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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Agriculture et souverainet&#233; alimentaire</title>
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		<dc:date>2008-08-28T02:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-H&#233;l&#232;ne C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Marie-H&#233;l&#232;ne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire, c'est que tu choisis ce que tu veux manger, &#224; ta convenance financi&#232;re, culturelle et religieuse. &#8211; Assetou Foune Samake (Institut de recherche et de promotion des alternatives en d&#233;veloppement du Mali, Montr&#233;al, le 24 mars 2007) &lt;br class='autobr' /&gt;
En cette &#233;poque post-R&#233;volution verte, o&#249; la modernit&#233; des technologies agricoles aurait d&#251; enrayer les probl&#232;mes de faim sur la plan&#232;te et entra&#238;ner le monde rural dans la prosp&#233;rit&#233;, la souverainet&#233; alimentaire est dans la bouche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Souverainete-alimentaire-" rel="directory"&gt;Dossier : Souverainet&#233; alimentaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Marie-Helene-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Marie-H&#233;l&#232;ne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La souverainet&#233; alimentaire, c'est que tu choisis ce que tu veux manger, &#224; ta convenance financi&#232;re, culturelle et religieuse.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Assetou Foune Samake (Institut de recherche et de promotion des alternatives en d&#233;veloppement du Mali, Montr&#233;al, le 24 mars 2007)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette &#233;poque post-R&#233;volution verte, o&#249; la modernit&#233; des technologies agricoles aurait d&#251; enrayer les probl&#232;mes de faim sur la plan&#232;te et entra&#238;ner le monde rural dans la prosp&#233;rit&#233;, la souverainet&#233; alimentaire est dans la bouche d'un nombre croissant de gens et elle s'appr&#234;te avec des saveurs vari&#233;es. En 2007, on en a m&#234;me entendu parler dans les grands m&#233;dias &#224; quelques reprises. Comme lorsqu'il est question de souverainet&#233; nationale, l'id&#233;al de la souverainet&#233; est rassembleur, bien qu'il s'exprime de diff&#233;rentes fa&#231;ons et suscite des d&#233;bats sur les moyens pour y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996, ann&#233;e o&#249; elle a pr&#233;sent&#233; l'id&#233;e de souverainet&#233; alimentaire au Sommet mondial de l'alimentation de Rome, Via Campesina a continu&#233; &#224; travailler &#224; son &#233;laboration et &#224; sa promotion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Via Campesina,&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette organisation paysanne internationale fait campagne, entre autres, pour que la souverainet&#233; alimentaire soit reconnue comme un droit par l'ONU : &#171; &lt;i&gt;La souverainet&#233; alimentaire est le droit des peuples &#224; produire leurs propres aliments et &#224; organiser la production alimentaire et la consommation selon les besoins des communaut&#233;s locales en donnant la priorit&#233; &#224; la production et &#224; la consommation de produits locaux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; Mondialisation, quand tu nous tiens&#8230; par le ventre &#187;, &#192;B ! (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs groupes et plusieurs personnes &#224; travers le monde ont depuis adopt&#233; la souverainet&#233; alimentaire comme grille d'analyse et comme inspiration pour leurs luttes. Gr&#226;ce aux mouvements paysans locaux, elle fait maintenant partie de la Loi agricole du Mali et de la Constitution de la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent dossier vise &#224; faire conna&#238;tre les enjeux auxquels font face les producteurs, les productrices, les travailleurs et les travailleuses de l'agroalimentaire ainsi que les mangeurs et mangeuses, et &#224; pr&#233;senter un outil d'analyse et d'action porteur de changements : la souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons d'abord d&#233;construire certains mythes bien ancr&#233;s &#224; propos de l'agriculture : ceux sur l'efficacit&#233; et la rentabilit&#233; des fermes, voulant qu'il n'y ait que l'agrobusiness qui soit viable (article de Maxime Laplante) et ceux sur les biotechnologies propos&#233;es comme panac&#233;e devant la faim et les probl&#232;mes agricoles (article de Karine Peschard). Ces deux exemples soul&#232;vent des questions importantes comme la concentration des terres et l'appropriation du vivant, de la propri&#233;t&#233; intellectuelle et des connaissances traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ces questionnements se poursuivent &#224; travers l'analyse des impacts de la R&#233;volution verte et de la restructuration du syst&#232;me alimentaire mondial sur les femmes (article d'Elsa Beaulieu) et sur les travailleurs et travailleuses migrantes (article de Martha Steigman) et l'analyse du syst&#232;me de gestion de l'offre de l'UPA (article de Maxime Laplante). Ces articles remettent en cause l'organisation actuelle de la production et des march&#233;s agricoles et ils &#233;voquent des fa&#231;ons de penser et de vivre autrement. &#192; cet &#233;gard, nous tentons finalement de r&#233;sumer les discussions et les mobilisations r&#233;centes autour de la souverainet&#233; alimentaire au Qu&#233;bec (article de Marie-H&#233;l&#232;ne C&#244;t&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que ce dossier soit utile &#224; la r&#233;flexion et &#224; la d&#233;nonciation et qu'il contribue &#224; &#233;tablir des liens entre producteurs-trices et mangeurs-euses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Via Campesina, &lt;a href=&#034;http://www.viacampesina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.viacampesina.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article &#171; Mondialisation, quand tu nous tiens&#8230; par le ventre &#187;, &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; # 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-H&#233;l&#232;ne C&#244;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les fruits amers de l'industrie agricole</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-fruits-amers-de-l-industrie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-fruits-amers-de-l-industrie</guid>
		<dc:date>2008-08-27T02:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Laplante</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Laplante, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour les d&#233;fenseurs de l'agrobusiness moderne, l'industrie agricole incarne l'efficacit&#233;, la productivit&#233; accrue, la meilleure garantie de nourrir la plan&#232;te de plus en plus peupl&#233;e. Et pourtant ! &#192; tous les &#233;gards, notre mod&#232;le agricole repr&#233;sente un net recul. &lt;br class='autobr' /&gt; Lorsqu'on parle de productivit&#233;, on sous-entend g&#233;n&#233;ralement de faire plus avec moins. Le but de toute augmentation de productivit&#233; demeure &#233;videmment de r&#233;duire l'utilisation de ressources limit&#233;es. Or, en industrie agricole, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laplante-Maxime-+" rel="tag"&gt;Laplante, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les d&#233;fenseurs de l'agrobusiness moderne, l'industrie agricole incarne l'efficacit&#233;, la productivit&#233; accrue, la meilleure garantie de nourrir la plan&#232;te de plus en plus peupl&#233;e. Et pourtant ! &#192; tous les &#233;gards, notre mod&#232;le agricole repr&#233;sente un net recul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'on parle de productivit&#233;, on sous-entend g&#233;n&#233;ralement de faire plus avec moins. Le but de toute augmentation de productivit&#233; demeure &#233;videmment de r&#233;duire l'utilisation de ressources limit&#233;es. Or, en industrie agricole, on se limite &#224; mesurer la productivit&#233; en termes de main-d'&#339;uvre n&#233;cessaire pour nourrir la population. Comme si l'objectif devait &#234;tre de diminuer le nombre de fermes et de personnes en vivant. En revanche, on n&#233;glige de consid&#233;rer la quantit&#233; d'&#233;nergie fossile pour produire de la nourriture, ou le co&#251;t des subventions par aliment produit pour notre population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, on se garde bien de proc&#233;der &#224; une &#233;valuation globale. Par exemple, on mentionnera qu'une seule personne suffit pour s'occuper d'un &#233;levage de 4 000 porcs &#224; l'engrais. Mais on occulte le fait que les porcs sont n&#233;s ailleurs, seront transport&#233;s par un autre, abattus par un tiers, d&#233;bit&#233;s par un suivant, et ainsi de suite. En fait, l'augmentation de la productivit&#233; en agriculture n'est qu'un mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut illustrer cette situation par un exemple simple : comparons deux champs d'avoine ; l'un en monoculture, l'autre en culture m&#233;lang&#233;e avec d'autres c&#233;r&#233;ales et des plantes pouvant &#234;tre r&#233;colt&#233;es en foin. Au moment de la r&#233;colte, le rendement en avoine est certes sup&#233;rieur en monoculture mais pour effectuer un calcul complet, il faudrait aussi ajouter le rendement des autres c&#233;r&#233;ales en m&#233;lange, ainsi que la paille (en monoculture, la paille devient souvent un d&#233;chet, les producteurs de c&#233;r&#233;ales n'ayant pas toujours des animaux pour l'utiliser). Et n'oublions pas que le champ m&#233;lang&#233; produira ensuite du foin pendant plusieurs ann&#233;es, sans avoir besoin d'&#234;tre labour&#233;. Et puis, si les grandes monocultures &#233;taient si productives, pourquoi n&#233;cessitent-elles le plus de subventions ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une efficacit&#233; douteuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre constat d'&#233;chec de l'industrie agricole qui pr&#233;tend avoir sorti les fermiers et fermi&#232;res de la mis&#232;re des ann&#233;es trente : la baisse du revenu agricole. Depuis un demi-si&#232;cle, l'agrobusiness a convaincu le gouvernement du Qu&#233;bec qu'il fallait &#233;liminer les trois-quarts des fermes, surtout celles qui ne sont pas orient&#233;es vers le commerce. Maintenant que c'est chose faite, l'&#233;limination se poursuit, car il s'agit encore et toujours d'&#233;purer le secteur pour ne conserver que les plus rentables ! Mais, comme par hasard, le revenu net des fermes ne cesse de