe globale est celui de la c&#233;l&#232;bre taxe Tobin, con&#231;ue par l'&#233;conomiste James Tobin en 1972. Le principe de cette taxe demeure simple : avec un taux de taxation hom&#233;opathique par exemple de 0,1 %, cette taxe rapporterait des fortunes qui pourraient r&#233;gler en grande partie le probl&#232;me de l'acc&#232;s aux besoins essentiels (nourriture, &#233;ducation, sant&#233;). Elle permettrait aussi de ralentir la sp&#233;culation sur les devises, qui provoque &#233;pisodiquement la chute de certaines monnaies, avec des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour l'ensemble des populations qui en sont victimes (comme nous l'avons vu au Mexique, en Asie du Sud-Est et en Russie), puisque les marges de profit sur ce march&#233; sont tr&#232;s r&#233;duites. Elle r&#233;duirait aussi consid&#233;rablement les r&#233;serves des banques centrales, puisque la sp&#233;culation serait nettement moindre ; cet argent pourrait donc &#234;tre investi et fructifier plut&#244;t que de dormir dans des coffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relanc&#233;e au G8 &#224; Halifax en 1995, reprise par l'organisation internationale ATTAC qui s'est fond&#233;e en 1998 en s'appuyant sur le projet d'implanter cette mesure, la taxe Tobin reste toujours pertinente aujourd'hui. Le march&#233; des changes rapportait la somme gigantesque de 3,200 milliards $ par jour en 2007, &#224; la suite d'une progression marqu&#233;e d'une ann&#233;e &#224; l'autre. Cette taxe a donc gagn&#233; en pertinence et re&#231;oit toujours de nombreux appuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autres taxes seraient envisageables. Il serait possible de taxer les transactions en Bourse et les produits d&#233;riv&#233;s. Certains avancent l'id&#233;e d'une taxe sur le profit des entreprises qui serait impos&#233;e sur le profit consolid&#233; du groupe, ce qui pourrait permettre de d&#233;jouer les savantes combines qui font que les profits se r&#233;alisent dans les paradis fiscaux, l&#224; o&#249; les imp&#244;ts sont quasiment nuls. Plusieurs proposent une taxe sur les investissements directs &#224; l'&#233;tranger, p&#233;nalisant lourdement les entreprises qui d&#233;localisent leur production dans des pays o&#249; les salaires sont bas et les conditions de travail ex&#233;crables. D'autres taxes sont envisag&#233;es, sur la fortune, le carbone, la vente d'armes, la connexion &#224; Internet. Bien que certaines de ces derni&#232;res taxes soient discutables et soul&#232;vent chez plusieurs de s&#233;rieuses objections, elles prouvent qu'on peut concevoir de diff&#233;rentes fa&#231;ons une fiscalit&#233; internationale au service de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la conf&#233;rence de Poznan sur les changements climatiques, les pays occidentaux ont rat&#233; une belle occasion de cr&#233;er une taxe qui aurait largement pu aider les pays en voie de d&#233;veloppement &#224; agir contre le r&#233;chauffement de la plan&#232;te et ses effets. Ils ont bloqu&#233; une taxe de 2 % sur toutes les transactions des Bourses du carbone qui aurait pu rapporter des milliards par ann&#233;e, au lieu du rachitique 60 millions promis par les pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; des objections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certes, ces taxes soul&#232;vent de nombreuses objections. Il va de soi que le milieu financier rejette vigoureusement comme une dangereuse h&#233;r&#233;sie toute id&#233;e qui pourrait restreindre, ne serait-ce que de fa&#231;on minimale, son app&#233;tit de profits illimit&#233;s. Cette opposition syst&#233;matique a d&#233;courag&#233; plus d'un d&#233;fenseur de la taxe Tobin. Avec la pr&#233;sente crise &#233;conomique, l'id&#233;e a cependant &#233;t&#233; relanc&#233;e &#224; plusieurs reprises, bien qu'aucune des solutions envisag&#233;es par les gouvernements pour r&#233;soudre la crise ne laisse entendre, de pr&#232;s ou de loin, qu'il y ait la moindre vell&#233;it&#233; d'entreprendre un semblant de mise en place d'une pareille taxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette taxe a aussi soulev&#233; des r&#233;serves chez les militants de gauche. On reproche &#224; ceux qui la d&#233;fendent de soumettre un projet peu mobilisateur, de ramener la bataille pour la justice &#224; une question de chiffres et de calculs ; le projet d'une taxe para&#238;t un peu court et s'accorde mal avec les grands id&#233;aux. D'autres craignent que le revenu des taxes globales s'int&#232;gre incognito aux autres revenus de l'&#201;tat, et qu'elles servent &#224; financer, par exemple, l'arm&#233;e et les grandes entreprises. D'autres enfin pr&#233;tendent que ces taxes pourront arriver &#224; rendre le capitalisme plus acceptable alors que le but supr&#234;me est de le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les taxes globales ne sont pas pour demain et leur application am&#232;nera de nombreux probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre : comment seront d&#233;partag&#233;s les immenses revenus soutir&#233;s par ces taxes ? Comment s'assurer qu'elles resteront au service de la justice sociale ? Quel sera le pourcentage de chacune de ces taxes ? Qui les pr&#233;l&#232;vera ? Bien s&#251;r, de nombreux experts se sont pench&#233;s sur ces questions, et il sera possible de s'entendre le jour o&#249; l'on trouvera une v&#233;ritable volont&#233; de les mettre en place. Mais la mise en place de ces taxes restera un important d&#233;fi &#224; relever, afin qu'elles soient efficaces et servent vraiment &#224; la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait toutefois absurde de renoncer &#224; ces taxes par crainte d'un mauvais usage. Faut-il rejeter l'imp&#244;t parce qu'on le d&#233;tourne parfois en faveur d'int&#233;r&#234;ts particuliers ? Qu'on le veuille on non, les taxes et les imp&#244;ts permettent une indispensable distribution de la richesse. Contrairement aux taxes &#224; la consommation, fonci&#232;rement r&#233;gressives, les taxes globales ne d&#233;savantageraient pas les pauvres, mais permettraient d'aller chercher l'argent l&#224; o&#249; il s'accumule &#224; l'infini, dans la sph&#232;re financi&#232;re. Se priver de ces ressources immenses, continuer &#224; permettre aux plus riches d'emmagasiner des fortunes sans le moindre m&#233;canisme de redistribution ne permettra que de renforcer et dramatiser encore plus les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le beurre et l'argent du beurre, comment les multinationales &#233;chappent &#224; la redistribution fiscale&lt;/i&gt;, CISL, juillet 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;duisez ces imp&#244;ts que je ne saurais voir !