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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Sortir du capitalisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Sortir-du-capitalisme</link>
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		<dc:date>2008-08-01T00:40:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s les mornes d&#233;cennies 80 et 90, marqu&#233;es sous le signe du capitalisme triomphant et du tristement c&#233;l&#232;bre There is no Alternative, un vent nouveau de critiques s'est brusquement lev&#233; et n'a cess&#233; de souffler des rues de Seattle (1995) &#224; celles de Mumba&#239; (2004), t&#233;moignant ainsi de ce qu'un mouvement, complexe et multiple s'&#233;tait form&#233; pour remettre s&#233;rieusement en question la forme, la logique et la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de la mondialisation capitaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, il est d&#233;sormais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sortir-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Sortir du capitalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les mornes d&#233;cennies 80 et 90, marqu&#233;es sous le signe du capitalisme triomphant et du tristement c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;There is no Alternative&lt;/i&gt;, un vent nouveau de critiques s'est brusquement lev&#233; et n'a cess&#233; de souffler des rues de Seattle (1995) &#224; celles de Mumba&#239; (2004), t&#233;moignant ainsi de ce qu'un mouvement, complexe et multiple s'&#233;tait form&#233; pour remettre s&#233;rieusement en question la forme, la logique et la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de la mondialisation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est d&#233;sormais demand&#233; &#224; ce mouvement de contestation d'aller au-del&#224; de la seule d&#233;nonciation de ce qu'il rejette et d'avancer des propositions concr&#232;tes et des alternatives cr&#233;dibles au syst&#232;me social, &#233;conomique et politique actuel. C'est une demande &#224; la fois l&#233;gitime et imp&#233;rieuse qui semble faire concensus comme en t&#233;moigne la mutation du mouvement antimondialisation en un projet global de plus en plus d&#233;sign&#233; comme altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui nous attend est vaste et, on s'en doute, suppose de nombreux d&#233;bats et r&#233;flexions : on ne peut donc que s'y atteler tr&#232;s humblement, mais aussi avec s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent dossier est justement consacr&#233; &#224; quelques voies de sortie du capitalisme dominant qui nous semblent dignes d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ouvre sur un rappel des mythes frauduleux et ind&#233;fendables du discours &#233;conomique dominant, &#8211; par exemple la croyance en l'infaillibilit&#233; des march&#233;s auto-r&#233;gul&#233;s et en la n&#233;cessit&#233; d'une croissance sans bornes. Ce d&#233;blayage conceptuel permet par la suite d'aborder certaines exp&#233;riences pratiques dans les domaines de la production et des &#233;changes, telles l'autogestion et la cr&#233;ation de Syst&#232;mes d'&#233;changes locaux. Ces diverses pratiques &#233;conomiques n'ont pas &#233;t&#233; sans effets sur la r&#233;flexion th&#233;orique qui a inspir&#233; des exp&#233;riences originales et prometteuses en cours, comme le mod&#232;le d'&#233;conomie participative appel&#233; l'&#201;copar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura devin&#233; : nous ne pr&#233;tendons pas offrir ici des recettes &#171; toutes-faites &#187;, applicables &#224; tout moment et en tous lieux. Si seulement ce dossier peut contribuer &#224; stimuler des discussions, &#224; nourrir la r&#233;flexion et l'imaginaire pour d&#233;velopper des pratiques alternatives d&#233;montrant de mani&#232;re cr&#233;dible et convaincante qu'un autre monde est possible, alors nos efforts n'auront pas &#233;t&#233; vains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'&#233;conomie cannibaliste</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-economie-cannibaliste</link>
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		<dc:date>2008-07-31T00:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le singe sans efforts devint homme Lequel un peu plus tard d&#233;sint&#233;gra l'atome &#187; Raymond Queneau &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;conomie est la fa&#231;on dont une soci&#233;t&#233; organise sa survie. Elle est constitu&#233;e des moyens de production (agriculture) et des moyens de reproduire les moyens de production (labourer, garder les grains pour la prochaine semence, etc.). Puis, avec l'augmentation de la productivit&#233; des surplus se d&#233;gagent qui permettent la sp&#233;cialisation et l'&#233;mergence d'activit&#233;s plus sophistiqu&#233;es, comme les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le singe sans efforts devint homme&lt;br class='autobr' /&gt;
Lequel un peu plus tard d&#233;sint&#233;gra l'atome&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Raymond Queneau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie est la fa&#231;on dont une soci&#233;t&#233; organise sa survie. Elle est constitu&#233;e des moyens de production (agriculture) et des moyens de reproduire les moyens de production (labourer, garder les grains pour la prochaine semence, etc.). Puis, avec l'augmentation de la productivit&#233; des surplus se d&#233;gagent qui permettent la sp&#233;cialisation et l'&#233;mergence d'activit&#233;s plus sophistiqu&#233;es, comme les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie n'est pensable qu'en pr&#233;sence de plusieurs personnes. Ainsi, les rapports &#233;conomiques s'instaurent dans une soci&#233;t&#233; et constituent un sous-ensemble des rapports sociaux. Si on remet les choses &#224; leur place, il y a d'abord une soci&#233;t&#233;, aussi embryonnaire soit-elle, et ensuite il y a une &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre syst&#232;me &#233;conomique se base, conceptuellement, sur des notions h&#233;rit&#233;es en grande partie de penseurs anglo-saxons, notamment Adam Smith ou Ricardo. Le bien commun y est la somme des biens individuels. Ainsi, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e y est privil&#233;gi&#233;e &#224; tous les niveaux et, on le croit couramment, le soin que chaque propri&#233;taire a pour sa propri&#233;t&#233; est garant de l'utilisation optimale des ressources. Car, tout syst&#232;me &#233;conomique a pour but de produire le plus avec le moins, donc d'utiliser les ressources d'une mani&#232;re optimale. On croit aussi que la mise en commun des biens n'am&#232;ne qu'irresponsabilit&#233; et gaspillage, car personne ne se soucie de ce qui appartient &#224; tout le monde et qu'il peut utiliser pour rien. Par exemple, dans cette logique, si les soins de sant&#233; sont gratuits, les gens vont passer leur temps &#224; l'h&#244;pital. Alors, si les salles d'attentes se remplissent de gens pas vraiment malades, on ne se demandera pas quelle peut &#234;tre la cause d'un tel engouement pour passer des journ&#233;es &#224; &#171; niaiser &#187; sur des petites chaises droites, on conclura directement que la cause en est la gratuit&#233; des soins et on instaurera un ticket mod&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existe d'autres fa&#231;ons de d&#233;velopper des syst&#232;mes &#233;conomiques. Au syst&#232;me individualiste, s'opposent, un peu partout dans le monde, des syst&#232;mes plus ou moins collectivistes. Le collectivisme n'est pas uniquement le contr&#244;le total de l'&#201;tat sur toutes les activit&#233;s &#233;conomiques, il peut aussi s'actualiser &#224; travers toutes sortes de formes de mise en commun de ressources jusqu'&#224; l'autogestion. D'ailleurs, bien compris, les fondements du syst&#232;me communiste se trouvent dans l'autogestion, c'est-&#224;-dire le contr&#244;le des comit&#233;s de travailleurs (soviets) sur le fonctionnement de leur entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie sovi&#233;tique &#233;tait une &#233;conomie planifi&#233;e. C'est cette planification compl&#232;te qui a tant &#233;t&#233; d&#233;cri&#233;e par les anglo-saxons qui pr&#233;tendent tout laisser &#224; la main invisible du march&#233;. Dans la r&#233;alit&#233; toutefois, la main invisible a &#233;t&#233; amput&#233;e depuis longtemps. M&#234;me aux &#201;tats-Unis, temple de l'&#233;conomie de march&#233;, les gouvernements interviennent constamment pour sauver les entreprises importantes en difficult&#233; et, avec l'affaire Enron, on a vu les effets de la collusion malsaine des politiciens avec les chefs d'entreprise. La biographie de la famille Bush n'est que l'illustration des fa&#231;ons multiples dont l'entreprise am&#233;ricaine utilise l'&#201;tat &#224; des fins priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, la firme est elle-m&#234;me une &#233;conomie planifi&#233;e. Quand on pense que parmi les 50 plus grandes entit&#233;s &#233;conomiques au monde (les &#201;tats-Unis &#233;tant la plus grande) on trouve d&#233;j&#224; plus de la moiti&#233; qui sont des firmes, c'est-&#224;-dire des &#233;conomies planifi&#233;es, on se demande que veulent dire les exhortations &#224; laisser faire le march&#233;. Quand on ajoute que plus de la moiti&#233; des transactions quotidiennes dans le monde se font &#224; l'int&#233;rieur de ces groupes multinationaux (entre les filiales, souvent plusieurs centaines) donc de ces &#233;conomies planifi&#233;es, quel est donc ce fant&#244;me que ces gens invoquent sous le nom de march&#233; ! Quand les dirigeants des grandes entreprises nous chantent les louanges du plus de march&#233; et moins d'&#201;tat, ils nous parlent d'un syst&#232;me qu'ils refusent d'appliquer &#224; l'int&#233;rieur de leur empire dirig&#233; de mani&#232;re autoritaire et &#224; l'ext&#233;rieur, o&#249; dans les faits ils contr&#244;lent les hommes et les d&#233;cisions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment essentiel de notre imaginaire &#233;conomique est l'id&#233;e que nous allons, un &#224; un, tirer notre &#233;pingle du jeu. Chacun est convaincu que le voisin va se planter mais que lui, il va faire mieux. &#201;videmment, cette croyance permet au syst&#232;me de se perp&#233;tuer et aux travailleurs de continuer &#224; se plaindre de leur syndicat, convaincus que les syndicats n'existent que pour les loosers dont ils ne sont pas. En ces p&#233;riodes de recul du syndicalisme (au niveau international) c'est exactement le genre d'argument qui fonctionne