d&#233;gringoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ferme de 2007 a un revenu net inf&#233;rieur &#224; celle du d&#233;but des ann&#233;es 1980. Et toutes les merveilleuses trouvailles technologiques n'ont fait qu'empirer la situation. Comment s'en surprendre ? Pour acqu&#233;rir la plus grosse presse &#224; foin, il a fallu changer de tracteur pour un plus gros, ainsi que l'andaineuse et la faucheuse. Et lorsque la presse a co&#251;t&#233; 40 000 $, difficile de la laisser dehors pendant les 50 semaines o&#249; elle ne sert pas. Il s'ensuit une course &#224; l'endettement dont on ne sort pas si facilement. Pendant que le chiffre d'affaires des fermes poursuit sa hausse, le revenu net a maintenant atteint une valeur n&#233;gative au pays. En moyenne, les fermes canadiennes fonctionnent donc &#224; perte. Ce n'est que gr&#226;ce aux subventions vers&#233;es aux plus grandes entreprises que celles-ci survivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement en raison de ce syst&#232;me encourageant la grande entreprise que la production biologique progresse difficilement au Qu&#233;bec, avec des prix sensiblement plus &#233;lev&#233;s que pour les denr&#233;es conventionnelles. En effet, de par leur taille, mais aussi en raison de la diversit&#233; de leur production, beaucoup de fermes biologiques &#233;chappent au soutien de l'&#201;tat, contrairement aux usines agricoles. Les programmes d'assurance-r&#233;colte ne s'appliquent g&#233;n&#233;ralement qu'aux cultures pures et non m&#233;lang&#233;es, en plus d'exiger des quantit&#233;s minimales assez &#233;lev&#233;es (10 hectares pour les c&#233;r&#233;ales, 300 porcs, 50 brebis, etc.). En outre, les fermes biologiques doivent assumer seules les co&#251;ts de leur certification, tout en pr&#233;voyant des bandes de protection face &#224; la contamination par les pesticides et semences transg&#233;niques des voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte semblable, peu surprenant que les produits biologiques se vendent plus cher &#224; l'&#233;picerie. Et il ne faut pas oublier que les plans conjoints contr&#244;l&#233;s par l'UPA, incluant les agences de vente et les quotas, sont b&#226;tis en fonction d'une mise en march&#233; sp&#233;cialis&#233;e et &#224; fort volume. La vente directe &#224; la ferme, surtout en ce qui concerne les denr&#233;es animales, est extr&#234;mement difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, o&#249; est donc le progr&#232;s, alors que les fermiers et fermi&#232;res se sp&#233;cialisent au d&#233;triment de leur revenu, perdent leur autonomie d&#233;cisionnelle et se retrouvent abandonn&#233;es face &#224; un syst&#232;me industriel qui encourage leur extermination ? Le futur, s'il doit r&#233;pondre &#224; des objectifs durables, passe n&#233;cessairement par la paysannerie. Le v&#233;ritable progr&#232;s r&#233;side dans l'am&#233;lioration des conditions des fermiers et fermi&#232;res et par le respect de l'environnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime Laplante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agronome, cofondateur et ex-pr&#233;sident de l'Union paysanne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les biotechnologies agricoles</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-biotechnologies-agricoles</link>
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		<dc:date>2008-08-26T02:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Peschard</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Biotechnologies et OGM</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Peschard, Karine </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'il est un mythe tenace, c'est bien celui voulant que la solution au probl&#232;me de la faim repose sur l'augmentation de la productivit&#233; agricole gr&#226;ce aux nouvelles technologies. D&#233;boulonn&#233; par l'&#233;conomiste Amartya Sen dans son classique Pauvret&#233; et Famine (1982), mis &#224; rude &#233;preuve par la mal nomm&#233;e &#171; R&#233;volution verte &#187;, ce mythe rena&#238;t aujourd'hui de ses cendres, ressuscit&#233; sur le tard par une industrie des &#171; sciences de la vie &#187; en mal de l&#233;gitimit&#233;. Regard critique sur les nouvelles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Biotechnologies-et-OGM-+" rel="tag"&gt;Biotechnologies et OGM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Peschard-Karine-+" rel="tag"&gt;Peschard, Karine &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S'il est un mythe tenace, c'est bien celui voulant que la solution au probl&#232;me de la faim repose sur l'augmentation de la productivit&#233; agricole gr&#226;ce aux nouvelles technologies. D&#233;boulonn&#233; par l'&#233;conomiste Amartya Sen dans son classique &lt;i&gt;Pauvret&#233; et Famine&lt;/i&gt; (1982), mis &#224; rude &#233;preuve par la mal nomm&#233;e &#171; R&#233;volution verte &#187;, ce mythe rena&#238;t aujourd'hui de ses cendres, ressuscit&#233; sur le tard par une industrie des &#171; sciences de la vie &#187; en mal de l&#233;gitimit&#233;. Regard critique sur les nouvelles biotechnologies agricoles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; riz dor&#233; &#187; ou la face humanitaire des biotechnologies agricoles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 2000, &lt;i&gt;Times Magazine&lt;/i&gt; publiait en premi&#232;re page une photo de l'inventeur du riz dor&#233;, accompagn&#233;e de la l&#233;gende : &#171; &lt;i&gt;Ce riz pourrait sauver des millions d'enfants chaque ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; riz dor&#233; &#187; (ou &lt;i&gt;Golden Rice&lt;/i&gt;) a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; afin d'augmenter sa teneur en b&#234;ta carot&#232;ne, transform&#233;e par le corps humain en vitamine A. La carence en vitamine A provoque la c&#233;cit&#233; chez des millions d'enfants chaque ann&#233;e, d'o&#249; le ton triomphal de l'article du &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;. L'industrie des biotechnologies s'empresse de faire mousser la d&#233;couverte. L'occasion est trop belle de redorer son image, ternie par une s&#233;rie de controverses, de la contamination de la cha&#238;ne alimentaire par une vari&#233;t&#233; de ma&#239;s transg&#233;nique non autoris&#233;e pour la consommation humaine aux &#233;tudes de l'Universit&#233; Cornell sur les possibles effets n&#233;fastes du pollen de ma&#239;s transg&#233;nique sur les papillons monarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riz dor&#233; sombre toutefois rapidement dans une &#226;pre controverse. Lorsque ses inventeurs font la recherche de brevets habituelle, ils d&#233;couvrent avec stup&#233;faction qu'ils ont enfreint 70 brevets appartenant &#224; 32 compagnies diff&#233;rentes. Bien que le riz dor&#233; ait &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans une institution publique, avec des fonds publics, toutes les grandes entreprises de l'agron&#233;goce ont des droits sur celui-ci, &#224; travers leurs brevets, sur un aspect ou l'autre du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riz dor&#233; est probl&#233;matique &#224; plusieurs niveaux : d'abord, il semble que la quantit&#233; qu'il faille consommer pour obtenir l'apport quotidien recommand&#233; en vitamine A soit prohibitive. D'autres critiques font remarquer qu'une solution autrement plus simple et abordable existe d&#233;j&#224; : la distribution de vitamine A. Apr&#232;s tout, qui dit que les populations concern&#233;es accepteront de se nourrir de riz jaune, alors que plusieurs valorisent davantage le riz blanc ? N&#233;gliger cette question refl&#232;te une m&#233;connaissance flagrante de l'importance socioculturelle de la nourriture. &#192; plus d'un titre, le riz dor&#233; est symptomatique de l'approche occidentale de la solution miracle, et reproduit les biais d'une grande partie de &#171; l'aide au d&#233;veloppement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces consid&#233;rations, l'exemple du riz dor&#233; est instructif, car il illustre plusieurs tendances pr&#233;occupantes et &#233;troitement li&#233;es : la formidable concentration de l'industrie des semences, le brevetage des ressources phytog&#233;n&#233;tiques (ou g&#233;n&#233;tique v&#233;g&#233;tale) et l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; agricole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Concentration de l'industrie, brevets et &#233;rosion g&#233;n&#233;tique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'industrie des biotechnologies agricoles est issue de l'acquisition massive, au cours des ann&#233;es 1990, de compagnies semenci&#232;res par quelques grandes compagnies chimiques et pharmaceutiques, et de leur fusion avec les &#171; start-up &#187; de la biotechnologie. En se basant sur les revenus de 2006, le groupe ETC estime que 10 compagnies repr&#233;sentent aujourd'hui 55 % du march&#233; commercial mondial des semences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe d'action sur l'&#233;rosion, la technologie, la concentration :&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La multinationale &#233;tats-unienne Monsanto m&#232;ne le bal. Traditionnellement une compagnie de produits chimiques, elle est aujourd'hui, au terme d'une longue s&#233;rie d'acquisitions et au co&#251;t de milliards de dollars, le leader indiscutable dans le secteur : elle d&#233;tient la presque totalit&#233; (88 %) des cultures transg&#233;niques dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces nouvelles transnationales de l'agrobiotechnologie, une condition s'impose : que les r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; intellectuelle en vigueur dans leur pays d'origine soient &#233;tendus &#224; l'ensemble de la plan&#232;te. Elles l'obtiennent en 1994, avec l'entr&#233;e en vigueur de l'&lt;i&gt;Accord sur les Aspects de la propri&#233;t&#233; intellectuelle qui touchent au commerce&lt;/i&gt; (ADPIC) de l'Organisation mondiale du commerce. Ce dernier accord rend obligatoire le brevetage des micro-organismes et des proc&#233;d&#233;s microbiologiques, et stipule que les vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales doivent &#234;tre prot&#233;g&#233;es par des brevets ou par un syst&#232;me &lt;i&gt;sui generis&lt;/i&gt; &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements ouvrent la voie &#224; une v&#233;ritable course au brevetage. Les entreprises brev&#232;tent all&#232;grement, avec la coop&#233;ration bienveillante du Bureau des brevets am&#233;ricain. La rh&#233;torique derri&#232;re