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Reduisez-ces-impots-que-je-ne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Reduisez-ces-impots-que-je-ne</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:18:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les imp&#244;ts ont rarement bonne presse. &#192; entendre ce qu'on dit &#224; leur sujet, on se demande pourquoi ils existent encore. La fiscalit&#233; est n&#233;cessairement lourde et accablante pour tous. Les citoyens ploient sous le &#171; fardeau fiscal &#187; dont l'&#171; ampleur &#187; &#233;crase plus sp&#233;cifiquement les Qu&#233;b&#233;cois. Ceux-ci en effet, ne cesse-t-on de nous le rappeler, sont &#171; les plus tax&#233;s en Am&#233;rique &#187;, ce qui &#233;quivaut &#224; une mal&#233;diction qui nous poursuit sans cesse. Plus dignes, les Fran&#231;ais pr&#233;f&#232;rent parfois le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton836.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;344&#034; height=&#034;423&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les imp&#244;ts ont rarement bonne presse. &#192; entendre ce qu'on dit &#224; leur sujet, on se demande pourquoi ils existent encore. La fiscalit&#233; est n&#233;cessairement lourde et accablante pour tous. Les citoyens ploient sous le &#171; fardeau fiscal &#187; dont l'&#171; ampleur &#187; &#233;crase plus sp&#233;cifiquement les Qu&#233;b&#233;cois. Ceux-ci en effet, ne cesse-t-on de nous le rappeler, sont &#171; les plus tax&#233;s en Am&#233;rique &#187;, ce qui &#233;quivaut &#224; une mal&#233;diction qui nous poursuit sans cesse. Plus dignes, les Fran&#231;ais pr&#233;f&#232;rent parfois le terme &#171; pr&#233;l&#232;vements obligatoires &#187; &#224; &#171; imp&#244;ts &#187;, en insistant sur le terme &#171; obligatoire &#187;, ce qui rappelle &#224; quel point les imp&#244;ts sont une atteinte &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces imp&#244;ts, il faut donc les &#171; r&#233;duire &#187;, quand il ne faut pas les couper, et toute hausse est d&#233;sormais l'&#233;quivalent d'un sacril&#232;ge. Chaque &#171; r&#233;duction d'imp&#244;ts &#187;, qui s'int&#232;gre &#224; un &#171; plan &#187; attendu de tous, est annonc&#233;e comme un gain. Celle-ci profitera surtout aux &#171; familles &#187; qui, munies de quelques centaines de dollars de plus dans leur budget, pourront ainsi relancer la consommation, donc l'&#233;conomie. Certes, il ne faut pas dire trop fort que les baisses d'imp&#244;ts profitent d'abord et avant tout aux riches, quoique cette v&#233;rit&#233; ne semble choquer personne, dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi tous les grands partis au Canada et aux &#201;tats-Unis, Lib&#233;raux f&#233;d&#233;raux et provinciaux, Conservateurs, P&#233;quistes, D&#233;mocrates et R&#233;publicains chantent all&#232;grement les m&#233;rites des baisses d'imp&#244;ts. Pour bien des &#233;lecteurs, il s'agit de b&#233;n&#233;fices imm&#233;diats : ils se voient avec un peu plus d'argent sonnant dans leurs poches. Entre vous et moi, comment pourrait-on r&#233;sister &#224; quelque bonne baisse d'imp&#244;ts ? Que les imp&#244;ts permettent de payer les h&#244;pitaux, les soins de sant&#233;, les &#233;coles, les garderies, l'eau, les routes, les parcs, l'aide sociale, la culture, les inspecteurs qui veillent &#224; l'application des lois, le syst&#232;me judiciaire (mais aussi la police, les prisons, l'arm&#233;e, les subventions aux entreprises petites et grandes) n'effleure personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivons donc la logique, r&#233;duisons massivement les imp&#244;ts des individus, comme on l'a fait aux entreprises. Certes, il faudra payer la m&#233;decine priv&#233;e, l'&#233;cole priv&#233;e, les retraites priv&#233;es, des assurances, encore des assurances, des fonds pour financer l'avenir des enfants &#224; l'universit&#233; et son propre s&#233;jour dans la maison de retraite ; il y aura pour tout &#231;a des produits financiers multiples que des vendeurs souriants et bien cravat&#233;s ou rev&#234;tant de somptueux tailleurs vous offriront. Tout cela co&#251;tera tr&#232;s cher, plus que vous payez en imp&#244;ts, il faut bien que les gens vivent et fassent un peu de sous. Mais vous pourrez profiter de votre libert&#233; de consommateur et vous aurez un plaisir infini &#224; magasiner les plus avantageux parmi les montages financiers qu'on vous fera reluire (et que vous ne comprendrez pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y aura les krachs boursiers qui viendront gruger vos &#233;conomies, les clauses d'assurances que vous aviez mal lues et qui ne vous prot&#232;gent pas de la catastrophe tr&#232;s sp&#233;cifique qui vient justement de vous arriver. Ou vous n'aurez pas acc&#232;s &#224; ces fonds, parce que vous avez beau travailler tr&#232;s fort, mais bon sang, vous n'arrivez toujours pas &#224; mettre de l'argent de c&#244;t&#233;. Ou on ne vous a pas assur&#233;s, parce vous n'&#234;tes pas assez beau, riche, en sant&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu importe, vous ne paierez que tr&#232;s peu d'imp&#244;ts. Et &#231;a, avouez-le, c'est tout de m&#234;me quelque chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un enjeu capital</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-enjeu-capital</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-enjeu-capital</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:16:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Drezet</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Drezet, Vincent </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question des paradis fiscaux et judicaires a &#233;t&#233; une fois de plus ramen&#233;e dans l'actualit&#233; par deux scandales r&#233;cents. La crise financi&#232;re que nous traversons a &#233;t&#233; caus&#233;e en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de tr&#232;s nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un r&#233;seau d'&#233;vasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privil&#233;gi&#233;s, a caus&#233; des pertes d'environ 4 milliards d'euros en revenus fiscaux. Plus que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Drezet-Vincent-+" rel="tag"&gt;Drezet, Vincent &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton835.