avec des gens surexploit&#233;s et sous-pay&#233;s qui esp&#232;rent quand m&#234;me &#234;tre les &#233;lus du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de dessiner de nouveaux syst&#232;mes &#233;conomiques, il faut prendre conscience de certains faits fondamentaux. D'abord, malgr&#233; toutes les &#233;missions am&#233;ricaines sur les gens riches et c&#233;l&#232;bres et tous les P&#233;ladeau de la plan&#232;te, personne ne s'en sort tout seul et personne ne devient riche en &#233;conomisant sur un salaire de travailleur. Ensuite, diminuer les conditions de travail, comme on le fait depuis vingt ans, n'a pas cr&#233;&#233; d'emploi ni n'en a conserv&#233;. Les emplois ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s quand m&#234;me ou d&#233;m&#233;nag&#233;s dans d'autres pays et les compagnies, qui disaient avoir besoin de ces coupures pour survivre, affichent des profits qui illustrent bien le d&#233;labrement de l'&#233;conomie de march&#233;. Le constat est le m&#234;me pour les privatisations. Alors que les tarifs devaient baisser et la qualit&#233; des services augmenter, nous avons assist&#233; exactement au contraire, dans tous les cas. Il faudrait cesser de r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes rengaines. L'URSS s'est effondr&#233;e et la Chine s'ouvre, mais ce ne sont pas des exemples de l'inf&#233;riorit&#233; du socialisme, ce sont des exemples qu'il faut longuement analyser dans leur contexte historique. Disons, pour faire court, que l'URSS n'a jamais &#233;t&#233; vraiment socialiste et que la Chine, avec plus d'un milliard et demi d'habitants, a fort &#224; faire pour seulement les nourrir. D'ailleurs sa voisine, l'Inde capitaliste, avec son milliard d'habitants n'est pas plus avanc&#233;e, et m&#234;me beaucoup moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les poss&#233;dants se servent de plus en plus de l'&#233;conomie et de ses suppos&#233;es r&#232;gles pour terroriser la population et lui faire accepter toutes sortes de pratiques douteuses. On sabre dans les conditions de travail sans arr&#234;t pour suppos&#233;ment cr&#233;er des emplois, mais chaque fois qu'une entreprise licencie massivement, sa valeur boursi&#232;re augmente. L'&#233;conomie est devenue une arme de la classe dominante pour asservir les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de penser &#224; dessiner un syst&#232;me &#233;conomique, il faut se rappeler son objectif fondamental. Un syst&#232;me &#233;conomique sert &#224; organiser la survie et &#224; am&#233;liorer et syst&#233;matiser ces moyens. Il sert aussi &#224; g&#233;n&#233;rer des surplus pour permettre toute une s&#233;rie d'activit&#233;s &#171; moins imm&#233;diatement productives &#187;. Il faut donc non seulement penser un syst&#232;me qui cr&#233;era le plus de richesses possibles avec le moins de ressources possibles, mais aussi &#224; un syst&#232;me qui en fera la meilleure r&#233;partition dans le respect de l'int&#233;grit&#233; et de la dignit&#233; des personnes. Un syst&#232;me &#233;conomique qui laisse une partie croissante de la population sur le carreau ne peut pas &#234;tre valide et valable, aussi &#171; efficace &#187; soit-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Pourquoi la d&#233;croissance ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pourquoi-la-decroissance</link>
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		<dc:date>2008-07-30T00:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Latouche</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Latouche, Serge </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;croissance est un slogan commode pour r&#233;sumer la n&#233;cessaire remise en cause de la croissance. Il a surtout pour objet de marquer fortement l'abandon de l'objectif insens&#233; de la croissance pour la croissance, objectif dont le moteur n'est autre que la recherche effr&#233;n&#233;e du profit par les d&#233;tenteurs du capital. Bien &#233;videmment, il ne vise pas au renversement caricatural qui consisterait &#224; pr&#244;ner la d&#233;croissance pour la d&#233;croissance. En particulier, la d&#233;croissance n'est pas la croissance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Latouche-Serge-+" rel="tag"&gt;Latouche, Serge &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;croissance est un slogan commode pour r&#233;sumer la n&#233;cessaire remise en cause de la croissance. Il a surtout pour objet de marquer fortement l'abandon de l'objectif insens&#233; de la croissance pour la croissance, objectif dont le moteur n'est autre que la recherche effr&#233;n&#233;e du profit par les d&#233;tenteurs du capital. Bien &#233;videmment, il ne vise pas au renversement caricatural qui consisterait &#224; pr&#244;ner la d&#233;croissance pour la d&#233;croissance. En particulier, la d&#233;croissance n'est pas la croissance n&#233;gative, expression antinomique et absurde qui traduit bien la domination de l'imaginaire de la croissance. On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos soci&#233;t&#233;s dans le d&#233;sarroi en raison du ch&#244;mage et de l'abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux qui assurent un minimum de qualit&#233; de vie. On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance n&#233;gatif ! Et c'est ainsi que faute d'oser la d&#233;colonisation de l'imaginaire, la gauche institutionnelle, coinc&#233;e entre l'imp&#233;ratif de la croissance et l'&#233;vidence de ses d&#233;g&#226;ts, se condamne &#224; un social lib&#233;ralisme qui ne r&#233;sout ni les probl&#232;mes sociaux, ni les probl&#232;mes &#233;cologiques. La d&#233;croissance n'est donc envisageable que dans une &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance &#187;. Il ne s'agit ni de revenir au d&#233;veloppement (durable ou non), ni d'entrer en sous-d&#233;veloppement, mais tout simplement de sortir du d&#233;veloppement. Une telle proposition est n&#233;cessaire pour rouvrir l'es-pace de l'inventivit&#233; et de la cr&#233;ativit&#233; de l'imaginaire bloqu&#233; par le totalitarisme &#233;conomiciste, d&#233;veloppementiste et progressiste, et construire un futur soutenable. Il convient alors, pour &#233;viter tout malentendu, de pr&#233;ciser le projet de la d&#233;croissance en le diff&#233;renciant de projets voisins ou qui peuvent para&#238;tre tels : l'anti-productivisme pr&#233;conis&#233; par les verts, le d&#233;veloppement durable soutenu par presque tout le monde et la croissance z&#233;ro ou l'&#233;tat stationnaire de nagu&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que le slogan d'anti-productivisme co&#239;ncide tr&#232;s exactement &#224; ce que nous entendons &#224; travers le mot d'ordre de d&#233;croissance. Cela semble v&#233;rifi&#233;, en effet, pour l'agriculture. L'agriculture anti-productiviste correspond au programme de l'agriculture paysanne de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, qui s'inscrit parfaitement dans notre conception d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance. Toutefois, des ambigu&#239;t&#233;s, voire des divergences subsistent, si on passe &#224; une critique plus globale de la croissance en g&#233;n&#233;ral. La nostalgie de la croissance est largement partag&#233;e dans le fond par la gauche, y compris par les altermondialistes qui consid&#232;rent en outre qu'elle est aussi la solution du probl&#232;me social en cr&#233;ant des emplois et en favorisant une r&#233;partition plus &#233;quitable. L'annonce triomphaliste dans les journaux de la reprise am&#233;ricaine, celle des plans de relance (franco-allemand ou europ&#233;en) reposant sur les grands travaux (infrastructures de transports) contrastent avec le silence assourdissant des socialistes, des communistes, des verts, des altermondialistes, et m&#234;me des &#171; anti-productivistes &#187;. Au mieux certains proposent une &#171; d&#233;c&#233;l&#233;ration de la croissance &#187;. Proposition partant d'un bon sentiment, mais malheureuse, qui nous prive &#224; la fois des bienfaits de la croissance et des avantages de la d&#233;croissance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour inattendu du &#171; d&#233;veloppement &#187; &#224; travers le durable sert en fait de cheval de Troie pour r&#233;introduire par la fen&#234;tre la croissance &#233;conomique de la production mat&#233;rielle pr&#233;datrice et &#233;codestructrice que l'on avait chass&#233;e par la porte. La critique radicale du d&#233;veloppement est le crit&#232;re discriminant de l'alternative authentique. &#192; d&#233;faut, la porte reste ouverte &#224; un d&#233;veloppementisme &#171; mod&#233;r&#233; &#187;. Au lieu de jeter le b&#233;b&#233;, on ne jette que l'eau du bain... Une nouvelle forme de r&#233;sistance &#224; la d&#233;croissance/critique du d&#233;veloppement, s'&#233;nonce alors de la fa&#231;on suivante : &#171; Nous sommes d'accord avec votre programme concret, seuls les mots nous s&#233;parent. Ce que vous appelez d&#233;croissance dans les faits, ce sont exactement les mesures que nous pr&#233;conisons pour r&#233;aliser un d&#233;veloppement durable ou requalifi&#233; &#187;. &#192; la limite, certains soutiennent &#224; la fois la d&#233;croissance, explicitement, et le d&#233;veloppement durable. La d&#233;croissance &#233;tant celle de l'empreinte &#233;cologique et le d&#233;veloppement, celui du bien-&#234;tre humain avec la richesse immat&#233;rielle et relationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'accord sur les valeurs, comme l'importance du local, le respect des &#233;cosyst&#232;mes, l'autolimitation, etc., va bien au-del&#224; des partisans de la d&#233;croissance. Pour sortir du malentendu et construire une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance sereine, il faut aller plus loin et remettre en cause ce qui se tient derri&#232;re le syst&#232;me qui porte ces valeurs, la conception du temps, de l'espace, de la vie et de la mort, etc. Un d&#233;centrement cognitif est n&#233;cessaire ainsi que la d&#233;construction du progr&#232;s et du progressisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour juger du progr&#232;s, il ne suffit pas de conna&#238;tre ce qu'il nous ajoute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . En voulant &#224; toute force conserver les mots &#171; d&#233;veloppement &#187; et &#171; croissance &#187; tout en pr&#233;tendant en subvertir le contenu, nos partenaires/adversaires veulent tout de m&#234;me conserver l'imaginaire du progr&#232;s. C'est toujours le mieux qui est vis&#233; et non le bien. C'est pourquoi ils se retrouvent tout