les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle est que ceux-ci stimulent l'innovation en permettant aux inventeurs de r&#233;cup&#233;rer les investissements n&#233;cessaires au d&#233;veloppement de leurs produits. Comme le r&#233;v&#232;le toutefois l'exemple du riz dor&#233;, le brevetage dans le domaine des biotechnologies agricoles est tel qu'il est en passe d'avoir l'effet contraire de celui escompt&#233; : freiner la recherche. En effet, chaque innovation est susceptible d'enfreindre un brevet existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'effet conjugu&#233; de la consolidation de l'industrie et de l'extension des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle, l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; agricole s'acc&#233;l&#232;re &#224; un rythme inqui&#233;tant. Dans son premier rapport exhaustif sur l'&#233;tat des ressources phytog&#233;n&#233;tiques dans le monde (1996), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mettait en garde contre une perte massive des ressources phytog&#233;n&#233;tiques. Elle soulignait que l'expansion d'une agriculture commerciale moderne et l'introduction de nouvelles vari&#233;t&#233;s de cultures &#233;taient les causes principales de la perte de la diversit&#233; g&#233;n&#233;tique, et ajoutait que l'&#233;rosion de la biodiversit&#233; et la perte irr&#233;versible de g&#232;nes soulevaient des pr&#233;occupations vitales pour l'agriculture et la s&#233;curit&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance de la gravit&#233; du probl&#232;me a donn&#233; lieu &#224; plusieurs initiatives internationales, telles que le Trait&#233; international sur les ressources phytog&#233;n&#233;tiques pour l'alimentation et l'agriculture. Ces initiatives sont toutefois paralys&#233;es par le manque de volont&#233; politique et les int&#233;r&#234;ts conflictuels de gouvernements soumis aux pressions de leurs industries.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la s&#233;curit&#233; alimentaire &#224; la souverainet&#233; alimentaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une critique plus profonde peut &#234;tre formul&#233;e &#224; l'&#233;gard du riz dor&#233;, dans la mesure o&#249; ce dernier participe des processus m&#234;mes qui sont &#224; la source du probl&#232;me. En misant tout sur un nombre r&#233;duit de grandes cultures &#8211; riz, bl&#233; et ma&#239;s &#8211; la R&#233;volution verte a certes permis une augmentation des rendements agricoles, mais au prix de la disparition de milliers de vari&#233;t&#233;s locales. Chercher une solution aux carences en vitamine A dans le riz pousse cette logique jusqu'&#224; l'absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution verte a introduit un mod&#232;le d'agriculture intensive ax&#233; sur la culture de vari&#233;t&#233;s &#224; hauts rendements &#224; grands renforts d'engrais, de pesticides, de m&#233;canisation et d'irrigation. Si elle a permis d'&#233;viter la famine dans certaines r&#233;gions du monde, elle est loin d'avoir r&#233;solu le probl&#232;me de la faim. En effet, le revers de la m&#233;daille des formidables gains de productivit&#233; obtenus est l'endettement et l'exclusion de millions de petits paysans, l'appauvrissement des sols, la contamination des cours d'eau et la disparition de milliers de vari&#233;t&#233;s. Tous ces processus contribuent &#224; leur tour &#224; compromettre la s&#233;curit&#233; alimentaire des populations les plus pauvres. Dans son dernier rapport sur l'ins&#233;curit&#233; alimentaire (2003), la FAO constate que le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a recommenc&#233; &#224; augmenter &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Elle &#233;value &#224; deux milliards le nombre d'&#234;tres humains qui souffrent de carences alimentaires. Dans les pays pauvres, 800 millions de personnes sont affect&#233;es de malnutrition chronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin dernier, la FAO concluait dans son rapport sur la Conf&#233;rence internationale sur l'agriculture biologique et la s&#233;curit&#233; alimentaire que l'agriculture biologique serait &#224; m&#234;me de r&#233;pondre aux besoins de la population mondiale. Ce faisant, elle battait en br&#232;che l'id&#233;e r&#233;pandue selon laquelle seule l'agriculture industrielle intensive est en mesure de nourrir la plan&#232;te. Elle ajoutait : &#171; &lt;i&gt;L'agriculture biologique est un mode de gestion globale de la production, qui exclut l'utilisation d'engrais et de pesticides de synth&#232;se et d'organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s, r&#233;duit au maximum la pollution de l'air, du sol et de l'eau, et optimise la sant&#233; et la productivit&#233; des communaut&#233;s interd&#233;pendantes de v&#233;g&#233;taux, d'animaux, et d'&#234;tres humains.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en effet de plus en plus &#233;vident que la solution aux d&#233;ficiences alimentaires d'une grande partie de la population mondiale repose sur une remise en question radicale du mod&#232;le agricole et &#233;conomique dominant. Pour le mouvement paysan international Via Campesina, la s&#233;curit&#233; alimentaire passe n&#233;cessairement par la souverainet&#233; alimentaire. Cette derni&#232;re implique le droit de chaque pays de maintenir et de d&#233;velopper sa capacit&#233; de produire son alimentation de base, en respectant la diversit&#233; culturelle et agricole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la D&#233;claration de Via Campesina pour la souverainet&#233; alimentaire, Rome, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle implique &#233;galement l'acc&#232;s des paysans et petits agriculteurs &#224; la terre, &#224; l'eau, aux semences et aux ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande ironie de l'&#233;pisode du riz dor&#233; est que ses inventeurs s'&#233;taient d'abord heurt&#233;s &#224; une fin de non-recevoir dans leurs recherches de financement aupr&#232;s de l'industrie. Ce qui, &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;, est devenu l'enfant ch&#233;ri de l'industrie n'avait pas &#224; l'origine attir&#233; l'int&#233;r&#234;t d'entreprises qui n'y voyaient gu&#232;re un march&#233; lucratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite de toute technologie n'est pas intrins&#232;que &#224; celle-ci. Son potentiel &#8211; et ses d&#233;rives &#8211; d&#233;pend en grande partie du syst&#232;me socio&#233;conomique dans lequel elle s'ins&#232;re. Les biotechnologies agricoles ont &#233;t&#233; introduites aux &#201;tats-Unis &#224; l'&#232;re Reagan de la d&#233;r&#233;glementation &#224; outrance et sont port&#233;es par des entreprises mues par l'imp&#233;ratif du profit. Croire qu'elles puissent, dans ce contexte, apporter une solution au probl&#232;me de la faim revient &#224; prendre ses d&#233;sirs pour des r&#233;alit&#233;s &#8211; pour le plus grand bonheur des sp&#233;cialistes en marketing des multinationales de l'agron&#233;goce.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe d'action sur l'&#233;rosion, la technologie, la concentration : &lt;a href=&#034;http://www.etcgroup.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.etcgroup.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la D&#233;claration de Via Campesina pour la souverainet&#233; alimentaire, Rome, 1996 : &lt;a href=&#034;http://www.viacampesina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.viacampesina.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine Peschard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctorante en anthropologie, correspondante d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; au Br&#233;sil&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La division sexuelle du travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-division-sexuelle-du-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-division-sexuelle-du-travail</guid>
		<dc:date>2008-08-25T02:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elsa Beaulieu</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Beaulieu, Elsa</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel est le rapport entre femmes, f&#233;minisme et souverainet&#233; alimentaire ? Au Nord comme au Sud, en ville comme &#224; la campagne, &#171; l'&#233;conomie &#187;, l'agriculture et le gros du commerce des aliments sont encore aujourd'hui &#171; des affaires d'hommes &#187;, des secteurs o&#249; les positions de pouvoir sont occup&#233;es par les hommes et o&#249; les femmes, leur travail et leurs revendications restent largement invisibles et d&#233;valoris&#233;s. Pourtant, de la semence &#224; l'assiette, les femmes jouent un r&#244;le central dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Souverainete-alimentaire-" rel="directory"&gt;Dossier : Souverainet&#233; alimentaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaulieu-Elsa-+" rel="tag"&gt;Beaulieu, Elsa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel est le rapport entre femmes, f&#233;minisme et souverainet&#233; alimentaire ? Au Nord comme au Sud, en ville comme &#224; la campagne, &#171; l'&#233;conomie &#187;, l'agriculture et le gros du commerce des aliments sont encore aujourd'hui &#171; des affaires d'hommes &#187;, des secteurs o&#249; les positions de pouvoir sont occup&#233;es par les hommes et o&#249; les femmes, leur travail et leurs revendications restent largement invisibles et d&#233;valoris&#233;s. Pourtant, de la semence &#224; l'assiette, les femmes jouent un r&#244;le central dans la production, la distribution et la transformation des aliments. Les restructurations actuelles du syst&#232;me alimentaire mondial les affectent de multiples mani&#232;res, et elles sont au c&#339;ur des luttes politiques pour la justice &#233;conomique, sociale et environnementale. Regard f&#233;ministe sur les enjeux de la lutte pour la souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;In&#233;galit&#233;s entre femmes et hommes en agriculture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on pense aux luttes pour la souverainet&#233; alimentaire, ce sont les enjeux li&#233;s directement &#224; l'agriculture qui viennent en premier &#224; l'esprit. Ce concept a jusqu'ici &#233;t&#233; principalement port&#233; par des mouvements paysans, au premier chef la grande coalition internationale Via Campesina. Les femmes &#224; l'int&#233;rieur de Via Campesina, en particulier au Sud mais aussi au Nord, travaillent activement depuis des ann&#233;es &#224; s'auto-organiser, &#224; donner de la visibilit&#233; aux situations