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;453&#034; height=&#034;378&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question des paradis fiscaux et judicaires a &#233;t&#233; une fois de plus ramen&#233;e dans l'actualit&#233; par deux scandales r&#233;cents. La crise financi&#232;re que nous traversons a &#233;t&#233; caus&#233;e en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de tr&#232;s nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un r&#233;seau d'&#233;vasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privil&#233;gi&#233;s, a caus&#233; des pertes d'environ 4 milliards d'euros en revenus fiscaux. Plus que jamais, il semble urgent d'intervenir contre ces espaces de non-droit que sont les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La libert&#233; de circulation des capitaux, la rapidit&#233; des &#233;changes, la concurrence fiscale, la faible fiscalit&#233; appliqu&#233;e dans certains territoires, l'opacit&#233; juridique et bancaire ou bien encore les nouvelles technologies sont autant d'&#233;l&#233;ments qui favorisent les pratiques des paradis fiscaux et judiciaires et alimentent la concurrence fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux ne datent pas d'hier. Au XVIIe si&#232;cle, des villes portuaires domicili&#233;es dans de petites &#238;les permettaient d'abriter le produit des vols et rapines des pirates. La protection &#233;tait assur&#233;e moyennant une commission voire un investissement dans l'&#233;conomie locale. Au XIXe si&#232;cle, la faible imposition des revenus a permis une forte accumulation par la bourgeoisie industrielle notamment. L'introduction de nouveaux imp&#244;ts fin XIXe et au d&#233;but XXe (avec l'imp&#244;t sur le revenu cr&#233;&#233; en 1914) a augment&#233; le &#171; march&#233; &#187; de l'&#233;vasion fiscale. Plus r&#233;cemment, les paradis fiscaux se sont inscrits dans le mouvement de d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s financiers et le d&#233;veloppement de la finance internationale. Leur r&#244;le s'est d&#233;velopp&#233; gr&#226;ce aux nouvelles techniques de paiement &#233;lectronique, &#224; l'&#233;volution des activit&#233;s bancaires et financi&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise a clairement montr&#233; la place centrale qu'ils occupent dans la mondialisation financi&#232;re et le r&#244;le qu'ils ont jou&#233; en accueillant les structures cr&#233;&#233;es par les banques permettant de loger et de vendre les titres r&#233;sultant de la transformation des cr&#233;dits en produits financiers. Selon l'OCDE, les investissements directs dans les places &lt;i&gt;off shore&lt;/i&gt; se sont intensifi&#233;s &#224; partir de 1985 : 4 % des investissements mondiaux en 1985, 12 % en 1992 et 15 % actuellement. D'autres chiffres sont parlants. La part des services financiers dans les ressources de Jersey s'est ainsi d&#233;velopp&#233;e pour passer de 15 % en 1970 &#224; 45 % en 1996. Les &#206;les Ca&#239;mans sont une des premi&#232;res places bancaires avec 592 banques pour 45 000 habitants dont 22 000 expatri&#233;s, 46 des 50 premi&#232;res banques mondiales y &#233;tant repr&#233;sent&#233;es. Les d&#233;p&#244;ts bancaires &#224; Guernesey ont doubl&#233; entre 1970 et 1975 et ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 100 &#224; Jersey entre 1970 et 1990 (500 millions de livres en 1970, plus de 45 milliards en 1990). L'importance &#171; financi&#232;re &#187; et g&#233;opolitique des paradis fiscaux n'est donc plus &#224; prouver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs organisations internationales ont trait&#233; de la question. Le rapport de l'OCDE de 1998 sur &#171; la concurrence fiscale dommageable &#187; a montr&#233; les pratiques des paradis fiscaux. L'OCDE a publi&#233; une liste de 35 paradis fiscaux en juin 2000. Le but initial &#233;tait d'identifier les territoires se livrant &#224; des pratiques dommageables, pour, &#224; terme, parvenir &#224; &#233;liminer les pratiques stigmatis&#233;es. La plupart de ces territoires ont pris des engagements en mati&#232;re de coop&#233;ration et d'&#233;changes de renseignements. &#192; ce jour, seuls trois &#201;tats sont toujours montr&#233;s comme &#233;tant des territoires non coop&#233;ratifs. Mais il ne s'agit l&#224; que d'une apparente am&#233;lioration. Car l'action de l'OCDE a norm&#233; la concurrence fiscale et a normalis&#233; les relations avec les paradis fiscaux par des r&#232;gles qui, pour l'essentiel, ne remettent pas en cause les soci&#233;t&#233;s &#233;crans ou le secret bancaire. Le bilan de ces travaux est donc maigre : la stigmatisation des listes noires s'est att&#233;nu&#233;e avec le temps, et le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt;, le blanchiment et les diverses formes de d&#233;linquance financi&#232;re perdurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres initiatives ont &#233;t&#233; prises comme la Convention des Nations unies (Palerme, 2000) contre la criminalit&#233; transnationale organis&#233;e et la D&#233;claration de la conf&#233;rence des parlements de l'Union europ&#233;enne contre le blanchiment (Paris, 2002) qui pr&#233;conise la transparence des mouvements de capitaux, des sanctions contre les pays non coop&#233;ratifs, etc. Le mouvement social s'est empar&#233; de la question avec l'Appel de Gen&#232;ve du 1er octobre 1996 (initi&#233; par des magistrats europ&#233;ens demandant la lev&#233;e du secret bancaire et le renforcement de la coop&#233;ration). En Europe, le&lt;i&gt; Tax justice network&lt;/i&gt;, le r&#233;seau Attac et certaines organisations syndicales (comme le SNUI) poursuivent un travail d'explications, de d&#233;nonciations et de propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire sans d&#233;tour, l'enjeu est donc d'emp&#234;cher les paradis fiscaux de nuire. Des pistes existent et doivent &#234;tre martel&#233;es sans rel&#226;che. Diffuser de l'information est n&#233;cessaire, une &#171; liste noire &#187;, unique, r&#233;guli&#232;rement actualis&#233;e, pourrait &#234;tre &#233;tablie par une autorit&#233; fiscale mondiale ind&#233;pendante. Une telle autorit&#233; pourrait promouvoir des normes internationales (sur l'&#233;change d'informations, sur le droit de suite&#8230;). Car les &#233;changes d'informations automatiques sont une priorit&#233; et doivent permettre une r&#233;elle transparence et la lev&#233;e du secret bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mesures ne peuvent &#234;tre exclusivement fiscales, elles doivent &#234;tre &#233;galement judiciaires ou