naturellement sous la m&#234;me banni&#232;re que les tenants du d&#233;veloppement durable qu'ils pr&#233;tendent combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, selon Michel Petit, expert du GIEC, membre du conseil g&#233;n&#233;ral des technologies de l'information, non suspect d'int&#233;grisme &#233;cologique : &#171; &lt;i&gt;Le mod&#232;le de d&#233;veloppement suivi par tous les pays jusqu'&#224; aujourd'hui est fondamentalement non durable, au-del&#224; des arguties qui entourent le concept de d&#233;veloppement durable&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Dupuy, Pour un catastrophisme &#233;clair&#233;. Quand l'impossible est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. On peut parler, sans probl&#232;me, de &#171; futur soutenable &#187; avec le Wupperthal Institute ou de &#171; soci&#233;t&#233; soutenable &#187; comme les amis de la terre, pas de d&#233;veloppement soutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat stationnaire et la croissance z&#233;ro sembleraient alors des r&#233;ponses de bons sens pour rem&#233;dier &#224; la situation. De fait, il s'agit de propositions de compromis d&#233;j&#224; anciennes, plus radicales que la d&#233;c&#233;l&#233;ration, qui tentent de concilier la pr&#233;servation de l'environnement avec les &#171; acquis &#187; de la domination &#233;conomique. Le fait que toutes les soci&#233;t&#233;s humaines qui ont dur&#233; jusqu'au XVIIIe si&#232;cle aient fonctionn&#233; dans la reproduction soutenable semble conforter cette position. Encore jusque dans les ann&#233;es soixante, l'empreinte &#233;cologique de la France ne d&#233;passait pas la capacit&#233; de r&#233;g&#233;n&#233;ration de la biosph&#232;re. Toutefois, cette position sous-estime la d&#233;mesure propre &#224; notre syst&#232;me. En cons&#233;quence, on se prive des apports positifs en terme de bonheur collectif d'une d&#233;croissance conviviale et on ne renonce pour autant ni au mode de production, ni au mode de consommation, ni au style de vie engendr&#233;s par la croissance ant&#233;rieure. On se r&#233;signe par raison &#224; un immobilisme conservateur, mais sans remettre en cause les valeurs et les logiques du d&#233;veloppementisme et de l'&#233;conomisme. Il s'agit d'une position h&#233;ro&#239;que et utopique ; c'est l'&#233;quilibre du cycliste faisant &#233;ternellement du sur-place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat stationnaire n'&#233;tant ni r&#233;aliste, ni souhaitable, la d&#233;croissance, pour le Nord, est donc in&#233;luctable. En fait, c'&#233;tait la position de Sicco Mansholt alors vice-pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne qui &#233;crivit en 1972 une lettre publique au pr&#233;sident, Franco-Maria Malfatti, lui recommandant de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'arr&#234;t de la croissance ! Dans un entretien publi&#233; par le &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, &#224; la question &#171; &lt;i&gt;On a m&#234;me dit que vous &#233;tiez pour la croissance z&#233;ro ?&lt;/i&gt; &#187;, il r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s mal compris sur ce point.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Est-il possible de maintenir le taux de croissance sans modifier profond&#233;ment la soci&#233;t&#233; ? En &#233;tudiant lucidement le probl&#232;me, on voit bien que la r&#233;ponse est non. Alors il ne s'agit m&#234;me plus de croissance z&#233;ro, mais d'une croissance en dessous de z&#233;ro. Disons le carr&#233;ment : il faut r&#233;duire notre croissance &#233;conomique, pour y substituer la notion d'une autre culture, du bonheur, du bien-&#234;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le chemin du bonheur &#187; , Entretien avec Sicco Mansholt de Josette Alia, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Devenu Pr&#233;sident de la commission, Sicco Mansholt reprit son plaidoyer. En vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance est &#224; la fois un virus pervers et une drogue. &#171; &lt;i&gt;Pour s'infiltrer dans les espaces vernaculaires&lt;/i&gt;, &#233;crit Majid Rahnema, &lt;i&gt;le premier&lt;/i&gt; Homo &#339;conomicus &lt;i&gt;avait adopt&#233; deux m&#233;thodes qui ne sont pas sans rappeler, l'une l'action du r&#233;trovirus VIH et l'autre les moyens employ&#233;s par les trafiquants de drogue&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Majid Rahnema, Quand la mis&#232;re chasse la pauvret&#233;, Fayard/Actes Sud, Paris 2003.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pour contrecarrer la destruction des d&#233;fenses immunitaires et la cr&#233;ation de nouveaux besoins, il faut une v&#233;ritable cure de d&#233;sintoxication collective. Toutefois, si on suit Ivan Illich, la disparition programm&#233;e de la soci&#233;t&#233; de croissance n'est pas n&#233;cessairement une mauvaise nouvelle. &#171; &lt;i&gt;La bonne nouvelle est que ce n'est pas d'abord pour &#233;viter les effets secondaires n&#233;gatifs d'une chose qui serait bonne en soi qu'il nous faut renoncer &#224; notre mode de vie &#8211; comme si nous avions &#224; arbitrer entre le plaisir d'un mets exquis et les risques aff&#233;rents. Non, c'est que le mets est intrins&#232;quement mauvais, et que nous serions bien plus heureux &#224; nous d&#233;tourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Dupuy, &#171; Ivan Illich ou la bonne nouvelle &#187;, Le Monde du 27/12/2002.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour juger du progr&#232;s, il ne suffit pas de conna&#238;tre ce qu'il nous ajoute ; il faut encore tenir compte de ce dont il nous prive&lt;/i&gt; &#187;. Baudoin de Bodinat, &lt;i&gt;La vie sur terre. R&#233;flexions sur le peu d'avenir que contient le temps o&#249; nous sommes&lt;/i&gt;, t 1. Paris, &#201;d. de L'encyclop&#233;die des Nuisances, 1996, p. 71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Dupuy, &lt;i&gt;Pour un catastrophisme &#233;clair&#233;. Quand l'impossible est certain&lt;/i&gt;, Seuil, Paris 2002. p. 30. Comme le note Nicholas Georgescu Roegen : &#171; &lt;i&gt;Le d&#233;veloppement durable ne peut en aucun cas &#234;tre s&#233;par&#233; de la croissance &#233;conomique.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;En v&#233;rit&#233;, qui a jamais pu penser que le d&#233;veloppement n'implique pas n&#233;cessairement quelque croissance ?&lt;/i&gt; &#187; Nicholas Georgescu Roegen, &lt;i&gt;An Emigrant from Developing Country. Autobiographical Notes 1&lt;/i&gt;, in J. A. Kregel (&#233;d.), &lt;i&gt;Recollections of Eminent Economists&lt;/i&gt;, Macmillan, Londres, 1989, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le chemin du bonheur &#187; , Entretien avec Sicco Mansholt de Josette Alia, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 12-18 juin 1972, pp. 71-88. voir aussi &lt;i&gt;L'&#233;cologiste&lt;/i&gt;, N&#176;8 d'octobre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Majid Rahnema, &lt;i&gt;Quand la mis&#232;re chasse la pauvret&#233;&lt;/i&gt;, Fayard/Actes Sud, Paris 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Dupuy, &#171; Ivan Illich ou la bonne nouvelle &#187;, Le Monde du 27/12/2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serge Latouche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophe et objecteur de croissance, professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; de Paris-Sud, auteur notamment de &lt;i&gt;Justice sans limite&lt;/i&gt;, Fayard 2003, et de &lt;i&gt;D&#233;coloniser l'imaginaire&lt;/i&gt;, Parangon 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une alternative &#233;conomique globale </title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-alternative-economique-globale</link>
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		<dc:date>2008-07-29T00:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benoit Renaud</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Renaud, Benoit</dc:subject>

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&lt;p&gt;La plupart des propositions pr&#233;sent&#233;es comme des alternatives &#233;conomiques ont en commun un horizon local, voire une vision explicitement localiste. Depuis le c&#233;l&#232;bre Small is Beautiful, bien des critiques du syst&#232;me capitaliste mondial, comme du socialisme r&#233;ellement inexistant du d&#233;funt bloc de l'Est, sont fond&#233;es sur la recherche d'une plus grande libert&#233; individuelle face aux monstres que sont l'Eat-nation et l'entreprise transnationale. &lt;br class='autobr' /&gt; Si on doit c&#233;l&#233;brer les initiatives telles les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sortir-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Sortir du capitalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Renaud-Benoit-+" rel="tag"&gt;Renaud, Benoit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La plupart des propositions pr&#233;sent&#233;es comme des alternatives &#233;conomiques ont en commun un horizon local, voire une vision explicitement localiste. Depuis le c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Small is Beautiful&lt;/i&gt;, bien des critiques du syst&#232;me capitaliste mondial, comme du socialisme r&#233;ellement inexistant du d&#233;funt bloc de l'Est, sont fond&#233;es sur la recherche d'une plus grande libert&#233; individuelle face aux monstres que sont l'Eat-nation et l'entreprise transnationale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte s'inspire largement du livre An anti-capitalist Manifesto, de Alex (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si on doit c&#233;l&#233;brer les initiatives telles les coop&#233;ratives de production et de consommation, le budget participatif municipal ou le commerce &#233;quitable, il faut admettre que ces formes de r&#233;sistance ne sont pas des solutions aux probl&#232;mes globaux comme le changement climatique, la guerre imp&#233;rialiste et la pauvret&#233; absolue dans laquelle vit la moiti&#233; de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains se souviendront du mot du sous commandant Marcos, prononc&#233; lors des r&#233;unions &#171; intergalactiques &#187; de la fin des ann&#233;es 1990, qui pr&#233;figuraient le mouvement des forums sociaux : &#171; &lt;i&gt;Un seul NON, plusieurs OUI&lt;/i&gt; &#187;. Dans le mouvement altermondialiste, on s'entend sur le rejet du mod&#232;le capitaliste n&#233;olib&#233;ral, mais plusieurs perspectives fort diff&#233;rentes sont pr&#233;sent&#233;es sur ce que devrait &#234;tre le mod&#232;le alternatif. J'en examinerai trois : un capitalisme r&#233;gul&#233;, un socialisme de