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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>40 ans apr&#232;s la R&#233;volution tranquille, pourquoi sommes-nous encore plus d&#233;pendants que jamais ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/40-ans-apres-la-Revolution</link>
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		<dc:date>2008-07-31T13:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Monique Moisan</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paul Rose a consacr&#233; sa vie &#224; la lutte pour l'&#233;mancipation nationale et sociale du peuple qu&#233;b&#233;cois. Projet&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne lors des &#233;v&#232;nements d'Octobre 1970, prisonnier politique incarc&#233;r&#233; pendant douze ans, docteur en sociologie et syndicaliste actif, il partage avec nous son analyse de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es. Bilan historique et perspectives d'avenir d'un militant de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! &#8211; &#199;a fait plus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Qu-est-le-Quebec-devenu-" rel="directory"&gt;Dossier : Qu'est le Qu&#233;bec devenu ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moisan-Monique-+" rel="tag"&gt;Moisan, Monique &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton41.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;203&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paul Rose a consacr&#233; sa vie &#224; la lutte pour l'&#233;mancipation nationale et sociale du peuple qu&#233;b&#233;cois. Projet&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne lors des &#233;v&#232;nements d'Octobre 1970, prisonnier politique incarc&#233;r&#233; pendant douze ans, docteur en sociologie et syndicaliste actif, il partage avec nous son analyse de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es. Bilan historique et perspectives d'avenir d'un militant de la gauche politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt; &#8211; &#199;a fait plus de quarante ans qu'on parle d'ind&#233;pendance au Qu&#233;bec. Aujourd'hui pourtant, le Qu&#233;bec est plus d&#233;pendant &#233;conomiquement et politiquement qu'il ne l'&#233;tait avant les ann&#233;es 70. Qu'est-ce qui nous a men&#233;s dans ce cul-de-sac ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Rose&lt;/strong&gt; &#8211; Il faut dire les choses telles qu'elles sont. Depuis une trentaine d'ann&#233;es, ce sont les gens d'affaires qui ont pris le contr&#244;le du mod&#232;le politique. Dans les ann&#233;es soixante-dix, le grand bailleur de fonds &#233;tait l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, &#233;tant donn&#233; l'absence de capital qu&#233;b&#233;cois important. Cela a produit &#171; l'ind&#233;pendance &#187; des gens d'affaires, le mod&#232;le Provigo, puis Qu&#233;bec inc... Des gens qui, avec l'argent de l'&#201;tat, se sont amass&#233; des fortunes &#233;normes. C'&#233;tait une esp&#232;ce de nationalisme, non pas &#233;conomique mais d'une forme plus restreinte encore, disons plut&#244;t un nationalisme d'affaires. Ces entreprises dites &#171; qu&#233;b&#233;coises &#187; ont ainsi couvert l'ensemble du territoire. Ce mod&#232;le Qu&#233;bec inc a &#233;t&#233; aujourd'hui, &#224; son tour, totalement r&#233;cup&#233;r&#233;, dans la majorit&#233; des cas par les capitaux am&#233;ricains : maintenant, Provigo c'est Loblaws. En r&#233;sum&#233;, le projet initial d'&#233;mancipation sociale et de lib&#233;ration nationale, tout ce projet populaire (il ne faut pas oublier que le PQ d'avant l'&#233;tapisme comptait plus de 300 000 membres), a pour ainsi dire &#233;t&#233; &#171; d&#233;vi&#233; &#187; par le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois qui l'a r&#233;cup&#233;r&#233;, avec des gens d'affaires naissants, en mettant de l'avant un &#171; capital national &#187;, qui n'&#233;tait &#171; national &#187; que de nom, mais qui par contre &#233;tait &#171; capitaliste &#187; dans tous les sens du terme. C'est le danger qui guette tous les projets populaires qui n'aboutissent pas, faute de moyens, faute d'autonomie. C'est un &#233;l&#233;ment central &#224; prendre en compte dans l'&#233;volution politique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Comment expliquer que le PQ ait pu accaparer tout le discours sur la question nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; Le projet initial de lib&#233;ration nationale et d'&#233;mancipation sociale &#233;tait un projet o&#249; ces deux aspects &#233;taient intimement li&#233;s. Je me souviens des d&#233;bats dans la gauche de la fin des ann&#233;es 60, &#224; savoir est-ce que l'ind&#233;pendance doit passer avant la d&#233;mocratie sociale ou vice versa. Finalement, cela a men&#233; &#224; deux mouvements s&#233;par&#233;s : d'une part des ind&#233;pendantistes pour lesquels la d&#233;mocratie sociale n'&#233;tait qu'un paravent et, d'autre part, des mouvements sociaux-d&#233;mocrates, socialistes ou marxistes qui se sont compl&#232;tement dissoci&#233;s de la question nationale, abandonnant au Parti qu&#233;b&#233;cois toute la question de l'oppression nationale et de son int&#233;gration dans le processus de l'&#233;mancipation globale d'un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ d'aujourd'hui, sous l'emprise des gens d'affaires, s'est compl&#232;tement radicalis&#233; &#224; droite (eh oui, c'est encore possible de se &#171; radicaliser &#187; davantage &#224; droite !), tant dans le discours tr&#232;s libre-&#233;changiste que dans le reste des politiques sociales. Le PQ d'apr&#232;s l'&#233;tapisme et encore plus d'apr&#232;s le libre-&#233;change est devenu le gouvernement contemporain champion des coupes dans les affaires sociales, dans l'&#233;ducation, dans les revenus des travailleurs et travailleuses oeuvrant au secteur public, etc., etc. &#199;a, il ne faut pas l'oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur qu'on a pu faire dans la gauche, et aussi dans l'ensemble des gens qui militaient pour l'&#233;mancipation sociale, c'est de s'&#234;tre scind&#233; en deux, en laissant au Parti qu&#233;b&#233;cois le monopole du discours ind&#233;pendantiste, avec pour r&#233;sultats les r&#233;cup&#233;rations qu'on a vu s'op&#233;rer par l'&#233;tapisme et le libre-&#233;changisme. C'est pour &#231;a que je trouve important de revenir &#224; l'essentiel : il y a l'oppression nationale &#224; r&#233;gler, il y a l'&#233;mancipation sociale &#224; faire et un projet de soci&#233;t&#233; &#224; b&#226;tir autour de &#231;a, puisque tout est li&#233;. C'est ce seul projet-l&#224; qui a le m&#233;rite de pouvoir faire avancer la soci&#233;t&#233; sous ses aspects sociaux et nationaux de domination. Tout projet &#171; d&#233;croch&#233; &#187; de cette double r&#233;alit&#233; qu&#233;b&#233;coise, c'est-&#224;-dire de la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par 90 &#224; 95 % des gens qui constituent les classes populaires, est en quelque sorte condamn&#233; &#224; la schizophr&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est s&#251;r que quand on part de l'autre point de vue de la question nationale, de celui des gens d'affaires ou m&#234;me de la d&#233;mocratie sociale du point de vue du capital international, &#231;a n'a plus rien &#224; voir, c'est vider tous les projets &#233;mancipateurs de leur sens. L&#224;-dessus, le PQ n'aura pas &#233;t&#233; tellement diff&#233;rent des autres formations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du Parti qu&#233;b&#233;cois en 1976, quels ont &#233;t&#233; les &#233;v&#233;nements d&#233;terminants qui nous ont men&#233;s &#224; la situation actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; Si l'on regarde au plan strat&#233;gique, je l'ai &#233;voqu&#233; plus t&#244;t, je pense qu'il y a eu deux grandes coupures dans l'histoire. Il y a d'abord eu la coupure de &#171; l'&#233;tapisme &#187;, qui a &#233;t&#233; une premi&#232;re fa&#231;on de &#171; noyer le poisson &#187; sur toute la question de la souverainet&#233; et, en m&#234;me temps, de se servir de la souverainet&#233; pour banaliser toute la question de la d&#233;mocratie sociale. Le second grand mouvement, qui est venu compl&#233;ter le premier &#8211; les deux &#233;tant des strat&#233;gies anti-populaires allant en-de&#231;&#224; des int&#233;r&#234;ts de la population &#8211;, a &#233;t&#233; toute la question du libre-&#233;change. C'est quand m&#234;me assez curieux qu'un parti qui se disait souverainiste ait abouti, dans les deux cas, &#224; une marginalisation du Qu&#233;bec, &#224; une marginalisation de toute la question de la lib&#233;ration du peuple qu&#233;b&#233;cois. Car le libre-&#233;change, &#231;a veut dire c&#233;der au Fonds Mon&#233;taire International, aux diktats du FMI et de la Banque mondiale, tout le contr&#244;le de ce qui est important dans une soci&#233;t&#233; et, finalement, de se retrouver avec seulement des petits pouvoirs de police, de gestion des chicanes individuelles&#8230; Or, tous les grands projets collectifs sont historiquement d&#233;natur&#233;s de cette fa&#231;on-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Quelle voie peut-on emprunter aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; Je pense qu'il faut revenir au sens profond d'un v&#233;ritable projet d'&#233;mancipation sociale, d'un projet lib&#233;rateur. Il y aurait possibilit&#233; pour un peuple comme le n&#244;tre, en reprenant l'ensemble de ses r&#234;nes contre le capital financier international, en devenant ind&#233;pendant et social-d&#233;mocrate, c'est-&#224;-dire socialiste au sens profond du terme, de devenir un exemple, une norme, un rep&#232;re pour l'ensemble de la plan&#232;te, &#233;tant donn&#233; notre situation g&#233;ographique particuli&#232;re, de devenir donc un peuple lib&#233;r&#233; de ses cha&#238;nes en Am&#233;rique du Nord, au c&#339;ur m&#234;me du bastion, du chef-lieu du capitalisme. En ce sens, ce projet-l&#224; est majeur parce que situ&#233; dans le mouvement universel d'&#233;mancipation de la plan&#232;te. Il repose essentiellement sur un &#233;l&#233;ment profond d'engagement de l'&#234;tre humain. Il faut percevoir et voir les choses en fonction de l'ensemble de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur majeure du Parti