que vivent les femmes paysannes et &#224; mettre de l'avant des analyses f&#233;ministes des enjeux li&#233;s &#224; l'agriculture. La Marche mondiale des femmes, une coalition f&#233;ministe r&#233;unissant des milliers de groupes de femmes et des dizaines de coordinations nationales sur les cinq continents, participe aussi de cette lutte. En f&#233;vrier 2007, elle a contribu&#233; &#224; organiser et coordonner le Forum international Ny&#233;l&#233;ni sur la souverainet&#233; alimentaire, aux c&#244;t&#233;s de Via Campesina, des Amis de la Terre international, et plusieurs autres mouvements et r&#233;seaux d'organisations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Forum international Ny&#233;l&#233;ni sur la souverainet&#233; alimentaire s'est tenu &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette auto-organisation des femmes dans la lutte pour la souverainet&#233; alimentaire est n&#233;cessaire parce qu'au Nord comme au Sud, le machisme et la domination masculine sont tenaces en agriculture et dans les communaut&#233;s rurales. L'id&#233;ologie dominante pr&#233;tend que l'agriculture est un travail d'hommes, et que les femmes sont des &#171; aides &#187;, en d&#233;pit de l'importance de leur contribution &#224; la survie et &#224; la viabilit&#233; des fermes. Dans les faits, au Canada par exemple, les femmes agricultrices effectuent beaucoup de t&#226;ches agricoles et administratives, cultivent, transforment et vendent des produits alimentaires, travaillent &#224; l'ext&#233;rieur pour compenser la baisse du revenu agricole, ou encore prennent en charge les t&#226;ches de leur conjoint sur la ferme lorsque celui-ci part travailler &#224; l'ext&#233;rieur. Elles diminuent les co&#251;ts d'exploitation en lavant les v&#234;tements de travail et en nourrissant la main-d'&#339;uvre engag&#233;e, g&#232;rent l'&#233;conomie familiale, effectuent les travaux domestiques, coordonnent les t&#226;ches et activit&#233;s de l'ensemble de la famille, &#233;l&#232;vent les enfants, aident tout le monde &#224; garder le moral dans les p&#233;riodes difficiles et prennent soin des personnes malades ou en perte d'autonomie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les donn&#233;es sur la situation des agricultrices canadiennes sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, m&#234;me si depuis toujours les femmes agricultrices travaillent autant, sinon plus, que les hommes, leur travail n'a &#233;t&#233; &#171; officiellement &#187; (et &lt;i&gt;en principe&lt;/i&gt;) reconnu que tr&#232;s r&#233;cemment. C'est au cours des ann&#233;es 1980 que les femmes collaboratrices de leur mari dans une entreprise familiale ont graduellement obtenu le droit &#224; un salaire formel et &#224; certains des avantages sociaux qui s'y rattachent (l'assurance-ch&#244;mage, par exemple). Ce n'est qu'&#224; partir de 1991 que le recensement sur l'agriculture permettait de d&#233;clarer plus d'un exploitant &#8211; ce qui signifie qu'avant cette date il n'existait pratiquement aucune donn&#233;e sur les femmes en tant qu'exploitantes agricoles, puisque c'&#233;tait le mari qui &#233;tait automatiquement consid&#233;r&#233;. Malgr&#233; que ces modestes gains datent de pratiquement 20 ans (sans compter que ces luttes pour la reconnaissance sont loin d'&#234;tre achev&#233;es et se poursuivent encore aujourd'hui), une &#233;tude de Condition f&#233;minine Canada dat&#233;e de 2006 montre que les iniquit&#233;s, le machisme et l'invisibilit&#233; du travail des femmes en agriculture persiste, que ce soit dans les fermes, les syndicats et associations agricoles ou les institutions bureaucratiques gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utilisons l'exemple de la situation des femmes agricultrices au Canada pour montrer que les in&#233;galit&#233;s entre hommes et femmes dans ce secteur, et donc la surexploitation du travail (en majorit&#233; non r&#233;mun&#233;r&#233;) des femmes, ne sont pas qu'une affaire de pays &#171; sous-d&#233;velopp&#233;s &#187; ou &#171; en voie de d&#233;veloppement &#187;. Il va sans dire que ces in&#233;galit&#233;s existent partout dans le monde, et souvent sous une forme exacerb&#233;e dans les pays du Sud. Par ailleurs, les femmes du Sud sont aussi exploit&#233;es en tant que main-d'&#339;uvre bon march&#233; dans les grandes plantations, que ces plantations soient localis&#233;es au Sud... ou au Nord, comme en t&#233;moigne la controverse autour des conditions de vie des travailleuses migrantes (guat&#233;malt&#232;ques et mexicaines) employ&#233;es par la ferme qu&#233;b&#233;coise Fraisebec en ao&#251;t 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article d'Andr&#233; No&#235;l &#171; Un producteur expulse un pr&#234;tre &#187;, La Presse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Syst&#232;me alimentaire mondial et division sexuelle du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle du monde, les femmes ne contribuent pas seulement &#224; la production d'aliments en tant qu'agricultrices, ou &#224; sa distribution en tant que petites commer&#231;antes (surtout dans les pays du Sud, mais aussi au Nord), elles contribuent massivement &#224; l'achat, &#224; la transformation des aliments et &#224; l'alimentation des personnes, et ce de mani&#232;re non r&#233;mun&#233;r&#233;e, au sein des m&#233;nages et des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on peut dire que l'exploitation du travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, ou tr&#232;s peu r&#233;mun&#233;r&#233;, des femmes est une des conditions fondamentales d'existence du syst&#232;me capitaliste. Sans le travail &#171; domestique &#187; et de soins aux personnes, qui en r&#233;alit&#233; constitue la base de la possibilit&#233; de la vie en soci&#233;t&#233;, il n'y aurait pas de travailleurs et travailleuses disponibles pour vendre leur force de travail aux entreprises. Qui plus est, la diminution des services publics et la d&#233;t&#233;rioration des conditions salariales dans le cadre des r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales, au Nord comme au Sud, s'appuient pr&#233;cis&#233;ment sur le travail non r&#233;mun&#233;r&#233; des femmes. Ce sont elles qui pallient au manque de services de sant&#233; en prenant soin des personnes, ce sont elles qui augmentent de toutes sortes de mani&#232;res leur quantit&#233; de travail et de t&#226;ches pour arriver &#224; joindre les deux bouts, pour pallier &#224; la pauvret&#233; croissante des m&#233;nages, quitte &#224; &#233;liminer leurs loisirs ou diminuer leur temps de sommeil. Et ce, en milieu rural comme en milieu urbain. Il en est ainsi &#224; cause de ce qu'on appelle la division sexuelle du travail : la division de l'ensemble des t&#226;ches n&#233;cessaires &#224; la vie en soci&#233;t&#233; en t&#226;ches &#171; masculines &#187; et &#171; f&#233;minines &#187;, et la d&#233;valorisation (&#224; la fois symbolique et &#233;conomique) des t&#226;ches dites f&#233;minines. Et cela ne concerne pas que les t&#226;ches domestiques ou de soins aux personnes. Sur le march&#233; du travail, les femmes se retrouvent en majorit&#233; dans des ghettos d'emploi f&#233;minins, et dans pratiquement tous les secteurs leur revenu est inf&#233;rieur et leurs emplois plus pr&#233;caires. Bien s&#251;r, la division sexuelle du travail n'est pas exactement la m&#234;me selon la r&#233;gion du monde o&#249; l'on se trouve, selon sa classe sociale, et si on appartient ou non &#224; un groupe minoris&#233; ou racis&#233;. Ainsi, la situation des femmes varie selon leur position dans la division internationale du travail, et dans la position particuli&#232;re de leur groupe social d'appartenance. Mais d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le syst&#232;me alimentaire mondial actuel est rendu possible par la surexploitation du travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il est imp&#233;ratif non seulement d'int&#233;grer des perspectives f&#233;ministes &#224; toute analyse de la situation de l'agriculture et de l'alimentation dans le monde, mais il est imp&#233;ratif de penser l'utopie de la souverainet&#233; alimentaire, et la lutte qui doit y mener, &#224; partir d'une transformation radicale de la division sexuelle du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Impacts de la restructuration sur les femmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause des in&#233;galit&#233;s femmes &#8211; hommes et de la division sexuelle du travail, les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et la restructuration de l'agriculture touchent durement les femmes canadiennes vivant dans les r&#233;gions rurales, d&#233;peupl&#233;es par la diminution du nombre de fermes, due elle aussi &#224; ces m&#234;mes r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et &#224; la restructuration de l'agriculture qu'elles provoquent. En effet, les exploitations agricoles sont chaque ann&#233;e plus grosses et plus orient&#233;es vers l'exportation, moins nombreuses, et emploient de moins en moins de main-d'&#339;uvre. Les r&#233;gions rurales se d&#233;peuplent, et les services publics se rar&#233;fient. La pression &#233;conomique sur les fermes est &#233;norme, l'endettement agricole grimpe en fl&#232;che, et le revenu net des agriculteurs et agricultrices stagne ou diminue. Le r&#233;sultat pour les femmes est qu'elles doivent travailler plus pour viabiliser les fermes, maintenir les communaut&#233;s rurales par du travail b&#233;n&#233;vole, soutenir les membres de leur famille en temps de crise, prendre soin elles-m&#234;mes des personnes malades ou en perte d'autonomie en l'absence de services de sant&#233; ad&#233;quats, etc. Et ce dans un contexte o&#249; elles n'ont pratiquement aucune voix au chapitre lorsque se prennent les grandes d&#233;cisions politiques et &#233;conomiques qui les affectent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays du Sud, plus encore sans doute que dans les pays du Nord, l'ajustement structurel et la restructuration agricole augmentent la charge de travail des femmes : la situation r&#233;sultante est &#233;videmment pire lorsque la situation initiale, en termes de pauvret&#233; ou de droits des femmes, &#233;tait d&#233;j&#224; extr&#234;mement pr&#233;caire. En outre, le d&#233;clin du revenu agricole provoque une migration masculine encore plus forte dans les pays du Sud, et les femmes se retrouvent souvent pratiquement seules pour assurer l'existence des fermes, conserver les semences et la biodiversit&#233; agricole et maintenir le tissu social, et ce dans un contexte o&#249; leurs