comptables. Il faudrait ainsi instaurer des obligations comptables et financi&#232;res qui favorisent la transparence et l'exhaustivit&#233; des donn&#233;es financi&#232;res. Plusieurs mesures pourraient &#234;tre prises : interdire l'acc&#232;s aux march&#233;s publics pour les entreprises entretenant des relations avec les paradis fiscaux, obliger les soci&#233;t&#233;s cot&#233;es &#224; d&#233;clarer les op&#233;rations r&#233;alis&#233;es avec les paradis fiscaux et leur justification dans leurs comptes consolid&#233;s, garantir la tra&#231;abilit&#233; des revenus et des mouvements de fonds, y compris &#224; travers les trusts et les fondations ou renforcer le contr&#244;le des soci&#233;t&#233;s de compensation &lt;i&gt;clearing&lt;/i&gt;. En cas de non respect, outre les sanctions financi&#232;res voire p&#233;nales, un m&#233;canisme pourrait rendre impossible la certification des comptes ou suspendre la cotation des actions des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux offrent la plupart du temps un r&#233;gime opaque en mati&#232;re de droit des soci&#233;t&#233;s. Il y est ainsi possible de cr&#233;er des soci&#233;t&#233;s &#233;crans, souvent paravents d'activit&#233;s illicites, qui permettent de dissimuler l'identit&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires et des ayants droit. En la mati&#232;re, il faut faire en sorte que toutes les autorit&#233;s publiques puissent disposer des informations sur les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs et le contr&#244;le des soci&#233;t&#233;s implant&#233;es sur leur territoire. Cela suppose une supervision et une stricte int&#233;grit&#233; du syst&#232;me d'obtention, de conservation et de transmission des informations sur les soci&#233;t&#233;s cr&#233;&#233;es. Il doit ainsi &#234;tre possible aux autorit&#233;s publiques (de r&#233;glementation, de surveillance et d'application des lois), dans le cadre de leurs investigations, d'&#233;changer des informations d&#233;tenues sur les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs des soci&#233;t&#233;s cr&#233;&#233;es dans les paradis fiscaux. Il pourrait &#234;tre institu&#233;e une obligation de d&#233;claration pr&#233;alable aux autorit&#233;s publiques du nom de tous les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs de toutes les soci&#233;t&#233;s, sans exception. Ces informations seraient alors transmises aux autorit&#233;s publiques des autres &#201;tats (o&#249; r&#233;sident les personnes physiques ou morales concern&#233;es) sous peine de sanctions, soit d'office lorsqu'un de leurs r&#233;sidants appara&#238;t, soit sur demande des autorit&#233;s publiques. Ce dispositif permettrait d'imposer dans son &#201;tat de r&#233;sidence un contribuable qui aurait transf&#233;r&#233; une partie de son patrimoine dans un &lt;i&gt;trust&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#201;tats ont fait de leur strat&#233;gie fiscale leur strat&#233;gie de d&#233;veloppement en s'inspirant des paradis fiscaux. Dans les pays de l'est de l'Europe, la mise en place d'imp&#244;t &#224; taux unique vise &#224; attirer les investisseurs et les entreprises tout autant qu'&#224; lutter contre l'&#233;conomie souterraine. Or, certains pays ne peuvent pas financer les investissements publics en termes d'&#233;ducation, de sant&#233;&#8230; De la m&#234;me mani&#232;re, certains &#201;tats consid&#233;r&#233;s comme des paradis fiscaux et judiciaires voient leur croissance reposer principalement sur les activit&#233;s financi&#232;res. Dans le cadre d'une lutte contre les paradis fiscaux et les mesures fiscales et judiciaires dommageables, adopter des programmes d'aide &#224; la reconversion &#233;conomique de certains centres&lt;i&gt; off shore&lt;/i&gt; r&#233;ellement en difficult&#233; est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Vincent Drezet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CS d'Attac-France et du syndicat unifi&#233; des imp&#244;ts&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fraudeuses du fisc</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fraudeuses-du-fisc</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Fraudeuses-du-fisc</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:14:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Hasbani, Martine Lauzon</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Hasbani, Marc </dc:subject>
		<dc:subject>Lauzon, Martine </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En plus d'&#339;uvrer au Canada, il faut savoir que les banques canadiennes sont &#233;galement pr&#233;sentes dans de nombreux autres pays. Outre les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni, elles se retrouvent au sein de plusieurs petits pays que l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) consid&#232;re&#8230; comme des paradis fiscaux ! C'est &#224; cet aspect qu'une r&#233;cente &#233;tude de la Chaire d'&#233;tudes socio-&#233;conomiques (CESE) de l'UQAM s'est attard&#233;e, c'est-&#224;-dire aux r&#233;percussions que la pr&#233;sence des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hasbani-Marc-+" rel="tag"&gt;Hasbani, Marc &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lauzon-Martine-+" rel="tag"&gt;Lauzon, Martine &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton834.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;721&#034; height=&#034;414&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En plus d'&#339;uvrer au Canada, il faut savoir que les banques canadiennes sont &#233;galement pr&#233;sentes dans de nombreux autres pays. Outre les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni, elles se retrouvent au sein de plusieurs petits pays que l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) consid&#232;re&#8230; comme des paradis fiscaux ! C'est &#224; cet aspect qu'une r&#233;cente &#233;tude de la Chaire d'&#233;tudes socio-&#233;conomiques (CESE) de l'UQAM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les banques canadiennes et l'&#233;vasion fiscale dans les paradis fiscaux : 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'est attard&#233;e, c'est-&#224;-dire aux r&#233;percussions que la pr&#233;sence des banques canadiennes dans ces endroits ont sur les recettes fiscales de nos gouvernements. Cette &#233;tude a donc quantifi&#233; les montants d'imp&#244;ts sur le revenu des soci&#233;t&#233;s que les principales banques canadiennes ne versent pas aux fiscs canadien et qu&#233;b&#233;cois, puisqu'elles ont pignon sur rue dans des pays