qu&#233;b&#233;cois et de beaucoup d'autres gens en embarquant dans le libre-&#233;change, a &#233;t&#233; de tenir un double discours : ind&#233;pendantiste localement et, en m&#234;me temps, c&#233;dant aux int&#233;r&#234;ts de la mondialisation capitaliste. Ce n'est plus vraiment de la souverainet&#233; dont il est question, c'est en fait tout le contraire de la souverainet&#233;. Ce n'est pas un projet d'ind&#233;pendance, c'est un projet de d&#233;pendance. Voyez plut&#244;t l'implication militante de la jeunesse : &#231;a va beaucoup plus dans le sens de l'affirmation des pouvoirs locaux, toujours dans le sens de contrer cette mondialisation capitaliste dominante d'aujourd'hui, et de reprendre localement les pouvoirs ali&#233;n&#233;s de la population. Je pense que c'est dans ce cadre de la mondialisation des solidarit&#233;s, par la voie de la reprise en mains populaires des pouvoirs locaux (nationaux, r&#233;gionaux), que le projet qu&#233;b&#233;cois prend tout son sens et toute son actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233;, c'est beaucoup plus qu'une simple d&#233;claration &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Tout nous le d&#233;montre : comment peut-on arriver &#224; une souverainet&#233; qu&#233;b&#233;coise, &#224; une ind&#233;pendance qu&#233;b&#233;coise, &#224; un projet tr&#232;s &#233;mancipateur, tr&#232;s lib&#233;rateur aux plans social, &#233;conomique, environnemental et culturel, sans une r&#233;appropriation de nos pouvoirs politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, comme partout ailleurs, au m&#234;me titre que la reprise en mains populaires des souverainet&#233;s nationales, c'est aller &#224; contre-courant de la mondialisation capitaliste et en limiter le pouvoir, c'est r&#233;tablir l'&#201;tat dans une position de d&#233;cision. Sans revenir &#224; l'&#233;poque o&#249; il s'agissait simplement d'&#201;tats nationaux, mais pour cr&#233;er une mondialisation des solidarit&#233;s, pour recr&#233;er un espace o&#249; les gens puissent se reprendre en main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Comment arriver &#224; remobiliser les gens pour une carcasse vide ? Comment recr&#233;er l'engouement quand ce qui est propos&#233; par le PQ est d&#233;sormais vid&#233; de toute substance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P. R.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est pour &#231;a que &#231;a ne se fait pas. Tant qu'on en restera &#224; des termes qui ont &#233;t&#233; vid&#233;s de leur sens, on passera &#224; c&#244;t&#233;. Le Parti qu&#233;b&#233;cois s'est exclu, je dirais m&#234;me &#171; auto-exclu &#187;, en embarquant dans le libre-&#233;change. Le seul objectif du PQ au Sommet des Am&#233;riques &#224; Qu&#233;bec en 2001, c'&#233;tait d'avoir sa place dans le club s&#233;lect du jet-set international. On est tr&#232;s tr&#232;s loin de tout geste lib&#233;rateur. Le Parti qu&#233;b&#233;cois est devenu le parti &#171; d&#233;pendantiste &#187; des gens d'affaires, pas le parti ind&#233;pendantiste du peuple qu&#233;b&#233;cois. Il faut revenir &#224; l'essentiel, il faut que le projet mis de l'avant en soit vraiment un de lib&#233;ration nationale et d'&#233;mancipation sociale. Sinon, on retombe dans la m&#234;me schizophr&#233;nie que dans les ann&#233;es 70. Mais il ne faut pas refaire non plus l'erreur du PQ, qui n'a fait qu'une lutte &#171; nominale &#187; de souverainet&#233;. Il faut y mettre un contenu, un projet de soci&#233;t&#233;. Sans audace et sans courage politique pour renflouer le projet ind&#233;pendantiste, il est impossible de susciter chez la population qu&#233;b&#233;coise un engouement capable de cr&#233;er le pays du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;marche, la mise en place d'une formation politique ind&#233;pendantiste populaire autonome telle l'UFP, qui regroupe plusieurs tendances de la gauche qu&#233;b&#233;coise, est un pas historique marquant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Luciano Benvenuto&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Monique Moisan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#192; b&#226;bord ! rencontre La Conspiration d&#233;pressionniste</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sacha Alcide Calixte</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Calixte, Sacha Alcide </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;fractaire &#224; tout enfermement th&#233;orique allant au-del&#224; du besoin de crier sa r&#233;volte devant l'ineptie de l'ordre social actuel, La Conspiration d&#233;pressionniste, sur fond de sac d'&#233;picerie en papier brun, s'offre &#224; l'existence comme lieu de l'insistance impertinente et du diagnostic social &#224;-la-vol&#233;e. Flairant la concurrence d&#233;loyale, &#192; b&#226;bord ! sort ses griffes pour tuer dans l'&#339;uf ce prurit ind&#233;cent de la jeunesse cultur&#233;e. On est tous le censeur de quelqu'un. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192;B ! - Et si nous vous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Calixte-Sacha-Alcide-+" rel="tag"&gt;Calixte, Sacha Alcide &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton49.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;275&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;fractaire &#224; tout enfermement th&#233;orique allant au-del&#224; du besoin de crier sa r&#233;volte devant l'ineptie de l'ordre social actuel, &lt;i&gt;La Conspiration d&#233;pressionniste&lt;/i&gt;, sur fond de sac d'&#233;picerie en papier brun, s'offre &#224; l'existence comme lieu de l'insistance impertinente et du diagnostic social &#224;-la-vol&#233;e. Flairant la concurrence d&#233;loyale, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; sort ses griffes pour tuer dans l'&#339;uf ce prurit ind&#233;cent de la jeunesse cultur&#233;e. On est tous le censeur de quelqu'un.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Et si nous vous accusions, pour d&#233;buter, d'abandon de la lutte de classe concr&#232;te, d'amasser du capital de sympathie sur le dos du prol&#233;tariat, de r&#233;volutionarisme de salon et de gargarisme litt&#233;raire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons. D&#233;p.&lt;/strong&gt; - Nous ne vous f&#233;licitons pas pour cette invective de professeur. Sachez bien que notre libert&#233; nous vient de notre ind&#233;pendance et que vos requisits ne valent pas la peine que nous nous sommes donn&#233; pour prendre l'autobus jusqu'ici. Ayant oubli&#233; aux cabinets la triste rigueur doctrinaire, nous avons mis nos carri&#232;res-suppos&#233;es en jeu pour le b&#233;n&#233;fice de nous pavaner nus dans la ville la plus laide du monde. Cette volont&#233; de nous faire la morale n'est que la r&#233;ification de l'angoisse que vous &#233;prouvez &#224; l'id&#233;e de faillir &#224; votre destin de &lt;i&gt;working class hero&lt;/i&gt;. Quant &#224; nous, nous pr&#233;f&#233;rons encore bricoler des miroirs d&#233;formants qui repoussent la merde et m&#233;nagent un espace pour pouvoir respirer. Merde &#224; l'asphyxie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Pi&#232;tre r&#233;ponse. Mais poursuivons donc. Abstraction faite de l'encre imprim&#233;e sur vos pages et des jolis &#339;illets de fers qui retiennent icelles ensemble, votre revue, avouez-le messieurs, est tout &#224; fait monochrome. De la part d'esth&#232;tes tels que vous, on attendait mieux. Vous n'allez jamais au Mus&#233;e, vous autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons. D&#233;p.&lt;/strong&gt; - Si vous aviez fait vos lettres, vous sauriez depuis belle lurette que la forme c'est le fond. La drabitude de la revue correspond &#224; la drabitude du monde qui l'a engendr&#233;e, toute l'affaire est l&#224;. Dans la conspiration d&#233;pressionniste, le laid &#233;rupte et s'impose comme un virus morbide sous la pouss&#233;e conjugu&#233;e de la chosification du monde et de l'absurdit&#233; du capital. &#199;a donne le Complexe G, pis des revues &lt;i&gt;one tone&lt;/i&gt; qui co&#251;tent moins cher &#224; faire imprimer. Remarquez la similarit&#233; d'apparence, aussi. &#199;a vous fera le go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Jeunes peigne-culs. C'est si actuel de jouer les rebelles. Vous vous croyez sans doute tr&#232;s &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;, genre Rolling Stones ou James Dean. Vous pensez faire du neuf, avec vos anti-pubs et vos caricatures irr&#233;v&#233;rencieuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons. D&#233;p.&lt;/strong&gt; - Actuel ? Comme Diog&#232;ne le Chien. Lui aussi trouvait &#231;a naturel de se rebeller quand la situation est inacceptable. Mais on ne pr&#233;tend pas faire du neuf. On r&#233;agit &#224; l'horreur ambiante, c'est &#231;a notre urgence. Et comme besoin est, on r&#233;-agit derechef &#224; chaque nouveau num&#233;ro de la revue. Vous voyez, la d&#233;mystification du D&#233;pressionnisme est d'abord une question d'animosit&#233;. Pour mieux y r&#233;pondre, il faut oser accepter ses rejets, exprimer ses d&#233;go&#251;ts, tirer la substance de ses haines. Il ne s'agit pas que d'un simple apport intellectuel &#224; la critique des ali&#233;nations mena&#231;antes, mais un lieu unique o&#249; il est encore possible de rendre l'expression d'une po&#233;tique radicale qui ne trouve pas sa place dans un monde o&#249; publication rime avec subvention et soumission. Devant la persistante absence d'actions, de mouvements et de mod&#232;les v&#233;ritablement r&#233;volutionnaires, la recherche en vue d'&#233;branler nos conditions triviales d'existence n'est selon nous que plus justifi&#233;e. Il importe de trouver ce qui saurait convenir au paysage de notre r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Peuh, quelle confusion dans les id&#233;es. C'est pas la lumi&#232;re du Saint-Esprit, votre revue. En derni&#232;re analyse, vous n'&#234;tes qu'une bande d'universitaires trublions et &#233;litistes, gav&#233;s de lettres et de pr&#234;ts et bourses. Et paf. Ceci devrait bien vous faire taire une bonne fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons. D&#233;p.