droits fondamentaux, parce qu'elles sont des femmes, ne sont pas respect&#233;s. La pauvret&#233; des femmes, et les violences envers les femmes, augmentent. Mais en termes tr&#232;s g&#233;n&#233;raux, les cons&#233;quences de ces transformations sur les femmes sont remarquablement semblables d'une r&#233;gion du monde &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La souverainet&#233; alimentaire, une lutte sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; alimentaire est une proposition politique globale qui ratisse beaucoup plus large que le seul &#171; secteur &#187; agricole. En effet, elle suppose et vise la transformation radicale de l'ensemble des syst&#232;mes &#233;conomiques dominants, &lt;i&gt;ainsi que des syst&#232;mes de relations sociales in&#233;galitaires sur lesquels se fondent ces syst&#232;mes &#233;conomiques&lt;/i&gt;. En d'autres mots, il ne peut y avoir de r&#233;elle souverainet&#233; alimentaire sans l'&#233;limination des syst&#232;mes d'oppression, d'appropriation et d'exploitation des humaines et de la nature, sans l'&#233;limination des in&#233;galit&#233;s entre classes sociales, entre femmes et hommes, entre le Nord et le Sud, etc. Pourquoi ? Parce que ce sont les in&#233;galit&#233;s de pouvoirs entre groupes sociaux qui permettent &#224; des classes dominantes d'&#233;difier des syst&#232;mes &#233;conomiques qui les enrichissent et favorisent les industries et les corporations transnationales dont ils sont propri&#233;taires ou actionnaires, qui leur permettent de s'approprier massivement les ressources communes (la terre, l'eau, les semences, les for&#234;ts, les p&#234;ches, le patrimoine g&#233;n&#233;tique) &#224; leur profit. Et ce, au d&#233;triment direct des populations vuln&#233;rables, dont une majorit&#233; de femmes puisque ce sont elles qui se retrouvent le plus massivement au bas de l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du moins la posture g&#233;n&#233;rale, la proposition politique qui a &#233;t&#233; mise de l'avant au Forum international Ny&#233;l&#233;ni sur la souverainet&#233; alimentaire tenu &#224; S&#233;lingu&#233;, au Mali, en f&#233;vrier 2007. Il s'agit d'une posture qui tient compte autant des causes et de la nature des probl&#232;mes que des imp&#233;ratifs strat&#233;giques des luttes &#224; mener. Puisque les probl&#232;mes qui touchent l'agriculture et les mondes paysans ont leurs racines dans la logique d'ensemble du capitalisme et du n&#233;olib&#233;ralisme, les mouvements paysans ne peuvent les affronter seuls. D'o&#249; l'id&#233;e de faire du concept de souverainet&#233; alimentaire un vaste cadre politique auquel puissent se rallier l'ensemble des mouvements pour la justice sociale et l'environnement, qu'ils soient ruraux ou urbains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La souverainet&#233; alimentaire, une lutte f&#233;ministe ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la lutte pour la souverainet&#233; alimentaire est clairement sociale. Mais jusqu'&#224; quel point est-elle f&#233;ministe ? En fait, le d&#233;fi pour les femmes et pour les f&#233;ministes est le m&#234;me dans les coalitions et les mouvements progressistes &#171; mixtes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'entends par mouvements mixtes les mouvements compos&#233;s d'hommes et de femmes.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Les tendances les plus fortes sont pratiquement toujours les suivantes : r&#233;server la majorit&#233; de la cr&#233;dibilit&#233;, du temps de parole et du pouvoir de d&#233;cision aux hommes, instrumentaliser la consid&#233;rable capacit&#233; de travail et d'organisation des femmes pour leur faire faire des t&#226;ches &#171; de soutien &#187;, et assimiler les analyses et points de vue masculins &#224; l'int&#233;r&#234;t &#171; g&#233;n&#233;ral &#187;, aux &#171; questions centrales &#187; et les analyses et revendications f&#233;ministes &#224; des cas &#171; particuliers &#187;, moins importants, qu'on &#171; oublie &#187; facilement. R&#233;ussir &#224; surmonter un tant soit peu ces tendances est invariablement le fruit d'efforts soutenus, voire acharn&#233;s, des f&#233;ministes et prof&#233;ministes qui militent &#224; l'int&#233;rieur de ces mouvements mixtes, d'une part, et d'autre part de la pr&#233;sence et de la pression exerc&#233;e de l'ext&#233;rieur par des groupes et des mouvements f&#233;ministes autonomes. Ni les mouvements paysans, ni les mouvements &#233;cologistes, ni les mouvements altermondialistes n'&#233;chappent &#224; cette dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue politique, la r&#233;ponse &#224; cette question est donc ouverte et d&#233;pend des efforts qui sont et seront consacr&#233;s &#224; l'int&#233;gration d'analyses et de pratiques f&#233;ministes par les groupes et mouvements qui promeuvent la souverainet&#233; alimentaire. Du point de vue analytique, il ne fait aucun doute que les in&#233;galit&#233;s entre les hommes et les femmes et la division sexuelle du travail jouent un r&#244;le central dans le syst&#232;me alimentaire mondial, et que des transformations &#224; ces niveaux font partie des questions centrales de la lutte pour la souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, en conclusion, pourquoi ne pas saisir l'occasion que nous fournissent les mobilisations et les luttes pour la souverainet&#233; alimentaire pour remettre la division sexuelle du travail en d&#233;bat sur la place publique ? Par exemple, le partage des t&#226;ches non r&#233;mun&#233;r&#233;es entre les femmes et les hommes est un enjeu ayant fait l'objet de relativement peu de luttes r&#233;ellement collectives, et peu de gains ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s. Or, il s'agit d'une question &#233;conomique, sociale et politique tout &#224; fait fondamentale qui devrait &#234;tre au centre de toute construction d'alternatives. La souverainet&#233; alimentaire, parce qu'elle concerne tout autant les syst&#232;mes de production, de distribution, d'achat, de pr&#233;paration et de consommation des aliments, est une occasion de remettre &#171; le priv&#233; &#187;, l'organisation du travail et de la consommation au sein des m&#233;nages au centre des d&#233;bats politiques. C'est une occasion extr&#234;mement bien ancr&#233;e dans la conjoncture mondiale et nous devons la saisir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Forum international Ny&#233;l&#233;ni sur la souverainet&#233; alimentaire s'est tenu &#224; S&#233;lingu&#233;, au Mali, du 23 au 27 f&#233;vrier 2007. Les autres organisations ayant pilot&#233; le Forum sont : le R&#233;seau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest, la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali, le World Forum of Fish Harvesters and Fishworkers (WFF), le World Forum of Fisher Peoples (WFFP) et des Repr&#233;sentantes d'ONG membres du Food Sovereignty Network. Voir : &lt;a href=&#034;http://www.nyeleni2007.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.nyeleni2007.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les donn&#233;es sur la situation des agricultrices canadiennes sont principalement tir&#233;es du document &lt;i&gt;La politique agricole canadienne sous le regard des agricultrices&lt;/i&gt;, pr&#233;par&#233; par Carla Roppel, Annette Aur&#233;lie Desmarais et Diane Martz et publi&#233; en 2006 par Condition f&#233;minine Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article d'Andr&#233; No&#235;l &#171; Un producteur expulse un pr&#234;tre &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 30 ao&#251;t 2007 ; et le communiqu&#233; de presse &#233;mis le m&#234;me jour par la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'entends par mouvements mixtes les mouvements compos&#233;s d'hommes et de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elsa Beaulieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctorante en anthropologie et militante f&#233;ministe, l'auteure &#233;tait d&#233;l&#233;gu&#233;e de la Marche mondiale des femmes pour l'Am&#233;rique du Nord au Forum international Ny&#233;l&#233;ni sur la souverainet&#233; alimentaire&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du c&#233;leri pas cher... aux frais des travailleurs migrants</title>
		<link>https://www.ababord.org/Du-celeri-pas-cher-aux-frais-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Du-celeri-pas-cher-aux-frais-des</guid>
		<dc:date>2008-08-24T02:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martha Steigman</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Steigman, Martha </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; au moins 60 ans que l'on observe une augmentation du nombre de fermes industrielles au Qu&#233;bec, une augmentation qui se fait aux d&#233;pens des fermes familiales. Cependant cette tendance a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par le libre &#233;change. Dans le secteur horticole (production des fruits et l&#233;gumes), l'utilisation de la main-d'&#339;uvre demeure intense. Un des ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la consolidation agroindustrielle du secteur horticole est donc la disponibilit&#233; de nombreux travailleurs pr&#233;caires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Souverainete-alimentaire-" rel="directory"&gt;Dossier : Souverainet&#233; alimentaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Steigman-Martha-+" rel="tag"&gt;Steigman, Martha &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton721.jpg?1642092272' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;397&#034; height=&#034;298&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; au moins 60 ans que l'on observe une augmentation du nombre de fermes industrielles au Qu&#233;bec, une augmentation qui se fait aux d&#233;pens des fermes familiales. Cependant cette tendance a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par le libre &#233;change. Dans le secteur horticole (production des fruits et l&#233;gumes), l'utilisation de la main-d'&#339;uvre demeure intense. Un des ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la consolidation agroindustrielle du secteur horticole est donc la disponibilit&#233; de nombreux travailleurs pr&#233;caires dispos&#233;s &#224; accepter les conditions de travail difficiles de ce secteur. Les grandes fermes ont besoin de travailleurs &lt;i&gt;just-in-time&lt;/i&gt; [en flux tendu] &#8211; et le Programme f&#233;d&#233;ral des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) r&#233;pond &#224; ce besoin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Saint-R&#233;mi