o&#249; l'imposition du profit est quasi inexistante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les banques canadiennes affichaient un taux d'imposition officiel de 35 % en 2007, la r&#233;alit&#233; est tout autre. En effet, et selon les chiffres pr&#233;sent&#233;s au sein des &#233;tats financiers des grandes banques (soit la Banque Scotia, la Banque TD, la Banque CIBC, la Banque de Montr&#233;al et la Banque Royale), aucune de celles-ci n'a vers&#233; en imp&#244;t sur le revenu ce m&#234;me pourcentage de son b&#233;n&#233;fice comptable. Les montants effectivement calcul&#233;s comme charge d'imp&#244;t de l'ann&#233;e 2007 oscillent m&#234;me entre 8 % et 20 % du b&#233;n&#233;fice annuel des banques, ce qui diff&#232;re nettement du 35 % annonc&#233;. &#192; titre d'exemple, la Banque de Montr&#233;al a, dans les faits, enregistr&#233; une charge d'imp&#244;t &#233;quivalant &#224; 8 % de son b&#233;n&#233;fice comptable, soit un &#233;cart de 27 points de pourcentage avec son taux officiel de 35 %. Pourquoi cet &#233;cart entre le taux officiel et le taux effectif ? La r&#233;ponse &#224; cette question se trouve enfouie dans les notes qui accompagnent les &#233;tats financiers que toute entreprise faisant appel &#224; l'&#233;pargne doit rendre publics. L'entreprise canadienne poss&#233;dant des filiales &#224; l'&#233;tranger peut r&#233;duire son taux d'imposition quand ces derni&#232;res sont situ&#233;es dans des pays o&#249; le taux d'imposition est inf&#233;rieur &#224; celui du Canada. En outre, l'entreprise dont une bonne partie des activit&#233;s d'exploitation est situ&#233;e dans un pays o&#249; le taux d'imposition est moindre que celui en vigueur au Canada verra son taux d'imposition officiel diminu&#233;, d&#251; &#224; la moindre imposition des profits engendr&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur de notre pays. Et c'est ce que r&#233;v&#232;le l'exemple des banques canadiennes, pr&#233;sentes dans des pays ayant un taux d'imposition moindre, alors que la majeure partie de leur client&#232;le se situe au Canada. Gr&#226;ce &#224; leur pr&#233;sence &#224; l'&#233;tranger, les banques canadiennes ont pu &#233;viter de payer au fisc rien de moins que 16 milliards en 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;gitimit&#233; douteuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question est digne d'&#234;tre pos&#233;e : c'est gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence de filiales dans quels pays que se sont effectu&#233;es ces &#233;conomies d'imp&#244;t ? Selon l'&#233;tude de la CESE, cet &#233;vitement fiscal n'a pu se faire &#224; l'aide des filiales &#233;tats-uniennes et anglaises des banques canadiennes, car leurs taux d'imposition en vigueur en 2007 sont &#233;gaux ou sup&#233;rieurs au taux canadien. Par exemple, la banque &#233;tats-unienne Bank of America &#233;tait assujettie &#224; un taux de 35 %, soit le m&#234;me taux que pour une entreprise oeuvrant au Canada. En outre, les filiales des banques canadiennes pr&#233;sentes aux &#201;tats-Unis ne font pas profiter leur soci&#233;t&#233; m&#232;re d'un taux imposition inf&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc dire que les 16 milliards d'&#233;conomies fiscales faites par les banques ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es par leurs filiales d'autres pays, que l'on retrouve dans le tableau pr&#233;c&#233;dent. Il est &#224; noter que cette liste est extraite des rapports annuels publics des banques pour l'ann&#233;e 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de la CESE d&#233;montre ainsi que les cinq plus grandes banques canadiennes comptent au minimum 89 filiales officielles dans les paradis fiscaux, tel que mentionn&#233; dans leur rapport annuel 2007. C'est par ces filiales install&#233;es dans ces pays que les grandes banques canadiennes ont pu abaisser radicalement leur taux d'imposition et ainsi &#233;luder 16 milliards au fisc sur une p&#233;riode de 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux accords fiscaux entre diff&#233;rents pays et il est vrai que ceux-ci sont fort utiles sous plusieurs aspects. Cependant, il est inadmissible que la pr&#233;sence de banques dans des pays, g&#233;n&#233;ralement de moins de 100 000 habitants, permette &#224; ces derni&#232;res de r&#233;duire consid&#233;rablement leur charge d'imp&#244;t au Canada, surtout quand la majorit&#233; de leur activit&#233; commerciale est r&#233;alis&#233;e au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993, les cinq plus grandes banques canadiennes avaient d&#233;tourn&#233; 302 millions $ dans les paradis fiscaux et 15 ans plus tard, en 2007, elles ont amplifi&#233; consid&#233;rablement cette fuite d'imp&#244;ts sur le revenu par une sortie d'imp&#244;ts de 2,4 milliards $. Il s'agit ici d'une augmentation de 2,1 milliards $ ou de 700 %. Loin de se r&#233;sorber, la situation s'hypertrophie chaque ann&#233;e. Il faut mettre fin &#224; l'&#233;vasion fiscale g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans les paradis fiscaux en interdisant la pr&#233;sence de nos banques dans ces endroits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vasion dans les paradis fiscaux repr&#233;sente annuellement un manque &#224; gagner de plusieurs milliards de dollars pour nos gouvernements et met en p&#233;ril la s&#233;curit&#233; sociale du pays ainsi que le maintien des programmes sociaux qui s'effritent continuellement, faute de fonds. Chaque ann&#233;e, les V&#233;rificateurs g&#233;n&#233;raux du Canada et du Qu&#233;bec signalent cette fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans leur rapport annuel sans que les gouvernements agissent sur ce ph&#233;nom&#232;ne qui prive l'&#201;tat de recettes importantes et surtout vitales pour le pays. Que les banques aient r&#233;ussi, au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es (1993-2007), &#224; &#233;luder aux fiscs canadiens et provinciaux un montant aussi exorbitant que 16 milliards $ gr&#226;ce au stratag&#232;me des filiales &#233;trang&#232;res est inacceptable, mais surtout immoral&#8230; Il ne s'agit ici de surtaxer personne, mais que chacun le soit &#233;quitablement, en vertu des principes d'&#233;quit&#233; et de justice dont le Canada et le Qu&#233;bec se sont dot&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les banques canadiennes et l'&#233;vasion fiscale dans les paradis fiscaux : 16 milliards de dollars d'imp&#244;ts &#233;lud&#233;s&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.cese.uqam.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cese.uqam.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marc Hasbani&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Lauzon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel principe sous-tend l'imposition ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quel-principe-sous-tend-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quel-principe-sous-tend-l</guid>