&lt;/strong&gt; - Nous, quand nous ne comprenons pas un mot, nous allons voir sa signification dans le dictionnaire. Par exemple dans &lt;i&gt;Le Larousse&lt;/i&gt;, trublion veut dire : &lt;i&gt;Individu qui s&#232;me le trouble, qui fait de l'agitation&lt;/i&gt;. Une fois la signification &#233;tablie, on peut revenir &#224; ce qui nous occupe, &#233;mettre un jugement et dans le cas pr&#233;sent, on vous remercie du compliment. Pour montrer que le lecteur ou la lectrice peuvent aussi avoir un effort &#224; faire pour comprendre. D'ailleurs toute compr&#233;hension implique un effort, vous savez, &#224; moins d'avoir la science infuse, &#233;videmment, comme Bernard Derome au T&#233;l&#233;journal... C'est pas quelque chose qu'il faut chercher &#224; &#233;liminer &#8211; l'effort de compr&#233;hension dont on parle &#8211; et &#231;a ne pr&#233;sume rien du jugement que le lecteur peut porter ensuite sur ce qui se donne comme &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais maintenant, si &#234;tre &#233;litiste &#231;a veut dire ne pas viser le plus grand d&#233;nominateur commun, alors peut-&#234;tre nous sommes &#233;litistes, ou plut&#244;t, disons que nous sommes partiellistes. Parce que c'est pas parce que ce qu'on &#233;crit est accessible seulement &#224; une minorit&#233; que cette minorit&#233; est meilleure que les autres. C'est une question de technicit&#233;. Ici l'accusation est dans la bouche de celui qui la prof&#232;re. Voyez-vous, &lt;i&gt;La conspiration d&#233;pressionniste&lt;/i&gt; n'est pas tellement une revue didactique. &#199;a serait plut&#244;t d'ordre cathartique. En quelque sorte, nous &#233;crivons pour les m&#234;mes raisons que d'autres hurlent devant le massacre d'innocents. Si &#231;a vous rassure, voyez cela comme la r&#233;action &#233;pidermique de quelques individus devant l'agression repoussante de l'ordre bourgeois. D'un autre c&#244;t&#233;, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de la revue fait en sorte que diff&#233;rents types de lecteurs peuvent y trouver leur compte. Il y a aussi des dessins, de la po&#233;sie, des aphorismes&#8230; D'une certaine mani&#232;re, les gens peuvent y prendre ce qu'ils veulent mais en contrepartie nous on y &#233;crit ce qu'on veut. C'est d'ailleurs pour &#231;a que la revue est auto-financ&#233;e. On reste libre, c'est notre revue. Et quand &#224; vous, on vous emmerde. On ne remettra plus jamais les pieds dans la v&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Vous vous trompez fort. C'est nous qui ne vous inviterons plus jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons. D&#233;p.&lt;/strong&gt; - Non c'est nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons. D&#233;p.&lt;/strong&gt; - Crich crich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Poc poc poc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/plan_nord_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH693/plan_nord_2-971c8.jpg?1729019034' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-13 '&gt;&lt;strong&gt;edito plan nord no 44
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/plan_nord_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH693/plan_nord_2-971c8.jpg?1729019034' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-13 '&gt;&lt;strong&gt;edito plan nord no 44
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.consdep.info/" class="spip_out"&gt;La Conspiration d&#233;pressionniste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sacha Alcide Calixte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Grand bon en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Grand-bon-en-arriere-Comment-l</link>
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		<dc:date>2008-07-15T15:26:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi, Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Halimi, Serge </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Serge Halimi, Le Grand bon en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde, Paris, Fayard, 2004. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Le grand bond en arri&#232;re &#187; n&#233;olib&#233;ral, que les riches et puissants savourent comme une douce revanche, n'est pas tomb&#233; du ciel. Serge Halimi relate le travail patient, certes, mais bien r&#233;mun&#233;r&#233; de ces &#171; &#233;vang&#233;listes du march&#233; &#187;, depuis les petites r&#233;unions discr&#232;tes au lendemain du krach de 29 jusqu'&#224; la tonitruante outrecuidance dont ils nous abreuvent aujourd'hui dans les m&#233;dias (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Halimi-Serge-+" rel="tag"&gt;Halimi, Serge &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton55.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;261&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Le Grand bon en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le grand bond en arri&#232;re &#187; n&#233;olib&#233;ral, que les riches et puissants savourent comme une douce revanche, n'est pas tomb&#233; du ciel. Serge Halimi relate le travail patient, certes, mais bien r&#233;mun&#233;r&#233; de ces &#171; &#233;vang&#233;listes du march&#233; &#187;, depuis les petites r&#233;unions discr&#232;tes au lendemain du krach de 29 jusqu'&#224; la tonitruante outrecuidance dont ils nous abreuvent aujourd'hui dans les m&#233;dias complaisants. Un humour fac&#233;tieux et un imposant appareil de notes rendent la lecture de ce livre aussi d&#233;licieuse qu'instructive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; viable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Objectif-decroissance-Vers-une</link>
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		<dc:date>2008-07-15T15:22:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Latouche, Alain Marcoux</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Marcoux, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Latouche, Serge </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Collectif, Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; viable, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; Cet ouvrage collectif est le fruit de recherches men&#233;es par la revue Silence, un mensuel fran&#231;ais de Lyon vou&#233; au d&#233;bat autour des id&#233;es de l'&#233;cologie, des alternatives et de la non-violence. Tous les auteurs sont Europ&#233;ens, tr&#232;s majoritairement Fran&#231;ais, &#224; l'exception du Qu&#233;b&#233;cois Serge Mongeau, membre fondateur de l'Institut pour une &#233;cosoci&#233;t&#233; et auteur de La simplicit&#233; volontaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre vise (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Marcoux-Alain-+" rel="tag"&gt;Marcoux, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Latouche-Serge-+" rel="tag"&gt;Latouche, Serge &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton54.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;262&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Collectif, &lt;i&gt;Objectif d&#233;croissance. Vers une soci&#233;t&#233; viable&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet ouvrage collectif est le fruit de recherches men&#233;es par la revue &lt;i&gt;Silence&lt;/i&gt;, un mensuel fran&#231;ais de Lyon vou&#233; au d&#233;bat autour des id&#233;es de l'&#233;cologie, des alternatives et de la non-violence. Tous les auteurs sont Europ&#233;ens, tr&#232;s majoritairement Fran&#231;ais, &#224; l'exception du Qu&#233;b&#233;cois Serge Mongeau, membre fondateur de l'Institut pour une &#233;cosoci&#233;t&#233; et auteur de &lt;i&gt;La simplicit&#233; volontaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre vise notamment &#224; donner une suite aux travaux de l'&#233;conomiste Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994), fondateur m&#233;connu de l'&#233;conomie &#233;cologique. Au c&#339;ur de l'&#233;cologie politique, la contestation de la croissance &#233;conomique, d&#233;velopp&#233;e au cours des ann&#233;es 70, constituait une rupture radicale avec l'ordre capitaliste et fut vite abandonn&#233;e par les instances internationales, nos gouvernements et des secteurs du &#171; mouvement &#233;cologiste &#187; au profit du concept de &#171; d&#233;veloppement durable &#187; plus respectueux de l'ordre lib&#233;ral, vaine tentative de conciliation entre capitalisme et &#233;cologie. Pour Serge Latouche, professeur &#224; l'Universit&#233; Paris-Sud, &#171; &lt;i&gt;comme la guerre propre, [la] mondialisation &#224; visage humain, [l'] &#233;conomie solidaire ou saine, le d&#233;veloppement durable est une antinomie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Mauro Bona&#239;uti, &#233;conomiste de l'Universit&#233; de Mod&#232;ne, &#171; &lt;i&gt;Georgescu-Roegen, le p&#232;re de la bio&#233;conomie, a &#233;t&#233; le premier &#224; pr&#233;senter la d&#233;croissance comme une cons&#233;quence in&#233;vitable aux limites impos&#233;es par les lois de la nature&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;La croissance c'est produire plus ; le d&#233;veloppement c'est produire autrement&lt;/i&gt; &#187;, nous rappelle Jacques Grinevald, philosophe &#224; l'Universit&#233; de Gen&#232;ve. Joseph A. Schumpeter (1883-1950), le ma&#238;tre de Georgescu-Roegen &#224; Harvard (en 1934-1936), distinguait d&#233;j&#224; d'ailleurs croissance et d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne confondant pas croissance et d&#233;veloppement, disciples et &#233;l&#232;ves de Georgescu-Roegen affirment &#171; &lt;i&gt;qu'il ne peut plus y avoir &#224; l'&#233;chelle &#233;cologique globale du &#8220;monde fini&#8221; de la biosph&#232;re, de croissance mondiale durable&lt;/i&gt; &#187;. Dans cette perspective, la lecture de ce livre nous fait appara&#238;tre clairement que l'&#233;conomie mondiale doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; certaines limites &#233;cologiques globales qui sont li&#233;es &#224; la &#171; &lt;i&gt;capacit&#233; de charge des &#233;cosyst&#232;mes&lt;/i&gt; &#187;, &#224; l'int&#233;grit&#233; de la biodiversit&#233;, &#224; l'&#233;quilibre du syst&#232;me climatique du globe, en somme au respect de la sant&#233; et de la stabilit&#233; dynamique (le syst&#232;me de la terre) de la biosph&#232;re. Soulignons aussi l'int&#233;r&#234;t des remarques de Bruno Cl&#233;mentin et Vincent Cheynet, selon lesquels &#171; &lt;i&gt;les &#233;conomistes ultralib&#233;raux comme les n&#233;omarxistes ont &#233;limin&#233; de leurs raisonnements le param&#232;tre nature, car trop contrariant&lt;/i&gt; &#187;. Pour l'&#233;cole bio&#233;conomique, explique Grinevald, la pens&#233;e &#233;conomique doit retrouver son inspiration premi&#232;re, qui se situait historiquement au voisinage des sciences de la vie, de la physiologie et de l'agronomie notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il s'agit d'un ouvrage fort important en ces temps de tergiversations et de reculs en ce qui a trait au respect de l'accord de Kyoto. La premi&#232;re partie de l'ouvrage, portant sur le cadre th&#233;orique de la bio&#233;conomie de Georgescu-Roegen, peut &#234;tre d'un apport fort utile &#224; ceux et celles qui veulent d&#233;passer les fronti&#232;res de la &#171; &lt;i&gt;sensibilit&#233; environnementale&lt;/i&gt; &#187; et s'armer d'une grille d'analyse coh&#233;rente et globale. Ce livre a aussi le m&#233;rite, dans la seconde partie portant sur des exp&#233;riences de d&#233;croissance durable, de ne pas tomber dans le travers des approches &#171; &lt;i&gt;localistes personnalisantes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Marcoux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dictature du march&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-dictature-du-marche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-dictature-du-marche</guid>
