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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'Europe, la trahison des &#233;lites</title>
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		<dc:date>2008-08-01T02:08:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Raoul Marc Jennar, L'Europe, la trahison des &#233;lites, Paris, Fayard, 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; L'Europe peut-elle nous servir de mod&#232;le, en offrant un contre-poids aux abus des &#201;tats-Unis par des politiques sociales plus audacieuses et d&#233;velopp&#233;es ? Devant l'intransigeance de George W. Bush et de ses n&#233;oconsevateurs, n'est-il pas tentant de pr&#234;ter l'oreille aux politiciens europ&#233;ens, plus conciliants et empruntant parfois m&#234;me certains propos chers aux altermondialistes ? Pour Raoul Marc Jennar, il ne faut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton559.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;272&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Raoul Marc Jennar, &lt;i&gt;L'Europe, la trahison des &#233;lites&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Europe peut-elle nous servir de mod&#232;le, en offrant un contre-poids aux abus des &#201;tats-Unis par des politiques sociales plus audacieuses et d&#233;velopp&#233;es ? Devant l'intransigeance de George W. Bush et de ses n&#233;oconsevateurs, n'est-il pas tentant de pr&#234;ter l'oreille aux politiciens europ&#233;ens, plus conciliants et empruntant parfois m&#234;me certains propos chers aux altermondialistes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Raoul Marc Jennar, il ne faut surtout pas se laisser berner par leurs chants de sir&#232;nes. Citant Bourdieu, il parle d'une Europe en trompe-l'&#339;il au sein de laquelle les politiciens se gargarisent de beaux discours et implantent froidement mais avec z&#232;le les plus rigoureuses mesures n&#233;olib&#233;rales, d&#233;truisant ainsi une Europe humaniste et solidaire qui commen&#231;ait &#224; &#233;merger. Cette hypocrisie, ces doubles discours minent l'existence m&#234;me de la d&#233;mocratie si ch&#232;rement gagn&#233;e apr&#232;s des ann&#233;es de lutte. En ce sens, il est donc juste de parler d'imposture et de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jennar s'appuie sur une d&#233;monstration remarquablement bien document&#233;e. Il rend compte, avec une rare acuit&#233;, du fonctionnement d'institutions omnipotentes qui n'ont pourtant rien de transparent, en particulier la Commission europ&#233;enne et l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il en explique le fonctionnement, les modes de n&#233;gociation, les tractations secr&#232;tes, l'action des grandes entreprises sur leurs repr&#233;sentants, les pressions qu'elles exercent sur ceux qui leur r&#233;sistent. Il nous entra&#238;ne litt&#233;ralement dans les coulisses du v&#233;ritable pouvoir, celui qui ne s'emp&#234;tre pas avec la d&#233;mocratie, celui qui n&#233;gocie des accords qui transformeront l'essence m&#234;me de nos soci&#233;t&#233;s sans nous avoir consult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas s'y m&#233;prendre : m&#234;me si Jennar parle d'abord et avant tout de l'Europe, les sujets qu'il aborde nous concernent de pr&#232;s. Partout la d&#233;mocratie reculera si on laisse &#224; de grandes institutions internationales la possibilit&#233; de sacrifier les lois et l'autonomie des nations au nom du libre march&#233;. L'Europe, la trahison des &#233;lites est &#224; mon avis l'un des livres qui d&#233;crit le mieux les m&#233;canismes complexes, subtils et cach&#233;s qui m&#232;nent &#224; la marchandisation du monde, avec la complicit&#233; de la classe politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Vaillancourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Orient arabe &#224; l'heure am&#233;ricaine. De la guerre du Golfe &#224; la guerre d'Irak</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Orient-arabe-a-l-heure</link>
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		<dc:date>2008-08-01T02:05:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rachad Antonius</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Antonius, Rachad </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Henri Laurens, L'Orient arabe &#224; l'heure am&#233;ricaine. De la guerre du Golfe &#224; la guerre d'Irak, Paris, Armand Colin, 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; Ce livre se veut, selon les termes de l'auteur, un travail d'analyste et &#171; d'annaliste &#187;, qui fait la chronique d&#233;taill&#233;e tant de ce qui se passe sur le terrain que des tractations diplomatiques durant les quinze derni&#232;res ann&#233;es. L'ouvrage est divis&#233; en deux parties : d'abord la p&#233;riode 1991-1999, qui voit se structurer un ordre r&#233;gional d&#233;fini par la crise irakienne et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Antonius-Rachad-+" rel="tag"&gt;Antonius, Rachad &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton558.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;256&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Henri Laurens, &lt;i&gt;L'Orient arabe &#224; l'heure am&#233;ricaine. De la guerre du Golfe &#224; la guerre d'Irak&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce livre se veut, selon les termes de l'auteur, un travail d'analyste et &#171; d'annaliste &#187;, qui fait la chronique d&#233;taill&#233;e tant de ce qui se passe sur le terrain que des tractations diplomatiques durant les quinze derni&#232;res ann&#233;es. L'ouvrage est divis&#233; en deux parties : d'abord la p&#233;riode 1991-1999, qui voit se structurer un ordre r&#233;gional d&#233;fini par la crise irakienne et par les blocages du processus de paix en Palestine. La deuxi&#232;me partie identifie ce qui caract&#233;rise le Proche-Orient au d&#233;but du XXIe si&#232;cle, les points tournants &#233;tant constitu&#233;s par une escalade de la violence en Palestine, par les attaques du 11 septembre 2001, et surtout par une situation o&#249; c'est le nouvel empire am&#233;ricain qui d&#233;finit les termes du d&#233;bat (avec les cons&#233;quences d&#233;sastreuses que l'on observe actuellement). La d&#233;marche est chronologique et englobe &#224; chaque &#233;tape des probl&#233;matiques sp&#233;cifiques (tel pays), bien situ&#233;es dans une vue d'ensemble de tout le Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie est &#233;crite en termes presque t&#233;l&#233;graphiques et rappelle une foule de donn&#233;es empiriques concernant les points n&#233;vralgiques de la r&#233;gion : l'Irak, le Kowe&#239;t, le conflit Isra&#235;l-Palestine et le processus d'Oslo, et enfin le Liban. On y trouve une analyse minutieuse des d&#233;veloppements du processus d'Oslo. L'auteur inclut de longs extraits de certains documents officiels qui sont fort &#233;clairants. Et m&#234;me si l'analyse de la politique isra&#233;lienne de colonisation des territoires palestiniens est absente, on trouve quand m&#234;me des statistiques essentielles concernant le nombre de colons, les terres confisqu&#233;es, les victimes civiles, etc. Ainsi, cet ouvrage &#233;vite heureusement un pi&#232;ge dans lequel tombent nombre de sp&#233;cialistes des relations internationales : celui d'analyser les processus diplomatiques sans les mettre en lien avec l'enjeu fondamental du conflit, qui consiste pour Isra&#235;l &#224; prendre le contr&#244;le effectif des territoires palestiniens pour le b&#233;n&#233;fice des Juifs, qu'ils soient Isra&#233;liens ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie examine un &#224; un les blocages dans l'ensemble de la r&#233;gion, en montrant comment les successions de chefs d'&#201;tat ont constitu&#233; des continuit&#233;s plut&#244;t que des ruptures. La reprise des n&#233;gociations isra&#233;lo-palestiniennes et leur &#233;chec sont pass&#233;s au peigne fin, et cette analyse permet de comprendre &#171; &lt;i&gt;l'enfermement dans la violence et l'engrenage des repr&#233;sailles&lt;/i&gt; &#187; qui voit les attentats suicides se multiplier en Palestine et ailleurs, pour culminer avec les attaques du 11 septembre, elles-m&#234;mes suivies d'autres violences en Palestine et en Isra&#235;l. Les deux derniers chapitres discutent de l'application concr&#232;te de la politique am&#233;ricaine visant &#224; remodeler le Proche-Orient et &#224; lutter contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Destin&#233; &#224; un public plut&#244;t inform&#233; ou qui veut le devenir, le livre est dense. L'&#233;volution de la situation est observ&#233;e dans ce qu'elle a d'essentiel, mais les d&#233;tails empiriques sont rarement appuy&#233;s par des r&#233;f&#233;rences, l'accent &#233;tant mis sur leur signification. Par contre, ce qui touche les cons&#233;quences de l'occupation de la Palestine (nombre de victimes civiles par exemple) est appuy&#233; par des r&#233;f&#233;rences aux enqu&#234;tes de B'Tselem ou d'autres sources dont la cr&#233;dibilit&#233; est bien &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage sera d'un grand int&#233;r&#234;t pour ceux qui suivent la situation au Proche-Orient et qui veulent comprendre la logique de son &#233;volution. Mais il faudra le lire avec discipline et concentration, car l'auteur a privil&#233;gi&#233; la concision plut&#244;t que la facilit&#233; de lecture&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rachad Antonius&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Am&#233;rique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Amerique-pauvre-Comment-ne-pas</link>