		<dc:date>2009-04-12T22:12:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Deneault</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Deneault, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le fisc ne se r&#233;duit pas &#224; un m&#233;canisme technique de redistribution de la richesse. C'est pour donner corps &#224; un principe civique sup&#233;rieur qu'il remplit cet office. Pointe d'&#233;pine dans le gras du riche, il rappelle &#224; ce dernier que l'enrichissement personnel est tributaire d'une organisation collective. Sans un contexte social structur&#233;, il n'y aurait nul lieu d'engranger des profits &#224; soi seul. &lt;br class='autobr' /&gt; Le titulaire de capitaux se sait donc redevable d'une structure collective. C'est pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Fiscalite-equitable-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Fiscalit&#233; &#233;quitable et justice sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deneault-Alain-+" rel="tag"&gt;Deneault, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton833.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;236&#034; height=&#034;367&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le fisc ne se r&#233;duit pas &#224; un m&#233;canisme technique de redistribution de la richesse. C'est pour donner corps &#224; un principe civique sup&#233;rieur qu'il remplit cet office. Pointe d'&#233;pine dans le gras du riche, il rappelle &#224; ce dernier que l'enrichissement personnel est tributaire d'une organisation collective. Sans un contexte social structur&#233;, il n'y aurait nul lieu d'engranger des profits &#224; soi seul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le titulaire de capitaux se sait donc redevable d'une structure collective. C'est pour refouler cette id&#233;e et annuler cette dette dont il ne veut en rien avoir conscience qu'il s'attaque &#224; l'imp&#244;t avec opini&#226;tret&#233;. Le principe fiscal qui tombe sous le sens, voil&#224; que la rh&#233;torique financi&#232;re cherche depuis des d&#233;cennies &#224; taire, sinon &#224; faire passer pour anomalie. &#171; Trop d'imp&#244;ts &#187;. Cette expression demeure r&#233;currente chez des nantis qui, pourtant, toute proportion gard&#233;e, en paient fort peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires du fisc s'y opposent eux aussi tant&#244;t du point de vue de sa structure technique, tant&#244;t du point de vue de son principe philosophique. R&#233;duit au r&#244;le de m&#233;canisme technique de redistribution de la richesse, le fisc appara&#238;t &#171; vorace &#187;. Du point de vue de son principe, le fisc heurte la morale de la discr&#233;tion et se montre effront&#233;. Bref, il s'ing&#232;re dans la vie priv&#233;e, ce qui est immoral, et de surcro&#238;t, c'est pour en demander &#171; trop &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux griefs viendront jusqu'&#224; l&#233;gitimer politiquement et moralement l'existence de ces &#233;chappatoires politiques que sont les paradis fiscaux et judiciaires. C'est selon ce premier point de vue que le magazine &#233;conomique fran&#231;ais &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt; les justifie. Spirituel, il rebaptise l'Imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) qu'il juge trop lourd par &#171; l'Incitation &#224; sortir de la France &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livraison du 31 mai 2007&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Suisse, c'est philosophiquement que les derniers tenants du secret bancaire d&#233;fendront les dispositions &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; de ce pays, en y voyant le reflet de ses &#171; valeurs &#187; que soutient ce petit pays parmi les derniers d&#233;fenseurs de la &#171; libert&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sylvain BESSON, L'argent secret des paradis fiscaux, notamment les pp. 178 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chantre des paradis fiscaux, Gr&#233;goire Duhamel rench&#233;rit : les paradis fiscaux pr&#233;munissent les derniers d&#233;fenseurs de la libert&#233; contre l'&#171; inquisition &#187; et le &#171; kidnapping &#187; fiscaux de l'Union europ&#233;enne et de ses &#201;tats de droit aux r&#233;flexes &#171; marxistes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#233;goire DUHAMEL, Les paradis fiscaux, Paris, Grancher, 2006.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre culture, de telles d&#233;clarations foisonnent. L'imposition quasi nulle des juridictions &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; permet aux ayants droit de se soustraire aux dispositions techniques du fisc. Le secret bancaire qui y pr&#233;vaut leur permet pour sa part de d&#233;nier le lien de causalit&#233; qui lie le riche &#224; l'ensemble social. C'est la raison pour laquelle on parle de paradis fiscaux et judiciaires. Sur son &#238;le imaginaire, il ira contempler sa montagne d'or comme une affaire qui lui est propre et exclusive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Relire Georg Simmel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La collectivit&#233; peut se d&#233;fendre face &#224; ces sophismes en relisant l'essai de Georg Simmel intitul&#233; &lt;i&gt;Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georg Simmel, Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes, Paris, Circ&#233;, coll. &#171; Poche &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur revient sur des donn&#233;es aussi fondamentales que contradictoires quant &#224; l'imp&#233;ratif du secret en soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &lt;strong&gt;Oui&lt;/strong&gt;, le secret est indispensable au bon d&#233;roulement de la vie psychologique, sociale et administrative. Ne serait-ce que d'un point de vue psychologique, on ne saurait souffrir que tous s'&#233;panchent quant &#224; tout ce qui les regarde, sans discr&#233;tion aucune. L'appr&#233;ciation d'autrui n&#233;cessite une part cach&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Les forces que l'on consid&#232;re comme socialisantes par excellence, telles que l'entente, l'harmonie, l'action commune, doivent &#234;tre m&#234;l&#233;es d'une certaine part de distance, de concurrence, de r&#233;pulsion, afin de produire la configuration r&#233;elle de la soci&#233;t&#233; ; les formes organisatrices stables, qui semblent constituer la soci&#233;t&#233; en tant que telle, ou y tendre, doivent &#234;tre constamment perturb&#233;es, d&#233;s&#233;quilibr&#233;es, rong&#233;es par des forces irr&#233;guli&#232;res individualistes, afin qu'en c&#233;dant et en r&#233;sistant, leurs mouvements de r&#233;action et d'&#233;volution prennent vie&lt;/i&gt; &#187;. ( p. 