		<dc:date>2008-07-15T15:15:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ignacio Ramonet, R. Chao, Wozniak, Ab&#233;c&#233;daire partial et partiel de la mondialisation, Plon, Paris, 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous vivons une &#233;poque opaque ! Les livres de &#171; recettes &#187; sociopolitiques et de vulgarisation &#233;conomique d&#233;tr&#244;nent les livres de Feng Shui et de sushis sur les tablettes des librairies. &#171; Nous sommes en train de vivre une seconde r&#233;volution capitaliste &#187;, &#233;crivent Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique, et Ramon Chao, journaliste et paternel de Manu, dans l'Ab&#233;c&#233;daire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton53.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;267&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ignacio Ramonet, R. Chao, Wozniak, &lt;i&gt;Ab&#233;c&#233;daire partial et partiel de la mondialisation&lt;/i&gt;, Plon, Paris, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons une &#233;poque opaque ! Les livres de &#171; recettes &#187; sociopolitiques et de vulgarisation &#233;conomique d&#233;tr&#244;nent les livres de Feng Shui et de sushis sur les tablettes des librairies. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes en train de vivre une seconde r&#233;volution capitaliste&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivent Ignacio Ramonet, directeur du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;, et Ramon Chao, journaliste et paternel de Manu, dans l'&lt;i&gt;Ab&#233;c&#233;daire partiel et partial de la mondialisation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMI, ATTAC, FMI, OCDE, OMC, OMS, ZLEA : koss&#233; &#231;a ? De &#171; actualit&#233; &#187; &#224; &#171; ZL&#201;A &#187;, les auteurs d&#233;finissent par ordre alphab&#233;tique les promoteurs et les d&#233;tracteurs de la &#171; &lt;i&gt;loi naturelle du march&#233;&lt;/i&gt; &#187; dont la main invisible r&#233;gule le monde. Il a de quoi nous inqui&#233;ter, l'&#233;tat du monde : endettement, d&#233;localisation, ch&#244;mage, in&#233;galit&#233;s sociales, appauvrissement des pauvres au profit des riches, disparition de la classe moyenne et des services publics, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le pass&#233;, les principaux acteurs mondiaux &#233;taient des &#201;tats. Cette fois, ce sont des entreprises, des industriels et des financiers qui entendent dominer la plan&#232;te. La fortune de certains individus les plus riches d&#233;passe le PIB des &#201;tats les plus pauvres. Les 225 plus grosses fortunes du monde repr&#233;sentent l'&#233;quivalent du revenu annuel de 47 % de la population mondiale (2,5 milliards de personnes). Ces richissimes voleurs ont le pouvoir d'imposer leur loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter le panorama, les auteurs recensent les principales organisations du mouvement altermondialiste. Ils esquissent aussi les portraits de quelques t&#233;m&#233;raires qui osent mordre la main invisible du march&#233; qui les nourrit, les Naomi Klein, Noam Chomsky, Michael Moore, Jos&#233; Bov&#233;, Manu Chao (eh ! oui). La formule de l'ab&#233;c&#233;daire, illustr&#233; par Wozniak, avec ses rubriques courtes qui d&#233;peignent un r&#233;seau complexe &#224; coup de touches impressionnistes, nous donne un livre agr&#233;able et facile &#224; lire, dans l'ordre comme dans le d&#233;sordre. &#192; glisser entre la cr&#232;me solaire et le maillot de bain dans les bagages des vacances !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Bouchard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le march&#233; de droit divin : capitalisme sauvage et populisme de march&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-marche-de-droit-divin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-marche-de-droit-divin</guid>
		<dc:date>2008-07-15T15:05:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Thomas Frank, Le march&#233; de droit divin : capitalisme sauvage et populisme de march&#233;, Lux/Agone, Montr&#233;al/Marseille, 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; Une &#171; r&#233;volution culturelle &#187; capitaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux lendemains de l'imposition des politiques n&#233;olib&#233;rales par le gouvernement de Ronald Reagan aux &#201;tats-Unis, le monde des affaires ne pouvait que s'estimer satisfait dans l'atteinte de ses objectifs : le syndicalisme avait &#233;t&#233; bris&#233; alors que la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation de l'&#233;conomie ouvraient les portes &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton52.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;297&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Thomas Frank, &lt;i&gt;Le march&#233; de droit divin : capitalisme sauvage et populisme de march&#233;&lt;/i&gt;, Lux/Agone, Montr&#233;al/Marseille, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une &#171; r&#233;volution culturelle &#187; capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux lendemains de l'imposition des politiques n&#233;olib&#233;rales par le gouvernement de Ronald Reagan aux &#201;tats-Unis, le monde des affaires ne pouvait que s'estimer satisfait dans l'atteinte de ses objectifs : le syndicalisme avait &#233;t&#233; bris&#233; alors que la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation de l'&#233;conomie ouvraient les portes &#224; des profits de plus en plus plantureux. Le hic, c'est que les salari&#233;es et la population am&#233;ricaine n'&#233;taient nullement convaincus (et pour cause !) de la l&#233;gitimit&#233; de ces mesures qui avaient &#233;t&#233; litt&#233;ralement, impos&#233;es de force. Pour les entreprises des &#201;tats-Unis, la grande t&#226;che durant les ann&#233;es 90 fut de cr&#233;er un v&#233;ritable consensus autour de leurs activit&#233;s de plus en plus destructrices en termes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce processus de l&#233;gitimation que d&#233;crit Thomas Frank dans son ouvrage &lt;i&gt;Le march&#233; de droit divin&lt;/i&gt;. L'&#233;l&#233;ment cl&#233; dans cette conqu&#234;te des esprits a &#233;t&#233; l'&#233;laboration par des entrepreneurs, des id&#233;ologues ou des universitaires d'un &#171; populisme de march&#233; &#187;. Renversant la r&#233;alit&#233;, cette conception a fait du march&#233;, coupl&#233; &#224; l'Internet, l'instance supr&#234;me pour la d&#233;mocratie au moment m&#234;me o&#249; les m&#233;canismes de la d&#233;mocratie politique sont de plus en plus enray&#233;s. Proclamant le triomphe de la justice &#233;conomique, le rejet des &#233;lites et des hi&#233;rarchies, ce populisme a occult&#233; le fait que jamais dans l'histoire am&#233;ricaine, depuis les ann&#233;es 1920, les in&#233;galit&#233;s sociales n'avaient &#233;t&#233; aussi importantes et que les entreprises restent des institutions autoritaires. En bout de ligne, le march&#233; est devenu l'instance supr&#234;me, sanctionnant ce qui est bien ou mal, r&#233;duisant la libert&#233; de choix &#224; un simple leurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette r&#233;cup&#233;ration des id&#233;aux progressistes au service du march&#233;, Thomas Frank appelle &#224; la constitution d'un v&#233;ritable contre-pouvoir qui tende &#224; l'instauration d'une d&#233;mocratie non seulement politique mais aussi &#233;conomique. &#171; &lt;i&gt;C'est-&#224;-dire, au bout du compte, ce que r&#233;clamaient autrefois les vrais Populistes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anarchie</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-anarchie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-anarchie</guid>
