<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=80&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La parole et le feu</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-parole-et-le-feu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-parole-et-le-feu</guid>
		<dc:date>2008-07-31T16:04:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er janvier 1994, au moment de l'entr&#233;e en vigueur de l'ALENA, apparaissait l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale (EZLN) au Chiapas, un &#233;tat pauvre du Sud-est mexicain. Dix ans apr&#232;s ce soul&#232;vement autochtone qui a chang&#233; le cours de l'Histoire mexicaine et qui a inspir&#233; de nombreux mouvements de contestation dans ce pays et dans le monde, &#192; b&#226;bord ! fait un bilan en trois actes de cette lutte exemplaire des autochtones mexicains pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Dix-ans-de-zapatisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Dix ans de zapatisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1er janvier 1994, au moment de l'entr&#233;e en vigueur de l'ALENA, apparaissait l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale (EZLN) au Chiapas, un &#233;tat pauvre du Sud-est mexicain. Dix ans apr&#232;s ce soul&#232;vement autochtone qui a chang&#233; le cours de l'Histoire mexicaine et qui a inspir&#233; de nombreux mouvements de contestation dans ce pays et dans le monde, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; fait un bilan en trois actes de cette lutte exemplaire des autochtones mexicains pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Rioux explique en premier lieu que c'est &#224; une v&#233;ritable guerre contre les Indiens que se livrent les gouvernements mexicains qui se sont succ&#233;d&#233; depuis dix ans. Pierre Beaucage analyse l'impact de l'insurrection zapatiste sur la soci&#233;t&#233; et la politique mexicaines, notamment sur les mouvements autochtones. J&#233;r&#244;me Baschet rappelle la contribution de l'EZLN &#224; l'&#233;mergence du mouvement altermondialiste et &#224; l'&#233;laboration de nouvelles articulations entre les luttes locales, nationales et internationales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Emiliano Zapata (1881-1919)</title>
		<link>https://www.ababord.org/Emiliano-Zapata-1881-1919</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Emiliano-Zapata-1881-1919</guid>
		<dc:date>2008-07-30T16:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment o&#249; le Mexique entre dans ce qui sera la premi&#232;re r&#233;volution sociale du XXe si&#232;cle, les habitants du petit village d'Anenecuilco, situ&#233; dans l'&#233;tat du Morelos, accordent &#224; Emiliano Zapata le mandat de prot&#233;ger leurs terres. Les communaut&#233;s entrent in&#233;vitablement en conflit avec les grands propri&#233;taires, qui poss&#232;dent d'immenses plantations de canne &#224; sucre. Zapata organise les paysans pauvres, les Indiens et les peones (travailleurs agricoles sans terre) dans l'Ej&#233;rcito libertador (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Dix-ans-de-zapatisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Dix ans de zapatisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton519.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;507&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; le Mexique entre dans ce qui sera la premi&#232;re r&#233;volution sociale du XXe si&#232;cle, les habitants du petit village d'Anenecuilco, situ&#233; dans l'&#233;tat du Morelos, accordent &#224; Emiliano Zapata le mandat de prot&#233;ger leurs terres. Les communaut&#233;s entrent in&#233;vitablement en conflit avec les grands propri&#233;taires, qui poss&#232;dent d'immenses plantations de canne &#224; sucre. Zapata organise les paysans pauvres, les Indiens et les peones (travailleurs agricoles sans terre) dans l'&lt;i&gt;Ej&#233;rcito libertador del Sur&lt;/i&gt;, v&#233;ritable arm&#233;e paysanne appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le fondamental dans la R&#233;volution mexicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cri de &lt;i&gt;tierra y libertad&lt;/i&gt;, Zapata met de l'avant le &lt;i&gt;Plan de Alaya&lt;/i&gt;, dans le but d'&#233;tendre au pays entier la r&#233;forme agraire radicale et la d&#233;mocratie populaire d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre dans son Morelos natal. Il fait alliance avec les petits &#233;leveurs d&#233;sh&#233;rit&#233;s du Nord, regroup&#233;s dans la &lt;i&gt;Divisi&#243;n del Norte&lt;/i&gt; command&#233;e par le c&#233;l&#232;bre Pancho Villa. L'entr&#233;e triomphale de Zapata et de Villa dans la ville de Mexico scellera la fin de l'Ancien r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, aucun des deux hommes ne se sent &#224; l'aise dans la capitale : les intrigues et les rivalit&#233;s des diff&#233;rentes factions se disputant le pouvoir ont t&#244;t fait de les d&#233;go&#251;ter. Dans ce que quelques-uns interpr&#233;teront comme un v&#233;ritable geste libertaire de refus du pouvoir, et que d'autres assimileront &#224; un manque de vision strat&#233;gique, les deux hommes se retirent dans leur zone d'influence respective avec leurs troupes : Villa au Nord, Zapata au Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des forces &#171; r&#233;volutionnaires &#187; moins radicales, les constitutionnalistes, profitent de l'occasion pour consolider leur pouvoir et concentrent leurs &#233;nergies contre les arm&#233;es paysannes. Le 10 avril 1919, Zapata meurt dans une embuscade tendue par le pr&#233;sident Carranza. Sa fin tragique marquera la naissance d'un syst&#232;me politique in&#233;dit, organis&#233; autour du Parti r&#233;volutionnaire institutionnel (PRI), qui dominera la vie politique mexicaine jusqu'en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emiliano Zapata figure en bonne place dans le panth&#233;on de l'imaginaire mexicain, sous les traits d'un r&#233;volutionnaire trahi auquel on attribue un caract&#232;re quasi immortel. La revendication de la part des Indiens du Chiapas d'une filiation symbolique avec le r&#233;volutionnaire renvoie justement au mythe zapatiste d'une certaine continuit&#233;, bien r&#233;sum&#233;e par le slogan &lt;i&gt;Zapata vive&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une d&#233;cennie de guerre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-decennie-de-guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-decennie-de-guerre</guid>