march&#233; et la planification d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un keyn&#233;sianisme global&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs groupes et personnalit&#233;s importantes dans le mouvement avancent qu'un autre capitalisme est possible. Leurs propositions incluent la taxation des transactions financi&#232;res, l'inclusion de volets sociaux dans les trait&#233;s comme la ZL&#201;A et l'Union Europ&#233;enne, le financement de programmes contre la pauvret&#233;, etc. Il s'agit, au fond, d'une mise &#224; jour des conceptions social-d&#233;mocrates traditionnelles fond&#233;es sur la recherche d'un capitalisme &#171; &#224; visage humain &#187;. Lionel Jospin, le premier ministre fran&#231;ais qui &#233;tait au pouvoir lorsque l'expression &#171; social lib&#233;ralisme &#187; a &#233;t&#233; invent&#233;e, r&#233;sumait tr&#232;s bien cette approche en disant qu'il voulait avoir &#171; &lt;i&gt;une &#233;conomie de march&#233;, mais pas une soci&#233;t&#233; de march&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La popularit&#233; de ces conceptions est tout &#224; fait normale dans le contexte actuel. Apr&#232;s vingt ans de d&#233;faites pour le mouvement ouvrier et les autres mouvements sociaux, m&#234;me des r&#233;formes tr&#232;s modestes, voire des reculs moins rapides et moins profonds, peuvent &#234;tre les bienvenus. La politique du moindre mal a ses m&#233;rites en comparaison avec celle du pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus optimistes r&#234;vent &#224; une sorte de keyn&#233;sianisme global, avec une redistribution de la richesse du Nord vers le Sud, une extension des droits sociaux et un renforcement des protections environnementales. Mais les obstacles &#224; la r&#233;alisation d'un tel projet sont majeurs. Premi&#232;rement, il y a la logique implacable de ce que Marx appelait l'accumulation comp&#233;titive. Dans une &#233;conomie fond&#233;e sur la comp&#233;tition sur le march&#233; mondial, chaque entreprise est aux prises avec la pression constante de la course aux profits. Chaque institution financi&#232;re cherche &#224; investir dans les projets g&#233;n&#233;rateurs de profits sup&#233;rieurs &#224; la moyenne. Chaque entreprise &#224; la recherche d'investisseurs doit viser &#224; r&#233;duire ses co&#251;ts, &#224; augmenter la productivit&#233; de sa force de travail et, ultimement, &#224; &#233;craser ses rivaux. En fait, c'est la logique de la comp&#233;tition qui conduit &#224; la formation de cartels ou de monopoles, ou encore &#224; la recherche de privil&#232;ges politiques comme des subventions, des lois avantageuses, des abris fiscaux ou des contrats de &#171; reconstruction &#187; en Irak, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &#201;tats, la pression du march&#233; mondial implique la recherche d'avantages comparatifs en vue d'attirer les investissements et d'&#233;viter la fuite des capitaux nationaux vers des territoires per&#231;us comme plus profitables. Elle signifie aussi la recherche d'avantages pour ses entreprises nationales, y compris par une autre forme de comp&#233;tition : la militarisation et la guerre. Le projet de bouclier antimissiles, qui semble absurde d'un point de vue scientifique ou strictement militaire, prend tous son sens dans le contexte de la recherche de nouveau contrats militaires surpay&#233;s par les multinationales am&#233;ricaines en difficult&#233; face &#224; leurs concurrents europ&#233;ens ou asiatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le boom d'apr&#232;s-guerre, ces trente glorieuses qui inspirent la nostalgie d'un r&#233;formisme avec de vraies r&#233;formes, n'a &#233;t&#233; possible que gr&#226;ce &#224; la domination &#233;conomique des &#201;tats-Unis sur les trois-quarts de la plan&#232;te (et de l'URSS sur l'autre quart).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie voulant que les politiques clairvoyantes des gouvernements sociaux-d&#233;mocrates soit responsable pour la croissance &#233;conomique des ann&#233;es 1945-1975, et non l'inverse, accorde beaucoup trop d'importance &#224; la subjectivit&#233; politique. Selon cette interpr&#233;tation, l'&#233;conomie allait bien dans cette p&#233;riode et les programmes sociaux &#233;taient en expansion parce que les bonnes personnes &#233;taient au pouvoir. Par la suite, la vague n&#233;olib&#233;rale serait caus&#233;e par l'&#233;lection de Reagan et de Thatcher. Il suffirait donc d'&#233;lire Jospin et Lula pour que la situation se r&#233;tablisse. Cette vision conduit tout droit &#224; l'adoption d'une vision conspiratrice du triomphe n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les politiques de l'&#201;tat Providence ont &#233;t&#233; mises en place par des gouvernements aussi divers que la pr&#233;sidence r&#233;publicaine de Eisenhower, le r&#233;gime lib&#233;ral de Louis Saint-Laurent, ou le travaillisme britannique. Puis les politiques de contre-r&#233;formes des trente derni&#232;res ann&#233;es sont venues de gouvernements aussi divers que l'Union de la Gauche de Mitterrand, le PQ de Ren&#233; L&#233;vesque et l'administration d&#233;mocrate de Bill Clinton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; partir des notions de bon capitalisme et de bon gouvernement, certains des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La g&#233;n&#233;ralisation du localisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout un autre pan du mouvement actuel rejette les solutions tant gouvernementales qu'&#233;tatiques et propose comme perspective la g&#233;n&#233;ralisation des initiatives locales fond&#233;es sur la d&#233;mocratie directe. Pouss&#233;e &#224; ses ultimes conclusions, une telle proposition peut converger avec la th&#233;orie du socialisme de march&#233;. En effet, si on rejette &#224; la fois toute autorit&#233; nationale ou mondiale et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, on se retrouve avec une myriade de petites collectivit&#233;s de production et de consommation, dont les rapports seraient gouvern&#233;s par les lois du march&#233;, &#224; d&#233;faut d'autorit&#233;s centrales, d&#233;mocratique ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel sc&#233;nario, il faudrait compter sur la g&#233;n&#233;rosit&#233; des riches pour r&#233;duire la pauvret&#233; et sur la bonne volont&#233; des collectivit&#233;s les plus productives pour &#233;viter la banqueroute des autres. En effet, la logique m&#234;me de rapports marchands maintiendrait la dynamique de l'accumulation comp&#233;titive, mais au profit d'une collectivit&#233; locale plut&#244;t que d'une entreprise priv&#233;e. Il devrait s'ensuivre un processus d'&#233;limination des collectivit&#233;s les moins performantes et la croissance des plus performantes, autrement dit, une nouvelle dynamique de concentration du capital. Puis la croissance de certaines collectivit&#233;s exercerait une pression interne pour le remplacement de la d&#233;mocratie directe par un syst&#232;me de d&#233;l&#233;gation de pouvoir de plus en plus &#233;loign&#233; de la base. Aussi, la comp&#233;tition &#224; l'&#233;chelle mondiale, m&#234;me si elle ne concerne qu'un &#233;ventail de biens et de services limit&#233;s au d&#233;but, combin&#233;e avec les in&#233;galit&#233;s internationales, ferait pression en faveur du recours &#224; la violence pour forcer ou emp&#234;cher une redistribution de la richesse et de l'acc&#232;s aux ressources, donc &#224; un retour de l'&#233;tat et de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e selon laquelle la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production constitue l'essence m&#234;me du capitalisme (plut&#244;t que la comp&#233;tition et l'exploitation) est r&#233;ductrice au sein de ces th&#233;ories, et constituait la faille principale du mod&#232;le yougoslave d'autogestion marchande des ann&#233;es 1960 et 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'exp&#233;rience d'un demi-si&#232;cle de comp&#233;tition f&#233;roce entre l'URSS et les &#201;tats-Unis, dans un monde o&#249; une grande partie de chaque &#233;conomie nationale appartenait &#224; l'&#201;tat, devrait nous apprendre que la propri&#233;t&#233; &#233;tatique et le capitalisme vont tout &#224; fait bien ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on est que si on maintient un aspect fondamental du capitalisme (la comp&#233;tition locale ou mondiale), l'&#233;limination d'une manifestation juridique du syst&#232;me (la propri&#233;t&#233; priv&#233;e) ne peut pas conduire &#224; une &#233;conomie &#233;galitaire, solidaire et durable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une coordination n&#233;goci&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me option est celle d'une &#233;conomie fond&#233;e sur la propri&#233;t&#233; sociale combin&#233;e &#224; l'application des principes de la d&#233;mocratie &#224; tous les niveaux de la prise de d&#233;cision. C'est ce que Pat Devine appelle la coordination n&#233;goci&#233;e. Au lieu de fonder les relations entre les collectivit&#233;s locales sur un march&#233; comp&#233;titif, ou de confier &#224; une bureaucratie toute-puissante le soin de d&#233;cider de la r&#233;partition des ressources, les multiples d&#233;cisions qui doivent se prendre seraient confi&#233;es &#224; des m&#233;canismes de n&#233;gociation impliquant toutes les parties concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de base d'un tel syst&#232;me serait que chaque d&#233;cision doit impliquer toutes les personnes qu'elle affecte. Des enjeux globaux comme le niveau de consommation de combustibles fossiles ou les normes du transport transcontinental devraient &#234;tre discut&#233;s dans une structure d&#233;mocratique repr&#233;sentative de l'ensemble de la plan&#232;te. &#192; l'autre extr&#234;me, le choix de faire des &#233;tudes en m&#233;decine ou en musique devrait appartenir aux individus. Entre les deux, une s&#233;rie de paliers de prise de d&#233;cision devraient impliquer, dans un rapport &#233;galitaire, les producteurs et les consommateurs de chaque bien ou service g&#233;n&#233;r&#233; socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de confier les d&#233;cisions qui affectent la vie des collectivit&#233;s locales, nationales et de l'humanit&#233; enti&#232;re &#224; l'enchev&#234;trement de cercles vicieux du march&#233; ou &#224; une dictature plus ou moins brutale, on pr&#233;f&#232;re se fier au bon jugement de ses semblables et &#224; la sagesse de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sc&#233;narios du capitalisme