		<dc:date>2008-07-15T15:01:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Rocheleau</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Rocheleau, Maxime </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Errico Malatesta, L'anarchie, Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; Vers une soci&#233;t&#233; d'hommes libres &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comme tous les &#234;tres vivants, l'homme s'adapte et s'habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par h&#233;r&#233;dit&#233;, les habitudes qu'il a acquises. Ayant v&#233;cu encha&#238;n&#233; depuis sa naissance et &#233;tant l'h&#233;ritier d'une longue s&#233;rie d'esclaves, l'homme a cru, quand il a commenc&#233; &#224; penser, que l'esclavage &#233;tait la caract&#233;ristique m&#234;me de la vie, et la libert&#233; lui est apparue comme &#233;tant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rocheleau-Maxime-+" rel="tag"&gt;Rocheleau, Maxime &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton51.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;316&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Errico Malatesta, &lt;i&gt;L'anarchie&lt;/i&gt;, Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une soci&#233;t&#233; d'hommes libres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Comme tous les &#234;tres vivants, l'homme s'adapte et s'habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par h&#233;r&#233;dit&#233;, les habitudes qu'il a acquises. Ayant v&#233;cu encha&#238;n&#233; depuis sa naissance et &#233;tant l'h&#233;ritier d'une longue s&#233;rie d'esclaves, l'homme a cru, quand il a commenc&#233; &#224; penser, que l'esclavage &#233;tait la caract&#233;ristique m&#234;me de la vie, et la libert&#233; lui est apparue comme &#233;tant chose impossible. De la m&#234;me fa&#231;on, contraint depuis des si&#232;cle et donc habitu&#233; &#224; attendre du patron le travail, c'est-&#224;-dire le pain, et &#224; voir sa propre vie perp&#233;tuellement &#224; la merci de celui qui poss&#232;de la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c'est le patron qui lui permet de manger et il demande na&#239;vement comment il pourrait vivre si les ma&#238;tres n'existaient pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;crits criants d'actualit&#233;, v&#233;ritable appel aux hommes libres, c'est Errico Malatesta, activiste et propagandiste du mouvement anarchiste italien et international, qui les couchait sur le papier &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. &lt;i&gt;L'anarchie&lt;/i&gt;, de loin le manuscrit le plus complet et marquant d'un homme qui a vou&#233; sa vie &#224; l'agitation beaucoup plus qu'&#224; l'&#233;criture, retrouve le chemin des presses, pr&#233;fac&#233; par Serge Roy (ex-pr&#233;sident du syndicat de la fonction publique et membre du collectif de r&#233;daction du &lt;i&gt;Q-lott&#233;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Malatesta, il convient tout d'abord de dissiper les pr&#233;jug&#233;s : combinaison d'ignorance et de manipulations menant &#224; une conception chaotique et d&#233;sordonn&#233;e, dont est victime l'anarchie en expliquant les aspirations derri&#232;re ce mot : &#171; &lt;i&gt;destruction de tout ordre fond&#233; sur l'autorit&#233; et instauration d'une soci&#233;t&#233; d'hommes libre et &#233;gaux, fond&#233;e sur l'harmonie des int&#233;r&#234;ts et sur le concours volontaire de tous pour mener &#224; bien les t&#226;ches sociales&lt;/i&gt; &#187;. Usant au passage de l'&#233;tymologie pour faire tomber ce subterfuge, v&#233;ritable cantique repris &#224; sati&#233;t&#233; par le juge, le pr&#234;tre, le professeur et le patron, Malatesta ne se borne pas &#224; l'explication, il critique vigoureusement toutes les dominations et questionne sans cesse leur l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais une source d'inspiration pour tous ceux qui se r&#233;clament du drapeau noir, les &#233;crits de Malatesta n'ont certainement pas fini d'influencer l'humanit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et si aujourd'hui nous tombions sans renier notre drapeau, nous pourrions &#234;tre certain de la victoire pour demain.&lt;/i&gt; &#187; &#192; lire ou &#224; relire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime Rocheleau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anarchisme et litt&#233;rature de fiction</title>
		<link>https://www.ababord.org/Anarchisme-et-litterature-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Anarchisme-et-litterature-de</guid>
		<dc:date>2008-07-15T14:52:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion du 5e Salon du livre anarchiste de Montr&#233;al, des centaines de personnes du Qu&#233;bec, du Canada et des &#201;tats-Unis convergent pour &#233;changer autour des &#233;crits et des id&#233;es libertaires. Si le mouvement anarchiste se distingue par la production d'une quantit&#233; ahurissante de pamphlets, brochures et journaux de toutes sortes, il accorde en revanche bien peu d'importance &#224; la fiction litt&#233;raire. Voici un petit tour d'horizon, fort incomplet, qui vise bien humblement &#224; susciter l'int&#233;r&#234;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton50.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;200&#034; height=&#034;300&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion du 5e Salon du livre anarchiste de Montr&#233;al, des centaines de personnes du Qu&#233;bec, du Canada et des &#201;tats-Unis convergent pour &#233;changer autour des &#233;crits et des id&#233;es libertaires. Si le mouvement anarchiste se distingue par la production d'une quantit&#233; ahurissante de pamphlets, brochures et journaux de toutes sortes, il accorde en revanche bien peu d'importance &#224; la fiction litt&#233;raire. Voici un petit tour d'horizon, fort incomplet, qui vise bien humblement &#224; susciter l'int&#233;r&#234;t pour une production trop souvent inexplor&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la science-fiction, celle qui interroge l'avenir en se livrant &#224; de vaste conjectures sociologiques loin des cyberh&#233;ros survitamin&#233;s du cin&#233;ma &#233;tatsunien, d&#232;s qu'un auteur postule qu'une soci&#233;t&#233; a atteint ma&#238;trise technologique et sagesse sociale, il la dote de caract&#233;ristiques anarchisantes. Par exemple, dans &lt;i&gt;Les D&#233;poss&#233;d&#233;s&lt;/i&gt; (1974) d'Ursula le Guin, un mouvement anarchiste s'installe sur la plan&#232;te Anarres. Qu'adviendra-t-il du kibboutz plan&#233;taire scl&#233;ros&#233; par la p&#233;nurie mat&#233;rielle et l'isolement g&#233;ographique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le mod&#232;le du Poulpe, dont on reparlera, Jean-Bernard Pouy et Ayerdhal ont lanc&#233; la collection Macno, un projet collectif de science-fiction libertaire et rebelle, r&#233;unissant des dizaines d'auteurs de SF autour d'une m&#234;me date, 2068, et d'un m&#234;me personnage/machine, le Magasin des Armes, des Cycles et des Narrations Obliques (le macno)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nestor Makhno (1889-1934), anarchiste ukrainien, &#233;tait &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;b&#233;cois Francis Dupuis-D&#233;ri s'est &#233;galement frott&#233; &#224; la science-fiction. Dans &lt;i&gt;L'erreur humaine&lt;/i&gt; (1991), les animaux poss&#232;dent le don de la parole et si&#232;gent &#224; l'ONU (Organisation des Nations utopiques) o&#249;, derniers prol&#233;taires exploit&#233;s, ils revendiquent leur autonomie. Le m&#234;me auteur propose &#233;galement un polar &#233;rotico-politique (&lt;i&gt;Love &amp; Rage&lt;/i&gt;, 1995) qui nous montre les agissements de terroristes r&#233;volutionnaires originaux, les membres du FLA (Front de Lib&#233;ration de l'Amour) qui, afin de lib&#233;rer les d&#233;sirs, utilisent le terrorisme... sexuel (comme le viol &#8211; tr&#232;s spectaculaire &#8211; d'un &#233;v&#234;que sur son autel)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Le Monde libertaire, n&#186; 1339, d&#233;cembre 2003.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, c'est dans le roman policier que l'anarchisme a eu le plus grand succ&#232;s populaire. Le paradoxe n'est qu'apparent. Ici, le h&#233;ros anarchiste (flic insolite ou &#171; priv&#233; &#187; solitaire), traque le criminel de l'immobilier, l'avocat v&#233;reux, le mari violent ou le politicien p&#233;dophile, autant de r&#233;v&#233;lateurs d'une soci&#233;t&#233; pourrie qu'il faudra bien abattre un de ces jours. Pour explorer le genre, n'importe quel titre des auteurs de roman noir fran&#231;ais L&#233;o Malet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques-uns des meilleurs romans de Malet ont &#233;t&#233; adapt&#233;s &#224; la b&#233;d&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Jean-Patrick Manchette, Didier Daeninckx et Fr&#233;d&#233;ric H. Fajardie fera l'affaire. La collection Le Poulpe a &#233;galement r&#233;uni plus d'une centaine d'opuscules du genre, tous &#233;crits par des auteurs diff&#233;rents et mettant tous en vedette le d&#233;tective anar Gabriel Lecouvreur, &#233;galement cr&#233;&#233; par Jean-Bernard Pouy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique sociale trouve &#233;galement de belles plumes chez des auteurs plus &#171; classiques &#187;, et non des moindres. Victor Serge qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1910, frayait avec la bande &#224; Bonnot, a fait cinq ans de taule, accus&#233; d'&#234;tre l'inspirateur de ces &#171; bandits anarchistes &#187;. &lt;i&gt;Les Hommes dans la prison&lt;/i&gt; (1930) raconte la r&#233;sistance &#224; la tuberculose, au cafard, &#224; la mis&#232;re morale, &#224; la f&#233;rocit&#233; des r&#232;glements. Octave Mirbeau dresse le catalogue des perversions de la bourgeoisie et r&#233;v&#232;le les &#233;pouvantables arri&#232;re-pens&#233;es des bien-pensants dans &lt;i&gt;Le journal d'une femme de chambre&lt;/i&gt; (1900), plus tard admirablement port&#233; &#224; l'&#233;cran par Luis Bu&#241;uel. Dans la m&#234;me veine, aussi anar mais plus f&#233;rocement individualiste, Georges Darien avec &lt;i&gt;Bas les C&#339;urs !&lt;/i&gt; (1889) d&#233;crit comment, de mensonges en trahisons, de petites canailleries en grandes saloperies, la bourgeoisie traverse la guerre de 1870 et la r&#233;pression de la Commune, le c&#339;ur &#224; l'aise et les pieds au sec. &lt;i&gt;L'insurg&#233;&lt;/i&gt; (1886), du communard Jules Vall&#232;s, raconte &#233;galement la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Giono a transf&#233;r&#233; dans son &#339;uvre ses convictions libertaires et plus particuli&#232;rement les notions de pacifisme, d'humanit&#233; et de g&#233;n&#233;rosit&#233;. Dans &lt;i&gt;Que ma joie demeure&lt;/i&gt; (1930), le personnage de Bobi arrive parmi les familles dispers&#233;es dans les fermes du plateau Gr&#233;mone pour pr&#234;cher un message de solidarit&#233; et de joie. Certains auteurs sont plus anarchistes dans leur existence que dans leurs &#233;crits. C'est le cas de Kafka, proche des cercles anarchistes praguois. Si l'utopie libertaire est pr&#233;sente dans son &#339;uvre, c'est toujours sous une forme n&#233;gative qu'elle se manifeste, par l'absence de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vrac, on pourra se d&#233;lecter de &lt;i&gt;La m&#233;moire des vaincus&lt;/i&gt; (1990), de Michel Ragon, qui raconte l'histoire d'un anarchiste aussi paradigmatique qu'improbable, de la bande &#224; Bonnot &#224; mai 68. M&#234;me Romain Gary y est all&#233; de son roman anar : &lt;i&gt;Lady L.