		<dc:date>2008-07-29T16:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 1er janvier 1994 au petit matin, l'&#233;lite mexicaine s'est r&#233;veill&#233;e brutalement, tir&#233;e du lit par un cri venu des montagnes lointaines du Chiapas : &#161; ya basta ! (&#231;a suffit !). La veille au soir, le gouvernement, les poss&#233;dants et les intellectuels de march&#233; se so&#251;laient de champagne et de discours triomphants : on c&#233;l&#233;brait l'entr&#233;e en vigueur de l'ALENA. Mais voil&#224;, gueule de bois : l&#224;-bas, dans les montagnes du Sud-est mexicain, sous la banni&#232;re jusqu'alors inconnue de l'Arm&#233;e zapatiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Dix-ans-de-zapatisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Dix ans de zapatisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton520.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;292&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 1er janvier 1994 au petit matin, l'&#233;lite mexicaine s'est r&#233;veill&#233;e brutalement, tir&#233;e du lit par un cri venu des montagnes lointaines du Chiapas : &#161; ya basta ! (&#231;a suffit !). La veille au soir, le gouvernement, les poss&#233;dants et les intellectuels de march&#233; se so&#251;laient de champagne et de discours triomphants : on c&#233;l&#233;brait l'entr&#233;e en vigueur de l'ALENA. Mais voil&#224;, gueule de bois : l&#224;-bas, dans les montagnes du Sud-est mexicain, sous la banni&#232;re jusqu'alors inconnue de l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale (EZLN), des milliers de paysans et d'Indiens en armes occupaient cinq villes, d&#233;claraient la guerre &#224; l'arm&#233;e mexicaine et exigeaient la destitution imm&#233;diate du pr&#233;sident usurpateur Carlos Salinas de Gortari.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e 10 ans plus t&#244;t, en novembre 1983, cette gu&#233;rilla atypique est le r&#233;sultat d'un lent travail de f&#233;condation entre trois univers : d'une part celui, venu des villes, d'une poign&#233;e de jeunes r&#233;volutionnaires marxistes ; d'autre part un r&#233;seau &#171; historique &#187; de dirigeants autochtones et de paysans tremp&#233;s dans les luttes agraires, la d&#233;fense de leurs droits et la survie face &#224; la r&#233;pression dirig&#233;e contre eux ; et le terreau, enfin, de ces centaines de communaut&#233;s autochtones du Chiapas, r&#233;prim&#233;es, d&#233;poss&#233;d&#233;es, appauvries mais n&#233;anmoins fi&#232;res et combatives : les Tzeltals, Tzotzils, Chols et Tojolabals des hauts plateaux et de la for&#234;t Lacandona.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Guerre au paradis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du soul&#232;vement, le gouvernement r&#233;agit avec brutalit&#233; : des milliers de soldats sont mass&#233;s au Chiapas afin de combattre l'insurrection et r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville d'Ocosingo sera le th&#233;&#226;tre des affrontements les plus violents : pr&#232;s de 300 insurg&#233;s et civils seront tu&#233;s aux alentours du march&#233; central. Les &lt;i&gt;guerilleros&lt;/i&gt; soign&#233;s &#224; l'h&#244;pital d'Altamirano par des religieuses seront assassin&#233;s dans leur lit par des militaires tandis que plusieurs infirmi&#232;res &#233;taient viol&#233;es. Des ambulances de la Croix-Rouge sont prises pour cibles, les bless&#233;s qu'elles transportaient sont abattus. On retrouve des &lt;i&gt;guerilleros&lt;/i&gt; &#171; morts au combat &#187;, les mains li&#233;es&#8230; Apr&#232;s une douzaine de jours de f&#233;roces combats, de bombardements et d'ex&#233;cutions sommaires, le gouvernement est contraint au cessez-le-feu par de gigantesques manifestations populaires. Les revendications des zapatistes rejoignent tous les Mexicains : justice, libert&#233; d&#233;mocratie. Les Indiens veulent ce que tout le monde veut au Mexique : un toit, de l'&#233;ducation, la sant&#233;, un travail digne, un lopin de terre, des routes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des n&#233;gociations sont ouvertes. Le gouvernement, arrogant et paternaliste, propose un &#171; pardon &#187; et quelques cadeaux en &#233;change d'une reddition pure et simple [voir encadr&#233;]. La r&#233;ponse ne se fait pas attendre : les zapatistes non seulement disent non mais ils exigent, contre toute attente, un dialogue public dont le processus permette l'inclusion de larges secteurs de la soci&#233;t&#233; dans l'&#233;laboration des th&#232;mes et des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rompant l'enfermement dans un t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec le gouvernement qui lui aurait &#233;t&#233; fatal tant en termes politiques que militaires, l'EZLN r&#233;ussit le coup de ma&#238;tre de s'allier la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; dans de larges forums o&#249; le gouvernement doit affronter tout le monde &#224; la fois. Fort de cette victoire strat&#233;gique (et malgr&#233; une offensive militaire d'envergure lanc&#233;e par le pr&#233;sident Zedillo en f&#233;vrier 1995), l'EZLN r&#233;ussit &#224; obtenir des gains importants lors de la premi&#232;re ronde de discussion sur les droits et la culture autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signature de ces accords, en f&#233;vrier 1996, constitue en quelque sorte une &#171; d&#233;faite &#187; gouvernementale, puisqu'ils sont d&#233;favorables en particulier aux propri&#233;taires terriens et aux multinationales. Ce seau d'eau froide jet&#233;e au visage du Mexique &lt;i&gt;conquistador&lt;/i&gt;, raciste et pr&#233;dateur, va en quelque sorte r&#233;veiller le parti au pouvoir, le Parti r&#233;volutionnaire institutionnel (PRI) et l'arm&#233;e, qui vont alors se d&#233;cha&#238;ner, entra&#238;nant la rupture des pourparlers, qui n'ont jamais &#233;t&#233; repris depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'atmosph&#232;re &#233;th&#233;r&#233;e et aseptis&#233;e d'Internet qui, illusoirement, flotte au-dessus du Chiapas, a tendance &#224; occulter le fait qu'une guerre a v&#233;ritablement eu lieu &#8211; et qu'elle se poursuit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;pression de haute intensit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Zedillo lance &#224; cette &#233;poque une offensive inspir&#233;e de la doctrine de la&lt;i&gt; guerre de basse intensit&#233;&lt;/i&gt;, d&#233;velopp&#233;e par les &#201;tats-Unis au Vi&#234;t-nam ainsi que par l'arm&#233;e guat&#233;malt&#232;que au d&#233;but des ann&#233;es 80. Cette strat&#233;gie contre-insurrectionnelle, visant &#224; an&#233;antir l'ennemi par la dislocation de ses bases d'appui civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilisant l'enr&#244;lement forc&#233;, le client&#233;lisme et la promesse d'un butin et de l'impunit&#233;, l'arm&#233;e, la police et les autorit&#233;s civiles mettent en place des groupes paramilitaires (&lt;i&gt;guardias blancas&lt;/i&gt;) form&#233;s d'Indiens pauvres, sommairement arm&#233;s et entra&#238;n&#233;s. Les paramilitaires sont jet&#233;s dans la m&#234;l&#233;e, attaquant leurs fr&#232;res et leurs s&#339;urs au sein m&#234;me des communaut&#233;s, visant les bases d'appui zapatistes, les sympathisants de l'opposition et les personnes qui refusent de leur payer un tribut ou de s'y enr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1995 dans la zone nord du Chiapas et dans toute la zone de conflit &#224; partir de 1996, des villages sont attaqu&#233;s, des maisons br&#251;l&#233;es, leurs occupants s'enfuyant dans la montagne avec ce qu'ils ont sur le dos, perdant leurs maigres possessions, leur r&#233;colte, leur b&#233;tail, laissant derri&#232;re eux des membres de leurs familles bless&#233;s, viol&#233;s, assassin&#233;s. De 1996 &#224; 1999, des centaines d'op&#233;rations violentes effectu&#233;es par plus d'une douzaine de groupes paramilitaires sont recens&#233;es, provoquant le