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- &lt;strong&gt;Non&lt;/strong&gt;, le secret n'a pas n&#233;cessairement sa place. La lev&#233;e du secret s'impose pour permettre une organisation &#233;l&#233;mentaire du fait collectif. On ne saurait imaginer quelque forme de rapport des uns envers les autres sans pouvoir conna&#238;tre et reconna&#238;tre l'autre &#224; quelques-uns de ses traits. Savoir minimalement avec qui on interagit s'impose pour engager quelque rapport que ce soit. &#171; &lt;i&gt;Le commer&#231;ant sait que son partenaire en affaires veut acheter au prix le plus bas et vendre le plus cher possible.&lt;/i&gt; &#187; (p. 7) La vie sociale, par d&#233;finition, entame le secret. Le pur secret interdit la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour les principes. L'argumentaire des d&#233;fenseurs &#171; moraux &#187; du &#171; moins d'imp&#244;ts &#187; et des paradis fiscaux s'affaire &#224; confondre le moment o&#249; il convient socialement de d&#233;fendre le secret et celui o&#249; il sied de s'y attaquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant de ce que nos m&#339;urs conviennent de la part irr&#233;ductible du secret dans notre organisation sociale, ils s'empressent d'inscrire les affaires financi&#232;res priv&#233;es sous la cat&#233;gorie &#233;thique de la discr&#233;tion, et associent donc &#224; des signes de vulgarit&#233; effront&#233;e toute vell&#233;it&#233; du fisc &#224; enqu&#234;ter sur les actifs personnels des uns et des autres. Les anath&#232;mes de nos fiscalistes pro-&lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt;, qui les am&#232;nent &#224; traiter d'&#171; escroquerie &#187; et d'&#171; hypocrisie &#187; les &#171; paradis de fonctionnaires &#187; que constituent les &#201;tats de droit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces finesses sont tir&#233;es du dernier Guide&#8230; d'&#201;douard CHAMBOST, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, reposent sur une telle confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la part de secret que cherchent &#224; cultiver les int&#233;ress&#233;s des centres &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; passe pr&#233;cis&#233;ment, chez Simmel, pour celle qui gagne &#224; demeurer publique. Il rappelle que la divulgation de l'information a &#233;t&#233; rendue n&#233;cessaire par les grandes transitions &#171; d&#233;mocratiques &#187; de la modernit&#233;. Il ne s'agit m&#234;me pas l&#224; d'&lt;i&gt;imaginer&lt;/i&gt; un monde meilleur. Simmel explique cet &#233;tat de fait par le d&#233;veloppement technologique et l'&#233;conomie de cr&#233;dit de la d&#233;mocratie lib&#233;rale. Ceux-ci rendent l'acteur moderne tributaire d'une s&#233;rie infinie de donn&#233;es entre elles correspondantes, qui peuvent le conduire &#224; sa perte si elles se r&#233;v&#232;lent fausses ou erron&#233;es. &#192; cette &#233;chelle d'organisation, plus les responsables d'activit&#233;s se d&#233;roulant &#224; large &#233;chelle sont contraints &#224; la v&#233;rit&#233;, plus la grande entreprise se verra en mesure de vanter les m&#233;rites de ses produits sans susciter de soup&#231;ons, ou plus l'&#201;tat sera capable de pr&#233;senter ses comptes sans qu'on juge qu'il les maquille. &#171; &lt;i&gt;L'&lt;/i&gt;information &lt;i&gt;qui tend &#224; &#233;liminer les contrev&#233;rit&#233;s &#224; l'&#339;uvre dans la vie sociale a un caract&#232;re tout &#224; fait d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187;. (p. 18)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe s'est impos&#233; &#224; la modernit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Au XIXe si&#232;cle, la publicit&#233; s'empare des affaires de l'&#201;tat, &#224; un point tel que dor&#233;navant les gouvernements publient eux-m&#234;mes les donn&#233;es que jusque-l&#224; les r&#233;gimes se croyaient oblig&#233;s de tenir secr&#232;tes pour pouvoir subsister.&lt;/i&gt; &#187; (p. 48) Cette exigence nouvelle p&#232;sera progressivement sur les citoyens de l'&#201;tat. L'&#201;tat occupe alors cette fonction paradoxale qui consiste &#224; garantir ce qui rel&#232;ve de la vie priv&#233;e tout en contraignant la r&#233;v&#233;lation de donn&#233;es n&#233;cessaires au maintien des formes de vie collective. En cela se d&#233;finira une double tendance de la d&#233;mocratie lib&#233;rale, &#171; &lt;i&gt;le public devient de plus en plus public, le priv&#233; de plus en plus priv&#233;.&lt;/i&gt; &#187; (p. 48) Et l'interd&#233;pendance s'accro&#238;t entre ces sph&#232;res publiques comme priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sp&#233;cificit&#233; de l'argent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La chose est d'autant plus n&#233;cessaire que l'argent &#8211; un m&#233;dia dont l'importance a cr&#251; sans commune mesure dans la modernit&#233; &#8211; est lui-m&#234;me garant de secrets : il ne t&#233;moigne pas lui-m&#234;me de la fa&#231;on dont il a &#233;t&#233; acquis, il n'engage donc en rien la personne de son titulaire lorsqu'il est investi (par exemple dans une soci&#233;t&#233; par actions) et son utilisation n'exige en rien &#171; &lt;i&gt;que les uns connaissent les autres psychologiquement.&lt;/i&gt; &#187; (p. 21) L'argent n'a pas d'odeur ; il ne conserve aucune trace de tout l'itin&#233;raire qu'il a fait pour arriver l&#224; o&#249; on le trouve. &#171; &lt;i&gt;Depuis que la circulation &#233;conomique des biens se fait par le moyen de la monnaie, elle peut s'effectuer dans une certaine clandestinit&#233; qui lui &#233;tait interdite autrefois.