r&#233;gul&#233;, du capitalisme communautariste ou du capitalisme &#233;tatique reposent tous, au fond, sur une vision pessimiste de l'humanit&#233; et l'abandon de l'id&#233;al d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, les contributions r&#233;centes de gens comme Michael Albert (voir autre texte dans ce dossier) doivent &#234;tre accueillies chaleureusement, en autant que de la n&#233;cessit&#233; d'imaginer des alternatives possibles on ne passe pas &#224; la proclamation d'un mod&#232;le tout fait pour une soci&#233;t&#233; qu'il appartiendra &#224; toutes et &#224; tous d'inventer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte s'inspire largement du livre &lt;i&gt;An anti-capitalist Manifesto&lt;/i&gt;, de Alex Calinicos (&#201;dition Polity, Cambridge, 2003) ainsi que de l'article &#171; Life after capitalism &#187;, de James Meadway, dans &lt;i&gt;International Socialism&lt;/i&gt;, no. 100, Londres, automne 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; partir des notions de bon capitalisme et de bon gouvernement, certains des d&#233;fenseurs de ce nouveau r&#233;formisme en arrivent &#224; appuyer l'id&#233;e du bon imp&#233;rialisme. Celui des &#201;tats-Unis est s&#233;v&#232;rement critiqu&#233;, mais on applaudit &#224; la constitution d'une d&#233;fense commune pour l'Europe et aux interventions &#171; humanitaires &#187; de la France en Afrique ou de l'OTAN en ex-Yougoslavie. L&#224; encore, on pr&#233;sente l'&#201;tat (&#224; condition qu'il soit dirig&#233; par les bonnes personnes) comme l'instrument du progr&#232;s social et de la d&#233;fense des droits d&#233;mocratiques. La capacit&#233; des populations exploit&#233;es et opprim&#233;es de la plan&#232;te &#224; se prendre en main en vue de renverser leurs propres gouvernements (comme elles l'on fait r&#233;cemment dans des pays aussi divers que l'Indon&#233;sie, la Serbie, la G&#233;orgie et la Bolivie) et &#224; d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts face &#224; tout gouvernement est simplement &#233;cart&#233;e de l'&#233;quation politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benoit Renaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'autogestion</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-autogestion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-autogestion</guid>
		<dc:date>2008-07-28T01:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le terme &#171; autogestion &#187; est relativement r&#233;cent dans la langue fran&#231;aise, car il n'est apparu qu'&#224; partir de 1960. Il est la traduction litt&#233;rale d'un mot serbo-croate, samoupravlje, lui donnant ainsi, au d&#233;part, une connotation historique pr&#233;cise, celle de l'exp&#233;rience autogestionnaire yougoslave instaur&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 50. Par la suite, durant les ann&#233;es 70, il sera largement repris par divers courant de gauche un peu partout dans le monde, pas toujours d`une mani&#232;re &#171; d&#233;sint&#233;ress&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sortir-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Sortir du capitalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le terme &#171; autogestion &#187; est relativement r&#233;cent dans la langue fran&#231;aise, car il n'est apparu qu'&#224; partir de 1960. Il est la traduction litt&#233;rale d'un mot serbo-croate, &lt;i&gt;samoupravlje&lt;/i&gt;, lui donnant ainsi, au d&#233;part, une connotation historique pr&#233;cise, celle de l'exp&#233;rience autogestionnaire yougoslave instaur&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 50. Par la suite, durant les ann&#233;es 70, il sera largement repris par divers courant de gauche un peu partout dans le monde, pas toujours d`une mani&#232;re &#171; d&#233;sint&#233;ress&#233;e &#187;, ni tr&#232;s pr&#233;cise. Si le mot est r&#233;cent, du moins en fran&#231;ais, l'id&#233;e et la pratique sont beaucoup plus vieilles, remontant au d&#233;but du capitalisme avec la formation des premi&#232;res coop&#233;ratives ouvri&#232;res de production dans le cours du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;al autogestionnaire embrasse un horizon beaucoup plus large que la simple sph&#232;re &#233;conomique ou gestionnaire, car il propose la r&#233;alisation effective de la d&#233;mocratie en &#233;tendant la logique &#233;galitaire et libertaire dans le domaine du travail, lieu par excellence de la non-libert&#233;. Le passage de l'h&#233;t&#233;rogestion (o&#249; la production est contr&#244;l&#233;e par d'autres que ceux et celles qui produisent) &#224; l'autogestion (o&#249; la production est contr&#244;l&#233;e collectivement par les producteurs-productrices) exprime ainsi une rupture radicale avec le vieil ordre des choses. Toutes les grandes tentatives r&#233;volutionnaires du XXe si&#232;cle ont d'ailleurs vu la cr&#233;ation d'organes d'autogestion : soviets et comit&#233;s d'usine, conseils ouvriers, communes, etc. Pourtant, nulle part ces organismes n'ont r&#233;ussi &#224; survivre ni m&#234;me &#224; se g&#233;n&#233;raliser, &#233;cras&#233;s par la r&#233;pression ou tout simplement &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;s &#187;. Il faut voir que l'autogestion, tout comme la d&#233;mocratie, n'est pas un &#233;tat de fait que l'on peut d&#233;cr&#233;ter, mais un processus. De l'autogestion des luttes &#224; celle de la production et de la soci&#233;t&#233;, la ligne n'est pas &#233;vidente (&#171; &lt;i&gt;L'autogestion, c'est pas de la tarte&lt;/i&gt; &#187; affirmait Maurice Joyeux, th&#233;oricien anarchiste fran&#231;ais) et sem&#233;e d'emb&#251;ches. Mais la g&#233;n&#233;ralisation du processus est une condition n&#233;cessaire pour que les institutions autogestionnaires ne soient pas d&#233;truites ou &#171; absorb&#233;es &#187;. Cela pose alors la question du politique, c'est-&#224;-dire des mesures capables, nationalement et m&#234;me internationalement, de favoriser l'&#233;panouissement des pratiques autogestionnaires. Marx, au sujet des coop&#233;ratives ouvri&#232;res, relevait que celles-ci permettaient bien de passer du &#171; &lt;i&gt;despotisme du capital&lt;/i&gt; &#187; &#224; un &#171; &lt;i&gt;r&#233;gime r&#233;publicain de production&lt;/i&gt; &#187;, mais cela seulement dans le cadre limit&#233; de telle ou telle entreprise. Or, &#171; &lt;i&gt;pour que les masses laborieuses soient affranchies, la coop&#233;ration devrait prendre une ampleur nationale, et par cons&#233;quent, il faudrait la favoriser avec des moyens nationaux&lt;/i&gt; &#187;. Dans l'esprit de Marx, ces moyens nationaux n'impliquaient nullement le contr&#244;le &#233;tatique des coop&#233;ratives mais plut&#244;t des mesures stimulant l'autonomie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par del&#224; ces consid&#233;rations assez th&#233;oriques, il reste la pratique, car les salari&#233;Es ont continu&#233; et continuent de fonder des coop&#233;ratives de production. Certaines ont m&#234;me acquis une taille impressionnante comme le complexe coop&#233;ratif de Mondragon au Pays basque. Fond&#233; en 1956, ce complexe comprenait, en 2003, 218 entreprises dont la moiti&#233; op&#233;rait dans le cadre coop&#233;ratif et il impliquait 68 260 salari&#233;Es. Pourtant, malgr&#233; cette extension, les coop&#233;rants de Mondragon ne per&#231;oivent nullement leur exp&#233;rience comme une alternative &#224; l'&#233;conomie dominante. Comme on peut le lire sur le site officiel de Mondragon : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est nullement notre intention. Nous croyons, tout simplement, que nous avons d&#233;velopp&#233; une mani&#232;re de rendre l'entreprise plus humaine et participative. Une d&#233;marche qui, de plus, cadre bien avec les mod&#232;les de gestion les plus &#233;volu&#233;s et actuels, qui tiennent de plus en plus compte de la personne-travailleur, comme premier actif et principal diff&#233;rentiel de l'entreprise moderne&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.mondragon.mcc.es&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mondragon.mcc.es&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le mouvement coop&#233;ratif a &#233;t&#233; longtemps sous la tutelle id&#233;ologique du clerg&#233; qui y voyait comme une &#171; troisi&#232;me voie &#187; entre le lib&#233;ralisme et le communisme. Cependant, &#224; partir des ann&#233;es 60 et 70, en lien avec la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et populaires, les coop&#233;ratives ouvri&#232;res de production se d&#233;gagent de cette tutelle et connaissent une relative expansion. L'exp&#233;rience la plus connue au cours de cette p&#233;riode (en parall&#232;le, il faut le noter, avec une autre exp&#233;rience qui se d&#233;roulait en France et impliquant les salari&#233;s de l'usine horlog&#232;re de LIP) est celle de Tricofil. La Soci&#233;t&#233; populaire Tricofil Inc. &#233;tait une usine autog&#233;r&#233;e se sp&#233;cialisant dans la fabrication de tissus et dans la confection de v&#234;tements. Elle est n&#233;e de l'initiative de travailleurs d&#233;cid&#233;s &#224; conserver leurs emplois suite &#224; la fermeture de la Regent Knitting Mills Ltd. de St-J&#233;r&#244;me. Appuy&#233;s par leur syndicat et soutenus en partie par le gouvernement du Qu&#233;bec, ces travailleurs ont entrepris de relancer l'usine en 1975. Le projet a dur&#233; sept ann&#233;es. Les difficult&#233;s financi&#232;res, organisationnelles et humaines, l'ins&#233;curit&#233; des travailleurs et finalement la crise de l'industrie textile de m&#234;me que la r&#233;cession des ann&#233;es 80 ont eu raison de Tricofil. En f&#233;vrier 1982, le collectif des travailleurs fermait le projet sur recommandation du conseil d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a l&#224;, en pleine lumi&#232;re, les principaux obstacles auquel se heurte l'autogestion pratiqu&#233;e jusqu'&#224; maintenant : isolement et environnement &#233;conomique et politique d&#233;favorable. Outre ces consid&#233;rations, il faut noter, comme le soulignait Marcel S&#233;vigny, un des initiateurs d'une coop&#233;rative de solidarit&#233; dans le sud-ouest de Montr&#233;al, que l'autogestion implique aussi de profonds changements culturels et psychologiques face aux comportements acquis par rapport au travail. &#202;tre autonome n'est pas donn&#233;, cela s'acquiert p&#233;niblement. Par ailleurs, toujours selon Marcel S&#233;vigny, le vide th&#233;orique sur ce sujet au Qu&#233;bec, apr&#232;s la floraison des ann&#233;es 70-80 (entre autres avec la revue Possibles), ne favorise gu&#232;re des avanc&#233;es pratiques. Pourtant, avec la mont&#233;e du mouvement altermondialiste et des enjeux auxquels celui-ci est confront&#233;, la n&#233;cessit&#233; de revenir sur ces th&#232;mes est cruciale. Postuler qu'un autre monde est possible am&#232;ne, in&#233;luctablement, &#224; proposer une autre production et une autre &#233;conomie. C'est en ce sens que l'autogestion, vieille id&#233;e, est promise &#224; un bel avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'&#233;copar, une proposition libertaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-ecopar-une-proposition</link>