est une ville diff&#233;rente les jeudis soirs : le stationnement de l'&#233;picerie est plein d'autobus et le centre-ville est plein de Mexicains. Les travailleurs agricoles de Saint-R&#233;mi font partie des 20 000 travailleurs migrants que les fermiers industriels canadiens embauchent chaque ann&#233;e &#224; travers le programme PTAS. Ce programme existe depuis la fin des ann&#233;es 1960, mais il a grandi en importance avec l'augmentation de l'agriculture industrielle. Sans le PTAS, l'agriculture industrielle ne pourrait pas survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils nous traitent comme des esclaves&lt;/i&gt; &#187;, affirme Egidio au sujet du PTAS. &#192; 69 ans, il a travaill&#233; huit mois par ann&#233;e sur des fermes canadiennes durant les 20 derni&#232;res ann&#233;es, mais il reste loin de pouvoir acc&#233;der &#224; la r&#233;sidence permanente ou de r&#233;clamer le ch&#244;mage auquel il contribue depuis 20 ans. Les conditions de vie sont horribles, il d&#233;teste son employeur et il est outr&#233; par toutes les d&#233;ductions enlev&#233;es de son ch&#232;que de paie par le gouvernement canadien. Il y a une atmosph&#232;re de peur parmi ses coll&#232;gues &#8211; ils savent que s'ils r&#233;sistent &#224; l'exploitation de leur employeur, ils ont de bonnes chances d'&#234;tre renvoy&#233;s chez eux. Mais, &#224; 7,95 $ de l'heure et 80 heures par semaine, Egidio ne pourrait pas gagner autant chez lui, et il ne peut pas compromettre la survie de sa famille. Alors, malgr&#233; ses frustrations, il reviendra l'ann&#233;e prochaine si l'occasion se repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisateurs du Centre d'appui pour les travailleurs et travailleuses agricoles migrants du Qu&#233;bec se rendent &#224; Saint-R&#233;mi chaque semaine. Leur &lt;i&gt;Winnebago&lt;/i&gt; sert de centre d'information mobile. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si ces gens viennent au Qu&#233;bec comme partie d'un programme de travail l&#233;gal, ils se sentent et agissent comme s'ils &#233;taient des sans-papiers &#8211; ils ont peur de d&#233;fendre leurs droits ! Ils ne savent m&#234;me pas quels sont leurs droits&lt;/i&gt; &#187; explique une des organisatrices. &#171; &lt;i&gt;Notre objectif primaire est de les &#233;duquer sur leurs droits du travail ici au Canada.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FERME, l'organisme cr&#233;&#233; afin de coordonner le PTAS au Qu&#233;bec, est un consortium de repr&#233;sentants agroindustriels. Les fermes industrielles ont besoin d'un bassin de main-d'&#339;uvre docile et bon march&#233; &#8211; exactement ce qui est fourni par le PTAS. Le programme a l'air bien sur papier : le PTAS r&#233;pond aux lacunes de main-d'&#339;uvre, appuie la venue de travailleurs du sud au Canada l&#233;galement o&#249; ils font des salaires comparativement meilleurs et &#233;vitent les risques de la migration ill&#233;gale. Mais la structure du programme laisse les travailleurs sans d&#233;fense face &#224; l'exploitation de leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, c'est la responsabilit&#233; du Consulat mexicain de d&#233;fendre les travailleurs &#8211; mais il n'y a que deux agents pour le Qu&#233;bec entier et les heures d'ouverture du Consulat sont de 10h &#224; 15h &#8211; ce qui ne convient pas du tout avec les horaires des travailleurs. &#171; &lt;i&gt;Le Consulat est sous la botte du FERME. Ils font ce que le FERME leur dit&lt;/i&gt; &#187;, explique une organisatrice du Centre. La raison de cette servilit&#233; ? L'argent envoy&#233; au Mexique par les travailleurs migrants est la deuxi&#232;me source de devises &#233;trang&#232;res pour le Mexique &#8211; apr&#232;s le p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement canadien ne fait pas plus quant &#224; la d&#233;fense des droits des travailleurs. En 2006, les travailleurs du PTAS ont contribu&#233; pour 11 million $ &#224; la caisse de l'assurance-emploi, cependant qu'aucun d'entre eux ne peut r&#233;clamer de prestations. Apr&#232;s 30 ans de n&#233;gligence, le minist&#232;re des Ressources humaines et du D&#233;veloppement social du Canada, responsable du programme, a r&#233;cemment accept&#233; de mener une enqu&#234;te sur les conditions de logement, en r&#233;ponse aux vives pressions des groupes venant en aide aux travailleurs migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il y a tr&#232;s peu d'organisations qui offrent de la solidarit&#233; aux travailleurs PTAS au Qu&#233;bec. C'est seulement avec l'action de groupes comme le Centre d'appui, avec la collaboration des mouvements syndicaux et sociaux, que le gouvernement peut &#234;tre forc&#233; &#224; assurer l'am&#233;lioration des conditions de travail du PTAS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martha Steigman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctorante &#224; l'Universit&#233; Concordia et membre du Collectif de recherche du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Utiles ou encombrants ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Utiles-ou-encombrants</link>
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		<dc:date>2008-08-23T02:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Laplante</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Laplante, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De fa&#231;on p&#233;riodique, l'agriculture se retrouve au c&#339;ur des discussions commerciales avec l'&#233;tranger. Parmi le jargon courant, on retrouve OMC, souverainet&#233; alimentaire, gestion de l'offre, barri&#232;res tarifaires, plans conjoints, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; D'abord, on peut se demander pourquoi on insiste tant sur le fait que les denr&#233;es agricoles puissent circuler d'un pays &#224; l'autre &#224; des prix uniformes. Pourquoi ne se pose-t-on pas la question sur les m&#233;tiers comme m&#233;decin, avocat, plombier ? Il serait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laplante-Maxime-+" rel="tag"&gt;Laplante, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De fa&#231;on p&#233;riodique, l'agriculture se retrouve au c&#339;ur des discussions commerciales avec l'&#233;tranger. Parmi le jargon courant, on retrouve OMC, souverainet&#233; alimentaire, gestion de l'offre, barri&#232;res tarifaires, plans conjoints, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, on peut se demander pourquoi on insiste tant sur le fait que les denr&#233;es agricoles puissent circuler d'un pays &#224; l'autre &#224; des prix uniformes. Pourquoi ne se pose-t-on pas la question sur les m&#233;tiers comme m&#233;decin, avocat, plombier ? Il serait int&#233;ressant de voir la r&#233;action de l'ordre des ing&#233;nieurs si on permettait &#224; des entreprises d'embaucher des ing&#233;nieurs d'Am&#233;rique latine &#224; moindre tarif plut&#244;t que des ing&#233;nieurs qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appert que l'int&#233;r&#234;t de l'ouverture des fronti&#232;res en mati&#232;re d'agriculture a pour but de d&#233;placer la production l&#224; o&#249; les salaires sont au plus bas et de vendre les produits l&#224; o&#249; le pouvoir d'achat des consommateurs est au plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la position du Canada est pour le moins ambigu&#235;. D'une part, le Canada plaide pour l'ouverture des fronti&#232;res mais, d'autre part, ferme ses propres fronti&#232;res ou impose des douanes exorbitantes pour bloquer l'entr&#233;e de produits qualifi&#233;s de &#171; sensibles &#187;, comme le lait. Il est &#224; pr&#233;voir qu'une telle position ambivalente ne pourra toujours &#234;tre maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les plus farouches d&#233;fenseurs de la fermeture des fronti&#232;res face aux importations, on retrouve l'Union des producteurs agricoles (UPA), qui d&#233;fend bec et ongles son syst&#232;me de quotas et le principe de la gestion de l'offre. Il faut ici comprendre l'int&#233;r&#234;t de l'UPA pour la chose. La plupart des marchandises agricoles commercialis&#233;es au Qu&#233;bec passent par des plans conjoints, qu'il s'agisse de lait, de porc, de b&#339;uf ou m&#234;me de crevettes. Un plan conjoint, pour simplifier, est un cadre l&#233;gal permettant aux fermiers et fermi&#232;res d'un secteur donn&#233; d'organiser leur mise en march&#233; collectivement. Il peut s'agir simplement de pr&#233;lever un montant pour faire de la publicit&#233;, mais le plan conjoint peut aller aussi loin que de mettre en place une agence obligatoire de vente ou m&#234;me un syst&#232;me de quotas de production. Ces quotas constituent la base de la gestion de l'offre, dans le sens qu'on contr&#244;le la production agricole en distribuant des permis de produire aux fermiers et fermi&#232;res. Si le march&#233; est combl&#233;, la production est stopp&#233;e. Au Qu&#233;bec, il y a des quotas pour le lait, les &#339;ufs, la volaille, le sirop d'&#233;rable et le lapin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'int&#233;r&#234;t financier des plans conjoints et des quotas pour l'UPA r&#233;side dans le fait que chaque denr&#233;e qui passe dans le syst&#232;me am&#232;ne une contribution financi&#232;re &#224; la machine, aux diff&#233;rentes f&#233;d&#233;rations de l'UPA et aussi directement &#224; la maison-m&#232;re. Le pouvoir de l'UPA repose sur le contr&#244;le de la mise en march&#233;. De plus, les grandes fermes d&#233;tentrices de quotas, qui ont souvent re&#231;u pour une bouch&#233;e de pain les quotas mais peuvent aujourd'hui les revendre au prix fort, n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; voir dispara&#238;tre ce syst&#232;me, m&#234;me si des prix de quota comme 25 000 $ par vache ou 260 $ par poule pondeuse effraient toute forme de rel&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UPA, devant la menace de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'abolir le syst&#232;me de gestion de l'offre, a donc constitu&#233; une coalition pour prot&#233;ger ce syst&#232;me, le GO5. Ce que l'UPA n'a cependant pas dit, c'est que pendant qu'elle prot&#232;ge ses quotas contre l'entr&#233;e de denr&#233;es &#224; prix de dumping, elle maintient sa pouss&#233;e exportatrice, dans le cas du porc notamment. En septembre 2007, l'UPA, conjointement avec la Coop f&#233;d&#233;r&#233;e et &#201;quiterre, a m&#234;me organis&#233; un forum sur la souverainet&#233; alimentaire. Comme condition d'entr&#233;e pour participer au d&#233;bat : la signature attestant &#234;tre en accord avec le syst&#232;me de