d&#233;placement forc&#233; de 12 000 &#224; 20 000 personnes selon les p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre objectif de la guerre de basse intensit&#233; et de l'entr&#233;e en sc&#232;ne des civils arm&#233;s est de d&#233;placer le th&#233;&#226;tre de la violence du &#171; front &#187; entre l'arm&#233;e et la gu&#233;rilla, vers les communaut&#233;s autochtones et les villages o&#249; elles vivent. Exactions, r&#233;torsions et impunit&#233; se conjuguent pour multiplier les conflits au sein des communaut&#233;s en r&#233;sistance. L'arm&#233;e, pr&#233;tendument au-dessus de la m&#234;l&#233;e, est alors pr&#233;sent&#233;e comme une force neutre, dont la pr&#233;sence ne vise qu'&#224; assurer la pacification de conflits d&#233;sormais pr&#233;sent&#233;s comme &#171; intercommunautaires &#187;, &#171; religieux &#187;, voire &#171; intrafamiliaux &#187; ! Cette confusion, relay&#233;e &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; par les m&#233;dias, tient en quelques fausses affirmations : il n'y a pas &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; conflit entre le gouvernement et les insurg&#233;s, mais &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; conflits &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;rieur&lt;/i&gt; des communaut&#233;s autochtones ; l'arm&#233;e n'est pas une &lt;i&gt;partie&lt;/i&gt; au conflit mais un &#233;l&#233;ment neutre, sens&#233; r&#233;tablir l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massacre d'Acteal, qui fit 45 victimes civiles le 22 d&#233;cembre 1997, s'inscrit dans ce contexte : les paramilitaires ont attaqu&#233; un village alors que ses habitants observaient un je&#251;ne en faveur de la paix ; les policiers et l'arm&#233;e, post&#233;s &#224; quelque 300 m&#232;tres de l&#224;, sont rest&#233;s inactifs alors que la fusillade a dur&#233; plus de cinq heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s paramilitaires n'emp&#234;chent pas l'arm&#233;e d'effectuer son &#171; boulot &#187; : occupation de villages, vols &#224; basse altitude qui traumatisent les enfants, contamination intentionnelle et syst&#233;matique de sources d'eau potable aux abords des communaut&#233;s en r&#233;sistance (comme ce fut le cas &#224; Amador Hern&#225;ndez), installation de barrages o&#249; les autochtones sont humili&#233;s, les femmes harcel&#233;es quand elles ne sont pas viol&#233;es, construction de campements sur les terres cultiv&#233;es, trafic de drogues, d'alcool et de prostitu&#233;es : la liste est longue des atrocit&#233;s commises au nom de &#171; l'&#201;tat de droit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contre-insurrection tranquille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ce d&#233;cha&#238;nement de violence, les gouvernements f&#233;d&#233;ral et de l'&#201;tat du Chiapas mettent en place des programmes &#171; sociaux &#187;, visant &#224; ramener dans leur giron les populations civiles neutres ou mod&#233;r&#233;ment oppos&#233;es, &#224; arracher la neutralit&#233; des opposants et, enfin, &#224; s&#233;parer tout ce beau monde des &#233;l&#233;ments qui refusent de se soumettre. Des &lt;i&gt;tortillas&lt;/i&gt; aux mat&#233;riaux de construction, des permis d'exploitation de la for&#234;t &#224; de la monnaie sonnante et tr&#233;buchante en passant par les engrais et les vaccins, des privil&#232;ges de toutes sortes sont offerts &#224; ceux et celles qui s'engagent &#224; tourner le dos aux rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les subventions et les projets de d&#233;veloppement ont en partie r&#233;ussi &#224; miner les bases d'appui de l'EZLN. La tentation est forte et nombreux sont ceux qui s'y r&#233;signent : les m&#233;dicaments manquent, la nourriture se fait rare : la r&#233;sistance est synonyme de mort. Cependant, les communaut&#233;s autochtones voient clair : comment un gouvernement qui tue, pille et d&#233;tourne les richesses peut-il pr&#233;tendre &#171; aider &#187; les populations civiles ? Comment ne pas voir dans ces programmes la carotte que l'on tend d'une main, alors que de l'autre on frappe avec le b&#226;ton ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;10 ans plus tard&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie impitoyable a port&#233; fruit malgr&#233; la t&#233;nacit&#233; des insurg&#233;s. Un net recul des zapatistes a pu &#234;tre observ&#233; au cours des derni&#232;res ann&#233;es, tant au niveau de ses effectifs que de ses appuis malgr&#233; la persistance d'un sentiment de sympathie chez la population. La fen&#234;tre d'opportunit&#233; que repr&#233;sentait la prise du pouvoir par Vicente Fox n'a pas pu emp&#234;cher que le principal gain de l'EZLN &#224; la table de n&#233;gociation (la reconnaissance constitutionnelle du droit &#224; l'autonomie des autochtones) soit dissout dans la politicaillerie, et ce, en d&#233;pit de l'extraordinaire mobilisation qui a vu les zapatistes porter une de leurs porte-parole, la &lt;i&gt;comandante&lt;/i&gt; Ester, jusqu'&#224; la tribune du Congr&#232;s lors de la Marche de la dignit&#233; en f&#233;vrier 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la capacit&#233; de l'EZLN de survivre et de se d&#233;velopper est proprement ahurissante. Malgr&#233; la guerre, les zapatistes ont mis sur pied des municipalit&#233;s (&lt;i&gt;municipios&lt;/i&gt;) autonomes en r&#233;sistance et les ont f&#233;d&#233;r&#233;es dans de plus grandes unit&#233;s politiques et administratives appel&#233;es &lt;i&gt;caracoles&lt;/i&gt;. L'avenir du mouvement repose d'ailleurs en grande partie sur la capacit&#233; de ces gouvernements autonomes d'acqu&#233;rir une l&#233;gitimit&#233; en dehors des zapatistes eux-m&#234;mes. Et, en d&#233;pit de l'encerclement par l'arm&#233;e, l'EZLN a conserv&#233; l'essentiel de sa (modeste) puissance militaire et a su garder un contr&#244;le relatif mais non n&#233;gligeable sur leur zone d'influence tout en &#233;vitant le pi&#232;ge de la militarisation de leur mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revers qu'a subis l'EZLN, bien qu'ils aient entra&#238;n&#233; un durcissement perceptible de sa position envers les autres secteurs de la soci&#233;t&#233; mexicaine, ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se renouveler et de poursuivre la lutte. Comme en t&#233;moignent les multiples c&#233;l&#233;brations du vingti&#232;me anniversaire de sa cr&#233;ation et du dixi&#232;me anniversaire de son apparition publique, son inventivit&#233; et son audace se maintiennent. Les zapatistes demeurent encore et toujours une source d'inspiration et d'enchantement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communiqu&#233; de l'EZLN</title>
		<link>https://www.ababord.org/Communique-de-l-EZLN</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Communique-de-l-EZLN</guid>