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		<dc:date>2008-07-27T01:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Devant les terribles carences &#8211; ce sont souvent de v&#233;ritables crimes &#8211; de nos soci&#233;t&#233;s, beaucoup de gens et bien des activistes se demandent, avec raison, quel autre mode d'organisation sociale on pourrait imaginer qui nous &#233;pargnerait ces carences et ces crimes et qui serait capable de le faire dans la longue dur&#233;e et pas seulement &#224; court terme ou de mani&#232;re r&#233;formiste. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; L'auteur de ces paroles est Noam Chomsky et, &#224; n'en pas douter, il exprime ici tout haut ce que bien des gens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sortir-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Sortir du capitalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Devant les terribles carences &#8211; ce sont souvent de v&#233;ritables crimes &#8211; de nos soci&#233;t&#233;s, beaucoup de gens et bien des activistes se demandent, avec raison, quel autre mode d'organisation sociale on pourrait imaginer qui nous &#233;pargnerait ces carences et ces crimes et qui serait capable de le faire dans la longue dur&#233;e et pas seulement &#224; court terme ou de mani&#232;re r&#233;formiste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'auteur de ces paroles est Noam Chomsky et, &#224; n'en pas douter, il exprime ici tout haut ce que bien des gens pensent tout bas. Mais la r&#233;ponse qu'il donne &#224; ces questions en &#233;tonnera plus d'un. Chomsky poursuit en effet en disant : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;copar est l'effort le plus s&#233;rieux que je connaisse pour donner une r&#233;ponse pr&#233;cise &#224; certaines de ces cruciales questions, une r&#233;ponse reposant sur une pens&#233;e et des analyses s&#233;rieuses et cr&#233;dibles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce donc que cette &#201;copar ? Il s'agit en fait d'un mod&#232;le &#233;conomique d'inspiration libertaire dont Michael Albert, militant am&#233;ricain bien connu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael Albert est, avec d'autres, le fondateur de la maison d'&#233;dition South (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et Robin Hahnel, professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; de Washington, sont les cr&#233;ateurs et il suscite, depuis quelques ann&#233;es, un int&#233;r&#234;t croissant. On l'appelle en anglais &lt;i&gt;Parecon&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;Participatory Economics&lt;/i&gt;, en fran&#231;ais &#201;copar pour &#171; &#233;conomie participative &#187; ou &#171; participaliste &#187;. Si on veut d&#233;crire tr&#232;s sommairement cette &#233;conomie, on pourra dire qu'elle veut distribuer de mani&#232;re &#233;quitable les obligations et les b&#233;n&#233;fices du travail social ; assurer l'implication des membres dans les prises de d&#233;cision &#224; proportion des effets que ces d&#233;cisions ont sur eux ; d&#233;velopper le potentiel humain pour la cr&#233;ativit&#233;, la coop&#233;ration et l'empathie ; enfin, utiliser de mani&#232;re efficace les ressources humaines et naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en croire Chomsky : il s'agit d'un travail immense et s&#233;rieux, d'un travail comme on n'en retrouve que trop rarement, aussi bien dans les milieux universitaires que militants et auquel, je dois le dire, je ne pourrai rendre justice en quelques pages. Mais ce travail ambitieux est &#233;galement fort modeste. C'est que les auteurs n'ignorent ni qu'une soci&#233;t&#233; est bien plus qu'une &#233;conomie, ni que le changement social ne se d&#233;cr&#232;te pas, ni enfin que l'instauration d'une &#233;conomie autre ne peut &#234;tre que consentie et exploratoire. Et c'est pourquoi ils affirment volontiers que si la conception d'une &#233;conomie est une t&#226;che importante, elle ne repr&#233;sente qu'une part, cruciale sans doute mais insuffisante, d'une analyse et d'une vis&#233;e de transformation radicale de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;l&#233;ments d'&#233;conomie participaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;fl&#233;chir aux questions que l'&#233;conomie participaliste nous invite &#224; envisager, nous partirons d'une d&#233;finition de ce qu'est une &#233;conomie. Une &#233;conomie est un ensemble d'institutions accomplissant essentiellement trois fonctions : allocation de ressources, production, consommation. Le march&#233; est justement une institution &#233;conomique puisque par lui on alloue des ressources, on produit et on consomme. Le plan des &#233;conomies planifi&#233;es est un autre exemple d'institution &#233;conomique et accomplit lui aussi ces trois fonctions. Laissons de c&#244;t&#233; pour le moment le fait, ind&#233;niable et in&#233;vitable, qu'en pratique ces mod&#232;les purs ne sont jamais enti&#232;rement r&#233;alis&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut par exemple arguer, et cela est tr&#232;s lourd de cons&#233;quences pratiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et demandons-nous, avec Albert et Hahnel, selon quels crit&#232;res il convient d'&#233;valuer les institutions &#233;conomiques &#8211; r&#233;elles ou putatives. Poser cette question, c'est en fait se demander quelles valeurs nous souhaitons voir incarn&#233;es et promues par nos institutions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateurs de l'&#201;copar en proposent quatre, ce qui peut para&#238;tre peu mais qui dans les faits englobent beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re de ces valeurs est l'&lt;strong&gt;&#233;quit&#233;&lt;/strong&gt;. Pour comprendre ce qui est ici en jeu, il est commode de penser &#224; une &#233;conomie comme &#224; une tarte, qui contiendrait tout ce qu'une &#233;conomie produit en termes de biens, de services et ainsi de suite. La question de l'&#233;quit&#233; est de savoir quelle r&#232;gle de partage doit pr&#233;valoir. Ici, quatre &#233;coles de pens&#233;e proposent autant de conceptions de l'&#233;quit&#233;, qui s'incarnent dans autant de maximes distributives. La premi&#232;re d&#233;fend le paiement selon la contribution de la personne ainsi que celle des propri&#233;t&#233;s d&#233;tenues par elle. Ce qui serait alors &#233;quitable serait d'avoir droit &#224; ce que vous-m&#234;me et vos possessions contribuent &#224; la tarte. La deuxi&#232;me maxime propose le paiement selon la seule contribution personnelle. La plupart des &#233;conomies et des &#233;conomistes adoptent l'une ou l'autre de ces maximes ou en proposent des am&#233;nagements. Les traditions progressistes les rejettent cependant, notamment parce qu'elles produisent trop d'in&#233;galit&#233;s et &#233;rodent la solidarit&#233;. Une autre maxime possible serait le paiement selon le besoin. Notons que cette maxime est admise par la plupart des gens n'ayant pas &#233;tudi&#233; l'&#233;conomie (et cela en dit peut-&#234;tre long sur l'&#233;conomie&#8230;) et par presque tout le monde au moins en ce qui concerne certains biens particuliers comme les soins de sant&#233;. Tout en reconnaissant que c'est vers ce crit&#232;re qu'il faut tendre, l'&#201;copar propose un nouveau crit&#232;re d'&#233;quit&#233; : l'effort. C'est l&#224; un choix crucial et qui a fait l'objet de bien des discussions et de bien des d&#233;bats. Explicitons-le. Dans une &#233;conomie participative, si une journ&#233;e de travail consiste &#224;, disons, cueillir des fruits, ce n'est pas la quantit&#233; de fruits cueillis par X mais l'effort fourni qui d&#233;termine sa r&#233;mun&#233;ration. Bref : &#224; effort &#233;gal, salaire &#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; notre tarte. Sa production suppose du travail, on vient de le voir. Comment organiser celui-ci ? Et qui d&#233;cide de ce qui est produit et consomm&#233; ? On pourrait laisser ces d&#233;cisions au march&#233; et organiser le travail selon un mod&#232;le hi&#233;rarchique organis&#233; : en ce cas, certains, en haut, donnent des ordres tandis que d'autres, en bas, les ex&#233;cutent. Les premiers, dans un march&#233;, sont typiquement les propri&#233;taires des outils de travail ; dans une &#233;conomie planifi&#233;e, ce sont les dirigeants du Parti. L'&#201;copar rejette ces deux options au nom d'un principe d'autogestion. L'id&#233;e g&#233;n&#233;rale est ici la suivante : chacun de nous doit pouvoir influer sur les d&#233;cisions qui ont de l'impact sur lui &#224; proportion de cet impact. C'est l&#224; une des innovations les plus int&#233;ressantes de l'&#201;copar et elle est lourde de cons&#233;quences sur la mani&#232;re dont les d&#233;cisions d'allouer des ressources, de consommer et de produire seront prises. Dans une telle &#233;conomie, la prise de d&#233;cision &#224; la majorit&#233; des voix n'est qu'un des cas possibles de la d&#233;cision juste : celui o&#249; tous les participants sont &#233;galement affect&#233;s par cette d&#233;cision. Mais il y a des cas o&#249; je suis seul &#224; &#234;tre affect&#233; par une d&#233;cision : en ce cas, il me revient &#224; moi seul de d&#233;cider. Notre deuxi&#232;me valeur est donc l'&lt;strong&gt;autogestion&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me valeur est la &lt;strong&gt;solidarit&#233;&lt;/strong&gt;, entendue comme la consid&#233;ration &#233;gale du bien-&#234;tre des autres. La derni&#232;re valeur est la &lt;strong&gt;vari&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;, entendue ici comme diversit&#233; des &lt;i&gt;outputs&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que valent les institutions &#233;conomiques usuelles si on les &#233;value selon ces crit&#232;res ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Puisque la planification centrale a aujourd'hui si peu d'adeptes, je rappellerai simplement ici la critique du march&#233; pr&#233;sent&#233;e par les auteurs &#8211; mais il faut savoir que leur critique de la premi&#232;re est aussi tr&#232;s s&#233;v&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une part de cette critique est celle des &#233;conomistes n&#233;o-classiques, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils concluent que loin d'&#234;tre cette institution socialement neutre et efficiente dont on vante les m&#233;rites, le march&#233; &#233;rode inexorablement la solidarit&#233;, valorise la comp&#233;tition, p&#233;nalise la coop&#233;ration, ne renseigne pas ad&#233;quatement sur les co&#251;ts et b&#233;n&#233;fices sociaux des choix individuels (notamment par l'externalisation), suppose la hi&#233;rarchie du travail et alloue mal les ressources disponibles. Lors d'un entretien, Albert m'avouait : &#171; &lt;i&gt;Le march&#233;, m&#234;me &#224; gauche, ne fait plus gu&#232;re l'objet d'aucune critique, tant la propagande a r&#233;ussi &#224; convaincre tous et chacun de ses bienfaits. Je pense pour ma part que le march&#233; est une des pires cr&#233;ations de l'humanit&#233;, que sa structure et sa dynamique garantissent la cr&#233;ation d'une longue s&#233;rie de maux, qui vont de l'ali&#233;nation &#224; des attitudes et des comportements antisociaux en passant par une r&#233;partition injuste des richesses. Je suis donc un abolitionniste des march&#233;s &#8211; m&#234;me si je sais bien qu'ils ne dispara&#238;tront pas demain &#8211; mais je le suis de la m&#234;me mani&#232;re que je suis un abolitionniste du racisme.