&lt;/i&gt; &#187; (p. 46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas de figure, le moi tend &#224; s'identifier de fa&#231;on morbide &#224; sa richesse priv&#233;e. Ses actifs et acquis lui conf&#232;rent sa personnalit&#233; et sa stature sociale. &#171; &lt;i&gt;La propri&#233;t&#233;, c'est ce qui ob&#233;it &#224; la volont&#233; de son propri&#233;taire, comme le fait, avec une simple diff&#233;rence de degr&#233;, notre corps, qui est notre &#8220;bien&#8221; premier&lt;/i&gt; &#187; (p. 27). Associer ses biens mat&#233;riels &#224; son corps, voire &#224; sa personne propre, &#224; son for, son &lt;i&gt;coffre-for&lt;/i&gt;, voil&#224; certes une strat&#233;gie rh&#233;torique, mais aussi une impression vive longtemps cultiv&#233;e par la bourgeoisie. C'est parce que le bourgeois attribue aux m&#233;rites de sa propre personne, et non &#224; une certaine organisation sociale, la puissance d'accumulation de ses actifs, qu'il fait bon imaginer d&#232;s le XIXe si&#232;cle l'agent du fisc sonner chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela entra&#238;nera la r&#233;plique historique qu'on conna&#238;t jusqu'&#224; maintenant : le fisc et ses agents seraient des agresseurs violant l'intimit&#233; d'autrui. On aura beau jeu au XXe si&#232;cle de justifier leur exil fiscal dans les paradis fiscaux par l'effronterie d'un fisc qui s'ing&#232;re dans leurs affaires comme dans leur &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;. Simmel disait de la discr&#233;tion qu'elle &#171; &lt;i&gt;n'est autre que le sentiment du droit appliqu&#233; &#224; la sph&#232;re des contenus existentiels incommunicables.&lt;/i&gt; &#187; (p. 27) C'est &#224; cela qu'on se r&#233;f&#232;re comme si l'honneur des sujets &#233;tait subitement en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela est un peu court. Ce que le fisc vient plut&#244;t rappeler, au-del&#224; des seules questions de justice sociale qui tombent sous le sens (la r&#233;partition des richesses&#8230;), c'est qu'&#171; &lt;i&gt;aujourd'hui, le secret de la personne est plus limit&#233; sociologiquement&lt;/i&gt; &#187;. La possession priv&#233;e d'un sujet s'explique par un ordre institu&#233; des choses. Paradoxalement, c'est &#224; travers diff&#233;rentes structures et institutions sociales que se dessine la possibilit&#233; pour un sujet de cultiver ce qui, par-devers lui, constituera son secret. L'imp&#244;t rappelle seulement cette contrepartie, &#224; savoir que tout priv&#233; qu'il soit, ce&lt;i&gt; coffre-for&lt;/i&gt; int&#233;rieur reste redevable de l'organisation sociale. &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas approuver dans l'absolu le droit de cette propri&#233;t&#233; priv&#233;e, pas plus dans le domaine de l'esprit que dans le domaine mat&#233;riel. Nous savons que dans une civilisation sup&#233;rieure, cette propri&#233;t&#233; mat&#233;rielle, avec ses trois aspects &#8211; acqu&#233;rir, assurer, faire fructifier &#8211; ne repose jamais sur les seules forces de l'individu, mais qu'elle a besoin pour y parvenir des conditions et des forces du milieu social.&lt;/i&gt; &#187; (p. 28)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; droit de l'ensemble &#187;, qu'il se traduise par une restriction du droit &#224; la propri&#233;t&#233; ou &#171; par l'imp&#244;t &#187; , conditionne la possibilit&#233; de ce que Simmel appelle, au sens large comme restreint, le &#171; commerce &#187; entre les int&#233;ress&#233;s. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e d&#233;pend de la possibilit&#233; de ce commerce et ne saurait &#234;tre d&#233;fendue de fa&#231;on &#233;tanche d&#232;s lors que le tout social qui l'autorise se trouve menac&#233;. &#171; &lt;i&gt;Car il est n&#233;cessaire, dans l'int&#233;r&#234;t du commerce entre les hommes et de la coh&#233;sion sociale, que l'un sache certaines choses sur l'autre, et l'autre n'a pas le droit de s'y opposer d'un point de vue moral, ni d'exiger la discr&#233;tion c'est-&#224;-dire la possession pleine et enti&#232;re de son &#234;tre et de sa conscience au risque m&#234;me de l&#233;ser les int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; (p. 28)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite rel&#232;ve d'un d&#233;bat politique et historique. O&#249; doit advenir la fronti&#232;re entre l'intime et le public ? &#171; &lt;i&gt;Aucune norme g&#233;n&#233;rale ne peut pr&#233;juger&lt;/i&gt; &#187; de la finesse et de la complexit&#233; de cette question philosophique. C'est parce qu'il reste difficile, voire impossible, de d&#233;terminer &#171; &lt;i&gt;les limites l&#233;gales d'une telle invasion&lt;/i&gt; &#187; (p. 29) publique que les tenants de la discr&#233;tion &#224; tout crin ont eu beau jeu de se dire l&#233;s&#233;s et de d&#233;velopper en guise de r&#233;plique une multitude de &#171; produits financiers &#187; &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt;. Ils profitent aussi de l'existence absolue du secret l&#224;-bas pour le faire passer comme essentiel au d&#233;veloppement spirituel de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'absence de m&#233;diation permettant le &lt;i&gt;commerce&lt;/i&gt; entre les gens peut provoquer le pire. &#171; &lt;i&gt;Si le secret n'est pas li&#233; directement au mal, le mal est li&#233; directement au secret.&lt;/i&gt; &#187; (p. 41) Et personne ne s'&#233;tonnera que les fonds de l'&#233;vasion fiscale se confondent &lt;i&gt;offshore&lt;/i&gt; &#224; ceux de la fraude internationale et de la grande criminalit&#233;. Une question historique se pose maintenant : jusqu'o&#249;, ind&#233;pendamment de leurs diff&#233;rentes all&#233;geances politiques, les acteurs de la vie sociale admettront-ils cette entorse aux principes de la d&#233;mocratie lib&#233;rale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Livraison du 31 mai 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sylvain BESSON, &lt;i&gt;L'argent secret des paradis fiscaux&lt;/i&gt;, notamment les pp. 178 &#224; 180.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gr&#233;goire DUHAMEL, &lt;i&gt;Les paradis fiscaux&lt;/i&gt;, Paris, Grancher, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georg Simmel, &lt;i&gt;Secret et soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes&lt;/i&gt;, Paris, Circ&#233;, coll. &#171; Poche &#187;, 1996. Les autres r&#233;f&#233;rences &#224; ce livre sont indiqu&#233;es dans cet article par leur num&#233;ro de page.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces finesses sont tir&#233;es du dernier Guide&#8230; d'&#201;douard CHAMBOST, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Alain Deneault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaire Mondialisation, citoyennet&#233; et d&#233;mocratie de l'UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