		<dc:date>2008-07-27T16:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sous-commandant Marcos</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Marcos, Sous-commandant </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; aujourd'hui, 18 janvier 1994, seule nous est parvenue la proposition de &#171; pardon &#187; qu'offre le gouvernement &#224; nos forces. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais de quoi devons-nous demander pardon ? Que veut-on nous pardonner ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De ne pas mourir de faim ? De ne pas nous taire dans notre mis&#232;re ? De ne pas avoir accept&#233; humblement le poids titanesque d'une histoire lourde de m&#233;pris et d'abandon ? De nous &#234;tre soulev&#233;s parce que toutes les autres issues &#233;taient ferm&#233;es ? (&#8230;) D'avoir d&#233;montr&#233; au reste du pays et au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Dix-ans-de-zapatisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Dix ans de zapatisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Marcos-Sous-commandant-+" rel="tag"&gt;Marcos, Sous-commandant &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; aujourd'hui, 18 janvier 1994, seule nous est parvenue la proposition de &#171; pardon &#187; qu'offre le gouvernement &#224; nos forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quoi devons-nous demander pardon ? Que veut-on nous pardonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ne pas mourir de faim ? De ne pas nous taire dans notre mis&#232;re ? De ne pas avoir accept&#233; humblement le poids titanesque d'une histoire lourde de m&#233;pris et d'abandon ? De nous &#234;tre soulev&#233;s parce que toutes les autres issues &#233;taient ferm&#233;es ? (&#8230;) D'avoir d&#233;montr&#233; au reste du pays et au monde entier que la dignit&#233; humaine continue d'exister et qu'elle s'enracine chez les plus pauvres ? De nous &#234;tre bien pr&#233;par&#233;s, d&#233;lib&#233;r&#233;ment, avant de commencer ? D'avoir utilis&#233; des fusils de combat plut&#244;t que des arcs et des fl&#232;ches ? D'avoir appris &#224; nous battre avant de le faire ? D'&#234;tre tous Mexicains ? D'&#234;tre majoritairement des Indiens ? D'appeler l'ensemble du peuple mexicain &#224; rejoindre la lutte, sous toutes ses formes, pour ce qui leur appartient ? De ne pas suivre les mod&#232;les des gu&#233;rillas ant&#233;rieures ? De ne pas nous rendre ? De ne pas nous vendre ? De ne pas nous trahir ? Qui doit demander pardon ? Qui peut pardonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui pendant des ann&#233;es et des ann&#233;es se sont assis et rassasi&#233;s &#224; des tables pleines pendant que nous nous attablions avec la mort, si famili&#232;re, si quotidienne que nous n'en avons plus peur ? Ceux qui ont rempli les sacs et les &#226;mes de promesses et de d&#233;clarations ? Nos morts, si majoritairement morts, si d&#233;mocratiquement morts de peine, parce que personne ne faisait rien pour eux, parce que tous les morts, nos morts, partaient, sans que personne ne s'en soucie, comme &#231;a, sans que personne ne s'en rende compte, sans que personne ne s'insurge en disant enfin ASSEZ ! et ne donne ainsi un sens &#224; toutes ces morts, sans que personne ne demande aux morts de toujours, nos morts, qu'ils viennent mourir encore, mais cette fois, pour vivre ? Ceux qui ont refus&#233; de nous octroyer le droit et la charge de gouverner et de nous gouverner ? Ceux qui ont m&#233;pris&#233; nos traditions, notre couleur, nos langues ? Ceux qui nous traitent comme des &#233;trangers sur notre propre terre et exigent des papiers et l'ob&#233;issance &#224; une loi dont nous ignorons l'existence et le bien-fond&#233; ? Ceux qui nous ont tortur&#233;, emprisonn&#233;s, assassin&#233;s, fait dispara&#238;tre, pour le grave d&#233;lit de demander un morceau de terre, pas un grand morceau, pas un petit morceau, un morceau juste ce qu'il faut pour y faire pousser de quoi remplir l'estomac ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui doit demander pardon, qui peut pardonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la R&#233;publique ? Les s&#233;nateurs ? Les d&#233;put&#233;s ? Les gouverneurs ? Les maires ? Les policiers ? L'arm&#233;e f&#233;d&#233;rale ? Les grands messieurs de la banque, de l'industrie, du commerce et de la terre ? Les intellectuels ? (&#8230;) Les &#233;tudiants ? Les instituteurs ? Les ouvriers ? Les paysans ? Les Indiens ? Les morts d'une mort inutile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui doit demander pardon, qui peut pardonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, c'est tout pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut, et une accolade car, avec ce froid, les deux sont bienvenus, je crois, m&#234;me si elles &#233;manent d'un &#171; professionnel de la violence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les montagnes du sud-est mexicain&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous-commandant insurg&#233; Marcos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les suites du tremblement de terre zapatiste</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-suites-du-tremblement-de-terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-suites-du-tremblement-de-terre</guid>
		<dc:date>2008-07-26T17:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Beaucage, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le choc provoqu&#233; sur la soci&#233;t&#233; mexicaine par le soul&#232;vement zapatiste du premier janvier 1994 est bien celui d'un tremblement de terre. Pas une &#171; petite secousse &#187; mais un de ces vrais tremblements de terre dont ce pays de volcans a une longue exp&#233;rience. Ils &#233;branlent les fondations des &#233;difices m&#234;mes les plus solides. Souvent, les l&#233;zardes n'appara&#238;tront que progressivement : c'est des ann&#233;es plus tard qu'on r&#233;alisera qu'il faut d&#233;molir et reconstruire &#224; neuf. &lt;br class='autobr' /&gt; Pris de court par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Dix-ans-de-zapatisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Dix ans de zapatisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaucage-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaucage, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton526.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;347&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le choc provoqu&#233; sur la soci&#233;t&#233; mexicaine par le soul&#232;vement zapatiste du premier janvier 1994 est bien celui d'un tremblement de terre. Pas une &#171; petite secousse &#187; mais un de ces &lt;i&gt;vrais&lt;/i&gt; tremblements de terre dont ce pays de volcans a une longue exp&#233;rience. Ils &#233;branlent les fondations des &#233;difices m&#234;mes les plus solides. Souvent, les l&#233;zardes n'appara&#238;tront que progressivement : c'est des ann&#233;es plus tard qu'on r&#233;alisera qu'il faut d&#233;molir et reconstruire &#224; neuf.