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		<dc:date>2008-08-01T02:01:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barbara Ehrenreich, L'Am&#233;rique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant, Grasset, 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; U.S. Working Poors &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sous-titre, Comment ne pas survivre en travaillant, r&#233;sume parfaitement la d&#233;monstration faite ici par l'auteure. Journaliste, celle-ci a pass&#233; plusieurs mois &#224; occuper des emplois mal pay&#233;s en essayant de survivre sans apport d'argent ext&#233;rieur. Elle n'y est pas parvenue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a occup&#233; des emplois de serveuse dans un &#171; fast food &#187;, de femme de m&#233;nage pour une agence et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton557.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;269&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Barbara Ehrenreich, &lt;i&gt;L'Am&#233;rique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant&lt;/i&gt;, Grasset, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;U.S. Working Poors&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sous-titre, &lt;i&gt;Comment ne pas survivre en travaillant&lt;/i&gt;, r&#233;sume parfaitement la d&#233;monstration faite ici par l'auteure. Journaliste, celle-ci a pass&#233; plusieurs mois &#224; occuper des emplois mal pay&#233;s en essayant de survivre sans apport d'argent ext&#233;rieur. Elle n'y est pas parvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a occup&#233; des emplois de serveuse dans un &#171; fast food &#187;, de femme de m&#233;nage pour une agence et elle a m&#234;me travaill&#233; chez Wal-Mart. Dans tous ces emplois, et bien que sa voiture &#233;tait d&#233;j&#224; pay&#233;e et qu'elle avait une petite mise de fonds au d&#233;part, elle n'est jamais parvenu &#224; assurer sa subsistance &#224; moyen terme, en d&#233;pit qu'elle n'ait aucune personne &#224; charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant, elle nous d&#233;crit la vie infernale qui est le lot de toute une couche de la population qui n'arrive pas &#224; se loger d&#233;cemment et &#224; s'assurer des soins de sant&#233; minimaux dans ce qui est sens&#233; &#234;tre le pays le plus riche du monde. Au niveau de la sant&#233;, la situation des travailleurs de la base est plus que pr&#233;occupante. Ils n'ont ni le temps ni les moyens financiers de se soigner, alors ils continuent &#224; travailler malades jusqu'&#224; ce qu'ils n'en puissent plus. On se croirait revenu aux belles ann&#233;es de la r&#233;volution industrielle, dans un roman de Zola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire dans tout cela, si tant est qu'on puisse encore en ajouter, est la r&#233;pugnante pression id&#233;ologique que les patrons font peser sur les employ&#233;s, les gardant dans une peur qui souvent confine &#224; la terreur. On leur pr&#233;sente les syndicats comme de monstrueuses machines qui ne pensent qu'&#224; collecter des cotisations qui appauvriront encore les travailleurs. Bref, les patrons accusent les syndicats de faire exactement ce qu'ils font eux-m&#234;mes. Au moment o&#249; les employ&#233;s de Wal-Mart tentent de se syndiquer au Qu&#233;bec, ce livre tombe &#224; pic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les travailleurs de Wal-Mart, pardon les &#171; associ&#233;s &#187;, sont des clients habitu&#233;s des banques alimentaires et n'ont pas les moyens d'acheter chez Wal-Mart. &#201;videmment, nous connaissons tous des &#171; associ&#233;s &#187; qui n'ont pas l'air de vivre dans une si grande mis&#232;re, mais seulement parce que leur revenu n'est qu'un revenu d'appoint. Aux &#201;tats-Unis, ce revenu ne suffit pas &#224; faire vivre une personne et encore bien moins une famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En substance, aux &#201;tats-Unis, nous savions d&#233;j&#224; que les Noirs avaient une esp&#233;rance de vie inf&#233;rieure &#224; celle dont jouissent les habitants de plusieurs pays du tiers-monde, maintenant, nous devons ajouter que se cr&#233;e un sous-prol&#233;tariat qui ne comprend pas que des africains-&#233;tatsuniens. D'ailleurs, les &#201;tats-Unis s'apparentent de plus en plus au tiers-monde dans la mesure o&#249; s'y c&#244;toient deux couches de personnes qui ne vivent absolument pas de la m&#234;me fa&#231;on, n'ont pas du tout les m&#234;mes ressources et ne peuvent pas assumer leurs r&#244;les de citoyens d'une mani&#232;re minimalement comparable. L'Am&#233;rique pauvre nous montre que ce pays qu'on nous pr&#233;sente de plus en plus comme l'&#233;talon de mesure de la r&#233;ussite &#233;conomique et politique est de plus en plus une catastrophe sociale et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre le soleil de France et de Bab El Oued</title>
		<link>https://www.ababord.org/Entre-le-soleil-de-France-et-de</link>
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		<dc:date>2008-08-01T01:58:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard, Amazigh Kateb</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Kateb, Amazigh </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'art n'est pas un antre o&#249; pourraient se r&#233;fugier int&#233;gristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s'agit plut&#244;t d'une navigation, d'un entre-deux o&#249; circulent et dialoguent de multiples points d'ancrage. Navigation &#224; haut risque comme celle d'Ulysse mais, malgr&#233; ses p&#233;rils, elle seule peut arracher un peu de sens &#224; ce qui ne serait qu'une &#171; histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Musique-+" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Kateb-Amazigh-+" rel="tag"&gt;Kateb, Amazigh &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton556.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;203&#034; height=&#034;300&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'art n'est pas un antre o&#249; pourraient se r&#233;fugier int&#233;gristes de tout poil ou amuseurs publics. Il s'agit plut&#244;t d'une navigation, d'un entre-deux o&#249; circulent et dialoguent de multiples points d'ancrage. Navigation &#224; haut risque comme celle d'Ulysse mais, malgr&#233; ses p&#233;rils, elle seule peut arracher un peu de sens &#224; ce qui ne serait qu'une &#171; histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste, donc, comme passeur de signes et de symboles. Rebelle aussi. Rebelle &#224; tout ce qui emprisonne et mutile la vie. Alors qu'un nouveau cycle de luttes contre la mondialisation capitaliste semble s'&#234;tre enclench&#233;, de nombreux artistes ont repris le flambeau du refus. Qu'on songe, pour la France, au Massilia sound system, aux Fabulous troubadours, &#224; Zebda et, enfin, &#224; Gnawa diffusion. Fond&#233; en 1992 &#224; Grenoble par Amazigh Kateb, ce groupe distille une musique proprement universelle avec de profondes racines africaines et alg&#233;riennes. Issue de la tradition &lt;i&gt;gnawa&lt;/i&gt;, celle des chants des esclaves africains, cette musique fusionne les instruments traditionnels avec l'&#233;lectricit&#233;. Propuls&#233;es par cet environnement sonore, les paroles des chansons de Gnawa diffusion sont comme de v&#233;ritables missiles dirig&#233;s contre les crimes et les injustices perp&#233;tr&#233;s par les dominants &#224; l'encontre de l'ensemble de la plan&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le soleil de France, de Kingston et de Bab El Oued, Gnawa diffusion et Amazigh Kateb arpentent ainsi l'espace d'une libert&#233; &#224; cr&#233;er, par-del&#224; les fronti&#232;res de styles ou de territoires. Une entrevue, donc, avec un homme libre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amazigh signifie, dans la langue parl&#233;e berb&#232;re, &#171; homme libre &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Pourriez-vous nous dire comment le groupe est n&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amazigh Kateb&lt;/strong&gt; &#8211; Le groupe s'est mont&#233;, en 1992, suite &#224; une audition pour laquelle j'avais r&#233;uni six musiciens dans le but de pr&#233;senter quelques chansons que j'avais compos&#233;es. &#192; l'&#233;poque, nous abritions autant de visions et de concepts que d'individus. Nous n'avions aucune plate-forme commune &#224; part la sc&#232;ne. La fusion, en th&#233;orie, nous aurait permis de pr&#233;server les diff&#233;rentes influences en cr&#233;ant un son commun. Or, nous nous sommes vite aper&#231;us du contraire. La musique ressemblait &#224; du collage et beaucoup de bonnes id&#233;es n'ont jamais vu le jour parce que trop typ&#233;es. Nous nous sommes noy&#233;s non pas dans un verre d'eau mais dans un cocktail alcoolis&#233;... Heureusement, certains d'entre nous, qui savaient nager, ont ramen&#233; toute l'&#233;quip&#233;e sur la berge ou, pour reprendre notre exemple tout droit sorti d'une taverne, sur le bord du verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois vraiment que ce groupe est n&#233; le jour o&#249; nous avons d&#233;cid&#233; de faire des chansons simples pour le peuple. C'est l&#224; que nos influences et nos couleurs ont r&#233;ellement pu s'exprimer puisque, au-del&#224; de ces derni&#232;res, nous avions un axe central, un th&#232;me autour duquel nous nous exprimions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Vous soulignez l'importance de l'Afrique dans votre d&#233;marche et dans l'histoire de l'Alg&#233;rie. Comment d&#233;finir cette africanit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; L'axe central de Gnawa diffusion est l'africanit&#233; du Maghreb : les gnawas sont les esclaves noirs d&#233;port&#233;s en Afrique du Nord par les riches seigneurs du Maghreb d'antan et, pour ceux qui l'ignorent, leur musique est une sorte de gospel, &#224; la diff&#233;rence que les gnawas chantent Allah et Mohammed au lieu de J&#233;hovah et J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de pr&#233;ciser, nous concernant, que nous ne reprenons pas le r&#233;pertoire traditionnel des gnawas (hormis 2 ou 3 exceptions) mais nous utilisons les instruments gnawas dans un travail de cr&#233;ation et de composition moderne et contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de l'aspect africain, il y a l'univers de l'exil longuement &#233;voqu&#233; par les multiples complaintes gnawies traditionnelles qui renvoient directement au monde de l'immigration et des nouveaux langages et codages que celui-ci v&#233;hicule &#224; travers la recherche de son identit&#233; en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite il y a un certain nombre de fractures socioculturelles qu'il nous importe de combattre. Nous sommes souvent, en tant que Maghr&#233;bins, face &#224; une contradiction de taille : quand nous allons vers la modernit&#233;, nous avons l'impression d'avoir perdu la trace de l'anc&#234;tre et quand nous allons vers l'anc&#234;tre, il s'instaure une sorte de Moyen-&#194;ge absolu qui ne s'accorde pas avec la modernit&#233;. Sur le plan culturel, ce ph&#233;nom&#232;ne cr&#233;e des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables. Les Alg&#233;riens francophones, par exemple, sont consid&#233;r&#233;s comme des supp&#244;ts de la France et des pro-occidentaux. Les arabophones, eux, sont associ&#233;s &#224; l'archa&#239;sme. Ce paradoxe nourrit des clans et des &#171; petites bourgeoisies &#187; de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous nous exprimons en arabe, en fran&#231;ais et avec d'autres langues si possible et que nous tenons &#224; teinter notre musique de sonorit&#233;s &#224; la fois anciennes et nouvelles, africaines, occidentales, maghr&#233;bines ou carib&#233;ennes. Nous voulons, &#224; travers la musique, casser un certain nombre de carcans et montrer qu'on peut cr&#233;er sa propre culture et sa propre identit&#233; en faisant un tri personnel, exactement comme quand on compose une musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cela, il y a la probl&#233;matique arabo-berb&#232;re qui est, aujourd'hui, objet de diverses manipulations. Il se produit des tensions identitaires, exacerb&#233;es par une politique de la division qui ne m&#232;ne &#224; rien. &#199;a va parfois jusqu'&#224; des r&#233;flexions x&#233;nophobes du type &#171; Je suis un pur berb&#232;re, je n'ai pas de sang arabe &#187; ou &#171; l'Alg&#233;rie est arabe et rien d'autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part, l'Alg&#233;rie est berb&#232;re, arabe, latine, m&#233;diterran&#233;enne et peut-&#234;tre m&#234;me un peu martienne. Ce qui est s&#251;r, c'est qu'elle est africaine et que cette identit&#233;-l&#224; est beaucoup plus juste en ce qui nous concerne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment tr&#232;s important, sur lequel j'insiste