&lt;/i&gt; &#187; Si on accepte cela, il faut inventer une &lt;i&gt;nouvelle proc&#233;dure d'allocation, de consommation et de production&lt;/i&gt; : c'est justement ce que propose l'&#201;copar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des lieux de production d'une &#201;copar, personne n'occupe &#224; proprement parler un emploi, du moins au sens o&#249; ce terme est entendu d'ordinaire. Chacun s'occupe plut&#244;t d'un ensemble &#233;quilibr&#233; de t&#226;ches, lequel est comparable, du point de vue de ses avantages, de ses inconv&#233;nients ainsi que de son impact sur la capacit&#233; de son titulaire &#224; prendre part aux d&#233;cisions du conseil de travailleurs, &#224; n'importe quel autre ensemble &#233;quilibr&#233; de t&#226;ches au sein de ce lieu de travail. De plus, tous les ensembles de t&#226;ches qui existent au sein d'une soci&#233;t&#233; fonctionnant selon l'&#201;copar seront globalement &#233;quilibr&#233;s et il arrivera m&#234;me, dans ce dessein, que des travailleurs aient &#224; accomplir des t&#226;ches &#224; l'ext&#233;rieur de leur lieu de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que de tels lieux de travail produiront sera d&#233;termin&#233; par les demandes formul&#233;es par des conseils de consommation. Chaque individu, famille ou unit&#233;, appartient ainsi &#224; un conseil de consommation de quartier ; chacun de ces conseils appartient &#224; son tour &#224; une f&#233;d&#233;ration parmi d'autres, lesquelles sont r&#233;unies en structures de plus en plus englobantes et larges, jusqu'au conseil national. Le niveau de consommation de chacun est d&#233;termin&#233; par l'effort qu'il fournit, &#233;valu&#233; par ses coll&#232;gues de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme d'allocation consiste en une planification participative d&#233;centralis&#233;e. Des conseils de travailleurs et des conseils de consommateurs avancent des propositions et les r&#233;visent dans le cadre d'un processus qui a fait l'objet d'un travail consid&#233;rable de la part des cr&#233;ateurs de l'&#201;copar, qui ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; en construire un mod&#232;le formel. Ils y font notamment usage de proc&#233;dures it&#233;ratives, proposent des r&#232;gles de convergence et montrent comment des outils de communication comme les prix, la mesure du travail ainsi que des informations qualitatives peuvent &#234;tre utilis&#233;es pour parvenir &#224; un plan efficient et d&#233;mocratique. Albert et Hahnel consid&#232;rent en fait que leur sp&#233;cification de cette proc&#233;dure constitue leur plus importante contribution au d&#233;veloppement d'une conception et d'une pratique &#233;conomique libertaire et &#233;galitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contraint d'interrompre ici mon expos&#233;, faute d'espace, j'invite qui veut aller plus loin &#224; se r&#233;f&#233;rer aux ouvrages cit&#233;s en fin d'article. Je souhaiterais cependant conclure en disant pourquoi ce travail me semble tellement utile et important.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre le cynisme et la fatalit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je partirai d'un constat : depuis deux d&#233;cennies d'assaut soutenu du capitalisme, nos mouvements militants ont tout compte fait peu mobilis&#233; ; ne l'ont fait que dans une proportion sans commune mesure avec la r&#233;action qu'appelaient et qu'appellent toujours les terrifiantes cons&#233;quences qu'a eu ce &#171; train de la mort &#187; n&#233;olib&#233;ral lanc&#233; &#224; l'assaut de toute la plan&#232;te ; et n'ont finalement obtenu que de pr&#233;server des acquis et d'emp&#234;cher certains maux sans avoir beaucoup de gains positifs &#224; rapporter. L'&#201;copar fait le plausible pari qu'en proposant des avenues d&#233;sirables et intellectuellement cr&#233;dibles, on lutte contre le sectarisme, le nihilisme, le cynisme, on lutte contre un militantisme qui trouve son seul aboutissement dans l'&#233;num&#233;ration des mis&#232;res du monde. L'&#201;copar nous invite &#224; r&#233;pondre clairement et profond&#233;ment &#224; la question : &#171; Que voulons-nous ? &#187;. Pour cela il nous incite &#224; construire des mod&#232;les d&#233;sirables et plausibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces mod&#232;les, l'action militante peut se donner des objectifs et une direction ; elle peut prendre la mesure des progr&#232;s accomplis, mais sans se contenter de ne viser que des avanc&#233;es r&#233;formistes ; elle peut faire reculer cette pernicieuse id&#233;ologie selon laquelle le monde tel qu'on le conna&#238;t est n&#233;cessaire et l'avenir qu'il annonce est un destin contre lequel il serait illusoire et inutile de se battre. En outre, si elle est accomplie avec tout le s&#233;rieux qu'elle appelle, la d&#233;marche de construction de mod&#232;les, qui nous oblige non seulement &#224; expliquer de mani&#232;re convaincante pourquoi il faut refuser telle ou telle institution mais aussi par quoi il serait possible et souhaitable de les remplacer, poss&#232;de d'immenses vertus p&#233;dagogiques. Enfin, nos luttes souffrent de n'envisager tous les probl&#232;mes que dans le cadre que lui donne la propagande des institutions dominantes ; la construction de mod&#232;les aide de mani&#232;re forte &#224; imaginer des solutions qui sortent de ce cadre, par exemple la mise sur pied d'institutions fonctionnant selon le mod&#232;le. C'est l&#224; justement le cas de l'&#233;conomie participaliste qui inspire d&#233;j&#224; de nombreuses coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.zmag.org" class="spip_out"&gt;Z communications &#8211; The Spirit of Resistance Lives&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael Albert est, avec d'autres, le fondateur de la maison d'&#233;dition South End Press. Il a aussi fond&#233; et il anime le m&#233;ga-site Internet du mensuel &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.zmag.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.zmag.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut par exemple arguer, et cela est tr&#232;s lourd de cons&#233;quences pratiques et politiques, que nos suppos&#233;es &#233;conomies de march&#233; sont, dans une substantielle mesure, des &#233;conomies interventionnistes de privatisation des co&#251;ts et de privatisation des profits ; ou encore que les firmes transnationales sont, de facto, des mod&#232;les d'&#233;conomie planifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une part de cette critique est celle des &#233;conomistes n&#233;o-classiques, remarquant que pour que la planification soit efficiente, il faudrait que les d&#233;cideurs puissent conna&#238;tre et ma&#238;triser l'information n&#233;cessaire pour effectuer les calculs permettant l'&#233;laboration du plan et pouvoir imposer les incitatifs qui assureront que les agents &#233;conomiques accompliront leurs t&#226;ches respectives. Mais m&#234;me si on accorde ces improbables pr&#233;misses, de telles &#233;conomies d&#233;truisent syst&#233;matiquement l'autogestion, emp&#234;chent la d&#233;termination par chacun de pr&#233;f&#233;rences personnelles qui prennent en compte de mani&#232;re raisonnable les cons&#233;quences sociales de ses choix et favorisent la mont&#233;e d'une classe de coordonnateurs en plus de g&#233;n&#233;rer de bien pi&#232;tres r&#233;sultats sur le plan de la vari&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBERT, M. et HAHNEL, R., &lt;i&gt;Quiet Revolution in Welfare Economics&lt;/i&gt;, Princeton, NJ : Princeton University Press, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBERT, M. et HAHNEL, R., &lt;i&gt;Looking Forward : Participatory Economics for the Twenty First Century&lt;/i&gt;, Boston : South End Press, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBERT, M. et HAHNEL, R., &lt;i&gt;The Political Economy of Participatory Economics,&lt;/i&gt; Princeton : Princeton University Press, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBERT, M. &lt;i&gt;Apr&#232;s le capitalisme. &#201;l&#233;ments d'&#233;conomie participaliste&lt;/i&gt;, &#201;ditions Agone, Marseille, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBERT, M. &lt;i&gt;L'&#233;lan du changement&lt;/i&gt;. Pr&#233;face de Normand Baillargeon, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BAILLARGEON, N., &#171; Une proposition libertaire : L'&#233;conomie participative &#187;. Paru dans &lt;i&gt;Les chiens ont soif&lt;/i&gt;, Lux, Montr&#233;al, et Agone, Marseille, 2001.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les syst&#232;mes d'&#233;change locaux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-systemes-d-echange-locaux</link>