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pris de court par le soul&#232;vement, le gouvernement d&#233;clara tout de suite qu'il s'agissait d'&#233;l&#233;ments &#233;trangers hors la loi, mais il ne trompa personne : les yeux qui &#233;mergeaient des passe-montagnes &#233;taient familiers : des Indiens ! Les grands absents du discours modernisateur, ceux dont on avait tant de fois, &#224; droite comme &#224; gauche, pr&#233;dit l'extinction, l'assimilation, l'acculturation, avaient choisi ce jour pour d&#233;noncer publiquement les dirigeants politiques mexicains qui, reprenant la tradition des conqu&#233;rants espagnols, mettaient le pays &#224; sac pour le livrer aux &#233;trangers. Et le contact s'est fait, le message a pass&#233; : le Mexique profond, qui conna&#238;t bien ses origines indiennes, a d&#233;velopp&#233; une complicit&#233;, une connivence imm&#233;diate avec &lt;i&gt;los rebeldes&lt;/i&gt; qui se r&#233;clamaient d'une grande figure r&#233;volutionnaire nationale, Emiliano Zapata. Le chauffeur de taxi et le gar&#231;on de caf&#233;, interrog&#233;s sur la r&#233;bellion, r&#233;pondaient : &#171; Ils ont raison ! On a oubli&#233; les Indiens ! &#187; En fait, ce furent les milieux de gauche, intellectuels ou radicaux, qui furent pris au d&#233;pourvu au d&#233;part : l'EZLN n'&#233;tait pas sur les listes officielles du mouvement r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Impact du soul&#232;vement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re cons&#233;quence imm&#233;diatement perceptible, d&#232;s janvier 1994, fut un gros ballon d'oxyg&#232;ne pour l'ensemble du mouvement populaire et de l'opposition : &#171; Si &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt; peuvent r&#233;sister, dans le d&#233;nuement de leurs montagnes, alors, &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; pouvons le faire aussi ! &#187;. &#192; partir de l&#224; est n&#233; un mouvement de solidarit&#233; qui d&#233;passait les limites des groupes, factions et partis, dans un pays traditionnellement tr&#232;s divis&#233; sur le plan politique. Des dizaines de milliers de sympathisants occup&#232;rent les rues du centre-ville de Mexico &#224; deux reprises, en 1994 et en 1995, lorsque le gouvernement d&#233;cida de lancer une offensive finale contre les rebelles. &#192; chaque fois, les manifestants ont r&#233;ussi &#224; obtenir que le gouvernement reprenne les n&#233;gociations et limite la r&#233;pression : celle de l'arm&#233;e, d'abord, lors de la reprise de contr&#244;le brutale des villes occup&#233;es en janvier 1994, celle des paramilitaires ensuite, qui furent charg&#233;s d'effectuer sur place le sale boulot que l'arm&#233;e, observ&#233;e de pr&#232;s, ne pouvait plus ex&#233;cuter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mobilisations populaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rapidement, cependant, au-del&#224; de la solidarit&#233;, le n&#233;o-zapatisme devint un r&#233;v&#233;lateur pour la soci&#233;t&#233; mexicaine dans son ensemble. D'abord, il permit &#224; tous de voir la face cach&#233;e du &#171; miracle &#233;conomique &#187; dont se vantaient le pr&#233;sident Salinas et son &#233;quipe. D'un c&#244;t&#233;, huit millions de cartes de cr&#233;dit en circulation, l'autoroute d'Acapulco et des &#233;difices futuristes comme la Tour de la Bourse. De l'autre, 38 des 90 millions de Mexicains, dont la quasi-totalit&#233; des 12 millions d'autochtones, qui devaient survivre avec des revenus de moins de 2 $ par jour. La coalition de gauche et de centre gauche, organis&#233;e autour de la candidature de Cuauht&#233;moc C&#225;rdenas, m&#234;me si elle ne put renverser le Parti r&#233;volutionnaire institutionnel (PRI) aux &#233;lections de l'&#233;t&#233; 1994, se renfor&#231;a dans tout le centre et le sud du pays, y compris dans les milieux ruraux nagu&#232;re chasse gard&#233;e du parti au pouvoir. Des &#233;v&#233;nements comme la Convention nationale d&#233;mocratique, organis&#233;e &#224; l'appel des zapatistes en ao&#251;t 1994, contribu&#232;rent &#224; faire se rassembler un mouvement populaire fragment&#233; et pr&#233;par&#232;rent le renversement du PRI, en 2000, apr&#232;s 70 ans de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y contribu&#232;rent aussi les vastes rassemblements convoqu&#233;s p&#233;riodiquement par les zapatistes au Chiapas. On avait d&#233;j&#224; vu des mouvements de gu&#233;rilla donner des conf&#233;rences de presse, mais inviter des milliers de sympathisants, nationaux et internationaux, leur permettre de partager les tortillas et les haricots noirs avec les paysans de la base, de dialoguer avec des gu&#233;rilleros avec, comme dessert, un discours de l'homme le plus recherch&#233; du Mexique, le &lt;i&gt;sub-comandante&lt;/i&gt; Marcos lui-m&#234;me, voil&#224; qui &#233;tait in&#233;dit. Ces rencontres permettaient de forger une appartenance commune, un v&#233;ritable esprit de corps entre les participants : des th&#233;ologiens de la Lib&#233;ration y c&#244;toyaient des communistes de la vieille &#233;cole, des f&#233;ministes du &lt;i&gt;Distrito Federal&lt;/i&gt;, des vendeurs ambulants, des universitaires &#224; lunettes et surtout des jeunes de tous les milieux en qu&#234;te d'une alternative pour une soci&#233;t&#233; qu'ils percevaient (et per&#231;oivent encore !) comme bloqu&#233;e. Beaucoup de ces gens restaient en contact par la suite, physiquement mais surtout par Internet, le medium privil&#233;gi&#233; des individus et des groupes de la mouvance zapatiste. En Europe et en Am&#233;rique du Nord, ce sont souvent des groupes de jeunes impliqu&#233;s dans l'appui aux zapatistes pendant les ann&#233;es 90 qui form&#232;rent les premiers noyaux du mouvement de l'anti- (puis alter-)mondialisation. Au Mexique m&#234;me, l'impact fut tr&#232;s diff&#233;renci&#233;. Les deux milieux les plus directement touch&#233;s par le volcan zapatiste furent sans doute les jeunes et les autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La jeunesse aux barricades&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi les jeunes, c'est surtout chez les groupes scolaris&#233;s que le message zapatiste a rencontr&#233; le plus d'&#233;cho. Les &#233;tudiants mexicains ont une vieille tradition de militantisme. En octobre 1968, plus de trois cents d'entre eux laiss&#232;rent leur vie sur la Place des Trois Cultures, &#224; Mexico, le gouvernement ayant jug&#233; que leurs manifestations persistantes risquaient de ternir le succ&#232;s des Jeux Olympiques qui se pr&#233;paraient. Mais la r&#233;pression ne put en venir &#224; bout. Pendant les ann&#233;es 70 et 80, ils fournirent au mouvement paysan et populaire de nombreux militants qui aid&#232;rent &#224; organiser la lutte pour la terre et des associations coop&#233;ratives. Dans les universit&#233;s m&#234;mes, les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales des ann&#233;es 80 mirent de l'avant la performance et la comp&#233;titivit&#233;. Des m&#233;canismes de s&#233;lection &#224; l'entr&#233;e entra&#238;n&#232;rent &#171; naturellement &#187; l'exclusion de l'universit&#233; publique les candidats des quartiers populaires. D&#232;s 1994, l'EZLN trouva une base d'appui solide chez les &#233;tudiants : pour organiser des manifs, recueillir de l'aide pour les personnes d&#233;plac&#233;es par la guerre, de m&#234;me que loger les milliers de participants de la Caravane zapatiste venus plaider leur cause &#224; Mexico, au printemps 2001. Comme le soulignait il y a quelques semaines une participante &#224; un atelier organis&#233; dans une universit&#233; mexicaine, ce que les &#233;tudiants ont retrouv&#233; dans l'exp&#233;rience zapatiste, outre la d&#233;mocratie et le respect de la diversit&#233; (qui inclut &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; diff&#233;rence) c'est le sens d'une &#171; communaut&#233; perdue &#187;, d'un monde organis&#233; autrement que par les r&#232;gles du march&#233; et de la concurrence. Et c'est sans doute pourquoi les &#233;tudiants de l'Universit&#233; Nationale Autonome de Mexico (UNAM) ont rejet&#233; en bloc, il y a trois ans, les nouvelles mesures de s&#233;lection impos&#233;es par l'administration, n'h&#233;sitant pas &#224; s'engager pour cela dans une gr&#232;ve extr&#234;mement dure qui paralysa l'Universit&#233; pendant plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mouvement autochtone et autonomie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est sur le mouvement autochtone que l'insurrection zapatiste aura probablement eu l'impact le plus profond. Rappelons que rien, ni dans le sigle de l'Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale (EZLN) ni dans les premiers messages diffus&#233;s en janvier 1994, ne faisait allusion au fait que 95% de ses effectifs appartiennent aux peuples autochtones du Chiapas. C'est en r&#233;ponse aux accusations d'&#234;tre des &#171; r&#233;volutionnaires &#233;trangers &#187; que les zapatistes ont r&#233;v&#233;l&#233; la composition am&#233;rindienne du mouvement. Au cours de l'ann&#233;e 1994, diverses organisations autochtones r&#233;gionales convoqu&#232;rent un premier forum national o&#249; ils pr&#233;sent&#232;rent leur point de vue sur la probl&#233;matique am&#233;rindienne actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res n&#233;gociations formelles entre l'EZLN et le gouvernement mexicain aboutirent sur la reconnaissance d'une large autonomie interne pour les peuples autochtones du Mexique, incluant la culture, l'autonomie politique et les ressources naturelles : ce sont les c&#233;l&#232;bres Accords de San Andr&#233;s. Le gouvernement du pr&#233;sident Zedillo refusa de ratifier les accords, affirmant qu'ils &#233;taient &#171; anticonstitutionnels &#187;. Les organisations autochtones firent des Accords de San Andr&#233;s la base de leurs revendications et fond&#232;rent le Congreso Nacional Ind&#237;gena (CNI) pour coordonner la lutte. Avec l'&#233;lection de Vicente Fox &#224; la pr&#233;sidence, en 2000, l'EZLN renouvela son offre de pourparlers, sur la base des Accords, et Fox accepta de pr&#233;senter leur projet au Congr&#232;s et au S&#233;nat. Les zapatistes choisirent d'aller le pr&#233;senter eux-m&#234;mes et une d&#233;l&#233;gation d'un millier d'autochtones parcourut toutes les r&#233;gions am&#233;rindiennes du Sud et du centre du pays pour exposer son projet et y gagner des appuis. Le Congr&#232;s et le S&#233;nat approuv&#232;rent le projet de loi, mais apr&#232;s l'avoir amput&#233; d'une dimension essentielle : l'autonomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zapatistes se sont alors retranch&#233;s dans un long silence, mais les organisations autochtones ont continu&#233; &#224; exiger des l&#233;gislatures des &#201;tats des lois qui garantissent leurs acquis agraires et politiques. Par exemple, d&#232;s 1995, les Am&#233;rindiens zapatistes avaient spontan&#233;ment divis&#233; les immenses municipalit&#233;s gouvern&#233;es par une petite clique de commer&#231;ants et de grands propri&#233;taires pour former des &lt;i&gt;municipios rebeldes&lt;/i&gt;, qu'ils administrent eux-m&#234;mes depuis. Dans l'&#201;tat d'Oaxaca, la majorit&#233; autochtone a obtenu d'&#233;lire les autorit&#233;s municipales selon les &#171; us et coutumes &#187;, c'est-&#224;-dire par consensus, et non avec le syst&#232;me des partis. Pour leur part, les Tlapan&#232;ques du Guerrero ont choisi de mettre en pratique leur autonomie judiciaire et politique dans une soixantaine de communaut&#233;s et les autorit&#233;s n'ont pu qu'ent&#233;riner cet &#233;tat de fait. Dans les r&#233;gions rurales du centre et du sud du pays, o&#249; se concentre la majorit&#233; des douze millions d'autochtones, cette r&#233;appropriation du pouvoir local, stimul&#233;e par l'exemple zapatiste, est devenue un des principaux enjeux de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bilan du zapatisme : dix ans apr&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille du dixi&#232;me anniversaire du soul&#232;vement zapatiste, diverses composantes de la soci&#233;t&#233; civile mexicaine ont amorc&#233; un bilan des changements survenus apr&#232;s ce qui fut un v&#233;ritable tremblement de terre social et politique. Bien s&#251;r, personne ne songe &#224; attribuer au seul EZLN l'ensemble de ces changements. Le plus profond, l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile qui exige d&#233;mocratisation et justice sociale, s'est amorc&#233;e d&#232;s les ann&#233;es 80 et c'est d'ailleurs l'existence de ce nouvel espace politique qui a permis au mouvement zapatiste d'avoir un tel retentissement, depuis dix ans. D'autre part, si des bilans extr&#234;mement positifs ont &#233;t&#233; produits par les diverses tables de r&#233;flexion (&lt;i&gt;El fuego y la palabra&lt;/i&gt;) convoqu&#233;es &#224; la demande des zapatistes dans les derniers mois, d'autres analystes notent une certaine usure au sein de la soci&#233;t&#233; civile depuis la prise du pouvoir par Vicente Fox : certains &#233;l&#233;ments ayant &#233;t&#233; carr&#233;ment coopt&#233;s par le pouvoir, tandis que d'autres optent d&#233;sormais pour un refus total de transiger avec l'ordre dominant. Il n'en demeure pas moins que, parmi l'ensemble des luttes qui ont mobilis&#233; depuis dix ans une conscience sociale mexicaine de plus en plus articul&#233;e (droits des femmes, environnement&#8230;), le soul&#232;vement zapatiste de 1994 restera sans doute un des &#233;v&#233;nements qui ont le plus contribu&#233; &#224; briser le mur du silence, ramenant &#224; l'avant-sc&#232;ne les millions d'exclus de la modernisation n&#233;olib&#233;rale, non pour mendier, mais pour revendiquer de plein droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Beaucage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anthropologue et membre du Groupe de recherche sur les imaginaires politiques &lt;br class='autobr' /&gt;
en Am&#233;rique latine et auteur de &lt;i&gt;Imaginaires mexicains. Voyages dans le temps et l'espace&lt;/i&gt;, &#201;d. Mus&#233;e de la civilisation et Fides, Qu&#233;bec, 1998.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La lutte pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-lutte-pour-l-humanite-et-contre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-lutte-pour-l-humanite-et-contre</guid>