toujours, celui de reconna&#238;tre que l'esclavage et, par cons&#233;quent le racisme, font partie de notre histoire. C'est une approche essentielle si nous voulons que le monde occidental, &#224; son tour, fasse une d&#233;marche de reconnaissance historique &#224; notre &#233;gard. Je suis par cons&#233;quent fier de jouer du gumbri, instrument d'esclave qui m'aide &#224; me sentir libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B&lt;/strong&gt; ! &#8211; Par-del&#224; la tradition arabe et africaine, on retrouve dans votre musique aussi bien du reggae, du rock, du rap ou du latino. Quels sont les liens qu'on peut faire entre ces multiples musiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; La musique ressemble beaucoup &#224; la cuisine : souvent quand on n'a pas de recette, on improvise en pensant &#224; un go&#251;t que l'on aime et que l'on veut faire aimer. Dans une musique, on met aussi ce qu'on aime et on essaye diff&#233;rentes combinaisons pour trouver la meilleure pr&#233;sentation ou expression. Il y a aussi, bien s&#251;r, le fait que nous aimons les musiques que nous introduisons dans notre travail et, au-del&#224;, il y a une similitude entre le gnawi, le reggae, la salsa, le blues, etc... C'est une seule et m&#234;me famille de musiques, n&#233;es dans des contextes similaires d'esclavage et d'exil. L'Afrique m&#232;ne &#224; l'universel et c'est ce qui peut nous arriver de mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; En bout de ligne, comment concilier nos particularit&#233;s identitaires avec l'universel ? La tradition et la modernit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; Pour les particularit&#233;s culturelles et identitaires, je crois, &#224; l'heure actuelle, qu'on ne peut plus parler de cultures exclusives ou alors tr&#232;s rarement. Il y a maintenant tellement d'information nous arrivant des quatre coins du monde que l'Alg&#233;rien ou le Qu&#233;b&#233;cois d'aujourd'hui n'ont pas du tout le m&#234;me bagage culturel que l'Alg&#233;rien ou le Qu&#233;b&#233;cois d'il y a 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part quelques constantes, aujourd'hui, chacun porte ce qu'il veut de sa culture ou d'une autre. Moi-m&#234;me, en travaillant sur la musique gnawa, ne suis-je pas en train de v&#233;hiculer une culture qui n'est pas celle de mes anc&#234;tres ? Pourtant, je la d&#233;fends comme si elle &#233;tait mienne parce que c'est &#224; travers elle que je m'exprime le plus naturellement. Si un de mes a&#239;eux a pu &#234;tre esclavagiste, alors j'affirme, quatre si&#232;cles plus tard, que je me sens plus proche de ses esclaves que de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Vos textes sont de tr&#232;s claires critiques de l'ordre actuel, &#171; engag&#233;s politiquement &#187; aurions-nous dit &#224; une certaine &#233;poque. Est-ce qu'on peut vraiment faire de la politique par le biais de la musique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; La musique est un art qui peut tout exprimer concr&#232;tement. C'est une expression qui regroupe &#224; la fois les &#233;tats d'&#226;mes et ceux de l'esprit. Personnellement je ne pourrai jamais chanter quelque chose que je ne pense pas et heureusement que je ne chante pas tout ce que je pense. Tr&#232;s souvent, les chansons naissent des discussions, des lectures, des confrontations ou, parfois, des r&#233;v&#233;lations surtout avec les chansons d'amour. Ce sont d'abord des choses qui m'intriguent ou me tourmentent et sur lesquelles un certain nombre de r&#233;flexions peuvent na&#238;tre et &#234;tre formul&#233;es en chanson. Ce qui est clair, en revanche, c'est qu'une chanson ne suffit pas pour traiter d'un sujet politique : cela conduit &#224; un travail de simplification du propos, voire &#224; un choix arbitraire de provocation ou d'humour pour, &#224; d&#233;faut de pouvoir d&#233;velopper des id&#233;es trop complexes, inciter les gens au d&#233;bat et &#224; la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Il y a dans votre musique, en plus du politique, tout un c&#244;t&#233; festif. Il n'y a pas un danger de &#171; noyer &#187; le versant critique du discours avec ce c&#244;t&#233; ludique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; Il est certain que l'esprit de Gnawa diffusion n'a rien d'aust&#232;re et tant mieux. Trop souvent, la musique v&#233;hiculant une id&#233;ologie ou un engagement a &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; quelque chose de sombre, de grave et de s&#233;rieux. C'est s&#251;rement cela qui a tu&#233; la musique engag&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La musique est l'art populaire par excellence, elle accompagne souvent les plus beaux moments de la vie. Je crois que c'est une erreur de vouloir isoler les musiques engag&#233;es du ph&#233;nom&#232;ne de la f&#234;te. C'est pr&#233;cis&#233;ment de l'enthousiasme et de l'&#233;nergie qu'il faut pour faire une belle r&#233;volution. Pendant les concerts, il y a une atmosph&#232;re insurrectionnelle d&#232;s que les corps transpirent dans la danse. De plus, je crois que l'aspect aust&#232;re que l'on pr&#234;te au monde militant est la pire des &#233;tiquettes. Si nous ne faisons rien pour prouver le contraire, les gens continueront &#224; bouffer dans les Macdonald en dansant sur &#171; shake your ass babe &#187; et nous continuerons &#224; dire que ce n'est pas bien. La r&#233;volution future est dans l'&#233;ducation de nos enfants o&#249; nous devons leur apprendre &#224; faire sa f&#234;te au capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; L'Alg&#233;rie, actuellement, ne fait plus beaucoup la &#171; une &#187; des m&#233;dias officiels. Quelle est la situation, politiquement et culturellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; Pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; on n'entend plus parler de l'Alg&#233;rie, il s'y passe beaucoup de choses : notamment qu'un journaliste et un directeur de journal ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et emprisonn&#233;s ; cinq hauts fonctionnaires de l'arm&#233;e dont le g&#233;n&#233;ral Laamari ont &#233;t&#233; d&#233;mis de leurs fonctions ; les victimes des inondations n'ont pas &#233;t&#233; toutes relog&#233;es, celles du tremblement de terre de mai 2003 encore moins. Le terrorisme n'a pas compl&#232;tement disparu, Bouteflika non plus. Et pour quelques ann&#233;es encore, les investisseurs pullulent, le ch&#244;mage augmente, les prix aussi, les magasins s'ouvrent, le pouvoir pas encore. La presse n'est plus ind&#233;pendante, l'ind&#233;pendance n'est plus appr&#233;ci&#233;e et le gaz et le sang qui se m&#233;langent &#224; la terre que nous foulons et &#224; laquelle nous sommes forc&#233;s de confier nos morts, coulent toujours d'un triste flot qui abreuve notre mis&#232;re et nos bourreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; &#201;voquer la culture alg&#233;rienne c'est, par n&#233;cessit&#233; on oserait dire, &#233;voquer la figure de votre p&#232;re Kateb Yacine. Comment situez vous la place de son &#339;uvre dans l'histoire de la culture alg&#233;rienne ? Son influence actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est avant tout un p&#232;re que j'ai &#224; l'esprit et, dans mon c&#339;ur, son &#339;uvre est encore tr&#232;s vivante &#224; travers les pi&#232;ces qui sont et qui ont &#233;t&#233; mont&#233;es des deux c&#244;t&#233;s de la M&#233;diterran&#233;e. Il fait l'objet de nombreuses recherches et th&#232;ses traitant de la litt&#233;rature ou de la culture alg&#233;rienne en g&#233;n&#233;ral. Dans les cercles militants, il avait la r&#233;putation d'&#234;tre impitoyable et radical dans ses positions. C'est quelqu'un qui ne souffrait pas le compromis et la l&#226;chet&#233;. Je crois que c'&#233;tait quelqu'un qui n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre un insoumis dans une peau de po&#232;te. Il y a, h&#233;las, tellement &#224; dire qu'il vaut peut-&#234;tre mieux le lire. [Voir encadr&#233;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Pour conclure, quel bilan tracez-vous de l'ensemble de la d&#233;marche du groupe Gnawa diffusion ? Quels sont vos projets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.K.&lt;/strong&gt; &#8211; D'abord, nous n'avons pas fait le bilan, car nous ne sommes pas encore en fin d'exercice. Nous savons seulement que le bonheur est dans le pr&#233; et le plaisir sur la sc&#232;ne. Nous avons travers&#233; des moments plus ou moins difficiles, mais le cap reste maintenu &#224; l'oppos&#233; de tous les diktats. Ce qui me nourrit le plus dans l'exp&#233;rience de ce groupe, c'est que cette musique a donn&#233; envie &#224; d'autres un peu partout (notamment au Maghreb) de faire des choses et cela, &#231;a agrandit consid&#233;rablement le champ des perspectives &#224; venir. La transmission est ce qui m'importe le plus dans mon m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bient&#244;t, j'esp&#232;re deux concerts au Canada (pour la premi&#232;re fois), une tourn&#233;e au Maghreb et au Moyen Orient, un nouveau site Web, un DVD, un album et, j'esp&#232;re, des vacances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.gnawa-diffusion.com" class="spip_out"&gt;Le site officiel de Gnawa diffusion&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amazigh signifie, dans la langue parl&#233;e berb&#232;re, &#171; homme libre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment l'Action lib&#233;rale nationale (ALN) de Paul Gouin s'est fait r&#233;cup&#233;rer par Duplessis</title>
		<link>https://www.ababord.org/Comment-l-Action-liberale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Comment-l-Action-liberale</guid>