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		<dc:date>2008-07-26T01:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que le capitalisme contemporain semble entr&#233; dans une &#232;re o&#249; les march&#233;s transnationaux et le commerce &#224; large &#233;chelle sont h&#233;g&#233;moniques, des communaut&#233;s locales, &#224; travers la plan&#232;te, tentent d'exp&#233;rimenter des formes alternatives d'&#233;changes. On peut &#233;voquer ici les pratiques du commerce &#233;quitable ou alors celles des Syst&#232;mes d'&#233;changes locaux, les SEL. Nous nous attarderons plus pr&#233;cis&#233;ment sur ces derniers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Initi&#233;s au Canada en 1983 , les SEL ont connu par la suite une extension (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sortir-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Sortir du capitalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que le capitalisme contemporain semble entr&#233; dans une &#232;re o&#249; les march&#233;s transnationaux et le commerce &#224; large &#233;chelle sont h&#233;g&#233;moniques, des communaut&#233;s locales, &#224; travers la plan&#232;te, tentent d'exp&#233;rimenter des formes alternatives d'&#233;changes. On peut &#233;voquer ici les pratiques du commerce &#233;quitable ou alors celles des Syst&#232;mes d'&#233;changes locaux, les SEL. Nous nous attarderons plus pr&#233;cis&#233;ment sur ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initi&#233;s au Canada en 1983 , les SEL ont connu par la suite une extension importante en Angleterre, puis dans le reste de l'Europe. On estimait que seulement pour l'ann&#233;e 1994, il naissait de 8 &#224; 10 SEL chaque mois au Canada, en Angleterre, aux &#201;tats-Unis, en Nouvelle-Z&#233;lande, en Australie, en Irlande, etc. Ils d&#233;passent actuellement, de par le monde, le millier, certains disparaissant assez vite tandis que d'autres s'&#233;tendent et essaiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'un SEL r&#233;pond d'abord et avant tout &#224; des consid&#233;rations pratiques plus qu'&#224; une vision th&#233;orique. Il s'agit, souvent, de rationaliser le troc local et tirer ainsi parti de nombreux savoir-faire inemploy&#233;s dans des r&#233;gions d&#233;vast&#233;es &#233;conomiquement par le capital. Il y a aussi tout un aspect &#171; social &#187;. Florence Prick, initiatrice d'un SEL (Ci-Ro-SEL) dans la r&#233;gion de Ciney-Rochefort en Belgique, nous explique ainsi que &#171; &lt;i&gt;notre envie de d&#233;part &#233;tait &#224; la fois de stimuler l'entraide et de favoriser la cr&#233;ation de liens sociaux. Apr&#232;s 5 mois, une trentaine de m&#233;nages sont inscrits et les &#233;changes sont dynamiques entre certains, plus lents &#224; se mettre en place chez d'autres. C'est pour cela que nous organiserons prochainement &#8211; et continuerons &#224; organiser &#8211; des f&#234;tes ou activit&#233;s collectives qui sont autant d'occasions de rencontres et d'incitations aux &#233;changes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quels sont donc les principes de fonctionnement d'un SEL ? D'abord, les personnes impliqu&#233;es &#233;valuent elles-m&#234;mes les &#233;changes de service ; il n'y a pas d'obligation d'accomplir des transactions ; le SEL tient la comptabilit&#233; des &#233;changes en terme de cr&#233;dit et de d&#233;bit qui sont &#233;valu&#233;s selon une unit&#233; de compte (&#233;quivalant &#224; la monnaie) d&#233;finie localement ; le syst&#232;me diffuse les offres de service mais n'est pas responsable de la qualit&#233; de ceux-ci ou de la comp&#233;tence des gens qui les proposent et, enfin, dans le r&#232;glement des probl&#232;mes de fonctionnement, on met fortement l'accent sur la transparence et la participation collective.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enracin&#233; dans le local, un SEL n'a pas tendance &#224; prendre une expansion territoriale. Florence Prick : &#171; &lt;i&gt;Pour l'avenir, nous esp&#233;rons accro&#238;tre le nombre de membres (ce qui augmente les comp&#233;tences disponibles et facilite les &#233;changes) mais certainement pas accro&#238;tre le territoire. En effet, pour fonctionner, un SEL a besoin de rester &#8220;local&#8221; : c'est ce qui permet de r&#233;aliser les &#233;changes &#8211; on ne fait pas 100 km pour faire garder ses enfants ou pour se faire couper les cheveux &#8211; et c'est ce qui garantit une n&#233;cessaire autor&#233;gulation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enracinement local constitue la force et la faiblesse des SEL. Force, car c'est une pratique qui &#171; colle &#187; au v&#233;cu quotidien des gens et qui permet de d&#233;velopper une certaine autonomie individuelle et collective. Paradoxalement, cette force peut se r&#233;v&#233;ler une faiblesse, car confin&#233; dans les limites du localisme, on court le risque de perdre de vue les m&#233;canismes globaux qui fa&#231;onnent l'&#233;conomie &#224; tous les niveaux. &#192; cette marginalisation spatiale, si on peut dire, s'ajoute aussi le fait que les SEL oeuvrent pour l'essentiel dans la sph&#232;re des &#233;changes sans v&#233;ritables liens avec des formes alternatives de production. Cependant, comme toute exp&#233;rimentation sociale, rien n'est jou&#233; d'avance et on peut se permettre de r&#234;ver d'une jonction entre les pratiques autogestionnaires dans le domaine productif et les formes alternatives d'&#233;change et cela, sur une large &#233;chelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.selidaire.org" class="spip_out"&gt;SEL'idaires : pour changer, &#233;changeons !&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le grand banquet. La supr&#233;matie de la cupidit&#233; et de l'app&#226;t du gain</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-grand-banquet-La-suprematie-de</link>
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		<dc:date>2008-07-25T01:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Linda McQuaig, Le grand banquet. La supr&#233;matie de la cupidit&#233; et de l'app&#226;t du gain, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; Une vie par-del&#224; le capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un autre monde est possible &#187; clament de larges sections du mouvement antimondialiste. C'est dire que le capitalisme, tel que nous le connaissons, n'est pas l'ind&#233;passable de notre temps mais qu'il peut laisser la place &#224; une nouvelle vie o&#249; l'&#233;conomique serait remis &#224; sa place. Utopie ? La prolif&#233;ration des mobilisations face aux effets (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sortir-du-capitalisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Sortir du capitalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton551.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;256&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Linda McQuaig, &lt;i&gt;Le grand banquet. La supr&#233;matie de la cupidit&#233; et de l'app&#226;t du gain&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une vie par-del&#224; le capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un autre monde est possible&lt;/i&gt; &#187; clament de larges sections du mouvement antimondialiste. C'est dire que le capitalisme, tel que nous le connaissons, n'est pas l'ind&#233;passable de notre temps mais qu'il peut laisser la place &#224; une nouvelle vie o&#249; l'&#233;conomique serait remis &#224; sa place. Utopie ? La prolif&#233;ration des mobilisations face aux effets catastrophiques produits par le capitalisme ainsi que la persistance d'activit&#233;s non-marchandes dans nos soci&#233;t&#233;s montrent bien toute l'actualit&#233; de cette recherche d'alternatives. Par ailleurs, ces r&#233;sistances &#224; la supr&#233;matie des march&#233;s ont des racines historiques tr&#232;s profondes, remontant au-del&#224; du capitalisme, &#224; un moment (au Moyen-&#194;ge par exemple) o&#249; la vie sociale &#233;tait r&#233;gul&#233;e par d'autres lois que celles strictement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ces constats que se fonde le c&#339;ur de l'analyse de Linda MacQuaig dans son livre &lt;i&gt;Le grand banquet&lt;/i&gt;. Dans un premier temps, elle d&#233;montre, souvent &#224; partir d'exemples de la vie quotidienne, que le triomphe des march&#233;s a g&#233;n&#233;ralis&#233; un individualisme forcen&#233; o&#249; les valeurs dominantes tournent autour de la cupidit&#233; et du d&#233;sir de possession, rel&#233;guant la recherche du bien commun et l'action collective &#224; l'&#233;tat d'archa&#239;smes. Cette culture de l'avidit&#233; est d'autant plus h&#233;g&#233;monique que les &#201;tats et les institutions internationales comme la Banque mondiale ou le FMI, par des accords internationaux ou r&#233;gionaux (du type de l'AL&#201;NA), lui accordent une pleine l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette domination de l'&#233;conomique et de l'individualisme sur la totalit&#233; de notre vie ne peut pas &#234;tre absolue, sinon l'ensemble de la soci&#233;t&#233; s'effondrerait immanquablement de par le manque de rep&#232;res culturels aptes &#224; fonder un certain ordre social. C'est cette th&#232;se que Karl Polanyi (1886-1964), &#233;conomiste, historien et philosophe hongrois, avait d&#233;velopp&#233;e dans son ouvrage &lt;i&gt;La grande transformation&lt;/i&gt;. &#192; partir de l'exemple de la R&#233;volution industrielle anglaise, il d&#233;montrait que l'utopie d'un vaste march&#233; auto-r&#233;gul&#233;, orchestrant tous les aspects de la soci&#233;t&#233;, &#233;tait inapplicable. Le capitalisme a pu se d&#233;velopper, selon Polanyi, essentiellement par le fait qu'il a &#233;t&#233; limit&#233; par deux ordres de r&#233;gulation non-marchands : les r&#233;seaux de solidarit&#233; traditionnelle, issus des communaut&#233;s paysannes et, plus tard, par la mise en place des politiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Linda MacQuaig, &#224; la suite de Polanyi, souligne par ailleurs que ces formes de r&#233;gulation non-marchandes renvoient &#224; d'importantes r&#233;sistances contre l'implantation du march&#233; capitaliste : r&#233;sistances de la paysannerie contre la privatisation de la terre, r&#233;sistances ouvri&#232;res contre l'exploitation, etc. &#192; ces r&#233;sistances des si&#232;cles pass&#233;s font &#233;cho celles d'aujourd'hui. Le point commun entre elles, c'est qu'il est possible de vivre autrement et que l'humain ne se d&#233;finit pas seulement comme &lt;i&gt;Homo economicus&lt;/i&gt; mais &#233;galement comme &#234;tre social. S'il y eut une vie avant le capitalisme, il y en aura, esp&#233;rons-le, une autre par-del&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://artsandscience1.concordia.ca/polanyi/" class="spip_out"&gt;Karl Polanyi Institute of Political Economy&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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