		<dc:date>2008-07-24T17:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Baschet</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Baschet, J&#233;r&#244;me </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment de c&#233;l&#233;brer dix (et vingt) ans de lutte zapatiste, il n'est pas inutile de rappeler que le mouvement altermondialiste dont la force s'est manifest&#233;e &#224; partir des mobilisations de Seattle en d&#233;cembre 1999, avait d&#233;j&#224; fait un pas significatif dans les montagnes du Sud-est mexicain, lors de la &#171; Rencontre intercontinentale pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, convoqu&#233;e par l'EZLN en juillet-ao&#251;t 1996. Parfois reconnu, souvent ignor&#233;, cet ant&#233;c&#233;dent m&#233;rite une place dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Dix-ans-de-zapatisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Dix ans de zapatisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baschet-Jerome-+" rel="tag"&gt;Baschet, J&#233;r&#244;me &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton532.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;142&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment de c&#233;l&#233;brer dix (et vingt) ans de lutte zapatiste, il n'est pas inutile de rappeler que le mouvement altermondialiste dont la force s'est manifest&#233;e &#224; partir des mobilisations de Seattle en d&#233;cembre 1999, avait d&#233;j&#224; fait un pas significatif dans les montagnes du Sud-est mexicain, lors de la &#171; Rencontre intercontinentale pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, convoqu&#233;e par l'EZLN en juillet-ao&#251;t 1996. Parfois reconnu, souvent ignor&#233;, cet ant&#233;c&#233;dent m&#233;rite une place dans la m&#233;moire de la r&#233;sistance globalis&#233;e, car il a marqu&#233; un r&#233;veil des conceptions et des pratiques internationalistes, apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies de sommeil profond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il serait certes hors de propos de revendiquer pour les zapatistes un fort douteux droit de paternit&#233; ou la tr&#232;s inutile reconnaissance d'une ant&#233;riorit&#233; (d'autant que le sous-commandant Marcos lui-m&#234;me a pris soin de minimiser leur contribution, en comparaison de l'impact de Seattle ou du Forum social mondial de Porto Alegre). Il s'agit seulement de reconna&#238;tre que le zapatisme est partie prenante des origines d'une mobilisation mondiale qui ne fait que commencer, et donc aussi des luttes pr&#233;sentes et futures contre le monstre global mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1996, l'EZLN a eu le m&#233;rite de synth&#233;tiser l'esprit de ce combat en appelant &#224; &#171; &lt;i&gt;la lutte pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187;. Plus qu'un simple slogan, il s'agit de l'expression pertinente d'une perspective articul&#233;e et de grande port&#233;e, parfaitement adapt&#233;e &#224; la critique de la r&#233;alit&#233; plan&#233;taire qui s'est impos&#233;e au cours de la d&#233;cennie pass&#233;e. La relation entre les deux &#233;l&#233;ments qui composent cette formule en est l'aspect d&#233;terminant. Revendiquer la lutte pour l'humanit&#233; n'a de sens que si l'on identifie l'adversaire qui tout &#224; la fois fait obstacle &#224; cette lutte et la rend n&#233;cessaire, sans quoi les mots &#171; humain &#187; ou &#171; humanit&#233; &#187; rel&#232;veraient d'une rh&#233;torique vide et d'un humanisme &lt;i&gt;light&lt;/i&gt;, complice de toutes les oppressions. Toute proclamation humaniste s&#233;par&#233;e d'une critique radicale du pr&#233;sent n'est qu'une mystification r&#233;duite &#224; l'&#233;thique faible de l'humanitarisme, devenue d&#233;sormais l'adjuvant de la globalisation mercantile. &#192; l'inverse, il serait fort risqu&#233; de ne pas proclamer les valeurs au nom desquelles on entend lutter contre le n&#233;olib&#233;ralisme car, comme le soulignent les zapatistes, le monde est plein de &#171; &lt;i&gt;mouvements fondamentalistes religieux ou ultras nationalistes&lt;/i&gt; &#187; qui s'opposent &#224; la mondialisation, au nom d'un rejet des diff&#233;rences et d'une affirmation identitaire qui conduisent aux fermetures x&#233;nophobes et aux affrontements ethniques. Les zapatistes, eux, soulignent que le combat contre le n&#233;olib&#233;ralisme est indissociablement une lutte pour l'humanit&#233; tout enti&#232;re, une humanit&#233; capable de se reconna&#238;tre dans sa diversit&#233; et de construire son unit&#233; &#224; partir de ses diff&#233;rences. En bref, il serait aussi vain de pr&#244;ner la lutte pour l'humanit&#233; sans d&#233;noncer le capitalisme globalis&#233; qui s'efforce de l'an&#233;antir qu'il serait dangereux de s'attaquer au n&#233;olib&#233;ralisme sans avoir pour objectif la pleine r&#233;alisation d'une communaut&#233; des hommes et des femmes &#224; la fois une et plurielle. En appelant &#224; &#171; &lt;i&gt;la lutte pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187;, les zapatistes nous offrent un n&#339;ud puissant pour &#233;loigner de redoutables ambigu&#239;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si &#171; &lt;i&gt;la lutte pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187; indique une pr&#233;occupation plan&#233;taire, on ne saurait la concevoir de mani&#232;re isol&#233;e, sans prendre en compte d'autres aspects du mouvement zapatiste. En effet, l'un de ses apports les plus remarquables tient &#224; sa capacit&#233; &#224; articuler diff&#233;rents niveaux de lutte : le local et l'ethnique, le national et l'international. Dans le zapatisme, ces perspectives ne peuvent pas &#234;tre oppos&#233;es ou s&#233;par&#233;es, mais doivent au contraire &#234;tre pens&#233;es en relation les unes avec les autres. C'est leur unit&#233; qui &#233;carte les dangers que chacune d'elles peut faire na&#238;tre lorsqu'on l'isole : l'ethnicisme essentialiste et intol&#233;rant, le nationalisme x&#233;nophobe et agressif, l'universalisme abstrait h&#233;rit&#233; des Lumi&#232;res, qui finit lui aussi par nier les diff&#233;rences r&#233;elles entre les &#234;tres humains. &#192; l'inverse, la mani&#232;re zapatiste de penser ensemble (et l'un par l'autre) l'ethnique, le national et l'international appara&#238;t de mani&#232;re particuli&#232;rement claire lorsqu'ils &#233;voquent la &#171; &lt;i&gt;dignit&#233; indig&#232;ne&lt;/i&gt; &#187;. Celle-ci, expliquent-ils, ne peut pas &#234;tre con&#231;ue autrement que comme une &lt;i&gt;relation&lt;/i&gt;, en premier lieu entre indig&#232;nes et non-indig&#232;nes : la dignit&#233; est un pont ; elle est un regard r&#233;ciproque dans lequel indig&#232;nes et non-indig&#232;nes prennent conscience de soi et de l'autre et apprennent &#224; respecter leurs diff&#233;rences. Dans le m&#234;me esprit, l'autonomie indig&#232;ne, si importante dans le combat zapatiste, n'est nullement assimilable &#224; un repli identitariste : elle est au contraire d&#233;finie de fa&#231;on insistante comme la revendication d'un &#171; &lt;i&gt;lieu digne dans le drapeau mexicain&lt;/i&gt; &#187;. Accusera-t-on alors les insurg&#233;s de faire preuve d'un patriotisme excessif ? Cela para&#238;t difficile, pour peu que l'on se donne la peine d'observer que la lutte de lib&#233;ration nationale qui est inscrite dans le nom m&#234;me de l'EZLN est ins&#233;parable de la r&#233;sistance contre un ennemi plan&#233;taire et qu'elle a pour but ultime la construction de la dignit&#233;, d&#233;finie comme &#171; &lt;i&gt;une patrie sans nationalit&#233; qui se moque des fronti&#232;res et des douanes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutter pour l'humanit&#233; suppose une mobilisation plan&#233;taire contre un ennemi mondial. Mais s'agit-il pour autant d'opposer l'Homme universel &#224; l'homog&#233;n&#233;isation marchande ? Les