		<dc:date>2008-08-01T01:50:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mars dernier, une partie de la gauche nationaliste qu&#233;b&#233;coise a d&#233;cid&#233; de former un &#171; club politique &#187; et de se rallier au Parti qu&#233;b&#233;cois dans un double but : tirer le PQ vers des positions plus progressistes et regrouper les forces souverainistes dans un m&#234;me parti pour &#171; h&#226;ter la r&#233;solution de la question nationale &#187;. Ce club, qui pr&#233;tend garder son autonomie au sein du PQ, a pris le nom de Syndicalistes progressistes pour un Qu&#233;bec libre (SPQ Libre). &lt;br class='autobr' /&gt; Ce ralliement &#224; un vieux parti (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gelinas-Jacques-B-+" rel="tag"&gt;G&#233;linas, Jacques B. &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton555.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;147&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mars dernier, une partie de la gauche nationaliste qu&#233;b&#233;coise a d&#233;cid&#233; de former un &#171; club politique &#187; et de se rallier au Parti qu&#233;b&#233;cois dans un double but : tirer le PQ vers des positions plus progressistes et regrouper les forces souverainistes dans un m&#234;me parti pour &#171; &lt;i&gt;h&#226;ter la r&#233;solution de la question nationale&lt;/i&gt; &#187;. Ce club, qui pr&#233;tend garder son autonomie au sein du PQ, a pris le nom de Syndicalistes progressistes pour un Qu&#233;bec libre (SPQ Libre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce ralliement &#224; un vieux parti d'une nouvelle gauche qui, &#233;voquant l'urgence, cherche un raccourci vers le pouvoir n'est pas sans rappeler un &#233;pisode marquant de l'histoire politique du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand le conservateur Duplessis ouvre les bras &#224; la progressiste ALN&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en 1935. La jeune Action lib&#233;rale nationale joint alors les rangs du Parti conservateur de Maurice Duplessis pour acc&#233;der plus rapidement au pouvoir et h&#226;ter la mise en &#339;uvre de son programme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lecteur avis&#233; saura tenir compte des diff&#233;rences &#233;videntes autant que des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande D&#233;pression s&#233;vit au Qu&#233;bec depuis six longues ann&#233;es. Le gouvernement lib&#233;ral d'Alexandre Taschereau, au pouvoir depuis 1920, ne fait rien ou si peu pour att&#233;nuer cette terrible crise &#233;conomique et sociale. Immobilisme, corruption, patronage &#233;hont&#233;, conflits d'int&#233;r&#234;ts flagrants (le premier ministre lui-m&#234;me est membre du Conseil d'administration d'une dizaine de compagnies), tout concourt &#224; rendre le r&#233;gime du Parti lib&#233;ral &#224; la fois ex&#233;crable et ind&#233;logeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Parti conservateur, il croupit dans l'opposition depuis pr&#232;s de 40 ans. Son conservatisme fig&#233; ne colle pas aux inqui&#233;tudes et aux aspirations de la population. M&#234;me le populiste Camilien Houde, qui l'a dirig&#233; de 1929 &#224; 1932, s'est av&#233;r&#233; incapable de le tirer de son inertie. Quand Maurice Duplessis en prend les commandes, en 1933, il ne dispose que de 11 si&#232;ges sur 90 &#224; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative. L'astucieux politicien de Trois-Rivi&#232;res n'entend pas en rester l&#224;. En deux ans d'opposition, il a observ&#233; les m&#233;thodes et les roublardises de Taschereau et a beaucoup appris. Mais cela n'a pas donn&#233; plus de contenu &#224; un Parti conservateur &#224; court de vision et d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la vision et des id&#233;es&#8230; Une nouvelle formation politique en voie d'organisation sous le leadership de Paul Gouin en a &#224; revendre. Devant l'immobilisme d&#233;sesp&#233;rant des vieux partis, les milieux progressistes &#8211; associations professionnelles, enseignants, &#233;tudiants, syndicalistes, coop&#233;rativistes, certains &#233;l&#233;ments du bas clerg&#233; &#8211; discutent, s'organisent et fondent un nouveau parti : l'Action lib&#233;rale nationale. L'ALN propose une sortie de crise qui rejoint le sentiment national des Qu&#233;b&#233;cois. Il s'agit d'un programme pr&#233;cis et d&#233;taill&#233; de &#171; restauration sociale &#187; et de &#171; lib&#233;ration &#233;conomique &#187; qui s'inspire des id&#233;es de l'&#201;cole sociale populaire et des th&#232;ses de l'&#233;conomiste &#201;douard Montpetit. Le penseur et porte-parole le plus brillant de l'ALN est le docteur Philippe Hamel qui pr&#244;ne &#171; le retour &#224; la Province de ses richesses naturelles &#187;. Chiffres et documents &#224; l'appui, il d&#233;montre la n&#233;cessit&#233; et la faisabilit&#233; d'une nationalisation progressive des &#171; trusts de l'&#233;lectricit&#233; &#187;. Objectif : doter les Canadiens-fran&#231;ais d'un puissant levier de d&#233;veloppement &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de l'ALN br&#251;lent d'impatience d'arriver au pouvoir pour mettre ces id&#233;es en application, mais se sentent incapables de d&#233;tr&#244;ner Taschereau tant la machine &#233;lectorale du vieil aristocrate, grassement huil&#233;e par les lobbies de toutes sortes, leur para&#238;t invincible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Duplessis aux aguets observe avec appr&#233;hension et une certaine fascination la mont&#233;e de cette nouvelle force politique. Lorsque les dirigeants de l'ALN viennent lui proposer de former une alliance pour d&#233;barrasser le Qu&#233;bec du r&#233;gime Taschereau, il leur ouvre grands les bras.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un front uni contre l'ennemi du peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 7 novembre 1935, le Parti conservateur et l'ALN signent une entente en vertu de laquelle ils constituent &#171; un front commun contre l'ennemi du peuple de la province de Qu&#233;bec, le r&#233;gime Taschereau &#187;. Cette alliance tactique, qui r&#233;unit des vieux conservateurs, francophones et anglophones, d'anciens lib&#233;raux radicalis&#233;s ainsi que du sang neuf port&#233; par les militants nationalistes, prend le nom significatif d'Union nationale. Maurice Duplessis en revendique la pr&#233;sidence all&#233;guant son exp&#233;rience politique. En contrepartie, il promet &#224; ses alli&#233;s de l'ALN des postes cl&#233;s dans son futur cabinet. Il signe &#171; &#224; deux mains &#187;, selon son expression, un document par lequel il s'engage &#224; respecter les grands axes du programme de gouvernement de l'ALN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;lection du 25 novembre 1935, les deux formations alli&#233;es garderont leur identit&#233; propre. Le scrutin donne &#224; l'Union nationale 42 si&#232;ges, dont 26 enlev&#233;s par des candidats de l'ALN. D&#233;contenanc&#233; par ce d&#233;ferlement d'une pens&#233;e politique coh&#233;rente dans l'enceinte du Parlement et d&#233;stabilis&#233; par les assauts ac&#233;r&#233;s d'un Duplessis arm&#233; de l'argumentaire d&#233;coiffant de l'ALN, Taschereau est bient&#244;t contraint &#224; la d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En qu&#234;te d'une nouvelle l&#233;gitimit&#233;, son successeur Ad&#233;lard Godbout appelle le peuple aux urnes pour le 17 ao&#251;t 1936. Cette fois, Duplessis, qui a &#233;limin&#233; toutes tendances autonomes li&#233;es &#224; l'ALN &#224; l'int&#233;rieur d'une Union nationale consolid&#233;e, remporte une &#233;clatante victoire : 76 si&#232;ges et 58 % du vote populaire. D&#232;s le lendemain, il appert que le premier ministre &#233;lu n'entend c&#233;der aux chefs de files de l'ex-ALN que des portefeuilles secondaires dans son cabinet ou rien du tout. &#192; Philippe Hamel que tous voyaient &#224; la t&#234;te d'un minist&#232;re important, il offre cyniquement la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative. Profond&#233;ment bless&#233;, Hamel consid&#232;re cette proposition comme un affront et d&#233;misssionne. Ceux de ses coll&#232;gues qui resteront seront rapidement neutralis&#233;s, coopt&#233;s ou &#233;ject&#233;s. Et Paul Gouin ? Le &#171; cheuf &#187; avait r&#233;ussi &#224; le tasser hors piste d&#232;s avant l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pragmatique, Duplessis saura garder de la plate-forme de l'ALN une seule id&#233;e qu'il avait jug&#233;e politiquement rentable : l'autonomie provinciale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La morale de cette histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Chaloult, un des membres les plus respect&#233;s de l'ALN, rapporte dans ses m&#233;moires la remarque sid&#233;rante qu'il s'est attir&#233;e quand il a reproch&#233; &#224; Duplessis d'avoir trahi ses engagements : &#171; &lt;i&gt;&#201;coute Ren&#233;, t'es pas un enfant ; &#224; ton &#226;ge tu devrais comprendre qu'un programme c'est bon avant les &#233;lections et les &#233;lections sont termin&#233;es&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Chaloult, M&#233;moires politiques, &#201;ditions du Jour, Montr&#233;al, 1969, p. 67.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant son projet confisqu&#233;, le docteur Hamel ne put que constater, mais un peu tard, qu'il avait &#233;t&#233; bien na&#239;f : &#171; Nous lui avons tenu l'&#233;chelle pour lui permettre de monter jusqu'au sommet ; rendu en haut, il a donn&#233; un coup de pied sur l'&#233;chelle et nous a regard&#233;s avec d&#233;rision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 99.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Non seulement na&#239;fs, mais manifestement trop press&#233;s ces dirigeants qui d&#233;tenaient la cl&#233; d'une &#233;volution &#233;mancipatrice de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale de cette histoire, c'est qu'un jeune parti porteur d'une vision politique alternative ne peut emprunter le v&#233;hicule d'un vieux parti qui a go&#251;t&#233; le pouvoir sans risquer de se faire charrier. Le plus s&#251;r et le plus rapide n'est-il pas de construire et de conduire son propre v&#233;hicule avec des gens qui partagent la m&#234;me vision de la soci&#233;t&#233; et de l'int&#233;r&#234;t public ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lecteur avis&#233; saura tenir compte des diff&#233;rences &#233;videntes autant que des similitudes qui existent dans cette mise en comparaison de deux situations politiques distantes de sept d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Chaloult, &lt;i&gt;M&#233;moires politiques&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Jour, Montr&#233;al, 1969, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem, p. 99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques B. G&#233;linas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La force politique du r&#234;ve</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-force-politique-du-reve</link>
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		<dc:date>2008-08-01T01:44:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde, Riccardo Petrella</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Mouterde, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Petrella, Riccardo </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; b&#226;bord ! a rencontr&#233; Riccardo Petrella alors qu'il &#233;tait de passage au Qu&#233;bec pour lancer son dernier livre, D&#233;sir d'humanit&#233;. Le droit de r&#234;ver, publi&#233; chez &#201;cosoci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192;B ! &#8211; Pourquoi un livre sur le droit de r&#234;ver, alors que vous &#234;tes plut&#244;t un &#233;conomiste et un politicologue, s'agit-il d'une rupture par rapport &#224; vos ouvrages pr&#233;c&#233;dents ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Riccardo Petrella - Ce n'est pas une rupture. Je ne sors pas de mon sillon de travail habituel. Cela reste une analyse d'&#233;conomie politique. Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouterde-Pierre-+" rel="tag"&gt;Mouterde, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Petrella-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Petrella, Riccardo &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton554.