&lt;/i&gt; (1959). L'auteur iconoclaste est pourtant loin d'&#234;tre un anarchiste, bien que la fraude d'&#201;mile Ajar fut une claque scandaleuse dans la gueule de l'establishment des lettres fran&#231;aises. Jun Takami raconte, dans &lt;i&gt;Haut le c&#339;ur&lt;/i&gt; (1963), les tribulations d'un anarchiste dans le Japon imp&#233;rial et militariste des ann&#233;es 30. Le personnage finit pourtant par adopter les th&#232;ses fascistes, apr&#232;s une v&#233;ritable descente aux enfers dans la Chine occup&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement de Chine qu'est originaire Ba Jin qui, inspir&#233; des id&#233;aux anarchistes et d&#233;mocratiques, s'installe en France pour &#233;crire &lt;i&gt;Destruction&lt;/i&gt; (1929), &#224; propos d'un jeune anarchiste d&#233;s&#339;uvr&#233;. Plus tard, install&#233; dans son pays natal, il y traduira Kropotkine en chinois. Aux &#201;tats-Unis, John Dos Passos et Upton Sinclair ont racont&#233;, le premier dans &lt;i&gt;The Big Money&lt;/i&gt; (1936), le second dans &lt;i&gt;Boston&lt;/i&gt; (1928), l'histoire et la fin tragique de Sacco et Vanzetti, ces deux anarchistes ex&#233;cut&#233;s &#224; Boston en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre, enfin, terreau fertile de la contre-culture, nous offre Dario Fo, un des fondateurs du th&#233;&#226;tre d'intervention. Dans &lt;i&gt;Mort accidentelle d'un anarchiste&lt;/i&gt; (1971), il raconte un fait r&#233;el survenu &#224; New York en 1921 : les flics balancent l'anarchiste Solcedo du haut du 14e &#233;tage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Macabre ironie de l'histoire, alors que la pi&#232;ce est pr&#233;sent&#233;e pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le dramaturge et &#233;crivain portugais Fernando Pessoa est l'auteur de la pi&#232;ce &lt;i&gt;Le banquier anarchiste&lt;/i&gt; (1922) : l'ami banquier d'un jeune id&#233;aliste que les injustices du monde r&#233;voltent, a trouv&#233; la &#171; vraie voie &#187;, celle de &#171; l'anarchisme pur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse d'&#233;mouvoir, de rappeler les grands drames de l'histoire des peuples, de mobiliser pour les causes les plus diverses, de casser du sucre sur le dos des bourgeois&#8230; ou tout simplement pour passer du bon temps, la litt&#233;rature anarchiste aide &#224; vivre et &#224; r&#234;ver les mondes possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nestor Makhno (1889-1934), anarchiste ukrainien, &#233;tait &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e paysanne durant la R&#233;volution russe. Son mouvement &#233;cras&#233; par les bolch&#233;viques, il est mort en exil &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Le Monde libertaire&lt;/i&gt;, n&#186; 1339, d&#233;cembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques-uns des meilleurs romans de Malet ont &#233;t&#233; adapt&#233;s &#224; la b&#233;d&#233; par Tardi (notamment 120, rue de la Gare), celui-l&#224; m&#234;me qui a dessin&#233; la chronique romanesque de Jean Vautrin sur la Commune de Paris : &lt;i&gt;Le cri du peuple,&lt;/i&gt; 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Macabre ironie de l'histoire, alors que la pi&#232;ce est pr&#233;sent&#233;e pour la premi&#232;re fois &#224; Milan, les flics italiens balancent le militant anarchiste Giuseppe Pinelli par la fen&#234;tre d'un commissariat. C'&#233;tait les ann&#233;es de plomb. Lire &lt;i&gt;La piste rouge : Italie 69-72&lt;/i&gt;, (collectif) &#201;d. 10/18, Paris 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Des ramparts comme autant de fronti&#232;res</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-ramparts-comme-autant-de</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andrea Schmidt</dc:creator>


		<dc:subject>Terrorisme et antiterrorisme</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Schmidt, Andrea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant que les &#201;tats-Unis continuent leur Guerre de terreur en Irak, la prise en otages d'&#233;trangers par les mouqawama (combattants de la r&#233;sistance) a capt&#233; l'attention des m&#233;dias. En r&#233;ponse aux enl&#232;vements, plusieurs ONG internationales et organismes d'aide humanitaire ont relocalis&#233; leur personnel &#233;tranger &#224; Amman. Les journalistes &#233;trangers qui n'ont pas encore quitt&#233; le pays sont presque paralys&#233;s et font leurs reportages de leurs fauteuils, devant des t&#233;l&#233;viseurs situ&#233;s dans des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Terrorisme-et-antiterrorisme-+" rel="tag"&gt;Terrorisme et antiterrorisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Schmidt-Andrea-+" rel="tag"&gt;Schmidt, Andrea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton48.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;257&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que les &#201;tats-Unis continuent leur Guerre de terreur en Irak, la prise en otages d'&#233;trangers par les &lt;strong&gt;mouqawama&lt;/strong&gt; (combattants de la r&#233;sistance) a capt&#233; l'attention des m&#233;dias. En r&#233;ponse aux enl&#232;vements, plusieurs ONG internationales et organismes d'aide humanitaire ont relocalis&#233; leur personnel &#233;tranger &#224; Amman. Les journalistes &#233;trangers qui n'ont pas encore quitt&#233; le pays sont presque paralys&#233;s et font leurs reportages de leurs fauteuils, devant des t&#233;l&#233;viseurs situ&#233;s dans des complexes h&#244;teliers &#171; prot&#233;g&#233;s &#187; par des remparts de b&#233;ton, des gardes arm&#233;s et leurs bons contacts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour le personnel de certaines cha&#238;nes de nouvelles, cela ne repr&#233;sente pas un tr&#232;s grand changement &#8211; pour des raisons de s&#233;curit&#233;, CNN n'a pas laiss&#233; ses journalistes &#233;trangers sortir dans les rues de Bagdad apr&#232;s 16h durant cette premi&#232;re ann&#233;e d'occupation. Mais pour plusieurs journalistes, ind&#233;pendants ou &#224; l'emploi des grands m&#233;dia, l'immobilit&#233; actuelle est extr&#234;mement frustrante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation n'est gu&#232;re plus reluisante pour ceux et celles d'entre nous qui sont venus ici comme militantes contre la guerre et contre l'occupation, avec l'intention de t&#233;moigner des injustices perp&#233;tr&#233;es par les forces d'occupation. Je ne suis pas vraiment sortie marcher dans les rues de Bagdad depuis maintenant une semaine ; je me suis r&#233;sign&#233;e, contre mon propre jugement moral, &#224; me faire conduire en auto d'une maison &#171; s&#233;curitaire &#187; &#224; une autre, o&#249; des Irakiennes sympathiques et des amiEs internationaux m'offrent leur hospitalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la peur d'&#234;tre kidnapp&#233;s a paralys&#233; les &#233;trangers en Irak, les forces d'occupation des &#201;tats-Unis terrorisent les villes et leurs environs et semblent essayer de provoquer le plus de conflits violents possibles dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces d'occupation des &#201;tats-Unis ont massacr&#233; plus de 700 personnes dans la ville assi&#233;g&#233;e de Falloujah. Des centaines de familles ont fui le secteur, laissant la ville aux &#171; Marines &#187; et aux &lt;i&gt;mouqawama&lt;/i&gt;. &#192; Bagdad, les forces d'occupation ont bombard&#233; &#224; peu pr&#232;s tous les bureaux du clerc chiite radical Moqtada Al-Sadr. Paul Bremer a annonc&#233; l'intention de l'Autorit&#233; provisoire de la Coalition (APC) de capturer Moqtada mort ou vif, lan&#231;ant essentiellement aux communaut&#233;s chiites le message que les &#201;tats-Unis entendent en faire un martyr, tout comme Saddam avait fait un martyr de son p&#232;re, le tr&#232;s respect&#233; Sayyid Mohamed Sadiq Al-Sadr. &#192; Al-Sadr City, un quartier pauvre majoritairement chiite de Bagdad o&#249; Moqtada Al-Sadr jouit d'une base d'appui importante, plus de 100 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es durant une semaine de batailles entre l'arm&#233;e du Mehdi de Moqtada et les forces d'occupation &#233;tatsuniennes. Selon les r&#233;sidants, des p&#226;t&#233;s de maisons ont &#233;t&#233; frapp&#233;s par des missiles tir&#233;s tard dans la nuit par des h&#233;licopt&#232;res. Des murs et des pi&#232;ces enti&#232;res ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Les gens qui conduisaient leur automobile apr&#232;s la tomb&#233;e de la nuit risquaient d'&#234;tre la cible de roquettes et de chars &#233;tatsuniens et de mourir dans l'explosion de leur v&#233;hicule. Durant toute la semaine, les familles ont pass&#233; des nuits blanches &#224; &#233;couter le fracas des missiles, des mitrailleuses, des chars et des h&#233;licopt&#232;res volant &#224; basse altitude et faisant trembler les vitres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si les &#201;tats-Unis ne quittent pas le secteur, cela va continuer sans cesse&lt;/i&gt; &#187;, dit un homme rencontr&#233; &#224; Sadr City, qui affirmait avoir vu les quatre passagers d'une voiture tu&#233;s par les tirs am&#233;ricains. &#171; &lt;i&gt;Les &#201;tats-Unis combattent les pauvres gens&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, cette guerre est visiblement men&#233;e avec des chars et des RPG7, des h&#233;licopt&#232;res et des bombes &#224; fragmentation, mais les ann&#233;es de dictature ba'assiste soutenue par les &#201;tats-Unis et l'appauvrissement de la majorit&#233; du peuple irakien furent aussi des ann&#233;es de guerre. Une de mes connaissances chiites me racontait que durant les douze ann&#233;es de sanctions impos&#233;es par l'ONU, les communaut&#233;s chiites en Irak ont d&#251; en fait survivre &#224; deux syst&#232;mes de sanctions : un de l'ext&#233;rieur de l'Irak, et l'autre, impos&#233; par la dictature de l'int&#233;rieur. Cette exclusion ne s'est pas termin&#233;e durant la derni&#232;re ann&#233;e de guerre que nous nommons occupation. La pauvret&#233;, l'inaccessibilit&#233; de l'&#233;ducation et la malnutrition sont &#233;galement des formes de guerre, aussi effrayantes dans leurs effets &#224; long terme que la machinerie militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carrefour de la terreur m'a constamment fait