zapatistes ont bien plut&#244;t opt&#233; pour convoquer &#171; &lt;i&gt;un r&#233;seau de voix qui, face &#224; la surdit&#233; du pouvoir, opte pour se parler lui-m&#234;me en sachant qu'il est un et multiple&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Un mundo en donde quepan muchos mundo&lt;/i&gt; (un monde qui contienne de nombreux mondes) est l'un des principes zapatistes le plus souvent rappel&#233;s. L'humanit&#233; selon les zapatistes est une mosa&#239;que d'histoires diff&#233;rentes &#224; partager, une multitude de subjectivit&#233;s et d'exp&#233;riences sociales en qu&#234;te de coop&#233;ration. Cette logique &#233;clate avec plus de force encore dans la proclamation de la majore Ana Maria, qui a accueilli les participants de la Rencontre intercontinentale de 1996 : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous &#233;gaux&lt;/i&gt; parce que &lt;i&gt;nous sommes diff&#233;rents&lt;/i&gt; &#187;. Le paradoxal &#171; parce que &#187; brise l'id&#233;e selon laquelle l'&#233;galit&#233; et l'unit&#233; humaines devraient &#234;tre d&#233;finies &lt;i&gt;en d&#233;pit&lt;/i&gt; des diff&#233;rences entre les individus, les peuples et les sexes. Il revendique au contraire une &#233;galit&#233; &#233;labor&#233;e &lt;i&gt;&#224; partir&lt;/i&gt; des diff&#233;rences, sur la base de leur pleine reconnaissance. C'est l&#224; un terrain fertile pour faire cro&#238;tre un nouvel universalisme. Celui que nous ont l&#233;gu&#233; les Lumi&#232;res ne parvenait &#224; penser l'humanit&#233; qu'en postulant l'identit&#233; abstraite de tous les hommes et en d&#233;niant la diversit&#233; des &#234;tres r&#233;els. Il s'agit d&#233;sormais de fonder l'universalit&#233; sur la reconnaissance de la diversit&#233; des &#234;tres humains, de la sp&#233;cificit&#233; de leurs lieux de vie et de l'autonomie de leurs exp&#233;riences. Dans la phrase de la majore Ana Maria, on peut trouver une inspiration qui permette de sortir d'un fatal dilemme : ou bien reconna&#238;tre des diff&#233;rences et nier l'&#233;galit&#233;, ou bien reconna&#238;tre l'&#233;galit&#233; et nier les diff&#233;rences. Or, il s'agit d'assumer tout &#224; la fois les diff&#233;rences (d'une mani&#232;re non hi&#233;rarchique) et l'&#233;galit&#233; (d'une mani&#232;re qui ne postule aucune homog&#233;n&#233;isation). Ainsi les zapatistes s'efforcent-ils de concilier le souci du particulier et de l'universel, la force de l'exp&#233;rience locale et le souci d'une humanit&#233; en qu&#234;te de son accomplissement. Ils se pr&#233;occupent tout autant de mettre en sc&#232;ne des individus singuliers que de d&#233;noncer les forces globalis&#233;es de la m&#233;gapolitique n&#233;olib&#233;rale et du March&#233;, de revendiquer le respect des diff&#233;rences et l'autonomie qui en est l'expression politique que d'invoquer les valeurs communes de l'humanit&#233; et d'un nouvel universalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, l'articulation de l'ethnique, du national et de l'international n'a pas toujours &#233;t&#233; ais&#233;e. On ne peut nier qu'il y ait eu, au cours de la d&#233;cennie &#233;coul&#233;e, des tensions entre ces trois perspectives, voire des priorit&#233;s indues. On pourrait regretter par exemple que l'une des propositions les plus ambitieuses de la Rencontre de 1996, qui invitait &#224; cr&#233;er &#171; &lt;i&gt;un r&#233;seau intercontinental de r&#233;sistance pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187;, n'ait pas re&#231;u l'attention qu'elle m&#233;ritait et soit rest&#233;e une promesse non tenue du zapatisme international. Il serait certes injuste d'en imputer la responsabilit&#233; &#224; l'EZLN, qui n'avait pas la pr&#233;tention d'organiser et moins encore de diriger un tel projet. Au reste, l'id&#233;e a pris corps, avec le succ&#232;s que l'on sait, par d'autres chemins et sous d'autres latitudes, et cela seul importe. Pourtant, on ne saurait occulter le fait que l'EZLN n'a gu&#232;re accompagn&#233; la mont&#233;e en puissance de ces mobilisations et n'a pas fait entendre sa voix directement, l&#224; o&#249; se sont men&#233;es les batailles contre le pouvoir global n&#233;olib&#233;ral. Sans doute faut-il faire l'effort de comprendre que la mani&#232;re zapatiste d'avancer interdit de faire des pas de g&#233;ant entre les continents tant qu'on ne peut avancer au plus pr&#232;s de sa propre demeure. En d'autres termes, le blocage du conflit chiapan&#232;que, notamment apr&#232;s les espoirs frustr&#233;s de la Marche de la dignit&#233; indig&#232;ne, a certainement emp&#234;ch&#233; une projection internationale souhait&#233;e de toute &#233;vidence. Il est, &#224; l'inverse, significatif que la r&#233;organisation interne qui a culmin&#233; avec la naissance des &lt;i&gt;Caracoles&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Juntas de buen gobierno&lt;/i&gt; en ao&#251;t 2003 ait coincid&#233; avec une nouvelle expansion de la parole internationale de l'EZLN. Sa d&#233;nonciation de la guerre en Irak s'est exprim&#233;e de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e, notamment lors de la lecture par la m&#232;re de Carlo Giuliani d'un message du sous-commandant Marcos, &#224; Rome le 15 f&#233;vrier dernier. Celui-ci a du reste soulign&#233; avec pertinence que &#171; &lt;i&gt;le XXIe si&#232;cle d&#233;marre par un NON &#192; LA GUERRE&lt;/i&gt; &#187;. D'autre part, en septembre, des messages des commandants zapatistes ont &#233;t&#233; adress&#233;s aux organisations qui protestaient contre le sommet de l'OMC &#224; Canc&#250;n : pour la premi&#232;re fois, l'EZLN s'est ainsi associ&#233; explicitement aux mobilisations contre les institutions du capitalisme globalis&#233;. Enfin, on peut mentionner la proposition du sous-commandant Marcos de participer &#224; l'&#233;laboration d'un &#171; agenda mondial de discussion &#187;, en vue de fortifier le r&#233;seau des r&#233;sistances contre le n&#233;olib&#233;ralisme. La phase actuelle du mouvement zapatiste permet ainsi d'observer un r&#233;&#233;quilibrage des diverses perspectives et notamment une convergence entre la consolidation de pratique de l'autonomie et une implication internationale accentu&#233;e. Comme l'a dit le commandant Zebedeo, lors de la naissance des &lt;i&gt;Caracoles&lt;/i&gt;, il est indispensable de &#171; &lt;i&gt;ne pas perdre de vue le monstre global mondial&lt;/i&gt; &#187;. Plus que jamais, la lutte pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme est &#224; l'ordre du jour. &#192; l'heure o&#249; les folies d'une guerre permanente contre un ennemi fantasmatique pr&#233;tendent faire office de leurre, c'est le seul combat qui importe r&#233;ellement. La survie de l'esp&#232;ce humaine en d&#233;pend et elle suppose de se dresser contre la barbarie croissante de la soci&#233;t&#233; marchande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Baschet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historien, ma&#238;tre de Conf&#233;rences &#224; l'&#201;cole des Hautes &#201;tudes en sciences sociales (Paris), auteur de &lt;i&gt;L'&#233;tincelle zapatiste. Insurrection indienne et r&#233;sistance plan&#233;taire&lt;/i&gt;, Paris, Deno&#235;l, 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