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;280&#034; height=&#034;187&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a rencontr&#233; Riccardo Petrella alors qu'il &#233;tait de passage au Qu&#233;bec pour lancer son dernier livre, &lt;i&gt;D&#233;sir d'humanit&#233;. Le droit de r&#234;ver&lt;/i&gt;, publi&#233; chez &#201;cosoci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Pourquoi un livre sur le droit de r&#234;ver, alors que vous &#234;tes plut&#244;t un &#233;conomiste et un politicologue, s'agit-il d'une rupture par rapport &#224; vos ouvrages pr&#233;c&#233;dents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Riccardo Petrella&lt;/strong&gt; - Ce n'est pas une rupture. Je ne sors pas de mon sillon de travail habituel. Cela reste une analyse d'&#233;conomie politique. Mais ma th&#232;se consiste &#224; dire : les soci&#233;t&#233;s dominantes nous ont enlev&#233; toute possibilit&#233; de r&#234;ver, par le biais de cette culture rationnelle, &#171; manag&#233;riale &#187;, de cette culture dominante faite de rentabilit&#233; &#224; court terme et de logiques financi&#232;res. Les soci&#233;t&#233;s dominantes ont emprisonn&#233; le possible, elles ont r&#233;duit le champ du possible des citoyens, des personnes humaines &#224; ce qu'elles pensent &#234;tre acceptables, c'est-&#224;-dire &#224; la rentabilit&#233; du capital financier. Et cet emprisonnement du possible se traduit par le fait que les r&#234;ves de justice, de libert&#233;, de fraternit&#233;, de participation &#224; la d&#233;mocratie, de droit &#224; la vie pour tout le monde, tous ces r&#234;ves-l&#224; sont interdits. &#192; partir du moment o&#249; l'on a emprisonn&#233; le champ du possible dans les limites d&#233;finies par les dominants, les aspirations de tout &#234;tre humain &#224; &#234;tre aim&#233; et reconnu, &#224; poss&#233;der des biens et des services qui lui permettent d'avoir une vie d&#233;cente, toutes ces aspirations-l&#224; aujourd'hui sont ni&#233;es et &#233;limin&#233;es. En revanche, le syst&#232;me dominant a pouss&#233; tout le monde &#224; poursuivre des r&#234;ves de richesse ou de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Mais est-ce un ph&#233;nom&#232;ne vraiment nouveau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.P.&lt;/strong&gt; &#8211; Ce qui est nouveau c'est que cette n&#233;gation du droit &#224; la vie &#8211; ce r&#234;ve le plus fondamental &#8211; appara&#238;t apr&#232;s que les soci&#233;t&#233;s humaines aient exp&#233;riment&#233; la &#171; r&#233;alisabilit&#233; &#187; du droit &#224; la vie. Auparavant, quand il y avait par exemple l'esclavage, on r&#234;vait au droit &#224; la vie, parce qu'il n'y en avait pas. Ce qui est nouveau par rapport &#224; l'histoire pass&#233;e, c'est qu'alors que certaines soci&#233;t&#233;s dans le monde, comme par exemple les soci&#233;t&#233;s scandinaves, avaient commenc&#233; &#224; &#233;liminer la pauvret&#233; et avaient reconnu le droit &#224; la vie, la soci&#233;t&#233; dominante d'aujourd'hui r&#233;affirme et impose deux principes se structurant autour de la n&#233;gation du droit &#224; la vie pour tout le monde : l'in&#233;vitabilit&#233; et la naturalit&#233; de la guerre ; et l'in&#233;vitabilit&#233; et la naturalit&#233; de la pauvret&#233;. Et &#231;a c'est totalement nouveau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Mais &#224; quoi est-ce donc li&#233;, &#224; la mont&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.P.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est plus que cela. Je parle dans mon livre (c'est le c&#339;ur de ma th&#232;se) des &#171; trois p&#244;les gravitationnels &#187; des soci&#233;t&#233;s actuelles : &#171; le mode de vie &#187; en tant qu'expression de la richesse et de la puissance, puis &#171; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; en tant qu'appropriation individuelle, et enfin &#171; la s&#233;curit&#233; &#187; en tant que contr&#244;le des droits de propri&#233;t&#233;s et des ressources. Les soci&#233;t&#233;s occidentales ont un mode de vie qui a &#233;t&#233; d&#233;fini comme l'expression du progr&#232;s, comme l'expression de la capacit&#233; cr&#233;atrice des soci&#233;t&#233;s humaines. Et on a consid&#233;r&#233; que cette expression du progr&#232;s devait &#234;tre le mod&#232;le m&#234;me de la civilisation mondiale. Ce mode de vie, c'est devenu l'objectif de tous. Ce qui fait que la vraie richesse passe par &#171; la passion de la possession &#187;, par l'individualisation des besoins et la recherche de la s&#233;curit&#233;, en &#233;liminant peu &#224; peu la notion de droits universels et en rendant la guerre... in&#233;vitable. C'est &#231;a la nouveaut&#233; de mon livre : l'interpr&#233;tation de la guerre &#224; partir du mode de vie. Car ce mode de vie &#224; l'occidental fond&#233; sur l'appropriation priv&#233;e implique la rivalit&#233; et l'exclusion. Il n&#233;cessite la s&#233;curit&#233; individuelle (la possession des biens &#224; titre priv&#233;), et la s&#233;curit&#233; collective (l'approvisionnement et le contr&#244;le de ressources comme le p&#233;trole, les for&#234;ts, l'eau, etc.). La s&#233;curit&#233; devient l'&#233;l&#233;ment strat&#233;gique du mode de vie. C'est ainsi que le syst&#232;me s'arroge le droit de pouvoir intervenir militairement &#8211; m&#234;me pr&#233;ventivement &#8211; pour garantir cette s&#233;curit&#233;. En ce sens les &#201;tatsuniens sont tout &#224; fait logiques, quand ils interviennent en Irak. Ce n'est donc pas au nom de la libert&#233; qu'ils interviennent, mais au nom de la libert&#233; du mode de vie, au nom de la libert&#233; d'acc&#232;s et de contr&#244;le des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Dans une telle perspective d'emprisonnement du possible, comment ce d&#233;sir de r&#234;ver dont vous parlez peut-il avoir encore un sens, surtout si les conditions ne sont plus aussi favorables qu'&#224; l'&#233;poque des 30 glorieuses (1945-1975) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.P.&lt;/strong&gt; &#8211; Les conditions, c'est vrai, sont tout sauf favorables. Les rapports de force sociopolitiques ne sont pas en faveur des d&#233;munis, des abandonn&#233;s, etc. Mais cela n'enl&#232;ve rien au r&#244;le politique du r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; &#8211; Le r&#244;le politique du r&#234;ve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.P.&lt;/strong&gt; &#8211; Je parle ici de r&#234;ve et non pas d'utopie. Nous ne sommes pas en situation d'utopie. Les gens en effet savent que l'utopie est belle, mais n'est pas r&#233;alisable. Le syst&#232;me dominant en revanche a donn&#233; un poids consid&#233;rable au r&#234;ve. Par exemple, le r&#234;ve de richesse est r&#233;alisable. Tout le monde peut devenir riche, s'il est consommateur solvable ou futur actionnaire. Par la publicit&#233;, le syst&#232;me dominant dit : r&#234;ve d'avoir une maison, une voiture, r&#234;ve et demande-moi l'impossible, je ferai en sorte que ton r&#234;ve devienne r&#233;alit&#233;. Il a donn&#233; une valeur politique d'action au r&#234;ve. Les loteries sont l'exemple macroscopique de la &#171; r&#233;alisabilit&#233; &#187; des r&#234;ves : car en fait je peux gagner 340 millions de dollars en un coup, et les gens en connaissent plusieurs qui y sont parvenus. C'est possible. Le r&#234;ve de la richesse peut donc se r&#233;aliser comme d'ailleurs celui de la puissance. Si tu deviens riche, tu peux tout faire, c'est donc que la richesse est la clef de la puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors par ricochet, ma th&#232;se consiste &#224; dire : cette &#171; r&#233;alisabilit&#233; &#187; du r&#234;ve peut se r&#233;percuter positivement sur le r&#234;ve d'un autre monde. Le r&#234;ve de justice, lui aussi devient r&#233;alisable, lui aussi a une fonction politique : tu peux aussi avoir un r&#234;ve et essayer de le r&#233;aliser puisque le r&#234;ve a perdu sa connotation d'&#234;tre irr&#233;el ou invraisemblable. Le r&#234;ve aujourd'hui joue un r&#244;le extr&#234;mement important sur le plan du comportement politique individuel et collectif. Et en effet la plupart de gens ne disent pas : &#171; j'ai une utopie &#187;. Ils disent : &#171; j'ai un r&#234;ve &#187;. Pensez au fameux discours de Martin Luther King (j'ai un r&#234;ve) ! Depuis on a &#233;limin&#233; l'apartheid. Le r&#234;ve exprime une capacit&#233; d'imaginer un autre monde. Mai 68 comme le Forum social mondial d'aujourd'hui, c'est &#171; imaginons l'impossible &#187;, et on l'imagine parce qu'on peut le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait il y a toujours trois &#233;l&#233;ments dans le r&#234;ve : il y a l'imaginaire, quand par exemple on imagine que tout le monde a le droit &#224; la vie, &#224; la paix, etc. Puis il y a le d&#233;sir qui en d&#233;coule, comme le d&#233;sir de paix. Enfin, il y a la possibilit&#233; effective de se procurer cette paix ou ce droit &#224; la vie. Le r&#234;ve est une force politique extraordinaire. Les gens pensent que c'est de plus en plus possible. Et cela donne force au r&#234;ve de paix, au r&#234;ve de droit, au r&#234;ve de la vie pour tous, au r&#234;ve de d&#233;mocratie, etc. N'oubliez pas que le Forum social mondial n'a que quatre ans. Ce n'est que depuis une d&#233;cennie que les forces alternatives se sont convaincues de la cr&#233;dibilit&#233; de leur proposition. M&#234;me les dominants se sont montr&#233;s incapables de d&#233;cr&#233;dibiliser nos alternatives. Ils n'ont pas r&#233;ussi non plus &#224; nous enfermer dans le ghetto de la criminalisation. Parce qu'on est cr&#233;dible, on devient plus puissant. On a r&#233;ussi aujourd'hui &#224; se donner nos propres agendas. On ne court plus derri&#232;re tous les lapins des dominants (les r&#233;unions du FMI, de la Banque mondiale, etc.). On se rencontre &#224; Mumbay, &#224; Paris, &#224; Karachi. On n'est plus seuls. On peut commencer &#224; se donner des nouvelles formes d'alliance. Ce qui manque, c'est qu'on ne parvient pas encore &#224; &#234;tre efficace. Mais les gens aujourd'hui ne sont plus dans la logique : on va &#224; la plage parce que &#231;a ne sert &#224; rien. Parce qu'aujourd'hui &#231;a commence &#224; changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Pierre Mouterde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La guerre qui n'aura pas eu lieu</title>