penser aux remparts de b&#233;ton qui entourent les ONG, les organisations d'aide humanitaire, les &#233;difices des minist&#232;res, les quartiers g&#233;n&#233;raux des partis politiques, l'Autorit&#233; provisoire de la Coalition (APC) et les h&#244;tels fr&#233;quent&#233;s par les &#233;trangers en Irak. Ces remparts me sont toujours apparus obsc&#232;nes. Ils sont obsc&#232;nes dans la d&#233;marcation qu'ils &#233;tablissent entre les vies qui sont consid&#233;r&#233;es dignes de &#171; protection &#187; et celles qui ne le sont pas, dans cette occupation o&#249; l'une des plaintes les plus commun&#233;ment entendues de la part des Irakiennes ordinaires est l'absence quasi-totale de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces remparts sont &#233;galement obsc&#232;nes, coulant dans le b&#233;ton l'hypocrisie des ONG et des organisations humanitaires. Ils sont des barri&#232;res qui emp&#234;chent les &#171; multitudes &#187; irakiennes &#8211; les gens les plus pauvres, les familles sans emploi dont les femmes et les enfants mendient dans les rues, les gens qui n'ont pas l'identification obligatoire ou les bons contacts &#8211; d'entrer pr&#233;cis&#233;ment dans ces organisations et institutions qui pr&#233;tendent &#234;tre l&#224; pour les &#171; aider &#187;. Les remparts de b&#233;ton v&#233;hiculent un message : &#171; &lt;i&gt;Nous vous aiderons, mais seulement &#224; distance, et seulement &#224; un niveau de risque que NOUS choisissons et pouvons contr&#244;ler&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens d'une observation faite il y a plusieurs semaines par un ami perspicace. Pour celles et ceux d'entre nous qui sont des citoyennes de &#171; premi&#232;re classe &#187; de pays nord-am&#233;ricains ou europ&#233;ens, dans un syst&#232;me global qu'on peut tr&#232;s bien qualifier de syst&#232;me d'apartheid, nos fronti&#232;res sont des remparts de b&#233;ton. Elles nous mettent &#224; l'abri des conflits et de la pauvret&#233; que nos gouvernements et nos corporations cr&#233;ent et dont ils profitent dans le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Irakiens et les Irakiennes n'ont pas choisi que leur pays deviennent le terrain de bataille de la &#171; guerre au terrorisme &#187; de George W. Bush. Et je ne pense pas que la plupart d'entre eux auraient m&#234;me choisi qu'il soit le terrain de bataille d'une juste r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme &#233;tatsunien. Ce qui ne veut pas dire que divers secteurs de la soci&#233;t&#233; irakienne ne sont pas en train de combattre et ne continueront pas &#224; combattre pour r&#233;sister aux occupants. Ils le font et ils le feront &#8211; et si les forces des &#201;ats-Unis qui encerclent la ville sainte de Najaf, au moment o&#249; j'&#233;cris, envahissent effectivement la ville, la r&#233;sistance chiite sera ardente et &#171; &lt;i&gt;elle ne s'arr&#234;tera jamais&lt;/i&gt; &#187;. C'est du moins la pr&#233;diction d'une de mes connaissances, un ex-officier chiite de l'arm&#233;e irakienne qui a particip&#233; au soul&#232;vement de 1991 contre Saddam. Mais il a aussi ajout&#233;, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Intifada actuelle, &#171; &lt;i&gt;nous ne combattons pas pour un mouvement anti-guerre ou anti-imp&#233;rialiste. Nous combattons pour le peuple d'Irak&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nos fronti&#232;res sont des remparts de b&#233;ton, elles sont donc ce sur quoi plusieurs d'entre nous comptons &#8211; en tant que militantes anti-guerre et anti-imp&#233;rialistes des pays occidentaux &#8211; pour maintenir une distance s&#233;curitaire entre nous-m&#234;mes et la r&#233;alit&#233; pleine de dangers dans laquelle les Irakiens et les Irakiennes, les peuples d'autres nations occup&#233;es et colonis&#233;es et les gens d&#233;plac&#233;s par la guerre, la pauvret&#233; et l'occupation doivent survivre quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; et la justice exigent peut-&#234;tre que nous cessions de prendre autant de pr&#233;cautions. Il est peut-&#234;tre temps que nous prenions des risques avec nos propres corps, dans le type d'actions directes qui confrontent l'empire &#224; l'int&#233;rieur de sa forteresse. Il est peut-&#234;tre temps de d&#233;placer le champ de bataille &#224; l'int&#233;rieur de nos fronti&#232;res et devenir la r&#233;sistance derri&#232;re les remparts &#8211; le type de r&#233;sistance qui peut effectivement les abattre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea Schmidt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Raymond Legault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrea Schmidt est revenue d'Irak o&#249; elle &#233;tait d&#233;l&#233;gu&#233;e du Projet Solidarit&#233; Irak. Bas&#233; &#224; Montr&#233;al, cet organisme est une initiative militante ind&#233;pendante qui vise &#224; offrir un soutien direct non-violent &#224; la population irakienne en lutte contre l'occupation ; &#224; renforcer le travail contre la guerre au Qu&#233;bec et au Canada et la mobilisation contre la domination &#233;conomique et militaire ; et &#224; b&#226;tir des liens de solidarit&#233; entre les luttes contre l'occupation de l'Irak et les luttes contre l'oppression au Qu&#233;bec et au Canada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Quand la banque s'amuse</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-la-banque-s-amuse</link>
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		<dc:date>2008-07-15T13:54:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>

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&lt;p&gt;En juillet prochain, il y aura un bien triste anniversaire &#224; souligner : les 60 ans de la Banque mondiale et du Fonds Mon&#233;taire International (FMI). C'est en effet en juillet 1944, r&#233;unis &#224; Bretton Woods, que les Alli&#233;s, au dernier stade d'un conflit terriblement meurtrier, pos&#232;rent les bases de l'ordre d'apr&#232;s-guerre en d&#233;cidant, entre autres, la cr&#233;ation de ces deux institutions internationales. Rattach&#233;s formellement &#224; l'ONU qui voyait elle aussi le jour &#224; ce moment, la Banque mondiale et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-05-ete-2004-" rel="directory"&gt;No 005 - &#233;t&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton47.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;224&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En juillet prochain, il y aura un bien triste anniversaire &#224; souligner : les 60 ans de la Banque mondiale et du Fonds Mon&#233;taire International (FMI). C'est en effet en juillet 1944, r&#233;unis &#224; Bretton Woods, que les Alli&#233;s, au dernier stade d'un conflit terriblement meurtrier, pos&#232;rent les bases de l'ordre d'apr&#232;s-guerre en d&#233;cidant, entre autres, la cr&#233;ation de ces deux institutions internationales. Rattach&#233;s formellement &#224; l'ONU qui voyait elle aussi le jour &#224; ce moment, la Banque mondiale et le FMI avaient comme mandat originel de financer le d&#233;veloppement international et la reconstruction &#224; la suite de la guerre ainsi que de stabiliser les taux de change en vue d'&#233;viter une grave crise financi&#232;re comme celle de 1929. Aujourd'hui, on peut dire que ces deux organismes se sont largement &#233;loign&#233;s de ce mandat pour devenir, au fil du temps, un des piliers du processus d'imposition &#224; l'ensemble de la plan&#232;te des politiques n&#233;olib&#233;rales capitalistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Triste anniversaire donc pour une large proportion de la population mondiale, car si la Banque mondiale et le FMI repr&#233;sentent, aux yeux du public des pays d&#233;velopp&#233;s du Nord, des acteurs largement inconnus, il n'en est pas de m&#234;me pour les peuples du Sud. Pour ceux-ci, les deux institutions internationales incarnent les vampires au travers desquels le capitalisme transnational impose sa loi, et cela via les trop fameux &#171; programmes d'ajustement structurel &#187;. En Am&#233;rique latine, on traduit d'ailleurs souvent le sigle FMI par Faim, Mis&#232;re et Inflation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de conna&#238;tre cette sinistre notori&#233;t&#233;, les deux institutions internationales sont cependant rest&#233;es longtemps dans l'ombre. Pourtant, un examen de leurs structures et de leurs modes de fonctionnement tels que fix&#233;s au d&#233;part est tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur en ce qui a trait aux int&#233;r&#234;ts dominants en leur sein. Alors que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU fonctionne sur le principe d'un &#201;tat, une voix, le FMI et la Banque mondiale basent leur prise de d&#233;cisions sur un dollar = une voix, consacrant ainsi la pr&#233;pond&#233;rance des &#201;tats les plus riches. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si depuis leur fondation, le directeur g&#233;n&#233;ral du FMI soit un Europ&#233;en alors que celui de la Banque mondiale est un Am&#233;ricain. En suite logique, le si&#232;ge social de ces deux institutions se trouve &#224; l'endroit o&#249; tr&#244;ne le pouvoir politique le plus important de la plan&#232;te, c'est-&#224;-dire &#224; Washington. Par ailleurs, m&#234;me si, selon le discours officiel, les d&#233;cisions se prennent g&#233;n&#233;ralement au consensus, le manque de transparence des proc&#233;dures des deux organisations fait en sorte qu'on ne sait pas r&#233;ellement ce qui s'y passe. Il n'en reste pas moins clair que les politiques des deux institutions consacrent la domination du Nord sur le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, durant les ann&#233;es 60, au moment o&#249; le processus de d&#233;colonisation et de lutte anti-imp&#233;rialiste dans les pays du Sud (Cuba, la guerre du Vietnam) &#233;tait &#224; son z&#233;nith, la Banque mondiale constituait un &#233;l&#233;ment de la strat&#233;gie des &#201;tats-Unis pour briser ce mouvement. Il faut aussi se replacer, &#224; ce moment, dans le contexte de la &#171; guerre froide &#187; pour comprendre que les pr&#234;ts offerts par la Banque pour le d&#233;veloppement de projets d'infrastructure, officiellement &#233;valu&#233;s selon des crit&#232;res &#171; techniques &#187;, &#233;taient allou&#233;s, dans les faits, selon des consid&#233;rations politiques. En d'autres termes, il s'agissait d'aider les r&#233;gimes amis de l'Occident dans la lutte contre le bloc sovi&#233;tique et contre tout mod&#232;le autonome de d&#233;veloppement dans le Tiers-Monde. Entre autres exemples, la Banque mondiale, en 1971, dirig&#233;e &#224; l'&#233;poque par Robert McNamara, ancien secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense des &#201;tats-Unis et un des architectes de la guerre du Vietnam, coupa tous les cr&#233;dits au Chili. Curieuse co&#239;ncidence, ce pays connaissait alors une importante exp&#233;rience de changements sociaux depuis l'&#233;lection de l'Unit&#233; populaire de Salvador Allende. Pour beaucoup d'observateurs, la d&#233;cision de la Banque mondiale de couper tous cr&#233;dits au gouvernement chilien, loin d'&#234;tre apolitique, s'inscrivait pleinement dans la strat&#233;gie orchestr&#233;e par les &#201;tats-Unis en vue de saboter la tentative socialiste de l'Unit&#233; populaire. On a pu voir, un certain 11 septembre 1973, les r&#233;sultats ultimes de cette strat&#233;gie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Banque mondiale et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; l'implication de la Banque mondiale dans ces actions de d&#233;stabilisation politique, la grande heure de gloire pour celle-ci et le FMI sonnera &#224; la fin des ann&#233;es 70. Avec l'aggravation de la crise mondiale du capitalisme et l'&#233;chec des anciennes recettes keyn&#233;siennes (soutien &#224; la demande, interventionnisme &#233;tatique, etc.), les &#201;tats vont de plus en plus adopter un nouveau style politique donnant aux march&#233;s priv&#233;s une place pr&#233;pond&#233;rante, le n&#233;olib&#233;ralisme. Au m&#234;me moment &#233;clate la crise de la dette dans les pays du Sud, for&#231;ant ceux-ci &#224; se tourner vers les institutions financi&#232;res internationales pour tenter de juguler la catastrophe. Le FMI et la Banque mondiale vont profiter de cette situation pour imposer, dans le processus de ren&#233;gociation de la dette, des &#171; programmes d'ajustement structurel &#187;. Ces derniers repr&#233;sentent la quintessence des politiques n&#233;olib&#233;rales dont l'esprit a &#233;t&#233; condens&#233; dans l'expression &#171; consensus de Washington &#187;. Cette formule, cr&#233;&#233;e par l'&#233;conomiste anglais John Williamson, renvoie aux principes de bases n&#233;olib&#233;raux : discipline fiscale (lutte aux d&#233;ficits et &#224; la dette), lib&#233;ralisation financi&#232;re, lib&#233;ralisation commerciale, ouverture totale des &#233;conomies aux mouvements de capitaux, privatisation de l'ensemble des services et d&#233;mant&#232;lement des r&#233;glementations gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les impacts des programmes d'ajustement et de l'ensemble des politiques n&#233;olib&#233;rales, &#224; travers le monde et plus pr&#233;cis&#233;ment dans le Sud, ne sont que trop connus : aggravation des in&#233;galit&#233;s sociales et &#233;conomiques, pillage acc&#233;l&#233;r&#233; des ressources naturelles au profit des transnationales, effondrement d'&#233;conomies nationales (Argentine), d&#233;sastres &#233;cologiques, etc. Malgr&#233; ce bilan d&#233;sastreux, ni le FMI, ni la Banque mondiale n'ont reconnu l'&#233;chec de leurs politiques. Pour ces deux organisations, s'il y a probl&#232;mes, cela ne tient pas au fait que les &#201;tats ont lib&#233;ralis&#233; leurs &#233;conomies mais plut&#244;t qu'ils n'ont pas pouss&#233; le processus assez loin. Pour les experts des deux institutions, la lib&#233;ralisation totale va amener, apr&#232;s quelques d&#233;sagr&#233;ments, un renouveau du d&#233;veloppement et la prosp&#233;rit&#233; pour toutes et tous. Inutile de dire que rien de tout cela ne s'est produit, les pays du Sud s'enfon&#231;ant dans une d&#233;pendance envers les &#201;tats d&#233;velopp&#233;s, qui prend des allures de recolonisation alors que la mis&#232;re se d&#233;veloppe toujours plus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les critiques envers la Banque mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette course folle, loin de s'arr&#234;ter, a connu un nouveau regain avec la chute du &#171; socialisme &#187; et l'ouverture des &#233;conomies de l'Est au march&#233; mondial capitaliste. De nouveaux espaces s'ouvraient ainsi pour le FMI et la Banque mondiale afin d'exp&#233;rimenter sur une &#233;chelle toujours plus large leurs th&#233;rapies de choc. Cependant, &#224; force de tuer le malade pour le sauver, des sursauts de r&#233;voltes populaires ont commenc&#233; &#224; surgir de par le monde. D&#233;j&#224;, durant les ann&#233;es 80, plusieurs pays du Sud avaient &#233;t&#233; secou&#233;s par des &#233;meutes de la faim, &#233;meutes initi&#233;es &#224; la suite de l'imposition des programmes d'ajustement. C'est cependant &#224; partir du milieu de la d&#233;cennie 90 que mouvements et critiques vont de plus en plus se structurer et s'amplifier pour demander l'abolition de la dette du Sud et pour d&#233;noncer les politiques des grandes organisations internationales dont le FMI et la Banque mondiale. Ainsi, en 1994, une coalition internationale se mit sur pied avec comme cri de ralliement &#171; 50 ans, c'est assez ! &#187; pour ainsi souligner, si on peut dire, l'anniversaire des deux institutions de Bretton Woods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;unions de la Banque mondiale et du FMI (ainsi que celles des autres acteurs impliqu&#233;s dans la mondialisation capitaliste) seront dor&#233;navant ponctu&#233;es par d'importantes manifestations comme &#224; Washington en 2000 ou &#224; Prague en 2001, signalant ainsi l'&#233;mergence d'un vaste mouvement plan&#233;taire de contestation de la mondialisation capitaliste et des institutions qui la pilotent. Ce barrage de critiques ne sera pas sans effets car des dissensions se manifesteront au sein m&#234;me des organismes : Joseph Stiglitz, ancien membre de la Banque mondiale, critiquera ouvertement le &#171; fondamentalisme &#187; lib&#233;ral dont font preuve cette derni&#232;re et le FMI. Petites dissensions il est vrai, car le Fonds mon&#233;taire n'a en rien chang&#233; son discours, pour ne pas parler de ses politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la Banque mondiale, la situation est plus d&#233;licate. Officiellement mandat&#233;e de promouvoir le d&#233;veloppement et de lutter contre la pauvret&#233;, l'institution, ne serait-ce qu'en terme d'image publique, se doit de tenir compte de certaines de ses critiques. D'autant plus que, au-del&#224; du d&#233;sastre social que repr&#233;sentent les programmes d'ajustement structurel, les op&#233;rations de la Banque sont un fiasco : en 2000, un comit&#233; du Congr&#232;s am&#233;ricain mettait au jour le fait que le taux d'&#233;chec pour l'ensemble des projets pilot&#233;s par la Banque mondiale &#233;tait de 55-60 %. En Afrique, ce taux d'&#233;chec atteignait 73 %. Par ailleurs, sur les 25 milliards de dollars pr&#234;t&#233;s annuellement par l'institution, 45 % &#233;tait empoch&#233; directement par les grandes transnationales du Nord. Il y avait donc une s&#233;rieuse op&#233;ration de relations publiques &#224; faire et la Banque s'y attela, d'abord en proc&#233;dant &#224; un petit tour de passe-passe s&#233;mantique : les programmes d'ajustement structurel devenaient, du jour au lendemain, des programmes de &#171; r&#233;duction de la pauvret&#233; &#187;. La substance et les objectifs &#233;taient les m&#234;mes, toujours plus privatiser et lib&#233;raliser l'&#233;conomie, mais l'&#233;tiquette changeait. Par ailleurs, dans le cadre de l'application de ces programmes de r&#233;duction de la pauvret&#233;, la Banque mondiale a mis de l'avant la notion de &#171; nouvelle gouvernance &#187;. Avec cette derni&#232;re, les &#201;tats doivent s'articuler beaucoup plus avec les organismes de la soci&#233;t&#233; civile en vue d'implanter les programmes de &#171; lutte &#187; contre la pauvret&#233;. N'&#233;tant pas en reste, la Banque mondiale a aussi cherch&#233; &#224; travailler avec des organisations de la soci&#233;t&#233; civile. En 1996, la Banque engagea des discussions avec plusieurs ONG dans l'objectif de proc&#233;der &#224; l'&#233;valuation des programmes d'ajustement. Portant sur la situation au Bangladesh, l'&#201;quateur, le Salvador, le Ghana, la Hongrie, le Mali, l'Ouganda et le Zimbabwe, le projet qui avait pour titre &lt;i&gt;Structural Adjustment Participatory Review Initiative&lt;/i&gt; (SAPRI), a d&#233;bouch&#233; sur un rapport dont les conclusions &#233;taient sans &#233;quivoque : les programmes d'ajustement ont contribu&#233; &#224; un plus grand appauvrissement et &#224; la marginalisation des populations locales en aggravant les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le SAPRI, lire The SAPRI report : the Policy Roots of Economic Crisis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Face &#224; ce constat, la Banque mondiale s'est promptement retir&#233;e du projet, refusant de cautionner les conclusions du rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante ans apr&#232;s sa fondation, la Banque mondiale continue donc &#224; s'amuser &#224; nos d&#233;pens. Dans ces circonstances, il n'y a pas d'autre alternatives pour les peuples du monde que de r&#233;sister et d'exiger sinon l'abolition de cette institution, du moins de profondes r&#233;formes afin de la mettre sous contr&#244;le d&#233;mocratique. C'est minimalement le cadeau d'anniversaire qu'on peut se souhaiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le SAPRI, lire &lt;i&gt;The SAPRI report : the Policy Roots of Economic Crisis, Poverty and Inequality&lt;/i&gt;, Zed/Third World Network, Londres, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; ATTAC, &lt;i&gt;Que faire du FMI et de la Banque mondiale ?&lt;/i&gt;, Paris, Mille et une nuits, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Fran&#231;ois Chesnais, &lt;i&gt;La mondialisation du capital&lt;/i&gt;, Paris, Syros, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#171; More World, Less Bank &#187;, &lt;i&gt;The New Internationalist&lt;/i&gt;, mars 2004, No. 365.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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