gestion de l'offre de l'UPA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les reproches faits par l'Union paysanne &#224; l'endroit des plans conjoints et des quotas de l'UPA, mentionnons tout d'abord l'entrave &#224; toute forme de rel&#232;ve de par la valeur &#233;lev&#233;e des quotas. Ces quotas devraient non pas &#234;tre monnay&#233;s, mais &#234;tre distribu&#233;s gratuitement par une r&#233;gie paragouvernementale selon des crit&#232;res &#233;tablis par la soci&#233;t&#233;, comme la priorit&#233; au secteur biologique, aux jeunes, aux r&#233;gions &#233;loign&#233;es. Le second reproche majeur concerne le manque flagrant de d&#233;marche d&#233;mocratique dans le processus. Ainsi, parmi les centaines ou les milliers de personnes qui &#233;l&#232;vent du lapin, seulement 53 ont re&#231;u le statut d'&#233;leveur de lapin. Le plan conjoint pr&#233;voyant que l'invitation doit en rejoindre au moins la moiti&#233; et qu'une majorit&#233; des deux-tiers est suffisante, il s'ensuit qu'il suffit qu'une poign&#233;e d'entre eux s'entendent pour &#233;tablir un syst&#232;me de quotas pour qu'une infime minorit&#233; se partage les parts de march&#233;, &#224; l'exclusion totale de tous les autres. Et cette situation se retrouve dans la volaille, les &#339;ufs, le sirop d'&#233;rable, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel outil de contr&#244;le, dans les mains d'un cartel priv&#233;, constitue un d&#233;rapage majeur et a des cons&#233;quences catastrophiques sur le mouvement coop&#233;ratif ou la diversit&#233;. Par exemple, comment peut survivre une coop&#233;rative si elle ne peut plus commercialiser la production de ses propres membres ? C'est le cas de la coop&#233;rative Citadelle dont les membres doivent obligatoirement livrer leur sirop d'&#233;rable &#224; leur f&#233;d&#233;ration (UPA). Comment d&#233;velopper l'&#233;levage de races du patrimoine comme la poule Chanteclerc ou la vache canadienne si l'acc&#232;s aux quotas est impossible ? Comment d&#233;velopper l'&#233;levage biologique de lapin si le syndicat contr&#244;le toute la production et fixe un prix unique pour tous, sans tenir compte des diff&#233;rents co&#251;ts de production ou des intentions de mise en march&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs du syst&#232;me des plans conjoints r&#233;torquent qu'il ne faudrait pas retourner &#224; l'&#233;poque o&#249; chaque fermier ou fermi&#232;re devait n&#233;gocier seule son produit devant un gros acheteur, ce qui menait souvent &#224; des prix tr&#232;s bas. Mais il n'est pas n&#233;cessaire de tout centraliser et de tout uniformiser pour regrouper les fermiers et fermi&#232;res. On pourrait, par exemple, tr&#232;s bien envisager qu'il y ait un prix minimal ou m&#234;me un syst&#232;me de quotas sans que tous les fermiers et fermi&#232;res soient oblig&#233;es de livrer leur production &#224; la m&#234;me enseigne. En termes plus clairs, m&#234;me si un fermier ou une fermi&#232;re a le droit de produire, supposons, 50 000 litres de lait et que son prix de vente ne doit pas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; 60 sous, on pourrait lui laisser le loisir de le vendre &#224; la ferme, ou de le transformer en fromage, ou de le livrer &#224; la laiterie, ou de former une coop&#233;rative, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est grave et ne se r&#232;glera pas &#171; de l'int&#233;rieur &#187;. Si rien n'est modifi&#233;, c'est tout le d&#233;veloppement de la production biologique qui est compromis, ainsi que celui des produits du terroir. Le canal uniforme ne laisse pas grand espace pour la diversit&#233;. Sans intervention ext&#233;rieure de l'&#201;tat, peu d'espoir de changement rapide. Les fermiers et fermi&#232;res qui abandonnent sont exclues des rangs et les survivantes tiennent &#224; leur valeur de quota. En outre, l'UPA, qui en principe devrait viser l'am&#233;lioration des conditions financi&#232;res de ses membres, a plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; augmenter les pr&#233;lev&#233;s de mise en march&#233;. Le syndicat est devenu le patron de la mise en march&#233;. Il y a pourtant un organisme de contr&#244;le des plans conjoints mais il ne constitue plus qu'une fa&#231;ade. La R&#233;gie des march&#233;s agricoles du Qu&#233;bec doit en effet approuver tout changement aux r&#232;gles de mise en march&#233; dict&#233;es par les plans conjoints. Or, lorsqu'on demande &#224; la R&#233;gie des informations sur la mise en march&#233; de denr&#233;es agricoles, la r&#233;ponse est invariable : allez demander &#224; l'UPA ! De plus, en 40 ans de plans conjoints au Qu&#233;bec, la R&#233;gie n'a jamais jug&#233; n&#233;cessaire de proc&#233;der &#224; quelque &#233;valuation que ce soit de ce syst&#232;me. Les plans conjoints ont-ils am&#233;lior&#233; la situation financi&#232;re des fermes ? Les quotas ont-ils emp&#234;ch&#233; ou ralenti la disparition des fermes ? La R&#233;gie n'en a pas la moindre id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, une analyse &#233;l&#233;mentaire de l'&#233;volution du nombre de fermes au Qu&#233;bec depuis 30 ans d&#233;montre clairement que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les fermes poss&#233;dant un quota qui ont disparu le plus rapidement. La valeur de ces fermes augmente rapidement, ce qui en complique l'acc&#232;s pour la rel&#232;ve. Autrement dit, les quotas font tellement grimper la valeur des fermes que celles-ci ne peuvent &#234;tre ni l&#233;gu&#233;es aux descendantes des propri&#233;taires, ni vendues &#224; des &#171; d&#233;butantes &#187; venues de la ville. Elles disparaissent donc, englouties par des fermes plus grandes, encourageant ainsi la concentration de la propri&#233;t&#233; terrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il n&#233;cessairement jeter tout ce syst&#232;me &#224; la poubelle ? Peut-&#234;tre pas. Mais si des modifications en profondeur ne se produisent pas rapidement, il y a fort &#224; parier que le Canada suivra un jour l'exemple de l'Australie et l'abolira en entier. Actuellement, cet outil fantastique que sont les plans conjoints ne sert que partiellement les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233;, au d&#233;triment de toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime Laplante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Qu&#233;bec et la souverainet&#233; alimentaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Quebec-et-la-souverainete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-Quebec-et-la-souverainete</guid>
		<dc:date>2008-08-21T00:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-H&#233;l&#232;ne C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Marie-H&#233;l&#232;ne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De plus en plus de gens &#224; travers le monde se pr&#233;occupent des impacts &#233;cologiques, sanitaires, sociaux et culturels de l'agriculture industrielle et de plus en plus d'agriculteurs-trices aimeraient se lib&#233;rer des contraintes de l'industrie agricole globalis&#233;e. Ainsi, apr&#232;s des ann&#233;es &#224; vivre sous le r&#233;gime de la lib&#233;ralisation &#233;conomique en folie et davantage d'ann&#233;es encore &#224; observer les effets de l'industrialisation de l'agriculture et de l'agroalimentaire, les groupes et les citoyennes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Souverainete-alimentaire-" rel="directory"&gt;Dossier : Souverainet&#233; alimentaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Marie-Helene-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Marie-H&#233;l&#232;ne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus de gens &#224; travers le monde se pr&#233;occupent des impacts &#233;cologiques, sanitaires, sociaux et culturels de l'agriculture industrielle et de plus en plus d'agriculteurs-trices aimeraient se lib&#233;rer des contraintes de l'industrie agricole globalis&#233;e. Ainsi, apr&#232;s des ann&#233;es &#224; vivre sous le r&#233;gime de la lib&#233;ralisation &#233;conomique en folie et davantage d'ann&#233;es encore &#224; observer les effets de l'industrialisation de l'agriculture et de l'agroalimentaire, les groupes et les citoyennes identifient concr&#232;tement les menaces pos&#233;es, &#233;laborent des strat&#233;gies et ont redoubl&#233; d'efforts pour les faire conna&#238;tre sur la sc&#232;ne publique en 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e du Forum international Ny&#233;l&#233;ni sur la souverainet&#233; alimentaire, qui s'est d&#233;roul&#233; au Mali en f&#233;vrier 2007 (voir l'article d'Elsa Beaulieu), l'Union paysanne et la Chaire de recherche du Canada en &#233;ducation relative &#224; l'environnement de l'UQAM ont organis&#233; le colloque &#171; &lt;i&gt;De la s&#233;curit&#233; &#224; la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt; &#187;. Une centaine de personnes &#8211; producteurs et productrices, intervenantes communautaires, travailleurs et travailleuses agricoles, sp&#233;cialistes, citoyennes et autres &#8211; se sont rassembl&#233;es &#224; Montr&#233;al, les 23 et 24 mars 2007, pour discuter de visions approfondies de la souverainet&#233; alimentaire et d'alternatives concr&#232;tes &#224; l'organisation actuelle des &#233;changes et de la production agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est ressorti que la justice sociale et le respect de l'environnement sont au c&#339;ur du concept de souverainet&#233; alimentaire. Le fait que les aliments, la terre et l'eau soient trait&#233;s comme toute autre marchandise entra&#238;ne des in&#233;galit&#233;s dans l'acc&#232;s aux moyens de production, aux aliments et aux ressources naturelles. Le syst&#232;me actuel entra&#238;ne aussi des pertes de libert&#233;, de s&#233;curit&#233; et de dignit&#233; pour les producteurs et productrices, les travailleurs et travailleuses et pour les mangeurs et mangeuses. De m&#234;me, il occasionne des pertes de biodiversit&#233;, de qualit&#233; des produits, de connaissances traditionnelles, ainsi que des cons&#233;quences environnementales que l'on commence &#224; peine &#224; saisir. Par cons&#233;quent, le concept de s&#233;curit&#233; alimentaire rimant plut&#244;t avec approvisionnement alimentaire minimal et ne permettant pas d'appr&#233;hender l'ensemble de ces enjeux, celui de souverainet&#233; alimentaire s'est impos&#233; graduellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Assetou Foune Samake, de l'Institut de recherche et de promotion des alternatives en d&#233;veloppement, au Mali, qui &#233;tait une conf&#233;renci&#232;re invit&#233;e &#224; ce colloque : &#171; &lt;i&gt;La nourriture, c'est une pratique, une histoire, un patrimoine. On voit l&#224; tout le r&#244;le central des femmes. La transformation des aliments a suivi tout un cheminement de connaissances. [&#8230;] et maintenant, on veut garder notre mani&#232;re de manger et de pr&#233;parer.