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		<dc:date>2008-08-01T01:39:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Russie et Europe de l'Est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anne Nivat, La guerre qui n'aura pas eu lieu, Paris, Fayard, 2004 &lt;br class='autobr' /&gt; Envoy&#233;e sp&#233;ciale en Tch&#233;tch&#233;nie, Anne Nivat conna&#238;t bien ce pays o&#249; elle a s&#233;journ&#233; &#224; de nombreuses reprises depuis une dizaine d'ann&#233;es, t&#233;moin de cette &#171; guerre qui se perp&#233;tue dans l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale et dont on pourra bient&#244;t dire qu'elle n'aura pas eu lieu &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce livre o&#249; sont r&#233;unis r&#233;cits, entrevues et analyses, l'auteure, qui a &#171; regard&#233; la guerre du c&#244;t&#233; tch&#233;tch&#232;ne &#187;, r&#233;v&#232;le le m&#233;lange de courage et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Russie-et-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Russie et Europe de l'Est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton553.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;264&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Anne Nivat, &lt;i&gt;La guerre qui n'aura pas eu lieu&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Envoy&#233;e sp&#233;ciale en Tch&#233;tch&#233;nie, Anne Nivat conna&#238;t bien ce pays o&#249; elle a s&#233;journ&#233; &#224; de nombreuses reprises depuis une dizaine d'ann&#233;es, t&#233;moin de cette &#171; &lt;i&gt;guerre qui se perp&#233;tue dans l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale et dont on pourra bient&#244;t dire qu'elle n'aura pas eu lieu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce livre o&#249; sont r&#233;unis r&#233;cits, entrevues et analyses, l'auteure, qui a &#171; regard&#233; la guerre du c&#244;t&#233; tch&#233;tch&#232;ne &#187;, r&#233;v&#232;le le m&#233;lange de courage et de d&#233;sespoir qu'&#233;prouvent les habitants de Grozny face &#224; la barbarie de la sale guerre. Elle d&#233;masque &#233;galement la macabre supercherie de la propagande russe (si elle &#233;tait seulement russe !) qui amalgame &#171; terroristes &#187;, &#171; bandits &#187; et combattants ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement l'apport fondamental de ce livre que de nuancer l'influence r&#233;elle des wahhabites (ces fondamentalistes djihadistes) sur le mouvement ind&#233;pendantiste. Si le peuple tch&#233;tch&#232;ne ne peut &#234;tre assimil&#233; &#224; des terroristes, il existe certes un courant extr&#233;miste minoritaire, tol&#233;r&#233; par les rebelles ind&#233;pendantistes, car il fait cause commune contre l'agresseur russe. Faute de soutien en provenance de l'&#233;tranger, les ind&#233;pendantistes ont op&#233;r&#233; un &#171; rapprochement tactique &#187; avec les &#233;l&#233;ments les plus fondamentalistes &#8211; donc plus incontr&#244;lables &#8211; de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre explore &#233;galement les trajectoires de ces jeunes femmes kamikazes, celles du commando de la trag&#233;die de Nord-Ost, qui a pris 800 personnes en otage dans un th&#233;&#226;tre de Moscou. L'action, on s'en souvient, s'&#233;tait sold&#233;e par la mort de 129 otages et de l'ensemble du commando tch&#233;tch&#232;ne aux mains des forces sp&#233;ciales russes, dans des circonstances qui restent &#224; &#233;lucider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s d'entrevues avec des personnalit&#233;s tch&#233;tch&#232;nes (dont un, r&#233;v&#233;lateur d'une grande lucidit&#233;, avec le pr&#233;sident ind&#233;pendantiste Aslan Maskharov), Anne Nivat sort de l'anonymat des personnages &#171; ordinaires &#187; pour nous pr&#233;senter leur drame (disparition d'un proche, exil, ch&#244;mage). On rencontre un peuple qui, plus de quatre ans apr&#232;s ce qui est toujours pudiquement appel&#233; une &#171; op&#233;ration antiterroriste &#187;, vit et s'organise dans les ruines de Grozny, sans eau potable ni &#233;lectricit&#233;, en d&#233;pit des zachistka, ces &#171; op&#233;rations de nettoyage &#187; effectu&#233;es par l'arm&#233;e russe d&#233;cimant la jeunesse tch&#233;tch&#232;ne. Un livre important pour contrer le silence et l'indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'Occident choisit de se taire</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Occident-choisit-de-se-taire</link>
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		<dc:date>2008-08-01T01:36:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Desmier</dc:creator>


		<dc:subject>Desmier, David</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Russie et Europe de l'Est</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tch&#233;tch&#233;nie&#8230; Vous avez dit Tch&#233;tch&#233;nie ? Si ce n'&#233;taient les attentats sanglants qui viennent hanter r&#233;guli&#232;rement nos postes de t&#233;l&#233;vision ou la dramatique prise d'otages dans un th&#233;&#226;tre de Moscou en octobre 2002, rien ne viendrait perturber l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale de la communaut&#233; internationale sur le sort de la population tch&#233;tch&#232;ne. Les ONG et autres organismes humanitaires d&#233;noncent le silence des pays occidentaux pour qui les bonnes relations politiques et commerciales avec la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Russie-et-Europe-de-l-Est-+" rel="tag"&gt;Russie et Europe de l'Est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton552.jpg?1642092270' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;189&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tch&#233;tch&#233;nie&#8230; Vous avez dit Tch&#233;tch&#233;nie ? Si ce n'&#233;taient les attentats sanglants qui viennent hanter r&#233;guli&#232;rement nos postes de t&#233;l&#233;vision ou la dramatique prise d'otages dans un th&#233;&#226;tre de Moscou en octobre 2002, rien ne viendrait perturber l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale de la communaut&#233; internationale sur le sort de la population tch&#233;tch&#232;ne. Les ONG et autres organismes humanitaires d&#233;noncent le silence des pays occidentaux pour qui les bonnes relations politiques et commerciales avec la Russie pr&#233;valent sur les crimes de guerre commis dans cette r&#233;gion du Caucase.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette petite r&#233;publique de Russie conna&#238;t depuis une dizaine d'ann&#233;es un cycle de violence o&#249; la brutalit&#233; ne semble avoir aucune limite. La guerre fait rage en Tch&#233;tch&#233;nie depuis 1994. Elle oppose d'un c&#244;t&#233; les forces russes, qui affirment lutter contre &#171; &lt;i&gt;le terrorisme international&lt;/i&gt; &#187;, et de l'autre les rebelles tch&#233;tch&#232;nes qui se battent pour leur ind&#233;pendance. Malgr&#233; un accord de paix sign&#233; en 1996, les attentats perp&#233;tr&#233;s en septembre 1999 sur le sol russe par les ind&#233;pendantistes tch&#233;tch&#232;nes servent de pr&#233;texte &#224; Moscou pour lancer une nouvelle offensive &#224; l'automne de la m&#234;me ann&#233;e. Vladimir Poutine, fra&#238;chement &#233;lu pr&#233;sident, promet alors de &#171; &lt;i&gt;buter les terroristes jusque dans les chiottes&lt;/i&gt; &#187;. La communaut&#233; internationale est avertie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'arm&#233;e russe m&#232;ne une guerre des plus meurtri&#232;res dont les premi&#232;res victimes sont les civils. Les chiffres sont &#233;loquents. L'association russe des droits de l'Homme, Memorial, estime &#224; environ 100 000 le nombre de morts depuis la premi&#232;re offensive il y a dix ans. Selon les Nations Unies, les deux guerres auraient forc&#233; un cinqui&#232;me de la population tch&#233;tch&#232;ne &#224; prendre le chemin de l'exode.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;fenseurs des droits de l'homme condamnent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les forces de s&#233;curit&#233; russes&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;ont commis de graves atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire dans le cadre du conflit persistant en Tch&#233;tch&#233;nie&lt;/i&gt; &#187;, constate Amnesty International dans son rapport annuel de 2003. L'organisation fait &#233;tat d'ex&#233;cutions arbitraires, de viols collectifs sur des enfants et d'enl&#232;vements de civils soup&#231;onn&#233;s de pr&#234;ter assistance &#224; des combattants tch&#233;tch&#232;nes. &#171; &lt;i&gt;Certains prisonniers des forces russes ont affirm&#233; que la torture &#233;tait pratiqu&#233;e de mani&#232;re courante et syst&#233;matique. Les survivants ont indiqu&#233; que des personnes avaient &#233;t&#233; frapp&#233;es &#224; coups de marteau et de matraque, tortur&#233;es &#224; l'&#233;lectricit&#233; ou au moyen de gaz lacrymog&#232;ne&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Amnesty.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;fenseurs des droits humains condamnent l'inertie des pays occidentaux. Rapport apr&#232;s rapport, les ONG d&#233;noncent les crimes de toutes sortes commis sur le sol tch&#233;tch&#232;ne dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. Les manifestations pour la paix organis&#233;es dans plusieurs villes du monde en f&#233;vrier dernier n'y changent rien. Les gouvernements europ&#233;ens et am&#233;ricain semblent avoir abdiqu&#233; face au pr&#233;sident russe en &#233;change de bonnes relations politiques et commerciales. La fameuse &#171; lutte antiterroriste &#187; men&#233;e par la communaut&#233; internationale sert de pr&#233;texte &#224; Vladimir Poutine pour justifier ses op&#233;rations militaires en Tch&#233;tch&#233;nie. &#171; &lt;i&gt;La Russie avait mis en garde l'Occident contre le terrorisme international&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Nous luttons contre le m&#234;me fl&#233;au&lt;/i&gt; &#187;, rappellent les autorit&#233;s russes au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidents russe et am&#233;ricain se retrouvent ainsi c&#244;te &#224; c&#244;te dans la lutte antiterroriste. En &#233;change du silence de George W. Bush &#224; l'&#233;gard des exactions de l'arm&#233;e russe en Tch&#233;tch&#233;nie, Vladimir Poutine accepte le d&#233;ploiement de bases militaires am&#233;ricaines en Asie centrale et conclut un partenariat p&#233;trolier avec Washington.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne pas froisser l'ami russe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Europ&#233;ens, quant &#224; eux, n'&#233;voquent que du bout des l&#232;vres la question tch&#233;tch&#232;ne et pr&#233;f&#232;rent, en avril 2002, remettre la m&#233;daille du M&#233;rite au Repr&#233;sentant sp&#233;cial du pr&#233;sident russe pour le r&#233;compenser de &#171; ses efforts &#187; dans sa lutte en faveur des droits humains dans la petite r&#233;publique. Le sommet Union Europ&#233;enne-Russie qui s'est tenu &#224; Rome en novembre 2003 est un v&#233;ritable parcours de sant&#233; pour le ma&#238;tre du Kremlin. Non seulement le conflit n'est pas au c&#339;ur du d&#233;bat mais Vladimir Poutine se trouve un partenaire de poids en la personne de Silvio Berlusconi. Le pr&#233;sident en exercice de l'ex&#233;cutif europ&#233;en accuse la presse de &#171; &lt;i&gt;colporter des l&#233;gendes&lt;/i&gt; &#187; au sujet de la Tch&#233;tch&#233;nie. &#171; &lt;i&gt;Il y a eu une activit&#233; terroriste &#224; laquelle la f&#233;d&#233;ration de Russie n'a jamais oppos&#233; de riposte correspondante&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare-t-il &#224; un journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France, chef de file des pays europ&#233;ens en ce qui a trait &#224; la d&#233;fense des droits humains, s'est ralli&#233;e &#224; la tendance g&#233;n&#233;rale consistant &#224; ne pas contrarier le partenaire russe. Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, rappelait lors de sa visite &#224; Moscou en janvier dernier que le principe de la diplomatie fran&#231;aise est d'entretenir &#171; &lt;i&gt;une relation de confiance&lt;/i&gt; &#187; au lieu &#171; &lt;i&gt;d'appuyer l&#224; o&#249; &#231;a fait mal&lt;/i&gt; &#187; en d&#233;non&#231;ant les actes de violence en Tch&#233;tch&#233;nie. Les bons rapports avec la Russie sont prioritaires pour la France et depuis l'affaire irakienne, Moscou est devenu un alli&#233; pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question tch&#233;tch&#232;ne mise sous silence, les &#233;changes commerciaux entre l'Union Europ&#233;enne et la Russie sont florissants. Des accords d'importations de gaz russe et de coop&#233;ration dans les domaines a&#233;ronautique et spatial ont &#233;t&#233; sign&#233;s entre les deux partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ottawa s'est mise au diapason des autres capitales occidentales. &#171; &lt;i&gt;Le Canada ne remet pas en question l'int&#233;grit&#233; territoriale de la F&#233;d&#233;ration de Russie ni son droit &#224; combattre le terrorisme &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare le chef de la diplomatie canadienne, Bill Graham, &#224; l'occasion de l'attentat perp&#233;tr&#233; dans le m&#233;tro de Moscou en f&#233;vrier dernier. Explosion meurtri&#232;re que Vladimir Poutine attribue imm&#233;diatement aux rebelles tch&#233;tch&#232;nes. &#171; &lt;i&gt;Nous demeurons r&#233;solus &#224; lutter contre le terrorisme et avons la ferme intention de continuer &#224; coop&#233;rer avec la Russie&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;pour mener cette entreprise &#224; terme&lt;/i&gt; &#187;, ajoute le ministre. Le Canada ne para&#238;t pas davantage pr&#233;occup&#233; par le sort de la population tch&#233;tch&#232;ne que la plupart des pays occidentaux. Le gouvernement pr&#233;f&#232;re consacrer ses efforts &#224; d&#233;velopper ses relations avec la Russie. Les &#233;changes bilat&#233;raux entre les deux pays se sont renforc&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, notamment depuis la mission commerciale d'&#201;quipe Canada dirig&#233;e par Jean Chr&#233;tien en 2002 et la visite officielle de la gouverneure g&#233;n&#233;rale Adrienne Clarkson en septembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Impasse politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat le 9 mai dernier du tr&#232;s contest&#233; chef de la r&#233;publique tch&#233;tch&#232;ne, Akhmad Kadyrov, a mis &#224; mal le processus de &#171; normalisation &#187; tant d&#233;sir&#233; par Vladimir Poutine. Pi&#232;ce ma&#238;tresse de la politique de &#171; tch&#233;tch&#233;nisation &#187; engag&#233;e par Moscou, cet ancien partisan de la guerre sainte contre l'ex-URSS devenu l'alli&#233; du Kremlin avait r&#233;colt&#233; plus de 81 % des suffrages exprim&#233;s lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 5 octobre 2003. Un scrutin truff&#233; de fraudes selon les ONG. &#171; &lt;i&gt;Les principaux rivaux de Kadyrov ont suspendu leur candidature &#224; l'issue de marchandages, de pressions diverses et de tracasseries administratives&lt;/i&gt; &#187;, indique la F&#233;d&#233;ration Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) dans son r&#233;cent rapport sur la situation en Tch&#233;tch&#233;nie. Malgr&#233; ces &#171; &lt;i&gt;graves irr&#233;gularit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, les Pays occidentaux n'ont pratiquement rien trouv&#233; &#224; redire. Apr&#232;s l'assassinat de Kadyrov, Vladimir Poutine s'empresse de nommer le Premier ministre en place, Serguei Abramov, pr&#233;sident int&#233;rimaire de la petite r&#233;publique en attendant d'organiser de nouvelles &#233;lections. Cependant, l'image de &#171; pacification &#187; que cherche &#224; promouvoir le Kremlin ne trompe plus. Deux mois apr&#232;s l'assassinat de son pr&#233;d&#233;cesseur, Abramov &#233;chappe &#224; un attentat &#224; la bombe au passage de son cort&#232;ge &#224; Grozny. Loin de s'apaiser, le conflit semble s'&#233;tendre d&#233;sormais dans la r&#233;publique voisine d'Ingouchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;&#233;lu triomphalement le 14 mars dernier &#224; la pr&#233;sidence de la F&#233;d&#233;ration de Russie, Vladimir Poutine va devoir red&#233;finir sa strat&#233;gie de &#171; normalisation &#187; d&#233;sormais moribonde et faire face aux nouvelles menaces des combattants tch&#233;tch&#232;nes. Ceux-ci ont promis d'intensifier leurs attentats kamikazes et autres actions spectaculaires pour se faire entendre d'une communaut&#233; internationale qui n'&#233;coute plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;David Desmier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Cet article a remport&#233; le Prix de journalisme d'Amnistie Internationale 2004 dans la cat&#233;gorie &#171; presse alternative &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir du capitalisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Sortir-du-capitalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Sortir-du-capitalisme</guid>
		<dc:date>2008-08-01T00:40:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s les mornes d&#233;cennies 80 et 90, marqu&#233;es sous le signe du capitalisme triomphant et du tristement c&#233;l&#232;bre There is no Alternative, un vent nouveau de critiques s'est brusquement lev&#233; et n'a cess&#233; de souffler des rues de Seattle (1995) &#224; celles de Mumba&#239; (2004), t&#233;moignant ainsi de ce qu'un mouvement, complexe et multiple s'&#233;tait form&#233; pour remettre s&#233;rieusement en question la forme, la logique et la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de la mondialisation capitaliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, il est d&#233;sormais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les mornes d&#233;cennies 80 et 90, marqu&#233;es sous le signe du capitalisme triomphant et du tristement c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;There is no Alternative&lt;/i&gt;, un vent nouveau de critiques s'est brusquement lev&#233; et n'a cess&#233; de souffler des rues de Seattle (1995) &#224; celles de Mumba&#239; (2004), t&#233;moignant ainsi de ce qu'un mouvement, complexe et multiple s'&#233;tait form&#233; pour remettre s&#233;rieusement en question la forme, la logique et la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de la mondialisation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est d&#233;sormais demand&#233; &#224; ce mouvement de contestation d'aller au-del&#224; de la seule d&#233;nonciation de ce qu'il rejette et d'avancer des propositions concr&#232;tes et des alternatives cr&#233;dibles au syst&#232;me social, &#233;conomique et politique actuel. C'est une demande &#224; la fois l&#233;gitime et imp&#233;rieuse qui semble faire concensus comme en t&#233;moigne la mutation du mouvement antimondialisation en un projet global de plus en plus d&#233;sign&#233; comme altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui nous attend est vaste et, on s'en doute, suppose de nombreux d&#233;bats et r&#233;flexions : on ne peut donc que s'y atteler tr&#232;s humblement, mais aussi avec s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent dossier est justement consacr&#233; &#224; quelques voies de sortie du capitalisme dominant qui nous semblent dignes d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ouvre sur un rappel des mythes frauduleux et ind&#233;fendables du discours &#233;conomique dominant, &#8211; par exemple la croyance en l'infaillibilit&#233; des march&#233;s auto-r&#233;gul&#233;s et en la n&#233;cessit&#233; d'une croissance sans bornes. Ce d&#233;blayage conceptuel permet par la suite d'aborder certaines exp&#233;riences pratiques dans les domaines de la production et des &#233;changes, telles l'autogestion et la cr&#233;ation de Syst&#232;mes d'&#233;changes locaux. Ces diverses pratiques &#233;conomiques n'ont pas &#233;t&#233; sans effets sur la r&#233;flexion th&#233;orique qui a inspir&#233; des exp&#233;riences originales et prometteuses en cours, comme le mod&#232;le d'&#233;conomie participative appel&#233; l'&#201;copar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura devin&#233; : nous ne pr&#233;tendons pas offrir ici des recettes &#171; toutes-faites &#187;, applicables &#224; tout moment et en tous lieux. Si seulement ce dossier peut contribuer &#224; stimuler des discussions, &#224; nourrir la r&#233;flexion et l'imaginaire pour d&#233;velopper des pratiques alternatives d&#233;montrant de mani&#232;re cr&#233;dible et convaincante qu'un autre monde est possible, alors nos efforts n'auront pas &#233;t&#233; vains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#233;seau coll&#233;gial et les jongleries du ministre Reid</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-reseau-collegial-et-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-reseau-collegial-et-les</guid>
		<dc:date>2008-08-01T00:37:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les c&#233;geps conna&#238;tront-ils cette ann&#233;e une rentr&#233;e mouvement&#233;e ? Tout d&#233;pendra de ce qu'annoncera dans les semaines &#224; venir le ministre de l'&#233;ducation, Pierre Reid. On se souviendra que ce printemps, M. Reid a convoqu&#233; un forum sur les c&#233;geps. Avant, durant et apr&#232;s cette consultation, il a laiss&#233; planer jusqu'aux plus extr&#234;mes hypoth&#232;ses sur leur avenir &#8211; laissant m&#234;me &#233;voquer leur abolition pure et simple. Cet automne, il doit annoncer sa d&#233;cision de ce qu'il adviendra des c&#233;geps. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-06-oct-nov-2004-" rel="directory"&gt;No 006 - oct. / nov. 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les c&#233;geps conna&#238;tront-ils cette ann&#233;e une rentr&#233;e mouvement&#233;e ? Tout d&#233;pendra de ce qu'annoncera dans les semaines &#224; venir le ministre de l'&#233;ducation, Pierre Reid. On se souviendra que ce printemps, M. Reid a convoqu&#233; un forum sur les c&#233;geps. Avant, durant et apr&#232;s cette consultation, il a laiss&#233; planer jusqu'aux plus extr&#234;mes hypoth&#232;ses sur leur avenir &#8211; laissant m&#234;me &#233;voquer leur abolition pure et simple. Cet automne, il doit annoncer sa d&#233;cision de ce qu'il adviendra des c&#233;geps. On comprend sans mal que le milieu retienne son souffle et que la sourde col&#232;re qui gronde puisse &#233;clater &#224; tout moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux raisons invitent &#224; s'arr&#234;ter sur tout cela. La premi&#232;re est qu'il s'agit ici de l'avenir d'un bien commun et que cela nous concerne tous. La deuxi&#232;me est que ce d&#233;bat de soci&#233;t&#233; est une magnifique occasion d'avoir un aper&#231;u sur certaines des valeurs les plus ch&#232;res &#224; notre soci&#233;t&#233;. La mani&#232;re dont une collectivit&#233; traite d'&#233;ducation nous d&#233;voile certaines de ses convictions les plus intimes : en d&#233;cidant des curriculums, elle donne &#224; voir ce qu'elle juge digne d'&#234;tre transmis ; en d&#233;cidant de la r&#233;partition de ce bien qu'est l'&#233;ducation, elle d&#233;voile la conception qu'elle se fait de la justice ; en d&#233;cidant des finalit&#233;s du syst&#232;me d'&#233;ducation, elle donne &#224; contempler l'id&#233;e qu'elle se fait de l'aventure humaine. Partons donc &#224; la recherche de nous-m&#234;mes, dans ce miroir que le ministre Reid nous a si obligeamment tendu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les c&#233;geps &#8211; il y en a 48 &#8211; sont une institution originale du Qu&#233;bec, cr&#233;&#233;e il y a 35 ans dans la foul&#233;e du rapport Parent. Ils ont &#233;t&#233; con&#231;us pour incarner une certaine id&#233;e de l'&#233;ducation, avant tout d&#233;finie par quatre traits originaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la volont&#233; de marier, sous un m&#234;me toit, formation pr&#233;-universitaire g&#233;n&#233;rale et formation professionnelle, offrant &#224; tous une formation g&#233;n&#233;rale de type humaniste &#8211; tous les c&#233;g&#233;piens re&#231;oivent actuellement des cours de fran&#231;ais, anglais, philosophie et &#233;ducation physique. Le deuxi&#232;me est de constituer un moment &#233;ducationnel et p&#233;dagogique singulier, entre le secondaire et l'universit&#233;, un moment d'exploration, d'orientation et de pr&#233;paration &#224; la vie professionnelle ou &#224; la vie universitaire. Le troisi&#232;me est d'&#234;tre un important outil de d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation post-secondaire partout au Qu&#233;bec. Le dernier trait est d'&#234;tre appel&#233; &#224; jouer un important r&#244;le culturel et &#233;conomique dans leur milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs ont-il &#233;t&#233; atteints ? L'ont-ils &#233;t&#233; de mani&#232;re satisfaisante ? Faut-il les revoir, les modifier, voire les abandonner ? Ces questions sont parfaitement l&#233;gitimes et personne de sens&#233; ne contestera qu'une collectivit&#233; doive p&#233;riodiquement r&#233;&#233;valuer ses institutions et les choix de soci&#233;t&#233; qu'elles incarnent. Mon point de vue personnel est que ces quatre objectifs restent tout &#224; fait valables et qu'ils sont en partie atteints par les c&#233;geps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence des c&#233;geps comme moment p&#233;dagogique singulier me semble, pour toutes sortes de raisons sociologiques et &#233;ducationnelles, encore plus justifi&#233;e aujourd'hui qu'il y a 35 ans : pour les &#233;l&#232;ves inscrits aux secteurs pr&#233;-universitaires, les c&#233;geps sont un indispensable coussin entre la polyvalente et l'universit&#233;, un lieu o&#249; ils sont intellectuellement d&#233;grossis ; quant &#224; ceux du secteur professionnel, ils sortent des c&#233;geps avec des formations bien plus riches que celles que leur donneraient des centres de formation professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al de d&#233;mocratisation de l'enseignement post-secondaire reste un noble id&#233;al, sans doute encore trop peu r&#233;alis&#233; &#8211; m&#234;me s'il y a eu progr&#232;s en la mati&#232;re : en 1975, 39 % d'une g&#233;n&#233;ration fr&#233;quentait un c&#233;gep, ce taux est aujourd'hui de 59 %. Il est vrai que beaucoup de jeunes mettent plus de temps que pr&#233;vu pour compl&#233;ter leur formation : mais cela est dans la nature des choses. Sur quelle plan&#232;te faut-il vivre, en 2004, pour consid&#233;rer que prendre en moyenne 2,4 ann&#233;es pour compl&#233;ter un DEC de deux ans c'est trop long ?!? Que ce minuscule d&#233;lai est &#233;norme quand il permet de voir clair dans son avenir ? D'explorer un tout petit peu le grand livre de la culture et des savoirs humains ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'impact des c&#233;geps sur leur milieu, il est r&#233;el, m&#234;me si on peut le souhaiter beaucoup plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela peut &#234;tre discut&#233; et d&#233;battu. L'ennui, c'est qu'il n'est pas &#233;vident du tout que ces questions devaient &#234;tre soulev&#233;es maintenant, et encore moins avec une telle urgence. Les c&#233;geps avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; auscult&#233;s et r&#233;form&#233;s en 1993 sous Lucienne Robillard, puis de nouveau en 1995 lors des &#201;tats G&#233;n&#233;raux de l'&#233;ducation. Par ailleurs, bien d'autres probl&#232;mes, infiniment plus importants, affligent le primaire, avec sa r&#233;forme encore boiteuse ; le secondaire avec sa r&#233;forme &#224; peine amorc&#233;e, sa dipl&#244;mation &#224; rabais et son taux de d&#233;crochage honteusement trop &#233;lev&#233; ; et l'universit&#233;, sous-financ&#233;e et dont la mission devient chaque jour plus impr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande part des d&#233;bats publics de ce printemps eurent cette &#233;trange particularit&#233; d'&#233;vacuer &#224; peu pr&#232;s compl&#232;tement les questions de fond relatives &#224; l'&#233;ducation dispens&#233;e dans les c&#233;geps ainsi que toute r&#233;f&#233;rence aux id&#233;aux sociaux et politiques qu'il leur est demand&#233; d'incarner. En lieu et place, nous avons eu droit &#224; d'extraordinairement vulgaires querelles de tapissiers se disputant la bourse des chalands. L'exemple est venu de tr&#232;s haut, du sommet des institutions &#233;ducatives elles-m&#234;mes. La F&#233;d&#233;ration des commissions scolaires du Qu&#233;bec (FCSQ) a en effet ouvert le bal avec une &#233;tude r&#233;clamant l'abolition des c&#233;geps au profit d'une ann&#233;e de plus&#8230; de secondaire. C'&#233;tait, de l'avis unanime des observateurs impartiaux, une d&#233;marche scandaleusement int&#233;ress&#233;e, vide de toute r&#233;flexion, bassement comptable et contenant des donn&#233;es surr&#233;alistes &#8211; on promettait par exemple des &#233;conomies d'un milliard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence des recteurs et des principaux du Qu&#233;bec (CR&#201;PUQ) a suivi avec un m&#233;moire pr&#244;nant de faire passer un an de pr&#233;-universitaire&#8230; du c&#244;t&#233; des universit&#233;s. Ici encore, l'analyse &#233;tait remarquable de vacuit&#233; et honteusement int&#233;ress&#233;e. Ces interventions, qui transformaient en guerre &#233;conomique de structures un crucial d&#233;bat de soci&#233;t&#233;, devraient faire litt&#233;ralement honte &#224; leurs auteurs et on ne peut, je le dis en pesant mes mots, que fr&#233;mir &#224; l'id&#233;e que ces gens-l&#224; occupent des postes d&#233;cisionnels aussi &#233;lev&#233;s et prestigieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le comble de l'insignifiance &#233;tait-il atteint ? Peut-&#234;tre. Mais la F&#233;d&#233;ration des C&#233;geps avait fait un gros effort pour aller plus loin encore en d&#233;voilant en 2003 un plan de d&#233;veloppement du r&#233;seau. On ne pouvait l'accuser de ne pas parler d'&#233;ducation. En fait, elle ne cacha pas qu'elle s'en fichait : elle veut des coll&#232;ges et des formations &#224; g&#233;om&#233;trie variable, une baisse des exigences, l'&#233;limination de l'&#233;preuve minist&#233;rielle de fran&#231;ais, de l'&#233;preuve synth&#232;se de programme et remettre en cause la formation g&#233;n&#233;rale offerte &#224; tous. Ce discours a beaucoup plu aux philistins arm&#233;s de calculettes &#224; qui il revient aujourd'hui de d&#233;cider de ce que sera l'&#233;ducation des jeunes gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce, arrive le remue-m&#233;ninges concoct&#233; par le ministre. C'&#233;tait en juin, comme si on avait voulu &#233;carter professeurs et &#233;l&#232;ves. Ce sera une bien triste pseudo-consultation, corporatiste, platement gestionnaire et &#224; courte vue. On pouvait y d&#233;couvrir &#224; la fois le refus des uns &#224; penser l'&#233;ducation en ce qu'elle a de sp&#233;cifique et en se pla&#231;ant du point de vue du bien commun et l'incapacit&#233; des autres &#224; se faire entendre : chaque intervenant eut en effet droit, pour s'exprimer, &#224; trois minutes, montre en main &#8211; ce qui est une insulte &#224; l'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette consultation, dont l'id&#233;e est si soudainement sortie du n&#233;ant et qui s'est d&#233;roul&#233;e selon un sc&#233;nario qu'on jurerait concoct&#233; par une firme de relations publiques, masquait-elle un agenda cach&#233; ? Lequel ? Je pense que le ministre s'est d&#233;masqu&#233; dans son discours de cl&#244;ture du Forum. Ce qu'il souhaite, c'est un brassage de structures permettant d'autonomiser les c&#233;geps, de les d&#233;centraliser et de diversifier les formations offertes de mani&#232;re &#224; les recentrer massivement sur les besoins ponctuels du march&#233; du travail. Un coup d'&#339;il sur la liste des invit&#233;s au Forum laisse songeur : on y retrouvait l'Alliance des manufacturiers et exportateurs, le Conseil du Patronat, les Chambres de commerce, des repr&#233;sentants du secteur municipal. Les pr&#233;occupations pour l'accessibilit&#233; et le taux de dipl&#244;mation sont en ce sens un &#233;cran de fum&#233;e. On ne s'&#233;tonne plus que cet &#233;t&#233; le ministre, qui avait promis de ne pas hausser les frais de scolarit&#233;, ait modifi&#233; le r&#233;gime d'aide financi&#232;re et cr&#233;&#233; dans le syst&#232;me de bourses un trou de 100 millions $. Ce trou, immanquablement, va limiter l'acc&#232;s au c&#233;gep et &#224; l'universit&#233; et la continuation des &#233;tudes, surtout des plus d&#233;munis, provocant ainsi les m&#234;mes effets qu'une hausse des frais de scolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;g&#232;ret&#233; avec laquelle est discut&#233;e et envisag&#233;e la dilapidation du r&#233;seau coll&#233;gial, cette part importante de notre richesse collective, est renversante : mais elle est aussi parfaitement pr&#233;visible de la part de ce gouvernement, qui semble sourd &#224; toute revendication autre que celle des milieux affairistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principal responsable de ce fiasco, le ministre de l'&#233;ducation s'est totalement discr&#233;dit&#233;. Il faut dor&#233;navant refuser de collaborer avec lui en commen&#231;ant par douter s&#233;rieusement de ce qu'il annoncera &#224; l'automne, quoi qu'il puisse avancer et quand bien m&#234;me il arriverait, chose improbable, qu'il fasse des propositions sens&#233;es. Le ministre a en effet d&#233;montr&#233; que sa montre est arr&#234;t&#233;e et que ce ne peut &#234;tre que malgr&#233; lui s'il donne l'heure juste deux fois par jour. Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'id&#233;e d'&#233;ducation serait mieux comprise et d&#233;fendue, il irait de soi qu'il devrait d&#233;missionner. Les m&#233;dias l'auraient affirm&#233;, le grand public l'aurait r&#233;clam&#233;. Mais il est peu probable que M. Reid aura l'&#233;l&#233;gance de tirer sa r&#233;v&#233;rence. Que faire ? Voici ma suggestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisons un &lt;i&gt;Forum sur l'avenir du ministre&lt;/i&gt;. Faisons en sorte, pour donner l'exemple, que ce soit un vrai forum o&#249; chacun pourra s'exprimer et o&#249; il sera possible de v&#233;ritablement d&#233;battre. Ce sera l'occasion d'exposer des faits qui ont &#233;t&#233; occult&#233;s, tout en montrant ce que doit &#234;tre un v&#233;ritable d&#233;bat de soci&#233;t&#233;. Je sugg&#232;re que l'organisation de ce forum soit confi&#233;e &#224; cette Coalition pour la d&#233;fense des c&#233;geps, qui regroupe notamment des enseignants, des &#233;tudiants et des parents et qui a beaucoup fait, depuis l'ombre o&#249; l'ont trop souvent confin&#233;e les grands m&#233;dias, pour attirer l'attention sur ce qui se joue dans tout ce dossier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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