&lt;/i&gt; &#187; Elle r&#233;sumait l&#224; le point de vue des participantes au colloque pour qui la souverainet&#233; alimentaire &#171; &lt;i&gt;implique que l'on puisse faire le choix non seulement de ce que l'on mange, mais aussi de la mani&#232;re dont on produit et dont on consomme. Elle doit se b&#226;tir dans le respect de la culture locale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De la s&#233;curit&#233; &#224; la souverainet&#233; alimentaire. M&#233;moire pr&#233;sent&#233; &#224; la CAAAQ (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les participantes s'entendaient pour dire que la souverainet&#233; alimentaire doit passer, d'une part, par l'information des citoyennes sur les aliments et la mani&#232;re dont ils sont produits et, d'autre part, par l'autonomie des fermes. Cela implique que les agriculteurs-trices aient le droit de produire autrement et jouissent de la libert&#233; d'association et de mise en march&#233;. Ces pr&#233;occupations se sont d'ailleurs retrouv&#233;es parmi les recommandations adress&#233;es &#224; l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois &#224; l'issue du colloque et ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es &#224; la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois (CAAAQ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission a connu une bonne participation du public et des gens travaillant dans l'agriculture et dans l'agroalimentaire. Elle a tenu des audiences publiques r&#233;gionales de f&#233;vrier &#224; juin 2007, dans 15 r&#233;gions et 27 municipalit&#233;s, puis des audiences nationales &#224; Qu&#233;bec et &#224; Montr&#233;al au d&#233;but septembre. Diverses organisations, des groupes d'int&#233;r&#234;ts et des citoyennes y ont d&#233;pos&#233; 694 m&#233;moires et y ont fait davantage encore de pr&#233;sentations orales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certains enjeux reli&#233;s &#224; l'agriculture durable et &#224; la souverainet&#233; alimentaire sont revenus fr&#233;quemment sur la table et plusieurs personnes affili&#233;es &#224; l'UPA ou sympathisantes y ont d&#233;fendu le syst&#232;me de gestion de l'offre dans un contexte de lib&#233;ralisation des march&#233;s agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CAAAQ avait re&#231;u le mandat, en juin 2006, d'entendre les pr&#233;occupations des citoyennes, de recueillir leurs propositions d'alternatives et de formuler des recommandations pour l'avenir de ce secteur d'activit&#233;s. Au moment d'aller sous presse, elle aura probablement d&#233;pos&#233; son rapport aupr&#232;s du ministre de l'Agriculture, des P&#234;cheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard. Reste &#224; voir le contenu du rapport et les suites qui lui seront donn&#233;es dans un contexte de cartel o&#249; l'unique syndicat agricole fait la loi et o&#249; il faut remettre en question l'organisation de la production agroalimentaire et des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e 2007, les audiences nationales de la CAAAQ et le forum &#171; &lt;i&gt;D'abord nourrir notre monde&lt;/i&gt; &#187; ont ramen&#233; l'agriculture et la souverainet&#233; alimentaire dans les m&#233;dias et dans les conversations. Ce congr&#232;s, aussi appel&#233; &#171; &lt;i&gt;Rendez-vous qu&#233;b&#233;cois pour la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt; &#187;, &#233;tait organis&#233; par la coalition GO5 &#8211; un regroupement vou&#233; &#224; la d&#233;fense du syst&#232;me de la gestion de l'offre &#8211;, &#201;quiterre et la Coop f&#233;d&#233;r&#233;e (voir l'article de Maxime Laplante). L'Union paysanne ainsi que des producteurs et productrices partenaires d'&#201;quiterre dans l'agriculture soutenue par la communaut&#233; ont alors d&#233;nonc&#233; l'affiliation de cet organisme avec l'UPA et sa strat&#233;gie de &#171; petits pas &#187;. Pour eux, il &#233;tait clair que le tout s'ins&#232;re dans une strat&#233;gie de l'UPA pour redorer son image : r&#233;pondre aux pr&#233;occupations des citoyennes en parlant de souverainet&#233; alimentaire sans remettre en cause le productivisme sur lequel est fond&#233; son monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Rendez-vous&lt;/i&gt; comportait deux activit&#233;s principales : une grande conf&#233;rence et un sommet. La conf&#233;rence du 6 septembre &#233;tait donn&#233;e par trois invit&#233;s de marque et a attir&#233; pr&#232;s de 800 personnes qui ont pu entendre des analyses int&#233;ressantes sur les impacts de la lib&#233;ralisation des march&#233;s agricoles sur la sant&#233;, l'environnement, la biodiversit&#233; et les soci&#233;t&#233;s. Toutefois, quand quelqu'un du public a demand&#233; l'opinion des conf&#233;renciers et conf&#233;renci&#232;res sur la gestion de l'offre comme outil de souverainet&#233; alimentaire, ils-elles ont habilement &#233;vit&#233; de r&#233;pondre&#8230; Puis, le sommet du lendemain a &#233;t&#233; l'occasion pour des producteurs et productrices et des repr&#233;sentantes de diverses organisations d'&#233;changer sur les d&#233;fis auxquels ils font face dans le contexte actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; promoteurs et promotrices de la souverainet&#233; alimentaire &#187; r&#233;unies &#224; cette occasion ont produit une d&#233;claration qui a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e &#224; la CAAAQ. Ils et elles y affirment entre autres que &#171; &lt;i&gt;tout comme il l'a fait pour la reconnaissance de l'exception culturelle &#224; l'Unesco, le Qu&#233;bec doit, avec le Canada, assumer un leadership international dans la promotion de l'exception agricole et du droit des peuples &#224; la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration D'abord nourrir notre monde &#8211; Pour un contrat social renouvel&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Au terme du congr&#232;s, les participantes se sont quitt&#233;es avec la volont&#233; de continuer &#224; sensibiliser et &#224; mobiliser leurs concitoyennes et les &#233;lues. Et, dans le vocabulaire ambiant, l'UPA et compagnie avaient r&#233;ussi &#224; faire de la gestion de l'offre un synonyme de souverainet&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce th&#232;me a donc &#233;t&#233; central lors du 83e Congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de l'UPA, le 5 d&#233;cembre dernier. Une r&#233;solution pour faire de la souverainet&#233; alimentaire le fer de lance d'un nouveau projet de contrat social a &#233;t&#233; adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par les d&#233;l&#233;gu&#233;es. Bien que Laurent Pellerin n'ait pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu &#224; la t&#234;te de l'organisation, le nouveau pr&#233;sident de l'UPA, Christian Lacasse, a affirm&#233; sa volont&#233; de continuer &#224; travailler en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le 11 d&#233;cembre dernier, le ministre de l'Agriculture, des P&#234;cheries et de l'Alimentation a annonc&#233; un investissement de 14 millions de dollars sur trois ans dans une campagne visant &#224; favoriser l'achat local d'aliments qu&#233;b&#233;cois : &#171; &lt;i&gt;Le Qu&#233;bec dans votre assiette&lt;/i&gt; &#187;. La majeure partie de l'argent sera investie dans la promotion et l'identification des produits qu&#233;b&#233;cois, alors que d'autres sommes iront aider les producteurs et productrices dans le marketing et la distribution des produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grosse ann&#233;e, donc, au cours de laquelle on a assist&#233; &#224; des &#233;v&#233;nements marquant un d&#233;but d'aboutissement de luttes men&#233;es de longue haleine. Depuis que Via Campesina a fait conna&#238;tre son concept de souverainet&#233; alimentaire sur la sc&#232;ne internationale, en 1996, des milliers d'autres organisations paysannes, f&#233;ministes, &#233;cologistes, de coop&#233;ration internationale et des groupes communautaires &#339;uvrant en s&#233;curit&#233; alimentaire &#224; travers le monde se sont joints au mouvement. Ils ont travaill&#233; &#224; l'analyse des enjeux auxquels font face l'agriculture et l'agroalimentaire, &#224; l'&#233;laboration du concept de souverainet&#233; alimentaire et d'alternatives concr&#232;tes, puis &#224; leur mise en &#339;uvre. Ils ont r&#233;ussi &#224; attirer l'attention sur la crise que vit le monde agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la cr&#233;ation de la CAAAQ r&#233;sulte peut-&#234;tre en partie des revendications de l'Union paysanne pour que se tiennent des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'agriculture, de l'alimentation et du territoire, mais aussi de l'int&#233;r&#234;t croissant de la population pour l'alimentation et pour l'environnement et des probl&#232;mes de voisinage dans le monde rural. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'UPA et la Coalition GO5 ont &#233;t&#233; relativement rapides &#224; sentir le mouvement des derni&#232;res ann&#233;es et habiles &#224; r&#233;cup&#233;rer le travail d'autres groupes, puis &#224; l'appr&#234;ter &#224; leur sauce. Il sera int&#233;ressant de voir o&#249; cela m&#232;nera, si leurs actions seront coh&#233;rentes avec les principes de la souverainet&#233; alimentaire et s'ils iront jusqu'&#224; remettre en question l'organisation actuelle de la production et des &#233;changes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;De la s&#233;curit&#233; &#224; la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt;. M&#233;moire pr&#233;sent&#233; &#224; la CAAAQ par les participantes au colloque des 23-24 mars 2007 portant le m&#234;me nom, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.caaaq.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.caaaq.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration &lt;i&gt;D'abord nourrir notre monde &#8211; Pour un contrat social renouvel&#233; sur la base de la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.nourrirnotremonde.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.nourrirnotremonde.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-H&#233;l&#232;ne C&#244;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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